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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

« Hurlevent » : que vaut la nouvelle adaptation avec Margot Robbie et Jacob Elordi ?

Par :import
11 février 2026 à 13:55

Catherine Earnshaw (Margot Robbie) vit à Hurlevent, une demeure hostile perdue au milieu des falaises. Aux côtés de son père alcoolique (Martin Clunes) et de Heathcliff (Jacob Elordi), un rejeton ramassé dans la rue par le patriarche, elle voit la fortune des Earnshaw disparaître. Lorsqu’une nouvelle famille, les Linton, s’installe dans une maison à proximité, la vie de Catherine bascule. Mais la passion qui l’unit au jeune Heathcliff, elle, ne fait que s’intensifier…

Se distinguant directement de l’œuvre originale en utilisant des guillemets autour du titre, Emerald Fennell propose un film qui colle à ce qu’elle s’était imaginé en tant que jeune lectrice des Hauts de Hurlevent. Une raison qui lui permet des anachronismes dans la bande originale, les tenues et les décors.

Une photographie riche

Cette liberté donne tout son style à ce film qui se définit avant tout par des visuels époustouflants, à l’instar de ceux que l’on avait déjà pu apercevoir dans Saltburn (2023), le dernier film d’Emerald Fennell, tourné lui aussi avec Jacob Elordi. 

Des jeux visuels qui ne sont pas sans rappeler les period drama les plus célèbres du cinéma, notamment Orgueil et préjugés de Joe Wright (2006). Ainsi, dans le « Hurlevent » d’Emerald Fennell, Margot Robbie et Jacob Elordi se prêtent au jeu des scènes romantiques spectaculaires sous une pluie battante.

Dans cette nouvelle adaptation, la cinéaste se démarque par une photographie finement réfléchie et visuellement impressionnante. Les ciels violet, rouge et orange donnent une tonalité presque fantastique au récit, faisant de l’histoire de Cathy et Heathcliff un conte s’inscrivant en dehors de la réalité. 

Le rouge est omniprésent, notamment dans les tenues de Margot Robbie, et annonce déjà l’aspect tragique de l’histoire entre les deux protagonistes. Des rubans qu’elle porte dans les cheveux aux jupons de ses robes, toutes les nuances de rouge sont représentées et contrastent avec le regard bleu perçant de l’actrice. 

La cheffe costumière, Jacqueline Durran (qui avait déjà travaillé aux côtés de Margot Robbie sur le tournage de Barbie), a soigneusement réfléchi aux 38 costumes sur-mesure portés par le personnage de Cathy. « Hurlevent » se présente comme un film d’époque, mais une époque floue, unique, imaginée par la réalisatrice.

Tragédie romantique

Tout au long de cette adaptation, l’opposition entre les deux personnages est flagrante, tant dans leur caractère que dans leur représentation. Si le roman de Brontë n’est, au départ, pas une romance, mais bien une histoire sombre de revanche sociale et d’obsession, le film s’écarte des thèmes originaux pour se concentrer sur une histoire d’amour tragique bien plus explicite que dans le texte. 

Elordi incarne un Heathcliff plongé dans une noirceur gothique, aux regards et tenues sombres. Son association à Hurlevent est évidente : cette demeure, au cœur d’un environnement hostile, est toujours filmée sans lumière ou presque. C’est le cas dès la première partie, lorsque les deux personnages enfants, joués par Charlotte Mellington et Owen Cooper (révélé dans Adolescence), semblent déjà séparés par une force invisible. 

Catherine seule apporte sa lumière au film. Par ses yeux clairs et sa chevelure blonde, elle est la seule source d’espoir dans la vie de Heathcliff. Leur différence de classe, qui se confirme lorsque Catherine épouse le riche Edgar Linton, renforce cette séparation. 

Le personnage de Catherine est très nuancé. Margot Robbie interprète la pluralité de cette femme tour à tour cruelle, naïve et perfide. L’actrice australienne campe une Cathy habitée par le désir et l’effervescence d’un premier amour qui la hantera toute sa vie. Tout au long du film, elle est observée par sa femme de chambre, Nelly (Hong Chau), juge et témoin secret de cette relation interdite.

La bande originale, signée Anthony Willis et ponctuée de titres conçus par la chanteuse pop britannique Charli XCX, ajoute au tragique de l’histoire. Elle inscrit le mythe dans une époque plus moderne et redonne de l’énergie à des scènes qui manquent parfois de dynamisme. 

Un film haut en symboles

Emerald Fennell se réfugie dans une quantité presque excessive de symboles érotiques à l’écran, les privilégiant à des scènes explicites entre les deux personnages (qui parsèment tout de même le film, raisonnablement). Du jaune d’œuf dégoulinant du doigt à la bouche d’un poisson, les gros plans s’enchaînent et expriment le désir réprimé de Catherine et Heathcliff.

Dans les dialogues, les références aux amants maudits sont nombreuses. Isabella Linton (Alison Oliver) raconte à son frère le synopsis de Roméo et Juliette de William Shakespeare juste avant de rencontrer Catherine. Un présage (poussif) qui ne tardera pas à se confirmer, sans toutefois égaler le tragique de la pièce de Shakespeare. 

Les personnages sont eux aussi (un peu plus habilement) truffés de symboles. Isabella est réduite à une enfant par son frère. Elle fabrique des poupées, porte des rubans à outrance et semble figée dans une candeur superficielle. Mais ce n’est que pour cacher l’émoi de la jeune femme, qui devient rapidement obsédée par Heathcliff.  

La bande-annonce de « Hurlevent »

La réalisatrice fait d’ailleurs de ce personnage iconique de la littérature un objet de désir et de mystère, au centre de son récit. Tout converge vers Heathcliff, du début jusqu’à la fin du film. Cette version du personnage est cependant bien moins sombre que celui du roman, ce qui adoucit considérablement le récit.

Avec « Hurlevent », Emerald Fennell signe une adaptation qui se détache volontairement de l’œuvre initiale, en créant une vision fantasmée de la relation entre Catherine et Heathcliff. Un parti pris de mise en scène convaincant, à l’instar du casting cinq étoiles. Car, sans lui et la claque visuelle pop et gothique assenée par Emerald Fennell, difficile de dire ce que l’on aurait réellement retenu de cette nouvelle réinterprétation d’un classique de la littérature, si ce n’est un fantasme d’adolescent…

”Hurlevent” : pourquoi le choix de Jacob Elordi fait tant parler ?

