Vue normale

Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

« Parler plutôt que chanter, c’est mon refuge » : Dry Cleaning hypnotise le post-punk

Par :import
11 février 2026 à 10:50

Oubliez la rage du post-punk. Chez Dry Cleaning, la résistance se murmure et se scande avec le flegme d’un thé infusé trop longtemps. Lorsqu’on la joint par visio, la leadeuse Florence Shaw est à l’image de ce que l’on imaginait d’elle : habitée et résolument anti-étiquette. Elle est là pour nous parler du nouvel album du groupe, sobrement intitulé Secret Love, sorti en janvier 2026.

On y retrouve l’ADN du quatuor londonien : un rock anguleux, des guitares nerveuses et toujours ce spoken word qui sert de point d’ancrage à la musique. Mais Secret Love marque aussi une évolution nette dans la discographie de Dry Cleaning. Avec l’arrivée de la Galloise Cate Le Bon à la production, le son se fait ici plus chaleureux, flirtant parfois avec la pop, tout en conservant sa tension sèche et ce sens aigu de l’ironie so british. Autre nouveauté : Shaw ne se contente plus de parler, elle laisse parfois entrer la mélodie. 

Nous avons discuté avec elle de ses inspirations, de sa passion pour Bad Bunny et de ce « non-chant » si emblématique.  

L’album s’appelle Secret Love. Un titre qui évoque quelque chose d’intime, de romantique. De quoi s’agit-il exactement ?

Dans certaines chansons, il est question de sentiments très intimes – parfois romantiques, parfois simplement une forme de tendresse très chaleureuse. Des choses que l’on garde près de soi, non pas pour les cacher, mais pour les protéger. Quelque chose qu’on n’a pas forcément envie d’exposer au monde extérieur. Une sorte de jardin secret. 

Tu as souvent parlé de ta manière d’écrire tes chansons en collectant des fragments, comme des bouts de conversations entendues, des phrases lues, des petits détails du quotidien. Ce processus a-t-il évolué pour cet album ?

Oui, beaucoup plus de choses se sont écrites directement en salle de répétition. Au lieu d’arriver avec des éléments déjà collectés, j’écrivais davantage sur le moment, en réaction à la musique.

J’ai toujours assemblé mes textes dans la pièce, avec le groupe qui joue, mais là j’ai beaucoup plus écrit directement. J’ai aussi utilisé des objets que je collectionne, comme des cartes postales, des cartes de visite, pour m’inspirer, pendant que le groupe jouait. L’écriture était très immédiate sur cet album.

On a l’impression d’une écriture presque dadaïste. 

Oui, complètement. 

 250902_DRY_CLEANING_SHOT_05_110-Edit(1)

Le groupe britannique Dry Cleaning

Plusieurs chansons évoquent la désinformation, les fake news. Est-ce l’air du temps qui t’a inspiré ? 

Oui, je me sens assez agressée par la quantité de messages auxquels on est exposés chaque jour. Et beaucoup sont malsains. Je ne parle pas forcément des réseaux sociaux. J’ai l’impression que les médias deviennent de plus en plus polarisés, sans laisser beaucoup de place à la nuance ou à la discussion. Tout est rapide, court, bruyant. Ça donne l’impression d’être enfermé dans une pièce remplie de gens qui hurlent en même temps. 

Rocks, extrait de l’album Secret Love

C’est votre premier album avec la musicienne galloise Cate Le Bon à la production. Qu’a-t-elle apporté de nouveau à Dry Cleaning ?

Elle a pris très au sérieux la dimension émotionnelle des morceaux. C’était quelque chose d’important pour elle. Cate a une capacité rare à comprendre à la fois le langage technique – le studio, la fabrication d’un disque – et ce qui vient des tripes. Dans Dry Cleaning, chacun a un peu son terrain de prédilection : certains sont plus techniques, d’autres plus émotionnels. Et elle parlait tous ces langages.

Elle a vraiment pris le temps de comprendre chacun d’entre nous. Et ça m’a immédiatement rassurée. Travailler avec un·e producteur·rice est toujours un pari, avec beaucoup d’enjeux, y compris financiers. Mais très vite, j’ai senti qu’elle était sincèrement touchée par la musique. Et ça change tout.

