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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

« The Payback » : pourquoi (re)découvrir le chef-d’œuvre incandescent de James Brown

Par :import
11 février 2026 à 14:25

The Payback, sorti en 1973, ce sont huit chansons fabuleuses, typiques du groove inégalé de James Brown, d’une durée moyenne de neuf minutes. Cet album-concept s’inscrit dans un enchaînement hallucinant, entamé en 1970 avec Sex Machine, et qui s’achèvera en 1974 avec Hell.

En quatre ans, le parrain de la soul marquera à jamais l’histoire de la musique. The Payback s’écoute d’une traite, sans aucun blanc entre les morceaux. Aucun répit.

La mécanique implacable de The Payback

Sur cet opus, Mr. Brown est à son sommet. Ses performances vocales sont époustouflantes par leur originalité et leur puissance, notamment sur le terrible titre éponyme qui ouvre l’album. La guitare de Jimmy Nolan, soutenue par les cuivres, la basse de Sweet Charles Sherrell et la batterie de John Starks, assurent un funk furieux – désormais culte à l’ensemble de l’œuvre.

De son côté, Shoot Your Shot est tout aussi redoutable. Le saxophoniste Maceo Parker y assure des solos étincelants parmi les plus mémorables, tout comme le tromboniste Fred Wesley.

Sur Time Is Running Out Fast, ils trouvent l’espace pour improviser, dialoguer et s’exprimer, presque à bout de souffle. Un titre instrumental qui incarne à lui seul l’essence même de la musique funk, enraciné dans l’Afrique, et dans lequel Wesley occupe une place centrale – il a co-écrit l’ensemble de l’album.

Au sixième titre, alors que l’auditeur est déjà épuisé par tant de groove, le groupe assène deux coups fatals : Stone To The Bone et Mind Power, deux classiques du répertoire James Brown. Ici, les musiciens n’ont plus besoin de se parler. L’osmose est parfaite, précise et implacable.

Plus de cinquante ans après, The Payback inspire toujours la danse et la transe. On y trouve certains des morceaux les plus hypnotiques de James Brown – Stone To The Bone en tête.

Un album né dans la douleur et la révolte

À cette époque, le chanteur vient de perdre son fils dans un tragique accident de la route. Il puise dans ce drame la rage, la fureur et l’agressivité nécessaires pour un grand disque. Il enregistre d’ailleurs Forever Suffering, un titre poignant sur la souffrance et le manque d’un être cher.

Des pauses, des contre-temps, des solos : l’ensemble fait de l’album une œuvre immense. La flûte de St. Clair Pickney, la rythmique féroce et la reprise à 4’30 rendent Mind Power absolument insensé et définitivement intemporel.

Les textes, quant à eux, s’adressent directement à la communauté noire. Les thèmes principaux sont l’égalité, la trahison et résilience – il s’agit ici du vécu de James Brown. Sa colère, écrite noire sur blanc, se traduit aussi par des rythmes puissants qui font mal.

Les bouleversements politiques et sociaux sont alors profonds. Une période de récession s’ouvre, et les minorités ethniques – dont la communauté afro-américaine – sont les premières touchées. La vie devient encore plus dure dans les ghettos, comme à Harlem. Mind Power fait référence à ce contexte, s’adressant directement aux Afro-Américains.

« You see, in the ghetto you find a whole lot of crime » ou « If you don’t work, you can’t eat » : le ton est donné. Pour manger, il faut travailler. James Brown rappelle qu’avant les manteaux de fourrure, il a connu la rue et le labeur acharné.

Shoot Your Shot, de son côté, encourage les individus à affirmer leurs décisions et leurs désirs, sans se laisser influencer et subir les diktats d’autrui. Un message d’indépendance essentiel adressé aux Afro-Américains, dans une lutte – toujours actuelle – pour l’égalité et la justice.

The Payback voit donc le jour dans ce contexte tourmenté, et ses textes reflètent à la fois les états d’âme de l’artiste et les problématiques persistantes de la communauté afro-américaine.

De la soul au rap : l’empreinte éternelle de James Brown

Personne n’atteindra un tel niveau dans la musique noire au cours des décennies suivantes. Hell sortira un an plus tard, mais plus rien ne sera tout à fait pareil pour le chanteur. Le disco emportera tout sur son passage. Bien sûr, il enregistrera encore des chansons mémorables, mais aucun album n’atteindra une telle densité.

Il faudra attendre l’émergence du rap pour lui redonner du prestige et de la présence. Le duo Eric B. & Rakim triomphe en 1987 avec Paid In Full, grâce à leur titre I Know You Got Soul, construit sur le même modèle que le morceau de Bobby Byrd en 1971, produit par James Brown.

De la fin des années 1980 aux années 1990, les rappeurs sampleront abondamment la musique du « Godfather of Soul » : Dr Dre reprendra Funky Drummer sur son Let Me Ride en 1992, Massive Attack utilisera The Payback pour Protection en 1994, Outkast retravaillera Get Up On The Good Foot pour B.O.B. en 2000 – et la liste est encore longue, très longue.

The Payback, vinyle en édition limitée à paraître le 20 février.

La passe-miroir : la bande dessinée événement est-elle fidèle au roman ? Vanyda répond

11 février 2026 à 14:00

En quelques jours seulement, la bande dessinée La passe-miroir : les fiancés de l’hiver (Gallimard) s’est hissée dans le Top des BD les plus vendues de ces dernières semaines. Véritable sortie événementielle de ce début d’année, La passe-miroir offre un nouveau regard sur une saga à succès publiée entre 2013 et 2019, écrite par la romancière française Christelle Dabos.

L’artiste Vanyda s’attaque au difficile travail d’adaptation et parvient à rester fidèle à l’essence de l’œuvre originale, tout en apportant sa propre touche à l’histoire.

La passe-miroir : une adaptation fidèle ?

Comme dans le roman La passe-miroir, l’adaptation de Vanyda suit le destin d’Ophélie dans un monde fantastique. Fiancée par sa famille à Thorn, membre du puissant clan des Dragons, la jeune fille dotée de certaines capacités magiques découvre le monde de la Citacielle et s’initie aux jeux de pouvoirs et aux nombreuses conspirations.

Les fiancés de l’hiver transpose le premier roman de la saga (qui en compte quatre) et constitue une adaptation particulièrement fidèle des écrits de Christelle Dabos. La BD parvient à recréer la sensation de découverte d’un autre monde, tout en posant les bases de l’une des relations les plus fascinantes de la fantaisie contemporaine, entre Ophélie et Thorn.

Vanyda évoque son travail

Lors d’un long échange avec L’Éclaireur, Vanyda est revenue sur ces questions de fidélité vis-à-vis de l’œuvre originale et sur sa façon de travailler pour arriver à la création d’un album de bande dessinée de moins de 300 pages, malgré la longueur du roman et les nombreux événements qui s’y passent.

Outre le travail de conception des personnages et des décors, il a fallu découper le livre pour avoir une structure propre à la BD. « J’ai commencé par prendre tous les chapitres du roman et par noter tout ce qu’on apprenait d’important dans chacun d’eux. J’espérais tomber sur des chapitres inutiles que je pourrais sauter, mais il n’y en avait aucun ! J’ai donc condensé certaines scènes. Par exemple au tout début, Thorn annonce qu’il repart au Pôle le lendemain matin au petit-déjeuner, j’ai enlevé la scène, et il le dit simplement la veille ».

Se livrant à un véritable travail d’adaptation — avec la liberté et les contraintes offertes par le média de la bande dessinée — Vanyda a apporté sa propre version à l’histoire. « Je me suis permise, à certains moments de changer de point de vue, en suivant d’autres personnages par rapport aux romans » explique-t-elle. « Je considère l’œuvre comme une sorte de pâte à modeler, qu’il faut malaxer pour que ça corresponde au format BD. C’est l’une des parties les plus intéressantes à faire ».

Elle mentionne aussi l’importance d’avoir en tête l’intégralité des quatre tomes lors de l’adaptation du premier. Vanyda pose ainsi des indices et des pistes pour la suite, que les lecteurs les plus fidèles remarqueront sans mal. « Cela avait une grande importance pour moi, et pour Christelle aussi, d’ailleurs. Elle ne voulait pas que son œuvre soit adaptée en BD avant la sortie du quatrième tome. J’ai mis des choses dans ce premier album qui me resserviront plus tard… ».