11 février 2026 à 09:30

À chaque nouvelle adaptation, son lot de polémiques. « Hurlevent », réalisé par Emerald Fennell, ne déroge pas à la règle, d’autant plus que le film avec Margot Robbie et Jacob Elordi s’éloigne volontairement du roman d’Emily Brontë. Nouvelle adaptation modernisée, « Hurlevent » dépeint la relation toxique entre Heathcliff et Catherine dans la région du Yorkshire en Angleterre, entre romance bafouée, thématique sociale et vengeance orchestrée par le protagoniste.

Le personnage de Heathcliff, justement, est au cœur de l’histoire, mais le choix de Jacob Elordi pour l’incarner fait débat. Certains lecteurs et lectrices du classique de la littérature gothique estiment, en effet, que l’acteur ne correspond à la description faite par l’autrice dans son livre.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Quelle est l’origine de Heathcliff ?

Les hauts de Hurlevent indiquent que le jeune garçon aurait le « teint foncé », « aussi sombre presque comme s’il venait du diable ». Si Emily Brontë ne donne pas ses origines exactes, le personnage est dépeint comme un enfant de gitans, qui contraste largement avec les habitants du Yorkshire.

Plus que la couleur de peau, l’élément majeur entourant le personnage de Heathcliff est sa différence de classe. Considéré comme un étranger, il n’appartient pas à la même classe sociale que Catherine, créant un nouveau contraste lorsque le personnage revient dans le Yorkshire après avoir fait fortune. Ainsi, depuis l’annonce de Jacob Elordi dans le rôle de Heathcliff, deux discours s’opposent.

D’un côté, certains estiment que le personnage doit refléter, physiquement, sa différence avec la famille Earnshaw. À l’inverse, dans le cas d’une adaptation volontairement éloignée du roman, l’origine somme toute ambiguë dans le livre de Heathcliff — Emily Brontë ne donne pas de réponse claire et définitive — laisse une marge de manœuvre importante.

La thématique autour du garçon étranger recueilli par une bonne famille peut être explorée autrement que par sa simple apparence, en utilisant son langage, son comportement, ses réactions ou son caractère. Pour Emerald Fennell, Jacob Elordi représente le héros byronien par excellence, à la fois méprisable et attachant, allant avec sa vision très personnelle de cette histoire.

Reçu hier — 10 février 2026

Amadeus : la pièce de théâtre événement a-t-elle convaincu ?

10 février 2026 à 15:00

Depuis le 22 janvier 2026, la vie et l’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart sont à découvrir au Théâtre Marigny dans la nouvelle adaptation de la pièce Amadeus de Peter Shaffer. Mis en scène par Olivier Solivérès (lauréat du Molière 2024 de la mise en scène pour Le cercle des poètes disparus), Amadeus aborde le talent du jeune compositeur face à son rival jaloux et admiratif Salieri, à la fin du XVIIIe siècle.

L’œuvre, emblématique, a reçu le Tony Award de la meilleure pièce en 1981 et a connu une large popularité grâce à l’adaptation cinématographique signée Miloš Forman en 1984, qui devrait d’ailleurs prochainement connaître un remake en série.

La présentation d’Amadeus au Théâtre Marigny.

L’histoire commence à Vienne le 2 novembre 1823, alors qu’un vieil homme, le compositeur officiel de l’Empereur, affirme avoir « tué Mozart » 32 ans auparavant.

Antonio Salieri raconte alors sa vie dans la musique et sa rencontre avec le génie insolent et incomparable, Wolfgang Amadeus Mozart. Jérôme Kircher incarne Salieri et Thomas Solivérès se glisse dans la peau de ce jeune Mozart incontrôlable et fougueux. Amadeus est à découvrir au Théâtre Marigny jusqu’au 5 avril 2026. La billetterie est accessible ici.

Que pense la presse d’Amadeus ?

La qualité de la pièce Amadeus n’est plus à prouver. Pendant près de 40 ans, l’œuvre de Peter Shaffer a conquis le public grâce à sa représentation du génie absolu de Mozart, tout en évoquant les thèmes de la jalousie et de la fascination.

Le personnage de Salieri est particulièrement complexe et ambigu, entre son envie de détruire Mozart pour avoir une chance de briller et sa certitude que le jeune compositeur de musique est le plus grand de son époque. L’enjeu de cette nouvelle adaptation réside donc dans les choix de mise en scène d’Olivier Solivérès et dans l’interprétation des comédiens.

Pour France Info, Amadeus version 2026 est « un spectacle enchanté » qui « brille par sa flamboyance […] porté par deux comédiens inspirés ». Le Parisien est tout aussi admiratif et évoque un spectacle « intense, bouleversant ». Le quotidien vante la mise en scène d’Olivier Solivérès, notamment lors de la scène mythique de la composition par Mozart de son Requiem ; une séquence réussie, « entre écriture théorique et illustration symphonique ».

Pour Le Figaro, « on sort avec le désir d’écouter ou de réécouter et Mozart », et Le Point parle d’une « réussite » tout en soulignant quelques « maladresses », dont « des éléments de décor trop clinquants », avant de conclure que « ces réserves étant faites, le reste du spectacle rachète ces petits faux pas. Le miracle tient ici à l’excellence de la distribution ». Amadeus a tout de la pièce de théâtre incontournable de ce début d’année 2026. À voir au Théâtre Marigny, à Paris.

Reçu avant avant-hier

À pied d’œuvre de Valérie Donzelli : de quel livre la réalisatrice s’inspire-t-elle ?

5 février 2026 à 11:35

Le nouveau film de Valérie Donzelli (L’amour et les forêts), À pied d’œuvre, en salle depuis ce 4 février, trouve son origine dans un texte littéraire. Le long-métrage est adapté du récit autobiographique éponyme de Franck Courtès, publié en 2023 chez Gallimard. Un livre bref et dense, qui raconte ce que coûte le choix de créer.