On continue de qualifier Dry Cleaning de groupe « post-punk ». Comment définierais-tu votre son aujourd’hui ?

Je n’ai jamais été très attachée aux genres. C’est paradoxal, parce que j’adore classer, organiser, trier… mais pas en musique.

J’ai toujours été plus intéressée par le contenu que par la forme : ce que quelqu’un dit, comment il le dit, la tension, l’émotion, plutôt que le style musical. Cela dit, les étiquettes sont utiles. Quand on a commencé, l’étiquette « post-punk avec voix parlée » a aidé beaucoup de gens à nous trouver. Donc je n’ai aucun problème avec ça. Mais notre « vraie » étiquette, si elle existe, reste à inventer.

Ce nouvel album est plus mélodique que les deux précédents. Quelles influences ont accompagné cette évolution ?

Il y a énormément de choses. J’adore les films du réalisateur suédois Roy Andersson, et notamment un documentaire sur sa manière de travailler, Being a Human Person. Il m’a beaucoup nourrie.

Il y a aussi ce documentaire complètement fou sur Elton John, Tantrums and Tiaras (1997), filmé par son compagnon avec une simple caméra. On le voit vivre, faire des crises, être drôle, très tendre… J’ai adoré.

Musicalement, Joanna Sternberg m’a beaucoup marquée. Ses chansons sont presque des pages de journal intime, très révélatrices, mais aussi très drôles, avec une vraie personnalité vocale.

Ta voix parlée est devenue une signature forte du groupe. Comment s’est-elle imposée ?

J’ai toujours aimé la musique avec une dimension parlée. Ça me semblait excitant, presque désobéissant. Gil Scott-Heron, The Last Poets, The Sunscreen Song de Baz Luhrmann, la chanson de The Orbs Little Fluffy Clouds… J’étais toujours attirée par ça.

Quand j’ai rejoint le groupe, Nick (Buxton, le batteur de Dry Cleaning -ndlr) m’a envoyé une petite playlist de voix « non conventionnelles », juste pour m’ouvrir l’esprit et me rassurer. Et tout à coup, cela m’est apparu comme un évidence.

Aujourd’hui, ma voix est plus mesurée, presque hypnotique, comme un mantra. C’est très apaisant, presque méditatif. J’y trouve beaucoup de plaisir.

Est-ce frustrant parfois de ne pas vraiment « chanter » ?

Pas du tout. Parce que je suis juste moi-même. Cette voix est déjà en moi. Chanter, au contraire, me fait me sentir plus exposée, plus vulnérable. Parler, c’est mon refuge. 

Y a-t-il un morceau qui représente le mieux Dry Cleaning aujourd’hui ?

C’est difficile d’en choisir un. I Need You revient souvent. Il est très méditatif, avec très peu de guitare, beaucoup de claviers, ce qui est inhabituel pour nous. On sort tous un peu de notre zone de confort sur ce titre.

Let Me Grow and You’ll See the Fruit est aussi une chanson importante : elle n’est pas radical, mais elle capture une ambiance que nous cherchions depuis longtemps. 

Comment imagines-tu ces chansons vivre sur scène ?

Avec beaucoup de contrastes. Des moments très calmes, quasi acoustiques, et d’autres très agressifs, presque sensoriels. J’aimerais pousser ces extrêmes, rendre les concerts plus dynamiques, presque théâtraux dans leur construction.

Tes textes sont souvent comparés à de la poésie. Que lis-tu en ce moment ?

J’aime beaucoup le travail de Ntiense Eno-Amooquaye, une artiste et poétesse basée à Peckham, membre du collectif Intoart. Ce sont des textes très courts, très précis, avec des juxtapositions étranges entre quotidien et imaginaire.

Je reviens aussi souvent à la poétesse américaine Chelsea Minnis, notamment son livre Baby I Don’t Care. Des poèmes indisciplinés, excessifs, très intenses, souvent autour de l’amour.

Quels albums t’ont accompagnée ces derniers mois ?

