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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

Avec ​​Les enfants de plomb, Netflix mise sur un drame captivant et bien réel

11 février 2026 à 15:20

Après Détective Forst, Relève-toi ! et Heweliusz, ​​Les enfants de plomb (Ołowiane dzieci en version originale) pourrait bien devenir le nouveau phénomène polonais de Netflix. Diffusée depuis le 11 février sur la plateforme, cette série dramatique en six épisodes est réalisée par Maciej Pieprzyca (La vie est belle), imaginée par Jakub Korolczuk (Raven) et portée par Joanna Kulig (Cold War), Kinga Preis (The Lure), Agata Kulesza (Breslau), Sebastian Pawlak (Varsovie 83, une affaire d’État) ou encore Michał Żurawski (Raven). La production s’appuie sur la vie de la médecin Jolanta Wadowska-Król et sur l’ouvrage éponyme de Michał Jędryka.

Quelle est l’intrigue des Enfants de plomb ?

Dans le quartier ouvrier de Szopienice, Jolanta Wadowska-Król commence à observer chez plusieurs enfants des symptômes alarmants. Les examens médicaux révèlent un phénomène massif de saturnisme (une intoxication par le plomb ou par les sels de plomb), conséquence directe d’une exposition prolongée aux métaux lourds. La proximité de la fonderie apparaît rapidement comme l’origine de cette contamination qui menace toute une génération.

Les enfants de plomb

« Après sa découverte, la protagoniste tente de sauver les petits malades tout en affrontant un appareil étatique communiste oppressif, détaille le synopsis. Cette production plongera le public dans l’atmosphère industrielle de la Haute-Silésie des années 1970. C’est ici, dans la réalité de cette région ouvrière, que vont s’entremêler de dangereuses intrigues politiques et la mission sociale de la Dre Wadowska-Król. »

Les enfants de plomb

À mesure que son enquête progresse, les pressions se multiplient. Menaces, surveillance, isolement professionnel : tout concourt à la faire taire. Sa carrière est en jeu, tout comme la sécurité de son mari et de ses enfants. Le combat médical devient alors rapidement un affrontement politique.

Une ode à la résistance

Au-delà de la reconstitution historique, la série dresse le portrait d’une femme confrontée à un dilemme moral : se taire pour se protéger, ou parler au risque de tout perdre. Netflix présente cette œuvre comme « une histoire de courage, de détermination et d’espoir, prouvant qu’il suffit d’une seule personne courageuse pour déclencher un changement ».

Les enfants de plomb

Interrogée par Tudum (le média de Netflix), l’actrice Joanna Kulig abonde dans se sens. « Les enfants de plomb illustre la résistance au changement et la force intérieure nécessaire pour s’y opposer, confie-t-elle. En Jolanta Wadowska-Król, j’ai perçu avant tout une honnêteté, un courage extraordinaire, une obstination et une intransigeance sans faille. Son histoire nous amène à nous interroger : aurions-nous, à sa place, trouvé la force de tenir tête au système ? »

Rupture amoureuse et reconstruction : cinq livres pour penser l’après

11 février 2026 à 15:00

(1) Après l’amour, de Line Papin

La fin d’une relation ne produit pas un récit continu mais des morceaux éclatés : souvenirs disjoints, phrases interrompues, sensations de nostalgie ou de regret… C’est à partir de cette matière instable que se construit Après l’amour, le texte hybride signé Line Papin. Paru en avril 2023 aux éditions Stock, l’ouvrage tient autant du récit autobiographique que de la méditation.

La fragmentation épouse l’état intérieur de la narratrice, confrontée au manque. Loin d’être un simple témoignage, elle avance et analyse, tentant de saisir ce qui se défait quand le lien amoureux disparaît. L’écriture agit ici comme un outil de clarification : elle ne répare pas mais rend l’épreuve intelligible.

(2) Tressaillir, de Maria Pourchet

Quitter, tenter de s’émanciper, puis vaciller. Dans Tressaillir, publié le 20 août dernier chez Stock, Maria Pourchet met en scène une femme qui choisit la séparation, persuadée d’y trouver un espace de liberté. Le roman suit la trajectoire de cette décision et les conséquences imprévues.

Ce qui devait ouvrir un champ nouveau devient le révélateur d’une fragilité plus profonde. L’autrice interroge les discours sur la libération individuelle et montre combien la rupture ne se laisse pas réduire à un acte de volonté.

(3) Comment guérir du mal d’amour, de Patricia Delahaie

Face à la désorientation qui suit une rupture, certains lecteurs recherchent moins une représentation littéraire qu’un cadre méthodique. C’est la voie choisie par Patricia Delahaie dans Comment guérir du mal d’amour, publié en août 2023. Spécialiste des relations de couple, l’autrice adopte une perspective issue de la psychologie appliquée.

L’ouvrage revient sur les étapes post-séparation : reconnaître la douleur, comprendre les mécanismes à l’œuvre, restaurer l’estime de soi… Témoignages et conseils soutiennent cette progression et proposent un accompagnement pour placer l’événement dans une dynamique de reconstruction.

(4) Celle qui fugue, de Cécile Tlili

Une séparation peut être un choc, mais aussi un moment de réajustement. Dans Celle qui fugue, publié en 2023 aux éditions Calmann-Lévy, Cécile Tlili raconte ce temps où tout vacille. Alice, quittée par son mari, traverse la confusion et la perte de repères qui suivent la rupture.

La rencontre avec une adolescente en fuite ouvre une nouvelle perspective. Peu à peu, la rupture n’apparaît plus seulement comme une fin mais comme le début d’un déplacement intérieur. Dans une langue simple et précise, Tlili décrit la manière dont l’absence oblige à se redéfinir et à envisager autrement la suite.

(5) Roman de plages, de Arnaud Cathrine

Ici, l’auteur aborde la rupture par un autre biais : celui du retrait. Le narrateur, quitté brutalement, se réfugie sur une île de l’Atlantique pour traverser le choc. Là, face à la mer et à l’immobilité du paysage, il entreprend de mettre en récit ce qui lui arrive.

D’un côté, le roman observe l’état de sidération, la répétition des pensées, la tentation de se raconter autrement pour rendre l’événement supportable. De l’autre, il introduit une dimension quasi métafictionnelle : écrire sur la rupture devient une manière de reprendre la main sur le réel. La séparation n’est ni héroïsée ni « psychologisée » : elle est envisagée comme un temps suspendu, où l’identité vacille puis se recompose.