L’autrice a également évoqué la suite, car les trois prochains tomes seront aussi adaptés en BD. Elle partage notamment son amour du deuxième livre : « Sur le premier roman, je trouvais qu’il y avait quelques longueurs que je pouvais raccourcir. Sur le deuxième tome, j’ai beaucoup plus de mal, je le trouve parfait ! C’est bien plus compliqué de couper. Je n’ai pas encore terminé le storyboard, je ne sais pas si cela va entrer dans le nombre de pages, les scènes y seront quasiment toutes. »

Opalite : avez-vous repéré ces clins d’œil dans le clip de Taylor Swift ?

11 février 2026 à 11:30

(1) Anti-Hero, Mad Woman, Elizabeth Taylor

Cela est une tradition : à chaque nouvelle sortie de Taylor Swift (que cela soit une image, un clip ou une chanson), les fans essaient de décrypter avec minutie tous les petits détails, espérant trouver des significations cachées, des indices ou simplement des références au reste de l’œuvre de la chanteuse. Le clip vidéo Opalite, qui fait largement sensation, ne déroge pas à la règle et contient son lot de clins d’œil et d’easter eggs. Parmi les plus remarqués, les nombreuses (très nombreuses) allusions faites par la compositrice-interprète à d’autres chansons.

Que cela soit à travers les paroles, les décors ou les thématiques, le clip Opalite rappelle des chansons entendues dans folklore, Midnights ou le récent The Life of a Showgirl. Le lien principal est thématique. Dans la vidéo, Taylor Swift s’asperge d’un produit censé éliminer les problèmes, faisant une allusion évidente à la phrase « Hey, it’s me, I’m the problem, it’s me » de la chanson Anti-Hero, présent sur l’album Midnights.

Le clip Anti-Hero.

Également à remarquer, un poster de George Michael (une référence à Father Figure), un tableau de Portofino (en lien avec la chanson Elizabeth Taylor), ou l’enseigne Sweeter Than a Peach, évoquant les paroles du morceau The Life of a Showgirl.

Folklore a droit à son rappel avec un friendship bracelet porté par une pierre sur lequel il est possible de lire une phrase de la chanson Mad Woman. Enfin, Taylor Swift évoque aussi Lover et The Tortured Poets Department, le clip Opalite contenant de très nombreuses références à sa musique. Il ne fait aucun doute que d’autres liens seront trouvés dans les prochains jours.

(2) Ross et Monica dans Friends

La référence est évidente : Opalite rend hommage à l’ambiance des années 1990 et à une série emblématique de cette période, Friends. Les fans ne manquent pas de voir un clin d’œil assumé à l’un des moments cultes du show, la célèbre danse de Ross et Monica.

Dans Opalite, Taylor Swift et Domhnall Gleeson se livrent à une chorégraphie kitsch à souhait devant un jury dépité. La séquence fait fortement penser à la célèbre routine du duo dans Friends, lors de l’épisode The One With the Routine.

La danse emblématique de Ross et Monica.

(3) Les danseurs de The Eras Tour

Pendant près de deux ans, Taylor Swift a parcouru le monde avec The Eras Tour, sa tournée ambitieuse ayant battu tous les records. Lors des nombreux concerts donnés, les danseurs entourant la chanteuse ont su faire sensation au point d’être particulièrement appréciés des fans.

Dans le documentaire Taylor Swift: The End of an Era, tous ces artistes (danseurs, chorégraphes, musiciens etc.) n’ont pas manqué de s’exprimer et d’évoquer cette mise en avant suffisamment rare pour être soulignée. Dans Opalite, deux danseurs de Taylor Swift ont un petit rôle, Jan Ravnik (au début, dans la pub Opalite) et Kameron Saunders (lors de la scène de danse, il incarne un membre du jury), alors que Whyley Yoshimura, Raphael Thomas et Sam Mcwilliams font une apparition.

(4) Le Graham Norton Show

C’est l’origine même du clip : Opalite réunit tous les invités présents lors d’un épisode du Graham Norton Show en octobre 2025 lors duquel l’acteur Domhnall Gleeson dit espérer « apparaître un jour dans un clip de Taylor Swift ».

Derrière la blague, la chanteuse a créé spécialement Opalite en lui confiant le rôle principal, tout en invitant les autres artistes présents ce soir-là. Jodie Turner-Smith, Greta Lee, Cillian Murphy, Lewis Capaldi et l’animateur Graham Norton sont donc tous dans le clip vidéo.

Graham Norton dans Opalite.

(5) Son chat et son frère

Dernières apparitions plus personnelles pour Taylor Swift : celles de son chat et de son frère. Taylor Swift met souvent en avant ses animaux de compagnie et son chat Olivia est ainsi représenté sur l’un des sweats qu’elle porte.

Également en arrière-plan d’Opalite, le frère de Taylor Swift, Austin Swift, à voir lors d’une scène où le personnage de Domhnall Gleeson (et son cactus) se rend à une fête de Noël. Austin se trouve parmi les figurants.

Le clip vidéo d’Opalite.

”Hurlevent” : pourquoi le choix de Jacob Elordi fait tant parler ?

11 février 2026 à 09:30

À chaque nouvelle adaptation, son lot de polémiques. « Hurlevent », réalisé par Emerald Fennell, ne déroge pas à la règle, d’autant plus que le film avec Margot Robbie et Jacob Elordi s’éloigne volontairement du roman d’Emily Brontë. Nouvelle adaptation modernisée, « Hurlevent » dépeint la relation toxique entre Heathcliff et Catherine dans la région du Yorkshire en Angleterre, entre romance bafouée, thématique sociale et vengeance orchestrée par le protagoniste.

Le personnage de Heathcliff, justement, est au cœur de l’histoire, mais le choix de Jacob Elordi pour l’incarner fait débat. Certains lecteurs et lectrices du classique de la littérature gothique estiment, en effet, que l’acteur ne correspond à la description faite par l’autrice dans son livre.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Quelle est l’origine de Heathcliff ?

Les hauts de Hurlevent indiquent que le jeune garçon aurait le « teint foncé », « aussi sombre presque comme s’il venait du diable ». Si Emily Brontë ne donne pas ses origines exactes, le personnage est dépeint comme un enfant de gitans, qui contraste largement avec les habitants du Yorkshire.

Plus que la couleur de peau, l’élément majeur entourant le personnage de Heathcliff est sa différence de classe. Considéré comme un étranger, il n’appartient pas à la même classe sociale que Catherine, créant un nouveau contraste lorsque le personnage revient dans le Yorkshire après avoir fait fortune. Ainsi, depuis l’annonce de Jacob Elordi dans le rôle de Heathcliff, deux discours s’opposent.

D’un côté, certains estiment que le personnage doit refléter, physiquement, sa différence avec la famille Earnshaw. À l’inverse, dans le cas d’une adaptation volontairement éloignée du roman, l’origine somme toute ambiguë dans le livre de Heathcliff — Emily Brontë ne donne pas de réponse claire et définitive — laisse une marge de manœuvre importante.

La thématique autour du garçon étranger recueilli par une bonne famille peut être explorée autrement que par sa simple apparence, en utilisant son langage, son comportement, ses réactions ou son caractère. Pour Emerald Fennell, Jacob Elordi représente le héros byronien par excellence, à la fois méprisable et attachant, allant avec sa vision très personnelle de cette histoire.

Ô dela : que vaut le nouveau spectacle de Roman Frayssinet ?

11 février 2026 à 09:15

Il y a trois ans, Roman Frayssinet présentait le premier chapitre d’un triptyque humoristique. Avec Ô dedans, le stand-uppeur développait ainsi un show malin et profond. Sans tabou, il évoquait son passé, ses anciennes addictions tout en nous embarquant au sommet d’une montagne corse pour un date foireux, dans un hôtel miteux de Bretagne tenu par une personne de petite taille ou encore dans un after en plein appartement abritant un vivarium.

Révélé grâce à l’émission Clique de Mouloud Achour, l’artiste dévoilait ainsi, durant ce premier chapitre, une véritable paix intérieure tout en offrant une réflexion foudroyante sur notre société. Chirurgie esthétique, réseaux sociaux, apparence… Tout y passait, l’humoriste questionnant avec autant de philosophie que d’absurdité les grands maux du XXIe siècle.

Ô dedans, de Roman Frayssinet.

