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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

Rupture amoureuse et reconstruction : cinq livres pour penser l’après

11 février 2026 à 15:00

(1) Après l’amour, de Line Papin

La fin d’une relation ne produit pas un récit continu mais des morceaux éclatés : souvenirs disjoints, phrases interrompues, sensations de nostalgie ou de regret… C’est à partir de cette matière instable que se construit Après l’amour, le texte hybride signé Line Papin. Paru en avril 2023 aux éditions Stock, l’ouvrage tient autant du récit autobiographique que de la méditation.

La fragmentation épouse l’état intérieur de la narratrice, confrontée au manque. Loin d’être un simple témoignage, elle avance et analyse, tentant de saisir ce qui se défait quand le lien amoureux disparaît. L’écriture agit ici comme un outil de clarification : elle ne répare pas mais rend l’épreuve intelligible.

(2) Tressaillir, de Maria Pourchet

Quitter, tenter de s’émanciper, puis vaciller. Dans Tressaillir, publié le 20 août dernier chez Stock, Maria Pourchet met en scène une femme qui choisit la séparation, persuadée d’y trouver un espace de liberté. Le roman suit la trajectoire de cette décision et les conséquences imprévues.

Ce qui devait ouvrir un champ nouveau devient le révélateur d’une fragilité plus profonde. L’autrice interroge les discours sur la libération individuelle et montre combien la rupture ne se laisse pas réduire à un acte de volonté.

(3) Comment guérir du mal d’amour, de Patricia Delahaie

Face à la désorientation qui suit une rupture, certains lecteurs recherchent moins une représentation littéraire qu’un cadre méthodique. C’est la voie choisie par Patricia Delahaie dans Comment guérir du mal d’amour, publié en août 2023. Spécialiste des relations de couple, l’autrice adopte une perspective issue de la psychologie appliquée.

L’ouvrage revient sur les étapes post-séparation : reconnaître la douleur, comprendre les mécanismes à l’œuvre, restaurer l’estime de soi… Témoignages et conseils soutiennent cette progression et proposent un accompagnement pour placer l’événement dans une dynamique de reconstruction.

(4) Celle qui fugue, de Cécile Tlili

Une séparation peut être un choc, mais aussi un moment de réajustement. Dans Celle qui fugue, publié en 2023 aux éditions Calmann-Lévy, Cécile Tlili raconte ce temps où tout vacille. Alice, quittée par son mari, traverse la confusion et la perte de repères qui suivent la rupture.

La rencontre avec une adolescente en fuite ouvre une nouvelle perspective. Peu à peu, la rupture n’apparaît plus seulement comme une fin mais comme le début d’un déplacement intérieur. Dans une langue simple et précise, Tlili décrit la manière dont l’absence oblige à se redéfinir et à envisager autrement la suite.

(5) Roman de plages, de Arnaud Cathrine

Ici, l’auteur aborde la rupture par un autre biais : celui du retrait. Le narrateur, quitté brutalement, se réfugie sur une île de l’Atlantique pour traverser le choc. Là, face à la mer et à l’immobilité du paysage, il entreprend de mettre en récit ce qui lui arrive.

D’un côté, le roman observe l’état de sidération, la répétition des pensées, la tentation de se raconter autrement pour rendre l’événement supportable. De l’autre, il introduit une dimension quasi métafictionnelle : écrire sur la rupture devient une manière de reprendre la main sur le réel. La séparation n’est ni héroïsée ni « psychologisée » : elle est envisagée comme un temps suspendu, où l’identité vacille puis se recompose.

La passe-miroir : la bande dessinée événement est-elle fidèle au roman ? Vanyda répond

11 février 2026 à 14:00

En quelques jours seulement, la bande dessinée La passe-miroir : les fiancés de l’hiver (Gallimard) s’est hissée dans le Top des BD les plus vendues de ces dernières semaines. Véritable sortie événementielle de ce début d’année, La passe-miroir offre un nouveau regard sur une saga à succès publiée entre 2013 et 2019, écrite par la romancière française Christelle Dabos.

L’artiste Vanyda s’attaque au difficile travail d’adaptation et parvient à rester fidèle à l’essence de l’œuvre originale, tout en apportant sa propre touche à l’histoire.

La passe-miroir : une adaptation fidèle ?

Comme dans le roman La passe-miroir, l’adaptation de Vanyda suit le destin d’Ophélie dans un monde fantastique. Fiancée par sa famille à Thorn, membre du puissant clan des Dragons, la jeune fille dotée de certaines capacités magiques découvre le monde de la Citacielle et s’initie aux jeux de pouvoirs et aux nombreuses conspirations.

Les fiancés de l’hiver transpose le premier roman de la saga (qui en compte quatre) et constitue une adaptation particulièrement fidèle des écrits de Christelle Dabos. La BD parvient à recréer la sensation de découverte d’un autre monde, tout en posant les bases de l’une des relations les plus fascinantes de la fantaisie contemporaine, entre Ophélie et Thorn.

Vanyda évoque son travail

Lors d’un long échange avec L’Éclaireur, Vanyda est revenue sur ces questions de fidélité vis-à-vis de l’œuvre originale et sur sa façon de travailler pour arriver à la création d’un album de bande dessinée de moins de 300 pages, malgré la longueur du roman et les nombreux événements qui s’y passent.

Outre le travail de conception des personnages et des décors, il a fallu découper le livre pour avoir une structure propre à la BD. « J’ai commencé par prendre tous les chapitres du roman et par noter tout ce qu’on apprenait d’important dans chacun d’eux. J’espérais tomber sur des chapitres inutiles que je pourrais sauter, mais il n’y en avait aucun ! J’ai donc condensé certaines scènes. Par exemple au tout début, Thorn annonce qu’il repart au Pôle le lendemain matin au petit-déjeuner, j’ai enlevé la scène, et il le dit simplement la veille ».

Se livrant à un véritable travail d’adaptation — avec la liberté et les contraintes offertes par le média de la bande dessinée — Vanyda a apporté sa propre version à l’histoire. « Je me suis permise, à certains moments de changer de point de vue, en suivant d’autres personnages par rapport aux romans » explique-t-elle. « Je considère l’œuvre comme une sorte de pâte à modeler, qu’il faut malaxer pour que ça corresponde au format BD. C’est l’une des parties les plus intéressantes à faire ».

Elle mentionne aussi l’importance d’avoir en tête l’intégralité des quatre tomes lors de l’adaptation du premier. Vanyda pose ainsi des indices et des pistes pour la suite, que les lecteurs les plus fidèles remarqueront sans mal. « Cela avait une grande importance pour moi, et pour Christelle aussi, d’ailleurs. Elle ne voulait pas que son œuvre soit adaptée en BD avant la sortie du quatrième tome. J’ai mis des choses dans ce premier album qui me resserviront plus tard… ».

