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Reçu hier — 10 février 2026

La défense Lincoln : la série Netflix aura-t-elle une saison 5 ?

10 février 2026 à 09:15

Après trois saisons solidement installées dans le catalogue de Netflix, La défense Lincoln a fait son retour le 5 février avec une quatrième et nouvelle saison, relançant l’intérêt autour de la série judiciaire. Les regards se tournent désormais vers la suite, mais la plateforme a déjà levé le voile sur son avenir.

Cette nouvelle salve a adapté le roman L’innocence et la loi de Michael Connelly et opéré un renversement de perspective pour la série. Mickey Haller, avocat pénaliste habitué à défendre ses clients depuis l’arrière de sa Lincoln, se retrouve cette fois au centre de l’accusation. La découverte d’un cadavre dans son coffre le place dans la position d’un homme contraint de mettre à l’épreuve le système judiciaire qu’il maîtrise, mais depuis le banc des accusés.

La série aura-t-elle une suite ?

L’annonce est intervenue fin janvier avant même la sortie du quatrième chapitre : Netflix renouvelle la série pour un cinquième volet. Ce dernier est d’ailleurs déjà en préparation : les showrunners travaillent actuellement sur l’écriture des épisodes et la plateforme a confirmé un format identique aux saisons précédentes, avec dix épisodes.

Krista Warner, Neve Campbell et Angus Sampson dans la saison 4 de La défense Lincoln.

« La saison 4 est le parcours le plus intense et le plus personnel que nous ayons fait vivre à Mickey Haller jusqu’à présent, et nous sommes ravis et reconnaissants de pouvoir poursuivre l’aventure dans la saison 5 ! » ont déclaré Ted Humphrey et Dailyn Rodriguez à Tudum.

Quelle sera l’intrigue de la saison 5 ?

Sur le plan narratif, la saison 5 s’inspirera du roman sorti en 2023 – et publié en France en septembre 2024 aux éditions Calmann-Lévy – Sans l’ombre d’un doute. L’intrigue devrait suivre Mickey Haller dans une nouvelle affaire judiciaire, centrée sur une femme condamnée à tort pour le meurtre de son ex-mari.

Neve Campbell, Jason OMara, Manuel Garcia-Rulfo et Becki Newton dans la saison 4 de La Défense Lincoln.

Côté casting, aucune révolution n’est attendue à ce stade. Manuel Garcia-Rulfo reprendra sans doute le rôle du protagoniste, avec à ses côtés Neve Campbell, Becki Newton, Jazz Raycole et Angus Sampson. Introduite en fin de saison 4, Cobie Smulders devrait également occuper une place plus importante dans la suite. Aucun nouveau nom n’a encore été officialisé par Netflix.

La locataire : que vaut le nouveau roman de Freida McFadden ?

Par :import
10 février 2026 à 08:00

La publication, en France, des romans de Freida McFadden se poursuit. Après le succès de la trilogie La femme de ménage (en librairie comme au cinéma), La psyLa prof et Le boyfriend, les éditions City continuent de proposer l’œuvre de l’autrice dans nos contrées avec La locataire (The Tenant), initialement publié aux États-Unis en mai 2025.

Les éditions City proposent désormais les nouveaux romans de l’autrice en suivant l’ordre de publication originaleLa locataire étant donc l’un de ses titres les plus récents. Tout en gardant ses codes et son style désormais connus, le roman propose un thriller psychologique qui parvient à se démarquer du reste de sa bibliographie grâce à son point de vue original.

Dans la peau d’un homme

Blake et Krista ont tout pour eux. Fiancés, propriétaires d’une belle maison de Manhattan et heureux « parents » d’un poisson rouge nommé Goldy, tout semble aller pour le mieux. Blake vient même d’obtenir une promotion prestigieuse, laissant entrevoir un futur aisé.

Seulement, du jour au lendemain, le voilà licencié, son patron l’accusant d’avoir vendu des secrets internes à des concurrents. Quand l’argent vient à manquer, le couple se résout à accueillir chez eux une locataire, Whitney, d’apparence parfaite sous tous les rapports. Très vite, Blake commence à avoir des doutes concernant cette étrange colocataire.

