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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

« The Payback » : pourquoi (re)découvrir le chef-d’œuvre incandescent de James Brown

Par :import
11 février 2026 à 14:25

The Payback, sorti en 1973, ce sont huit chansons fabuleuses, typiques du groove inégalé de James Brown, d’une durée moyenne de neuf minutes. Cet album-concept s’inscrit dans un enchaînement hallucinant, entamé en 1970 avec Sex Machine, et qui s’achèvera en 1974 avec Hell.

En quatre ans, le parrain de la soul marquera à jamais l’histoire de la musique. The Payback s’écoute d’une traite, sans aucun blanc entre les morceaux. Aucun répit.

La mécanique implacable de The Payback

Sur cet opus, Mr. Brown est à son sommet. Ses performances vocales sont époustouflantes par leur originalité et leur puissance, notamment sur le terrible titre éponyme qui ouvre l’album. La guitare de Jimmy Nolan, soutenue par les cuivres, la basse de Sweet Charles Sherrell et la batterie de John Starks, assurent un funk furieux – désormais culte à l’ensemble de l’œuvre.

De son côté, Shoot Your Shot est tout aussi redoutable. Le saxophoniste Maceo Parker y assure des solos étincelants parmi les plus mémorables, tout comme le tromboniste Fred Wesley.

Sur Time Is Running Out Fast, ils trouvent l’espace pour improviser, dialoguer et s’exprimer, presque à bout de souffle. Un titre instrumental qui incarne à lui seul l’essence même de la musique funk, enraciné dans l’Afrique, et dans lequel Wesley occupe une place centrale – il a co-écrit l’ensemble de l’album.

Au sixième titre, alors que l’auditeur est déjà épuisé par tant de groove, le groupe assène deux coups fatals : Stone To The Bone et Mind Power, deux classiques du répertoire James Brown. Ici, les musiciens n’ont plus besoin de se parler. L’osmose est parfaite, précise et implacable.

Plus de cinquante ans après, The Payback inspire toujours la danse et la transe. On y trouve certains des morceaux les plus hypnotiques de James Brown – Stone To The Bone en tête.

Un album né dans la douleur et la révolte

À cette époque, le chanteur vient de perdre son fils dans un tragique accident de la route. Il puise dans ce drame la rage, la fureur et l’agressivité nécessaires pour un grand disque. Il enregistre d’ailleurs Forever Suffering, un titre poignant sur la souffrance et le manque d’un être cher.

Des pauses, des contre-temps, des solos : l’ensemble fait de l’album une œuvre immense. La flûte de St. Clair Pickney, la rythmique féroce et la reprise à 4’30 rendent Mind Power absolument insensé et définitivement intemporel.

Les textes, quant à eux, s’adressent directement à la communauté noire. Les thèmes principaux sont l’égalité, la trahison et résilience – il s’agit ici du vécu de James Brown. Sa colère, écrite noire sur blanc, se traduit aussi par des rythmes puissants qui font mal.

Les bouleversements politiques et sociaux sont alors profonds. Une période de récession s’ouvre, et les minorités ethniques – dont la communauté afro-américaine – sont les premières touchées. La vie devient encore plus dure dans les ghettos, comme à Harlem. Mind Power fait référence à ce contexte, s’adressant directement aux Afro-Américains.

« You see, in the ghetto you find a whole lot of crime » ou « If you don’t work, you can’t eat » : le ton est donné. Pour manger, il faut travailler. James Brown rappelle qu’avant les manteaux de fourrure, il a connu la rue et le labeur acharné.

Shoot Your Shot, de son côté, encourage les individus à affirmer leurs décisions et leurs désirs, sans se laisser influencer et subir les diktats d’autrui. Un message d’indépendance essentiel adressé aux Afro-Américains, dans une lutte – toujours actuelle – pour l’égalité et la justice.

The Payback voit donc le jour dans ce contexte tourmenté, et ses textes reflètent à la fois les états d’âme de l’artiste et les problématiques persistantes de la communauté afro-américaine.

De la soul au rap : l’empreinte éternelle de James Brown

Personne n’atteindra un tel niveau dans la musique noire au cours des décennies suivantes. Hell sortira un an plus tard, mais plus rien ne sera tout à fait pareil pour le chanteur. Le disco emportera tout sur son passage. Bien sûr, il enregistrera encore des chansons mémorables, mais aucun album n’atteindra une telle densité.

Il faudra attendre l’émergence du rap pour lui redonner du prestige et de la présence. Le duo Eric B. & Rakim triomphe en 1987 avec Paid In Full, grâce à leur titre I Know You Got Soul, construit sur le même modèle que le morceau de Bobby Byrd en 1971, produit par James Brown.

De la fin des années 1980 aux années 1990, les rappeurs sampleront abondamment la musique du « Godfather of Soul » : Dr Dre reprendra Funky Drummer sur son Let Me Ride en 1992, Massive Attack utilisera The Payback pour Protection en 1994, Outkast retravaillera Get Up On The Good Foot pour B.O.B. en 2000 – et la liste est encore longue, très longue.

The Payback, vinyle en édition limitée à paraître le 20 février.

« Hurlevent » : que vaut la nouvelle adaptation avec Margot Robbie et Jacob Elordi ?

Par :import
11 février 2026 à 13:55

Catherine Earnshaw (Margot Robbie) vit à Hurlevent, une demeure hostile perdue au milieu des falaises. Aux côtés de son père alcoolique (Martin Clunes) et de Heathcliff (Jacob Elordi), un rejeton ramassé dans la rue par le patriarche, elle voit la fortune des Earnshaw disparaître. Lorsqu’une nouvelle famille, les Linton, s’installe dans une maison à proximité, la vie de Catherine bascule. Mais la passion qui l’unit au jeune Heathcliff, elle, ne fait que s’intensifier…

Se distinguant directement de l’œuvre originale en utilisant des guillemets autour du titre, Emerald Fennell propose un film qui colle à ce qu’elle s’était imaginé en tant que jeune lectrice des Hauts de Hurlevent. Une raison qui lui permet des anachronismes dans la bande originale, les tenues et les décors.

Une photographie riche

Cette liberté donne tout son style à ce film qui se définit avant tout par des visuels époustouflants, à l’instar de ceux que l’on avait déjà pu apercevoir dans Saltburn (2023), le dernier film d’Emerald Fennell, tourné lui aussi avec Jacob Elordi. 

Des jeux visuels qui ne sont pas sans rappeler les period drama les plus célèbres du cinéma, notamment Orgueil et préjugés de Joe Wright (2006). Ainsi, dans le « Hurlevent » d’Emerald Fennell, Margot Robbie et Jacob Elordi se prêtent au jeu des scènes romantiques spectaculaires sous une pluie battante.

Dans cette nouvelle adaptation, la cinéaste se démarque par une photographie finement réfléchie et visuellement impressionnante. Les ciels violet, rouge et orange donnent une tonalité presque fantastique au récit, faisant de l’histoire de Cathy et Heathcliff un conte s’inscrivant en dehors de la réalité. 

Le rouge est omniprésent, notamment dans les tenues de Margot Robbie, et annonce déjà l’aspect tragique de l’histoire entre les deux protagonistes. Des rubans qu’elle porte dans les cheveux aux jupons de ses robes, toutes les nuances de rouge sont représentées et contrastent avec le regard bleu perçant de l’actrice. 

La cheffe costumière, Jacqueline Durran (qui avait déjà travaillé aux côtés de Margot Robbie sur le tournage de Barbie), a soigneusement réfléchi aux 38 costumes sur-mesure portés par le personnage de Cathy. « Hurlevent » se présente comme un film d’époque, mais une époque floue, unique, imaginée par la réalisatrice.

Tragédie romantique

Tout au long de cette adaptation, l’opposition entre les deux personnages est flagrante, tant dans leur caractère que dans leur représentation. Si le roman de Brontë n’est, au départ, pas une romance, mais bien une histoire sombre de revanche sociale et d’obsession, le film s’écarte des thèmes originaux pour se concentrer sur une histoire d’amour tragique bien plus explicite que dans le texte. 

Elordi incarne un Heathcliff plongé dans une noirceur gothique, aux regards et tenues sombres. Son association à Hurlevent est évidente : cette demeure, au cœur d’un environnement hostile, est toujours filmée sans lumière ou presque. C’est le cas dès la première partie, lorsque les deux personnages enfants, joués par Charlotte Mellington et Owen Cooper (révélé dans Adolescence), semblent déjà séparés par une force invisible. 

Catherine seule apporte sa lumière au film. Par ses yeux clairs et sa chevelure blonde, elle est la seule source d’espoir dans la vie de Heathcliff. Leur différence de classe, qui se confirme lorsque Catherine épouse le riche Edgar Linton, renforce cette séparation. 

Le personnage de Catherine est très nuancé. Margot Robbie interprète la pluralité de cette femme tour à tour cruelle, naïve et perfide. L’actrice australienne campe une Cathy habitée par le désir et l’effervescence d’un premier amour qui la hantera toute sa vie. Tout au long du film, elle est observée par sa femme de chambre, Nelly (Hong Chau), juge et témoin secret de cette relation interdite.

La bande originale, signée Anthony Willis et ponctuée de titres conçus par la chanteuse pop britannique Charli XCX, ajoute au tragique de l’histoire. Elle inscrit le mythe dans une époque plus moderne et redonne de l’énergie à des scènes qui manquent parfois de dynamisme. 

Un film haut en symboles

Emerald Fennell se réfugie dans une quantité presque excessive de symboles érotiques à l’écran, les privilégiant à des scènes explicites entre les deux personnages (qui parsèment tout de même le film, raisonnablement). Du jaune d’œuf dégoulinant du doigt à la bouche d’un poisson, les gros plans s’enchaînent et expriment le désir réprimé de Catherine et Heathcliff.

Dans les dialogues, les références aux amants maudits sont nombreuses. Isabella Linton (Alison Oliver) raconte à son frère le synopsis de Roméo et Juliette de William Shakespeare juste avant de rencontrer Catherine. Un présage (poussif) qui ne tardera pas à se confirmer, sans toutefois égaler le tragique de la pièce de Shakespeare. 

Les personnages sont eux aussi (un peu plus habilement) truffés de symboles. Isabella est réduite à une enfant par son frère. Elle fabrique des poupées, porte des rubans à outrance et semble figée dans une candeur superficielle. Mais ce n’est que pour cacher l’émoi de la jeune femme, qui devient rapidement obsédée par Heathcliff.  

La bande-annonce de « Hurlevent »

La réalisatrice fait d’ailleurs de ce personnage iconique de la littérature un objet de désir et de mystère, au centre de son récit. Tout converge vers Heathcliff, du début jusqu’à la fin du film. Cette version du personnage est cependant bien moins sombre que celui du roman, ce qui adoucit considérablement le récit.

Avec « Hurlevent », Emerald Fennell signe une adaptation qui se détache volontairement de l’œuvre initiale, en créant une vision fantasmée de la relation entre Catherine et Heathcliff. Un parti pris de mise en scène convaincant, à l’instar du casting cinq étoiles. Car, sans lui et la claque visuelle pop et gothique assenée par Emerald Fennell, difficile de dire ce que l’on aurait réellement retenu de cette nouvelle réinterprétation d’un classique de la littérature, si ce n’est un fantasme d’adolescent…

« Parler plutôt que chanter, c’est mon refuge » : Dry Cleaning hypnotise le post-punk

Par :import
11 février 2026 à 10:50

Oubliez la rage du post-punk. Chez Dry Cleaning, la résistance se murmure et se scande avec le flegme d’un thé infusé trop longtemps. Lorsqu’on la joint par visio, la leadeuse Florence Shaw est à l’image de ce que l’on imaginait d’elle : habitée et résolument anti-étiquette. Elle est là pour nous parler du nouvel album du groupe, sobrement intitulé Secret Love, sorti en janvier 2026.

On y retrouve l’ADN du quatuor londonien : un rock anguleux, des guitares nerveuses et toujours ce spoken word qui sert de point d’ancrage à la musique. Mais Secret Love marque aussi une évolution nette dans la discographie de Dry Cleaning. Avec l’arrivée de la Galloise Cate Le Bon à la production, le son se fait ici plus chaleureux, flirtant parfois avec la pop, tout en conservant sa tension sèche et ce sens aigu de l’ironie so british. Autre nouveauté : Shaw ne se contente plus de parler, elle laisse parfois entrer la mélodie. 

Nous avons discuté avec elle de ses inspirations, de sa passion pour Bad Bunny et de ce « non-chant » si emblématique.  

L’album s’appelle Secret Love. Un titre qui évoque quelque chose d’intime, de romantique. De quoi s’agit-il exactement ?

Dans certaines chansons, il est question de sentiments très intimes – parfois romantiques, parfois simplement une forme de tendresse très chaleureuse. Des choses que l’on garde près de soi, non pas pour les cacher, mais pour les protéger. Quelque chose qu’on n’a pas forcément envie d’exposer au monde extérieur. Une sorte de jardin secret. 

Tu as souvent parlé de ta manière d’écrire tes chansons en collectant des fragments, comme des bouts de conversations entendues, des phrases lues, des petits détails du quotidien. Ce processus a-t-il évolué pour cet album ?

Oui, beaucoup plus de choses se sont écrites directement en salle de répétition. Au lieu d’arriver avec des éléments déjà collectés, j’écrivais davantage sur le moment, en réaction à la musique.

J’ai toujours assemblé mes textes dans la pièce, avec le groupe qui joue, mais là j’ai beaucoup plus écrit directement. J’ai aussi utilisé des objets que je collectionne, comme des cartes postales, des cartes de visite, pour m’inspirer, pendant que le groupe jouait. L’écriture était très immédiate sur cet album.

On a l’impression d’une écriture presque dadaïste. 

Oui, complètement. 