L’autrice a également évoqué la suite, car les trois prochains tomes seront aussi adaptés en BD. Elle partage notamment son amour du deuxième livre : « Sur le premier roman, je trouvais qu’il y avait quelques longueurs que je pouvais raccourcir. Sur le deuxième tome, j’ai beaucoup plus de mal, je le trouve parfait ! C’est bien plus compliqué de couper. Je n’ai pas encore terminé le storyboard, je ne sais pas si cela va entrer dans le nombre de pages, les scènes y seront quasiment toutes. »

Reçu hier — 10 février 2026

La locataire : que vaut le nouveau roman de Freida McFadden ?

Par :import
10 février 2026 à 08:00

La publication, en France, des romans de Freida McFadden se poursuit. Après le succès de la trilogie La femme de ménage (en librairie comme au cinéma), La psyLa prof et Le boyfriend, les éditions City continuent de proposer l’œuvre de l’autrice dans nos contrées avec La locataire (The Tenant), initialement publié aux États-Unis en mai 2025.

Les éditions City proposent désormais les nouveaux romans de l’autrice en suivant l’ordre de publication originaleLa locataire étant donc l’un de ses titres les plus récents. Tout en gardant ses codes et son style désormais connus, le roman propose un thriller psychologique qui parvient à se démarquer du reste de sa bibliographie grâce à son point de vue original.

Dans la peau d’un homme

Blake et Krista ont tout pour eux. Fiancés, propriétaires d’une belle maison de Manhattan et heureux « parents » d’un poisson rouge nommé Goldy, tout semble aller pour le mieux. Blake vient même d’obtenir une promotion prestigieuse, laissant entrevoir un futur aisé.

Seulement, du jour au lendemain, le voilà licencié, son patron l’accusant d’avoir vendu des secrets internes à des concurrents. Quand l’argent vient à manquer, le couple se résout à accueillir chez eux une locataire, Whitney, d’apparence parfaite sous tous les rapports. Très vite, Blake commence à avoir des doutes concernant cette étrange colocataire.

La locataire débute ainsi comme tous les autres romans de Freida McFadden. Le statu quo des personnages change et une certaine paranoïa s’installe. Seulement, pour la toute première fois, l’autrice – qui conserve une narration subjective à la première personne – se glisse dans la peau d’un homme, s’éloignant ainsi des nombreux protagonistes féminins qu’elle a pu créer. Blake est le personnage principal de l’histoire et le lecteur évolue avec lui, à mesure qu’il devient sûr que Whitney cherche à détruire sa vie.

En suivant un point de vue masculin, Freida McFadden apporte une certaine fraîcheur à son récit, s’exprimant différemment et mettant en avant une autre psychologie, d’autres problématiques et un autre rapport aux événements. Dans les remerciements du livre, l’autrice évoque d’ailleurs la participation de son mari, qui a ajusté le ton au début de l’écriture, en lui disant qu’un homme dirait ou ne dirait pas certaines choses. Si La locataire revient aux codes habituels de l’écrivaine (avec ses qualités et ses limites), ce changement de point de vue constitue l’intérêt principal du roman. 

Tout le monde ment

Avec La locataire, Freida McFadden s’intéresse aux notions de vérité et de mensonge. Elle dépeint également la différence de perception d’un même événement (qu’il soit anodin ou dramatique) selon les personnes. Thriller psychologique qui monte crescendo dans le malaise, le livre joue avec les retournements de situation et la double narration, caractéristiques du style McFadden. Tout le monde ment, plus ou moins, forçant le lecteur à continuellement questionner ce qu’il croit savoir. Le point de vue subjectif ne remet pas en cause ce sentiment : même si le protagoniste raconte lui-même son quotidien, il est difficile de savoir à quel point il se ment à lui-même ou omet des détails qui pourraient avoir de l’importance. 

Néanmoins, les limites du style Freida McFadden peuvent se faire ressentir : après avoir lu plusieurs de ses romans, les ficelles commencent à se voir si on creuse un peu trop, et ce qui apparaissait comme des twists malins au début risque de se transformer en ingrédient surexploité. Ce constat n’enlève rien à l’aspect addictif de La locataire. Comme pour les autres romans, il bénéficie d’une écriture limpide, rapide et efficace qui donne envie de découvrir la suite de l’intrigue. Avec Freida McFadden, on est désormais en terrain familier : la recette est assimilée, connue, mais le plaisir de s’y replonger demeure intact.

La déchéance physique et psychologique

La majorité du livre s’attarde à montrer comment Blake, jeune homme de 32 ans qui réussit en tout, perd peu à peu pied lorsqu’il perd son travail. L’arrivée de Whitney au sein de la demeure familiale précipite sa chute. Persuadé qu’elle lui veut du mal, il se retrouve seul face aux autres et tombe dans une spirale infernale. Il crée ainsi le doute chez sa fiancée et ses amis, au point que l’injustice de la situation apparaisse comme insoutenable, même pour le lecteur.

Les événements vont loin et, si le protagoniste fait (souvent) le mauvais choix, on ne peut qu’apprécier la façon méthodique dont Freida McFadden le détruit, physiquement et psychologiquement, comme s’il était le cobaye d’une expérience sociologique. Sans empathie, le livre navigue à travers des situations extrêmes de violence, macabres, mais aussi hypnotiques. La locataire, sans révolutionner le monde du thriller, confirme que Freida McFadden a un style bien à elle, qu’elle déroule avec beaucoup de facilité et d’efficacité à chaque nouveau récit.

Reçu avant avant-hier

La locataire : de quoi parle le roman de Freida McFadden ? 

9 février 2026 à 16:00

Le nouveau livre signé Freida McFadden arrive en librairie ce 11 février 2026 aux éditions City. L’autrice de la trilogie La femme de ménage — dont l’adaptation cinématographique a dépassé les 4 millions d’entrées en France — propose un nouveau thriller aux nombreux retournements de situation.

Utilisant les codes et les effets de style caractéristiques de la romancière, La locataire joue avec les faux-semblants et la notion de vérité.

Le point de départ du livre est simple. Blake, un jeune homme de 32 ans habitué au succès, est licencié de sa boîte à New York alors qu’il venait d’obtenir la promotion de ses rêves. Son patron, persuadé qu’il a volé des secrets internes pour les vendre à des concurrents, le met à la porte du jour au lendemain et s’arrange pour qu’il ne retrouve plus aucun travail dans le milieu à Manhattan. Fiancé à Krista, Blake peine à s’en remettre, et l’argent commence à manquer.

Le couple, qui habite dans un quartier luxueux de la grosse pomme, envisage de renoncer à leur belle maison, jusqu’à ce que Krista trouve une solution temporaire susceptible de régler leur problème : prendre une locataire. Si Blake n’est pas enthousiaste à cette idée, il finit par accepter. Le couple accueille alors la jeune Whitney, d’apparence parfaite, mais dont le comportement agace progressivement Blake.

Qui sont les trois personnages principaux ?