La locataire débute ainsi comme tous les autres romans de Freida McFadden. Le statu quo des personnages change et une certaine paranoïa s’installe. Seulement, pour la toute première fois, l’autrice – qui conserve une narration subjective à la première personne – se glisse dans la peau d’un homme, s’éloignant ainsi des nombreux protagonistes féminins qu’elle a pu créer. Blake est le personnage principal de l’histoire et le lecteur évolue avec lui, à mesure qu’il devient sûr que Whitney cherche à détruire sa vie.

En suivant un point de vue masculin, Freida McFadden apporte une certaine fraîcheur à son récit, s’exprimant différemment et mettant en avant une autre psychologie, d’autres problématiques et un autre rapport aux événements. Dans les remerciements du livre, l’autrice évoque d’ailleurs la participation de son mari, qui a ajusté le ton au début de l’écriture, en lui disant qu’un homme dirait ou ne dirait pas certaines choses. Si La locataire revient aux codes habituels de l’écrivaine (avec ses qualités et ses limites), ce changement de point de vue constitue l’intérêt principal du roman. 

Tout le monde ment

Avec La locataire, Freida McFadden s’intéresse aux notions de vérité et de mensonge. Elle dépeint également la différence de perception d’un même événement (qu’il soit anodin ou dramatique) selon les personnes. Thriller psychologique qui monte crescendo dans le malaise, le livre joue avec les retournements de situation et la double narration, caractéristiques du style McFadden. Tout le monde ment, plus ou moins, forçant le lecteur à continuellement questionner ce qu’il croit savoir. Le point de vue subjectif ne remet pas en cause ce sentiment : même si le protagoniste raconte lui-même son quotidien, il est difficile de savoir à quel point il se ment à lui-même ou omet des détails qui pourraient avoir de l’importance. 

Néanmoins, les limites du style Freida McFadden peuvent se faire ressentir : après avoir lu plusieurs de ses romans, les ficelles commencent à se voir si on creuse un peu trop, et ce qui apparaissait comme des twists malins au début risque de se transformer en ingrédient surexploité. Ce constat n’enlève rien à l’aspect addictif de La locataire. Comme pour les autres romans, il bénéficie d’une écriture limpide, rapide et efficace qui donne envie de découvrir la suite de l’intrigue. Avec Freida McFadden, on est désormais en terrain familier : la recette est assimilée, connue, mais le plaisir de s’y replonger demeure intact.

La déchéance physique et psychologique

La majorité du livre s’attarde à montrer comment Blake, jeune homme de 32 ans qui réussit en tout, perd peu à peu pied lorsqu’il perd son travail. L’arrivée de Whitney au sein de la demeure familiale précipite sa chute. Persuadé qu’elle lui veut du mal, il se retrouve seul face aux autres et tombe dans une spirale infernale. Il crée ainsi le doute chez sa fiancée et ses amis, au point que l’injustice de la situation apparaisse comme insoutenable, même pour le lecteur.

Les événements vont loin et, si le protagoniste fait (souvent) le mauvais choix, on ne peut qu’apprécier la façon méthodique dont Freida McFadden le détruit, physiquement et psychologiquement, comme s’il était le cobaye d’une expérience sociologique. Sans empathie, le livre navigue à travers des situations extrêmes de violence, macabres, mais aussi hypnotiques. La locataire, sans révolutionner le monde du thriller, confirme que Freida McFadden a un style bien à elle, qu’elle déroule avec beaucoup de facilité et d’efficacité à chaque nouveau récit.

Reçu avant avant-hier

La locataire : de quoi parle le roman de Freida McFadden ? 

9 février 2026 à 16:00

Le nouveau livre signé Freida McFadden arrive en librairie ce 11 février 2026 aux éditions City. L’autrice de la trilogie La femme de ménage — dont l’adaptation cinématographique a dépassé les 4 millions d’entrées en France — propose un nouveau thriller aux nombreux retournements de situation.

Utilisant les codes et les effets de style caractéristiques de la romancière, La locataire joue avec les faux-semblants et la notion de vérité.