J’ai beaucoup écouté et adoré Just Another Diamond Day de Vashti Bunyan, surtout à l’automne 2025. J’ai aussi énormément écouté Bad Bunny l’an dernier. DeBÍ TiRAR MáS FOToS est un disque tellement formidable. Et toute l’esthétique visuelle et toute la direction artistique autour de cet album étaient vraiment inspirantes

Et puis l’album Non Stop Ecstatic Dancing de Soft Cell, Aphex Twin… J’écoute les mêmes disques encore et encore, au grand désespoir de mes colocataires.

As-tu envie de continuer à explorer de nouveaux sons, de nouvelles choses ?

Oui, j’adore aller ailleurs, être « débutante », apprendre de nouvelles choses. C’est même comme ça que je suis arrivée dans Dry Cleaning.

La tournée va prendre beaucoup de place, mais c’est aussi un moment propice pour lancer des projets parallèles, des expositions, des idées en gestation. J’ai plusieurs choses sur le feu pour cette année et c’est très excitant.

Reçu avant avant-hier

Vinyle en édition limitée, raretés et amour : Beck régale avec un mini-album surprise

Par :import
3 février 2026 à 09:45

Pour la « génération X » (dont je fais partie), qui a pleinement vécu la charnière entre le 20e et le 21e siècle, Beck reste l’un des musiciens les plus brillants à avoir émergé ces trente dernières années. Ultra-créatif, toujours surprenant, loin d’être superficiel et gardant la bonne distance malgré une renommée mondiale, on peut dire qu’il a tout pour plaire.

Depuis sa ville natale de Los Angeles, Beck, avec l’album Mellow Gold (son premier disque pour une véritable maison de disques), aura conquis non seulement l’Amérique, mais le monde entier, grâce à ses dispositions à mixer avec singularité indie rock, blues lo-fi, hip-hop, électro, country-folk, funk et même des expérimentations sonores.

Nous sommes en 1994 et Beck, en maître du collage néo rétro-futuriste, devient le loser le plus convoité de l’industrie musicale, qui lui déroule le tapis rouge pour construire une discographie éclectique et parfois même inattendue.

Depuis, Beck aura enchaîné les albums, toujours aussi réjouissants, parmi lesquels les excellents Odelay (1996), Mutations (1998), Midnite Vultures (1999) ou encore Sea Change (2002), des collaborations avec d’autres artistes, notamment pour le cinéma (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Scott Pilgrim vs. the World).

Un mini-album intime

C’est pour cela que l’on se réjouit de la sortie d’un nouveau mini-album, Everybody’s Gotta Learn Sometime, disponible ce 13 février 2026. Ce disque est d’ailleurs davantage une collection d’inédits et de raretés qu’un véritable album inédit. Sur huit titres, une seule composition originale du Californien : Ramona, une ballade aux accents folk et aux arrangements de cordes aussi surprenants que raffinés, où la voix de Beck se fait cotonneuse, douce et presque lointaine.

Le reste de cette belle surprise annoncée tout récemment se compose de reprises de chansons plus ou moins populaires évoquant l’amour et la sensualité (The Korgis, Elvis, Hank Williams, Caetano Veloso…). Beck se les approprie avec une simplicité apparente, sans jamais en faire trop.

Mais une écoute plus approfondie révèle le savoir-faire de ce petit génie des arrangements : chœurs aux reflets soul, flow de crooner, juste ton, juste tempo – toujours. 

La démonstration est flagrante dans cette excellente version d’un grand classique des fifties du doo-wop par The Flamingos : I Only Have Eyes for You, que Beck honore avec brio et que vous pourrez fredonner à votre moitié pour la Saint-Valentin (la date de sortie n’a pas été choisie au hasard)… voire pour toujours.

Ce live culte de Jeff Buckley ressort (et il n’a rien perdu de sa force)

Par :import
28 janvier 2026 à 16:10

Des brillantes trajectoires écourtées en pleine ascension, on en trouve pléthore dans l’histoire du rock (Jimi Hendrix, Amy Winehouse, Otis Redding, Kurt Cobain, 2Pac…). Mais ils ne sont pas nombreux, ces musiciens qui, en un seul et unique album ou quelques chansons, auront eu autant d’impact sur plusieurs générations d’artistes ou de simples mélomanes.