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Le groupe britannique Dry Cleaning

Plusieurs chansons évoquent la désinformation, les fake news. Est-ce l’air du temps qui t’a inspiré ? 

Oui, je me sens assez agressée par la quantité de messages auxquels on est exposés chaque jour. Et beaucoup sont malsains. Je ne parle pas forcément des réseaux sociaux. J’ai l’impression que les médias deviennent de plus en plus polarisés, sans laisser beaucoup de place à la nuance ou à la discussion. Tout est rapide, court, bruyant. Ça donne l’impression d’être enfermé dans une pièce remplie de gens qui hurlent en même temps. 

Rocks, extrait de l’album Secret Love

C’est votre premier album avec la musicienne galloise Cate Le Bon à la production. Qu’a-t-elle apporté de nouveau à Dry Cleaning ?

Elle a pris très au sérieux la dimension émotionnelle des morceaux. C’était quelque chose d’important pour elle. Cate a une capacité rare à comprendre à la fois le langage technique – le studio, la fabrication d’un disque – et ce qui vient des tripes. Dans Dry Cleaning, chacun a un peu son terrain de prédilection : certains sont plus techniques, d’autres plus émotionnels. Et elle parlait tous ces langages.

Elle a vraiment pris le temps de comprendre chacun d’entre nous. Et ça m’a immédiatement rassurée. Travailler avec un·e producteur·rice est toujours un pari, avec beaucoup d’enjeux, y compris financiers. Mais très vite, j’ai senti qu’elle était sincèrement touchée par la musique. Et ça change tout.

On continue de qualifier Dry Cleaning de groupe « post-punk ». Comment définierais-tu votre son aujourd’hui ?

Je n’ai jamais été très attachée aux genres. C’est paradoxal, parce que j’adore classer, organiser, trier… mais pas en musique.

J’ai toujours été plus intéressée par le contenu que par la forme : ce que quelqu’un dit, comment il le dit, la tension, l’émotion, plutôt que le style musical. Cela dit, les étiquettes sont utiles. Quand on a commencé, l’étiquette « post-punk avec voix parlée » a aidé beaucoup de gens à nous trouver. Donc je n’ai aucun problème avec ça. Mais notre « vraie » étiquette, si elle existe, reste à inventer.

Ce nouvel album est plus mélodique que les deux précédents. Quelles influences ont accompagné cette évolution ?

Il y a énormément de choses. J’adore les films du réalisateur suédois Roy Andersson, et notamment un documentaire sur sa manière de travailler, Being a Human Person. Il m’a beaucoup nourrie.

Il y a aussi ce documentaire complètement fou sur Elton John, Tantrums and Tiaras (1997), filmé par son compagnon avec une simple caméra. On le voit vivre, faire des crises, être drôle, très tendre… J’ai adoré.

Musicalement, Joanna Sternberg m’a beaucoup marquée. Ses chansons sont presque des pages de journal intime, très révélatrices, mais aussi très drôles, avec une vraie personnalité vocale.

Ta voix parlée est devenue une signature forte du groupe. Comment s’est-elle imposée ?

J’ai toujours aimé la musique avec une dimension parlée. Ça me semblait excitant, presque désobéissant. Gil Scott-Heron, The Last Poets, The Sunscreen Song de Baz Luhrmann, la chanson de The Orbs Little Fluffy Clouds… J’étais toujours attirée par ça.

Quand j’ai rejoint le groupe, Nick (Buxton, le batteur de Dry Cleaning -ndlr) m’a envoyé une petite playlist de voix « non conventionnelles », juste pour m’ouvrir l’esprit et me rassurer. Et tout à coup, cela m’est apparu comme un évidence.

Aujourd’hui, ma voix est plus mesurée, presque hypnotique, comme un mantra. C’est très apaisant, presque méditatif. J’y trouve beaucoup de plaisir.

Est-ce frustrant parfois de ne pas vraiment « chanter » ?

Pas du tout. Parce que je suis juste moi-même. Cette voix est déjà en moi. Chanter, au contraire, me fait me sentir plus exposée, plus vulnérable. Parler, c’est mon refuge. 

Y a-t-il un morceau qui représente le mieux Dry Cleaning aujourd’hui ?

C’est difficile d’en choisir un. I Need You revient souvent. Il est très méditatif, avec très peu de guitare, beaucoup de claviers, ce qui est inhabituel pour nous. On sort tous un peu de notre zone de confort sur ce titre.

Let Me Grow and You’ll See the Fruit est aussi une chanson importante : elle n’est pas radical, mais elle capture une ambiance que nous cherchions depuis longtemps. 

Comment imagines-tu ces chansons vivre sur scène ?

Avec beaucoup de contrastes. Des moments très calmes, quasi acoustiques, et d’autres très agressifs, presque sensoriels. J’aimerais pousser ces extrêmes, rendre les concerts plus dynamiques, presque théâtraux dans leur construction.

Tes textes sont souvent comparés à de la poésie. Que lis-tu en ce moment ?

J’aime beaucoup le travail de Ntiense Eno-Amooquaye, une artiste et poétesse basée à Peckham, membre du collectif Intoart. Ce sont des textes très courts, très précis, avec des juxtapositions étranges entre quotidien et imaginaire.

Je reviens aussi souvent à la poétesse américaine Chelsea Minnis, notamment son livre Baby I Don’t Care. Des poèmes indisciplinés, excessifs, très intenses, souvent autour de l’amour.

Quels albums t’ont accompagnée ces derniers mois ?

J’ai beaucoup écouté et adoré Just Another Diamond Day de Vashti Bunyan, surtout à l’automne 2025. J’ai aussi énormément écouté Bad Bunny l’an dernier. DeBÍ TiRAR MáS FOToS est un disque tellement formidable. Et toute l’esthétique visuelle et toute la direction artistique autour de cet album étaient vraiment inspirantes

Et puis l’album Non Stop Ecstatic Dancing de Soft Cell, Aphex Twin… J’écoute les mêmes disques encore et encore, au grand désespoir de mes colocataires.

As-tu envie de continuer à explorer de nouveaux sons, de nouvelles choses ?

Oui, j’adore aller ailleurs, être « débutante », apprendre de nouvelles choses. C’est même comme ça que je suis arrivée dans Dry Cleaning.

La tournée va prendre beaucoup de place, mais c’est aussi un moment propice pour lancer des projets parallèles, des expositions, des idées en gestation. J’ai plusieurs choses sur le feu pour cette année et c’est très excitant.

Reçu hier — 10 février 2026

« Send Help » : Sam Raimi transforme le survival en comédie tordue et jubilatoire

Par :import
10 février 2026 à 16:55

Linda Liddle (Rachel McAdams) est responsable stratégie et projets assidue et douée dans une grosse entreprise de la tech. Elle a des souliers fétiches pour se donner du courage les jours où elle a le trac, et le soir, elle potasse des techniques de survie dans l’espoir, un jour peut-être, de participer à son émission d’aventure préférée tout en papotant avec sa perruche. Avancer dans la boîte ? Le PDG le lui avait promis. Sauf que rien n’a été marqué noir sur blanc. Et que c’est le fils du big boss, Bradley Preston (Dylan O’Brien, découvert dans la série Teen Wolf), qui va prend la relève à la mort de son père. Un garçon arrogant, sexiste et vicieux, pour qui l’esprit de boys club prime sur la loyauté et la méritocratie. 

Linda ? Elle le « dégoûte », tout simplement. Mais il a besoin de ses talents encore quelque temps avant de préparer son éviction. L’irritant golden boy va donc l’embarquer dans un voyage d’affaires sans se douter que le crash de leur jet va brutalement rebattre les cartes. Les voilà désormais naufragés sur une île déserte. Les deux collègues vont-ils réussir à cohabiter ? Parviendront-ils à survivre dans cet environnement aussi paradisiaque qu’hostile ?

 Send Help de Sam Rami

Rachel McAdams et Dylan O’Brien dans Send Help

Si la trame de Send Help peut paraître classique – deux personnes que tout oppose contraintes de s’apprivoiser – elle va rapidement prendre des chemins de traverse. Car le réalisateur Sam Raimi (Spider-Man, The Grudge) va s’amuser à multiplier les chausse-trappes et entremêler joyeusement les genres. On débute ainsi sur un arc qui ressemblerait presque à une rom-com un peu nunuche avant de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus surprenants. 

Un réjouissant jeu de massacre

Renouant avec l’humour noir décalé et l’horreur cartoonesque de ses débuts (Evil Dead), Raimi parvient à créer un malaise comique particulièrement jubilatoire, triturant nos nerfs et flirtant avec les limites. Dans ce huis clos à ciel ouvert, le binôme McAdams et O’Brien fonctionne à plein régime, jouant la carte du Kho-Lanta burlesque avec délectation. C’est too much, absurde et irrésistible pour qui aime le sens du tempo, les twists et le goût de l’outrance du réalisateur. 

Derrière ce (classique) dispositif d’inversion des rôles, le film ausculte également les rapports de pouvoir, les dynamiques toxiques du monde professionnel et le sexisme systémique. Raimi pousse les curseurs à fond, mais la toile de fond, elle, renvoie à un cauchemar encore bien trop réel.

Send Help n’est pas un simple film de survie, ni une comédie conventionnelle. C’est une satire sociale grinçante, navigant entre Misery et Seul au monde, où Raimi transforme le survival en laboratoire cruel, révélant des monstres d’une banalité glaçante. 

Send Help, un film de Sam Raimi avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien…

Sortie en salle le 11 février 2026. 

La locataire : que vaut le nouveau roman de Freida McFadden ?

Par :import
10 février 2026 à 08:00

La publication, en France, des romans de Freida McFadden se poursuit. Après le succès de la trilogie La femme de ménage (en librairie comme au cinéma), La psyLa prof et Le boyfriend, les éditions City continuent de proposer l’œuvre de l’autrice dans nos contrées avec La locataire (The Tenant), initialement publié aux États-Unis en mai 2025.

Les éditions City proposent désormais les nouveaux romans de l’autrice en suivant l’ordre de publication originaleLa locataire étant donc l’un de ses titres les plus récents. Tout en gardant ses codes et son style désormais connus, le roman propose un thriller psychologique qui parvient à se démarquer du reste de sa bibliographie grâce à son point de vue original.

Dans la peau d’un homme

Blake et Krista ont tout pour eux. Fiancés, propriétaires d’une belle maison de Manhattan et heureux « parents » d’un poisson rouge nommé Goldy, tout semble aller pour le mieux. Blake vient même d’obtenir une promotion prestigieuse, laissant entrevoir un futur aisé.

Seulement, du jour au lendemain, le voilà licencié, son patron l’accusant d’avoir vendu des secrets internes à des concurrents. Quand l’argent vient à manquer, le couple se résout à accueillir chez eux une locataire, Whitney, d’apparence parfaite sous tous les rapports. Très vite, Blake commence à avoir des doutes concernant cette étrange colocataire.

La locataire débute ainsi comme tous les autres romans de Freida McFadden. Le statu quo des personnages change et une certaine paranoïa s’installe. Seulement, pour la toute première fois, l’autrice – qui conserve une narration subjective à la première personne – se glisse dans la peau d’un homme, s’éloignant ainsi des nombreux protagonistes féminins qu’elle a pu créer. Blake est le personnage principal de l’histoire et le lecteur évolue avec lui, à mesure qu’il devient sûr que Whitney cherche à détruire sa vie.

En suivant un point de vue masculin, Freida McFadden apporte une certaine fraîcheur à son récit, s’exprimant différemment et mettant en avant une autre psychologie, d’autres problématiques et un autre rapport aux événements. Dans les remerciements du livre, l’autrice évoque d’ailleurs la participation de son mari, qui a ajusté le ton au début de l’écriture, en lui disant qu’un homme dirait ou ne dirait pas certaines choses. Si La locataire revient aux codes habituels de l’écrivaine (avec ses qualités et ses limites), ce changement de point de vue constitue l’intérêt principal du roman. 

Tout le monde ment

Avec La locataire, Freida McFadden s’intéresse aux notions de vérité et de mensonge. Elle dépeint également la différence de perception d’un même événement (qu’il soit anodin ou dramatique) selon les personnes. Thriller psychologique qui monte crescendo dans le malaise, le livre joue avec les retournements de situation et la double narration, caractéristiques du style McFadden. Tout le monde ment, plus ou moins, forçant le lecteur à continuellement questionner ce qu’il croit savoir. Le point de vue subjectif ne remet pas en cause ce sentiment : même si le protagoniste raconte lui-même son quotidien, il est difficile de savoir à quel point il se ment à lui-même ou omet des détails qui pourraient avoir de l’importance. 

Néanmoins, les limites du style Freida McFadden peuvent se faire ressentir : après avoir lu plusieurs de ses romans, les ficelles commencent à se voir si on creuse un peu trop, et ce qui apparaissait comme des twists malins au début risque de se transformer en ingrédient surexploité. Ce constat n’enlève rien à l’aspect addictif de La locataire. Comme pour les autres romans, il bénéficie d’une écriture limpide, rapide et efficace qui donne envie de découvrir la suite de l’intrigue. Avec Freida McFadden, on est désormais en terrain familier : la recette est assimilée, connue, mais le plaisir de s’y replonger demeure intact.

La déchéance physique et psychologique

La majorité du livre s’attarde à montrer comment Blake, jeune homme de 32 ans qui réussit en tout, perd peu à peu pied lorsqu’il perd son travail. L’arrivée de Whitney au sein de la demeure familiale précipite sa chute. Persuadé qu’elle lui veut du mal, il se retrouve seul face aux autres et tombe dans une spirale infernale. Il crée ainsi le doute chez sa fiancée et ses amis, au point que l’injustice de la situation apparaisse comme insoutenable, même pour le lecteur.

