En quelques jours seulement, la bande dessinéeLa passe-miroir : les fiancés de l’hiver (Gallimard) s’est hissée dans le Top des BD les plus vendues de ces dernières semaines. Véritable sortie événementielle de ce début d’année, La passe-miroir offre un nouveau regard sur une saga à succès publiée entre 2013 et 2019, écrite par la romancière française Christelle Dabos.
L’artiste Vanyda s’attaque au difficile travail d’adaptation et parvient à rester fidèle à l’essence de l’œuvre originale, tout en apportant sa propre touche à l’histoire.
Comme dans le roman La passe-miroir, l’adaptation de Vanyda suit le destin d’Ophélie dans un monde fantastique. Fiancée par sa famille à Thorn, membre du puissant clan des Dragons, la jeune fille dotée de certaines capacités magiques découvre le monde de la Citacielle et s’initie aux jeux de pouvoirs et aux nombreuses conspirations.
Les fiancés de l’hiver transpose le premier roman de la saga (qui en compte quatre) et constitue une adaptation particulièrement fidèle des écrits de Christelle Dabos. La BD parvient à recréer la sensation de découverte d’un autre monde, tout en posant les bases de l’une des relations les plus fascinantes de la fantaisie contemporaine, entre Ophélie et Thorn.
Lors d’un long échange avec L’Éclaireur, Vanyda est revenue sur ces questions de fidélité vis-à-vis de l’œuvre originale et sur sa façon de travailler pour arriver à la création d’un album de bande dessinée de moins de 300 pages, malgré la longueur du roman et les nombreux événements qui s’y passent.
Outre le travail de conception des personnages et des décors, il a fallu découper le livre pour avoir une structure propre à la BD. « J’ai commencé par prendre tous les chapitres du roman et par noter tout ce qu’on apprenait d’important dans chacun d’eux. J’espérais tomber sur des chapitres inutiles que je pourrais sauter, mais il n’y en avait aucun ! J’ai donc condensé certaines scènes. Par exemple au tout début, Thorn annonce qu’il repart au Pôle le lendemain matin au petit-déjeuner, j’ai enlevé la scène, et il le dit simplement la veille ».
Se livrant à un véritable travail d’adaptation — avec la liberté et les contraintes offertes par le média de la bande dessinée — Vanyda a apporté sa propre version à l’histoire. « Je me suis permise, à certains moments de changer de point de vue, en suivant d’autres personnages par rapport aux romans » explique-t-elle. « Je considère l’œuvre comme une sorte de pâte à modeler, qu’il faut malaxer pour que ça corresponde au format BD. C’est l’une des parties les plus intéressantes à faire ».
Elle mentionne aussi l’importance d’avoir en tête l’intégralité des quatre tomes lors de l’adaptation du premier. Vanyda pose ainsi des indices et des pistes pour la suite, que les lecteurs les plus fidèles remarqueront sans mal. « Cela avait une grande importance pour moi, et pour Christelle aussi, d’ailleurs. Elle ne voulait pas que son œuvre soit adaptée en BD avant la sortie du quatrième tome. J’ai mis des choses dans ce premier album qui me resserviront plus tard… ».
L’autrice a également évoqué la suite, car les trois prochains tomes seront aussi adaptés en BD. Elle partage notamment son amour du deuxième livre : « Sur le premier roman, je trouvais qu’il y avait quelques longueurs que je pouvais raccourcir. Sur le deuxième tome, j’ai beaucoup plus de mal, je le trouve parfait ! C’est bien plus compliqué de couper. Je n’ai pas encore terminé le storyboard, je ne sais pas si cela va entrer dans le nombre de pages, les scènes y seront quasiment toutes. »
À chaque nouvelle adaptation, son lot de polémiques. « Hurlevent », réalisé par Emerald Fennell, ne déroge pas à la règle, d’autant plus que le film avec Margot Robbie et Jacob Elordi s’éloigne volontairement du roman d’Emily Brontë. Nouvelle adaptation modernisée, « Hurlevent » dépeint la relation toxique entre Heathcliff et Catherine dans la région du Yorkshire en Angleterre, entre romance bafouée, thématique sociale et vengeance orchestrée par le protagoniste.
Le personnage de Heathcliff, justement, est au cœur de l’histoire, mais le choix de Jacob Elordi pour l’incarner fait débat. Certains lecteurs et lectrices du classique de la littérature gothique estiment, en effet, que l’acteur ne correspond à la description faite par l’autrice dans son livre.
La bande-annonce de « Hurlevent ».
Quelle est l’origine de Heathcliff ?
Les hauts de Hurlevent indiquent que le jeune garçon aurait le « teint foncé », « aussi sombre presque comme s’il venait du diable ». Si Emily Brontë ne donne pas ses origines exactes, le personnage est dépeint comme un enfant de gitans, qui contraste largement avec les habitants du Yorkshire.
Plus que la couleur de peau, l’élément majeur entourant le personnage de Heathcliff est sa différence de classe. Considéré comme un étranger, il n’appartient pas à la même classe sociale que Catherine, créant un nouveau contraste lorsque le personnage revient dans le Yorkshire après avoir fait fortune. Ainsi, depuis l’annonce de Jacob Elordi dans le rôle de Heathcliff, deux discours s’opposent.
D’un côté, certains estiment que le personnage doit refléter, physiquement, sa différence avec la famille Earnshaw. À l’inverse, dans le cas d’une adaptation volontairement éloignée du roman, l’origine somme toute ambiguë dans le livre de Heathcliff — Emily Brontë ne donne pas de réponse claire et définitive — laisse une marge de manœuvre importante.
La thématique autour du garçon étranger recueilli par une bonne famille peut être explorée autrement que par sa simple apparence, en utilisant son langage, son comportement, ses réactions ou son caractère. Pour Emerald Fennell, Jacob Elordi représente le héros byronien par excellence, à la fois méprisable et attachant, allant avec sa vision très personnelle de cette histoire.
Il y a trois ans, Roman Frayssinet présentait le premier chapitre d’un triptyque humoristique. Avec Ô dedans, le stand-uppeur développait ainsi un show malin et profond. Sans tabou, il évoquait son passé, ses anciennes addictions tout en nous embarquant au sommet d’une montagne corse pour un date foireux, dans un hôtel miteux de Bretagne tenu par une personne de petite taille ou encore dans un after en pleinappartement abritant un vivarium.
Révélé grâce à l’émission Clique de Mouloud Achour, l’artiste dévoilait ainsi, durant ce premier chapitre, une véritable paix intérieure tout en offrant une réflexion foudroyante sur notre société. Chirurgie esthétique, réseaux sociaux, apparence… Tout y passait, l’humoriste questionnant avec autant de philosophie que d’absurdité les grands maux du XXIe siècle.
Ô dedans, de Roman Frayssinet.
La drôlerie Frayssinet
De retour en 2025 avec Ô dela, deuxième chapitre de la trilogie Frayssinet, ce dernier continue d’interroger notre monde. Sur la scène de l’Olympia, l’humoriste y déploie ainsi entre humour potache et philosophie poussée, un spectacle drôle et réflexif sur notre société de « gogols », ses contradictions — un sketch sur le mot « dyslexie » est des plus délicieux — tout en prônant le vivre ensemble.
Car Roman Frayssinet a décidé d’écarter le négatif et de tout prendre avec bonne humeur. Un changement de cap bienvenu, souligné par la mise en scène du spectacle diffusé dès ce mercredi 11 février sur Canal+. Filmé dans le noir le plus total, l’artiste s’autorise toutefois des jeux de regards avec la caméra pour encore mieux saisir le fil de pensée de l’artiste et offrir un aspect méta à sa prestation.
Ces mimiques quasi-clownesques renforcent la caractère humoristique de son seul-en-scène, à l’instar d’un débit de paroles mélodiques mais ultra efficace ; véritable marque de fabrique de l’artiste depuis ses débuts avec son spectacle Alors (2018).
Un regard toujours honnête
Malgré l’absurdité d’un spectacle lancé à 1000 à l’heure, l’humoriste n’en oublie une autre de ses signatures : partir d’un constat simple pour en déduire une réflexion brillante sur notre monde « dans lequel on a tous notre place ».
En racontant ainsi sa rencontre lunaire avec un homme cagoulé dans la rue, Roman Frayssinet livre sa pensée sur sa notoriété ; en comparant sa fonction d’humoriste « aux mecs qui font des graffitis », il interroge aussi la place du rire aujourd’hui. « Si c’est bien fait, ça met une petite ambiance. Mais y’aura jamais besoin de nous en urgence » reconnaît-il, sans fausse modestie, appuyé sur le pied du micro.