Avec un seul album studio enregistré en 1994 (le cultissime Grace) et quelques captations de concerts gravées pour la postérité, Jeff Buckley – tragiquement disparu le 29 mai 1997 à l’âge de 30 ans – est de ceux-là, aucun doute là-dessus.

Avant Grace, avant les studios, avant la légende, il y a eu Jeff Buckley, seul dans un minuscule café de l’East Village à New York. On imagine alors l’instant. Dans la lignée directe de ce qu’aurait pu faire son génial paternel (Tim Buckley), au cœur des années 60, dans ce haut lieu de la bohème états-unienne qu’était alors le Village.

Un père artiste qui n’aura jamais eu l’occasion de voir son fiston sur scène puisque, tragédie familiale déjà, Tim Buckley est décédé lui-même avant sa trentième année, en 1975.

Enregistrement culte

Alors, qu’est-ce que ce Jeff Buckley – Live At Sin-é, sorti initialement en 1993 ? Ce mini-album de quatre chansons n’était pas pensé comme un projet d’enregistrement « live » à vocation marchande. Mais il documente et saisit ce truc singulier que l’on entend à chaque plage de cette captation sans grande prétention. Soit la naissance d’un musicien unique en son genre, accompagné d’un ampli fatigué et une guitare électrique tenue comme un talisman. 

Cet enregistrement, qui ressurgit en coffret vinyle et CD ce 13 février 2026, n’a donc pas encore l’écrin majestueux de Grace, seul album studio abouti que Jeff Buckley nous aura légué et qui retourna la tête de centaines de milliers d’auditrices et d’auditeurs.

Mais ce live capté dans un petit club du Lower East Side de Manhattan, dépouillé de tout artifice, possède une évidence brute. On entend l’artiste chercher, fouiller, hésiter parfois. L’émotion suinte à chaque accord de guitare, à chaque couplet chanté, et même dans les interludes parlés de Buckley. Une forme d’urgence toute en retenue, une lumière qui tremble mais ne vacille pas.

L’art du vertige

Au beau milieu du brouhaha du café que l’on devine en fond (tintement de tasses, échos de conversations, portes qui grincent, spectateurs qui toussent…), les titres s’enchaînent avec cette spontanéité qui révèle la grâce (oui, déjà) d’un jeune homme qui semble savoir où il veut aller, tout en mesurant encore l’immensité du chemin.

Nullement gêné par l’environnement, on se laisse à penser que Jeff Buckley fait corps avec le lieu, l’embrasse et l’appréhende comme un élément à part entière de sa prestation.

Son chant comme sa guitare s’étirent avec beaucoup de véracité et de style, se teintant de constants contrastes : tension/détente, ombre/lumière, douceur/souffrance… Heureux spectateurs, on aurait aimé en être.

Il est clair que l’absence de groupe offre à Buckley un terrain de jeu d’une liberté totale. Pas de règles de tempo, personne à suivre, ni d’autres instruments avec qui s’accorder. Qu’il chante Bob Dylan, Van Morrison, Leonard Cohen ou Billie Holiday, le chemin est totalement vierge, libre à lui de choisir la direction qui l’inspire sur le moment.

À l’heure de l’IA générative et des machines qui permettent presque tout, il est toujours déroutant de penser qu’un type seul avec sa guitare, assis sur une vieille chaise dans un troquet presque lambda, est capable d’une telle prouesse. En cela, le live aura toujours un coup d’avance sur les enregistrements studio que la technique est parfois capable de feinter.

Et c’est probablement là que réside la magie de ce moment capturé en 1993. Pas de spotlights, pas de plan marketing, pas d’équipe artistique ou de management à la limite du toxique.

Jeff Buckley lâche prise, livrant à qui veut l’entendre sa propre vérité, qu’il déclame avec cette grâce qu’on lui connaît et qu’il aura emportée avec lui trop tôt, bien trop tôt. 

Car plus de trente ans après, Live at Sin-é conserve cette puissance des premières rencontres. Rien n’y a vraiment vieilli car rien n’y était calculé. Prenez le temps de réécouter ce souffle, ce feu fragile, cette déclaration d’amour à la musique sous toutes ses formes, et vous verrez bien que cette notion de vertige, qui colle à l’œuvre brève et intense de Buckley, est ici parfaitement palpable.