Le point de départ du livre est simple. Blake, un jeune homme de 32 ans habitué au succès, est licencié de sa boîte à New York alors qu’il venait d’obtenir la promotion de ses rêves. Son patron, persuadé qu’il a volé des secrets internes pour les vendre à des concurrents, le met à la porte du jour au lendemain et s’arrange pour qu’il ne retrouve plus aucun travail dans le milieu à Manhattan. Fiancé à Krista, Blake peine à s’en remettre, et l’argent commence à manquer.

Le couple, qui habite dans un quartier luxueux de la grosse pomme, envisage de renoncer à leur belle maison, jusqu’à ce que Krista trouve une solution temporaire susceptible de régler leur problème : prendre une locataire. Si Blake n’est pas enthousiaste à cette idée, il finit par accepter. Le couple accueille alors la jeune Whitney, d’apparence parfaite, mais dont le comportement agace progressivement Blake.

Qui sont les trois personnages principaux ?

La locataire suit trois personnages : Blake Porter, Krista et Whitney Cross. Le roman, écrit à la première personne — comme souvent chez Freida McFadden — adopte le point de vue de Blake, créant une rupture avec les précédents livres de l’autrice. Pour l’une des toutes premières fois, elle se glisse dans la peau d’un homme, avec ses caractéristiques et son regard masculin sur les événements et les autres personnages.

Une manière pour l’autrice de se réinventer sans perdre ce qui a fait son succès : les twists, les changements de perspective et les retournements de situation brutaux. À découvrir dès le 11 février 2026 en librairie, pour ce qui constitue la première sortie de l’année sur les trois livres de Freida McFadden, avant L’intruse en mai et Dear Debbie en octobre.

Aucun autre choix : la comédie dramatique et satirique de Park Chan-wook

9 février 2026 à 07:00

Trois ans après le surprenant Decision to Leave, le réalisateur Park Chan-wook est de retour au cinéma avec Aucun autre choix, une comédie noire et satirique, politique et sociale, d’une rare précision cinématographique.

Aucun autre choix.

Tout commence comme une fin idyllique. Dans un décor coloré et chaleureux, Park Chan-wook montre une famille parfaite, accomplie, entre la belle maison, les deux chiens, le couple aimant et la fille, une prodige de la musique. Pour Yoo Man-soo, employé d’une usine de fabrication de papier depuis 25 ans, tout semble enfin être au bon endroit. Le réalisateur propose une première scène quasi hallucinée, qui ressemblerait à la conclusion d’un autre film.

Puis, il fait basculer son histoire. Yoo Man-soo est licencié du jour au lendemain et peine à trouver du travail. Une seule solution lui vient en tête : éliminer toutes les personnes plus qualifiées que lui dans l’industrie du papier, afin de retrouver un poste dans le même domaine. À partir de ce postulat tragicomique, Park Chan-wook aborde le couple, le capitalisme, la précarité, la dépression et l’identité dans un kaléidoscope de genres et de styles, faisant d’Aucun autre choix l’un de ses films les plus aboutis.

Aucun autre choix.

L’adaptation d’un roman noir

À l’origine, Aucun autre choix adapte le roman Le couperet, écrit par Donald E. Westlake en 1997 et déjà adapté au cinéma par Costa-Gavras en 2005. Le livre est une critique acerbe de la société américaine, que Park Chan-Wook adapte à la société sud-coréenne, faisant de son film un témoignage tout aussi incisif sur la situation sociale et économique du pays que le roman sur les États-Unis.

Le thème est universel : quelle reconversion pour les employés quadragénaires et quinquagénaires qui perdent leur travail après avoir passé la majorité de leur vie professionnelle dans la même entreprise ?

Park Chan-wook montre la déchéance d’un homme après un licenciement humiliant, alors que son entreprise répond désormais aux injonctions américaines. Bien que Yoo Man-soo en veuille au grand patronat, il n’a aucun autre choix – le titre est régulièrement répété par de nombreux personnages tout au long du film – que de s’en prendre aux plus petits, comme lui, dans le but d’être le seul employé qualifié de la région.

Évoquant la mainmise du capitalisme occidental, Aucun autre choix explore aussi des conditions de travail en Corée du Sud, entre la pression hiérarchique et le conditionnement des employés. Soumis à tous les niveaux à un système qui les exploite, les précaires se détruisent entre eux pendant que les fortunés prospèrent.