La locataire suit trois personnages : Blake Porter, Krista et Whitney Cross. Le roman, écrit à la première personne — comme souvent chez Freida McFadden — adopte le point de vue de Blake, créant une rupture avec les précédents livres de l’autrice. Pour l’une des toutes premières fois, elle se glisse dans la peau d’un homme, avec ses caractéristiques et son regard masculin sur les événements et les autres personnages.

Une manière pour l’autrice de se réinventer sans perdre ce qui a fait son succès : les twists, les changements de perspective et les retournements de situation brutaux. À découvrir dès le 11 février 2026 en librairie, pour ce qui constitue la première sortie de l’année sur les trois livres de Freida McFadden, avant L’intruse en mai et Dear Debbie en octobre.

Heated Rivalry : dans quel ordre lire les romans à l’origine de la série phénomène ?

6 février 2026 à 10:00

Depuis sa diffusion en novembre dernier au Canada, Heated Rivalry a, pour le moins, fait couler beaucoup d’encre. La série créée par Jacob Tierney a rencontré un succès immédiat, portée par une romance sportive queer située dans un univers rarement exploré à l’écran. Elle s’inspire de la saga littéraire intitulée Game Changers de Rachel Reid, publiée à partir de 2018, qui compte désormais sept tomes.

La bande-annonce de Heated Rivalry.

Diffusée en France à partir de ce 6 février sur HBO, Heated Rivalry adapte le deuxième roman, éponyme, tout en intégrant des éléments issus d’autres chapitres. Elle suit Shane Hollander et Ilya Rozanov, deux joueurs stars de hockey professionnel, ennemis déclarés sur la glace mais liés par une relation secrète.

Quel ordre de lecture privilégier ?

La particularité de la sage tient à sa structure : les romans se déroulent tous dans le même univers et partagent des personnages secondaires communs. En revanche, chaque tome raconte une histoire d’amour différente, avec son propre couple. Il ne s’agit donc pas d’une saga chronologique classique, mais d’un ensemble de récits autonomes.

Heated Rivalry.

La presse spécialisée et les lecteurs de longue date recommandent globalement de suivre l’ordre de publication. Celui-ci permet de repérer les clins d’œil, les croisements de personnages et l’évolution progressive de l’univers, sans risque de spoiler involontaire. Cet ordre n’est toutefois pas obligatoire : la plupart des romans peuvent être lus indépendamment, selon l’intérêt porté à tel ou tel couple.

Heated Rivalry.

Mais deux livres font exception à cette logique d’indépendance : le deuxième, Heated Rivalry, et le sixième, The Long Game, qui forment un diptyque centré sur Shane et Ilya. Le premier retrace leur relation clandestine tandis que le second les retrouve plusieurs années plus tard. Cette singularité explique sans doute pourquoi les créateurs de la série ont choisi de s’emparer de leur histoire plutôt que de commencer par celle du premier tome, Sortie de zone.

De quoi parle les autres tomes ?

Ce volume de départ s’intéresse à la relation entre un capitaine d’équipe et un étudiant barista. Tough Guy, le troisième volet, explore les fragilités psychologiques d’un joueur perçu comme une figure de force, tandis que Common Goal, le quatrième, aborde la fin de carrière et la reconstruction personnelle. Role Model, le cinquième, enfin, se penche sur la possibilité de se réinventer après un scandale médiatique.

La saga s’est récemment enrichie d’un septième tome, Unrivaled, paraîtra à l’automne aux États-Unis. Ce nouveau roman revient une fois encore sur Shane Hollander et Ilya Rozanov. Une prolongation de leur arc narratif, qui pourrait, à terme, nourrir la suite de l’adaptation télévisée.

Les deux mégots : pourquoi le livre pourrait rouvrir une affaire pénale ?

6 février 2026 à 09:30

L’affaire date de l’an 2000, mais pourrait bien connaître un nouveau rebondissement prochainement avec la sortie d’un livre choc, intitulé Les deux mégots, publié aux éditions Goutte d’Or.

Pendant des années, le journaliste Geoffrey Le Guilcher a enquêté sur le meurtre de Richard Alessandri, tué dans son lit dans la nuit du 16 juillet 2000. Sa femme, Edwige Alessandri, clame dès le départ son innocence et affirme avoir entendu des cambrioleurs dire : « Merde, le coup est parti, tirez-vous ! ».

Seulement, les enquêteurs ne croient pas à sa version et tentent d’obtenir des aveux. Son fils, Yohan Boguslaw, craque après un interrogatoire de 22 heures et implique sa mère, avant de se rétracter quelques jours après, affirmant être « devenu fou » face à la pression. La justice condamne Edwige Alessandri à 12 ans de prison.

À deux reprises, la justice confirme le jugement, alors qu’Edwige Alessandri continue de clamer son innocence. Dans l’essai Les deux mégots, Geoffrey Le Guilcher reprend l’affaire de bout en bout et arrive à la conclusion qu’Edwige est innocente et que le tueur présumé est connu. Retour sur un livre-enquête surprenant qui pourrait mettre en avant une erreur judiciaire importante. 

Qui aurait tué Richard Alessandri ?

Tout part en réalité de la présence retrouvée, proche des lieux du crime, de deux mégots. Les enquêteurs, dès le départ, sont persuadés de la culpabilité de la femme de la victime. Ils délaissent la piste d’un cambriolage, au point de ne pas reconnaître la possibilité pour des voleurs de s’introduire dans la maison depuis la porte-fenêtre qui n’était pas verrouillée. Deux mégots de cigarettes sont pourtant retrouvés derrière une haie dans le jardin, et l’ADN ne correspond à aucun membre de la famille.

Neuf ans plus tard, l’ADN parle : il appartient à un cambrioleur connu des forces de police. Une nouvelle enquête est ouverte, confiée à une autre brigade, qui établit avec précision la piste d’un cambriolage qui tourne mal. Seulement, l’équipe est écartée de l’affaire, au profit de celle ayant établi la culpabilité d’Edwige Alessandri et l’enquête ne va pas plus loin.

Dans son livre, Geoffrey Le Guilcher évoque toutes ces incohérences dans le dossier et va jusqu’à donner le témoignage d’une ex-compagne d’un des cambrioleurs, qui confirme les faits. Le livre, construit à la fois comme un thriller et une enquête journalistique true crime, fait sensation.

Il met en avant plusieurs choses : la possible innocence d’Edwige Alessandri, la responsabilité présumée du cambrioleur et surtout, le dysfonctionnement de l’enquête et les failles du système judiciaire. Fort de ces nouveaux éléments, l’avocat de la veuve de Richard Alessandri a annoncé faire une demande de révision pénale. Un nouveau procès pourrait donc avoir lieu.

Cancer colère de Fleur Breteau : de l’impuissance au combat politique

6 février 2026 à 07:00

« Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » Ce cri, lancé depuis le balcon de l’Assemblée nationale, propulse Fleur Breteau comme l’un des visages de 2025. Un visage au crâne nu qui ne laisse aucun doute sur sa maladie. Six mois plus tard, une partie de la « loi Duplomb » a été censurée et Fleur Breteau sort son livre, Cancer colère, la santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion. Le récit du chemin qui a mené à ce cri d’indignation, et qui paraît le 6 février aux éditions du Seuil.