Les événements vont loin et, si le protagoniste fait (souvent) le mauvais choix, on ne peut qu’apprécier la façon méthodique dont Freida McFadden le détruit, physiquement et psychologiquement, comme s’il était le cobaye d’une expérience sociologique. Sans empathie, le livre navigue à travers des situations extrêmes de violence, macabres, mais aussi hypnotiques. La locataire, sans révolutionner le monde du thriller, confirme que Freida McFadden a un style bien à elle, qu’elle déroule avec beaucoup de facilité et d’efficacité à chaque nouveau récit.

Reçu avant avant-hier

Ambre : qui est la gagnante de la Star Arc qui a ému (et conquis) le public ?

Par :import
9 février 2026 à 16:20

Dès les premières notes, le doute n’avait plus sa place. Sur le titre Firework de Katy Perry, Ambre ouvrait le bal de cette finale explosive avec une performance puissante et habitée, éclipsant une Léa en manque de justesse – prémices d’une soirée pleine de rebondissements.

Durant près de trois heures de show, la candidate de 18 ans a électrisé la scène du studio 217, naviguant avec aisance entre les genres. De son duo intimiste sur Adieu mon cœur avec Helena (demi-finaliste de la saison 2023) à son solo hypnotique sur Bad Romance de Lady Gaga, Ambre a dévoilé, jusqu’à son ultime tableau, une âme d’artiste incontestable.

Une jeunesse bercée par la musique

Ambre Jadah grandit entre la Martinique, le Maroc et la Guadeloupe. Un multiculturalisme riche, qui nourrira très tôt sa fibre artistique. « J’ai eu la chance de vivre dans plusieurs endroits magnifiques, ça m’a ouvert les yeux sur le monde« , confiait-elle dans son portrait diffusé sur TF1.

Animée par une curiosité débordante, elle se passionne pour de multiples disciplines : le dessin, le piano, la danse, le doublage, et même la boxe – une pratique qui la canalise. Mais au fond, une seule aspiration guide la jeune fille : faire carrière dans la musique. Son rêve absolu ? Devenir la plus grande popstar de sa génération.

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Bien plus qu’un simple songe, c’est une conviction. Ambre veut chanter, et elle est prête à tout pour y parvenir. À deux reprises, elle tente sa chance aux castings de The Voice Kids… sans succès. Pourtant, ces refus n’atteignent en rien sa détermination.

Inscrite dans un lycée parisien spécialisé en musique, elle décroche son baccalauréat sous l’impulsion de sa mère, qui voit dans ce diplôme une issue de secours. Mais l’adolescente n’a pas dit son dernier mot. Elle se lance alors dans l’aventure Star Academy – et la suite, vous la connaissez déjà.

Quand chanter rime avec émouvoir

Elle l’avait affirmé fièrement lors d’un épisode : « Je suis chanteuse, j’ai toujours chanté […] j’ai toujours fait beaucoup de musique, depuis que je suis toute petite. C’est pour ça que pour moi, la Star Ac’, c’était une évidence. »

Dès les premiers primes, le talent artistique d’Ambre s’impose comme une évidence. Ses performances, puissantes et envoûtantes, séduisent aussi bien les téléspectateurs que les professeurs, faisant d’elle la grande favorite de cette treizième saison.

« Je suis chanteuse, j’ai toujours chanté […] j’ai toujours fait beaucoup de musique, depuis que je suis toute petite. C’est pour ça que pour moi, la Star Ac’, c’était une évidence. » Ambre

Tout au long de l’émission, la jeune femme s’approprie les défis avec une facilité déconcertante. Parmi ses passages marquants, son interprétation théâtrale du Dîner de Bénabar. Sur ce morceau, la candidate sort habilement de son registre habituel pour proposer une prestation légère et amusante – relayée massivement sur les réseaux sociaux.

Mais ce qui fait la singularité d’Ambre, c’est surtout sa capacité à faire briller les yeux de ceux qui l’écoutent. Dès sa première apparition sur scène, sur Entrer dans la lumière de Patricia Kaas, elle dévoile une sensibilité à fleur de peau, ne laissant personne indifférent.

Authentique, elle n’hésite pas à se livrer intimement, notamment sur son enfance tourmentée. Sa reprise tout en retenue de Si seulement je pouvais lui manquer de Calogero, dédiée à son père souvent absent, bouleverse le public : « J’ai toujours eu un père hyper absent, je le vois très peu. La dernière fois que j’ai dû le voir, c’était il y a un an et demi », déclarait-elle.

Talentueuse, persévérante et entière : visiblement, l’artiste de 18 ans a toutes les cartes en main pour réussir. 

Et la suite ?

Ces dernières années, la Star Academy a ouvert de précieuses portes aux précédents vainqueurs – Marine et Pierre Garnier – mais aussi à plusieurs candidates marquantes comme Marguerite, qui a cartonné avec son titre les filles, les meufs, ou Helena, nommée aux Victoires de la Musique 2026 dans les catégories « Révélation féminine » et « Révélation scène ».

Alors, la carrière de grande popstar rêvée par Ambre est-elle plus proche qu’elle n’y paraît ? Pour l’heure, place à la tournée. Aux côtés de Léa, Victor, Sarah, Bastiaan, Anouk, Théo P, Mélissa et Jeanne, la jeune gagnante partira dès le 8 mars sur les routes de France pour plus de 70 concerts, dont trois dates exceptionnelles à l’Accor Arena de Paris.

L’occasion de (re)découvrir ses performances mémorables sur scène, en attendant la suite.

Harris Dickinson : l’anti-golden boy britannique à la conquête d’Hollywood

Par :import
9 février 2026 à 13:55

Mannequin désabusé ou encore prince de conte de fées, Harris Dickinson aurait pu rester captif de sa propre image. Pourtant, son premier long-métrage Urchin – présenté au Festival de Cannes 2025 dans la catégorie Un Certain regard – révèle une autre facette : celui d’un acteur au physique de premier de la classe devenu cinéaste, porteur d’un engagement social assumé. En quoi ce jeune natif de Londres se distingue-t-il réellement ? Zoom sur une trajectoire singulière, où l’exigence artistique l’emporte résolument sur le confort des blockbusters trop lisses.

De l’ombre des Beach Rats à la lumière de la Palme d’Or

Beach Rats, 2017. Le premier grand frisson d’Harris Dickinson. L’acteur, alors tout jeune, crève l’écran en incarnant Frankie, un ado de Brooklyn en pleine quête identitaire. Pris dans une tourmente familiale, entre une mère aimante et un père mourant, le jeune homme noie son mal-être dans la drogue et les rencontres clandestines.

Dans ce film, réalisé par Eliza Hittman, l’intensité silencieuse de Harris Dickinson frappe déjà et ce rôle, viscéral, marque les prémices de son obsession pour les marginaux.

Avec son allure de golden boy britannique – qu’il met à profit en incarnant le Prince Philippe dans Maléfique : Le Pouvoir du mal en 2019 –, il ne se contente pas de jouer les beautés figées, mais préfère malmener son image en privilégiant des partitions sombres et fragiles. 

Et la véritable bascule s’opère sous la direction de Ruben Östlund. Le cinéaste suédois, passé maître dans l’art de la provocation, lui offre l’un des rôles principaux dans le grinçant Sans Filtre. Il y campe Carl, un mannequin niais, compagnon de l’influenceuse Yaya (la regrettée Charlbi Dean Kriek), propulsé malgré lui dans un luxe qu’il ne fait qu’entrevoir, devenant le miroir d’une époque obsédée par l’apparence et le statut.

Une satire sociale folle – prouvant chez l’acteur un sens de l’autodérision rare – qui se verra récompensée par la Palme d’Or lors du Festival de Cannes en 2022. Une consécration qui propulse Dickinson, l’installant définitivement comme l’un des nouveaux visages audacieux du septième art.

L’acteur devient cinéaste

Car il y a une forme de dualité fascinante chez Dickinson. Alors qu’il aurait pu se contenter d’enchaîner les rôles de jeunes premiers, on le retrouve derrière la caméra à seulement 29 ans avec Urchin, son premier film qui suit Mike (Frank Dillane), un jeune sans-abri luttant pour sa survie dans la capitale anglaise.

Formé à la RAW Academy de Londres, l’acteur a toujours baigné dans une culture de création. Comme il le confiait à Numéro en mai 2025 « Je ne dirais pas qu’être acteur n’était plus assez pour moi, mais l’envie de réaliser est présente depuis ma jeunesse. Si je suis honnête, c’était mon premier amour. Réaliser des courts-métrages, des vidéos de skate à l’âge de dix ans, j’adorais cela.« 

La genèse d’Urchin est alors irriguée par une quête de vérité prenant source dans des maraudes menées régulièrement par l’acteur, accompagné d’Under One Sky, une association londonienne. « Je suis toujours engagé. Quand je suis chez moi et que j’ai le temps, j’essaie toujours de donner un coup de main », confiait-il à Vanity Fair. Et c’est précisément ce regard authentique qui fait de son long-métrage un fascinant et puissant coup d’essai.

En choisissant la précarité urbaine comme sujet de son premier film, Dickinson s’inscrit dans la lignée du réalisme social britannique, héritage brut de Ken Loach. Sa caméra devient alors un outil d’engagement total, mue par la nécessité de raconter ceux que la société ne regarde plus. Plus qu’un exercice de style, Urchin est une leçon d’humanité, une preuve d’empathie qui ne s’apprend sur aucun banc d’école de théâtre.

Le nouveau « working class hero » d’Hollywood ?

Impossible de ne pas tracer un parallèle avec l’Irlandais Paul Mescal. Les deux jeunes acteurs, nous venant tout droit du Royaume-Uni, incarnent cette nouvelle génération qui refuse la facilité des franchises de super-héros pour privilégier des projets plus indépendants.

Une trajectoire exigeante qui porte ses fruits puisqu’on l’a vu franchir un nouveau cap majeur en 2025 avec Babygirl. Long-métrage dans lequel il joue le jeune amant de la légendaire Nicole Kidman. Une prestation aussi toxique qu’électrique qui l’aura définitivement installé dans la cour des grands, prouvant qu’il possède le charisme nécessaire pour conquérir l’impitoyable Hollywood.

Et la suite s’annonce historique. L’acteur britannique a été choisi par Sam Mendes pour incarner John Lennon dans le projet pharaonique des quatre films sur les Beatles prévu pour 2027. Un choix qui sonne comme une évidence tant il possède cette fibre Working Class Hero – titre du morceau culte de Lennon (1970) dénonçant les structures sociales et la déshumanisation des classes populaires.

Untitled Beatles Movie: John Lennon : Photo Harris Dickinson

Harris Dickinson en John Lennon © Sony Pictures

En digne héritier de la tradition britannique, Harris Dickinson ne se contente pas d’être l’acteur du moment : il façonne une carrière cohérente et engagée. Entre le bitume londonien et les projecteurs hollywoodiens, il sera indiscutablement l’un des artistes les plus passionnants à suivre ces prochaines années.

Sexualité, jeunesse dorée et parentalité  : « LOL » est-il toujours aussi culte 17 ans après ?

Par :import
7 février 2026 à 07:00

De la jeunesse des années 2000 que j’ai vécue émerge une constellation de marqueurs : les Converse en lambeaux, les agressions auditives des wizz de MSN, l’iPod nano tant convoité (sur lequel Linkin Park aurait rimé avec replay), ce sentiment si adolescent d’être incompris… Et le souvenir un peu flou d’un film de 2009 qui agrégeait tout ça : LOL (Laughing Out Loud). Alors, quand, 17 ans plus tard, la réalisatrice Lisa Azuelos a annoncé lui donner une suite (LOL 2.0), un pic de nostalgie a été détecté chez un pan de la génération Y, ainsi qu’une crise de doutes : c’était vraiment bien, LOL ?

« Une parfaite comédie romantique subtilement superficielle », selon Télérama. « Une comédie bourge à haute teneur sarkozyste », selon Libération. Dans les critiques à sa sortie, la chronique de l’adolescence divise. Dans la cour du collège, ses punchlines et le miroir qu’il nous offre fédèrent une partie de mes camarades, notamment les filles.

Quelques 3 600 000 spectateurs le découvrent au cinéma, et nombre d’autres, moi compris, le rattraperont sur la télévision ou le PC parental. Mais, excepté quelques bribes musicales, Little Sister en tête, et la trace d’un bon moment, peu de souvenirs de mon côté. Et surtout une peur en le revoyant une fois adulte : que le film « culte » pour toute une génération ait vieilli comme les Skyblogs de l’époque. 

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Le teen movie à la française des années 2010

Trigger warning aux esthètes et puristes du 7e art : si vous n’avez pas d’adolescent à la maison, et que vous n’avez pas disséqué un cœur de porc en SVT dans les derniers mois (ce qui est mon cas), LOL n’a peut-être pas sa place dans votre watchlist Letterboxd. Le jeu d’acteur peut paraître maladroit, les dialogues clichés, la playlist Rolling Stones-Marie Laforêt un poil anachronique pour des millenials… Mais sont-ce vraiment là les critères de jugement d’un jeune spectateur quand il lance un teen movie ?

Si les amourettes de Lola (incarné par Christa Théret) et ses amies du lycée ont constitué un « choc culturel » pour Lena Haque, en classe de 4e à la sortie du film, c’est parce que c’était la première fois que la jeune fille se reconnaissait autant à l’écran dans une production française. « J’ai revu le film adulte et il n’est pas très bon, avoue celle devenue journaliste cinéma depuis. Mais quand tu le regardais jeune, il y avait un truc de miroir très fort. Dans la façon de parler, dans les vêtements, dans le rapport aux parents… Et émotionnellement, c’était une représentation très fidèle des ados de l’époque ».