Aucun autre choix.

Une relation miroir 

Telle une boule de neige qui grossit et emporte tout sur son passage, le licenciement de Yoo Man-soo a des conséquences multiples et Park Chan-wook parvient à aborder un nombre incalculable de sujets dans son film, allant de la relation parentale à l’alcoolisme, en passant par les problèmes de couple et la place de l’épouse, qui se révèle et prend une nouvelle position dans la famille quand le mari sombre.

Quand Yoo Man-soo – magistralement incarné par Lee Byung-Hun – commence à s’en prendre à ses concurrents, le film devient terriblement noir et sordide, avec cette approche très graphique et visuelle caractéristique du cinéma de Park Chan-wook. Son protagoniste voit dans ces hommes également en quête d’un travail ce qu’il est devenu. La relation miroir proposée par le cinéaste en devient ainsi des plus étranges et malsaines.

Aucun autre choix enchaîne les séquences macabres et hilarantes, tout en développant le personnage de Yoo Man-soo, de plus en plus torturé, paranoïaque et angoissé. Visuellement aussi méticuleux et inventif que Mademoiselle (2016), narrativement aussi surprenant et inquiétant qu’Old Boy (2003), Aucun autre choix s’inscrit pleinement dans la filmographie du réalisateur, qui décrypte la psyché humaine avec précision en partant de situations anodines pour aller vers les plus grandes extrémités.

Tout n’a pas à être parfaitement logique ou cohérent. Le film utilise les symboles pour traiter de l’intime et de l’humain.

Aucun autre choix.

Leur cinéma est différent, mais Aucun autre choix rappelle fortement Parasite (2019) de Bong Joon-ho : une satire sociale aux nombreuses couches, qui ne cesse de se réinventer pour aller dans des directions surprenantes et complexes. Profondément ambigu, ce nouveau film de Park Chan-wook est aussi ludique qu’hypnotisant.

Effrayant dans son discours et dans l’absolutisme de ses personnages, inventif dans sa mise en scène et dans son riche langage cinématographique, le long-métrage est à la fois ce qu’il prétend être, mais aussi bien davantage, invitant le spectateur dans un tourbillon émotionnel percutant et évocateur. Un grand cru.

La bande-annonce d’Aucun autre choix.

Animal Kingdom : faut-il se lancer dans cette nouvelle série à succès sur Netflix ?

6 février 2026 à 18:02
Animal Kingdom : faut-il se lancer dans cette nouvelle série à succès sur Netflix ?

Pour une fois, la série du moment de Netflix ne concerne pas une production maison, mais une acquisition (temporaire ?). Les six saisons d'Animal Kingdom sont disponibles et elles ont vite trouvé leur public. À raison ?

Après Dark et Kleo, Unfamiliar sera-t-il le prochain phénomène allemand de Netflix ?

5 février 2026 à 14:25

Depuis plus d’une décennie, Netflix a un objectif : diversifier son offre sérielle en nous proposant des productions venues du monde entier. Si les œuvres espagnoles ont connu un regain d’intérêt après les succès de La casa de papel et Elite, les séries allemandes ont (aussi) su se faire une place de choix dans le catalogue de la plateforme. Notre premier coup de foudre ? Dark.

Puissant, sensible, mystérieux et captivant, ce show révélé en 2017 nous a profondément touchés et a marqué un tournant en ouvrant la voie à d’autres propositions remarquées comme le thriller Chère petite, la série d’espionnage Kleo ou encore la fiction SF Cassandra. Diffusée depuis le 5 février sur la plateforme, Unfamiliar pourrait bien s’inscrire dans cette lignée et marquer, à son tour, l’histoire de Netflix.

Quelle est l’intrigue d’Unfamiliar ?

La série suit Meret et Simon Schäfer, deux anciens agents du BND, le service de renseignement extérieur allemand. Installés à Berlin, ils dirigent une maison refuge discrète, destinée à accueillir des personnes en fuite. Une existence en apparence maîtrisée, jusqu’à ce qu’un appel inattendu bouscule leur quotidien et cette stabilité.

Susanne Wolff dans Unfamiliar.