De quoi parle le livre ?

Dans son récit, Courtès, photographe reconnu, choisit d’abandonner une carrière stable pour se consacrer entièrement à l’écriture. Rapidement, la réalité économique s’impose. Faute de revenus suffisants, l’auteur enchaîne les petits boulots manuels – déménagements, bricolage, manutention… Le livre décrit un quotidien fait de fatigue physique, d’invisibilisation sociale et de déclassement.

Il s’est tourné vers la littérature à partir de 2013 avec Autorisation de pratiquer la course à pied. Son écriture s’attache aux corps, au travail et aux trajectoires individuelles. Avec À pied d’œuvre, il livre un texte concret sur la condition matérielle de l’écrivain aujourd’hui, loin des représentations idéalisées.

Pourquoi Valérie Donzelli a-t-elle voulu l’adapter ?

La frontalité du récit a séduit Valérie Donzelli. « Quand j’ai lu le livre de Franck, j’ai aimé ce qu’il racontait, mais j’aimais son écriture, je trouve qu’il raconte quelque chose de complexe avec simplicité. Je tenais à ce que son texte soit dans le film, qu’il soit entendu », a-t-elle déclaré au micro de France Culture. Coécrit avec Gilles Marchand, le scénario s’appuie directement sur le livre, dont plusieurs passages sont repris en voix off.

À pied d’œuvre.

À l’écran, le photographe-écrivain devient Paul Marquet, interprété par Bastien Bouillon. Le film suit son quotidien fait de missions précaires et de temps volé à l’écriture. La mise en scène reste volontairement simple. Autour de Bouillon, Virginie Ledoyen, André Marcon et Marie Rivière incarnent l’entourage familial et professionnel.

“Hurlevent” : quelle est la signification du titre du film avec Margot Robbie et Jacob Elordi ?

5 février 2026 à 10:55

Après une avant-première remarquée à Paris, en présence d’Emerald Fennell, Margot Robbie et Jacob Elordi, la sortie du film « Hurlevent »“Wuthering Heights” en version originale –  se rapproche.

Attendue dans les salles le 11 février 2026, cette nouvelle adaptation du classique de la littérature promet de revisiter à sa façon l’histoire écrite par Emily Brontë au XIXe siècle, tout en conservant certains de ses thèmes les plus importants.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Si plusieurs aspects dans la bande-annonce permettent de constater une approche plus anachronique de l’histoire, avec des costumes assez modernes et une bande originale pop et électro signée Charli XCX, le nom du film a aussi sa signification précise.

En choisissant d’entourer son titre de guillemets, que cela soit « Hurlevent » en France ou “Wuthering Heights” ailleurs, Emerald Fennell assume son envie de s’éloigner un peu de l’œuvre originale pour avoir une certaine marge de liberté et raconter ce qu’elle souhaite dans son film. Comme pour affirmer le côté approximatif, détourné ou emprunté, la présence de guillemets n’est pas anodine et s’inscrit dans le ton choisi et le style du film. Reste à voir à quel point « Hurlevent » s’éloigne du roman initial pour lier ses thèmes originaux à des sujets plus contemporains.

Les Hauts de Hurlevent, ça signifie quoi, à la base ?

Si « Hurlevent » est donc un choix de sémantique précis, le titre fait naturellement référence aux Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), également orthographié en France Les Hauts de Hurle-Vent, selon les éditions. En version originale, wuthering fait allusion aux vents violents et aux tempêtes et heights évoque un lieu en hauteur.

Les Hauts de Hurlevent traduit cette idée et fait référence à ce vent déchaîné qui hurle sur les hauteurs, dans les régions exposées du Yorkshire, en Angleterre. Si le titre évoque donc la rudesse d’un lieu, il a également une signification thématique, et fait allusion aux sentiments tumultueux et tourbillonnants des protagonistes, plongés dans une histoire d’amour, de haine et de vengeance.

Monte-Cristo : pourquoi le musical est un spectacle à ne pas manquer ? 

4 février 2026 à 13:30

Le mythe du Comte de Monte-Cristo continue de passionner et d’intriguer. Après le film au plus de neuf millions de spectateurs en 2024 avec Pierre Niney et la récente adaptation en série sur France Télévisions portée par Sam Claflin, l’histoire se joue désormais au théâtre dans Monte-Cristo : le spectacle musical.

Cette nouvelle pièce est à découvrir aux Folies Bergère du 5 février au 19 avril 2026, avant une tournée en France de plus de 40 représentations, du 18 septembre 2026 au 23 janvier 2027, qui passera par Reims, Marseille, Lille, Caen, Orléans, Montpellier, Toulouse ou encore Dijon. La billetterie pour ces différentes dates est disponible ici.

La bande-annonce de Monte-Cristo : le spectacle musical.

Dans Monte-Cristo : le spectacle musical, l’histoire d’Alexandre Dumas est réinventée en musique et suit la vengeance d’Edmond Dantès, arrêté pour un crime qu’il n’a pas commis et emprisonné pendant 14 ans au Château d’If, avant qu’il ne s’échappe pour revenir sous le nom du Comte de Monte-Cristo.

La pièce est mise en scène par Alexandre Faitrouni, et offre à deux habitués de la scène les rôles principaux. Stanley Kassa est Edmond Dantès tandis qu’Océane Demontis incarne Mercédès. Les deux comédiens se retrouvent après avoir incarné Enjolras et Eponine dans Les misérables au Théâtre du Châtelet.

Une autre comédie musicale en tournée en France

L’ouverture aux Folies Bergère de Monte-Cristo : le spectacle musical, fait suite à un autre spectacle adaptant l’œuvre de Dumas, qui s’est tenue au Dôme de Paris.

Intitulé La légende de Monte-Cristo : le musical, le spectacle débute une tournée du 12 février au 18 octobre 2026, et passera notamment par Le Havre, Amiens, Brest, Caen, Aix-en-Provence, Tours, Reims, Marseille, Pau, Nice, Toulouse, Orléans, ou encore Lille et Limoges. La billetterie est ouverte pour ces différentes dates, en cliquant ici.