Avec authenticité, l’humoriste pose un regard sincère et objectif sur notre monde… mais aussi sur lui-même. Dans Ô dela, l’artiste se laisser aller, en effet, à certaines confidences. Il fait ici rentrer sa famille dans son univers et nous présente une « mère dotée d’un sixième sens » après nous avoir embarqué dans son enfance, en région parisienne, sur ses trajets en Noctilien qu’il compare « au bus des vampires ». Surtout, il avoue son incapacité à s’engager, et son infidélité.
À travers une auto-analyse franche, Roman Frayssinet déploie un spectacle d’une lucidité déconcertante. Toujours emmené par une verve dynamique, absurde et puissante, l’humoriste le plus singulier du stand-up français offre avec Ô dela un deuxième chapitre réussi, fidèle à son univers.
Dévoilé grâce à la Palme d’or Sans filtre (2022) de Ruben Östlund, Harris Dickinson était de retour en 2025 au Festival de Cannes afin de présenter son premier film en tant que réalisateur. Cette fois-ci, l’acteur britannique était en compétition dans la catégorie Un certain regard afin de présenter Urchin.
On y suit Mike (Frank Dillane), un SDF qui tente de joindre les deux bouts. Violences, vols et drogues rythment son quotidien, mais le jeune homme est bien décidé à reprendre sa vie en main grâce à l’aide des services sociaux britanniques. Nouveau foyer, petit boulot, justice restauratrice… Mike est prêt à tout pour s’en sortir, mais ses vieux démons risquent de rapidement le ramener en enfer.
Urchin.
Entre ombre et lumière
Pour son premier long-métrage, Harris Dickinson offre une œuvre profondément personnelle. En effet, l’artiste londonien s’est inspiré de son propre parcours alors qu’il évoluait en tant que bénévole au sein d’une communauté locale en soutenant des personnes sans domicile fixe et des toxicomanes. Des rencontres qui ont forgé le point de vue humaniste et nuancé du film. À travers les pérégrinations de Mike, Harris Dickinson donne à voir le parcours semé d’embûches d’un homme perdu, tourmenté et addict. Une démonstration cinématographique sans jugement sur son personnage et bourré d’empathie.
Entre ombre et lumière, Harris Dickinson filme ainsi le chemin vers la sobriété de Mike, mais aussi son envie de s’en sortir malgré une santé mentale fragile et des traumatismes latents. Car la mise en scène de Dickinson passe avant tout par un fort pouvoir de suggestion. Jamais le cinéaste ne fait le choix de la facilité. Il offre une mise en scène aussi puissante que réflexive.
Urchin.
Malgré des passages trop expérimentaux et dénués de lien avec le scénario, Harris Dickinson parvient avec intensité et émotion à retranscrire la dualité de son personnage. En témoigne une poignante scène de karaoké, belle, drôle et déchirante. En effet, le cinéaste mélange les genres dans un film d’auteur qui préfère, par moments, la légèreté à la gravité.
Un film personnel et bouleversant
Pour délivrer une palette aussi vive d’émotions, Harris Dickinson a fait appel à Frank Dillane, connu pour avoir incarné Nick Clark dans la série spin-off de The Walking Dead, The Fear of The Walking Dead (2014). Également remarqué dans les séries The Girlfriend Experience (2016), The Essex Serpent (2022) ou encore Joan (2024), l’acteur n’hésite pas à se mettre à nu et porte en lui une authenticité troublante qui fait toute la force d’Urchin. Face à lui, Megan Northam, révélée par la série française de Cédric Klapisch Salade grecque (2023), incarne Andrea, une jeune femme rêveuse et douce.
La bande-annonce d’Urchin par Harris Dicksinson.
Urchin filme également la prise en charge des personnes invisibilisées par la brutalité de la rue. Comprendre comment des gens peuvent en arriver jusque-là, la bataille contre l’addiction ou les aides mises en place par l’administration est aussi au cœur du long-métrage.
Avec son premier film, Harris Dickinson offre ainsi un film personnel aussi bouleversant qu’humain. Un coup d’essai prometteur pour l’acteur et réalisateur que l’on retrouvera prochainement devant la caméra de Sam Mendes, dans la peau de John Lennon, pour la série de biopics sur les Beatles face à d’autres talents du nouvel Hollywood : Paul Mescal, Barry Keoghan et Joseph Quinn.
En 2008, le filmLOL de Lisa Azuelos a marqué toute une époque, s’intéressant à la relation conflictuelle entre une mère et sa fille, ainsi qu’aux histoires de cœur des différentes protagonistes. Sophie Marceau incarnait Anne et Christa Théret interprétait Lola (qui donne en partie son nom au film) dans une comédie tendre et caustique marquée par son époque.
Près de 18 ans après, LOL 2.0 retrouve le personnage d’Anne, plus âgée, et suit la petite sœur de Lola, Louise, incarnée par Thaïs Alessandrin. En presque 20 ans, l’époque a changé, les relations ne sont plus les mêmes et les modes de communication sont différents. Le film joue avec ces particularités et s’inscrit, à nouveau, dans son époque. Très attendu, LOL 2.0 sera-t-il le même événement générationnel que son aîné (et ses 3,5 millions d’entrées) ? Les premières critiques commencent à tomber et permettent de se faire une idée.
Que pense la presse de LOL 2.0 ?
Si LOL 2.0 cherche à ne pas tomber dans la redite et dans la nostalgie, c’est pourtant l’un des reproches principaux faits au film. Ainsi, pour France Info, le nouveau long-métrage de Lisa Azuelos ne parvient pas à éviter « l’air de déjà-vu », avec une même « adulte paumée, une relation mère-fille fusionnelle, une bande de potes soudée et une histoire d’amour empêchée ».
La critique reconnaît à la cinéaste son envie d’aborder les préoccupations de la jeunesse d’aujourd’hui (avec des questions sociales et politiques), mais, « à force de vouloir comprendre à tout prix la jeunesse, Lisa Azuelos l’enferme dans des étiquettes cliché ».
Première, pour sa part, estime que la réalisatrice est toujours aussi « connectée à la jeunesse de 2026 qu’à celle de 2009 ». Si cette suite « ne se hisse pas à la hauteur du premier LOL« , le site rappelle que « Sophie Marceau prouve une fois encore que, depuis La Boum, elle n’est jamais aussi irrésistible que dans les comédies générationnelles ». Le site Grazia évoque néanmoins une déception et estime que le film « peine à retrouver l’étincelle originelle » et « tente de décrypter la génération TikTok avec un regard qui se veut complice, mais qui finit par paraître extérieur ».
En s’attaquant à son propre film culte, Lisa Azuelos se heurte naturellement à la comparaison et ce LOL 2.0 a tout du projet aussi intrigant qu’inquiétant, qui ne manquera pas de faire débat. Reste à voir si le public (et la nouvelle génération) se déplacera en salle pour le découvrir, dès ce 11 février 2026.
Le nouveau livre signé Freida McFadden arrive en librairie ce 11 février 2026 aux éditions City. L’autrice de la trilogie La femme de ménage — dont l’adaptation cinématographique a dépassé les 4 millions d’entrées en France — propose un nouveau thriller aux nombreux retournements de situation.
Utilisant les codes et les effets de style caractéristiques de la romancière, La locataire joue avec les faux-semblants et la notion de vérité.
Le point de départ du livre est simple. Blake, un jeune homme de 32 ans habitué au succès, est licencié de sa boîte à New York alors qu’il venait d’obtenir la promotion de ses rêves. Son patron, persuadé qu’il a volé des secrets internes pour les vendre à des concurrents, le met à la porte du jour au lendemain et s’arrange pour qu’il ne retrouve plus aucun travail dans le milieu à Manhattan. Fiancé à Krista, Blake peine à s’en remettre, et l’argent commence à manquer.
Le couple, qui habite dans un quartier luxueux de la grosse pomme, envisage de renoncer à leur belle maison, jusqu’à ce que Krista trouve une solution temporaire susceptible de régler leur problème : prendre une locataire. Si Blake n’est pas enthousiaste à cette idée, il finit par accepter. Le couple accueille alors la jeune Whitney, d’apparence parfaite, mais dont le comportement agace progressivement Blake.
Qui sont les trois personnages principaux ?
La locataire suit trois personnages : Blake Porter, Krista et Whitney Cross. Le roman, écrit à la première personne — comme souvent chez Freida McFadden — adopte le point de vue de Blake, créant une rupture avec les précédents livres de l’autrice. Pour l’une des toutes premières fois, elle se glisse dans la peau d’un homme, avec ses caractéristiques et son regard masculin sur les événements et les autres personnages.