Un homme blessé demande leur aide, et le couple sent que quelque chose cloche. En effet, cet inconnu semble s’être infligé ses propres blessures, son comportement intrigue, et surtout, il refuse de décliner son identité. Très vite, Meret et Simon comprennent qu’il ne s’agit pas d’un hasard.

Commence alors une course contre–la-montre où ils devront « fuir tueurs à gages, agents russes, BND, ex-amants ainsi qu’une horde de personnes à qui ils ont fait du tort… tout en essayant de sauver leur couple », détaille le synopsis.

Felix Kramer et Lennart Ruff dans Unfamiliar.

Créée par Paul Coates (Le dernier des templiers), la production réunit des visages bien connus du paysage sériel allemand. Susanne Wolff (Au rythme de Vera) et Felix Kramer (King’s Land) incarnent le couple central, entourés notamment de Samuel Finzi (Allmen), Natalia Belitski (Le parfum), Andreas Pietschmann (Dark, 1899), Henry Hübchen (Les vieux espions vous saluent bien) et Seyneb Saleh (Munich Games). Autant d’arguments qui pourraient faire d’Unfamiliar l’une des prochaines propositions allemandes incontournables de l’industrie sérielle.

Autopsie d’un drame : que vaut la série avec Diane Kruger ?

3 février 2026 à 16:35

Le sens du devoir est-il plus fort que l’amitié ? C’est la question que pose Autopsie d’un drame (Little Disasters en version originale), événement sériel de ce mois de février sur HBO Max. Initialement diffusée sur Paramount+ au Royaume-Uni au printemps 2025, cette adaptation du roman de Sarah Vaughan a été imaginée par Ruth Fowler (Rules of the Game) et Amanda Duke (En traître) et réalisée par Eva Sigurðardóttir (Domino Day).

Portée par Diane Kruger (Merteuil, Inglourious Basterds), Jo Joyner (For Her Sins, Ne t’éloigne pas), Shelley Conn (Gen V, La Chronique des Bridgerton), Emily Taaffe (Little Bird, The Dig), J. J. Feild (Périphériques, les mondes de Flynne, Troisième étoile à droite) et Stephen Campbell Moore (Braquage à l’anglaise, Le dernier des templiers), cette production en six épisodes interroge la notion de la vérité, de l’amitié et de la méfiance envers le corps médical.

Quelle est l’intrigue d’Autopsie d’un drame ?

Autopsie d’un drame suit un groupe d’amies soudées depuis leurs cours de préparation à la naissance. Jess (Diane Kruger), mère au foyer à l’image parfaite, débarque un soir à l’hôpital avec son bébé de dix mois, victime d’une fracture du crâne. Le médecin de garde n’est autre que Liz (Jo Joyner), membre de son cercle intime. Face aux contradictions de Jess, Liz doit trancher : faire confiance à son amie ou alerter les autorités.

Autopsie d’un drame

En choisissant la seconde option, elle déclenche une réaction en chaîne. Un conflit qui fait tout l’intérêt de la série, selon le site Decider. « À bien des égards, [le show] présente les caractéristiques des thrillers que l’on a vus en abondance ces dernières années, […] mais le fait que Jess et Liz étaient autrefois très proches, […] et l’idée que Liz doit faire ce qu’elle estime nécessaire en tant que professionnelle de la santé pour protéger Betsey, même si elle sait que cela lui coûtera cette amitié à laquelle elle a tant tenu, rend l’histoire vraiment intéressante. »

Qu’en pense la presse américaine ?

Outre-Atlantique, les spécialistes accueillent ce thriller avec une certaine réserve. Variety y voit une « exploration concise et captivante des tensions croissantes au sein d’un groupe d’amies » et note que l’intérêt majeur réside dans les attitudes opposées face aux soins, notamment le scepticisme vaccinal et le recours systématique à la médecine privée par Jess.

Autopsie d’un drame

Cependant, The Hollywood Reporter se montre plus sévère. Si le magazine apprécie le pragmatisme des trois premiers épisodes, il regrette que les deux derniers transforment des figures clés en « caricatures de méchants » et résolvent le mystère de façon « grotesque et peu convaincante ». Pour le critique, la série « finit par sacrifier la majeure partie de cette ambiguïté avec un final qui, tant sur le plan légal que moral, [paraît] totalement invraisemblable ».