Deux spectacles musicaux autour du Comte de Monte-Cristo se jouent au même moment en France, confirmant une tendance observée depuis plusieurs mois. Les classiques de la littérature sont continuellement adaptés et réinventés alors que les comédies musicales commencent à se faire une vraie place dans le paysage culturel français.

L’adaptation musicale suit forcément les pas des Misérables (le musical emblématique qui se joue à Londres et sera de retour à Paris en fin d’année), alors même que d’autres spectacles font sensation dans le pays, tels que Chicago, Le Roi Lion, The Last Ship et prochainement Retour vers le futur, ou encore une adaptation de Cyrano de Bergerac en musique ; un autre grand classique de la littérature.

Retour à Silent Hill : renaissance artistique ou écho d’un passé fantomatique ?

4 février 2026 à 07:00

Vingt ans après avoir posé sa caméra dans les méandres brumeux de la Virginie-Occidentale, Christophe Gans revient à la franchise qui a durablement marqué sa filmographie avec Retour à Silent Hill. Prévu pour une sortie française le 4 février 2026, ce troisième opus – on oublie toujours Silent Hill: Revelation 3D (2012) réalisé par M. J. Bassett – ne se veut ni une suite directe de son film Silent Hill sorti en 2006, ni une opération opportuniste visant à relancer la carrière de son réalisateur (12 ans après son dernier film, La belle et la bête), mais une adaptation revendiquée comme « fidèle » du mythique jeu vidéo Silent Hill 2.

La bande-annonce du film Retour à Silent Hill de Christophe Gans.

Dans un paysage cinématographique déjà gorgé de recyclages, une question centrale se pose : une suite tardive, 20 ans après Silent Hill, peut-elle encore capter l’essence d’un mythe sans n’être que la simple réminiscence d’une saga à l’agonie ?

Une renaissance sous contrôle : la stratégie industrielle de Konami

Impossible de manquer la présence insistante du logo Konami en ouverture du film. Pas de doute, le retour de Christophe Gans dans les ruelles sales de Silent Hill n’est pas solitaire : ce nouvel opus de la saga ne se conçoit pas comme une œuvre isolée, mais comme une pièce d’un vaste plan industriel orchestré par la société japonaise de jeux vidéo. Dans le sillon de la sortie d’un nouveau jeu, Silent Hill f, en 2025, et de celle du remake du culte Silent Hill 2 sorti en 2024, la volonté de relancer la licence est claire : saturer le marché, réactiver une communauté en demande, pour réveiller une licence sur le déclin depuis la sortie en 2012 de Silent Hill: Downpour et l’échec de la sortie de Silent Hills, qui devait pourtant impliquer Guillermo del Toro.

Retour à Silent Hill.

Dans ce schéma, Retour à Silent Hill prend une dimension différente. Ce n’est pas uniquement la renaissance d’un réalisateur, mais aussi un outil de marketing puissant : en s’appuyant sur l’aura du jeu le plus iconique et sur la musique originale d’Akira Yamaoka, il cherche à fédérer toutes les strates du fandom et à réanimer un lore en latence depuis 2006. Sacrée ambition ! 

Silent Hill, le poids d’un film culte

Côté grand écran, le Silent Hill de 2006 occupe une place singulière dans l’histoire des adaptations de jeux vidéo. Lacéré par les critiques à sa sortie, il a, comme de nombreux films cultes, trouvé son audience et construit son mythe avec le temps. Alors que les premiers bruits et critiques outre-Atlantique reprennent leur lancinante ritournelle en dézinguant d’ores et déjà ce nouvel opus, Christophe Gans, du côté de chez Variety, garde en tête la trajectoire de son premier film : « J’étais très content de voir à quel point la réputation du film a grandi. […] C’est un sentiment très agréable, parce qu’on sait très bien qu’il y a de super films qui disparaissent des mémoires en six mois. Le test ultime, c’est l’épreuve du temps, quand on se retrouve d’un coup face à des gens qui parlent de votre travail avec beaucoup d’enthousiasme. »

Si cette communauté a su s’approprier le film, malgré des décisions narratives déjà discutables à l’époque – la transformation de personnages clés et l’inclusion de monstres iconiques hors de leur contexte d’origine –, c’est notamment grâce à une forme de fidélité à l’univers. Musicale, d’abord avec une bande-son composée par Akira Yamaoka, déjà derrière celle des jeux vidéo. Visuelle, ensuite, en construisant une direction artistique, une esthétique viscérale, en accord avec ce que la Team Silent avait pu produire dans les premiers jeux vidéo. En résulte une atmosphère profondément organique.  

L’organique contre le numérique : un geste de résistance ambigu

À contre-courant d’une industrie cinématographique qui inonde ses productions de VFX, Gans opte pour des choix techniques audacieux, qui revendiquent l’organique : chaque monstre est interprété par un danseur sous prothèses, renouant ainsi avec une vision corporelle de l’horreur. Cela évoque explicitement la philosophie du designer de la Team Silent, Masahiro Ito, et sa culture de la « bizarrerie » physique comme source d’effroi, rappelant sans équivoque le concept de « l’inquiétante étrangeté » – quand ce qui est familier flirte avec le dérangeant – du psychanalyste Sigmund Freud. 

Mais ce geste, aussi séduisant soit-il, pose une question : peut-il à lui seul redonner une étincelle de vie à des icônes qui ont été répétées ad nauseam dans les jeux, les produits dérivés et les discours de fans ?

Retour à Silent Hill : la fidélité comme enfermement

En revenant à Silent Hill après le film de 2006, Christophe Gans ne se contente pas de prolonger une adaptation, il tente de réanimer un héritage. Pourtant, le constat s’impose avec une certaine brutalité : le film échoue dans les grandes largeurs à nous toucher. Ce constat d’échec ne repose d’ailleurs en rien sur un manque de respect envers la licence, mais plutôt sur un excès de précautions vis-à-vis d’un univers trop lourd à porter, d’un fandom attentif à toute nouvelle adaptation. Tout, dans sa construction, démontre une peur constante de mal faire, de trahir, de déplacer le mythe. Et cette peur finit par neutraliser ce que le film prétend raviver.