La drôlerie Frayssinet

De retour en 2025 avec Ô dela, deuxième chapitre de la trilogie Frayssinet, ce dernier continue d’interroger notre monde. Sur la scène de l’Olympia, l’humoriste y déploie ainsi entre humour potache et philosophie poussée, un spectacle drôle et réflexif sur notre société de « gogols », ses contradictions — un sketch sur le mot « dyslexie » est des plus délicieux — tout en prônant le vivre ensemble.

Car Roman Frayssinet a décidé d’écarter le négatif et de tout prendre avec bonne humeur. Un changement de cap bienvenu, souligné par la mise en scène du spectacle diffusé dès ce mercredi 11 février sur Canal+. Filmé dans le noir le plus total, l’artiste s’autorise toutefois des jeux de regards avec la caméra pour encore mieux saisir le fil de pensée de l’artiste et offrir un aspect méta à sa prestation.

Ces mimiques quasi-clownesques renforcent la caractère humoristique de son seul-en-scène, à l’instar d’un débit de paroles mélodiques mais ultra efficace ; véritable marque de fabrique de l’artiste depuis ses débuts avec son spectacle Alors (2018).

Un regard toujours honnête

Malgré l’absurdité d’un spectacle lancé à 1000 à l’heure, l’humoriste n’en oublie une autre de ses signatures : partir d’un constat simple pour en déduire une réflexion brillante sur notre monde « dans lequel on a tous notre place ».

En racontant ainsi sa rencontre lunaire avec un homme cagoulé dans la rue, Roman Frayssinet livre sa pensée sur sa notoriété ; en comparant sa fonction d’humoriste « aux mecs qui font des graffitis », il interroge aussi la place du rire aujourd’hui. « Si c’est bien fait, ça met une petite ambiance. Mais y’aura jamais besoin de nous en urgence » reconnaît-il, sans fausse modestie, appuyé sur le pied du micro.

Avec authenticité, l’humoriste pose un regard sincère et objectif sur notre monde… mais aussi sur lui-même. Dans Ô dela, l’artiste se laisser aller, en effet, à certaines confidences. Il fait ici rentrer sa famille dans son univers et nous présente une « mère dotée d’un sixième sens » après nous avoir embarqué dans son enfance, en région parisienne, sur ses trajets en Noctilien qu’il compare « au bus des vampires ». Surtout, il avoue son incapacité à s’engager, et son infidélité.

À travers une auto-analyse franche, Roman Frayssinet déploie un spectacle d’une lucidité déconcertante. Toujours emmené par une verve dynamique, absurde et puissante, l’humoriste le plus singulier du stand-up français offre avec Ô dela un deuxième chapitre réussi, fidèle à son univers.

Urchin : un coup d’essai réussi pour Harris Dickinson ?

11 février 2026 à 07:00

Dévoilé grâce à la Palme d’or Sans filtre (2022) de Ruben Östlund, Harris Dickinson était de retour en 2025 au Festival de Cannes afin de présenter son premier film en tant que réalisateur. Cette fois-ci, l’acteur britannique était en compétition dans la catégorie Un certain regard afin de présenter Urchin.

On y suit Mike (Frank Dillane), un SDF qui tente de joindre les deux bouts. Violences, vols et drogues rythment son quotidien, mais le jeune homme est bien décidé à reprendre sa vie en main grâce à l’aide des services sociaux britanniques. Nouveau foyer, petit boulot, justice restauratrice… Mike est prêt à tout pour s’en sortir, mais ses vieux démons risquent de rapidement le ramener en enfer.

Urchin.

Entre ombre et lumière

Pour son premier long-métrage, Harris Dickinson offre une œuvre profondément personnelle. En effet, l’artiste londonien s’est inspiré de son propre parcours alors qu’il évoluait en tant que bénévole au sein d’une communauté locale en soutenant des personnes sans domicile fixe et des toxicomanes. Des rencontres qui ont forgé le point de vue humaniste et nuancé du film. À travers les pérégrinations de Mike, Harris Dickinson donne à voir le parcours semé d’embûches d’un homme perdu, tourmenté et addict. Une démonstration cinématographique sans jugement sur son personnage et bourré d’empathie.

Entre ombre et lumière, Harris Dickinson filme ainsi le chemin vers la sobriété de Mike, mais aussi son envie de s’en sortir malgré une santé mentale fragile et des traumatismes latents. Car la mise en scène de Dickinson passe avant tout par un fort pouvoir de suggestion. Jamais le cinéaste ne fait le choix de la facilité. Il offre une mise en scène aussi puissante que réflexive.

Urchin.

Malgré des passages trop expérimentaux et dénués de lien avec le scénario, Harris Dickinson parvient avec intensité et émotion à retranscrire la dualité de son personnage. En témoigne une poignante scène de karaoké, belle, drôle et déchirante. En effet, le cinéaste mélange les genres dans un film d’auteur qui préfère, par moments, la légèreté à la gravité.

Un film personnel et bouleversant

Pour délivrer une palette aussi vive d’émotions, Harris Dickinson a fait appel à Frank Dillane, connu pour avoir incarné Nick Clark dans la série spin-off de The Walking Dead, The Fear of The Walking Dead (2014). Également remarqué dans les séries The Girlfriend Experience (2016), The Essex Serpent (2022) ou encore Joan (2024), l’acteur n’hésite pas à se mettre à nu et porte en lui une authenticité troublante qui fait toute la force d’Urchin. Face à lui, Megan Northam, révélée par la série française de Cédric Klapisch Salade grecque (2023), incarne Andrea, une jeune femme rêveuse et douce.

La bande-annonce d’Urchin par Harris Dicksinson.

Urchin filme également la prise en charge des personnes invisibilisées par la brutalité de la rue. Comprendre comment des gens peuvent en arriver jusque-là, la bataille contre l’addiction ou les aides mises en place par l’administration est aussi au cœur du long-métrage.

Avec son premier film, Harris Dickinson offre ainsi un film personnel aussi bouleversant qu’humain. Un coup d’essai prometteur pour l’acteur et réalisateur que l’on retrouvera prochainement devant la caméra de Sam Mendes, dans la peau de John Lennon, pour la série de biopics sur les Beatles face à d’autres talents du nouvel Hollywood : Paul Mescal, Barry Keoghan et Joseph Quinn.

Reçu hier — 10 février 2026

Amadeus : la pièce de théâtre événement a-t-elle convaincu ?

10 février 2026 à 15:00

Depuis le 22 janvier 2026, la vie et l’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart sont à découvrir au Théâtre Marigny dans la nouvelle adaptation de la pièce Amadeus de Peter Shaffer. Mis en scène par Olivier Solivérès (lauréat du Molière 2024 de la mise en scène pour Le cercle des poètes disparus), Amadeus aborde le talent du jeune compositeur face à son rival jaloux et admiratif Salieri, à la fin du XVIIIe siècle.

L’œuvre, emblématique, a reçu le Tony Award de la meilleure pièce en 1981 et a connu une large popularité grâce à l’adaptation cinématographique signée Miloš Forman en 1984, qui devrait d’ailleurs prochainement connaître un remake en série.

La présentation d’Amadeus au Théâtre Marigny.

L’histoire commence à Vienne le 2 novembre 1823, alors qu’un vieil homme, le compositeur officiel de l’Empereur, affirme avoir « tué Mozart » 32 ans auparavant.

Antonio Salieri raconte alors sa vie dans la musique et sa rencontre avec le génie insolent et incomparable, Wolfgang Amadeus Mozart. Jérôme Kircher incarne Salieri et Thomas Solivérès se glisse dans la peau de ce jeune Mozart incontrôlable et fougueux. Amadeus est à découvrir au Théâtre Marigny jusqu’au 5 avril 2026. La billetterie est accessible ici.

Que pense la presse d’Amadeus ?

La qualité de la pièce Amadeus n’est plus à prouver. Pendant près de 40 ans, l’œuvre de Peter Shaffer a conquis le public grâce à sa représentation du génie absolu de Mozart, tout en évoquant les thèmes de la jalousie et de la fascination.

Le personnage de Salieri est particulièrement complexe et ambigu, entre son envie de détruire Mozart pour avoir une chance de briller et sa certitude que le jeune compositeur de musique est le plus grand de son époque. L’enjeu de cette nouvelle adaptation réside donc dans les choix de mise en scène d’Olivier Solivérès et dans l’interprétation des comédiens.

Pour France Info, Amadeus version 2026 est « un spectacle enchanté » qui « brille par sa flamboyance […] porté par deux comédiens inspirés ». Le Parisien est tout aussi admiratif et évoque un spectacle « intense, bouleversant ». Le quotidien vante la mise en scène d’Olivier Solivérès, notamment lors de la scène mythique de la composition par Mozart de son Requiem ; une séquence réussie, « entre écriture théorique et illustration symphonique ».