Que vaut la prestation des actrices ?

Malgré ces réserves scénaristiques, la distribution fait l’unanimité. Diane Kruger, particulièrement attendue, « installe une tension palpable », note The Hollywood Reporter, qui la décrit comme « à la fois effrayante et touchante ». Face à elle, Jo Joyner campe une Liz fragile, hantée par des démons intérieurs et un problème d’alcool qui complique sa quête de vérité. Oscillant entre le mélodrame familial et l’enquête policière, Autopsie d’un drame réussit, selon The Hollywood Reporter, à bouleverser nos attentes en révélant la « toxicité de relations superficiellement affectueuses ».

N121 – Bus de nuit : c’est quoi ce thriller avec Riadh Belaïche ?

3 février 2026 à 14:45

Fort de ses 4,6 millions d’abonnés sur Instagram, l’influenceur et vidéaste Riadh Belaïche est à l’affiche de son tout premier thriller au cinéma, intitulé N121 – Bus de nuit.

Après la comédie (30 jours max), l’action sur Netflix (GTMax) et plusieurs émissions ou séries (LOL : qui rit, sort !, Validé, Celebrity Hunted – Chasse à l’homme), le comédien change de registre et s’affiche dans un film de genre à la tension permanente, qui part d’une situation banale pour aller progressivement dans différentes extrémités.

La bande-annonce de N121 – Bus de nuit.

Dans le film, trois amis rentrent de Paris après une soirée festive et prennent un bus de nuit. Quand une altercation entre une jeune femme et un passager prend de l’ampleur, ils décident d’intervenir et constatent peu à peu que la situation vire au cauchemar.

En utilisant le bus comme un moyen de créer un huis clos anxiogène, le long-métrage de Morade Aïssaoui joue avec la tension et l’imprévisibilité, tout en développant un fond social. En plus d’offrir à Riadh Belaïche l’un des rôles principaux, le film met en scène une autre influenceuse célèbre des réseaux sociaux, Paola Locatelli, vue l’an dernier dans le film Rapide, sur la Formule 1. N121 – Bus de nuit sort dans les salles de cinéma ce 4 février 2026.

Le premier long-métrage de Morade Aïssaoui

Si le réalisateur Morade Aïssaoui propose avec N121 – Bus de nuit son premier long-métrage, il a notamment écrit plusieurs épisodes de la série Pax Masilia et le film Carjackers de Kamel Guemra. Ce dernier est coscénariste de N121 et a construit la trame du film à la suite d’un trajet nocturne en bus qui a mal tourné, en imaginant comment la situation pourrait dégénérer encore plus loin.

En suivant le quotidien de trois amis de cité, N121 – Bus de nuit fait référence à des films comme La haine (1995) de Mathieu Kassovitz ou Fruitvale Station (2013) de Ryan Coogler, qui mêlent les enjeux sociaux à des décors urbains marqués.

Stephen King dévoile son nouveau roman, Ne jamais trembler

29 janvier 2026 à 16:40

Le maître de l’horreur et génie du suspense Stephen King est de retour en libraire avec Ne jamais trembler, son tout nouveau roman paru aux éditions Albin Michel le 2 février 2026. Dans ce polar, il met une nouvelle fois en scène son personnage récent préféré, Holly Gibney, alors qu’un meurtre est sur le point d’avoir lieu.

Un certain Bill Wilson fait en effet connaître son intention de tuer 14 personnes, 13 innocents et un coupable. Dans le même temps, la militante pour les droits des femmes Kate McKay vient de se lancer dans une grande tournée aux États-Unis, malgré les menaces répétées qu’elle reçoit d’un individu qui souhaite la faire taire. Entre ces deux événements, qui ne sont pas liés à première vue, se trouve la détective Holly Gibney, nouvelle icône incontournable de Stephen King.

Dans quel ordre découvrir Holly Gibney ?