Il faut avouer qu’entre les salles de classe décrépies, le voyage scolaire en Angleterre, les messages MSN pour ne rien dire et les coiffures défiant les lois de la gravité, l’attachement générationnel reste fort pour un certain nombre de lycéens des années 2000. Et puis, pourquoi revoir un film d’ado une fois adulte, si ce n’est pour la nostalgie ? Malgré quelques dérapages à la American Pie (droguer sa grand-mère pour que la soirée puisse battre son plein), la capsule temporelle de toute une jeunesse demeure assez juste. Mais pas n’importe quelle jeunesse. 

La liberté « sexe, drogue et rock and roll » d’une jeunesse dorée

Quand Lola peut organiser une beuverie sans parents pour son anniversaire, je comprends que j’aie pu l’envier. Même chose pour Maël (joué par le stylé Jérémy Kapone), qui remplit des salles avec son groupe de rock. Jusqu’à leur style vestimentaire (lunettes wayfarer vissées au nez), ils avaient l’air de cool kids. Et surtout d’ados si libres dans un Paris si attrayant pour le petit jeune du Grand Est que j’étais. « Ça correspondait exactement à la vie que j’aurais voulu avoir ado, se rappelle Kenza, qui avait regardé le DVD à ses 12 ans jusqu’à le rayer. Ils font un peu ce qu’ils veulent, moi j’avais des parents beaucoup plus stricts. Ils ont quand même une vie “sexe, drogue et rock and roll”. »

Mais maintenant que la Bretonne devenue Parisienne en a 29, le revisionnage a été assez « cringe ». Cette liberté tant enviée semble surtout l’apanage de la jeunesse dorée du XVIe arrondissement représentée dans le film… Sans être vraiment explicitée. « On ne te fait pas comprendre dans le film qu’ils sont super riches, alors que c’est une classe sociale qui n’est pas du tout la nôtre », ajoute Kenza. Car quel lycéen lambda peut s’acheter une guitare en voyage scolaire, jouer au poker jusqu’à 5 heures du matin en semaine et porter autant de fringues de marque ?

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« Le film ne passerait pas le test de la diversité, affirme Célia Sauvage, coautrice pour Les teen movies (Virin, 2011). Au sein de cet univers très blanc, bourgeois, hétéronormé, il faudrait repenser toute la représentation du couple gay, de l’unique personnage racisé (Mehdi) et de l’unique personnage handi totalement infantilisé et cliché lors du voyage en Angleterre. » Malgré la nuée de stéréotypes et la réalité socio-économique très marquée du film, la docteure en études audiovisuelles tient à en souligner un élément novateur : « La centralité de l’expérience féminine ». 

Enfin une héroïne féminine… mais dans un monde sexiste

Quand j’ai lancé un appel à témoignages pour cet article, un motif récurrent s’est dégagé de la vague de réponse : 90 % d’entre elles venaient de femmes. Ou plutôt d’anciennes adolescentes nées dans les années 1990. À la sortie de LOL, nombre d’entre elles s’étaient réjouies de pouvoir enfin s’identifier aux relations familiales, amicales, amoureuses… mais aussi sexuelles du personnage principal d’une comédie française. Avec, par exemple, une libido digne de Sex Education chez Charlotte, une amie de Lola : « Le film rend visible la sexualité et le désir féminin au point de s’attacher lourdement à démontrer qu’il ne s’agit pas d’une obsession masculine, contrairement aux clichés du genre », analyse Célia Sauvage. 

 LOL-laughing-out-loud-Sophie-Marceau

Ce cocktail sentimental a abreuvé l’éducation affective de toute une génération de jeunes filles. Comme Mara, 26 ans, qui fait un « transfert total » sur Lola. « Je me suis forgé mon idée de l’adolescence, de l’entrée dans la sexualité, de la relation mère-fille avec Twillight, Le Dico des filles, et ce film-là », se remémore-t-elle. Mais, quand elle le revoit une dizaine d’années plus tard, c’est une « petite trahison ». Au-delà de sa qualité cinématographique inégale, le fond lui paraît « catastrophique : il n’y a pas un dialogue qui ne parle pas de mec ou de sexualité entre les copines, même avec sa mère, se désole-t-elle. Tout passe par le regard masculin. Et les garçons insultent les filles tout le temps. »

Il est vrai que je ne m’étais pas préparé à ce que le compteur du mot « pute » – ou sa variante « pouffe » pour les adultes – s’emballe autant (première occurrence dès 1:31). Un trope toxique parmi tant d’autres, comme le discours anti-sexe de la maman, le slutshaming de la camarade De Peyrefitte (qui n’a même pas de prénom), le harcèlement de l’ex de Lola… Mais malheureusement assez justes sur l’époque. « Ça montre la violence de l’adolescence des années 2010, avant que des sujets comme le consentement ou le harcèlement se démocratisent plus chez les jeunes, avance Lena Haque. Et le film n’a pas essayé d’édulcorer ça. » Même si certains passages, tel le fantasme élève-prof, peinent à passer le filtre post-#MeToo.

“C’était un peu la première fois qu’on se voyait dans un film avec ma mère”

Dernière surprise, et non des moindres, lors de ma projection de 2026 : une bonne moitié des personnages s’étaient évaporée de ma mémoire – les parents. Pourtant, parmi les scènes qui restent parfois justes, parfois touchantes, celles réunissant adultes et ados s’en tirent étonnamment bien. La périlleuse ouverture des bulletins, les déchirantes punitions de sortie… Et une mention spéciale au père de Maël, dont la violence s’apaise enfin lorsqu’il voit son fils sur scène. « Le film est bien plus axé sur le lien intergénérationnel, presque invisible dans les teen movies américains », confirme Célia Sauvage en rappelant le casting judicieux de l’ex-jeune première de La Boum (1980), Sophie Marceau, pour devenir la mère de Lola.

Grâce à ce coup de projecteur sur les relations mère-fille, LOL a pu attirer de nouveaux spectateurs avec le temps. Comme Anouk, 33 ans, qui le redécouvre un vendredi soir des années 2020 en compagnie de sa mère. La Parisienne de naissance avait fait un « rejet » de ce film à sa sortie.

« Tout le monde pensait un peu que c’était ça notre vie à Paris, je devais débunker que non, nous n’avons pas tous des lofts sur deux étages », se souvient-elle. Mais quand elle le revoit avec sa maman, l’émotion les submerge : « C’était un peu la première fois qu’on se voyait dans un film, le fait qu’elles se disputent, qu’elles se réconcilient… On était vraiment complices et ce n’était pas forcément des choses représentées à la télévision. »

La trentenaire prendra-t-elle donc sa place pour la suite de « leur film doudou » ? « Si c’est avec sa mère, c’est sûr », sourit-elle. Du côté des fans de la première heure, la déception du revisionnage les fait encore douter. « Ça m’aurait peut-être intéressée de retrouver Lola dans sa trentaine », reconnaît Lena Haque, mais les ami·es, les amours, les emmerdes de sa petite sœur teasées dans la bande-annonce l’intéressent moins. « Et puis, je ne sais pas si la réalisatrice va réussir à garder ce point de vue de non-jugement qu’elle avait dans le premier, qui était très chouette », ajoute la journaliste. Verdict le 11 février. 

Bande-annonce de LOL 2.0

Les 5 meilleures action-cams pour les sports d’hiver

Par :import
4 février 2026 à 18:05

Insta360 GO 3S : la discrétion absolue sur les pistes

L’Insta360 GO 3S révolutionne la capture d’images en station par sa taille minuscule. Pesant à peine quelques grammes, elle se fixe magnétiquement à votre blouson ou sur la visière de votre casque sans jamais gêner vos mouvements. Le « Kit Créateur » est particulièrement pertinent pour les skieurs : il permet de multiplier les angles de vue créatifs sans s’encombrer. Sa stabilisation FlowState assure des images fluides même sur les bosses les plus traîtres.

Les avantages pour l’hiver :

  • Format ultra-compact : Se fait oublier sous une veste de ski.

  • Fixation magnétique : Idéale pour changer de point de vue rapidement avec des gants.

  • Polyvalence : Le boîtier Action Pod offre une autonomie étendue pour les longues journées en extérieur.

DJI Osmo Action 5 Pro (Adventure Combo) : la reine de l’autonomie par grand froid

La DJI Osmo Action 5 Pro s’impose comme une référence pour les conditions extrêmes. Avec son pack « Adventure Combo », elle propose trois batteries haute capacité conçues pour résister à des températures allant jusqu’à -20°C, là où les batteries classiques s’essoufflent. Sa qualité d’image en basse lumière est impressionnante, idéal pour filmer lors des sessions de ski nocturne ou par temps de brouillard.

Les avantages pour l’hiver :

  • Écrans tactiles OLED : Très lumineux, ils restent lisibles même avec la réverbération du soleil sur la neige.

  • Batteries « Extreme » : Une endurance record pour filmer toute la journée sans craindre le gel.

  • Étanchéité renforcée : Aucun risque lors des chutes dans la poudreuse.

GoPro MAX : l’immersion totale à 360 degrés

Pour ne rien rater du paysage grandiose des Alpes ou de vos propres acrobaties, la GoPro MAX est l’outil ultime. Grâce à ses deux objectifs, elle filme à 360° et permet, via l’application, de choisir l’angle de vue après coup. C’est l’assurance d’avoir toujours le skieur dans le cadre, même si la caméra est fixée de manière approximative sur une perche ou un casque.

Les avantages pour l’hiver :

  • Maintien de l’horizon : Même si vous inclinez vos skis, la ligne d’horizon reste parfaitement droite.

  • Audio spatial : Réduit efficacement le bruit du vent lors de vos descentes à haute vitesse.

  • Perche invisible : En mode 360, la perche disparaît de l’image pour un rendu digne d’un drone.

GoPro HERO13 Black : la valeur sûre ultra-performante

Dernière-née de la gamme, la GoPro HERO13 Black reste la référence absolue en matière de qualité d’image. Ce bundle incluant des accessoires indispensables (batterie supplémentaire, fixations) est parfait pour débuter ses vacances. Elle introduit de nouveaux objectifs interchangeables et une fixation magnétique très pratique pour passer la caméra du casque à la perche sans retirer ses moufles.

Les avantages pour l’hiver :

  • Stabilisation HyperSmooth 6.0 : La meilleure du marché pour gommer les vibrations des spatules.

  • Vidéo HDR de pointe : Pour gérer parfaitement l’exposition entre la neige éclatante et les zones d’ombre.

  • Robustesse légendaire : Elle encaisse les chocs les plus rudes.

Insta360 X4 : la vidéo 8K pour des souvenirs cristallins

L’Insta360 X4 (ici en version X5/X4 selon les arrivages les plus récents) pousse les limites de la résolution 360°. Filmer en 8K permet d’extraire des vidéos classiques d’une netteté exceptionnelle. Le Pack Essentiel contient tout le nécessaire pour protéger vos lentilles contre les rayures (fréquentes avec les cristaux de glace ou le transport du matériel de ski).

Les avantages pour l’hiver :

  • Résolution 8K : Une précision d’image inégalée pour capturer chaque détail de la montagne.

  • Mode « Me Mode » : Vous filme automatiquement à 60 fps sans avoir besoin de recadrer.

  • Protections de lentilles incluses : Indispensable pour la survie de votre caméra en milieu hostile.

Nos conseils pour bien filmer au ski

Pour réussir vos vidéos de vacances, n’oubliez pas quelques règles d’or :

  1. Gardez vos batteries au chaud : Placez vos batteries de rechange dans une poche intérieure proche de votre corps.

  2. Variez les angles : Ne filmez pas uniquement depuis votre casque. Utilisez une perche télescopique pour des plans plus dynamiques.

  3. Nettoyez l’objectif : La buée ou une goutte d’eau peut gâcher une descente mythique. Prévoyez toujours un petit chiffon microfibre.

Inspirations, chansons-refuges et coups de coeur : Pierre Lapointe se confie

Par :import
5 février 2026 à 15:30

Vingt-deux ans après son premier album, Pierre Lapointe avance toujours à contre-courant. Le chanteur québécois revendique une œuvre hors des tendances, nourrie par le doute, l’humour et une curiosité insatiable pour les autres formes d’art.

À l’occasion de la ressortie augmentée – trois nouveaux titres – de Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé, il se livre dans un entretien fleuve, lucide et généreux, où il est question de succès, de création, de collaborations improbables, de refuge émotionnel et de ce que signifie, aujourd’hui, faire des chansons qui durent.

Pierre, vous avez plus de 20 ans de carrière…

Je sais, je ne fais pas mon âge (rires).

Votre premier album est sorti en 2004. Qu’est-ce que le garçon photographié sur la pochette penserait de l’artiste que vous êtes devenu, 22 ans plus tard ?

Je serais fier et heureux de ce que j’ai fait, mais je ne comprendrais rien. Je regarderais les ventes de mes disques et serais extrêmement déçu. Je lui dirais : « Ça ne marche pas, ton truc ! » Je pense que j’aurais du mal à comprendre à quel point l’industrie du disque a changé. Aujourd’hui, le succès ne correspond plus du tout à ma conception du succès de l’époque.

Mais quand je verrais mes clips, mes pochettes, mes photographies et mes vêtements, je serais hyper heureux. J’hallucinerais. Ça donnerait lieu à une très grande incompréhension chez le « moi » jeune.

Vous ressortez une version digitale augmentée de Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé (2025). Certains morceaux avaient été initialement écrits pour d’autres. Qu’est-ce qui explique ce revirement ?

Je n’ai jamais nommé les personnes pour qui j’avais écrit ces chansons pour ne pas les mettre mal à l’aise. Par exemple, Difficile de ne pas perdre pied avait été refusée par un ami qui n’était pas dans le mood de la chanson à l’époque. Quand est venu le moment de la promotion, je lui ai demandé si je pouvais en parler. Il m’a dit : «  Il faut que tu t’arranges pour que je ne passe pas pour un con…« 

Certains morceaux ont été repris par d’autres après, ce qui m’amuse. Une chanson n’est jamais morte : elle peut changer de forme, revivre et se réinventer, comme les chansons des années 60 remixées dans les années 80 et réadaptées dans les années 2000 et 2020. C’est très écolo. Ça ne pollue pas, ça ne se périme pas !