Pour Le Figaro, « on sort avec le désir d’écouter ou de réécouter et Mozart », et Le Point parle d’une « réussite » tout en soulignant quelques « maladresses », dont « des éléments de décor trop clinquants », avant de conclure que « ces réserves étant faites, le reste du spectacle rachète ces petits faux pas. Le miracle tient ici à l’excellence de la distribution ». Amadeus a tout de la pièce de théâtre incontournable de ce début d’année 2026. À voir au Théâtre Marigny, à Paris.

LOL 2.0 : la suite du film culte est-elle réussie ?

10 février 2026 à 12:15

En 2008, le film LOL de Lisa Azuelos a marqué toute une époque, s’intéressant à la relation conflictuelle entre une mère et sa fille, ainsi qu’aux histoires de cœur des différentes protagonistes. Sophie Marceau incarnait Anne et Christa Théret interprétait Lola (qui donne en partie son nom au film) dans une comédie tendre et caustique marquée par son époque.

Près de 18 ans après, LOL 2.0 retrouve le personnage d’Anne, plus âgée, et suit la petite sœur de Lola, Louise, incarnée par Thaïs Alessandrin. En presque 20 ans, l’époque a changé, les relations ne sont plus les mêmes et les modes de communication sont différents. Le film joue avec ces particularités et s’inscrit, à nouveau, dans son époque. Très attendu, LOL 2.0 sera-t-il le même événement générationnel que son aîné (et ses 3,5 millions d’entrées) ? Les premières critiques commencent à tomber et permettent de se faire une idée.

Que pense la presse de LOL 2.0 ?

Si LOL 2.0 cherche à ne pas tomber dans la redite et dans la nostalgie, c’est pourtant l’un des reproches principaux faits au film. Ainsi, pour France Info, le nouveau long-métrage de Lisa Azuelos ne parvient pas à éviter « l’air de déjà-vu », avec une même « adulte paumée, une relation mère-fille fusionnelle, une bande de potes soudée et une histoire d’amour empêchée ».

La critique reconnaît à la cinéaste son envie d’aborder les préoccupations de la jeunesse d’aujourd’hui (avec des questions sociales et politiques), mais, « à force de vouloir comprendre à tout prix la jeunesse, Lisa Azuelos l’enferme dans des étiquettes cliché ».

Première, pour sa part, estime que la réalisatrice est toujours aussi « connectée à la jeunesse de 2026 qu’à celle de 2009 ». Si cette suite « ne se hisse pas à la hauteur du premier LOL« , le site rappelle que « Sophie Marceau prouve une fois encore que, depuis La Boum, elle n’est jamais aussi irrésistible que dans les comédies générationnelles ». Le site Grazia évoque néanmoins une déception et estime que le film « peine à retrouver l’étincelle originelle » et « tente de décrypter la génération TikTok avec un regard qui se veut complice, mais qui finit par paraître extérieur ».

En s’attaquant à son propre film culte, Lisa Azuelos se heurte naturellement à la comparaison et ce LOL 2.0 a tout du projet aussi intrigant qu’inquiétant, qui ne manquera pas de faire débat. Reste à voir si le public (et la nouvelle génération) se déplacera en salle pour le découvrir, dès ce 11 février 2026.

La locataire : que vaut le nouveau roman de Freida McFadden ?

Par :import
10 février 2026 à 08:00

La publication, en France, des romans de Freida McFadden se poursuit. Après le succès de la trilogie La femme de ménage (en librairie comme au cinéma), La psyLa prof et Le boyfriend, les éditions City continuent de proposer l’œuvre de l’autrice dans nos contrées avec La locataire (The Tenant), initialement publié aux États-Unis en mai 2025.

Les éditions City proposent désormais les nouveaux romans de l’autrice en suivant l’ordre de publication originaleLa locataire étant donc l’un de ses titres les plus récents. Tout en gardant ses codes et son style désormais connus, le roman propose un thriller psychologique qui parvient à se démarquer du reste de sa bibliographie grâce à son point de vue original.

Dans la peau d’un homme

Blake et Krista ont tout pour eux. Fiancés, propriétaires d’une belle maison de Manhattan et heureux « parents » d’un poisson rouge nommé Goldy, tout semble aller pour le mieux. Blake vient même d’obtenir une promotion prestigieuse, laissant entrevoir un futur aisé.

Seulement, du jour au lendemain, le voilà licencié, son patron l’accusant d’avoir vendu des secrets internes à des concurrents. Quand l’argent vient à manquer, le couple se résout à accueillir chez eux une locataire, Whitney, d’apparence parfaite sous tous les rapports. Très vite, Blake commence à avoir des doutes concernant cette étrange colocataire.

La locataire débute ainsi comme tous les autres romans de Freida McFadden. Le statu quo des personnages change et une certaine paranoïa s’installe. Seulement, pour la toute première fois, l’autrice – qui conserve une narration subjective à la première personne – se glisse dans la peau d’un homme, s’éloignant ainsi des nombreux protagonistes féminins qu’elle a pu créer. Blake est le personnage principal de l’histoire et le lecteur évolue avec lui, à mesure qu’il devient sûr que Whitney cherche à détruire sa vie.

En suivant un point de vue masculin, Freida McFadden apporte une certaine fraîcheur à son récit, s’exprimant différemment et mettant en avant une autre psychologie, d’autres problématiques et un autre rapport aux événements. Dans les remerciements du livre, l’autrice évoque d’ailleurs la participation de son mari, qui a ajusté le ton au début de l’écriture, en lui disant qu’un homme dirait ou ne dirait pas certaines choses. Si La locataire revient aux codes habituels de l’écrivaine (avec ses qualités et ses limites), ce changement de point de vue constitue l’intérêt principal du roman. 

Tout le monde ment

Avec La locataire, Freida McFadden s’intéresse aux notions de vérité et de mensonge. Elle dépeint également la différence de perception d’un même événement (qu’il soit anodin ou dramatique) selon les personnes. Thriller psychologique qui monte crescendo dans le malaise, le livre joue avec les retournements de situation et la double narration, caractéristiques du style McFadden. Tout le monde ment, plus ou moins, forçant le lecteur à continuellement questionner ce qu’il croit savoir. Le point de vue subjectif ne remet pas en cause ce sentiment : même si le protagoniste raconte lui-même son quotidien, il est difficile de savoir à quel point il se ment à lui-même ou omet des détails qui pourraient avoir de l’importance. 

Néanmoins, les limites du style Freida McFadden peuvent se faire ressentir : après avoir lu plusieurs de ses romans, les ficelles commencent à se voir si on creuse un peu trop, et ce qui apparaissait comme des twists malins au début risque de se transformer en ingrédient surexploité. Ce constat n’enlève rien à l’aspect addictif de La locataire. Comme pour les autres romans, il bénéficie d’une écriture limpide, rapide et efficace qui donne envie de découvrir la suite de l’intrigue. Avec Freida McFadden, on est désormais en terrain familier : la recette est assimilée, connue, mais le plaisir de s’y replonger demeure intact.

La déchéance physique et psychologique

La majorité du livre s’attarde à montrer comment Blake, jeune homme de 32 ans qui réussit en tout, perd peu à peu pied lorsqu’il perd son travail. L’arrivée de Whitney au sein de la demeure familiale précipite sa chute. Persuadé qu’elle lui veut du mal, il se retrouve seul face aux autres et tombe dans une spirale infernale. Il crée ainsi le doute chez sa fiancée et ses amis, au point que l’injustice de la situation apparaisse comme insoutenable, même pour le lecteur.

Les événements vont loin et, si le protagoniste fait (souvent) le mauvais choix, on ne peut qu’apprécier la façon méthodique dont Freida McFadden le détruit, physiquement et psychologiquement, comme s’il était le cobaye d’une expérience sociologique. Sans empathie, le livre navigue à travers des situations extrêmes de violence, macabres, mais aussi hypnotiques. La locataire, sans révolutionner le monde du thriller, confirme que Freida McFadden a un style bien à elle, qu’elle déroule avec beaucoup de facilité et d’efficacité à chaque nouveau récit.

Reçu avant avant-hier

La locataire : de quoi parle le roman de Freida McFadden ? 