On a joué à Pokémon Pokopia : que vaut le nouveau jeu de simulation de vie de la Switch 2 ?

11 février 2026 à 14:00

Pokopia, nouveau jeu de simulation de vie cozy pour la Switch 2, est prévu le 5 mars 2026. S'il s'annonce particulièrement prometteur, le jeu pourrait s'avérer un chouille enfantin pour certains amateurs du genre. Numerama a pu y jouer.

Les deux grands jeux de Bethesda débarquent sur Switch 2, voilà où les précommander

11 février 2026 à 13:43

[Précommande] Envie de grands espaces à explorer ? Fallout 4 et Skyrim débarquent sur Nintendo Switch 2. À eux deux, ce sont des centaines de kilomètres carrés d’aventure qui vous attendent.

La passe-miroir : la bande dessinée événement est-elle fidèle au roman ? Vanyda répond

11 février 2026 à 14:00

En quelques jours seulement, la bande dessinée La passe-miroir : les fiancés de l’hiver (Gallimard) s’est hissée dans le Top des BD les plus vendues de ces dernières semaines. Véritable sortie événementielle de ce début d’année, La passe-miroir offre un nouveau regard sur une saga à succès publiée entre 2013 et 2019, écrite par la romancière française Christelle Dabos.

L’artiste Vanyda s’attaque au difficile travail d’adaptation et parvient à rester fidèle à l’essence de l’œuvre originale, tout en apportant sa propre touche à l’histoire.

La passe-miroir : une adaptation fidèle ?

Comme dans le roman La passe-miroir, l’adaptation de Vanyda suit le destin d’Ophélie dans un monde fantastique. Fiancée par sa famille à Thorn, membre du puissant clan des Dragons, la jeune fille dotée de certaines capacités magiques découvre le monde de la Citacielle et s’initie aux jeux de pouvoirs et aux nombreuses conspirations.

Les fiancés de l’hiver transpose le premier roman de la saga (qui en compte quatre) et constitue une adaptation particulièrement fidèle des écrits de Christelle Dabos. La BD parvient à recréer la sensation de découverte d’un autre monde, tout en posant les bases de l’une des relations les plus fascinantes de la fantaisie contemporaine, entre Ophélie et Thorn.

Vanyda évoque son travail

Lors d’un long échange avec L’Éclaireur, Vanyda est revenue sur ces questions de fidélité vis-à-vis de l’œuvre originale et sur sa façon de travailler pour arriver à la création d’un album de bande dessinée de moins de 300 pages, malgré la longueur du roman et les nombreux événements qui s’y passent.

Outre le travail de conception des personnages et des décors, il a fallu découper le livre pour avoir une structure propre à la BD. « J’ai commencé par prendre tous les chapitres du roman et par noter tout ce qu’on apprenait d’important dans chacun d’eux. J’espérais tomber sur des chapitres inutiles que je pourrais sauter, mais il n’y en avait aucun ! J’ai donc condensé certaines scènes. Par exemple au tout début, Thorn annonce qu’il repart au Pôle le lendemain matin au petit-déjeuner, j’ai enlevé la scène, et il le dit simplement la veille ».

Se livrant à un véritable travail d’adaptation — avec la liberté et les contraintes offertes par le média de la bande dessinée — Vanyda a apporté sa propre version à l’histoire. « Je me suis permise, à certains moments de changer de point de vue, en suivant d’autres personnages par rapport aux romans » explique-t-elle. « Je considère l’œuvre comme une sorte de pâte à modeler, qu’il faut malaxer pour que ça corresponde au format BD. C’est l’une des parties les plus intéressantes à faire ».

Elle mentionne aussi l’importance d’avoir en tête l’intégralité des quatre tomes lors de l’adaptation du premier. Vanyda pose ainsi des indices et des pistes pour la suite, que les lecteurs les plus fidèles remarqueront sans mal. « Cela avait une grande importance pour moi, et pour Christelle aussi, d’ailleurs. Elle ne voulait pas que son œuvre soit adaptée en BD avant la sortie du quatrième tome. J’ai mis des choses dans ce premier album qui me resserviront plus tard… ».

L’autrice a également évoqué la suite, car les trois prochains tomes seront aussi adaptés en BD. Elle partage notamment son amour du deuxième livre : « Sur le premier roman, je trouvais qu’il y avait quelques longueurs que je pouvais raccourcir. Sur le deuxième tome, j’ai beaucoup plus de mal, je le trouve parfait ! C’est bien plus compliqué de couper. Je n’ai pas encore terminé le storyboard, je ne sais pas si cela va entrer dans le nombre de pages, les scènes y seront quasiment toutes. »

Quand sort la saison 7 de Virgin River sur Netflix ?

11 février 2026 à 13:26

Mel et Jack seront très bientôt de retour : la saison 7 de Virgin River s'apprête ainsi à débarquer sur nos écrans. Casting, date de sortie, bande-annonce... Voici tout ce que l'on sait sur cette suite très attendue.

Romeo Is a Dead Man, le nouveau pari radical de Grasshopper Manufacture

11 février 2026 à 13:15

Romeo Is a Dead Man fait son arrivée ce 11 février dans la catégorie des jeux d’action-aventure, orienté hack and slash. Développé et auto-édité par Grasshopper Manufacture, le studio fondé par Goichi Suda, il est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC via Steam. Ces dernières années, le studio s’est forgé une réputation avec des titres comme No More Heroes ou Killer7, où la violence graphique côtoie l’absurde et la déconstruction du récit. Suda51 poursuit ici cette logique d’auteur, dans une œuvre marquée par un ton outrancier et une esthétique fragmentée.

De quoi parle le jeu ?

Selon le site officiel, il s’agit d’une « action ultra-sanglante, [aux] rebondissements à couper le souffle et [avec] une bonne dose de gadgets un peu clichés ». Le joueur incarne Romeo Stargazer, « un homme coincé entre la vie et la mort », sauvé in extremis par un paradoxe temporel. Devenu agent spécial spatio-temporel du FBI, il traque des fugitifs à travers de multiples univers, tout en recherchant des indices sur la disparition de sa compagne, Juliet.

Romeo Is a Dead Man

L’expérience est structurée en chapitres, alternant séquences de combat et missions secondaires. Romeo manie épées et pistolets, absorbe le sang de ses ennemis pour déclencher une attaque spéciale et peut améliorer son arsenal au fil de la progression. Côté gameplay, le titre privilégie la vitesse et l’impact. Les affrontements reposent sur des enchaînements rapides, une gestion agressive des ressources et une mise en scène spectaculaire.