Une manière pour l’autrice de se réinventer sans perdre ce qui a fait son succès : les twists, les changements de perspective et les retournements de situation brutaux. À découvrir dès le 11 février 2026 en librairie, pour ce qui constitue la première sortie de l’année sur les trois livres de Freida McFadden, avant L’intruse en mai et Dear Debbie en octobre.
Quelques mois après sa sortie, The Life of a Showgirl de Taylor Swift continue de se dévoiler. Après le premier clip officiel, intitulé The Fate of Ophelia, la chanteuse vient de partager la vidéo d’Opalite, écrite et réalisée par Swift elle-même.
Dans une ambiance marquée par le souvenir des années 1990 et la nostalgie, Opalite montre le destin d’un homme et d’une femme, chacun seul dans sa vie, qui se rencontrent après avoir utilisé le produit miracle « Opalite ».
Le clip d’Opalite.
Le clip, initialement, est sorti sur Apple Music et Spotify quelques heures avant d’être disponible sur YouTube dimanche 8 février. Un choix stratégique permettant à Taylor Swift de maximiser les vues sur les plateformes de streaming avant que la vidéo ne soit accessible sur YouTube pour tous. Ce faisant, Opalite est devenu le clip vidéo le plus vu en 24 heures de l’histoire de Spotify et d’Apple Music, permettant à Taylor Swift de battre un nouveau record dans la musique.
Si Opalite fait sensation grâce à ses chiffres, sa genèse est également originale. La vidéo a, en effet, été conçue à la suite d’une simple blague faite par l’acteur Domhnall Gleeson lors d’un célèbre talk-show anglais et dont la séquence est à retrouver à la fin du clip.
Sur ses réseaux sociaux, Taylor Swift a ainsi partagé la naissance d’Opalite, qui n’était pas du tout prévu pour devenir le clip tel qu’il est aujourd’hui. Lors de la grande promotion de The Life of a Showgirl, l’artiste a, en effet, enchaîné les plateaux télé et les émissions, se rendant au très emblématique Graham Norton Show en octobre 2025 ; le talk show anglais qui fête bientôt ses 20 ans.
Étaient également invités ce soir-là, le chanteur Lewis Capaldi et les acteurs Domhnall Gleeson, Jodie Turner-Smith, Greta Lee et Cillian Murphy, tous venus pour promouvoir leurs projets du moment. Lors de la discussion, Domhnall Gleeson a notamment dit, au détour d’une blague, « J’espère être dans un clip vidéo de Taylor Swift ».
La chanteuse, interpellée, l’a pris au pied de la lettre. Une semaine plus tard, elle lui envoyait un mail avec le script d’Opalite, tout en conviant les autres artistes présents le même soir et l’animateur à figurer dans le clip.
Graham Norton, Lewis Capaldi, Greta Lee, Jodie Turner-Smith et même Cillian Murphy (qui assure la voix off et apparaît sur une affiche) ont tous répondu à l’invitation. Ou comment une rencontre fortuite et une simple allusion ont suffi pour créer le clip vidéo le plus vu de l’histoire des plateformes d’écoute modernes.
Après à la saga À contre-sens, Amazon Prime Vidéo tiendrait-il sa nouvelle franchise à succès avec Closer ? Le premier volet présenté en janvier 2025 sur la plateforme de streaming racontait, en effet, la relation sulfureuse de Drayton Lahey (Noah Beck) et de Dallas Bryan (Siena Agudong).
Pom pom girl dans son lycéen, cette dernière espèrait obtenir une bourse d’études pour intégrer une prestigieuse école de danse. Rien ne devait se mettre alors en travers de son chemin, mais c’était avant que le quaterback vedette de son école ne fasse éruption dans sa vie et chamboule tous ses projets.
La bande-annonce de Closer sur Prime Vidéo.
Fort d’un beau succès sur Prime Video — le film est resté sept semaines consécutives dans le Top 10 de la plateforme — il n’a pas fallu très longtemps avant que le géant du streaming ne commande la suite de Closer.
Mis en ligne le 5 février dernier, ce nouveau chapitre met de nouveau en scène les personnages de Drayton et de Dallas désormais en couple. Alors qu’ils doivent naviguer à travers leur amour naissant, les deux étudiants vont devoir affronter la distance, faire des compromis pour leur carrière mais aussi résister aux tentations extérieures.
Closer 2 : l’un contre l’autre a donc permis aux fans et abonnés Prime Video de se replonger dans l’histoire d’amour Young Adult imaginée par Tay Marley dans le web-roman Wattpad, The QB Bad Boy and Me. Toutefois, les abonnés de la plateforme pourront-ils espérer un troisième volet des aventures de Drayton et Dallas ?
Si pour le moment Amazon Prime Video ne s’est pas prononcé — à l’instar de Tubi, plateforme américaine ayant diffusé outre-Atlantique la saga — le succès international de Closer pourrait rapidement justifier un nouveau long-métrage.
En tout cas, les acteurs de la saga, notamment Noah Beck, se sont dits enthousiastes à l’idée d’un troisième volet. « Si cette publication obtient 3 millions de likes, je me mettrai personnellement à genoux et supplierai Tubi de faire un troisième film #Sidelined. Aidez-nous à réaliser #Sidelined 3 ! Rejoignez-nous pour suivre le parcours de Noah Beck et bien plus encore ! » pouvait-on lire en légende de la vidéo postée par l’influenceur américain.
De son côté, Charlie Gillespie qui vient de rejoindre la franchise dans le rôle de Skyler espère également un troisième opus de Closer. Il confiait notamment à Entertainment Weekly son envie de travailler conjointement avec Noah Beck et de partager un duo avec Siena Agudong.
Après un passage remarqué au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, Marsupilami de Philippe Lacheau est désormais disponible dans les salles obscures françaises. En seulement quelques jours d’exploitation, le long-métrage sur la créature jaune et noire a déjà séduit 308 329 spectateurs (en comptant les avants-première). Un chiffre record qui le place dans le sillon d’une autre comédie française à succès : Un p’tit truc en plus d’Artus (2024).
À la fois drôle et familial, Marsupilami offre à Philippe Lacheau l’opportunité de se « réinventer ». Le réalisateur, tout en conservant sa fibre humoristique parfois graveleuse propre à la Bande à Fifi, offre, selon plusieurs critiques, un film avant tout fédérateur. En racontant à hauteur d’enfant cette nouvelle aventure, le cinéaste à qui l’on doit Babysitting (2013) et Alibi.com (2017) devrait toucher un plus large public et permettre ainsi aux plus jeunes de découvrir le long-métrage adapté de l’œuvre d’André Franquin.
Marsupilami.
Un film accessible aux enfants ?
C’est en tout cas ce que rapporte Parents. Selon le média, le long-métrage « peut être vu à partir de six ans, c’est d’ailleurs l’âge de Léo, le fils de David (Philippe Lacheau) dans le film ». Toutefois, un exploitant de cinéma interrogé dans ces mêmes colonnes tempère et précise : « le film est plutôt pour les enfants à partir de 10 ans. L’humour de Philippe Lacheau colle moins avec un public familial. Les blagues ne sont pas 100 % à destination des enfants. »
Magicmaman de son côté note que « le réalisateur et sa bande ont une vraie expertise dans les comédies accessibles à tous » en faisant référence aux précédents projets de la troupe comme Nicky Larson et le parfum de Cupidon(2018). Le média illustre notamment son propos en pointant les nombreuses références à la pop culture des années 1980 et 1990 : « Le Marsupilami regorge de clins d’œil à E.T., Gremlins ou encore Jurassic Park. »
Bien que l’histoire soit « compréhensible pour les plus jeunes », Magicmaman précise que le film n’est vraiment accessible qu’aux enfants d’au moins six ans. Bien que ceux de quatre ans puissent apprécier les gags liés à la créature du Bébé Marsupilami, les subtilités humoristiques ainsi que l’action ne pourront être comprises que par un public plus âgé.
Un constat qui n’est pas de l’avis d’un journaliste belge de la RTBF, Hugues Dayez, qui via HuffPost questionne à quel public est destiné le film familial, compte tenu de « blagues sur le viagra et les cuvettes de WC ». « Je me demande vraiment si c’est un film à montrer aux enfants » a notamment ajouté le journaliste avant de dresser un portrait au vitriol du film de Philippe Lacheau.
Vous les avez forcément aperçus quelque part. Ces dernières semaines, les minois de Hudson Williams et Connor Storrie ont envahi les réseaux sociaux. Les acteurs de Heated Rivalry sont devenus les nouvelles coqueluches de la pop culture, objets de memes et d’édit enflammés sur TikTok, invités aux derniers Golden Globes ou porteurs de la flamme des Jeux d’hiver 2026 de Milan-Cortina. Ils sont partout !