En quelques années, Stephen King a offert une place prédominante à son personnage Holly Gibney. Si l’écrivain continue de proposer des romans indépendants (comme avec le récent Conte de fées), il revient régulièrement à Holly, au centre de plusieurs histoires. La détective apparaît tout d’abord dans la trilogie Bill Hodges, composée des romans Mr. Mercedes (2014), Carnets noirs (2015) et Fin de ronde (2016).

À mesure que l’histoire avance, Holly Gibney prend une place de plus en plus grande, au point de devenir indispensable dans le dernier tome. Puis, Stephen King fait d’elle le personnage principal de L’outsider (2018), de la nouvelle Si ça saigne (2020) et du livre Holly (2023), qui porte également son nom. Avec Ne jamais trembler, il continue de lui offrir le rôle principal, tout en parlant de la situation actuelle aux États-Unis, en abordant notamment l’état judiciaire et politique du pays.

Les premiers avis sur Ne jamais trembler parlent d’un livre important. Télérama évoque un thriller « mordant, actuel et efficace » au sein « d’une intrigue orchestre », « où chaque personnage joue son solo réaliste et détaillé, presque au risque de la cacophonie, jusqu’à finir par s’accorder dans une grande symphonie finale ».

Stephen King France (la référence française sur l’écrivain) estime que le « récit semble plus construit que d’habitude, plus planifié, moins libre » et rappelle que l’auteur a eu du mal à écrire ce roman, mais souligne encore une fois la force des personnages, même pour ceux qui n’accrochent pas forcément à Holly Gibney. À 78 ans, le maître du macabre semble avoir encore des choses à raconter.

Comme une ombre : qui est le Justicier dans le téléfilm ?

28 janvier 2026 à 14:15

À Lyon, un mystérieux tueur se fait justice lui-même en assassinant des suspects qui échappent aux poursuites judiciaires ou sont libérés à l’issue de leur audience. Surnommé par la presse le « Justicier », ce personnage énigmatique fait rapidement l’objet d’une enquête policière. La commandante Marie Sainz, accompagnée de la profileuse, Claire Légende, tente de démasquer ce justicier solitaire et reçoit chaque jour des appels du tueur. Très vite, elle est persuadée que le Justicier fait partie des forces de l’ordre et en vient même à soupçonner les membres de sa propre équipe.

Comme une ombre aborde un thème volontairement ambigu en questionnant la vengeance personnelle et les limites de la justice, tandis que l’enquête prend un tournant beaucoup plus intime lorsque le Justicier assassine l’homme responsable du coma du mari de la commandante. Le film, à découvrir ce 28 janvier sur France 2, est déjà bien accueilli par la critique.

Télérama évoque une « enquête prenante », portée par « des policiers très dans l’air du temps, instables, faillibles, voire équivoques », avec « en toile de fond, la problématique de l’impunité des crimes sexuels ». Télé-Loisirs souligne que « ce téléfilm se distingue autant par les thématiques qu’il aborde que par l’originalité de son duo féminin convaincant, interprété avec sobriété ». Ouest-France parle enfin d’un « polar captivant et convaincant, traversé par d’épineuses questions de société ».

Si les sujets abordés et les interprètes (Marie Denarnaud, loin de son rôle dans HPI, Sara Martins, Tiphaine Daviot) de Comme une ombre sont plébiscités par la critique, toute la question reste de savoir qui est véritablement le Justicier. Attention, les lignes suivantes divulgâchent le dénouement du film.

Qui est en réalité le Justicier ?

À mesure que l’enquête progresse, le spectateur découvre qui se cache derrière le tueur dans les dernières minutes du téléfilm. Depuis le début, le Justicier est Olivier, le coach sportif des policiers lyonnais. Grâce à son excellente condition physique, il parvient facilement à échapper aux forces de l’ordre et, par son travail, connaît les rouages et les secrets des affaires en cours. Il décide alors de faire justice lui-même lorsqu’il estime que les prévenus sont coupables.

Comme une ombre ne cherche pas à imposer un point de vue et laisse le spectateur se forger sa propre opinion. Entre les défaillances du système judiciaire et l’impossibilité, dans un État de droit, de laisser les citoyens se faire justice eux-mêmes, le polar aborde un véritable sujet de société.

Gourou : que vaut le film avec Pierre Niney ?