Le premier long-métrage, malgré une puissance plastique indéniable, privilégiait déjà la cohérence visuelle, au détriment parfois d’une narration fluide et surtout cinématographique – la structure du film reposant en grande partie sur celle d’un jeu vidéo. Retour à Silent Hill reproduit ce déséquilibre. Le film ne cesse de regarder son modèle – Silent Hill 2 –, comme s’il cherchait en permanence à prouver sa fidélité plutôt qu’à imposer un regard de cinéaste. À l’écran, cette conformité devient rapidement un carcan. Les grandes figures sont là, les thèmes aussi, mais ils apparaissent moins comme des expériences à traverser que comme des éléments à aligner : en bref, un bingo Silent Hill

Retour à Silent Hill.

Paradoxalement, le film se fait à la fois trop flou (les violences sexuelles n’étant qu’à peine suggérées) et trop évident (la culpabilité de James Sunderland, moteur central du jeu, étant martelée à longueur de film). Cette approche rend le récit trop prévisible, surtout pour qui connaît déjà Silent Hill 2, et psychologiquement trop illisible, nous laissant extérieurs à des personnages que l’on ne comprend pas toujours et pour lesquels on ne ressent pas d’empathie. Il ne propose pas une traversée de Silent Hill, mais une reconstitution figée, presque muséale, renforcée par des prestations d’acteurs très faibles. 

Le point fort du film de 2006, le travail de l’atmosphère, fonctionne toujours, mais surtout comme un rappel pour les initiés. Le brouillard, les textures, les corps déformés convoquent une mémoire commune, mais peinent à générer un véritable effroi – celui de notre première rencontre avec ces immondices, il y a dix ans – et sont susceptibles de laisser en dehors un spectateur étranger à la licence.

Mais le cas de Retour à Silent Hill est loin d’être unique. Au-delà de ses qualités artisanales, ce que révèle le rendu raté de ce film, c’est une impasse plus large du cinéma de franchise contemporain. À force de vouloir préserver ses mythes pour ne pas froisser ses fans – à l’image de la série Alien: Earth, dont l’approche innovante du xénomorphe a eu tendance à énerver sa communauté –, il les fige. Le film devient alors le symptôme d’un univers saturé de lui-même. En confondant fidélité et création, il prolonge une logique déjà perceptible en 2006 : celle d’un cinéma qui préfère la reconnaissance à la rupture et qui, ce faisant, manque l’occasion de faire bouger les lignes et de véritablement redonner vie à une saga sclérosée.

En conclusion, Retour à Silent Hill se trouve à une croisée complexe : d’un côté, la vision d’un réalisateur passionné, attaché à l’artisanat et à l’ambiguïté psychologique ; de l’autre, une logique alourdie par ses propres codes et attentes. La véritable question n’est pas de savoir si le film est fidèle à Silent Hill 2, mais s’il a quelque chose à dire au-delà de la reproduction d’un univers déjà disséqué par des communautés de fans au travers de centaines d’analyses et de discussions.

Le brouillard, les monstres, la musique sont toujours là, mais ils ne produisent plus de trouble. Ils fonctionnent comme des repères, non comme des menaces. Silent Hill n’est plus un espace mental instable, mais un décor patrimonial, immédiatement reconnaissable, parfaitement balisé, nous laissant avec un goût amer : à force de vouloir retourner à Silent Hill, Konami et Gans semblent surtout avoir oublié comment s’y perdre.

Critique Retour à Silent Hill : un retour qui prend les Gans pour des cons ?

3 février 2026 à 18:34
Critique Retour à Silent Hill : un retour qui prend les Gans pour des cons ?

Troisième opus cinématographique lié à la fameuse saga, Retour à Silent Hill adapte le second - et le plus apprécié – épisode de la saga vidéoludique. Mais pas de panique, cette adaptation est entre les mains de Christophe Gans, réalisateur de Silent Hill 2006 et grand fan du jeu. Pas de panique on a dit...

“Hurlevent”, avec Margot Robbie et Jacob Elordi, une nouvelle showmance ?

2 février 2026 à 11:40

La tournée promotionnelle du film « Hurlevent » a débuté et elle ne passe pas inaperçue ! Nouvelle adaptation du classique Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, le film met en scène Margot Robbie et Jacob Elordi dans les rôles iconiques de Catherine et Heathcliff, et dépeint leur relation passionnelle et toxique dans l’Angleterre codifiée du XVIIIe siècle.

Entre romance et vengeance, « Hurlevent » d’Emerald Fennell promet d’être une vision modernisée de l’histoire, avec notamment une bande originale moderne signée Charli XCX et une direction artistique jouant avec un brin d’anachronisme. La promo presse a commencé à travers le monde, et les deux stars Margot Robbie et Jacob Elordi font sensation sur les tapis rouges. Ce qui fait le plus parler ? Leur proximité constante et leurs déclarations d’amour mutuelles.

Shooting photo en commun pour Vogue, éloges lors des talk-shows et interviews américains (Jacob Elordi s’est dit « obsédé » par Margot Robbie, et cette dernière a avoué être « tombée amoureuse » amicalement de l’acteur au point d’en devenir « codépendante »), proximité évidente pendant la promotion : Margot Robbie et Jacob Elordi forment le nouveau couple star de showmance, où l’amitié fusionnelle entre deux personnes est utilisée comme un puissant outil de promotion.

En mettant en avant la complicité et l’admiration réciproque des deux comédiens, « Hurlevent » fait en sorte que la réalité dépasse la fiction et joue la carte du couple amical tendance, à découvrir sur grand écran dans une romance explosive.

Dernier épisode en date ? Margot Robbie a offert à Jacob Elordi une bague massive portant l’inscription d’une réplique d’Emily Brontë : « De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles. »

Margot Robbie gifted Jacob Elordi a set of matching rings to celebrate their film together, ‘Wuthering Heights’

The rings are engraved with a line from Emily Brontë’s novel: “Whatever our souls are made of, his and mine are the same.” pic.twitter.com/4UytBKt6ZC

— Complex Pop Culture (@ComplexPop) January 29, 2026

On adore ou on déteste : c’est quoi la showmance, ce nouvel outil marketing ?