Vous qualifiez ces chansons de « démodées ». Ce terme n’est-il pas un peu négatif ?

C’est un terme péjoratif, mais c’est mon humour. C’est ma vocation de publicitaire raté qui se défoule sur mes propres projets. Si on regarde à proprement parler les termes « mode » et « démodé », je suis démodé dans le sens où ce qui est à la mode, c’est la musique urbaine, l’electro, la K-pop… Les codes que j’utilise, ce sont ceux qui sont à la base de toute l’expression chansonnière. J’utilise le terme « démodé » pour faire réagir, pour provoquer la conversation. 

Je n’ai jamais vraiment été à la mode. Mes succès en France sont probablement liés à l’image que j’offre, lié à mon langage un peu d’une autre époque et ma poésie, peu courants dans la pop actuelle tandis que mon succès au Québec est presque accidentel.

Ce qui est drôle, c’est qu’en France, il y a une aura autour des stars. Quelqu’un qui est devenu incontournable dans son pays, c’est quelque chose de très attirant pour les Français. C’est une forme de carte de visite magique. Chez nous, au Québec, il n’y a pas ce décorum-là, à part peut-être pour Céline (Dion). Les artistes sont très accessibles. Il n’y a pas de star-system, et pas beaucoup d’argent. 

Vous avez écrit pour d’autres artistes comme Calogero, Bruel et Amanda Lear. Comment se sont passées ces collaborations ?

Ce sont eux qui m’ont approché. Bruel via son frère David-François Moreau, avec qui j’avais travaillé sur La science du cœur. Calogero avait vu mon show symphonique La Forêt des mal-aimés aux Francofolies et m’a demandé une chanson. 

 Lorsque l’album est paru l’année dernière, Amanda Lear a lu de nombreux articles à son sujet, entendu parler de moi de nombreuses fois dans la même semaine. Elle m’a alors envoyé un texto. J’étais dans un taxi, surpris. Son message disait : « Écrivez-moi une chanson ». Alors on s’est vus et j’ai écrit pour son album Looking Back. C’est le genre de personne que tu rencontres au Café de Flore et qui te raconte des histoires improbables. Je me sens très privilégié d’avoir des échanges de textos étranges avec elle (rires).

Et vos duos avec Clara Luciani, Mika ou Voyou ?

Avec Mika, c’était un trio de composition qui a abouti à un duo. Pour Mika, j’ai écrit la chanson avec deux Français : le guitariste de Clara Luciani, Benjamin Porraz et Alma Forrer. J’étais en train de faire l’album de Noël, Chansons hivernales. On s’est mis à écrire à trois, puis on s’est dit que ça ferait un bon duo. On a commencé à chercher des gens et on a fini par avoir Mika. Il était hyper cool et vraiment content.

Avec Clara, l’amitié a été immédiate. C’est une chanson écrite à 50/50, paroles et musique. On écrivait chacun de notre côté, puis on assemblait tout dans son appartement. Un jour, je repartais à 14 heures : je suis arrivé chez elle à 8 heures et on a terminé la chanson avant mon départ.

Quand elle est venue à Montréal, on l’a enregistrée. Étrangement, c’est moi qui chante dans les aigus et elle dans le grave. C’est très compliqué à chanter en live. Il faut une vraie dextérité – qu’on a tous les deux.

J’ai appris par un ami commun que Françoise Hardy était tombée sur la chanson et avait dit que c’était l’une des plus belles qu’elle avait entendues ces dernières années. Ça me rend très heureux, très fier.

Pour Voyou, c’est un peu la même chose. Il a assuré certaines de mes premières parties. On s’est retrouvés avec des amis, on s’est dit que ce serait bien de faire une chanson ensemble. On est entrés dans son studio, et ça s’est fait très vite.

Je l’ai retravaillée ensuite chez moi, parce que je sentais qu’on allait s’éparpiller. Je lui ai envoyé, il a trouvé ça cool. On ne l’a enregistrée que deux ans plus tard. Ce qui est drôle, c’est qu’on partage une fascination pour la musique brésilienne depuis longtemps. C’est cette rythmique, ce phrasé qui est ressorti, sans qu’on l’ait vraiment calculé.

Vous collaborez régulièrement avec des artistes issus des arts plastiques et du design. Qu’est-ce que ces croisements artistiques apportent à votre musique ?

Je me sens hyper privilégié parce que, pendant que je travaille avec ces gens-là, je les vois exercer. J’ai une petite collection d’œuvres d’art et je demande souvent aux artistes d’aller visiter leurs ateliers. Ce sont souvent des amis. Et puis on fait le même métier : on reste des artisans, peu importe le médium.

Ça m’a énormément enrichi de travailler avec des artistes, comme David Altmejd, un sculpteur canadien, et de voir comment il aborde son œuvre. Parfois, il travaille avec les yeux fermés ! Il y a quelque chose de mystique dans son travail. 

Et voir comment Jean-Michel Othoniel organise sa pensée, comment il injecte de la poésie dans des sculptures qui paraissent être de très beaux bijoux… Il y a une réelle poésie derrière.

Quand j’entends Sophie Calle, en sortant d’une de ses expositions, parler de ses œuvres et raconter des choses hyper drôles…

Pour être intéressant, il faut s’entourer de gens intéressants. Des personnalités fortes, qui regardent le monde un peu de biais, qui transforment un truc banal en quelque chose d’extraordinaire, déplacent juste un petit grain de poussière. Ça m’a aidé à assumer plein de choses par rapport à la création.

Matali Crasset est une des femmes les plus intelligentes que j’aie croisées dans ma vie. Elle a une façon d’organiser sa pensée qui me fascine. Et en même temps, lorsqu’on est à table, elle rit comme un enfant de cinq ans en train de jouer. Je trouve ça extraordinaire de connaître quelqu’un d’une telle intelligence, et qui a cette capacité d’être restée enfant. Aux deux extrêmes, mais pas en même temps.

Même si la musique fait partie depuis longtemps de votre vie, vous vous êtes tourné un moment vers le théâtre et le métier d’acteur. Vous a-t-on déjà proposé des rôles ? Est-ce que cela vous plairait ?

Au cinéma, ça m’est arrivé. Une fois, j’ai dit non. A ce moment-là, je ne pouvais pas. C’était un film avec Jane Birkin réalisée par Benoît Pétré (Thelma, Louise et Chantal). La liste des acteurs était incroyable. Mais je pense que je n’aurais pas tenu physiquement et psychologiquement. J’étais très fatigué à cette époque-là.

L’autre proposition, c’était un film québécois. J’avais passé une audition, mais je n’étais pas préparé.

Il y a peut-être quelque chose qui se prépare au théâtre… J’ai d’ailleurs l’impression que ce serait plus naturel que quelque chose se fasse au théâtre plutôt qu’au cinéma. Comme je n’ai pas de formation d’acteur, les gens n’ont pas forcément envie de travailler avec moi, parce que je ne serais pas capable, comme les acteurs, de proposer des choses…

Je suis apparu dans une web-série réalisée par Stéphane Lafleur, le chanteur du groupe Avec pas d’casque, Chef d’orchestre. C’est un être brillant. C’est lui qui a monté les films de Xavier Dolan. J’y joue mon propre personnage, évidemment : je suis chiant, j’ai un caractère de merde, je suis un être un peu névrosé qui pète les plombs pour rien. Alors que c’est tout le contraire de ce que je suis ! 

Vous vous adonnez aussi au dessin. Avez-vous eu envie de les présenter au public ?

Je ne sais pas quoi en penser. Je suis en questionnement. J’ai à la fois une envie folle, mais je n’arrive pas à mettre des mots sur ce blocage. Tant que je n’arriverai pas à mettre des mots, je n’irai pas.

Et utiliser un dessin pour l’une de vos pochettes ?

Même ça, je n’y arrive pas. Peut-être que j’ai trop d’amis dans le milieu de l’art, que j’ai vu trop d’expos. J’ai peut-être trop de connaissances en art et je deviens sans doute trop critique envers moi-même. C’est dommage, parce que je sens que je fais des choses possiblement intéressantes…

Qu’est-ce que vous avez envie que l’on retienne de ces Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé ?

J’espère que des gens vont vraiment associer des moments de leur vie à ces chansons-là. Que, dans dix ou quinze ans, ils aient envie de revenir vers certains titres — peut-être pas tout l’album — mais que, en les écoutant, cela devienne des chansons « refuge ». J’ai beaucoup de chansons refuge. Je crois qu’on devient mélomane, fan de certains artistes, grâce à ça. Barbara a fait des chansons refuge, Björk aussi. J’aimerais qu’ils se sentent mieux avec ces chansons.

Des coups de cœur à partager ?

Lou-Adriane Cassidy, qui a tout raflé. Elle a sorti deux albums l’année dernière. C’est une très bonne autrice-compositrice-interprète. Sur scène, c’est très fort. J’adore aussi Ariane Roy.

La nouvelle chanson québécoise passe beaucoup par les femmes. Elles ont étudié ensemble, ne se sont jamais lâchées. Elles ont commencé leur carrière solo au même moment. Je trouve ça bien, car ce sont des femmes qui ont de la gueule. 

C’est de la musique très savante, dans la construction des accords, les choix mélodiques et les arrangements. Ce ne sont pas juste des chanteuses : elles sont impliquées partout. Ça m’apaise de voir des gens comme ça, comme ça m’a apaisé de voir Hubert Lenoir ou Safia Nolin. 

En 20 ans, vous avez vu les réseaux sociaux prendre une place de plus en plus importante, avec les bons et les mauvais côtés. Qu’en pensez-vous ?

Moi, ça va. Les gens viennent un peu comme sur un babillard pour exprimer leurs joies ou, parfois, leurs déceptions. Mais dès qu’il y a un commentaire consciemment méchant, je le bloque.

À l’époque de Twitter, il s’est passé quelque chose au Québec. Des gens m’ont utilisé pour propager des discours de haine. Un jour, il était six heures, et, dans mon lit, j’ai supprimé mon compte sans rien dire à mon équipe. J’ai reçu un message me disant que j’avais quinze jours pour le réactiver. Je ne l’ai jamais fait.

Je n’entretiens pas vraiment de discussions avec les gens et je ne réponds pas forcément aux messages. J’ai réussi à trouver, depuis un an et demi, un ton, une forme de communication avec eux, à travers mes petites vidéos. Les gens se sont sentis interpellés, tout en gardant une certaine distance. 

Quand je vais sur les réseaux sociaux, je ne parle que des choses que je trouve belles, des gens que j’aime. J’ai une culture assez large et des avis tranchés. Ça m’a permis d’instaurer cette relation avec le public.

Je n’ai jamais vraiment signé d’autographes à la fin de mes spectacles… En revanche, quand j’ai le temps, je vais me changer et je reviens dans la salle pour discuter avec eux pendant trente à quarante minutes. On est au même endroit, on discute de choses souvent très brillantes. J’ai été épargné par la rage.

Ateez à la Fnac Saint-Lazare : le pop-up exclusif qui va faire vibrer le cœur des fans

Par :import
4 février 2026 à 16:35

Sortez vos agendas, prévenez votre crew : du vendredi 6 au dimanche 8 février 2026, le Forum de rencontre au troisième étage de la Fnac Saint-Lazare devient le QG officiel des fans du boys band Ateez. On vous explique pourquoi vous ne pouvez absolument pas rater cet événement.

Un écrin d’exclusivités pour les collectionneurs

On sait que pour un « Atiny », la quête de la « photocard » parfaite ou de l’édition rare est un sport de haut niveau. A l’occasion de la sortie du nouvel album d’Ateez Golden Hour : Part. 4 ce 6 février, la Fnac a mis les petits plats dans les grands avec un pop-up et des pépites qu’on ne trouvera nulle part ailleurs.

Au programme de vos futurs craquages :

  • Les éditions physiques collectors : Retrouvez les versions de l’album A, Diary et Version Z en exclusivité Fnac, ainsi que le vinyle et le digipack spécifiques.
  • Le Graal des fans : Des albums signés par les membres du groupe seront disponibles, mais attention : ils sont uniquement proposés en magasin.
  • Séries limitées Europe : Les versions Hello82 Europe Exclusive et les versions Pop-up Europe Exclusive (incluant les Digipacks) seront les stars des rayons.
  • L’événement cosmétique : Grande première pour la marque BRMUD qui fait son entrée en France lors de ce pop-up. De quoi briller autant que vos idoles lors de leur prochaine tournée.

 Ateez 2

Plus qu’une boutique, une expérience communautaire

Ce pop-up n’est pas qu’un simple lieu de vente, c’est un espace de vie conçu pour permettre aux fans de se réunir et de vivre leur passion commune autour de l’univers d’Ateez.

Venez vivre l’immersion totale avec des animations prévues tout le week-end :

  • Jeux et mini-défis : Testez votre adresse au Plinko Game ou votre mémoire avec la Memory Card.
  • Le rituel de l’échange : Un espace dédié permettra l’ouverture d’albums et l’échange de photocards entre fans pour compléter vos collections.
  • Vibe 100% K-Pop : Profitez de la diffusion du MV et de l’écoute intégrale du nouvel album pour vibrer à l’unisson avec les autres ATINY.
  • Surprises en série : De petites attentions ponctueront ces trois jours de fête.

Infos pratiques :

  • Événement : Pop-up Ateez – Golden Hour : Part 4
  • Lieu : Fnac Saint-Lazare, Forum de rencontre (3ème étage)
  • Dates : Du vendredi 6 au dimanche 8 février 2026

Alors, on s’y croise pour fêter cette sortie phénomène ? 