Comme beaucoup, le cancer lui est tombé dessus par surprise. Élevée en banlieue parisienne, Fleur Breteau a été attachée de presse, a fabriqué des vêtements et même travaillé dans un magasin de sextoys. Rien ne la prédestinait à vivre, en moins de quatre ans, deux cancers du sein. Un drame, comme celui de la mort de son ami Nicolas à 46 ans, foudroyé en deux ans par trois tumeurs. La bascule. « Je n’avais plus envie de rire », écrit Fleur Breteau. Si elle reconnaît avoir peur, un sentiment la submerge, viscéral : la colère.

La découverte du « monde de la métastase », comme le nomme Fleur Breteau, se fait dans les salles d’attente des hôpitaux. Des rencontres de malades, tous trop jeunes – des boulangers avec des lymphomes ou un enfant de 7 ans avec une tumeur. « Moi, quand j’étais en CM2, aucun enfant n’avait un cancer ou je rêve ? », s’interroge sa mère. Paroles de malades ou de proches que nous retranscrit Fleur Breteau. L’autrice mêle l’intime et le politique, les émotions et les données. Car ces rencontres permettent d’incarner les dizaines de chiffres sur le cancer et les pesticides.

Le récit, très documenté, veut éduquer : 2 300 enfants ont un cancer diagnostiqué chaque année, le cancer est la première cause de mortalité chez les enfants, les taux de cancer devraient augmenter de 77 % dans le monde d’ici 2050… Des faits qui font enrager la malade. « La colère coule avec les produits de chimio dans mes veines. »

Réunir les colères

La formule marche et on s’indigne avec elle. De cette sensation d’impuissance, Fleur Breteau veut faire quelque chose. « J’étais au contact de chiffres et d’enquêtes, la loi Duplomb s’est profilée et ça a été un détonateur pour moi. Politiser le cancer me semblait être une évidence », raconte-t-elle à nos confrères de France Inter, en septembre dernier dans La Terre au carré. Dans l’attente fiévreuse de ses traitements naissent deux mots, gribouillés au bord d’une feuille : « cancer colère », le nom de son futur collectif. 

Mais comment se battre dans le brouillard du cancer ? Fleur Breteau n’élude pas les errements de sa vie de malade, les oublis, la fatigue. « Ma colère tombe comme une pierre au fond de moi, je n’enquête plus. Mon corps ralentit sa marche, pris d’assaut par les médicaments. » Là aussi, la réponse est politique, et le collectif lui vient en aide. « Je me découvre des alliés partout. » Malgré le brouillard, Cancer colère devient un mouvement – des malades manifestent, font des banderoles, écrivent aux députés pour les alerter sur les conséquences de la loi Duplomb. « De la maladie à la colère et de la colère à la lutte », résume Fleur Breteau.

« J’admets que d’apprendre des choses horribles et réelles n’est pas déprimant. Je convertis ma peur en pensée, le brouillard en faits incontestables et en données. »

Fleur Breteau

Jusqu’au récit de ce fait d’actualité qui a marqué 2025 : l’adoption de la loi Duplomb (le 8 juillet à l’Assemblée nationale à 316 voix contre 223). Et ce cri dans l’hémicycle. « Regardez-moi ! » lance Fleur Breteau en montrant son crâne. « J’ai regardé autour de moi et je me suis dit, je suis la seule avec la tête du cancer : c’est à moi de parler », confie-t-elle à France Inter.

Cancer colère nous raconte ce moment médiatique de l’intérieur, celui où une malade a « expulsé la colère ». S’ensuit une pétition historique, plus de deux millions de signatures contre la loi Duplomb, et la censure d’une partie du texte. Le livre emprunte au manifeste. « Depuis le vote de la loi Duplomb, les choses ont changé, la société civile s’est mobilisée, des voix innombrables se sont élevées », raconte Fleur Breteau. Toujours en colère, mais aussi en lutte.



À pied d’œuvre de Valérie Donzelli : de quel livre la réalisatrice s’inspire-t-elle ?

5 février 2026 à 11:35

Le nouveau film de Valérie Donzelli (L’amour et les forêts), À pied d’œuvre, en salle depuis ce 4 février, trouve son origine dans un texte littéraire. Le long-métrage est adapté du récit autobiographique éponyme de Franck Courtès, publié en 2023 chez Gallimard. Un livre bref et dense, qui raconte ce que coûte le choix de créer.

De quoi parle le livre ?

Dans son récit, Courtès, photographe reconnu, choisit d’abandonner une carrière stable pour se consacrer entièrement à l’écriture. Rapidement, la réalité économique s’impose. Faute de revenus suffisants, l’auteur enchaîne les petits boulots manuels – déménagements, bricolage, manutention… Le livre décrit un quotidien fait de fatigue physique, d’invisibilisation sociale et de déclassement.

Il s’est tourné vers la littérature à partir de 2013 avec Autorisation de pratiquer la course à pied. Son écriture s’attache aux corps, au travail et aux trajectoires individuelles. Avec À pied d’œuvre, il livre un texte concret sur la condition matérielle de l’écrivain aujourd’hui, loin des représentations idéalisées.

Pourquoi Valérie Donzelli a-t-elle voulu l’adapter ?

La frontalité du récit a séduit Valérie Donzelli. « Quand j’ai lu le livre de Franck, j’ai aimé ce qu’il racontait, mais j’aimais son écriture, je trouve qu’il raconte quelque chose de complexe avec simplicité. Je tenais à ce que son texte soit dans le film, qu’il soit entendu », a-t-elle déclaré au micro de France Culture. Coécrit avec Gilles Marchand, le scénario s’appuie directement sur le livre, dont plusieurs passages sont repris en voix off.

À pied d’œuvre.

À l’écran, le photographe-écrivain devient Paul Marquet, interprété par Bastien Bouillon. Le film suit son quotidien fait de missions précaires et de temps volé à l’écriture. La mise en scène reste volontairement simple. Autour de Bouillon, Virginie Ledoyen, André Marcon et Marie Rivière incarnent l’entourage familial et professionnel.

Et la joie de vivre : la parole de Gisèle Pélicot

4 février 2026 à 12:30

Annoncé depuis plusieurs mois, le livre de Gisèle Pélicot, Et la joie de vivre, paraîtra le 17 février aux éditions Flammarion. Le livre arrive un an après le procès hors norme qui s’est tenu à Avignon à l’automne 2024, et qui a fait de cette femme de 72 ans l’une des figures les plus emblématiques de la lutte contre les violences sexuelles en France. Tiré à grande échelle et traduit dans plus de 20 langues, le livre bénéficiera d’une sortie internationale simultanée.

Qu’est-ce que ce livre raconte ?