Dans le genre de la showmance, on se souvient encore de la promotion des deux films Wicked. Pendant plus d’un an, les deux actrices Cynthia Erivo et Ariana Grande n’ont pas hésité à clamer leur amour sorore et leur lien indestructible après avoir incarné Elphaba et Glinda. Une promotion marquée par les larmes et les déclarations d’amour.

Sur le premier film Wicked, cette débauche d’amour a fait son effet : le public s’est rué en salles, au point de faire de Wicked le plus gros succès pour une adaptation de comédie musicale au cinéma. Sur le deuxième film, cette attitude a visiblement un peu lassé, au point que Wicked : partie 2 soit entièrement snobé aux Oscars, les votants s’étant détournés en masse du second opus.

Le showmance, la proximité évidente entre deux partenaires de jeu, serait un nouvel outil promotionnel à utiliser avec parcimonie (au-delà du fait qu’il se base probablement sur une réelle affection entre les concernés). Dans le cas de « Hurlevent », la pratique a du sens tant l’histoire d’amour entre Catherine et Heathcliff est faite d’obsession et de passion, mais les réactions sont mitigées sur les réseaux sociaux.

Quand certains soulignent le sex-appeal du couple à l’écran, d’autres évoquent une promotion légèrement malsaine, qui brouille la frontière entre la fiction et la vie réelle, alors même que Margot Robbie est mariée au producteur Tom Ackerley. En attendant, la promotion de « Hurlevent » est loin d‘être terminée et les deux acteurs devraient encore s’afficher ensemble dans les prochains jours.

Marsupilami : le (vrai) retour de la comédie populaire et familiale

31 janvier 2026 à 07:00

Dans le genre des adaptations de bande dessinée culte au cinéma, il n’existe généralement qu’un seul credo : ça passe ou ça casse. Avec Marsupilami, Philippe Lacheau s’attaque à son projet le plus ambitieux et parvient à mêler son univers potache à celui, plus familial, de Franquin et du Marsupilami.

Le résultat, plus accessible que ses précédents films, devrait plaire aux fans de la Bande à Fifi et laisser sur le côté ceux qui n’ont jamais accroché à son humour.

Marsupilami.

Quelle est l’histoire du film ?

David (Philippe Lacheau), père d’un petit garçon et tout juste séparé de sa compagne, Tess (Élodie Fontan), est sur le point de perdre son travail. Pour contenter son patron, il accepte de transporter un colis étrange depuis l’Amérique du Sud lors d’une croisière familiale, en embarquant toute la famille pour faire plaisir à son fils. Quand le colis se révèle être un œuf de Marsupilami (la créature la plus convoitée au monde), le voyage prend une tout autre tournure.

Après les succès populaires que sont Babysitting (2014), Alibi.com (2017) ou encore le long-métrage Super-héros malgré lui (2021), Philippe Lacheau s’essaie de nouveau à l’adaptation d’une franchise culte, comme il avait pu le faire avec Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2018). Dans Marsupilami, il offre sa propre version de la créature de Franquin, dans un film bien conscient des limites de l’exercice, qui ne prétend jamais être plus qu’une comédie familiale. En résulte alors un film maîtrisé et réussi.

Marsupilami.

La bande à Fifi ajuste le tir

C’était la grande question : Philippe Lacheau et sa troupe (surnommée la Bande à Fifi) allaient-ils être capables d’écrire un film Marsupilami suffisamment grand public pour toucher autant les adultes que les enfants ? Jusqu’à présent, les films de Lacheau reposaient sur un humour assez bas de plafond, potache et gras, avec son lot de nudité pour le bien de la blague ou de la situation rocambolesque.

Un humour efficace et immédiat qui ne pouvait pas correspondre à l’ambiance voulue sur ce Marsupilami, beaucoup plus orienté vers les familles. Premier constat : Philippe Lacheau réussit l’exercice. Sans perdre son amour pour la comédie de situation ou le gag physique, et tout en s’autorisant quelques touches d’humour graveleux (une scène de Viagra est du pur Lacheau), le réalisateur arrive, avec son équipe, à déplacer le curseur de la blague potache pour offrir une comédie familiale et fédératrice.

Marsupilami est ainsi à hauteur d’enfant. C’est bien le petit garçon de David et de Tess, Léo (joué par le touchant Corentin Guillot), qui est au cœur du récit. Sa relation naissante avec un bébé Marsupilami est à l’origine des nombreuses péripéties. Philippe Lacheau ne perd jamais de vue cette idée. Ainsi, l’humour du film repose sur l’enfance et l’innocence.

Le long-métrage est une succession de blagues pour enfants, agrémentée de références constantes aux films et séries des années 1980 et 1990, qui ont nourri Philippe Lacheau et ses comédiens. Le film ne cherche pas à être subtil. Son but ? La drôlerie pure ; avec, en prime, plusieurs francs éclats de rire.

Marsupilami.

Plus d’émotion que prévu ?

C’est bien le point le plus surprenant de ce Marsupilami. Outre les blagues et l’humour, le film de Philippe Lacheau installe une pointe d’émotion autour de la petite créature jaune, avec notamment l’incarnation de Jamel Debbouze.

Le comédien reprend son rôle tenu dans Sur la piste du Marsupilami (2012) d’Alain Chabat, investi d’une mission sacrée : protéger et préserver l’espèce en danger des Marsus. S’ajoute à cela le regard triste du jeune Léo face à des parents en pleine séparation. Le film crée ainsi un parallèle entre les plus jeunes personnages du film, séparés malgré eux d’une famille qu’ils pensaient éternelle.

Marsupilami.

Une croisière, un bébé Marsupilami – façon Grogu dans The Mandalorian –, Tarek Boudali en roue libre, Julien Aruti en idiot de service (comme souvent dans les films de Lacheau), quelques nouvelles recrues (Jamel Debbouze ou Alban Ivanov)… La nouvelle comédie de Philippe Lacheau est précisément ce qu’on attendait d’elle pendant une bonne partie du film.

Les gags s’enchaînent continuellement, chaque situation posée est faite pour répondre à une blague, tandis que la créature jaune devient un nouvel accessoire à utiliser pour faire rire.