Notre guide des meilleurs livres d’art

Par :import
4 février 2026 à 11:20

Les livres de référence sur l’histoire de l’art en général

Avant de rentrer dans le vif du sujet pour chaque discipline artistique, on se permet un petit récapitulatif afin de poser les bases de l’histoire de l’art.

Histoire de l’art – Ernst Hans Gombrich (Phaidon)

Depuis sa première parution en 1950, l’Histoire de l’art expliquée par Ernst Hans Gombrich n’a cessé de gagner en popularité. Il faut dire qu’il s’agit d’une véritable bible de près de 700 pages ! Si la quantité d’informations contenue peut effrayer, rassurez-vous, les propos sont très simples : c’est d’ailleurs ce qui fait que ce volume est autant apprécié. En effet, pour l’historien de l’art allemand, pas question d’être incompréhensible, il souhaite montrer avec clarté que l’art n’est pas une succession de noms et de mouvements, mais bien un continuum qui relie nos créations actuelles à celles de la préhistoire. Un incontournable bien illustré !

Histoire de l’art pour tous – Nadeije Laneyrie-Dagen (Hazan)

Nadeije Laneyrie-Dagen livre également une synthèse avec une Histoire de l’art pour tous. Accessible et bien documenté, avec 1 000 formes artistiques issues d’un peu partout autour du globe, l’ouvrage permet de différencier les époques et de cerner les fonctions de l’art. Cinq grandes parties permettent de maîtriser les outils pour appréhender les œuvres, de connaître notre héritage artistique occidental comme de se familiariser aux arts du monde, de voir les bouleversements sociaux et techniques qui ont mené à la modernité et enfin d’étudier la perception des pratiques artistiques dans notre ère contemporaine. Une merveilleuse réflexion qui invite à voir plus loin !

Petite histoire de l’Art et Petite histoire de l’Art moderne – Susie Hodge (Flammarion)

Vous rêvez d’en savoir davantage sur l’art et les artistes, mais la taille conséquente des livres sur le sujet peut vous rebuter. Pas de panique, voici une Petite histoire de l’Art pensée par Susie Hodge. Simple et pédagogique, elle est idéale pour les amateurs et peut même être destinée à un jeune public. Pas de jargon, seulement le décryptage de 50 chefs-d’œuvre et l’explication des principaux courants, des thématiques récurrentes et des techniques. En bref, un essentiel à avoir dans sa collection !

L’historienne de l’art et artiste britannique signe aussi une Petite histoire de l’Art moderne : le même guide court et clair, cette fois pour apprivoiser des formes artistiques plus récentes. Souvent jugées déroutantes – ou même peu compréhensibles pour beaucoup – les créations contemporaines s’affranchissent des codes classiques connus. Grâce à ce manuel, l’art à partir de la fin du XIXe siècle n’aura plus aucun secret pour vous. Au-delà de la peinture, déchiffrez œuvres et techniques variées : sculpture (bois, pierre, émail), ready-made, photographie ou encore vidéo. De quoi enfin saisir l’essence de la modernité !

Dates clés de l’histoire de l’art – Lee Cheshire (Flammarion)

Que s’est-il passé le 15 mai 1863 ? Quoi ! Vous ne l’avez pas ? Mais si, il s’agit de l’ouverture du Salon des refusés. Il est possible d’y admirer les tableaux rejetés par l’Académie des beaux-arts du Salon d’exposition officiel. Tous les curieux désireux d’apprendre d’autres anecdotes et faits divers du même style, de la Renaissance à l’après-guerre, pourront compter sur les Dates clés de l’histoire de l’art. Une manière ludique d’entrer dans l’univers artistique.

100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues – Gérard Denizeau (Larousse)

Après la théorie, place à la contemplation ! Accordez-vous une somptueuse balade visuelle avec le spécialiste du patrimoine et des civilisations Gérard Denizeau. De la torche éclairant l’art pariétal aux lumières tamisées des musées actuels, remontez le temps à travers 100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues, qu’elles soient picturales ou sculpturales, célèbres ou plus secrètes. Complet et richement illustré, cet ouvrage propose de brillants encadrés pour comprendre ce que l’on admire. Un beau livre passionnant, à offrir ou à garder jalousement pour soi.

Les sélections par disciplines

Maintenant que vous maîtrisez les fondamentaux, il est temps de creuser vos sujets de prédilection. Et parce qu’il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi tous les livres d’art, voilà nos meilleures suggestions.

  • La peinture

À vos toiles et pinceaux, on commence avec nos recommandations d’ouvrages sur la peinture. À la suite d’une brève histoire générale, familiarisez-vous avec les grands peintres et leurs tableaux, de la Renaissance à nos jours.

  • L’architecture

Bâtissez votre culture et élevez votre savoir sur l’histoire de l’architecture. Des fragments hérités de l’Antiquité aux gratte-ciels d’aujourd’hui : notre sélection de beaux livres permet de tout savoir (ou presque) sur l’art de la construction et ceux qui l’ont érigé.

  • La sculpture

Marbre, bronze ou argile : découvrez les réalisations et les techniques qui ont façonné l’histoire de la sculpture ainsi que les plus grands maîtres en la matière, du baroque du Bernin au néo-pop de Koons.

  • La musique

Mettez-vous au diapason avec cette sélection sur l’histoire de la musique. Des bases encyclopédiques aux icônes de la modernité, en passant par les maîtres du classique, accordez vos connaissances au rythme des époques !

  • Le cinéma

Installez-vous au premier rang et déroulez la bobine de l’histoire du cinéma. Des pionniers du muet aux blockbusters actuels, redécouvrez les figures majeures et les chefs-d’œuvre qui ont illuminé les salles obscures.

  • La photographie

Faites la mise au point sur l’univers de la photographie et développez votre culture du 8ème art. De la chambre noire à la révolution numérique, cadrez les courants essentiels et capturez le génie des visionnaires ayant su, à travers leur objectif, immortaliser le réel.

Le reste des articles sur la danse et la mode est en cours de création. Comme tous les artistes, nous avons besoin d’un temps d’inspiration…

Et en attendant la suite, si l’envie vous prend de mettre à profit vos nouvelles connaissances ou de voir en vrai une œuvre qui vous a particulièrement marqué : réservez de ce pas un billet pour les expositions et musées !

À très vite pour de nouvelles suggestions !

David Lynch : par quels films commencer pour comprendre son cinéma (et ne pas devenir zinzin) ?

Par :import
3 février 2026 à 15:20

Si vous tentez de regarder la filmographie de David Lynch dans l’ordre chronologique, vous commenceriez alors par l’étrange Eraserhead (1977). Mais soyons honnêtes, ce dernier n’est pas facile à apprivoiser. Pour comprendre au mieux le cinéaste culte –disparu le 16 janvier 2025 – , il ne faut donc pas se fier au temps, mais à l’intensité de l’étrangéité. Suivez le guide !

La porte d’entrée en douceur : le Lynch narrateur

Avant d’être sacré roi de l’abstrait, David Lynch, également dessinateur, était un formidable conteur d’histoires. Alors, pour commencer ce marathon en douceur, oubliez les puzzles insolubles et concentrez-vous sur Elephant Man (1980).

Un film revenant sur l’histoire singulière de John Merrick (John Hurt), un homme défiguré, exhibé dans les foires victoriennes et recueilli par le docteur Treves (Anthony Hopkins).

Chef-d’œuvre d’émotion, linéaire et classique dans sa forme, ce long-métrage tout en noir et blanc, est idéal pour comprendre les prémices des obsessions lynchiennes. Une œuvre délicate, capable de toucher au cœur.

Une fois remis de vos émotions, enchaînez avec le film le plus accessible de la carrière du cinéaste américain : Une histoire vraie (1999). Produit par Disney (oui, vraiment), ce road-movie suit Alvin Straight (Richard Farnsworth), un vieil homme traversant l’Amérique sur sa tondeuse à gazon pour se réconcilier avec son frère.

Véritable bouffée d’air frais, ode à la lenteur et à la bienveillance, Une histoire vraie, nous donne à voir un Lynch apaisé filmant les visages et les paysages américains avec une tendresse infinie. Un long-métrage immanquable, tout simplement.

L’étrange s’immisce, le style se forge

Maintenant que vous êtes en confiance et acclimaté aux prémices de l’univers du cinéaste, il est temps de soulever le tapis pour découvrir les premières bribes d’étrangeté.

Place à Blue Velvet (1986) – pierre de Rosette de son cinéma – et à la naissance du style Lynch : banlieue américaine proprette en surface, mais pourrie de l’intérieur. Vous y suivrez Jeffrey (Kyle MacLachlan), un jeune homme qui trouve, dans un champ, une oreille. S’ensuivra alors une enquête qui le mènera vers une chanteuse de cabaret (Isabella Rossellini) et un gangster psychopathe (Dennis Hopper).

Dualité, violence sous-jacente et perte d’innocence, tout y est. Le long métrage – soit dit en passant incontournable – est le parfait mélange entre polar, humour noir et cauchemar éveillé.

Si vous avez survécu à l’ambiance feutrée de Blue Velvet, montez le volume avec Sailor et Lula (1990). Palme d’Or au Festival de Cannes, ce road-movie rock’n’roll et survolté suit la cavale amoureuse de deux jeunes amants (Nicolas Cage et Laura Dern). Un périple agrémenté de terribles tueurs et d’une mère hystérique.

C’est violent, drôle et peuplé de clins d’œil culturels immanquables. Un Lynch pop et flamboyant, parfait pour s’habituer à son style et à ses ruptures de ton.

Le détour spatial ou la commande maudite

Évidemment, il faut aborder le cas de Dune (1984), l’étape particulière de la filmographie de Lynch. Adaptation du roman culte de Frank Herbert, ce blockbuster de science-fiction a échappé au contrôle du cinéaste, qui a d’ailleurs beaucoup souffert de la production.

Si vous êtes un adepte du kitsch des années 80, et que vous êtes enclins à voir un Paul Atréides (Kyle MacLachlan) chevaucher des vers géants, le film saura satisfaire votre curiosité fascinante. Disclaimer, il est tout de même bon de savoir que Lynch considère ce long-métrage comme son seul véritable grand échec. À voir pour la culture.

Le labyrinthe mental

Vous voici arrivés au cœur du réacteur. Vous venez de pénétrer dans les méandres de cette filmographie, là où la logique narrative explose pour laisser place au rêve.

Tout commence avec Lost Highway (1997). Une sonnerie à l’interphone, des cassettes vidéo, un quotidien espionné et un drame. Le saxophoniste Fred Madison (Bill Pullman), accusé du meurtre de sa femme (Patricia Arquette), est conduit dans le couloir de la mort, avant de se muer en un autre homme…

C’est ici que David Lynch abandonne la ligne droite pour la boucle infinie. Véritable thriller paranoïaque et sensuel, porté par une bande-son métal-industrielle (Rammstein, Marilyn Manson), ce long-métrage vous fera douter de votre propre identité.

Si Lost Highway vous a conquis, alors vous êtes prêts pour le chef-d’œuvre absolu : Mulholland Drive (2001). Considéré comme l’un des meilleurs films du 21e siècle, le long-métrage est la synthèse parfaite de tout le cinéma de Lynch.

À Hollywood, une femme amnésique (Laura Harring) et une aspirante actrice (Naomi Watts) tentent de percer un mystère qui les dépasse. C’est beau, effrayant et totalement hypnotique. Ne cherchez pas comprendre rationnellement ce que vous voyez, mais ressentez le long-métrage pour ce qu’il est : une expérience sensorielle plus qu’une enquête.

Le dernier niveau, l’expérience radicale

Si vous êtes arrivés jusque-là, vous êtes un véritable Lynchien. Il ne vous reste plus qu’à affronter ses œuvres les plus radicales, dérangeantes, mais surtout uniques.

Félicitations, vous pouvez désormais remonter à la source avec Eraserhead (1977), son tout premier film. Cauchemar surréaliste en noir et blanc portant sur la paternité, le long-métrage met en scène Henry (Jack Nance), un jeune père devant s’occuper de son bébé mutant

Entre réalité oppressante et univers fantasmatique, cette œuvre d’art brute difficile d’accès demeure visuellement inoubliable.

Si vous êtes un aficionado de la série culte, ou si vous souhaitez simplement continuer votre épopée, jetez-vous sur Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992). Un préquel au ton sombre, désespéré et violent, racontant les derniers jours de la défunte Laura Palmer (Sheryl Lee).

Enfin, après avoir gravi le mont Lynchien, il ne vous reste plus qu’une ultime épreuve (et pas des moindres) : Inland Empire (2006). Ovni cinématographique, dédale infini, ce métafilm met en scène Laura Dern incarnant Nikki Grace, actrice principale d’un tournage supposé maudit.

Mise en abyme, exploration profonde de la psyché humaine : c’est l’expérimentation totale, le boss final qui vous retourne le cerveau. Ce long-métrage de trois heures vous demandera un lâcher-prise absolu, marquant ainsi la dernière étape d’une odyssée radicale qui scelle définitivement votre statut d’expert.

Vinyle en édition limitée, raretés et amour : Beck régale avec un mini-album surprise

Par :import
3 février 2026 à 09:45

Pour la « génération X » (dont je fais partie), qui a pleinement vécu la charnière entre le 20e et le 21e siècle, Beck reste l’un des musiciens les plus brillants à avoir émergé ces trente dernières années. Ultra-créatif, toujours surprenant, loin d’être superficiel et gardant la bonne distance malgré une renommée mondiale, on peut dire qu’il a tout pour plaire.

Depuis sa ville natale de Los Angeles, Beck, avec l’album Mellow Gold (son premier disque pour une véritable maison de disques), aura conquis non seulement l’Amérique, mais le monde entier, grâce à ses dispositions à mixer avec singularité indie rock, blues lo-fi, hip-hop, électro, country-folk, funk et même des expérimentations sonores.