Tout a commencé au Canada, quand la plateforme Crave a diffusé fin 2025 sa nouvelle série originale. Adaptée des romans Game Changers de Rachel Reid par le showrunner Jacob Tierney, Heated Rivalry suit sur plusieurs années une liaison secrète entre deux joueurs professionnels rivaux de hockey sur glace, le Canadien Shane Hollander (Hudson Williams) et le Russe Ilya Rozanov (Connor Storrie).
Keanu Reeves et Patrick Swayze, nouvelle génération
Pour une production comme celle-ci, dont le succès repose en grande partie sur la tension sexuelle entre les deux acteurs principaux, il s’agissait de ne pas se louper côté casting. Scénariste et réalisateur des six épisodes, Jacob Tierney a déniché deux nouveaux venus, Hudson Williams et Connor Storrie, dont l’alchimie crève l’écran.
Hollywood raffole de nouveaux visages, d’autant plus quand ceux-ci évoquent des gloires anciennes : c’est le cas de ces deux apollons, Internet ayant fait son travail en comparant leurs physiques avec ceux de Keanu Reeves et Patrick Swayze dans leur jeunesse.
La ressemblance est en effet frappante. Au-delà de leur physique avantageux, les deux acteurs brillent dans leur partition respective. Connor Storrie, Américain, a étudié la langue russe et travaillé son accent pour ses dialogues en anglais. Il incarne à la perfection Ilya Rozanov, un jeune homme en apparence arrogant et qui va peu à peu ouvrir son cœur à Shane.
Dans un rôle plus introverti, Hudson Williams, qui a confié que son personnage était sur le spectre de l’autisme, est tout aussi convaincant. Ensemble, les deux comédiens font des étincelles, exploitant toutes les micro-expressions de leur visage pour retranscrire l’émotion et le désir que leurs attachants personnages éprouvent l’un pour l’autre.
Des scènes de sexe révolutionnaires
On n’avait pas vu un couple aussi bien assorti depuis Robert Pattinson et Kristen Stewart dans la franchise Twilight. La comparaison avec la très prude romance vampirique s’arrête ici. Heated Rivalry joue dans une autre catégorie en ce qui concerne ses scènes intimes. Après une montée en tension maîtrisée durant la première moitié du premier épisode, Ilya et Shane ont un premier rapprochement sexuel, annonciateur de bien d’autres.
Heated Rivalry.
D’abord filmées de façon léchée, en clair obscur sur une lumière rouge tamisée, puis de façon de plus en plus intime, les scènes de sexe entre les deux athlètes évoluent au fil de la relation et sont l’une des grandes réussites de la série. Elles sont plus explicites et variées (avec ou sans pénétration) que dans les séries qui proposent des romances LGBTQ+, comme Heartstopper ou Sex Education, sans l’être nécessairement plus que certaines romances hétérosexuelles, comme Normal People ou Bridgerton. Si à l’écran, ces scènes paraissent « naturelles », elles ont en réalité demandé un travail très précis aux acteurs. Tantôt hot, tantôt émouvantes, parfois les deux en même temps, elles ont été chorégraphiées avec la coordinatrice d’intimité Chala Hunter.
Heated Rivalry.
Présente durant le tournage pour préparer en amont tous les mouvements prévus lors des scènes d’intimité, pour mettre les acteurs à l’aise et leur fournir des accessoires adaptés (comme des sous-vêtements rembourrés), elle explique dans une interview accordée à Elle.com : « Les scènes ont été écrites avec une grande précision, fidèles au livre. Jacob a vraiment mis en scène l’action dans le scénario. Représenter la joie et la sexualité queer sans les insinuer ni les suggérer à l’écran est rare. La sexualité, la joie et l’amour queer sont encore trop peu représentés dans les médias. Le sexe est un élément essentiel du parcours émotionnel, physique et psychologique de ces personnages. Il reflète fidèlement l’expérience humaine. »
Pourquoi les femmes adorent-elles (autant) Heated Rivalry ?
Les scènes de sexe de Heated Rivalry ont le grand mérite d’être à la fois très très hot et dans le consentement. Plus expérimenté que Shane, Ilya met son partenaire à l’aise. Si la communication des émotions entre les deux hommes représente un enjeu phare de la deuxième partie de la saison, leurs diverses parties de jambes en l’air passent par la verbalisation de leur consentement.
Heated Rivalry.
Certains médias se sont demandé pourquoi les femmes, grandes fans de la série (le roman original est écrit par une femme), s’intéressent à une fiction où elles ne sont pas représentées – ou seulement à travers le prisme de la meilleure amie avec laquelle on tente de coucher pour réaliser que ce n’est pas possible ? Réponse : pas seulement pour l’excellente reprise du hit lesbien de Tatu, All the Things she Said, présent dans la bande-son.
Heated Rivalry.
D’une part, tout comme les hommes gays ont appris à se projeter dans les héroïnes de comédies romantiques, les femmes queers et hétérosexuelles ont appris à se projeter dans les personnages masculins, majoritaires dans la fiction. D’autre part, la relation entre Shane et Ilya est pleine de désir, de communication et absolument dénuée de misogynie. Voilà qui est reposant et qui fait rêver beaucoup de femmes hétérosexuelles. Heated Rivalry propose des représentations de masculinités attractives, loin du retour des machos de l’ère Trump.
Une série sexy et politique
Si on peut lui reprocher une mécanique un peu trop bien huilée, avec des ellipses de temps à vous donner le vertige (l’histoire se déroule entre 2008 et 2017) et quelques occasions manquées (les JO en Russie méritaient plus de développement), Heated Rivalry est dans l’ensemble une réussite artistique. Avec sa bande-son pop et électro et ses séquences sportives aux allures de préliminaires, elle s’inscrit dans le renouveau de la romance sportive, initié en 2024 par le très sexy et queer Challengers de Luca Guadagnino. Il est clair que la compétition de haut niveau et la tension sexuelle font bon ménage… Probablement l’adrénaline.
Heated Rivalry.
L’intrigue de Heated Rivalry peut paraître légère au premier abord – une romance très physique sur fond de hockey –, mais l’orientation sexuelle de ses personnages change tout et en fait une série politique, dans notre société où les athlètes gay restent au placard toute leur carrière et subissent une homophobie de vestiaire quotidienne.
C’est particulièrement vrai dans la série pour Ilya, sportif bisexuel russe qui entretient une relation compliquée avec sa famille. Il a beau subvenir aux besoins de son frère, ce dernier ne cache pas sa biphobie, conduisant Ilya à devoir choisir entre être lui-même et conserver des liens avec sa famille.
Heated Rivalry.
Ce personnage nous permet de comprendre à quoi peut ressembler la vie d’une personne LGBTQ+ dans un pays comme la Russie, où règne une homophobie d’État. La jeunesse russe s’est empressée de téléchargerHeated Rivalry et se la passe sous le manteau, la série devenant ainsi un symbole de résistance. La représentation compte. En abordant le sujet de l’homophobie dans le milieu du sport, sans violence – notamment à travers le très bel épisode 3 centré sur le parcours d’un hockeyeur gay au placard, plus âgé que Shane et Ilya – Heated Rivalry a inspiré des sportifs de la vraie vie. Le hockeyeur américain Jesse Kortuem a effectué son coming-out, en remerciant la série d’exister. Cette semaine, un arbitre de foot a demandé son compagnon en mariage pendant un match du FC Cologne. Qui a dit que le sexe et l’amour ne pouvaient pas changer le monde ?
« Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » Ce cri, lancé depuis le balcon de l’Assemblée nationale, propulse Fleur Breteau comme l’un des visages de 2025. Un visage au crâne nu qui ne laisse aucun doute sur sa maladie. Six mois plus tard, une partie de la « loi Duplomb » a été censurée et Fleur Breteau sort son livre, Cancer colère, la santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion. Le récit du chemin qui a mené à ce cri d’indignation, et qui paraît le 6 février aux éditions du Seuil.
Comme beaucoup, le cancer lui est tombé dessus par surprise. Élevée en banlieue parisienne, Fleur Breteau a été attachée de presse, a fabriqué des vêtements et même travaillé dans un magasin de sextoys. Rien ne la prédestinait à vivre, en moins de quatre ans, deux cancers du sein. Un drame, comme celui de la mort de son ami Nicolas à 46 ans, foudroyé en deux ans par trois tumeurs. La bascule. « Je n’avais plus envie de rire », écrit Fleur Breteau. Si elle reconnaît avoir peur, un sentiment la submerge, viscéral : la colère.