Un long-métrage sincère

Finalement, Philippe Lacheau rappelle, à sa mesure, ce qu’avait fait Alain Chabat sur son Astérix et Obélix : mission Cléôpatre (2002). Une rencontre improbable entre un monument de la bande dessinée et un humour très particulier (qui plaît ou déplaît, sans demi-mesure).

Même si l’ensemble reste inoffensif (dans la veine du cinéma de Philippe Lacheau), on ne peut qu’apprécier la volonté évidente de la Bande à Fifi de s’attaquer au patrimoine de la BD franco-belge, avec toute sa sincérité et son envie de faire rire.

Marsupilami.

Il serait facile de reprocher à Marsupilami tout ce que la Bande à Fifi tente de faire. Une bande de potes fait des films à plusieurs millions d’euros, sans s’écarter de ce qui les a toujours fait rire : la déconne, le second-degré, la moquerie commune et le rire communicatif. Plutôt que de tomber dans le « hate-watching » gratuit (la comédie aura ses fervents détracteurs, cela ne fait aucun doute), on avoue sans mal avoir rigolé avec plaisir devant les frasques de cette troupe, et être ressorti de la projection avec une certaine naïveté.

Film innocent, simplement fait, Marsupilami confirme que Philippe Lacheau et les siens sont uniques dans le paysage audiovisuel français. Personne ne fait ce qu’ils font, à leur façon.

La bande-annonce de Marsupilami.

Marsupilami de Philippe Lacheau, avec Philippe Lacheau, Jamel Debbouze, Élodie Fontan, Tarek Boudali et Julien Arruti, 1h39, au cinéma le 4 février 2026.

Les Hauts de Hurlevent : quelle est l’histoire du livre bientôt adapté en film ?

29 janvier 2026 à 11:15

Il est souvent décrit comme étant une grande histoire d’amour romantique et, pourtant, le livre Les Hauts de Hurlevent, écrit par Emily Brontë en 1847, est surtout un récit de vengeance, d’amour possessif et de relations toxiques. Seul roman de l’autrice, Les Hauts de Hurlevent fait sensation à mesure que les années passent – l’accueil initial est modéré –, pour devenir un classique de la littérature, aux thèmes toujours d’actualité.

Adapté de nombreuses fois, Les Hauts de Hurlevent est parfois assimilé à Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Il ne faut pas non plus confondre Emily Brontë avec sa sœur, Charlotte Brontë, écrivaine incontournable et autrice de l’emblématique Jane Eyre.

De quoi parle Les Hauts de Hurlevent ?

Dans Les Hauts de Hurlevent, l’histoire suit la relation naissante entre Catherine Earnshaw, fille de bonne famille, et Heathcliff, un enfant adopté sans rang social. Malgré leurs sentiments réciproques, Catherine se détourne d’Heathcliff et épouse un des hommes les plus riches de la région, poussant le jeune homme, blessé, à s’enfuir. Quelque temps plus tard, Heathcliff revient dans le Yorkshire, riche, avec l’envie maladive de se venger de tous ceux qui l’ont maltraité lors de son enfance et qui l’ont empêché d’avoir Catherine.

Ayant pour thèmes l’amour obsessionnel (qui se transforme en haine) et la vengeance, tout en évoquant les différences de classes en Angleterre au XIXe siècle, Les Hauts de Hurlevent est un livre dense, qui va bien plus loin que ces quelques lignes. La vengeance d’Heathcliff s’étale sur plusieurs décennies et touche même la génération suivante, bien que les nombreuses adaptations se contentent de l’histoire de Catherine et Heathcliff.

Quel parti-pris pour « Hurlevent » ?

Le titre entre guillemets et les déclarations de la réalisatrice Emerald Fennell ne trompent pas. « Hurlevent », avec Jacob Elordi et Margot Robbie est une interprétation moderne de l’histoire – mais pas contemporaine pour autant –, tournée autour de la passion entre Heathcliff et Catherine. Par rapport à l’œuvre originale, il sera intéressant de découvrir deux points centraux : est-ce que l’histoire s’étalera sur plusieurs décennies ? Et surtout, Heathcliff sera-t-il transformé en héros romantique incompris ou conservera-t-il sa part de violence, de haine et de vengeance perverse ?

Alors que les relations toxiques et sous emprise sont de plus en plus documentées et relatées, il serait dommage que cette nouvelle adaptation tombe dans l’écueil de la simple histoire d’amour, sans traiter en profondeur des nombreux thèmes abordés par Emily Brontë dans son livre. Réponse le 11 février 2026 au cinéma.

La bande-annonce de « Hurlevent ».

Wonder man : ceci n’est pas une série de super-héros !

27 janvier 2026 à 07:00

Oh non, encore un super-héros qui débarque sur nos écrans ! C’est qui celui-là ? Wonder Man ? Le mari de Wonder Woman ? Jamais entendu parler… Facile d’imaginer les réactions des abonnés Disney+ lors de l’apparition de ce programme, ce 28 janvier. De plus en plus palpable, la lassitude du public envers les contenus super-héroïques laisse planer peu de doutes sur le succès d’un personnage aussi secondaire que Simon Williams, alias Wonder Man. Ce serait pourtant dommage de zapper.

Wonder Man est la réponse pleine d’humour de Marvel à tous ceux qui se sont lassés des super-héros.

Faites entrer les remplaçants !

Que ce soit dans les maisons d’édition ou dans les studios américains, les décideurs laissent toujours plus de libertés aux artistes qui s’occupent des seconds couteaux qu’à ceux responsables des personnages plus populaires – et donc plus « bankables » – de leurs catalogues. Cette habitude dictée par des impératifs économiques a parfois offert des moments d’anthologie à certains super-héros qui ont pu créer la surprise et briller, en faisant preuve d’audace, alors que personne ne misait sur eux.

Même si son nom est partout, le personnage de Wonder Man tel qu’inventé dans les comics est presque absent de la série, si ce n’est dans les clins d’oeil vestimentaires de Simon Williams.