Nous sommes en 1994 et Beck, en maître du collage néo rétro-futuriste, devient le loser le plus convoité de l’industrie musicale, qui lui déroule le tapis rouge pour construire une discographie éclectique et parfois même inattendue.

Depuis, Beck aura enchaîné les albums, toujours aussi réjouissants, parmi lesquels les excellents Odelay (1996), Mutations (1998), Midnite Vultures (1999) ou encore Sea Change (2002), des collaborations avec d’autres artistes, notamment pour le cinéma (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Scott Pilgrim vs. the World).

Un mini-album intime

C’est pour cela que l’on se réjouit de la sortie d’un nouveau mini-album, Everybody’s Gotta Learn Sometime, disponible ce 13 février 2026. Ce disque est d’ailleurs davantage une collection d’inédits et de raretés qu’un véritable album inédit. Sur huit titres, une seule composition originale du Californien : Ramona, une ballade aux accents folk et aux arrangements de cordes aussi surprenants que raffinés, où la voix de Beck se fait cotonneuse, douce et presque lointaine.

Le reste de cette belle surprise annoncée tout récemment se compose de reprises de chansons plus ou moins populaires évoquant l’amour et la sensualité (The Korgis, Elvis, Hank Williams, Caetano Veloso…). Beck se les approprie avec une simplicité apparente, sans jamais en faire trop.

Mais une écoute plus approfondie révèle le savoir-faire de ce petit génie des arrangements : chœurs aux reflets soul, flow de crooner, juste ton, juste tempo – toujours. 

La démonstration est flagrante dans cette excellente version d’un grand classique des fifties du doo-wop par The Flamingos : I Only Have Eyes for You, que Beck honore avec brio et que vous pourrez fredonner à votre moitié pour la Saint-Valentin (la date de sortie n’a pas été choisie au hasard)… voire pour toujours.

Inspirations pop, spiritualité et résistance poétique : Mika fait le point

Par :import
2 février 2026 à 15:35

Lorsque nous le rejoignons en backstage après une séance de dédicaces à la Fnac des Ternes, Mika croule sous les cadeaux. Bouquets de fleurs, peluches, lettres… Le dandy libano-britannique est incontestablement populaire, comme en témoigne la cohorte de fans qui l’attendent à la sortie, à côté de son taxi. Il faut dire que Mika est sur tous les fronts. Juré dans The Voice, engagements (il a par exemple été le parrain du Téléthon en 2024), il met sa notoriété au service des autres, tout en restant l’artiste solaire et flamboyant que l’on connaît.

Trois ans après son album Que ta tête fleurisse toujours, il présente un septième album, Hyperlove, sorti le 23 janvier dernier. Une ode à la passion ? Plutôt un album de transition, qui navigue entre euphorie et introspection, sur lequel Mika parle de nostalgie, désir et liberté sur des nappes de synthés rétro-futuristes et des sonorités qui le racontent intensément. 

Nous avons parlé avec lui de son mood actuel, de ses inspirations et de l’inspiration pop ultime. Rien que ça. 

Tu as appelé ton album Hyperlove. En quoi diffère-t-il de ce que tu as exploré dans tes précédents disques ?

Il y a le mot « love », évidemment, mais ce qui est drôle, c’est que je ne suis pas du tout à la recherche de l’amour au sens romantique, ni du romantisme dans cet album. C’est plutôt une quête de l’âme, un état des lieux de mon propre état d’esprit.

Je me demande : est-ce que j’ai encore la liberté d’esprit que j’avais avant ? Est-ce que mon âme est libre ? Est-ce que j’ai un cœur intense mais léger ? Tout ça me permet de mieux comprendre le monde autour de moi, mais aussi les relations et les liens invisibles qui se créent avec les autres.

C’est une forme de « reset » personnel, pour me donner les meilleures bases possibles pour les années à venir. J’aime ces albums de transition, où l’on suit l’instinct sans penser aux conséquences ni aux codes commerciaux.

On y perçoit parfois une forme de vibration douce-amère, presque de pessimisme… 

Je ne dirais pas pessimiste, plutôt réaliste, vu les temps qui courent. Comme une forme de résistance poétique face à certaines situations du monde que je n’aime pas.

Dire qu’on n’aime pas quelque chose, l’exprimer de façon éloquente, c’est déjà une manière de résister. Répondre poétiquement permet aussi d’imaginer un futur différent, ou au moins de le questionner. Donc non, ce n’est pas négatif : c’est lucide.

Est-ce que c’est l’amour romantique, familial ou spirituel qui t’a le plus inspiré ?

Plutôt la spiritualité.

Tu es croyant ?

J’ai la foi, mais je ne suis pas pratiquant. Et je ne suis pas très mystique non plus. Je me rends compte que ça peut sembler contradictoire d’écrire une chanson qui s’appelle Immortal Love, qui parle de l’âme éternelle, tout en disant que je ne suis pas mystique. Mais pour moi, c’est totalement cohérent.

Ça offre une perspective plus large, une vision à long terme, sans forcément passer par le mysticisme.

À quel point ton parcours multiculturel se retrouve-t-il dans la texture musicale de l’album ?

C’est la définition même du son de l’album. Il y a une ouverture à l’électronique, des chœurs, des touches orientales, un côté anglo-saxon, parfois plus latin dans les harmonies.

Ce mélange sert ce que je raconte, sans être enfermé dans un style précis. Je ne m’impose aucune contrainte sonore. Je viens de la musique classique, j’écris des chansons pop, mais je considère ma pop comme alternative.

Ces contrastes enrichissent la palette sonore, ce sont des parfums, des textures qui me définissent. Je ne veux pas me restreindre.

Quels albums pourraient être les parents spirituels de la pop intense d’Hyperlove ?

Je me suis beaucoup inspiré d’artistes qui ont fait des albums dans le vide, sans penser aux conséquences.

Il y a toute la musique classique et expérimentale, de John Cage à Steve Reich, en passant par Laurie Anderson. Ensuite, l’immensité et le côté rêveur des productions de Trevor Horn, que l’on retrouve chez Grace Jones ou sur Welcome to the Pleasuredome de Frankie Goes to Hollywood.

Et puis, dans la manière dont la voix dialogue avec les textures sonores, je dirais Talking Heads et David Byrne. Si je devais résumer : c’est joyeusement libre. Libéré, et libérateur.

Tu sembles critique vis-à-vis de la standardisation des albums à l’ère du streaming…

Oui, j’ai l’impression qu’il y a une réduction des palettes sonores aujourd’hui. Je ne comprends pas pourquoi on se limite, alors que le numérique permet justement de faire rêver encore plus.

Streamer un album ne veut pas dire faire six titres. Au contraire ! On peut imaginer différentes versions de disques, des albums longs, riches, généreux.

Tes pochettes sont toujours très travaillées. Quelles influences ont nourri l’univers visuel de l’album Hyperlove ?

Je me suis surtout inspiré de l’écriture. D’un journaliste en particulier : Hunter S. Thompson. Il avait ce regard dystopique, drôle, vif, provocateur. Il a écrit Las Vegas Parano et collaborait avec le magazine Rolling Stone. Je me suis demandé à quoi ressemblerait une pochette d’album si Hunter S. Thompson en était l’auteur.

 Mika-hyperlove

On sait que tu es boulimique de musique. Quelles sont tes dernières grandes découvertes ?

Cameron Winter, le chanteur du groupe Geese, qui a sorti un album solo. Il est incroyable, totalement sans filtre et il n’a que 23 ans. J’attends vraiment de le voir en solo, parce que son expression artistique me fascine. C’est ce qui m’inspire le plus en ce moment.

Le vinyle est redevenu l’objet roi. Quelle pépite recommanderais-tu pour faire découvrir la pop à quelqu’un ?

Pandemonium Shadow Show de Harry Nilsson, sorti en 1967. Un album qui n’a pas marché à sa sortie, mais qui a redéfini la pop. Il est devenu l’artiste préféré des Beatles, les a profondément inspirés, et a influencé la pop mélodique et psychédélique pour les décennies suivantes. Un disque qui n’a pas seulement marqué cinq ans de musique, mais quarante. Incontournable !

Le Vinyliste de février : la sélection des 4 pépites vinyles du mois

Par :import
30 janvier 2026 à 13:20

Février, c’est souvent le mois où l’on hésite entre hiberner sous un plaid ou sortir fêter l’amour. Quelle que soit votre humeur, le vinyle reste le meilleur compagnon pour s’élever à travers la musique. 

Le principe du Vinyliste ? Un abonnement mensuel ultra-flexible qui vous fait recevoir chez vous une édition vinyle exclusive — couleur inédite, pressage collector… — soigneusement choisie par de véritables passionné·e·s. Pop, rap, chanson française ou trésors intemporels : avec Le Vinyliste, chaque envoi est une découverte pensée sur-mesure, en accord avec vos goûts.

Quelle est la sélection pour ce mois de février ? Voici les 4 pépites dénichées par nos spécialistes. 

Rap / Soul / Funk : Michael Jackson – Number Ones (Exclusivité Fnac Vinyle Rouge Opaque)

Cette compilation est bien plus qu’un simple recueil de tubes : c’est la cartographie d’un règne sans partage sur la musique moderne. Ce double album retrace l’ascension fulgurante de Michael Jackson à travers 18 titres légendaires qui ont redéfini la pop mondiale.

Le voyage commence avec l’énergie disco-funk de Don’t Stop ‘Til You Get Enough et traverse les séismes culturels que furent Thriller, Billie Jean, Beat It ou encore Smooth Criminal. On y retrouve également des morceaux plus contemporains comme You Rock My World, prouvant que le génie de MJ a traversé les décennies sans prendre une ride.

Pourquoi c’est une pépite ? C’est l’objet de désir absolu pour les collectionneurs : un pressage en vinyle rouge opaque qui transforme ce monument de la pop en une véritable pièce de design pour votre salon.  

Version Française : Alain Bashung – Best Of C215

Bashung, c’est une voix de velours, une diction de funambule et des textes qui s’écoutent comme on lirait un grand roman noir. Ce best-of est une porte d’entrée magistrale dans l’univers de celui qui a réinventé le rock hexagonal en y insufflant une poésie abstraite et sombre.

La rencontre entre son œuvre et les pochoirs du célèbre street-artiste C215 sur la pochette crée un pont magnifique entre les arts visuels et la musique. L’album déploie 18 chansons emblématiques sur deux galettes, offrant un panorama complet : de l’insolence rock de Gaby oh Gaby aux expérimentations plus denses de Osez Joséphine, jusqu’à la splendeur crépusculaire de La nuit je mens.

Pourquoi c’est une pépite ? Parce qu’il capture l’évolution d’un dandy passé de l’ironie rock à une métaphysique sonore unique. C’est un disque qui s’écoute de préférence le soir, une lumière tamisée pour seule compagnie. 

Pop / Rock / Electro : Harry Styles – Harry’s House (Exclusivité Fnac Vinyle Jaune)

En trois albums solo, Harry Styles est devenu l’icône pop absolue de sa génération, capable de concilier héritage rock des 70s et efficacité contemporaine. Harry’s House est un cocon de funk moderne et de synth-pop solaire composé de 13 titres d’une grande fluidité.

L’album s’ouvre sur l’exubérant Music for a Sushi Restaurant pour se clore sur le très doux Love of My Life. Entre les deux, on savoure des ballades acoustiques comme Matilda ou le phénomène planétaire As It Was, morceau qui a tourné en boucle sur toutes les ondes.

Pourquoi c’est une pépite ? Pour son ambiance « feel good » immédiate qui agit comme un remède contre la grisaille hivernale. Ce vinyle jaune exclusif est un véritable rayon de soleil sur votre platine. Un disque organique qui mérite d’être chouchouté.

La Discothèque idéale : Jimi Hendrix – Axis: Bold As Love (Exclusivité Fnac Vinyle Orange)

Axis: Bold As Love est le deuxième album de The Jimi Hendrix Experience, un chef-d’œuvre de psychédélisme où Hendrix explore des sonorités alors totalement inédites. À travers 13 morceaux, Jimi fait parler sa guitare comme personne avant lui, alternant entre le rock furieux de Spanish Castle Magic et la poésie céleste de Little Wing. Cet album est court mais d’une densité incroyable, où chaque note semble avoir été sculptée par un génie en pleine ébullition créative.

Pourquoi c’est une pépite ? C’est une expérience sensorielle totale, où le studio de mixage devient un instrument à part entière avec des effets de panoramique révolutionnaires pour l’époque. De quoi savourer chaque nuance de la distorsion. L’édition en vinyle orange souligne parfaitement le côté flamboyant et incandescent de la musique de Hendrix. 

Dans la bulle avec… Sébastien Tellier

Par :import
29 janvier 2026 à 16:15

Rarement un album de Sébastien Tellier n’aura encagé, avec autant de force, l’éclectisme de ses goûts musicaux. Avec Kiss The Beast, il slalome entre chanson mélancolique et tube électro pop. Il convie même à sa grande fiesta à 360°, des artistes aussi divers que le rappeur Kid Cudi ou le maître de la guitare funk, Nile Rodgers

Dans le cadre intimiste de la Bulle Acoustique de la Fnac Forum des Halles à Paris, espace destiné aux amoureux du son pour tester les meilleures solutions d’écoute musicale, casques premium et enceintes connectées, en partenariat avec Qobuz, le service de streaming et de téléchargement haute qualité, Sébastien Tellier revient sur l’origine de sa passion pour Pink Floyd comme pour les géants de la chanson française nommés Gainsbourg ou Christophe.

Il évoque également François de Roubaix et Robert Wyatt avant de dévoiler la feuille de route et les secrets de Kiss The Beast. Un moment d’une sincérité sans filtre, passionnant et drôle, saisi par Qobuz dans la Bulle Acoustique de la Fnac.