La découverte du « monde de la métastase », comme le nomme Fleur Breteau, se fait dans les salles d’attente des hôpitaux. Des rencontres de malades, tous trop jeunes – des boulangers avec des lymphomes ou un enfant de 7 ans avec une tumeur. « Moi, quand j’étais en CM2, aucun enfant n’avait un cancer ou je rêve ? », s’interroge sa mère. Paroles de malades ou de proches que nous retranscrit Fleur Breteau. L’autrice mêle l’intime et le politique, les émotions et les données. Car ces rencontres permettent d’incarner les dizaines de chiffres sur le cancer et les pesticides.
Le récit, très documenté, veut éduquer : 2 300 enfants ont un cancer diagnostiqué chaque année, le cancer est la première cause de mortalité chez les enfants, les taux de cancer devraient augmenter de 77 % dans le monde d’ici 2050… Des faits qui font enrager la malade. « La colère coule avec les produits de chimio dans mes veines. »
Réunir les colères
La formule marche et on s’indigne avec elle. De cette sensation d’impuissance, Fleur Breteau veut faire quelque chose. « J’étais au contact de chiffres et d’enquêtes, la loi Duplomb s’est profilée et ça a été un détonateur pour moi. Politiser le cancer me semblait être une évidence », raconte-t-elle à nos confrères de France Inter, en septembre dernier dans La Terre au carré. Dans l’attente fiévreuse de ses traitements naissent deux mots, gribouillés au bord d’une feuille : « cancer colère », le nom de son futur collectif.
Mais comment se battre dans le brouillard du cancer ? Fleur Breteau n’élude pas les errements de sa vie de malade, les oublis, la fatigue. « Ma colère tombe comme une pierre au fond de moi, je n’enquête plus. Mon corps ralentit sa marche, pris d’assaut par les médicaments. » Là aussi, la réponse est politique, et le collectif lui vient en aide. « Je me découvre des alliés partout. » Malgré le brouillard, Cancer colère devient un mouvement – des malades manifestent, font des banderoles, écrivent aux députés pour les alerter sur les conséquences de la loi Duplomb. « De la maladie à la colère et de la colère à la lutte », résume Fleur Breteau.
« J’admets que d’apprendre des choses horribles et réelles n’est pas déprimant. Je convertis ma peur en pensée, le brouillard en faits incontestables et en données. »
Fleur Breteau
Jusqu’au récit de ce fait d’actualité qui a marqué 2025 : l’adoption de la loi Duplomb (le 8 juillet à l’Assemblée nationale à 316 voix contre 223). Et ce cri dans l’hémicycle. « Regardez-moi ! » lance Fleur Breteau en montrant son crâne. « J’ai regardé autour de moi et je me suis dit, je suis la seule avec la tête du cancer : c’est à moi de parler », confie-t-elle à France Inter.
Cancer colère nous raconte ce moment médiatique de l’intérieur, celui où une malade a « expulsé la colère ». S’ensuit une pétition historique, plus de deux millions de signatures contre la loi Duplomb, et la censure d’une partie du texte. Le livre emprunte au manifeste. « Depuis le vote de la loi Duplomb, les choses ont changé, la société civile s’est mobilisée, des voix innombrables se sont élevées », raconte Fleur Breteau. Toujours en colère, mais aussi en lutte.
Le nouveau film de Valérie Donzelli (L’amour et les forêts), À pied d’œuvre, en salle depuis ce 4 février, trouve son origine dans un texte littéraire. Le long-métrage est adapté du récit autobiographique éponyme de Franck Courtès, publié en 2023 chez Gallimard. Un livre bref et dense, qui raconte ce que coûte le choix de créer.
De quoi parle le livre ?
Dans son récit, Courtès, photographe reconnu, choisit d’abandonner une carrière stable pour se consacrer entièrement à l’écriture. Rapidement, la réalité économique s’impose. Faute de revenus suffisants, l’auteur enchaîne les petits boulots manuels – déménagements, bricolage, manutention… Le livre décrit un quotidien fait de fatigue physique, d’invisibilisation sociale et de déclassement.
Il s’est tourné vers la littérature à partir de 2013 avec Autorisation de pratiquer la course à pied. Son écriture s’attache aux corps, au travail et aux trajectoires individuelles. Avec À pied d’œuvre, il livre un texte concret sur la condition matérielle de l’écrivain aujourd’hui, loin des représentations idéalisées.
La frontalité du récit a séduit Valérie Donzelli. « Quand j’ai lu le livre de Franck, j’ai aimé ce qu’il racontait, mais j’aimais son écriture, je trouve qu’il raconte quelque chose de complexe avec simplicité. Je tenais à ce que son texte soit dans le film, qu’il soit entendu », a-t-elle déclaré au micro de France Culture. Coécrit avec Gilles Marchand, le scénario s’appuie directement sur le livre, dont plusieurs passages sont repris en voix off.
À pied d’œuvre.
À l’écran, le photographe-écrivain devient Paul Marquet, interprété par Bastien Bouillon. Le film suit son quotidien fait de missions précaires et de temps volé à l’écriture. La mise en scène reste volontairement simple. Autour de Bouillon, Virginie Ledoyen, André Marcon et Marie Rivière incarnent l’entourage familial et professionnel.
Après une avant-première remarquée à Paris, en présence d’Emerald Fennell, Margot Robbie et Jacob Elordi, la sortie du film« Hurlevent » – “Wuthering Heights” en version originale – se rapproche.
Attendue dans les salles le 11 février 2026, cette nouvelle adaptation du classique de la littérature promet de revisiter à sa façon l’histoire écrite par Emily Brontë au XIXe siècle, tout en conservant certains de ses thèmes les plus importants.
La bande-annonce de « Hurlevent ».
Si plusieurs aspects dans la bande-annonce permettent de constater une approche plus anachronique de l’histoire, avec des costumes assez modernes et une bande originale pop et électro signée Charli XCX, le nom du film a aussi sa signification précise.
En choisissant d’entourer son titre de guillemets, que cela soit « Hurlevent » en France ou “Wuthering Heights” ailleurs, Emerald Fennell assume son envie de s’éloigner un peu de l’œuvre originale pour avoir une certaine marge de liberté et raconter ce qu’elle souhaite dans son film. Comme pour affirmer le côté approximatif, détourné ou emprunté, la présence de guillemets n’est pas anodine et s’inscrit dans le ton choisi et le style du film. Reste à voir à quel point « Hurlevent » s’éloigne du roman initial pour lier ses thèmes originaux à des sujets plus contemporains.
Les Hauts de Hurlevent, ça signifie quoi, à la base ?
Si « Hurlevent » est donc un choix de sémantique précis, le titre fait naturellement référence aux Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), également orthographié en France Les Hauts de Hurle-Vent, selon les éditions. En version originale, wuthering fait allusion aux vents violents et aux tempêtes et heights évoque un lieu en hauteur.
Les Hauts de Hurlevent traduit cette idée et fait référence à ce vent déchaîné qui hurle sur les hauteurs, dans les régions exposées du Yorkshire, en Angleterre. Si le titre évoque donc la rudesse d’un lieu, il a également une signification thématique, et fait allusion aux sentiments tumultueux et tourbillonnants des protagonistes, plongés dans une histoire d’amour, de haine et de vengeance.
Après Lupin,Pax Massiliaet plus récemment Néro, Netflix poursuit sa stratégie de production de séries françaises. Avec Les Lionnes, la plateforme reste dans le registre du thriller, mais opère un virage vers la comédie d’action. Portée par Olivier Rosemberg (Family Business) et coécrite avec Carine Prévo, la fiction ambitionne de croiser braquage, humour et chronique sociale dans huit épisodes livrés ce 5 février. Une proposition peu inspirée, qui retombe dans les travers classiques des œuvres françaises.
Quelle est l’intrigue des Lionnes ?
Pour quiconque a fréquenté les séries américaines de la plateforme, Les Lionnes évoquera sans doute la création de Jenna Bans, Good Girls. Cette dernière raconte la dérive criminelle de trois mères de famille de la banlieue de Detroit, amenées à braquer un supermarché avant de s’enfoncer dans une spirale de problèmes. Un show efficace dans ses premières saisons, porté par un sarcasme bienvenu et une satire intéressante du patriarcat américain.
Les Lionnes.
Assurément, la comparaison tourne au désavantage de la version française. Le point de départ est pourtant quasi identique : dans une banlieue d’une ville du Sud, quatre femmes – toutes confrontées à des situations de précarité différentes – dévalisent une banque. L’intrigue se greffe à un contexte marqué par la présence d’un maire vil, interprété par François Damiens, qui se pose en champion de la lutte contre la délinquance, et par un caïd du coin, Ézéchiel, incarné par Olivier Rosemberg lui-même.