Dans cet ouvrage, Gisèle Pélicot prend la parole pour la première fois à la première personne. Écrit avec la journaliste Judith Perrignon, il s’ouvre sur les premiers jours du procès des viols de Mazan et retrace les mois d’audience. Il raconte l’expérience de l’auteure : ce qu’elle a traversé pendant des années, lorsqu’elle était droguée à son insu par son mari, Dominique Pélicot, qui l’avait livrée, inconsciente, à des hommes recrutés en ligne.

Gisèle Pélicot décrit la sidération, la douleur, la fatigue, mais aussi les étapes de reconstruction : apprendre à habiter de nouveau son corps, affronter son regard dans le miroir et trouver des raisons de continuer à vivre. Elle revient sur l’exposition médiatique du procès, les soutiens et la manière dont cette période a bouleversé sa perception d’elle-même et du monde.

Le récit de Gisèle Pélicot prolonge la décision qu’elle a posée au tribunal : refuser le huis clos et rendre publics des faits de violences sexuelles. Cela a fait de son procès un événement médiatique mondial. Elle a placé la question de la « soumission chimique » au cœur des discussions sur le consentement, la responsabilité collective et le traitement des victimes par la justice.

Qu’a écrit sa fille avant elle ?

Avant la parution du livre de sa mère, c’est Caroline Darian, sa fille, qui avait pris la plume. En 2022, elle publiait Et j’ai cessé de t’appeler papa, un récit autobiographique sur la découverte de l’horreur qui se jouait dans sa famille et sur l’effondrement de celle-ci.

En mars dernier, elle a également publié Pour que l’on se souvienne, dans lequel elle partage son regard sur le procès et poursuit son engagement contre la soumission chimique et pour une meilleure prise en charge des victimes.

Notre guide des meilleurs livres d’art

Par :import
4 février 2026 à 11:20

Les livres de référence sur l’histoire de l’art en général

Avant de rentrer dans le vif du sujet pour chaque discipline artistique, on se permet un petit récapitulatif afin de poser les bases de l’histoire de l’art.

Histoire de l’art – Ernst Hans Gombrich (Phaidon)

Depuis sa première parution en 1950, l’Histoire de l’art expliquée par Ernst Hans Gombrich n’a cessé de gagner en popularité. Il faut dire qu’il s’agit d’une véritable bible de près de 700 pages ! Si la quantité d’informations contenue peut effrayer, rassurez-vous, les propos sont très simples : c’est d’ailleurs ce qui fait que ce volume est autant apprécié. En effet, pour l’historien de l’art allemand, pas question d’être incompréhensible, il souhaite montrer avec clarté que l’art n’est pas une succession de noms et de mouvements, mais bien un continuum qui relie nos créations actuelles à celles de la préhistoire. Un incontournable bien illustré !

Histoire de l’art pour tous – Nadeije Laneyrie-Dagen (Hazan)

Nadeije Laneyrie-Dagen livre également une synthèse avec une Histoire de l’art pour tous. Accessible et bien documenté, avec 1 000 formes artistiques issues d’un peu partout autour du globe, l’ouvrage permet de différencier les époques et de cerner les fonctions de l’art. Cinq grandes parties permettent de maîtriser les outils pour appréhender les œuvres, de connaître notre héritage artistique occidental comme de se familiariser aux arts du monde, de voir les bouleversements sociaux et techniques qui ont mené à la modernité et enfin d’étudier la perception des pratiques artistiques dans notre ère contemporaine. Une merveilleuse réflexion qui invite à voir plus loin !

Petite histoire de l’Art et Petite histoire de l’Art moderne – Susie Hodge (Flammarion)

Vous rêvez d’en savoir davantage sur l’art et les artistes, mais la taille conséquente des livres sur le sujet peut vous rebuter. Pas de panique, voici une Petite histoire de l’Art pensée par Susie Hodge. Simple et pédagogique, elle est idéale pour les amateurs et peut même être destinée à un jeune public. Pas de jargon, seulement le décryptage de 50 chefs-d’œuvre et l’explication des principaux courants, des thématiques récurrentes et des techniques. En bref, un essentiel à avoir dans sa collection !

L’historienne de l’art et artiste britannique signe aussi une Petite histoire de l’Art moderne : le même guide court et clair, cette fois pour apprivoiser des formes artistiques plus récentes. Souvent jugées déroutantes – ou même peu compréhensibles pour beaucoup – les créations contemporaines s’affranchissent des codes classiques connus. Grâce à ce manuel, l’art à partir de la fin du XIXe siècle n’aura plus aucun secret pour vous. Au-delà de la peinture, déchiffrez œuvres et techniques variées : sculpture (bois, pierre, émail), ready-made, photographie ou encore vidéo. De quoi enfin saisir l’essence de la modernité !

Dates clés de l’histoire de l’art – Lee Cheshire (Flammarion)

Que s’est-il passé le 15 mai 1863 ? Quoi ! Vous ne l’avez pas ? Mais si, il s’agit de l’ouverture du Salon des refusés. Il est possible d’y admirer les tableaux rejetés par l’Académie des beaux-arts du Salon d’exposition officiel. Tous les curieux désireux d’apprendre d’autres anecdotes et faits divers du même style, de la Renaissance à l’après-guerre, pourront compter sur les Dates clés de l’histoire de l’art. Une manière ludique d’entrer dans l’univers artistique.

100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues – Gérard Denizeau (Larousse)

Après la théorie, place à la contemplation ! Accordez-vous une somptueuse balade visuelle avec le spécialiste du patrimoine et des civilisations Gérard Denizeau. De la torche éclairant l’art pariétal aux lumières tamisées des musées actuels, remontez le temps à travers 100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues, qu’elles soient picturales ou sculpturales, célèbres ou plus secrètes. Complet et richement illustré, cet ouvrage propose de brillants encadrés pour comprendre ce que l’on admire. Un beau livre passionnant, à offrir ou à garder jalousement pour soi.

Les sélections par disciplines

Maintenant que vous maîtrisez les fondamentaux, il est temps de creuser vos sujets de prédilection. Et parce qu’il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi tous les livres d’art, voilà nos meilleures suggestions.

  • La peinture

À vos toiles et pinceaux, on commence avec nos recommandations d’ouvrages sur la peinture. À la suite d’une brève histoire générale, familiarisez-vous avec les grands peintres et leurs tableaux, de la Renaissance à nos jours.

  • L’architecture

Bâtissez votre culture et élevez votre savoir sur l’histoire de l’architecture. Des fragments hérités de l’Antiquité aux gratte-ciels d’aujourd’hui : notre sélection de beaux livres permet de tout savoir (ou presque) sur l’art de la construction et ceux qui l’ont érigé.

  • La sculpture

Marbre, bronze ou argile : découvrez les réalisations et les techniques qui ont façonné l’histoire de la sculpture ainsi que les plus grands maîtres en la matière, du baroque du Bernin au néo-pop de Koons.

  • La musique

Mettez-vous au diapason avec cette sélection sur l’histoire de la musique. Des bases encyclopédiques aux icônes de la modernité, en passant par les maîtres du classique, accordez vos connaissances au rythme des époques !