Que disent les premiers avis et tests ?

Côté esthétique, la presse insiste sur l’instabilité visuelle revendiquée du jeu. The Guardian observe qu’il propose « plus de styles visuels disparates que le catalogue entier de la plupart des éditeurs », passant d’animations stylisées à des séquences rétro ou à des environnements 3D bruts. Cette hétérogénéité nourrit l’impression d’un monde fragmenté, cohérente avec le récit. Du côté francophone, New Game Plus évoque « un véritable best-of des obsessions du studio », où méchas, culture tokusatsu et cinéma de genre se télescopent.

Romeo Is a Dead Man

De soncôté, The Verge décrit une œuvre « bizarre, sanglante, et exactement ce qui fait la spécificité de Grasshopper », soulignant son goût pour l’excès et la singularité. Cette combinaison produit un univers dense et déroutant, fidèle à la signature de Grasshopper Manufacture.

Bonne nouvelle pour les fans de Stranger Things

11 février 2026 à 11:05

Alors que la conclusion de Stranger Things divise toujours autant les fans, la production fantastique continue d'étendre son univers. Et si vous avez justement détesté la fin de la série Netflix, nous avons une bonne nouvelle pour vous.

Opalite : avez-vous repéré ces clins d’œil dans le clip de Taylor Swift ?

11 février 2026 à 11:30

(1) Anti-Hero, Mad Woman, Elizabeth Taylor

Cela est une tradition : à chaque nouvelle sortie de Taylor Swift (que cela soit une image, un clip ou une chanson), les fans essaient de décrypter avec minutie tous les petits détails, espérant trouver des significations cachées, des indices ou simplement des références au reste de l’œuvre de la chanteuse. Le clip vidéo Opalite, qui fait largement sensation, ne déroge pas à la règle et contient son lot de clins d’œil et d’easter eggs. Parmi les plus remarqués, les nombreuses (très nombreuses) allusions faites par la compositrice-interprète à d’autres chansons.

Que cela soit à travers les paroles, les décors ou les thématiques, le clip Opalite rappelle des chansons entendues dans folklore, Midnights ou le récent The Life of a Showgirl. Le lien principal est thématique. Dans la vidéo, Taylor Swift s’asperge d’un produit censé éliminer les problèmes, faisant une allusion évidente à la phrase « Hey, it’s me, I’m the problem, it’s me » de la chanson Anti-Hero, présent sur l’album Midnights.

Le clip Anti-Hero.

Également à remarquer, un poster de George Michael (une référence à Father Figure), un tableau de Portofino (en lien avec la chanson Elizabeth Taylor), ou l’enseigne Sweeter Than a Peach, évoquant les paroles du morceau The Life of a Showgirl.

Folklore a droit à son rappel avec un friendship bracelet porté par une pierre sur lequel il est possible de lire une phrase de la chanson Mad Woman. Enfin, Taylor Swift évoque aussi Lover et The Tortured Poets Department, le clip Opalite contenant de très nombreuses références à sa musique. Il ne fait aucun doute que d’autres liens seront trouvés dans les prochains jours.

(2) Ross et Monica dans Friends

La référence est évidente : Opalite rend hommage à l’ambiance des années 1990 et à une série emblématique de cette période, Friends. Les fans ne manquent pas de voir un clin d’œil assumé à l’un des moments cultes du show, la célèbre danse de Ross et Monica.

Dans Opalite, Taylor Swift et Domhnall Gleeson se livrent à une chorégraphie kitsch à souhait devant un jury dépité. La séquence fait fortement penser à la célèbre routine du duo dans Friends, lors de l’épisode The One With the Routine.

La danse emblématique de Ross et Monica.

(3) Les danseurs de The Eras Tour

Pendant près de deux ans, Taylor Swift a parcouru le monde avec The Eras Tour, sa tournée ambitieuse ayant battu tous les records. Lors des nombreux concerts donnés, les danseurs entourant la chanteuse ont su faire sensation au point d’être particulièrement appréciés des fans.

Dans le documentaire Taylor Swift: The End of an Era, tous ces artistes (danseurs, chorégraphes, musiciens etc.) n’ont pas manqué de s’exprimer et d’évoquer cette mise en avant suffisamment rare pour être soulignée. Dans Opalite, deux danseurs de Taylor Swift ont un petit rôle, Jan Ravnik (au début, dans la pub Opalite) et Kameron Saunders (lors de la scène de danse, il incarne un membre du jury), alors que Whyley Yoshimura, Raphael Thomas et Sam Mcwilliams font une apparition.

(4) Le Graham Norton Show

C’est l’origine même du clip : Opalite réunit tous les invités présents lors d’un épisode du Graham Norton Show en octobre 2025 lors duquel l’acteur Domhnall Gleeson dit espérer « apparaître un jour dans un clip de Taylor Swift ».

Derrière la blague, la chanteuse a créé spécialement Opalite en lui confiant le rôle principal, tout en invitant les autres artistes présents ce soir-là. Jodie Turner-Smith, Greta Lee, Cillian Murphy, Lewis Capaldi et l’animateur Graham Norton sont donc tous dans le clip vidéo.

Graham Norton dans Opalite.

(5) Son chat et son frère

Dernières apparitions plus personnelles pour Taylor Swift : celles de son chat et de son frère. Taylor Swift met souvent en avant ses animaux de compagnie et son chat Olivia est ainsi représenté sur l’un des sweats qu’elle porte.

Également en arrière-plan d’Opalite, le frère de Taylor Swift, Austin Swift, à voir lors d’une scène où le personnage de Domhnall Gleeson (et son cactus) se rend à une fête de Noël. Austin se trouve parmi les figurants.

Le clip vidéo d’Opalite.

Batman : 40 ans après, pourquoi The Dark Knight Returns reste indétrônable ?

11 février 2026 à 11:00

1986, année faste pour la bande dessinée américaine. Art Spiegelman raconte comment ses parents ont survécu aux camps de concentration dans le premier tome de Maus. Un libraire de l’Oregon, Mike Richardson, lance une maison d’édition appelée à devenir l’un des acteurs majeurs de l’industrie du comics, Dark Horse, d’où sortiront Hellboy, The Mask et Sin City. DC entame la publication de Watchmen, magnus opum d’Alan Moore et Dave Gibbons. Et donne un coup de pied dans la fourmilière.