À l’inverse, quand les challengers se contentent d’imiter des célébrités, ils passent pour de simples ersatz et déçoivent franchement. Demandez aux Thunderbolts ou à Sam Wilson ce que ça fait de passer après les Avengers ou Steve Rogers… On a beau leur offrir leurs propres films à grand spectacle, le public n’est pas au rendez-vous. Et en même temps, ce n’est pas parce qu’on passe l’hymne de la Ligue des Champions avant un match de National 3 que le niveau de jeu est meilleur. Ça fait plaisir aux joueurs, mais le public n’est pas dupe.

C’est pareil avec les super-héros. Wonder Man aurait donc pu connaître le même sort, mais la firme dirigée par Kevin Feige a eu la bonne idée de jouer la carte de l’autodérision avec une production « méta », à mi-chemin entre The Studio et Birdman, mâtinée de références plus qu’appuyées à Macadam Cowboy.

Wonder qui ?

Les productions de super-héros qui font un pas de côté pour offrir une réflexion sur le genre, ce n’est pas nouveau. De Watchmen à The Boys, en passant par Powerless, le public en a déjà son content. Et depuis Deadpool, briser le fameux quatrième mur n’a plus rien d’original. Seulement, le personnage de Wonder Man est parfaitement taillé pour l’exercice et il eût été dommage de ne pas l’exploiter ainsi.

Yahya Abdul-Mateen II dans Wonder Man.

Pour la faire courte, Simon Williams, de son vrai nom, a tout pour figurer dans le top 10 des Avengers, sauf le charisme. Avec son physique de Superman et ses pouvoirs à base d’énergie ionique presque aussi impressionnants que ceux du Kryptonien, il aurait pu compter parmi les leaders de l’écurie Marvel, mais il a toujours évolué dans l’ombre d’autres super-héros, cantonné au banc de touche ou alors titulaire dans les équipes de réserve.

En revanche, Simon Williams a un talent que d’autres héros n’ont pas : c’est un acteur et cascadeur, digne des stars des action movies des années 1980. Le background parfait pour un projet comme celui porté par le réalisateur Destin Daniel Cretton (derrière Shang-Shi et le prochain volet de Spider-Man: Brand New Day). Ce super-héros de seconde zone lui a offert l’excuse parfaite pour manier une figure de style qu’il apprécie visiblement beaucoup : la mise en abyme.

The Mandarin… and Simon Williams

Jugez un peu : dans cette série Wonder Man, Simon Williams (Yahya Abdul-Mateen II – déjà vu côté DC dans la série Watchmen et en Black Manta dans Aquaman) est un jeune acteur qui tente de percer à Hollywood, sans trop de succès. Mais une occasion unique s’offre à lui : incarner Wonder Man, un héros de SF façon Buck Rogers, dans un reboot porté par un réalisateur farfelu et multiprimé. Le « destin » – prenant ici la forme d’une agence gouvernementale – va placer sur son chemin Trevor Slattery (Ben Kinglsey), comédien raté, principalement connu pour son rôle malheureux de Mandarin, homme de paille des grands-méchants d’Iron Man 3.

Yahya Abdul-Mateen II dans Wonder Man.

Vous vouliez du méta, des références à tout va et de la mise en abyme ? Vous voilà servis. La modération n’est pas le fort de Destin Daniel Cretton et il aurait très bien pu incarner le « dealer » de bonbons de l’épisode 5, tout excité à l’idée de tourner une pub sur ses bonbons à la mandarine, avec le Mandarin (vous l’avez ?).

Pourtant, malgré toute cette surenchère, la série n’est jamais lourde. Le tandem Simon Williams-Trevor Slattery et leur relation apprenti-mentor fonctionnent à la perfection, en offrant aussi bien des moments humoristiques qu’attendrissants. Le jeu de Sir Ben Kingsley y est pour beaucoup, à tel point qu’on aurait presque préféré une série The Mandarin, mais le duo séduit aussi bien les autres personnages que les spectateurs.

La bromance entre le vieil acteur raté et le jeune talent qui ne demande qu’à faire ses preuves est sans doute la plus grande réussite de la série.

Résultat, on a plutôt l’impression de se retrouver devant une satire d’Hollywood, montrant les petits tracas quotidiens des acteurs de second rang, que devant une énième production super-héroïque avec un encapé que personne ne connaît. L’ironie de la chose étant justement que ces blockbusters ont donné leur chance à bon nombre de jeunes acteurs ou de célébrité à la carrière en berne, comme Robert Downey Jr avant Iron Man.

Sortir des standards du genre

Cette fois, cependant, l’aspect marquant de ces productions, à savoir les super-pouvoirs, n’apparaît que progressivement, presque subtilement, avant de devenir carrément explosif, mais de façon presque secondaire. Très vite, la seule chose qui compte, ce n’est pas l’étendue des pouvoirs de Simon Williams, ni son origin storyexercice lassant auquel on échappe, heureusement –, mais si oui ou non, il va décrocher le rôle !

Ben Kingsley dans Wonder Man.

Et lorsque les tropes du genre pointent le bout de leur nez, Destin Daniel Cretton, qui en fait pourtant des caisses sur l’aspect « méta », parvient à surprendre son audience avec humour. La preuve qu’il n’est pas balourd, mais qu’il maîtrise au contraire parfaitement son œuvre. Il n’a pas fait une série de super-héros, mais une série sur l’industrie du divertissement mainstream, avec un personnage ayant des super-pouvoirs.

Sans crier au chef-d’œuvre, il faut avouer que Wonder Man remplit sa mission : offrir au MCU un titre « méta » et décalé, prouvant que les super-héros ne sont pas là que pour raconter des histoires de super-héros. Ce one-shot en huit épisodes qui se suffisent à eux-mêmes offre une petite bulle d’originalité au sein d’une franchise à laquelle on a pu reprocher une certaine standardisation.

Julieta Ortega et Zlatko Burić dans Wonder Man.

C’était déjà le cas d’une autre production Marvel Spotlight rendant hommage au monde du cinéma de genre (horrifique, celui-là) : Werewolf by Night. Souhaitons à Wonder Man de connaître le même succès d’estime. Ça rabattra le caquet des cinéphiles les plus snobs qui regardent les productions de super-héros de haut et ça prouvera à Kevin Feige que ses studios peuvent encore connaître de beaux succès inattendus, en faisant preuve d’audace.

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