Une relecture originale manquée
Difficile, dès lors, d’échapper à l’impression de recyclage. La série aurait pourtant pu gagner en épaisseur en se rapprochant davantage d’une histoire réelle, celle d’un gang de femmes surnommées « les Amazones », qui ont braqué sept banques dans le Vaucluse entre 1989 et 1990. Mais rappelons que l’affaire a déjà été portée de multiples fois à l’écran, notamment dans Les braqueuses, de Jean-Paul Salomé, en 1994, puis dans Le gang des Amazonesde Mélissa Drigeard en 2025.
Les Lionnes tente bien d’imposer une identité visuelle, entre couleurs saturées et ambiance néon, mais le résultat reste superficiel. La série joue sur des clichés et s’appuie sur une vulgarité supposée comique, tout en esquissant des réalités socioéconomiques complexes. Précarité financière, emprise du crime organisé, condition des mères célibataires… Autant d’enjeux effleurés et relégués au rang de simple toile de fond, au service du thriller.
Les Lionnes.
En choisissant la comédie, Les Lionnes cherchait sans doute à se distinguer d’autres polars, comme Pax Massilia ou Soleil noir, plus sombres, plus réalistes et plus crédibles. Cependant, le ressort humoristique ne fonctionne pas, la satire reste grossière et l’invraisemblance du récit s’accentue à mesure que les braquages s’enchaînent.
Des interprétations correctes, mais sans relief
S’il fallait retenir un axe intéressant, ce serait celui de la sororité. La série ambitionne de montrer des trajectoires féminines marquées par la solidarité, l’entraide et les sacrifices. Une dimension qui traverse les classes sociales, notamment à travers le personnage de Chloé, incarné par Pascale Arbillot, épouse battue du maire, figure de domination masculine.
Les Lionnes.
Mais là encore, l’exécution reste inégale. Le récit se focalise principalement sur Rosalie, interprétée par Rebecca Marder (récemment vue dans L’étranger), qui offre une performance un peu surjouée. C’est Naidra Ayadi qui s’impose comme l’interprète la plus convaincante du casting, dans le rôle d’une mère célibataire menacée de perdre la garde de ses enfants, avec un jeu plus incarné et dramatique. Zoé Marchal, la fille bipolaire qui sert de ressort comique un peu trop appuyé, finit malgré tout par tirer son épingle du jeu.
Les Lionnes.
Côté masculin, on retrouve Jonathan Cohen dans un registre éloigné de ses rôles habituels, mais sans grande intensité. François Damiens compose un antagoniste volontairement caricatural – qu’il parvient à rendre crédible dans l’excès. Sami Outalbali, vu dans Sex Education, propose un policier nuancé, plutôt touchant, mais qui manque de développement.
Une occasion manquée
Thriller sans surprise, comédie peu inspirée, personnages sous-exploités… Les Lionnes échoue à transformer son sujet en véritable œuvre politique ou sociale. Faute de regard singulier, la série s’ajoute à la (longue) liste des productions françaises rapidement consommées, tout aussi vite oubliées. Une œuvre fonctionnelle, mais sans aspérité, qui ne parvient ni à faire rire ni à faire réfléchir.
Entre le faux biopic, la fiction, le film sportif et la comédie, Marty Supreme puise dans différents genres. Suivant la vie d’un prodige du tennis de table qui essaie de démocratiser le sport aux États-Unis dans les années 1950, le long-métrage réalisé par Josh Safdie met en scène Timothée Chalamet dans l’un de ses meilleurs rôles. Sa performance largement plébiscitée, le place d’ailleurs favori dans la course aux Oscars.
Mais si Marty Supreme est en partie inventé (avec ses propres thèmes et sa narration libre), le personnage de Marty Mauser se base sur un véritable champion de ping-pong, du nom de Marty Reisman.
La bande-annonce de Marty Supreme.
C’est en réalité la femme de Josh Safdie qui est à l’origine du projet. Elle découvre un jour une autobiographie au nom alambiqué, The Money Player: The Confessions of America’s Greatest Table Tennis Champion and Hustler, qui revient sur la vie passionnante de Marty Reisman aux États-Unis dans les années 1950 et 1960.
Josh Safdie découvre le livre et trouve dans ce personnage une base solide pour son prochain film, co-écrit avec Ronald Bronstein et produit par Timothée Chalamet. La base du long-métrage part donc de cette biographie exaltante et de la vie surprenante de Marty Reisman.
Né à Manhattan en 1930, Marty Reisman se passionne très jeune pour le tennis de table et débute une carrière dans le sport alors qu’il n’a que 14 ans. S’entraînant des heures et des heures chaque jour, il fréquente les salles de sport new-yorkaises et se perfectionne dans le ping-pong, à une époque où la discipline n’a pas encore la même popularité qu’aujourd’hui. Il développe son style de jeu, basé sur le « fast hit » consistant à frapper la balle le plus tôt possible pour épuiser et faire courir ses adversaires.
À 18 ans, il participe à l’Open d’Angleterre et fait face aux plus grands, puis remporte l’US Open 1958 et 1960. Marty Reisman découvre également l’apparition de la raquette en mousse (contre celle en bois), offrant au joueur un contrôle de la balle accru et une plus grande vitesse. Il a néanmoins du mal à l’adopter, trouvant le jeu dénaturé et le bruit atténué, alors que le tennis de table est, selon lui, un « dialogue » entre deux joueurs. Pendant plusieurs décennies, Marty Reisman continue de jouer et d’entraîner la nouvelle génération avant de décéder en 2012 à l’âge de 82 ans.
Si son talent indéniable pour le sport a suffi pour qu’il fasse sensation, Marty Reisman était également un grand showman, qui prenait plaisir à faire du tennis de table un spectacle. Parieur invétéré, n’hésitant jamais à s’auto-congratuler et à railler ses adversaires, Marty Reisman était une personnalité forte et complexe qui ne passait pas inaperçu.
Arrogant et charismatique, il pratiquait le sport pour exceller, mais aussi pour divertir, se livrant régulièrement à des matchs d’exhibition avec plusieurs balles en jeu qu’il ne renvoyait pas seulement avec sa raquette, mais avec ses lunettes, ses jambes, son dos ou même des ustensiles de cuisine. Josh Safdie s’inspire de cette vie exceptionnelle pour Marty Supreme, mais assure ne pas avoir fait de biopic dans le sens traditionnel du terme. Le long-métrage avec Timothée Chalamet — malgré la ressemblance physique évidente entre les deux Marty — est avant tout une histoire originale.
Vingt ans après avoir posé sa caméra dans les méandres brumeux de la Virginie-Occidentale, Christophe Gans revient à la franchise qui a durablement marqué sa filmographie avec Retour à Silent Hill. Prévu pour une sortie française le 4 février 2026, ce troisième opus – on oublie toujours Silent Hill: Revelation 3D (2012) réalisé par M. J. Bassett – ne se veut ni une suite directe de son filmSilent Hill sorti en 2006, ni une opération opportuniste visant à relancer la carrière de son réalisateur (12 ans après son dernier film, La belle et la bête), mais une adaptation revendiquée comme « fidèle » du mythique jeu vidéoSilent Hill 2.
La bande-annonce du film Retour à Silent Hill de Christophe Gans.
Dans un paysage cinématographique déjà gorgé de recyclages, une question centrale se pose : une suite tardive, 20 ans après Silent Hill, peut-elle encore capter l’essence d’un mythe sans n’être que la simple réminiscence d’une saga à l’agonie ?
Une renaissance sous contrôle : la stratégie industrielle de Konami
Impossible de manquer la présence insistante du logo Konami en ouverture du film. Pas de doute, le retour de Christophe Gans dans les ruelles sales de Silent Hill n’est pas solitaire : ce nouvel opus de la saga ne se conçoit pas comme une œuvre isolée, mais comme une pièce d’un vaste plan industriel orchestré par la société japonaise de jeux vidéo. Dans le sillon de la sortie d’un nouveau jeu, Silent Hill f, en 2025, et de celle du remake du culte Silent Hill 2 sorti en 2024, la volonté de relancer la licence est claire : saturer le marché, réactiver une communauté en demande, pour réveiller une licence sur le déclin depuis la sortie en 2012 de Silent Hill: Downpour et l’échec de la sortie de Silent Hills, qui devait pourtant impliquer Guillermo del Toro.
Retour à Silent Hill.
Dans ce schéma, Retour à Silent Hill prend une dimension différente. Ce n’est pas uniquement la renaissance d’un réalisateur, mais aussi un outil de marketing puissant : en s’appuyant sur l’aura du jeu le plus iconique et sur la musique originale d’Akira Yamaoka, il cherche à fédérer toutes les strates du fandom et à réanimer un lore en latence depuis 2006. Sacrée ambition !