The Dark Knight Returns.

En février 1986, des millions de bédévores découvrent, ébahis, les premières pages de The Dark Knight Returns, polar hard-boiled dans les tréfonds méphitiques de Gotham City où un Batman fourbu joue au vigilante façon Clint Eastwood. À l’origine de ce coup d’éclat, un jeune prodige, iconoclaste en diable : Frank Miller.

L’homme qui a sorti Marvel du marasme en débarrassant Daredevil de ses collants ringards et de son décorum cosmique. Sous sa plume, la réalité d’une noirceur abyssale frappe les super-héros de plein fouet. Le ton de l’âge moderne du comics est donné. N’eût-il sorti le Chevalier noir de sa Batcave, la pop culture n’aurait pas le visage que nous lui connaissons aujourd’hui.

Le retour du héros

« Quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. » La sentence qui clôture Film socialisme de Jean-Luc Godard résume le dilemme moral larvé dans les planches de The Dark Knight. C’est que la question travaille au corps Frank Miller depuis la plus tendre enfance. À l’âge de 5 ans, sa famille l’emmène voir au cinéma La bataille des Thermopyles, dans lequel le réalisateur Rudolph Maté exalte le courage des Spartiates mené par Léonidas face à l’invasion des guerriers perses.

The Dark Knight Returns.

« À la fin, mon grand frère et moi, nous nous sommes regardés, nous n’étions pas sûrs de ce qui s’était passé, se souvient Miller dans une interview accordée aux Inrocks en 2018. Mon frère s’est tourné vers mon père, assis derrière nous. “Papa… Les bons sont morts ?” Il a répondu : “Oui, mon fils, j’ai peur que ça soit le cas.” L’idée que je me faisais des héros avait changé à jamais. Avant, je pensais qu’ils gagnaient, récoltaient à chaque fois la gloire. J’ai alors compris qu’être un héros ne signifiait pas forcément triompher, mais, avant tout, essayer d’accomplir ce qui semble juste. » À l’instar de Batman sorti de sa retraite pour expurger le mal qui ronge (encore) Gotham City dans The Dark Knight Returns.

À 55 ans sonnés, Bruce Wayne n’a plus la superbe d’autrefois. La mort de Jason Todd/Robin a exacerbé sa misanthropie. Ses pulsions de violence explosent les potards. Épaulé par un nouveau Robin, une adolescente du nom de Carrie Kelley (une première dans l’histoire de Batman), le Chevalier noir reprend du service, cette fois contre le gang des Mutants, une clique de pillards et de meurtriers. La croisade vengeresse prend des accents de règlement de comptes lorsque ressurgissent deux visages du passé.

The Dark Knight Returns.

La bouille rafistolée, Harvey Dent, alias Double-Face, menace de prendre Gotham en otage peu avant que le Joker ne fasse des siennes à nouveau. Batman doit aussi composer avec Superman qui tente de le neutraliser sur ordre du Président des États-Unis, Ronald Reagan. Un programme chargé (178 pages), truffé de références à l’univers DC et de commentaires sociopolitiques trempés dans une encre noire comme jamais.

Un comics d’un genre nouveau

Franc-tireur, Frank Miller dynamite les codes établis du comics dans The Dark Knight Returns. Entre autres audaces formelles, la démultiplication des cases sur une même planche, allant parfois jusqu’à en incruster 16 par page. La noirceur de son univers bénéficie du crayonné inégalable de Lynn Varley (déjà à l’œuvre sur une précédente minisérie de Miller, l’excellent Ronin), mais aussi aux talents de son fidèle encreur, Klaus Janson, dont le travail a d’ailleurs été distingué par trois prix Jack-Kirby.

The Dark Knight Returns.

Miller taille à la serpe les visages des personnages masculins, quitte à parfois grossir le trait. Bruce Wayne hérite ainsi d’une musculature hypertrophiée et d’une mâchoire anguleuse à l’excès. Une esthétique nietzschéenne à l’image des héros bodybuildés (Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone…) qui ont le vent en poupe dans l’Amérique de Ronald Reagan.

Avec The Dark Knight Returns, Frank Miller livre surtout une charge furieuse contre la culture des écrans, alors en plein boom aux États-Unis. « Aussi, je voulais utiliser les écrans de télévision pour montrer à quel point nous sommes ridicules dans notre manière de rapporter les informations. Nous nous emparons d’événements importants et terrifiants, et les faisons apparaître banals, presque amusants. À l’inverse, nous prenons des faits anodins et les rendons importants », explique-t-il dans une interview publiée par Le Monde en 2015.

The Dark Knight Returns.

Un commentaire d’un pessimisme toujours aussi corrosif 40 ans plus tard. Si Christopher Nolan (derrière la trilogie The Dark Knight) et Zack Snyder (Batman v Superman) lui sont redevables, Miller compte aussi bon nombre de détracteurs sur le registre politique.

En cause, des opinions ultraconservatrices dans ses prises de parole, les années passant. Une lecture attentive permet d’en déceler les prémisses dans le scénario The Dark Knight Returns, qui voit Batman prendre la tête d’une milice chargée de faire régner la loi à Gotham City, symptôme d’une idéologie sécuritaire à la racine du fascisme.

On a vu le film Send Help et c’est un jeu de massacre jouissif sur le monde du travail

11 février 2026 à 10:20

Le nouveau film de Sam Raimi met en scène un face à face mortel sur une île déserte, entre Rachel McAdams et Dylan O'Brien. Une comédie gore absolument savoureuse, qui épingle avec acuité la toxicité du monde du travail. Voici notre critique, sans spoilers, de Send Help, dans les salles dès le 11 février 2026.

Vous aimez The Pitt ? Vous allez adorer cette série médicale culte sur Netflix

11 février 2026 à 10:16

Elle a contribué à définir le genre de la série médicale et a longtemps été diffusée sur France 2, avant de disparaître des plateformes depuis plusieurs années, au grand désespoir des sériephiles. Bonne nouvelle : Urgences est enfin de retour sur Netflix.

Cross : que nous réserve la saison 2 ?

11 février 2026 à 10:05

La traque reprend pour Alex Cross. Après le succès d’une première saison lancée en 2024, Prime Video dévoile ce 11 février les trois premiers épisodes du deuxième volet de la série. Les cinq suivants seront diffusés à un rythme hebdomadaire jusqu’au 18 mars. Huit chapitres composent au total cette nouvelle salve du thriller adapté de l’univers imaginé par James Patterson.