9 février 2026 à 16:00

Le nouveau livre signé Freida McFadden arrive en librairie ce 11 février 2026 aux éditions City. L’autrice de la trilogie La femme de ménage — dont l’adaptation cinématographique a dépassé les 4 millions d’entrées en France — propose un nouveau thriller aux nombreux retournements de situation.

Utilisant les codes et les effets de style caractéristiques de la romancière, La locataire joue avec les faux-semblants et la notion de vérité.

Le point de départ du livre est simple. Blake, un jeune homme de 32 ans habitué au succès, est licencié de sa boîte à New York alors qu’il venait d’obtenir la promotion de ses rêves. Son patron, persuadé qu’il a volé des secrets internes pour les vendre à des concurrents, le met à la porte du jour au lendemain et s’arrange pour qu’il ne retrouve plus aucun travail dans le milieu à Manhattan. Fiancé à Krista, Blake peine à s’en remettre, et l’argent commence à manquer.

Le couple, qui habite dans un quartier luxueux de la grosse pomme, envisage de renoncer à leur belle maison, jusqu’à ce que Krista trouve une solution temporaire susceptible de régler leur problème : prendre une locataire. Si Blake n’est pas enthousiaste à cette idée, il finit par accepter. Le couple accueille alors la jeune Whitney, d’apparence parfaite, mais dont le comportement agace progressivement Blake.

Qui sont les trois personnages principaux ?

La locataire suit trois personnages : Blake Porter, Krista et Whitney Cross. Le roman, écrit à la première personne — comme souvent chez Freida McFadden — adopte le point de vue de Blake, créant une rupture avec les précédents livres de l’autrice. Pour l’une des toutes premières fois, elle se glisse dans la peau d’un homme, avec ses caractéristiques et son regard masculin sur les événements et les autres personnages.

Une manière pour l’autrice de se réinventer sans perdre ce qui a fait son succès : les twists, les changements de perspective et les retournements de situation brutaux. À découvrir dès le 11 février 2026 en librairie, pour ce qui constitue la première sortie de l’année sur les trois livres de Freida McFadden, avant L’intruse en mai et Dear Debbie en octobre.

Taylor Swift : pourquoi le clip Opalite fait sensation ? 

9 février 2026 à 13:15

Quelques mois après sa sortie, The Life of a Showgirl de Taylor Swift continue de se dévoiler. Après le premier clip officiel, intitulé The Fate of Ophelia, la chanteuse vient de partager la vidéo d’Opalite, écrite et réalisée par Swift elle-même.

Dans une ambiance marquée par le souvenir des années 1990 et la nostalgie, Opalite montre le destin d’un homme et d’une femme, chacun seul dans sa vie, qui se rencontrent après avoir utilisé le produit miracle « Opalite ».

Le clip d’Opalite.

Le clip, initialement, est sorti sur Apple Music et Spotify quelques heures avant d’être disponible sur YouTube dimanche 8 février. Un choix stratégique permettant à Taylor Swift de maximiser les vues sur les plateformes de streaming avant que la vidéo ne soit accessible sur YouTube pour tous. Ce faisant, Opalite est devenu le clip vidéo le plus vu en 24 heures de l’histoire de Spotify et d’Apple Music, permettant à Taylor Swift de battre un nouveau record dans la musique.

Si Opalite fait sensation grâce à ses chiffres, sa genèse est également originale. La vidéo a, en effet, été conçue à la suite d’une simple blague faite par l’acteur Domhnall Gleeson lors d’un célèbre talk-show anglais et dont la séquence est à retrouver à la fin du clip.

Comment est né Opalite ?

Sur ses réseaux sociaux, Taylor Swift a ainsi partagé la naissance d’Opalite, qui n’était pas du tout prévu pour devenir le clip tel qu’il est aujourd’hui. Lors de la grande promotion de The Life of a Showgirl, l’artiste a, en effet, enchaîné les plateaux télé et les émissions, se rendant au très emblématique Graham Norton Show en octobre 2025 ; le talk show anglais qui fête bientôt ses 20 ans.

Étaient également invités ce soir-là, le chanteur Lewis Capaldi et les acteurs Domhnall Gleeson, Jodie Turner-Smith, Greta Lee et Cillian Murphy, tous venus pour promouvoir leurs projets du moment. Lors de la discussion, Domhnall Gleeson a notamment dit, au détour d’une blague, « J’espère être dans un clip vidéo de Taylor Swift ».

La chanteuse, interpellée, l’a pris au pied de la lettre. Une semaine plus tard, elle lui envoyait un mail avec le script d’Opalite, tout en conviant les autres artistes présents le même soir et l’animateur à figurer dans le clip.

Graham Norton, Lewis Capaldi, Greta Lee, Jodie Turner-Smith et même Cillian Murphy (qui assure la voix off et apparaît sur une affiche) ont tous répondu à l’invitation. Ou comment une rencontre fortuite et une simple allusion ont suffi pour créer le clip vidéo le plus vu de l’histoire des plateformes d’écoute modernes. 

Closer 2, l’un contre l’autre : un troisième film est-il prévu ?

9 février 2026 à 09:00

Après à la saga À contre-sens, Amazon Prime Vidéo tiendrait-il sa nouvelle franchise à succès avec Closer ? Le premier volet présenté en janvier 2025 sur la plateforme de streaming racontait, en effet, la relation sulfureuse de Drayton Lahey (Noah Beck) et de Dallas Bryan (Siena Agudong).

Pom pom girl dans son lycéen, cette dernière espèrait obtenir une bourse d’études pour intégrer une prestigieuse école de danse. Rien ne devait se mettre alors en travers de son chemin, mais c’était avant que le quaterback vedette de son école ne fasse éruption dans sa vie et chamboule tous ses projets.

La bande-annonce de Closer sur Prime Vidéo.

Fort d’un beau succès sur Prime Video — le film est resté sept semaines consécutives dans le Top 10 de la plateforme — il n’a pas fallu très longtemps avant que le géant du streaming ne commande la suite de Closer.

Mis en ligne le 5 février dernier, ce nouveau chapitre met de nouveau en scène les personnages de Drayton et de Dallas désormais en couple. Alors qu’ils doivent naviguer à travers leur amour naissant, les deux étudiants vont devoir affronter la distance, faire des compromis pour leur carrière mais aussi résister aux tentations extérieures.

Closer 3 en préparation ?

Closer 2 : l’un contre l’autre a donc permis aux fans et abonnés Prime Video de se replonger dans l’histoire d’amour Young Adult imaginée par Tay Marley dans le web-roman Wattpad, The QB Bad Boy and Me. Toutefois, les abonnés de la plateforme pourront-ils espérer un troisième volet des aventures de Drayton et Dallas ?

Si pour le moment Amazon Prime Video ne s’est pas prononcé — à l’instar de Tubi, plateforme américaine ayant diffusé outre-Atlantique la saga — le succès international de Closer pourrait rapidement justifier un nouveau long-métrage.

En tout cas, les acteurs de la saga, notamment Noah Beck, se sont dits enthousiastes à l’idée d’un troisième volet. « Si cette publication obtient 3 millions de likes, je me mettrai personnellement à genoux et supplierai Tubi de faire un troisième film #Sidelined. Aidez-nous à réaliser #Sidelined 3 ! Rejoignez-nous pour suivre le parcours de Noah Beck et bien plus encore ! » pouvait-on lire en légende de la vidéo postée par l’influenceur américain.

@noahbeck

if this gets 3 million likes i will personally get on my hands and knees and beg tubi to make a third #sidelined

♬ Zombie – YUNGBLUD

De son côté, Charlie Gillespie qui vient de rejoindre la franchise dans le rôle de Skyler espère également un troisième opus de Closer. Il confiait notamment à Entertainment Weekly son envie de travailler conjointement avec Noah Beck et de partager un duo avec Siena Agudong.

D’ici là, les abonnés de Prime Video pourront retrouver de nombreuses romances dédiées aux fictions Jeunes Adultes.

Aucun autre choix : la comédie dramatique et satirique de Park Chan-wook

9 février 2026 à 07:00

Trois ans après le surprenant Decision to Leave, le réalisateur Park Chan-wook est de retour au cinéma avec Aucun autre choix, une comédie noire et satirique, politique et sociale, d’une rare précision cinématographique.

Aucun autre choix.

Tout commence comme une fin idyllique. Dans un décor coloré et chaleureux, Park Chan-wook montre une famille parfaite, accomplie, entre la belle maison, les deux chiens, le couple aimant et la fille, une prodige de la musique. Pour Yoo Man-soo, employé d’une usine de fabrication de papier depuis 25 ans, tout semble enfin être au bon endroit. Le réalisateur propose une première scène quasi hallucinée, qui ressemblerait à la conclusion d’un autre film.