Silent Hill, le poids d’un film culte
Côté grand écran, le Silent Hill de 2006 occupe une place singulière dans l’histoire des adaptations de jeux vidéo. Lacéré par les critiques à sa sortie, il a, comme de nombreux films cultes, trouvé son audience et construit son mythe avec le temps. Alors que les premiers bruits et critiques outre-Atlantique reprennent leur lancinante ritournelle en dézinguant d’ores et déjà ce nouvel opus, Christophe Gans, du côté de chez Variety, garde en tête la trajectoire de son premier film : « J’étais très content de voir à quel point la réputation du film a grandi. […] C’est un sentiment très agréable, parce qu’on sait très bien qu’il y a de super films qui disparaissent des mémoires en six mois. Le test ultime, c’est l’épreuve du temps, quand on se retrouve d’un coup face à des gens qui parlent de votre travail avec beaucoup d’enthousiasme. »
Si cette communauté a su s’approprier le film, malgré des décisions narratives déjà discutables à l’époque – la transformation de personnages clés et l’inclusion de monstres iconiques hors de leur contexte d’origine –, c’est notamment grâce à une forme de fidélité à l’univers. Musicale, d’abord avec une bande-son composée par Akira Yamaoka, déjà derrière celle des jeux vidéo. Visuelle, ensuite, en construisant une direction artistique, une esthétique viscérale, en accord avec ce que la Team Silent avait pu produire dans les premiers jeux vidéo. En résulte une atmosphère profondément organique.
L’organique contre le numérique : un geste de résistance ambigu
À contre-courant d’une industrie cinématographique qui inonde ses productions de VFX, Gans opte pour des choix techniques audacieux, qui revendiquent l’organique : chaque monstre est interprété par un danseur sous prothèses, renouant ainsi avec une vision corporelle de l’horreur. Cela évoque explicitement la philosophie du designer de la Team Silent, Masahiro Ito, et sa culture de la « bizarrerie » physique comme source d’effroi, rappelant sans équivoque le concept de « l’inquiétante étrangeté » – quand ce qui est familier flirte avec le dérangeant – du psychanalyste Sigmund Freud.
Mais ce geste, aussi séduisant soit-il, pose une question : peut-il à lui seul redonner une étincelle de vie à des icônes qui ont été répétées ad nauseam dans les jeux, les produits dérivés et les discours de fans ?
Retour à Silent Hill : la fidélité comme enfermement
En revenant à Silent Hill après le film de 2006, Christophe Gans ne se contente pas de prolonger une adaptation, il tente de réanimer un héritage. Pourtant, le constat s’impose avec une certaine brutalité : le film échoue dans les grandes largeurs à nous toucher. Ce constat d’échec ne repose d’ailleurs en rien sur un manque de respect envers la licence, mais plutôt sur un excès de précautions vis-à-vis d’un univers trop lourd à porter, d’un fandom attentif à toute nouvelle adaptation. Tout, dans sa construction, démontre une peur constante de mal faire, de trahir, de déplacer le mythe. Et cette peur finit par neutraliser ce que le film prétend raviver.
Le premier long-métrage, malgré une puissance plastique indéniable, privilégiait déjà la cohérence visuelle, au détriment parfois d’une narration fluide et surtout cinématographique – la structure du film reposant en grande partie sur celle d’un jeu vidéo. Retour à Silent Hill reproduit ce déséquilibre. Le film ne cesse de regarder son modèle – Silent Hill 2 –, comme s’il cherchait en permanence à prouver sa fidélité plutôt qu’à imposer un regard de cinéaste. À l’écran, cette conformité devient rapidement un carcan. Les grandes figures sont là, les thèmes aussi, mais ils apparaissent moins comme des expériences à traverser que comme des éléments à aligner : en bref, un bingo Silent Hill.
Retour à Silent Hill.
Paradoxalement, le film se fait à la fois trop flou (les violences sexuelles n’étant qu’à peine suggérées) et trop évident (la culpabilité de James Sunderland, moteur central du jeu, étant martelée à longueur de film). Cette approche rend le récit trop prévisible, surtout pour qui connaît déjà Silent Hill 2, et psychologiquement trop illisible, nous laissant extérieurs à des personnages que l’on ne comprend pas toujours et pour lesquels on ne ressent pas d’empathie. Il ne propose pas une traversée de Silent Hill, mais une reconstitution figée, presque muséale, renforcée par des prestations d’acteurs très faibles.
Le point fort du film de 2006, le travail de l’atmosphère, fonctionne toujours, mais surtout comme un rappel pour les initiés. Le brouillard, les textures, les corps déformés convoquent une mémoire commune, mais peinent à générer un véritable effroi – celui de notre première rencontre avec ces immondices, il y a dix ans – et sont susceptibles de laisser en dehors un spectateur étranger à la licence.
Mais le cas de Retour à Silent Hill est loin d’être unique. Au-delà de ses qualités artisanales, ce que révèle le rendu raté de ce film, c’est une impasse plus large du cinéma de franchise contemporain. À force de vouloir préserver ses mythes pour ne pas froisser ses fans – à l’image de la série Alien: Earth, dont l’approche innovante du xénomorphe a eu tendance à énerver sa communauté –, il les fige. Le film devient alors le symptôme d’un univers saturé de lui-même. En confondant fidélité et création, il prolonge une logique déjà perceptible en 2006 : celle d’un cinéma qui préfère la reconnaissance à la rupture et qui, ce faisant, manque l’occasion de faire bouger les lignes et de véritablement redonner vie à une saga sclérosée.
En conclusion, Retour à Silent Hill se trouve à une croisée complexe : d’un côté, la vision d’un réalisateur passionné, attaché à l’artisanat et à l’ambiguïté psychologique ; de l’autre, une logique alourdie par ses propres codes et attentes. La véritable question n’est pas de savoir si le film est fidèle à Silent Hill 2, mais s’il a quelque chose à dire au-delà de la reproduction d’un univers déjà disséqué par des communautés de fans au travers de centaines d’analyses et de discussions.
Le brouillard, les monstres, la musique sont toujours là, mais ils ne produisent plus de trouble. Ils fonctionnent comme des repères, non comme des menaces. Silent Hill n’est plus un espace mental instable, mais un décor patrimonial, immédiatement reconnaissable, parfaitement balisé, nous laissant avec un goût amer : à force de vouloir retourner à Silent Hill, Konami et Gans semblent surtout avoir oublié comment s’y perdre.
Fort de ses 4,6 millions d’abonnés sur Instagram, l’influenceur et vidéaste Riadh Belaïche est à l’affiche de son tout premier thriller au cinéma, intitulé N121 – Bus de nuit.
Après la comédie (30 jours max), l’action sur Netflix (GTMax) et plusieurs émissions ou séries (LOL : qui rit, sort !, Validé, Celebrity Hunted – Chasse à l’homme), le comédien change de registre et s’affiche dans un film de genre à la tension permanente, qui part d’une situation banale pour aller progressivement dans différentes extrémités.
La bande-annonce de N121 – Bus de nuit.
Dans le film, trois amis rentrent de Paris après une soirée festive et prennent un bus de nuit. Quand une altercation entre une jeune femme et un passager prend de l’ampleur, ils décident d’intervenir et constatent peu à peu que la situation vire au cauchemar.
En utilisant le bus comme un moyen de créer un huis clos anxiogène, le long-métrage de Morade Aïssaoui joue avec la tension et l’imprévisibilité, tout en développant un fond social. En plus d’offrir à Riadh Belaïche l’un des rôles principaux, le film met en scène une autre influenceuse célèbre des réseaux sociaux, Paola Locatelli, vue l’an dernier dans le film Rapide, sur la Formule 1. N121 – Bus de nuit sort dans les salles de cinéma ce 4 février 2026.
Le premier long-métrage de Morade Aïssaoui
Si le réalisateur Morade Aïssaoui propose avec N121 – Bus de nuit son premier long-métrage, il a notamment écrit plusieurs épisodes de la série Pax Masilia et le film Carjackers de Kamel Guemra. Ce dernier est coscénariste de N121 et a construit la trame du film à la suite d’un trajet nocturne en bus qui a mal tourné, en imaginant comment la situation pourrait dégénérer encore plus loin.
En suivant le quotidien de trois amis de cité, N121 – Bus de nuit fait référence à des films comme La haine (1995) de Mathieu Kassovitz ou Fruitvale Station (2013) de Ryan Coogler, qui mêlent les enjeux sociaux à des décors urbains marqués.