De quoi parle la série ?

Développée par Ben Watkins et produite par Amazon MGM Studios, Cross met en scène un détective et psychologue judiciaire basé à Washington D.C. Le récit mêle enquête policière, tension et drame familial, avec une narration feuilletonnante qui s’attarde sur les dilemmes du protagoniste.

Saison 1 de Cross.

La première saison a introduit ce personnage incarné par Aldis Hodge, qui traque un tueur en série mettant en scène ses crimes, en référence à des affaires célèbres. Les comédiens Isaiah Mustafa, Alona Tal et Samantha Walkes constituaient l’entourage professionnel et personnel du héros.

Quelle est l’intrigue de la saison 2 ?

La nouvelle saison poursuit les événements du volet précédent. Alex se retrouve confronté à une justicière qui cible des milliardaires soupçonnés de corruption. L’enquête le conduit notamment vers Lance Durand, puissant homme d’affaires interprété par Matthew Lillard. Le personnage de Luz, incarné par Jeanine Mason, interroge cette frontière entre justice et vengeance. Wes Chatham rejoint également la distribution.

Aldis Hodge et Isaiah Mustafa dans la saison 2 de Cross.

Quels liens avec les romans de James Patterson ?

La série puise dans l’œuvre prolifique de Patterson, qui a introduit le personnage d’Alex Cross en 1993 avec Le masque de l’araignée – qui a par ailleurs fait l’objet d’un film de Lee Tamahori en 2001, avec Morgan Freeman. Depuis, plus de 30 thrillers ont décliné les enquêtes de ce détective confronté à des criminels aux profils retors.

Pour la version télévisée, les scénaristes ne transposent pas de livres précis mais s’appuient sur l’univers et les personnages. Les intrigues des saisons 1 et 2 sont nouvelles, mais conservent les particularités des romans. Une manière de prolonger l’héritage littéraire sans s’y enfermer.

”Hurlevent” : pourquoi le choix de Jacob Elordi fait tant parler ?

11 février 2026 à 09:30

À chaque nouvelle adaptation, son lot de polémiques. « Hurlevent », réalisé par Emerald Fennell, ne déroge pas à la règle, d’autant plus que le film avec Margot Robbie et Jacob Elordi s’éloigne volontairement du roman d’Emily Brontë. Nouvelle adaptation modernisée, « Hurlevent » dépeint la relation toxique entre Heathcliff et Catherine dans la région du Yorkshire en Angleterre, entre romance bafouée, thématique sociale et vengeance orchestrée par le protagoniste.

Le personnage de Heathcliff, justement, est au cœur de l’histoire, mais le choix de Jacob Elordi pour l’incarner fait débat. Certains lecteurs et lectrices du classique de la littérature gothique estiment, en effet, que l’acteur ne correspond à la description faite par l’autrice dans son livre.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Quelle est l’origine de Heathcliff ?

Les hauts de Hurlevent indiquent que le jeune garçon aurait le « teint foncé », « aussi sombre presque comme s’il venait du diable ». Si Emily Brontë ne donne pas ses origines exactes, le personnage est dépeint comme un enfant de gitans, qui contraste largement avec les habitants du Yorkshire.

Plus que la couleur de peau, l’élément majeur entourant le personnage de Heathcliff est sa différence de classe. Considéré comme un étranger, il n’appartient pas à la même classe sociale que Catherine, créant un nouveau contraste lorsque le personnage revient dans le Yorkshire après avoir fait fortune. Ainsi, depuis l’annonce de Jacob Elordi dans le rôle de Heathcliff, deux discours s’opposent.

D’un côté, certains estiment que le personnage doit refléter, physiquement, sa différence avec la famille Earnshaw. À l’inverse, dans le cas d’une adaptation volontairement éloignée du roman, l’origine somme toute ambiguë dans le livre de Heathcliff — Emily Brontë ne donne pas de réponse claire et définitive — laisse une marge de manœuvre importante.

La thématique autour du garçon étranger recueilli par une bonne famille peut être explorée autrement que par sa simple apparence, en utilisant son langage, son comportement, ses réactions ou son caractère. Pour Emerald Fennell, Jacob Elordi représente le héros byronien par excellence, à la fois méprisable et attachant, allant avec sa vision très personnelle de cette histoire.

Comment la saga The Legend of Zelda a été influencée par l’évolution des consoles

11 février 2026 à 09:38

Que ce soit Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom, les deux jeux The Legend of Zelda de la première Switch n’auraient pas vu le jour sans repousser les limites techniques de la console. Quand les avancées technologiques donnent vie aux idées les plus ambitieuses, seule l’imagination devient la limite.

Les enfants de plomb : l’histoire vraie derrière la série

11 février 2026 à 09:20

Région minière et métallurgique au cœur de la Pologne communiste, la Haute-Silésie a longtemps incarné la réussite industrielle d’un régime fondé sur la production et l’acier. C’est dans cet environnement de poussières et de fumées que s’ouvre Les enfants de plomb, mini-série mise en ligne le 11 février sur Netflix. Réalisée par Maciej Pieprzyca, remarqué en 2013 avec La vie est belle, l’œuvre s’appuie sur un scandale sanitaire avéré.

Que raconte la série ?

Dans son cabinet, les consultations de la pédiatre Jolanta Wadowska-Król se succèdent et les symptômes se ressemblent : retards de développement, troubles neurologiques, fatigue persistante… L’enquête médicale révèle des concentrations anormalement élevées de plomb dans le sang des enfants vivant à proximité d’une fonderie. Le diagnostic est sans ambiguïté : l’industrie locale empoisonne lentement une génération.

Les enfants de plomb

La fiction suit la détermination de la médecin à documenter les cas, organiser des dépistages et alerter les autorités. Mais dans une Pologne où l’appareil d’État contrôle l’information et protège son image industrielle, la reconnaissance du problème devient une affaire politique.

Que dit l’histoire ?

Les faits sont établis. Dans la région de Katowice, des milliers d’enfants ont été exposés à des niveaux toxiques de plomb dans les années 1970. La docteure a effectivement joué un rôle central dans la prise en charge des patients et dans la mise en lumière du scandale. La série dramatise certains échanges, condense des figures administratives et resserre la chronologie. Elle demeure toutefois fidèle à la trame principale.