  • Le cinéma

Installez-vous au premier rang et déroulez la bobine de l’histoire du cinéma. Des pionniers du muet aux blockbusters actuels, redécouvrez les figures majeures et les chefs-d’œuvre qui ont illuminé les salles obscures.

  • La photographie

Faites la mise au point sur l’univers de la photographie et développez votre culture du 8ème art. De la chambre noire à la révolution numérique, cadrez les courants essentiels et capturez le génie des visionnaires ayant su, à travers leur objectif, immortaliser le réel.

Le reste des articles sur la danse et la mode est en cours de création. Comme tous les artistes, nous avons besoin d’un temps d’inspiration…

Et en attendant la suite, si l’envie vous prend de mettre à profit vos nouvelles connaissances ou de voir en vrai une œuvre qui vous a particulièrement marqué : réservez de ce pas un billet pour les expositions et musées !

À très vite pour de nouvelles suggestions !

5 albums inédits à découvrir pendant le mois de la BD

30 janvier 2026 à 16:45

(1) La passe-miroir : les fiancés de l’hiver, de Vanyda

Œuvre emblématique de la littérature fantastique de ces dernières années, La passe-miroir de Christelle Dabos a droit à une superbe adaptation en bande dessinée signée Vanyda. Tout en reprenant les événements importants du premier roman, la BD – qui suit les aventures d’une jeune fille dans un monde fait de magie et de complots – adopte un style chaleureux et subtil, donnant vie aux personnages et au monde inventé par Christelle Dabos.

Le destin d’Ophélie, la froideur de Thorn, l’immensité de la Citacielle… Entre aventure et humour, ce premier tome permet de redécouvrir un monument de fantasy, et les trois autres romans seront également adaptés par la suite. À découvrir aux éditions Gallimard depuis le 28 janvier 2026.

(2) Train de nuit dans la Voie lactée, d’Adrien Demont

Nouvelle maison d’édition française, Morgen a pour ambition d’offrir à ses lecteurs des récits poignants, avec une mise en avant importante de leurs auteurs. Train de nuit dans la Voie lactée d’Adrien Demont ouvre le bal et s’impose comme une grande bande dessinée de l’année 2026, tout en donnant le ton du futur catalogue Morgen.

Dans cet album graphiquement splendide, un enfant embarque dans le Galaxy Express et part à la découverte de nouvelles constellations. Adapté d’un conte japonais de Kenji Miyazawa publié à titre posthume en 1934, Train de nuit dans la Voie lactée fait écho au Petit Prince ainsi qu’aux œuvres de Miyazaki, dans un doux mélange de rêve, de symbolisme et d’aventure. À découvrir aux éditions Morgen depuis le 14 janvier 2026.

(3) Les fables du Roi des Aulnes, de Juni Ba

Juni Ba joue avec les codes et mêle les styles graphiques dans une bande dessinée qui évoque les contes et les légendes. Les fables du Roi des Aulnes se passe dans la forêt de Mynislyvix, alors que deux figures se font face : d’un côté le rusé Goupil et de l’autre le Roi des Aulnes, immortel et solitaire.

Deux rivaux qui s’affrontent depuis toujours et façonnent la grande histoire de la forêt. Avec une approche rappelant autant la culture asiatique que française ou américaine, Juni Ba livre une œuvre touchante et évocatrice. À découvrir aux éditions Bayard depuis le 7 janvier 2026.

(4) Frangipane, de Hervé Bourhis

Début janvier, c’est la tradition de la frangipane et de la galette des Rois ! Sauf que Jérôme et Adèle, sa sœur, constatent avec effroi que les boulangeries sont en rupture de stock, la guerre en Ukraine ayant rendu l’amande particulièrement rare. Ils se lancent dans une grande odyssée pour mettre la main sur une galette, entre les mouvements sociaux et les revendications qui rythment les rues, et dans l’espoir de respecter cette vieille tradition avec leur père.

Hervé Bourhis part d’un postulat très simple pour décrire la fracture d’un pays, entre conflits sociaux, grèves, manifestations, violence et chaos. Une bande dessinée caustique qui n’oublie jamais de faire rire malgré ses sujets d’actualité lourds et prenants. À découvrir aux éditions Glénat depuis le 2 janvier 2026.

(5) Après l’éclipse, d’Eve Cambreleng

Eve Cambreleng aborde plusieurs thématiques autour des droits des femmes et du féminisme, face aux dysfonctionnements du système et aux nombreuses injustices de la société.

Après l’éclipse est une œuvre colorée, pop, grâce au style graphique de l’autrice, qui utilise son approche artistique très authentique pour livrer un récit intime, qui aborde des sujets universels tout en faisant le lien avec l’importance d’être entourée, aimée et accompagnée dans son combat. À découvrir aux éditions La Ville brûle depuis le 23 janvier.

La femme de ménage, La psy… Par quel roman de Freida McFadden commencer ?

29 janvier 2026 à 16:50

En quelques années, Freida McFadden est devenue une autrice incontournable du paysage culturel et littéraire français. Si l’écrivaine a déjà une large carrière aux États-Unis, ses romans commencent à arriver en nombre dans nos contrées, depuis le succès sans précédent de la saga La femme de ménage, qui cartonne tout autant dans les salles de cinéma grâce à l’adaptation portée par Sydney Sweeney.

Entre les différentes œuvres, il peut parfois être difficile de savoir par quel bout commencer cette vaste bibliographie. Aux États-Unis, l’écrivaine a publié plus d’une quinzaine de romans, mais, en tout, Freida McFadden n’a que deux séries à son actif : La femme de ménage et le diptyque, inédit en France, Dr. Jane McGill, publié aux États-Unis en 2013 et 2017. On revient sur les différents romans disponibles en France, et l’ordre idéal pour les découvrir.

Une saga et des indépendants

Actuellement, en France, seule une saga de plusieurs livres de Freida McFadden est disponible. Le reste des œuvres publiées est constitué de romans indépendants, qui peuvent se lire sans ordre particulier. Ainsi, il est fortement conseillé de commencer par la saga La femme de ménage.

Si ce n’est pas le plus vieux roman disponible, La femme de ménage permet de saisir le style de Freida McFadden et de se familiariser avec son écriture, tout en suivant son histoire la plus connue. Ainsi, il convient de lire dans l’ordre les trois romans La femme de ménage, Les secrets de la femme de ménage, La femme de ménage voit tout, puis la courte nouvelle La femme de ménage se marie.

Pour le reste, trois autres livres sont disponibles en France : La psy, La prof et Le boyfriend, avant la sortie le 11 février de La locataire. L’ordre de sortie aux éditions City étant désormais chronologique, cela permet de suivre l’évolution du style de Freida McFadden en temps réel, bien qu’il n’y ait aucun impact sur la compréhension des romans.

En mai prochain, L’intruse sera publié, puis, en octobre 2026, Dear Debbie, qui vient tout juste de sortir aux États-Unis. Les éditions City sont de plus en plus synchronisées avec les publications originales, et il ne fait aucun doute que tous les prochains romans à venir de Freida McFadden seront désormais publiés en France.