Puis, il fait basculer son histoire. Yoo Man-soo est licencié du jour au lendemain et peine à trouver du travail. Une seule solution lui vient en tête : éliminer toutes les personnes plus qualifiées que lui dans l’industrie du papier, afin de retrouver un poste dans le même domaine. À partir de ce postulat tragicomique, Park Chan-wook aborde le couple, le capitalisme, la précarité, la dépression et l’identité dans un kaléidoscope de genres et de styles, faisant d’Aucun autre choix l’un de ses films les plus aboutis.

Aucun autre choix.

L’adaptation d’un roman noir

À l’origine, Aucun autre choix adapte le roman Le couperet, écrit par Donald E. Westlake en 1997 et déjà adapté au cinéma par Costa-Gavras en 2005. Le livre est une critique acerbe de la société américaine, que Park Chan-Wook adapte à la société sud-coréenne, faisant de son film un témoignage tout aussi incisif sur la situation sociale et économique du pays que le roman sur les États-Unis.

Le thème est universel : quelle reconversion pour les employés quadragénaires et quinquagénaires qui perdent leur travail après avoir passé la majorité de leur vie professionnelle dans la même entreprise ?

Park Chan-wook montre la déchéance d’un homme après un licenciement humiliant, alors que son entreprise répond désormais aux injonctions américaines. Bien que Yoo Man-soo en veuille au grand patronat, il n’a aucun autre choix – le titre est régulièrement répété par de nombreux personnages tout au long du film – que de s’en prendre aux plus petits, comme lui, dans le but d’être le seul employé qualifié de la région.

Évoquant la mainmise du capitalisme occidental, Aucun autre choix explore aussi des conditions de travail en Corée du Sud, entre la pression hiérarchique et le conditionnement des employés. Soumis à tous les niveaux à un système qui les exploite, les précaires se détruisent entre eux pendant que les fortunés prospèrent.

Aucun autre choix.

Une relation miroir 

Telle une boule de neige qui grossit et emporte tout sur son passage, le licenciement de Yoo Man-soo a des conséquences multiples et Park Chan-wook parvient à aborder un nombre incalculable de sujets dans son film, allant de la relation parentale à l’alcoolisme, en passant par les problèmes de couple et la place de l’épouse, qui se révèle et prend une nouvelle position dans la famille quand le mari sombre.

Quand Yoo Man-soo – magistralement incarné par Lee Byung-Hun – commence à s’en prendre à ses concurrents, le film devient terriblement noir et sordide, avec cette approche très graphique et visuelle caractéristique du cinéma de Park Chan-wook. Son protagoniste voit dans ces hommes également en quête d’un travail ce qu’il est devenu. La relation miroir proposée par le cinéaste en devient ainsi des plus étranges et malsaines.

Aucun autre choix enchaîne les séquences macabres et hilarantes, tout en développant le personnage de Yoo Man-soo, de plus en plus torturé, paranoïaque et angoissé. Visuellement aussi méticuleux et inventif que Mademoiselle (2016), narrativement aussi surprenant et inquiétant qu’Old Boy (2003), Aucun autre choix s’inscrit pleinement dans la filmographie du réalisateur, qui décrypte la psyché humaine avec précision en partant de situations anodines pour aller vers les plus grandes extrémités.

Tout n’a pas à être parfaitement logique ou cohérent. Le film utilise les symboles pour traiter de l’intime et de l’humain.

Aucun autre choix.

Leur cinéma est différent, mais Aucun autre choix rappelle fortement Parasite (2019) de Bong Joon-ho : une satire sociale aux nombreuses couches, qui ne cesse de se réinventer pour aller dans des directions surprenantes et complexes. Profondément ambigu, ce nouveau film de Park Chan-wook est aussi ludique qu’hypnotisant.

Effrayant dans son discours et dans l’absolutisme de ses personnages, inventif dans sa mise en scène et dans son riche langage cinématographique, le long-métrage est à la fois ce qu’il prétend être, mais aussi bien davantage, invitant le spectateur dans un tourbillon émotionnel percutant et évocateur. Un grand cru.

La bande-annonce d’Aucun autre choix.

Marsupilami : à quel âge voir le film de Philippe Lacheau ?

6 février 2026 à 13:30

Après un passage remarqué au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, Marsupilami de Philippe Lacheau est désormais disponible dans les salles obscures françaises. En seulement quelques jours d’exploitation, le long-métrage sur la créature jaune et noire a déjà séduit 308 329 spectateurs (en comptant les avants-première). Un chiffre record qui le place dans le sillon d’une autre comédie française à succès : Un p’tit truc en plus d’Artus (2024).

À la fois drôle et familial, Marsupilami offre à Philippe Lacheau l’opportunité de se « réinventer ». Le réalisateur, tout en conservant sa fibre humoristique parfois graveleuse propre à la Bande à Fifi, offre, selon plusieurs critiques, un film avant tout fédérateur. En racontant à hauteur d’enfant cette nouvelle aventure, le cinéaste à qui l’on doit Babysitting (2013) et Alibi.com (2017) devrait toucher un plus large public et permettre ainsi aux plus jeunes de découvrir le long-métrage adapté de l’œuvre d’André Franquin.

Marsupilami.

Un film accessible aux enfants ?

C’est en tout cas ce que rapporte Parents. Selon le média, le long-métrage « peut être vu à partir de six ans, c’est d’ailleurs l’âge de Léo, le fils de David (Philippe Lacheau) dans le film ». Toutefois, un exploitant de cinéma interrogé dans ces mêmes colonnes tempère et précise : « le film est plutôt pour les enfants à partir de 10 ans. L’humour de Philippe Lacheau colle moins avec un public familial. Les blagues ne sont pas 100 % à destination des enfants. »

Magicmaman de son côté note que « le réalisateur et sa bande ont une vraie expertise dans les comédies accessibles à tous » en faisant référence aux précédents projets de la troupe comme Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2018). Le média illustre notamment son propos en pointant les nombreuses références à la pop culture des années 1980 et 1990 : « Le Marsupilami regorge de clins d’œil à E.T., Gremlins ou encore Jurassic Park. »

Bien que l’histoire soit « compréhensible pour les plus jeunes », Magicmaman précise que le film n’est vraiment accessible qu’aux enfants d’au moins six ans. Bien que ceux de quatre ans puissent apprécier les gags liés à la créature du Bébé Marsupilami, les subtilités humoristiques ainsi que l’action ne pourront être comprises que par un public plus âgé.

Un constat qui n’est pas de l’avis d’un journaliste belge de la RTBF, Hugues Dayez, qui via HuffPost questionne à quel public est destiné le film familial, compte tenu de « blagues sur le viagra et les cuvettes de WC ». « Je me demande vraiment si c’est un film à montrer aux enfants » a notamment ajouté le journaliste avant de dresser un portrait au vitriol du film de Philippe Lacheau.

Gims annonce un concert exceptionnel à Marseille

6 février 2026 à 13:00

On pensait qu’il allait arrêter les concerts et peut-être même la musique, mais Gims vient de faire une annonce qui ne va pas laisser ses fans indifférents. Pour la toute première fois de sa carrière, le rappeur emblématique se produira dans l’enceinte de l’Orange Vélodrome à Marseille, lors d’une date unique. Rendez-vous le 19 juin 2027 dans le cadre de la tournée Carpe Diem de Gims.

Une seule date pour un concert événement de 65 000 places, révélée dans une bande-annonce postée sur les réseaux sociaux annonçant la venue du « Roi du nord » dans la cité phocéenne. Outre ce passage à Marseille, Gims sera également à Paris La Défense Arena dans le cadre de ce Carpe Diem Tour, les 16 et 17 décembre 2027. La billetterie pour les trois concerts de Gims est ouverte ici.

Un Summer Tour en 2026

Si l’actualité de Gims en 2027 passera donc à la fois par Paris et Marseille, le rappeur est actuellement en pleine préparation de son Summer Tour 2026. Présent dans plusieurs festivals cet été, il sera notamment au Théâtre Antique de Vienne en juin, mais aussi à Lille et à Rouen pour des concerts exceptionnels.

Gims fait sensation en ce moment, depuis sa tournée à succès Last Winter Tour, et ses quatre soirées à Paris La Défense Arena en décembre dernier.