À l’époque, reconnaître l’ampleur de l’intoxication revenait à admettre une faille du modèle, or l’industrie lourde était un symbole national. Cette tension entre vérité scientifique et raison d’État structure le récit. Les enfants de plomb ne se contente pas de reconstituer le drame : elle éclaire aussi des trajectoires individuelles.

Ô dela : que vaut le nouveau spectacle de Roman Frayssinet ?

11 février 2026 à 09:15

Il y a trois ans, Roman Frayssinet présentait le premier chapitre d’un triptyque humoristique. Avec Ô dedans, le stand-uppeur développait ainsi un show malin et profond. Sans tabou, il évoquait son passé, ses anciennes addictions tout en nous embarquant au sommet d’une montagne corse pour un date foireux, dans un hôtel miteux de Bretagne tenu par une personne de petite taille ou encore dans un after en plein appartement abritant un vivarium.

Révélé grâce à l’émission Clique de Mouloud Achour, l’artiste dévoilait ainsi, durant ce premier chapitre, une véritable paix intérieure tout en offrant une réflexion foudroyante sur notre société. Chirurgie esthétique, réseaux sociaux, apparence… Tout y passait, l’humoriste questionnant avec autant de philosophie que d’absurdité les grands maux du XXIe siècle.

Ô dedans, de Roman Frayssinet.

La drôlerie Frayssinet

De retour en 2025 avec Ô dela, deuxième chapitre de la trilogie Frayssinet, ce dernier continue d’interroger notre monde. Sur la scène de l’Olympia, l’humoriste y déploie ainsi entre humour potache et philosophie poussée, un spectacle drôle et réflexif sur notre société de « gogols », ses contradictions — un sketch sur le mot « dyslexie » est des plus délicieux — tout en prônant le vivre ensemble.

Car Roman Frayssinet a décidé d’écarter le négatif et de tout prendre avec bonne humeur. Un changement de cap bienvenu, souligné par la mise en scène du spectacle diffusé dès ce mercredi 11 février sur Canal+. Filmé dans le noir le plus total, l’artiste s’autorise toutefois des jeux de regards avec la caméra pour encore mieux saisir le fil de pensée de l’artiste et offrir un aspect méta à sa prestation.

Ces mimiques quasi-clownesques renforcent la caractère humoristique de son seul-en-scène, à l’instar d’un débit de paroles mélodiques mais ultra efficace ; véritable marque de fabrique de l’artiste depuis ses débuts avec son spectacle Alors (2018).

Un regard toujours honnête

Malgré l’absurdité d’un spectacle lancé à 1000 à l’heure, l’humoriste n’en oublie une autre de ses signatures : partir d’un constat simple pour en déduire une réflexion brillante sur notre monde « dans lequel on a tous notre place ».

En racontant ainsi sa rencontre lunaire avec un homme cagoulé dans la rue, Roman Frayssinet livre sa pensée sur sa notoriété ; en comparant sa fonction d’humoriste « aux mecs qui font des graffitis », il interroge aussi la place du rire aujourd’hui. « Si c’est bien fait, ça met une petite ambiance. Mais y’aura jamais besoin de nous en urgence » reconnaît-il, sans fausse modestie, appuyé sur le pied du micro.

Avec authenticité, l’humoriste pose un regard sincère et objectif sur notre monde… mais aussi sur lui-même. Dans Ô dela, l’artiste se laisser aller, en effet, à certaines confidences. Il fait ici rentrer sa famille dans son univers et nous présente une « mère dotée d’un sixième sens » après nous avoir embarqué dans son enfance, en région parisienne, sur ses trajets en Noctilien qu’il compare « au bus des vampires ». Surtout, il avoue son incapacité à s’engager, et son infidélité.

À travers une auto-analyse franche, Roman Frayssinet déploie un spectacle d’une lucidité déconcertante. Toujours emmené par une verve dynamique, absurde et puissante, l’humoriste le plus singulier du stand-up français offre avec Ô dela un deuxième chapitre réussi, fidèle à son univers.

Thaïs Alessandrin pour LOL 2.0 : “La peur de décevoir a été notre moteur”

11 février 2026 à 09:00

Vous aviez 9 ans lorsque vous jouiez la petite sœur dans le premier LOL. Dix-huit ans plus tard, vous êtes l’héroïne de LOL 2.0. Que représente cette saga dans votre vie personnelle et dans votre parcours d’actrice ?

C’est très étrange. J’ai une mère [la réalisatrice Lisa Azuelos, ndlr] qui écrit majoritairement sur sa propre vie. Tout est évidemment romancé, ce ne sont pas exactement nos vies, mais on y retrouve les mêmes dynamiques. C’est parfois un peu étrange de voir son existence à l’écran, ces petits moments intimes utilisés et réinterprétés. Par exemple, le premier film s’inspirait beaucoup de l’histoire de ma grande sœur. En fait, c’est comme s’il y avait toujours eu cet œil extérieur qui nous avait suivies toute notre vie. D’ailleurs, la fiction a rejoint la réalité : pendant le tournage, ma sœur nous a annoncé qu’elle était enceinte pour de vrai. C’était une vraie mise en abyme, qui était presque flippante. [Rires] Du coup, on va accueillir le premier enfant de cette nouvelle génération dans un mois. Il y a le bébé film qui sort, puis ce vrai bébé en suivant. Je suis surexcitée !

La bande-annonce de LOL 2.0.

LOL est devenu un film générationnel. À l’époque – ou peut-être plus tard – ce premier film a-t-il aussi résonné en vous d’une manière particulière ?

Tout au long de ma vie, on m’a sorti les répliques de LOL. Du coup, je suis toujours restée éloignée de cette œuvre. C’est ma mère qui l’avait réalisée, donc je ne ressentais pas le même engouement que les autres personnes de ma génération. C’était plus difficile pour moi de dire : “Je suis fan de ce film.” Je ne peux pas être fan d’un film de ma mère, même si je les aime énormément. J’ai toujours été presque gênée par son immense succès, sans trop savoir pourquoi. C’est au moment de l’écriture de ce deuxième volet que je l’ai vraiment redécouvert en me disant : “Waouh, c’est excellent en fait ! Ma mère est trop douée !” [Rires]

En revenant sur ce plateau, avez-vous eu le sentiment de retrouver un lieu familier de votre enfance, presque intime ?

Oui, il y avait cette impression de déjà-vu. J’étais trop jeune pour me souvenir complètement de ce tournage et, en même temps, j’avais l’impression d’avoir rêvé ce lieu. C’était assez fou.