On a rencontré Régis Loisel pour le mois de la BD

Par :import
29 janvier 2026 à 07:00

Alors qu’il prépare actuellement le dernier tome de la grande saga La quête de l’oiseau du tempsRégis Loisel est récemment revenu en librairie avec La dernière maison juste avant la forêt (Éditions Rue de Sèvres), marquant son grand retour au dessin. À l’occasion du mois de la BD, l’auteur emblématique de la bande dessinée française est revenu, pour L’Éclaireur, sur son œuvre, sa façon de travailler et ses derniers projets. Entretien.

Pour commencer, un mot sur La dernière maison juste avant la forêt, votre dernier album paru. D’où vient ce projet et quelle était l’envie derrière cette œuvre ?

À l’origine, c’est une histoire que Jean-Blaise Djian avait commencée. Il m’avait fait lire le début pour avoir mon avis. J’aimais beaucoup le premier quart : il y avait une ambiance, un univers très fort. Après, à mon sens, ça partait complètement ailleurs. Ça devenait une histoire de flic, ça sortait de la maison et ça n’avait plus rien à voir avec ce qui m’avait séduit au départ. Je lui ai dit : “C’est dommage, parce que ton univers est vraiment intéressant, mais là, tu n’en fais rien.” C’était il y a une dizaine d’années. Je n’étais absolument pas censé dessiner quoi que ce soit, c’était juste une discussion. Il a tenu compte de mes remarques, a retravaillé son histoire, me l’a refait lire.

C’était mieux, mais encore loin de ce que j’imaginais. Quand je suis revenu en France, je lui ai proposé qu’on travaille ensemble dessus. J’avais énormément d’idées, son histoire faisait écho à ce que je faisais dans les années 1970 : un univers un peu baroque, fantastique, parfois humoristique. J’avais écrit une centaine de pages pour étoffer son scénario. Il a adoré. On a donc décidé de coécrire l’histoire. Le point de départ est le sien, la suite est davantage mon point de vue.

À la sortie de l’album, beaucoup parlaient du “retour de Régis Loisel au dessin”. Est-ce que vous le ressentez ainsi, ou avez-vous l’impression de ne jamais avoir vraiment quitté le dessin ?

C’est une question de point de vue. Je n’avais pas sorti d’album dessiné par moi depuis longtemps, c’est vrai. Le dernier, c’était Mickey : café Zombo, il y a presque dix ans. Entre-temps, j’ai surtout travaillé sur des scénarios. J’ai fait quatre albums, dont deux Quête, où je continue malgré tout à dessiner, à corriger, à surveiller le travail des autres dessinateurs. J’ai toujours été dans l’ombre, mais je n’étais jamais très loin du dessin.

Le fait de savoir que vous allez dessiner l’album change-t-il votre manière de travailler, notamment dans la construction des planches et l’écriture scénaristique ?

J’ai travaillé sur La dernière maison juste avant la forêt de façon très fragmentée. J’étais souvent interrompu par d’autres projets, notamment La quête de l’oiseau du temps. Travailler en pointillés sur une histoire, c’est extrêmement désagréable.

On s’interrompt, on sort du bain, puis on y revient des mois plus tard. Pour cette bande dessinée, j’ai eu quasiment neuf mois d’interruption. Quand on s’y remet, on regarde son travail autrement. On se dit : “Ça, ce n’est pas très bon, je peux faire mieux”, alors on retouche, on recommence. Et ça n’en finit jamais. L’album fait quand même 160 pages, c’est énorme !

Arrive-t-il un moment où vous vous dites : “Là, c’est bon, je m’arrête” ?

Je fais ce que je peux. Quand quelque chose ne me plaît vraiment pas, je recommence. Évidemment, on pourrait passer sa vie sur une planche. La perfection n’existe pas, et ce n’est pas souhaitable. Le lecteur ne voit pas ces repentirs. Mais quand quelque chose est vraiment flagrant à mes yeux, je recommence. Et quand c’est refait, je me dis : “Là, c’est mieux.”

Relisez-vous vos albums une fois qu’ils sont publiés ?

Non, jamais. Je n’ai jamais relu La quête, ni Peter Pan. Je regarde parfois quelques pages pour me rappeler un personnage ou un détail, mais lire un album entier, non. J’en suis incapable.

Vous êtes à la fois scénariste et dessinateur. Avez-vous le sentiment que le dessin raconte autant que les mots ?

Absolument. J’écris mes scénarios à la main, avec des ratures, sans chercher à figer les dialogues. Je connais le sens général. Puis, j’affine les dialogues au moment du dessin. Quand un dessinateur travaille sur un scénario, il l’interprète. Comme je suis à la fois scénariste et dessinateur, j’interprète moi-même ce que j’ai écrit. Et parfois, même moi, je suis surpris par ce qui apparaît au dessin.

Quand je travaille avec d’autres dessinateurs, je ne leur demande jamais de faire du Loisel. Je veux qu’ils racontent l’histoire à leur manière. J’ai toujours pensé qu’il serait bien un jour de proposer la même histoire à plusieurs dessinateurs qui ne savent pas qu’ils font la même histoire afin de voir l’interprétation de chacun. Un scénariste peut donner des indications, mais le dessinateur est le metteur en scène, comme un réalisateur au cinéma.

« Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas. » Régis Loisel

Justement, votre travail est souvent qualifié de très cinématographique.

Oui. Si je n’avais pas été dessinateur, le cinéma aurait sans doute été une voie possible pour moi, à un niveau ou à un autre.

La culture continue-t-elle de vous nourrir aujourd’hui ?

Oui, énormément. Je lis beaucoup : environ 80 % de romans et 20 % de BD. Et le cinéma, j’adore. Si je pouvais voir un film tous les soirs, je le ferais. Même des films mauvais : je vais jusqu’au bout, je regarde les bonus, les making-of. Ça m’intéresse toujours.

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Peter Pan et Mickey : café Zombo sont les deux seuls titres que vous avez réalisés entièrement seul. Est-ce plus libérateur de travailler seul ou au contraire plus difficile ?

Travailler seul, c’est compliqué. Dans une histoire, on se retrouve toujours face à des nœuds. Et parfois, il suffit d’en parler à quelqu’un pour que tout se débloque. Moi, je travaille de façon assez anarchique. Je sais où je vais, mais pas toujours comment. D’autres scénaristes sont beaucoup plus structurés. C’est une question de méthode.

Peter Pan a marqué toute une génération. Quel regard portez-vous dessus aujourd’hui ?

Mon seul regard, c’est celui que me renvoient les autres. Le lectorat a été très marqué par cette histoire et ça m’épate. Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas.

C’est pareil pour La dernière maison juste avant la forêt. Certains adorent, d’autres détestent. Certains n’ont pas compris le côté potache, décalé, mais c’est l’histoire qui veut ça. On me reproche parfois que ce ne soit pas le Loisel qu’on attend. Mais on ne peut pas toujours refaire la même chose.

Vous regardez les critiques ?

Oui, parfois. C’est très excessif : soit on encense, soit on démonte. Il y a peu de nuances. Mais ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que le livre fasse sa vie. Et a priori, il se vend plutôt bien.

Le marché a beaucoup changé…

Énormément. L’offre est très importante. Quand j’ai sorti La quête de l’oiseau du temps, en 1983, il y avait environ 350 nouveautés par an. Aujourd’hui, c’est sans commune mesure, il y en a plus de 6 000. Il y a trop de choix, tout va très vite, comme les séries télé. Le lectorat se disperse entre les jeux vidéo, les séries, les plateformes. Forcément, les ventes baissent.

Peter Pan est un mythe important de la littérature, propice aux interprétations et aux adaptations. Y a-t-il d’autres mythes que vous auriez aimé revisiter ?

Don Quichotte, peut-être, mon fils aurait adoré que je le fasse. J’aime les contes, comme Le petit chaperon rouge ou Le petit poucet. Les contes sont extrêmement violents et cruels à l’origine. Ça ne m’aurait pas déplu de faire des réinterprétations de ces histoires-là, en prenant le côté adulte, sous forme de récits courts, très graphiques, très aérés.

Et l’horreur ? J’ai l’impression que vos œuvres en contiennent toujours un peu.

Oui, c’est vrai. J’aimerais faire une vraie histoire d’horreur, pas forcément du gore, mais plutôt psychologique. Le suspense et l’angoisse sont plus intéressants qu’une tête coupée. Il faut que je trouve l’histoire, avec un point de vue différent.

Un dernier mot sur La quête ?

Je suis en plein dedans. Je travaille actuellement sur le dernier album, Après la quête de l’oiseau du temps, j’en suis à la douzième page, il y en aura 86. Je m’applique, on m’attend au tournant ! Il n’y en aura plus après, ça sera un seul album.

Ce sera plus une histoire de personnages que d’aventure, Bragon est beaucoup plus vieux que là où on l’a laissé dans la série mère. On a beaucoup réfléchi à la fin avec Serge Le Tendre. J’espère qu’elle sera à la hauteur.

Ce live culte de Jeff Buckley ressort (et il n’a rien perdu de sa force)

Par :import
28 janvier 2026 à 16:10

Des brillantes trajectoires écourtées en pleine ascension, on en trouve pléthore dans l’histoire du rock (Jimi Hendrix, Amy Winehouse, Otis Redding, Kurt Cobain, 2Pac…). Mais ils ne sont pas nombreux, ces musiciens qui, en un seul et unique album ou quelques chansons, auront eu autant d’impact sur plusieurs générations d’artistes ou de simples mélomanes.

Avec un seul album studio enregistré en 1994 (le cultissime Grace) et quelques captations de concerts gravées pour la postérité, Jeff Buckley – tragiquement disparu le 29 mai 1997 à l’âge de 30 ans – est de ceux-là, aucun doute là-dessus.

Avant Grace, avant les studios, avant la légende, il y a eu Jeff Buckley, seul dans un minuscule café de l’East Village à New York. On imagine alors l’instant. Dans la lignée directe de ce qu’aurait pu faire son génial paternel (Tim Buckley), au cœur des années 60, dans ce haut lieu de la bohème états-unienne qu’était alors le Village.

Un père artiste qui n’aura jamais eu l’occasion de voir son fiston sur scène puisque, tragédie familiale déjà, Tim Buckley est décédé lui-même avant sa trentième année, en 1975.

Enregistrement culte

Alors, qu’est-ce que ce Jeff Buckley – Live At Sin-é, sorti initialement en 1993 ? Ce mini-album de quatre chansons n’était pas pensé comme un projet d’enregistrement « live » à vocation marchande. Mais il documente et saisit ce truc singulier que l’on entend à chaque plage de cette captation sans grande prétention. Soit la naissance d’un musicien unique en son genre, accompagné d’un ampli fatigué et une guitare électrique tenue comme un talisman. 

Cet enregistrement, qui ressurgit en coffret vinyle et CD ce 13 février 2026, n’a donc pas encore l’écrin majestueux de Grace, seul album studio abouti que Jeff Buckley nous aura légué et qui retourna la tête de centaines de milliers d’auditrices et d’auditeurs.

Mais ce live capté dans un petit club du Lower East Side de Manhattan, dépouillé de tout artifice, possède une évidence brute. On entend l’artiste chercher, fouiller, hésiter parfois. L’émotion suinte à chaque accord de guitare, à chaque couplet chanté, et même dans les interludes parlés de Buckley. Une forme d’urgence toute en retenue, une lumière qui tremble mais ne vacille pas.

L’art du vertige

Au beau milieu du brouhaha du café que l’on devine en fond (tintement de tasses, échos de conversations, portes qui grincent, spectateurs qui toussent…), les titres s’enchaînent avec cette spontanéité qui révèle la grâce (oui, déjà) d’un jeune homme qui semble savoir où il veut aller, tout en mesurant encore l’immensité du chemin.

Nullement gêné par l’environnement, on se laisse à penser que Jeff Buckley fait corps avec le lieu, l’embrasse et l’appréhende comme un élément à part entière de sa prestation.

Son chant comme sa guitare s’étirent avec beaucoup de véracité et de style, se teintant de constants contrastes : tension/détente, ombre/lumière, douceur/souffrance… Heureux spectateurs, on aurait aimé en être.

Il est clair que l’absence de groupe offre à Buckley un terrain de jeu d’une liberté totale. Pas de règles de tempo, personne à suivre, ni d’autres instruments avec qui s’accorder. Qu’il chante Bob Dylan, Van Morrison, Leonard Cohen ou Billie Holiday, le chemin est totalement vierge, libre à lui de choisir la direction qui l’inspire sur le moment.

À l’heure de l’IA générative et des machines qui permettent presque tout, il est toujours déroutant de penser qu’un type seul avec sa guitare, assis sur une vieille chaise dans un troquet presque lambda, est capable d’une telle prouesse. En cela, le live aura toujours un coup d’avance sur les enregistrements studio que la technique est parfois capable de feinter.

Et c’est probablement là que réside la magie de ce moment capturé en 1993. Pas de spotlights, pas de plan marketing, pas d’équipe artistique ou de management à la limite du toxique.

Jeff Buckley lâche prise, livrant à qui veut l’entendre sa propre vérité, qu’il déclame avec cette grâce qu’on lui connaît et qu’il aura emportée avec lui trop tôt, bien trop tôt. 

Car plus de trente ans après, Live at Sin-é conserve cette puissance des premières rencontres. Rien n’y a vraiment vieilli car rien n’y était calculé. Prenez le temps de réécouter ce souffle, ce feu fragile, cette déclaration d’amour à la musique sous toutes ses formes, et vous verrez bien que cette notion de vertige, qui colle à l’œuvre brève et intense de Buckley, est ici parfaitement palpable.

Ce très beau coffret vinyle deluxe comprend quatre « sleeves » au design unique et un livret couleur de huit pages avec photos et notes. Ce coffret inclut des versions live de morceaux incontournables tels que Grace, Last Goodbye et Hallelujah, la fameuse reprise de la chanson de Leonard Cohen.

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