Également présent lors du Gala des pièces jaunes de janvier 2026, Gims est toujours sur le devant de la scène, depuis la sortie de son EP plébiscité Le nord se souvient. D’ici 2027, les fans espèrent également un nouvel album studio.

Le rappeur n’a plus sorti d’opus depuis Les dernières volontés de Mozart en 2022, alors que les nombreuses dates en cours et à venir du rappeur pourraient préfigurer la venue prochaine d’un nouveau disque.

Les deux mégots : pourquoi le livre pourrait rouvrir une affaire pénale ?

6 février 2026 à 09:30

L’affaire date de l’an 2000, mais pourrait bien connaître un nouveau rebondissement prochainement avec la sortie d’un livre choc, intitulé Les deux mégots, publié aux éditions Goutte d’Or.

Pendant des années, le journaliste Geoffrey Le Guilcher a enquêté sur le meurtre de Richard Alessandri, tué dans son lit dans la nuit du 16 juillet 2000. Sa femme, Edwige Alessandri, clame dès le départ son innocence et affirme avoir entendu des cambrioleurs dire : « Merde, le coup est parti, tirez-vous ! ».

Seulement, les enquêteurs ne croient pas à sa version et tentent d’obtenir des aveux. Son fils, Yohan Boguslaw, craque après un interrogatoire de 22 heures et implique sa mère, avant de se rétracter quelques jours après, affirmant être « devenu fou » face à la pression. La justice condamne Edwige Alessandri à 12 ans de prison.

À deux reprises, la justice confirme le jugement, alors qu’Edwige Alessandri continue de clamer son innocence. Dans l’essai Les deux mégots, Geoffrey Le Guilcher reprend l’affaire de bout en bout et arrive à la conclusion qu’Edwige est innocente et que le tueur présumé est connu. Retour sur un livre-enquête surprenant qui pourrait mettre en avant une erreur judiciaire importante. 

Qui aurait tué Richard Alessandri ?

Tout part en réalité de la présence retrouvée, proche des lieux du crime, de deux mégots. Les enquêteurs, dès le départ, sont persuadés de la culpabilité de la femme de la victime. Ils délaissent la piste d’un cambriolage, au point de ne pas reconnaître la possibilité pour des voleurs de s’introduire dans la maison depuis la porte-fenêtre qui n’était pas verrouillée. Deux mégots de cigarettes sont pourtant retrouvés derrière une haie dans le jardin, et l’ADN ne correspond à aucun membre de la famille.

Neuf ans plus tard, l’ADN parle : il appartient à un cambrioleur connu des forces de police. Une nouvelle enquête est ouverte, confiée à une autre brigade, qui établit avec précision la piste d’un cambriolage qui tourne mal. Seulement, l’équipe est écartée de l’affaire, au profit de celle ayant établi la culpabilité d’Edwige Alessandri et l’enquête ne va pas plus loin.

Dans son livre, Geoffrey Le Guilcher évoque toutes ces incohérences dans le dossier et va jusqu’à donner le témoignage d’une ex-compagne d’un des cambrioleurs, qui confirme les faits. Le livre, construit à la fois comme un thriller et une enquête journalistique true crime, fait sensation.

Il met en avant plusieurs choses : la possible innocence d’Edwige Alessandri, la responsabilité présumée du cambrioleur et surtout, le dysfonctionnement de l’enquête et les failles du système judiciaire. Fort de ces nouveaux éléments, l’avocat de la veuve de Richard Alessandri a annoncé faire une demande de révision pénale. Un nouveau procès pourrait donc avoir lieu.

Cancer colère de Fleur Breteau : de l’impuissance au combat politique

6 février 2026 à 07:00

« Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » Ce cri, lancé depuis le balcon de l’Assemblée nationale, propulse Fleur Breteau comme l’un des visages de 2025. Un visage au crâne nu qui ne laisse aucun doute sur sa maladie. Six mois plus tard, une partie de la « loi Duplomb » a été censurée et Fleur Breteau sort son livre, Cancer colère, la santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion. Le récit du chemin qui a mené à ce cri d’indignation, et qui paraît le 6 février aux éditions du Seuil.

Comme beaucoup, le cancer lui est tombé dessus par surprise. Élevée en banlieue parisienne, Fleur Breteau a été attachée de presse, a fabriqué des vêtements et même travaillé dans un magasin de sextoys. Rien ne la prédestinait à vivre, en moins de quatre ans, deux cancers du sein. Un drame, comme celui de la mort de son ami Nicolas à 46 ans, foudroyé en deux ans par trois tumeurs. La bascule. « Je n’avais plus envie de rire », écrit Fleur Breteau. Si elle reconnaît avoir peur, un sentiment la submerge, viscéral : la colère.

La découverte du « monde de la métastase », comme le nomme Fleur Breteau, se fait dans les salles d’attente des hôpitaux. Des rencontres de malades, tous trop jeunes – des boulangers avec des lymphomes ou un enfant de 7 ans avec une tumeur. « Moi, quand j’étais en CM2, aucun enfant n’avait un cancer ou je rêve ? », s’interroge sa mère. Paroles de malades ou de proches que nous retranscrit Fleur Breteau. L’autrice mêle l’intime et le politique, les émotions et les données. Car ces rencontres permettent d’incarner les dizaines de chiffres sur le cancer et les pesticides.

Le récit, très documenté, veut éduquer : 2 300 enfants ont un cancer diagnostiqué chaque année, le cancer est la première cause de mortalité chez les enfants, les taux de cancer devraient augmenter de 77 % dans le monde d’ici 2050… Des faits qui font enrager la malade. « La colère coule avec les produits de chimio dans mes veines. »

Réunir les colères

La formule marche et on s’indigne avec elle. De cette sensation d’impuissance, Fleur Breteau veut faire quelque chose. « J’étais au contact de chiffres et d’enquêtes, la loi Duplomb s’est profilée et ça a été un détonateur pour moi. Politiser le cancer me semblait être une évidence », raconte-t-elle à nos confrères de France Inter, en septembre dernier dans La Terre au carré. Dans l’attente fiévreuse de ses traitements naissent deux mots, gribouillés au bord d’une feuille : « cancer colère », le nom de son futur collectif. 

Mais comment se battre dans le brouillard du cancer ? Fleur Breteau n’élude pas les errements de sa vie de malade, les oublis, la fatigue. « Ma colère tombe comme une pierre au fond de moi, je n’enquête plus. Mon corps ralentit sa marche, pris d’assaut par les médicaments. » Là aussi, la réponse est politique, et le collectif lui vient en aide. « Je me découvre des alliés partout. » Malgré le brouillard, Cancer colère devient un mouvement – des malades manifestent, font des banderoles, écrivent aux députés pour les alerter sur les conséquences de la loi Duplomb. « De la maladie à la colère et de la colère à la lutte », résume Fleur Breteau.

« J’admets que d’apprendre des choses horribles et réelles n’est pas déprimant. Je convertis ma peur en pensée, le brouillard en faits incontestables et en données. »

Fleur Breteau

Jusqu’au récit de ce fait d’actualité qui a marqué 2025 : l’adoption de la loi Duplomb (le 8 juillet à l’Assemblée nationale à 316 voix contre 223). Et ce cri dans l’hémicycle. « Regardez-moi ! » lance Fleur Breteau en montrant son crâne. « J’ai regardé autour de moi et je me suis dit, je suis la seule avec la tête du cancer : c’est à moi de parler », confie-t-elle à France Inter.

Cancer colère nous raconte ce moment médiatique de l’intérieur, celui où une malade a « expulsé la colère ». S’ensuit une pétition historique, plus de deux millions de signatures contre la loi Duplomb, et la censure d’une partie du texte. Le livre emprunte au manifeste. « Depuis le vote de la loi Duplomb, les choses ont changé, la société civile s’est mobilisée, des voix innombrables se sont élevées », raconte Fleur Breteau. Toujours en colère, mais aussi en lutte.



À pied d’œuvre de Valérie Donzelli : de quel livre la réalisatrice s’inspire-t-elle ?

5 février 2026 à 11:35

Le nouveau film de Valérie Donzelli (L’amour et les forêts), À pied d’œuvre, en salle depuis ce 4 février, trouve son origine dans un texte littéraire. Le long-métrage est adapté du récit autobiographique éponyme de Franck Courtès, publié en 2023 chez Gallimard. Un livre bref et dense, qui raconte ce que coûte le choix de créer.

De quoi parle le livre ?