Thaïs Alessandrin et Victor Belmondo dans LOL 2.0.

Vous avez été filmée enfant, puis jeune adulte. Est-ce troublant de se voir grandir à l’écran ? Cela a-t-il influencé votre rapport à votre image, à votre corps ou au temps qui passe ?

Notre génération entretient un rapport permanent à l’image. On a grandi avec des caméras, des photos et des parents qui filmaient tout, tout le temps. Je n’ai pas vécu cette expérience plus intensément que d’autres. La seule différence, c’est que je ne suis pas la seule à avoir revu ces images de mon enfance : elles ont été partagées avec la France entière. [Rires]

Que raconte LOL 2.0 sur cette nouvelle génération, presque 20 ans après le premier film ?

Il parle de nos angoisses face à ce monde terrifiant qui nous entoure. Les réseaux sociaux ont créé chez nous une incapacité à la satisfaction. Quand tout va bien, on culpabilise d’être heureux dans un monde qui va mal. Quand tout va mal, on s’interdit de se plaindre parce que “ça pourrait être pire”. C’est une éducation à la culpabilisation permanente.

Pour y échapper, on se divertit avec des shoots de dopamine numériques qui fonctionnent comme une drogue, nous déshumanisent et nous permettent de ne pas voir ce qui va mal à l’intérieur. C’est une fuite exceptionnelle. Il y a une phrase dans le film qui résume bien cette situation : “C’est la comparaison qui vous tue. À notre époque, on essayait de construire une vie et c’était déjà dur. Vous, vous voulez en vivre 1 000 à la fois.” Nous sommes constamment tiraillés entre un idéal inatteignable sur les écrans et une réalité souvent glauque. C’est très difficile de construire son identité dans cet écartèlement.

Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Louise revient vivre chez sa mère après une rupture et un échec professionnel. À quel point son parcours et ses fragilités résonnent-elles en vous ?

Sur le plan professionnel, ma vie n’a rien à voir avec celle de Louise. Je n’ai jamais essayé de monter une boîte dans la tech et je suis très loin de l’univers des start-ups ! [Rires] En revanche, je me suis beaucoup inspirée d’amis qui ont vécu cette expérience. Ils se sont investis à fond pendant parfois deux ans et ils ont détruit leur santé pour une entreprise qui a fini par s’écrouler. Je trouvais ça juste de raconter cette génération qui rêve grand après l’université, à qui l’on dit que “tout est possible” et qui réalise brutalement que ce n’est pas si simple. Ce désenchantement post-université a donc été mon point de départ pour écrire ce personnage. Cependant, les fragilités intimes et la rupture amoureuse résonnent énormément en moi. Ma rupture remonte à longtemps, mais j’y trouve un grand écho. J’ai utilisé beaucoup de mes propres failles, même si Louise les tourne presque en ridicule.

Elle évoque notamment l’anxiété et la neuro-atypie…

Oui, Louise dit : “J’ai des crises d’anxiété à cause de mon TDAH [Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ndlr], du coup je fume des joints pour m’aider.” C’est quelque chose que je vis – mais c’est une très mauvaise habitude à ne surtout pas avoir quand on a cette neuro-atypie. J’ai vraiment un TDAH, et il faut savoir que c’est parfois très paralysant. Je sais qu’aujourd’hui, on met des étiquettes sur tout – HPI, TDAH… – et il y a un côté un peu ridicule à vouloir tout classer. Mais, d’un autre côté, il y a une vraie recherche sur le fonctionnement de ces cerveaux qui sont différents.

Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Le fait de poser des mots sur ce qu’on vit nous permet aussi de mieux l’appréhender et le dompter. Ce qui fait du bien, c’est de se dire : “Ok, je suis différent, mais je dois apprendre à aborder les choses à ma manière”, plutôt que de se renfermer en se répétant “Je suis nulle, je n’ai pas les codes de la société et je suis une merde.”

C’est ce que vous avez ressenti quand vous étiez plus jeune ?

Énormément. À l’école, je devais travailler deux fois plus pour obtenir les mêmes résultats que les autres. Je travaillais beaucoup à perte, je faisais beaucoup de crises d’angoisse. L’université a été très difficile pour moi de ce point de vue là. C’est pourquoi je pense qu’il est très important d’en parler. Ça permet, aussi, de créer des solutions pour réadapter le monde et la société à ces types de personnes, et de ne pas les laisser tomber. Parce que les laisser à la dérive peut avoir des conséquences dramatiques, comme l’addiction.

Le film aborde des thèmes très intimes – rupture, amitié, doutes, échecs personnels et professionnels. Quelle scène vous a le plus marquée d’un point de vue émotionnel ?

La scène du concert m’a bouleversée. Théo Delincak, qui joue le rôle de Joseph, est un ami très proche. Je le connais depuis la sortie du premier LOL. J’étais donc en CM2 ! Il a eu un grave accident il y a six ans, il est resté dans le coma pendant 12 jours, on a cru qu’il allait mourir… Le voir aujourd’hui devant une caméra, monter sur scène et chanter après avoir frôlé la mort, c’est incroyable. On se disait : “We made it”, on s’en est sortis. J’étais en larmes.

Isaline Prévost, Thaïs Alessandrin et Théo Augier dans LOL 2.0.

Avez-vous ressenti des attentes ou une forme de pression en revenant dans un film culte, aux côtés d’acteurs tout aussi iconiques, comme Sophie Marceau ?

Tout le monde me demande : “Ça fait quoi de rejouer avec Sophie Marceau ?”, mais, à 9 ans, je ne me rendais pas compte de ce que cela impliquait de partager le plateau avec des acteurs aussi impressionnants. Je n’avais pas encore vu les films de Sophie et je n’avais pas d’idoles ni de comédiens que j’admirais particulièrement. Là, je l’ai vécu comme une première fois. Jouer avec des artistes que j’admire au plus haut point, comme Sophie Marceau, Alexandre Astier ou encore Françoise Fabian était très touchant. D’autant plus que je les voyais interpréter des répliques que j’avais écrites.

En revanche, j’étais ultrastressée. J’ai passé deux ans à me mordre les doigts comme ce n’est pas permis, à douter, à faire des crises d’anxiété en me disant : “Les gens vont juste se rendre compte que c’est nul, ils vont détester ce film et se dire ‘Mais c’est qui cette fille de qui prend de la place pour faire de la merde ?’” Je me suis dit toutes les choses les plus négatives possibles à propos de moi-même.