La Bande à Fifi est de retour au cinéma, accompagnée par Jamel Debbouze et par le Marsupilami. Dans ce nouveau film mettant en scène l’animal exotique créé par Franquin, plusieurs personnages sont confrontés à un bébé Marsupilami lors d’une croisière, alors que la créature est convoitée par des braconniers.
Philippe Lacheau réalise cette nouvelle comédie et s’attaque au projet le plus ambitieux de sa carrière.
La bande-annonce de Marsupilami.
Outre le poids évident de l’héritage, il a fallu concevoir et réaliser un Marsupilami suffisamment réaliste pour convaincre (quel espacement entre les yeux ? Quel nombre de points noirs sur quel jaune ?), tout en ayant une marge de manœuvre suffisamment large pour pouvoir raconter l’histoire voulue.
Dans Marsupilami, l’action tourne ainsi autour d’un bébé (et non pas d’un adulte comme dans le film d’Alain Chabat), et l’animal a représenté un véritable challenge pour les équipes, de la conception sur le papier à la réalisation technique et au rendu fini à l’écran.
Comment le Marsu a-t-il été fait ?
Dans le podcast Séance tenante, Philippe Lacheau est ainsi revenu sur la création du Marsupilami. Il confie plusieurs choses. Premièrement, il voulait se démarquer et s’éloigner du film Sur la piste du Marsupilami d’Alain Chabat (même si les deux films sont liés par le personnage de Jamel Debbouze), sans pour autant perdre l’essence du Marsupilami. En un seul regard, le spectateur doit reconnaître l’animal, Philippe Lacheau ayant à cœur à respecter l’œuvre de Franquin.
Ainsi, lorsque le choix de mettre en scène un bébé Marsupilami a été fait, l’équipe technique a conçu un animatronique aux bonnes proportions – bien que la présence de nombreux moteurs dans le visage ait nécessité de le faire un peu plus gros qu’initialement prévu –, Philippe Lacheau désirant le plus possible interagir avec quelque chose de concret et d’authentique. Dans toutes les scènes qui le permettent, le Marsupilami que l’on voit à l’écran est donc un animatronique, commandé à distance, tangible et réel.
Mais le film contient aussi son lot de scènes d’actions impossibles à réaliser avec un animatronique ! Pour toutes ces séquences, le Marsupilami est donc créé par des effets visuels, des VFX, représentés (sur le plateau) par un laser, afin que les acteurs sachent où regarder. Le Marsu a ensuite été finalisé lors de la postproduction.
Marsupilami utilise donc les deux techniques que sont l’animatronique et les effets spéciaux pour donner vie à sa créature exotique selon les besoins. À découvrir directement en salle, sur grand écran, à partir du 4 février 2026.
Après plusieurs années de projets collectifs et de détours par le théâtre, Arnaud Tsamère retrouve le seul-en-scène avec Tous contraints. Présenté pour la première fois à Paris au Café de la Danse le 6 février, le spectacle affiche déjà complet sur l’ensemble des dates parisiennes, confirmant l’attente autour de cette nouveauté. Le comédien signe ainsi sa réapparition en solo, après le succès populaire de La tournée du Trioaux côtés de Jérémy Ferrari et Baptiste Lecaplain.
Le point de départ de ce one-man-show est volontairement absurde : Tsamère se retrouve contraint de remonter sur scène à cause d’un contrat « oublié » signé avec son producteur Jérémy Ferrari, assorti d’une pénalité financière astronomique en cas de manquement. De cette situation découle un fil narratif qui sert de prétexte à une succession de digressions, de raisonnements illogiques et de situations improbables.
Tous contraints s’inscrit dans la continuité de l’écriture de Tsamère. Le spectacle privilégie les ruptures de rythme, les détours narratifs et les changements de registre, avec une attention particulière portée à la mise en scène et au jeu physique. L’humoriste revendique une forme proche du théâtre de l’absurde, où l’inconfort fait partie de l’expérience.
Où et quand voir le spectacle ?
Après une première série de représentations parisiennes jusqu’à mi-mars, le spectacle entamera une large tournée dans les principales villes françaises. Le spectacle passera notamment par Lyon le 25 septembre, Strasbourg le 28 novembre, Bordeaux les 4 et 5 décembre… La tournée s’étendra également à l’international francophone avec une date à Lausanne le 30 octobre.
Le one-man-show se poursuit jusqu’en 2027, notamment à Montpellier le 26 février, puis à Reims le 26 mars. Un nouveau passage est enfin prévu à Paris avec deux représentations les 8 et 9 janvier 2027. En parallèle de ces grandes étapes, Tous contraints sera également joué dans de nombreuses salles de plus petite jauge à travers l’Hexagone, dont l’ensemble des dates est à retrouver sur le site officiel.
Qui est Arnaud Tsamère ?
Tsamère compte aujourd’hui parmi les célèbres figures de l’humour français. Après plusieurs spectacles en solo, notamment 2 mariages et 1 enterrement, gros succès joué à partir de 2019, il a multiplié les expériences scéniques jusqu’à incarner, en 2023-2024, Cyrano de Bergerac sous la direction d’Alain Sachs.
Son association avec Ferrari et Lecaplain à partir de 2022 dans La tournée du Trio a réuni plus de 500 000 spectateurs et a renforcé sa visibilité auprès du public.
La tournée promotionnelle du film« Hurlevent » a débuté et elle ne passe pas inaperçue ! Nouvelle adaptation du classique Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, le film met en scène Margot Robbie et Jacob Elordi dans les rôles iconiques de Catherine et Heathcliff, et dépeint leur relation passionnelle et toxique dans l’Angleterre codifiée du XVIIIe siècle.
Entre romance et vengeance, « Hurlevent » d’Emerald Fennell promet d’être une vision modernisée de l’histoire, avec notamment une bande originale moderne signée Charli XCX et une direction artistique jouant avec un brin d’anachronisme. La promo presse a commencé à travers le monde, et les deux stars Margot Robbie et Jacob Elordi font sensation sur les tapis rouges. Ce qui fait le plus parler ? Leur proximité constante et leurs déclarations d’amour mutuelles.
Shooting photo en commun pour Vogue, éloges lors des talk-shows et interviews américains (Jacob Elordi s’est dit « obsédé » par Margot Robbie, et cette dernière a avoué être « tombée amoureuse » amicalement de l’acteur au point d’en devenir « codépendante »), proximité évidente pendant la promotion : Margot Robbie et Jacob Elordi forment le nouveau couple star de showmance, où l’amitié fusionnelle entre deux personnes est utilisée comme un puissant outil de promotion.
En mettant en avant la complicité et l’admiration réciproque des deux comédiens, « Hurlevent » fait en sorte que la réalité dépasse la fiction et joue la carte du couple amical tendance, à découvrir sur grand écran dans une romance explosive.
Dernier épisode en date ? Margot Robbie a offert à Jacob Elordi une bague massive portant l’inscription d’une réplique d’Emily Brontë : « De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles. »
Margot Robbie gifted Jacob Elordi a set of matching rings to celebrate their film together, ‘Wuthering Heights’
The rings are engraved with a line from Emily Brontë’s novel: “Whatever our souls are made of, his and mine are the same.” pic.twitter.com/4UytBKt6ZC
On adore ou on déteste : c’est quoi la showmance, ce nouvel outil marketing ?
Dans le genre de la showmance, on se souvient encore de la promotion des deux films Wicked. Pendant plus d’un an, les deux actrices Cynthia Erivo et Ariana Grande n’ont pas hésité à clamer leur amour sorore et leur lien indestructible après avoir incarné Elphaba et Glinda. Une promotion marquée par les larmes et les déclarations d’amour.
Sur le premier film Wicked, cette débauche d’amour a fait son effet : le public s’est rué en salles, au point de faire de Wicked le plus gros succès pour une adaptation de comédie musicale au cinéma. Sur le deuxième film, cette attitude a visiblement un peu lassé, au point que Wicked : partie 2 soit entièrement snobé aux Oscars, les votants s’étant détournés en masse du second opus.
Le showmance, la proximité évidente entre deux partenaires de jeu, serait un nouvel outil promotionnel à utiliser avec parcimonie (au-delà du fait qu’il se base probablement sur une réelle affection entre les concernés). Dans le cas de « Hurlevent », la pratique a du sens tant l’histoire d’amour entre Catherine et Heathcliff est faite d’obsession et de passion, mais les réactions sont mitigées sur les réseaux sociaux.
Quand certains soulignent le sex-appeal du couple à l’écran, d’autres évoquent une promotion légèrement malsaine, qui brouille la frontière entre la fiction et la vie réelle, alors même que Margot Robbie est mariée au producteur Tom Ackerley. En attendant, la promotion de « Hurlevent » est loin d‘être terminée et les deux acteurs devraient encore s’afficher ensemble dans les prochains jours.