28 janvier 2026 à 07:00

Dans l’introduction à sa Politique des acteurs, Luc Moullet distingue le comédien américain de son homologue français à travers le prisme de l’histoire dramatique. L’un est légataire d’une tradition théâtrale relativement récente, quand l’autre porte sur ses épaules le poids d’un héritage multiséculaire. Moullet attribue ainsi la gestuelle et les murmures amplifiés de l’acteur français du temps du muet à la nécessité de se faire bien entendre par un public tenu à distance de la scène, dispositif aboli par le cinéma tout juste sorti de l’œuf.

La performance outrée (overplaying) de Pierre Niney dans Gourou s’inscrit pourtant dans la longue lignée de bateleurs américains à la Elmer Gantry et Buffalo Bill, respectivement immortalisés à l’écran par Burt Lancaster (Elmer Gantry, le charlatan de Richard Brooks) et, entre autres, par Paul Newman (Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman), et plus récemment par John C. Reilly (Pile ou face d’Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis). 

Gourou.

Le chant du gourou

Après avoir joué le vengeur masqué dans l’énorme Comte de Monte-Cristo (2024) d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, notre infatigable performer épouse à nouveau l’identité de Matthieu Levasseur, « mascotte » de Yann Gozlan. D’usurpateur inquiet dans L’homme idéal à justicier fébrile (déjà !) dans Boîte noire, le voici rhabillé en coach en développement personnel. Un leader charismatique, mais pas foncièrement convaincant sous les traits du frêle Niney. Un prédicateur agnostique qui promet à ses ouailles de reprendre leur vie en main par la seule force de la volonté dans des séminaires réglés au cordeau. Oreillette, sourire « blanc lavabo », rhétorique ciselée… Levasseur déploie tous les artifices de mise en scène rodés par ces gourous qui essaiment en France et aux États-Unis. Gozlan s’inspire d’ailleurs d’un cador de la profession (de foi), Anthony Robbins, chantre de la marche sur le feu pour vaincre sa peur, à qui Netflix a consacré un fascinant documentaire, I Am not your Guru, en 2016.

Chez Gozlan, le rôle du phénix (alias Peter Conrad) est incarné par un acteur américain, Holt McCallany, croisé par deux fois chez David Fincher (dans Fight Club et Mindhunter) – auquel on peut comparer le réalisateur dans ses meilleurs moments.

Les gesticulations fiévreuses de « coach Matt » font évidemment la paire avec les prêches survitaminés du gourou masculiniste joué par Tom Cruise dans Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson. Au grand dam de Yann Gozlan, martelant n’avoir jamais eu l’intention de s’aventurer sur le même terrain. Niney, d’ailleurs initiateur du projet, se revendique plutôt de Leonardo DiCaprio en trader hâbleur dans Le loup de Wall Street (2013) et de Paul Dano, prédicateur halluciné de There Will Be Blood (2007). « J’emprunte aux gens que j’admire », proférait-il déjà dans Un homme idéal (2015).

Gourou.

Prêchi-prêcha

Pris à la gorge par la justice, le coach en surrégime se noie dans son babillage d’entrepreneur de bonheur. L’armure se fissure lorsqu’éclate une guerre fratricide (dont on ne divulguera pas l’argument). La pression ressentie explose les potards jusqu’au point de rupture. Gozlan abandonne son matamore d’évangéliste au complotisme, point de non-retour de ce thriller parano malheureusement brouillon dans son dernier virage.

La bande-annonce de Gourou.

Aux encablures de la farce goguenarde, Gourou est partie prenante d’un siècle nécrosé par l’optimisation, cheville ouvrière du néolibéralisme. « Offrir la meilleure version de soi-même » : la marotte des géants de la tech taraude des cinéastes de tous horizons ces derniers temps, qu’on pense à The Substance (2024) de Coralie Fargeat ou au plus discret Shell (2024) de Max Minghella. Yann Gozlan mène rondement sa barque dans ces eaux troubles, sans trop savoir quel cap maintenir. Brillant exercice de style, Gourou souffre peut-être de courir plusieurs lièvres à la fois. « Don’t fuck with my show ! », avertit Peter Conrad dans les coulisses de son seul en scène. Pierre Niney assure le spectacle de bout en bout, parfois en pure perte.



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