D’un point de vue objectif et extérieur, ce deuxième film est très réussi, il résonne énormément en nous et le thème de la rupture est particulièrement bien traité !

C’est une thématique universelle, qui touche tout le monde ! J’ai mis beaucoup de moi dans ce film. Par exemple, le moment où Louise explose les écrans avec une batte de baseball s’inspire de ma propre expérience, quand mes copines m’ont emmenée dans une rage room après ma rupture, parce que j’avais emmagasiné trop de colère en moi durant des mois. C’est un des moments les plus satisfaisants de ma vie. [Rires]

Mais, honnêtement, je pense que cette peur de décevoir a été un moteur, pour ma mère et moi. Chaque fois, on se disait : “Il faut faire mieux, pour les fans du premier film.” On a beaucoup retravaillé le scénario, encore et encore, pour leur offrir la meilleure suite possible. Donc, ces deux ans de stress en valaient la peine.

Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Comment avez-vous travaillé avec Sophie Marceau pour faire exister cette relation mère-fille à l’écran, qui fait écho au duo iconique formé autrefois avec Christa Theret ?

Sophie Marceau est une actrice exceptionnelle. Elle est tellement talentueuse. En une seconde, elle vous fait ressentir une chaleur maternelle incroyable. Avant de jouer la première scène, j’avais une appréhension : celle de ne pas réussir à installer l’intimité physique que j’ai avec ma mère – on est très tactiles, on se fait beaucoup de câlins, on n’a pas peur de se toucher – avec Sophie. Ma mère lui en a parlé en douce – parce qu’elle fait tout dans mon dos ! – et Sophie, adorable, est venue me faire un énorme câlin avant qu’on commence à jouer. Ça m’a rassurée et ça m’a permis d’oser la toucher.

Vous l’avez dit : la réalisatrice du film est votre mère, Lisa Azuelos. Comment trouve-t-on l’équilibre entre relation familiale et relation artistique sur un plateau, en tant qu’actrice et coscénariste ?

C’est ce qui a été le plus dur. Il fallait gérer le rapport actrice-réalisatrice, mère-fille et coscénaristes, car nous réécrivions les scènes jusqu’à la dernière seconde. Notre relation mère-fille a un peu disparu et ça nous a manqué. D’habitude, nous sommes le bureau des plaintes l’une de l’autre. Ma mère, c’est la personne que j’appelle tout le temps : quand j’ai une peine de cœur, quand j’ai une peine de travail… Mais, par peur d’ajouter de la pression à l’autre, on n’osait plus se confier.

Au bout d’un mois de tournage, on a explosé et je lui ai dit : “J’ai besoin de ma mère.” Elle m’a répondu : “J’ai besoin de ma fille.” On a décidé d’arrêter de faire semblant d’être juste des collègues et de se rappeler qu’on était une équipe. À partir de là, tout s’est débloqué.

Urchin : un coup d’essai réussi pour Harris Dickinson ?

11 février 2026 à 07:00

Dévoilé grâce à la Palme d’or Sans filtre (2022) de Ruben Östlund, Harris Dickinson était de retour en 2025 au Festival de Cannes afin de présenter son premier film en tant que réalisateur. Cette fois-ci, l’acteur britannique était en compétition dans la catégorie Un certain regard afin de présenter Urchin.

On y suit Mike (Frank Dillane), un SDF qui tente de joindre les deux bouts. Violences, vols et drogues rythment son quotidien, mais le jeune homme est bien décidé à reprendre sa vie en main grâce à l’aide des services sociaux britanniques. Nouveau foyer, petit boulot, justice restauratrice… Mike est prêt à tout pour s’en sortir, mais ses vieux démons risquent de rapidement le ramener en enfer.

Urchin.

Entre ombre et lumière

Pour son premier long-métrage, Harris Dickinson offre une œuvre profondément personnelle. En effet, l’artiste londonien s’est inspiré de son propre parcours alors qu’il évoluait en tant que bénévole au sein d’une communauté locale en soutenant des personnes sans domicile fixe et des toxicomanes. Des rencontres qui ont forgé le point de vue humaniste et nuancé du film. À travers les pérégrinations de Mike, Harris Dickinson donne à voir le parcours semé d’embûches d’un homme perdu, tourmenté et addict. Une démonstration cinématographique sans jugement sur son personnage et bourré d’empathie.

Entre ombre et lumière, Harris Dickinson filme ainsi le chemin vers la sobriété de Mike, mais aussi son envie de s’en sortir malgré une santé mentale fragile et des traumatismes latents. Car la mise en scène de Dickinson passe avant tout par un fort pouvoir de suggestion. Jamais le cinéaste ne fait le choix de la facilité. Il offre une mise en scène aussi puissante que réflexive.

Urchin.

Malgré des passages trop expérimentaux et dénués de lien avec le scénario, Harris Dickinson parvient avec intensité et émotion à retranscrire la dualité de son personnage. En témoigne une poignante scène de karaoké, belle, drôle et déchirante. En effet, le cinéaste mélange les genres dans un film d’auteur qui préfère, par moments, la légèreté à la gravité.

Un film personnel et bouleversant

Pour délivrer une palette aussi vive d’émotions, Harris Dickinson a fait appel à Frank Dillane, connu pour avoir incarné Nick Clark dans la série spin-off de The Walking Dead, The Fear of The Walking Dead (2014). Également remarqué dans les séries The Girlfriend Experience (2016), The Essex Serpent (2022) ou encore Joan (2024), l’acteur n’hésite pas à se mettre à nu et porte en lui une authenticité troublante qui fait toute la force d’Urchin. Face à lui, Megan Northam, révélée par la série française de Cédric Klapisch Salade grecque (2023), incarne Andrea, une jeune femme rêveuse et douce.

La bande-annonce d’Urchin par Harris Dicksinson.

Urchin filme également la prise en charge des personnes invisibilisées par la brutalité de la rue. Comprendre comment des gens peuvent en arriver jusque-là, la bataille contre l’addiction ou les aides mises en place par l’administration est aussi au cœur du long-métrage.

Avec son premier film, Harris Dickinson offre ainsi un film personnel aussi bouleversant qu’humain. Un coup d’essai prometteur pour l’acteur et réalisateur que l’on retrouvera prochainement devant la caméra de Sam Mendes, dans la peau de John Lennon, pour la série de biopics sur les Beatles face à d’autres talents du nouvel Hollywood : Paul Mescal, Barry Keoghan et Joseph Quinn.

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