Stephen King dévoile son nouveau roman, Ne jamais trembler

29 janvier 2026 à 16:40

Le maître de l’horreur et génie du suspense Stephen King est de retour en libraire avec Ne jamais trembler, son tout nouveau roman paru aux éditions Albin Michel le 2 février 2026. Dans ce polar, il met une nouvelle fois en scène son personnage récent préféré, Holly Gibney, alors qu’un meurtre est sur le point d’avoir lieu.

Un certain Bill Wilson fait en effet connaître son intention de tuer 14 personnes, 13 innocents et un coupable. Dans le même temps, la militante pour les droits des femmes Kate McKay vient de se lancer dans une grande tournée aux États-Unis, malgré les menaces répétées qu’elle reçoit d’un individu qui souhaite la faire taire. Entre ces deux événements, qui ne sont pas liés à première vue, se trouve la détective Holly Gibney, nouvelle icône incontournable de Stephen King.

Dans quel ordre découvrir Holly Gibney ?

En quelques années, Stephen King a offert une place prédominante à son personnage Holly Gibney. Si l’écrivain continue de proposer des romans indépendants (comme avec le récent Conte de fées), il revient régulièrement à Holly, au centre de plusieurs histoires. La détective apparaît tout d’abord dans la trilogie Bill Hodges, composée des romans Mr. Mercedes (2014), Carnets noirs (2015) et Fin de ronde (2016).

À mesure que l’histoire avance, Holly Gibney prend une place de plus en plus grande, au point de devenir indispensable dans le dernier tome. Puis, Stephen King fait d’elle le personnage principal de L’outsider (2018), de la nouvelle Si ça saigne (2020) et du livre Holly (2023), qui porte également son nom. Avec Ne jamais trembler, il continue de lui offrir le rôle principal, tout en parlant de la situation actuelle aux États-Unis, en abordant notamment l’état judiciaire et politique du pays.

Les premiers avis sur Ne jamais trembler parlent d’un livre important. Télérama évoque un thriller « mordant, actuel et efficace » au sein « d’une intrigue orchestre », « où chaque personnage joue son solo réaliste et détaillé, presque au risque de la cacophonie, jusqu’à finir par s’accorder dans une grande symphonie finale ».

Stephen King France (la référence française sur l’écrivain) estime que le « récit semble plus construit que d’habitude, plus planifié, moins libre » et rappelle que l’auteur a eu du mal à écrire ce roman, mais souligne encore une fois la force des personnages, même pour ceux qui n’accrochent pas forcément à Holly Gibney. À 78 ans, le maître du macabre semble avoir encore des choses à raconter.

On a rencontré Régis Loisel pour le mois de la BD

Par :import
29 janvier 2026 à 07:00

Alors qu’il prépare actuellement le dernier tome de la grande saga La quête de l’oiseau du tempsRégis Loisel est récemment revenu en librairie avec La dernière maison juste avant la forêt (Éditions Rue de Sèvres), marquant son grand retour au dessin. À l’occasion du mois de la BD, l’auteur emblématique de la bande dessinée française est revenu, pour L’Éclaireur, sur son œuvre, sa façon de travailler et ses derniers projets. Entretien.

Pour commencer, un mot sur La dernière maison juste avant la forêt, votre dernier album paru. D’où vient ce projet et quelle était l’envie derrière cette œuvre ?

À l’origine, c’est une histoire que Jean-Blaise Djian avait commencée. Il m’avait fait lire le début pour avoir mon avis. J’aimais beaucoup le premier quart : il y avait une ambiance, un univers très fort. Après, à mon sens, ça partait complètement ailleurs. Ça devenait une histoire de flic, ça sortait de la maison et ça n’avait plus rien à voir avec ce qui m’avait séduit au départ. Je lui ai dit : “C’est dommage, parce que ton univers est vraiment intéressant, mais là, tu n’en fais rien.” C’était il y a une dizaine d’années. Je n’étais absolument pas censé dessiner quoi que ce soit, c’était juste une discussion. Il a tenu compte de mes remarques, a retravaillé son histoire, me l’a refait lire.

C’était mieux, mais encore loin de ce que j’imaginais. Quand je suis revenu en France, je lui ai proposé qu’on travaille ensemble dessus. J’avais énormément d’idées, son histoire faisait écho à ce que je faisais dans les années 1970 : un univers un peu baroque, fantastique, parfois humoristique. J’avais écrit une centaine de pages pour étoffer son scénario. Il a adoré. On a donc décidé de coécrire l’histoire. Le point de départ est le sien, la suite est davantage mon point de vue.

À la sortie de l’album, beaucoup parlaient du “retour de Régis Loisel au dessin”. Est-ce que vous le ressentez ainsi, ou avez-vous l’impression de ne jamais avoir vraiment quitté le dessin ?

C’est une question de point de vue. Je n’avais pas sorti d’album dessiné par moi depuis longtemps, c’est vrai. Le dernier, c’était Mickey : café Zombo, il y a presque dix ans. Entre-temps, j’ai surtout travaillé sur des scénarios. J’ai fait quatre albums, dont deux Quête, où je continue malgré tout à dessiner, à corriger, à surveiller le travail des autres dessinateurs. J’ai toujours été dans l’ombre, mais je n’étais jamais très loin du dessin.

Le fait de savoir que vous allez dessiner l’album change-t-il votre manière de travailler, notamment dans la construction des planches et l’écriture scénaristique ?

J’ai travaillé sur La dernière maison juste avant la forêt de façon très fragmentée. J’étais souvent interrompu par d’autres projets, notamment La quête de l’oiseau du temps. Travailler en pointillés sur une histoire, c’est extrêmement désagréable.

On s’interrompt, on sort du bain, puis on y revient des mois plus tard. Pour cette bande dessinée, j’ai eu quasiment neuf mois d’interruption. Quand on s’y remet, on regarde son travail autrement. On se dit : “Ça, ce n’est pas très bon, je peux faire mieux”, alors on retouche, on recommence. Et ça n’en finit jamais. L’album fait quand même 160 pages, c’est énorme !

Arrive-t-il un moment où vous vous dites : “Là, c’est bon, je m’arrête” ?

Je fais ce que je peux. Quand quelque chose ne me plaît vraiment pas, je recommence. Évidemment, on pourrait passer sa vie sur une planche. La perfection n’existe pas, et ce n’est pas souhaitable. Le lecteur ne voit pas ces repentirs. Mais quand quelque chose est vraiment flagrant à mes yeux, je recommence. Et quand c’est refait, je me dis : “Là, c’est mieux.”

Relisez-vous vos albums une fois qu’ils sont publiés ?

Non, jamais. Je n’ai jamais relu La quête, ni Peter Pan. Je regarde parfois quelques pages pour me rappeler un personnage ou un détail, mais lire un album entier, non. J’en suis incapable.

Vous êtes à la fois scénariste et dessinateur. Avez-vous le sentiment que le dessin raconte autant que les mots ?