Dans son récit, Courtès, photographe reconnu, choisit d’abandonner une carrière stable pour se consacrer entièrement à l’écriture. Rapidement, la réalité économique s’impose. Faute de revenus suffisants, l’auteur enchaîne les petits boulots manuels – déménagements, bricolage, manutention… Le livre décrit un quotidien fait de fatigue physique, d’invisibilisation sociale et de déclassement.

Il s’est tourné vers la littérature à partir de 2013 avec Autorisation de pratiquer la course à pied. Son écriture s’attache aux corps, au travail et aux trajectoires individuelles. Avec À pied d’œuvre, il livre un texte concret sur la condition matérielle de l’écrivain aujourd’hui, loin des représentations idéalisées.

Pourquoi Valérie Donzelli a-t-elle voulu l’adapter ?

La frontalité du récit a séduit Valérie Donzelli. « Quand j’ai lu le livre de Franck, j’ai aimé ce qu’il racontait, mais j’aimais son écriture, je trouve qu’il raconte quelque chose de complexe avec simplicité. Je tenais à ce que son texte soit dans le film, qu’il soit entendu », a-t-elle déclaré au micro de France Culture. Coécrit avec Gilles Marchand, le scénario s’appuie directement sur le livre, dont plusieurs passages sont repris en voix off.

À pied d’œuvre.

À l’écran, le photographe-écrivain devient Paul Marquet, interprété par Bastien Bouillon. Le film suit son quotidien fait de missions précaires et de temps volé à l’écriture. La mise en scène reste volontairement simple. Autour de Bouillon, Virginie Ledoyen, André Marcon et Marie Rivière incarnent l’entourage familial et professionnel.

“Hurlevent” : quelle est la signification du titre du film avec Margot Robbie et Jacob Elordi ?

5 février 2026 à 10:55

Après une avant-première remarquée à Paris, en présence d’Emerald Fennell, Margot Robbie et Jacob Elordi, la sortie du film « Hurlevent »“Wuthering Heights” en version originale –  se rapproche.

Attendue dans les salles le 11 février 2026, cette nouvelle adaptation du classique de la littérature promet de revisiter à sa façon l’histoire écrite par Emily Brontë au XIXe siècle, tout en conservant certains de ses thèmes les plus importants.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Si plusieurs aspects dans la bande-annonce permettent de constater une approche plus anachronique de l’histoire, avec des costumes assez modernes et une bande originale pop et électro signée Charli XCX, le nom du film a aussi sa signification précise.

En choisissant d’entourer son titre de guillemets, que cela soit « Hurlevent » en France ou “Wuthering Heights” ailleurs, Emerald Fennell assume son envie de s’éloigner un peu de l’œuvre originale pour avoir une certaine marge de liberté et raconter ce qu’elle souhaite dans son film. Comme pour affirmer le côté approximatif, détourné ou emprunté, la présence de guillemets n’est pas anodine et s’inscrit dans le ton choisi et le style du film. Reste à voir à quel point « Hurlevent » s’éloigne du roman initial pour lier ses thèmes originaux à des sujets plus contemporains.

Les Hauts de Hurlevent, ça signifie quoi, à la base ?

Si « Hurlevent » est donc un choix de sémantique précis, le titre fait naturellement référence aux Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), également orthographié en France Les Hauts de Hurle-Vent, selon les éditions. En version originale, wuthering fait allusion aux vents violents et aux tempêtes et heights évoque un lieu en hauteur.

Les Hauts de Hurlevent traduit cette idée et fait référence à ce vent déchaîné qui hurle sur les hauteurs, dans les régions exposées du Yorkshire, en Angleterre. Si le titre évoque donc la rudesse d’un lieu, il a également une signification thématique, et fait allusion aux sentiments tumultueux et tourbillonnants des protagonistes, plongés dans une histoire d’amour, de haine et de vengeance.

Les Lionnes sur Netflix : chronique d’un coup manqué

5 février 2026 à 08:01

Après Lupin, Pax Massilia et plus récemment Néro, Netflix poursuit sa stratégie de production de séries françaises. Avec Les Lionnes, la plateforme reste dans le registre du thriller, mais opère un virage vers la comédie d’action. Portée par Olivier Rosemberg (Family Business) et coécrite avec Carine Prévo, la fiction ambitionne de croiser braquage, humour et chronique sociale dans huit épisodes livrés ce 5 février. Une proposition peu inspirée, qui retombe dans les travers classiques des œuvres françaises.

Quelle est l’intrigue des Lionnes ?

Pour quiconque a fréquenté les séries américaines de la plateforme, Les Lionnes évoquera sans doute la création de Jenna Bans, Good Girls. Cette dernière raconte la dérive criminelle de trois mères de famille de la banlieue de Detroit, amenées à braquer un supermarché avant de s’enfoncer dans une spirale de problèmes. Un show efficace dans ses premières saisons, porté par un sarcasme bienvenu et une satire intéressante du patriarcat américain.

Les Lionnes.

Assurément, la comparaison tourne au désavantage de la version française. Le point de départ est pourtant quasi identique : dans une banlieue d’une ville du Sud, quatre femmes – toutes confrontées à des situations de précarité différentes – dévalisent une banque. L’intrigue se greffe à un contexte marqué par la présence d’un maire vil, interprété par François Damiens, qui se pose en champion de la lutte contre la délinquance, et par un caïd du coin, Ézéchiel, incarné par Olivier Rosemberg lui-même.

Une relecture originale manquée

Difficile, dès lors, d’échapper à l’impression de recyclage. La série aurait pourtant pu gagner en épaisseur en se rapprochant davantage d’une histoire réelle, celle d’un gang de femmes surnommées « les Amazones », qui ont braqué sept banques dans le Vaucluse entre 1989 et 1990. Mais rappelons que l’affaire a déjà été portée de multiples fois à l’écran, notamment dans Les braqueuses, de Jean-Paul Salomé, en 1994, puis dans Le gang des Amazones de Mélissa Drigeard en 2025.

Les Lionnes tente bien d’imposer une identité visuelle, entre couleurs saturées et ambiance néon, mais le résultat reste superficiel. La série joue sur des clichés et s’appuie sur une vulgarité supposée comique, tout en esquissant des réalités socioéconomiques complexes. Précarité financière, emprise du crime organisé, condition des mères célibataires… Autant d’enjeux effleurés et relégués au rang de simple toile de fond, au service du thriller.

Les Lionnes.

En choisissant la comédie, Les Lionnes cherchait sans doute à se distinguer d’autres polars, comme Pax Massilia ou Soleil noir, plus sombres, plus réalistes et plus crédibles. Cependant, le ressort humoristique ne fonctionne pas, la satire reste grossière et l’invraisemblance du récit s’accentue à mesure que les braquages s’enchaînent.

Des interprétations correctes, mais sans relief

S’il fallait retenir un axe intéressant, ce serait celui de la sororité. La série ambitionne de montrer des trajectoires féminines marquées par la solidarité, l’entraide et les sacrifices. Une dimension qui traverse les classes sociales, notamment à travers le personnage de Chloé, incarné par Pascale Arbillot, épouse battue du maire, figure de domination masculine.

Les Lionnes.

Mais là encore, l’exécution reste inégale. Le récit se focalise principalement sur Rosalie, interprétée par Rebecca Marder (récemment vue dans L’étranger), qui offre une performance un peu surjouée. C’est Naidra Ayadi qui s’impose comme l’interprète la plus convaincante du casting, dans le rôle d’une mère célibataire menacée de perdre la garde de ses enfants, avec un jeu plus incarné et dramatique. Zoé Marchal, la fille bipolaire qui sert de ressort comique un peu trop appuyé, finit malgré tout par tirer son épingle du jeu.

Les Lionnes.

Côté masculin, on retrouve Jonathan Cohen dans un registre éloigné de ses rôles habituels, mais sans grande intensité. François Damiens compose un antagoniste volontairement caricatural – qu’il parvient à rendre crédible dans l’excès. Sami Outalbali, vu dans Sex Education, propose un policier nuancé, plutôt touchant, mais qui manque de développement.

Une occasion manquée

Thriller sans surprise, comédie peu inspirée, personnages sous-exploités… Les Lionnes échoue à transformer son sujet en véritable œuvre politique ou sociale. Faute de regard singulier, la série s’ajoute à la (longue) liste des productions françaises rapidement consommées, tout aussi vite oubliées. Une œuvre fonctionnelle, mais sans aspérité, qui ne parvient ni à faire rire ni à faire réfléchir.

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