Absolument. J’écris mes scénarios à la main, avec des ratures, sans chercher à figer les dialogues. Je connais le sens général. Puis, j’affine les dialogues au moment du dessin. Quand un dessinateur travaille sur un scénario, il l’interprète. Comme je suis à la fois scénariste et dessinateur, j’interprète moi-même ce que j’ai écrit. Et parfois, même moi, je suis surpris par ce qui apparaît au dessin.

Quand je travaille avec d’autres dessinateurs, je ne leur demande jamais de faire du Loisel. Je veux qu’ils racontent l’histoire à leur manière. J’ai toujours pensé qu’il serait bien un jour de proposer la même histoire à plusieurs dessinateurs qui ne savent pas qu’ils font la même histoire afin de voir l’interprétation de chacun. Un scénariste peut donner des indications, mais le dessinateur est le metteur en scène, comme un réalisateur au cinéma.

« Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas. » Régis Loisel

Justement, votre travail est souvent qualifié de très cinématographique.

Oui. Si je n’avais pas été dessinateur, le cinéma aurait sans doute été une voie possible pour moi, à un niveau ou à un autre.

La culture continue-t-elle de vous nourrir aujourd’hui ?

Oui, énormément. Je lis beaucoup : environ 80 % de romans et 20 % de BD. Et le cinéma, j’adore. Si je pouvais voir un film tous les soirs, je le ferais. Même des films mauvais : je vais jusqu’au bout, je regarde les bonus, les making-of. Ça m’intéresse toujours.

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Peter Pan et Mickey : café Zombo sont les deux seuls titres que vous avez réalisés entièrement seul. Est-ce plus libérateur de travailler seul ou au contraire plus difficile ?

Travailler seul, c’est compliqué. Dans une histoire, on se retrouve toujours face à des nœuds. Et parfois, il suffit d’en parler à quelqu’un pour que tout se débloque. Moi, je travaille de façon assez anarchique. Je sais où je vais, mais pas toujours comment. D’autres scénaristes sont beaucoup plus structurés. C’est une question de méthode.

Peter Pan a marqué toute une génération. Quel regard portez-vous dessus aujourd’hui ?

Mon seul regard, c’est celui que me renvoient les autres. Le lectorat a été très marqué par cette histoire et ça m’épate. Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas.

C’est pareil pour La dernière maison juste avant la forêt. Certains adorent, d’autres détestent. Certains n’ont pas compris le côté potache, décalé, mais c’est l’histoire qui veut ça. On me reproche parfois que ce ne soit pas le Loisel qu’on attend. Mais on ne peut pas toujours refaire la même chose.

Vous regardez les critiques ?

Oui, parfois. C’est très excessif : soit on encense, soit on démonte. Il y a peu de nuances. Mais ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que le livre fasse sa vie. Et a priori, il se vend plutôt bien.

Le marché a beaucoup changé…

Énormément. L’offre est très importante. Quand j’ai sorti La quête de l’oiseau du temps, en 1983, il y avait environ 350 nouveautés par an. Aujourd’hui, c’est sans commune mesure, il y en a plus de 6 000. Il y a trop de choix, tout va très vite, comme les séries télé. Le lectorat se disperse entre les jeux vidéo, les séries, les plateformes. Forcément, les ventes baissent.

Peter Pan est un mythe important de la littérature, propice aux interprétations et aux adaptations. Y a-t-il d’autres mythes que vous auriez aimé revisiter ?

Don Quichotte, peut-être, mon fils aurait adoré que je le fasse. J’aime les contes, comme Le petit chaperon rouge ou Le petit poucet. Les contes sont extrêmement violents et cruels à l’origine. Ça ne m’aurait pas déplu de faire des réinterprétations de ces histoires-là, en prenant le côté adulte, sous forme de récits courts, très graphiques, très aérés.

Et l’horreur ? J’ai l’impression que vos œuvres en contiennent toujours un peu.

Oui, c’est vrai. J’aimerais faire une vraie histoire d’horreur, pas forcément du gore, mais plutôt psychologique. Le suspense et l’angoisse sont plus intéressants qu’une tête coupée. Il faut que je trouve l’histoire, avec un point de vue différent.

Un dernier mot sur La quête ?

Je suis en plein dedans. Je travaille actuellement sur le dernier album, Après la quête de l’oiseau du temps, j’en suis à la douzième page, il y en aura 86. Je m’applique, on m’attend au tournant ! Il n’y en aura plus après, ça sera un seul album.

Ce sera plus une histoire de personnages que d’aventure, Bragon est beaucoup plus vieux que là où on l’a laissé dans la série mère. On a beaucoup réfléchi à la fin avec Serge Le Tendre. J’espère qu’elle sera à la hauteur.

La fêlure : c’est quoi ce livre signé Charlotte Casiraghi ?

28 janvier 2026 à 12:00

On la connait membre de la famille royale de Monaco, mais aussi co-autrice du livre L’archipel des passions (Seuil), écrit avec le philosophe Robert Maggiori en 2018. Ce 29 janvier 2026, Charlotte Casiraghi sort son tout premier livre écrit en solo, intitulé La fêlure (Julliard).

À mi-chemin entre l’essai, le recueil et le récit, La fêlure prend un thème universel et intemporel et en offre plusieurs variations subtiles, évoquant la construction personnelle, les épreuves, les traumatismes et les reconstructions. L’autrice part également de la définition précise de la fêlure, qui n’est pas une « cassure, mais qui traverse l’objet, sans le fragmenter réellement ». Charlotte Casiraghi évoque ainsi l’aspect universel de la fêlure intérieure, et comment elle impacte les relations sociales ainsi que le rapport aux autres.

À travers un écrit vivant et incarné, l’autrice ne cherche pas à offrir une confession personnelle ou un témoignage précis de son passé, mais a une approche plus philosophique de la chose, l’écrivaine étant également présidente des Rencontres philosophiques de Monaco et détentrice d’un Master en philosophie.

Le livre de Charlotte Casiraghi est, d’après les premiers retours, un livre important. Libération évoque « un essai littéraire où elle se confronte au tragique de l’existence, sans dramatisation, ni pathos » tandis que Les Inrocks parle d’une « réussite » mais aussi d’« un éloge hanté, personnel et d’une intelligence sensible de ces fêlé·es en quête de vérité ».

Invoquer les grandes voix de la littérature

Si La fêlure est un texte brut et sensible de la part de Charlotte Casiraghi, elle fait intervenir, dans son livre, d’autres voix de la littérature qui ont, d’une façon ou d’une autre, traité du sujet.

En partant d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, en faisant des liens avec Ingeborg Bachmann, Marguerite Duras ou encore Anna Akhmatova, Charlotte Casiraghi affirme l’intemporalité de son sujet et semble lier ses deux passions : philosophie et littérature. L’autrice sort ainsi un ouvrage qui compte en cette rentrée littéraire de janvier 2026. À découvrir dès le 29 janvier aux éditions Juliard.

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