Ce très beau coffret vinyle deluxe comprend quatre « sleeves » au design unique et un livret couleur de huit pages avec photos et notes. Ce coffret inclut des versions live de morceaux incontournables tels que Grace, Last Goodbye et Hallelujah, la fameuse reprise de la chanson de Leonard Cohen.

De « Stranger Things » à Djo : comment Joe Keery s’est réinventé en rockstar

Par :import
28 janvier 2026 à 14:55

Steve Harrington, c’est le genre de personnage qu’on commence par détester… et qu’on finit par adorer. Lycéen sportif, hautain et quelque peu agaçant, le jeune homme évolue au fil des saisons de Stranger Things pour dévoiler une facette plus sensible et réfléchie, à laquelle il devient difficile de ne pas s’attacher. 

steve-harrington-stranger-things (1)

Steve Harrington (Joe Keery), Stranger Things ©2022 Netflix

Alors, qui d’autre aurait pu mieux camper ce rôle que Joe Keery, l’artiste multifacette par excellence ? Si le public l’a aimé dès ses débuts dans la série Netflix en 2016, il l’adule encore davantage depuis que son titre End Of Beginning, sorti en 2022, a explosé sur TikTok.

Alors, qui se cache donc derrière Djo, le musicien qui peut se vanter d’avoir doublé Taylor Swift (en plus d’avoir relancé la mode de la coupe mulet) ?

End Of Beginning ou la route du succès

La musique est loin de n’être qu’un simple « passe-temps » pour Joe Keery. Car le jeune homme est plutôt du genre control freak créatif, tenant à prouver que son projet musical est solide, indépendamment du succès de Stranger Things. Sur son premier album Twenty Twenty et une bonne partie de son deuxième opus, Decide (2022), il a enregistré seul chez lui, empilant synthés, guitares, voix et batteries programmées.

Djo, c’est donc littéralement une conception DIY… devenue carton mondial. Extrait de Decide, la chanson End Of Beginning a rencontré une notoriété inattendue sur les réseaux sociaux, donnant naissance à une trend virale sur TikTok.

@noousisinamaterialworld

Just trust me, you’ll be fine

♬ original sound – girl failure

Porté par une atmosphère synth-pop mélancolique et des paroles introspectives, il accompagne des transitions nostalgiques d’internautes qui montrent qu’ils vont mieux. Des instants empreints de nostalgie et de positivité, qui ne font qu’accroître sa popularité.

En janvier 2026, nouveau boom. Après la diffusion du tout dernier épisode de Stranger Things, End Of Beginning connaît un second souffle – à l’image de la BO de Purple Rain de Prince, relancée grâce à la scène finale de la série. En deux semaines, Djo parvient à atteindre la sixième place du Billboard Hot 100. Une remontée notable pour le musicien – loin d’être la dernière.

Sur Spotify, l’acteur-chanteur réalise la prouesse de détrôner la reine de la scène pop, Taylor Swift. Cumulant plus de deux milliards d’écoutes sur la plateforme, le morceau est récemment passé devant The Fate Of Ophelia, se hissant à la première place du top 50 mondial. Rien que ça.

Une ascension fulgurante à laquelle l’artiste était loin de s’attendre, comme il le confiait lors d’une entrevue avec Le Parisien :

« C’est fou, oui ! Je suis à la fois excité et confus, choqué. Quand j’ai créé cette petite chanson, il y a quatre ans, elle ne me paraissait pas si spéciale. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle est très honnête. » Djo

New wave, Daft Punk et années 70 : le projet derrière « Djo »

Bien avant d’enfiler le costume du lycéen mi-détestable mi-adorable, Joe Keery arpentait déjà la scène musicale indépendante. En 2014, il rejoint le groupe de rock psychédélique Post Animal en tant que guitariste, participant à la composition ainsi qu’à l’interprétation des titres.

Cependant, ses débuts dans Stranger Things et le succès qui en découle auront raison de sa place au sein de la formation. « J’étais incapable de mener de front les concerts et les tournages. Et puis, [parce qu’]on s’est aperçu que les fans de la série ne venaient nous voir que pour ça et je ne voulais pas devenir un fardeau pour le groupe« , expliquait-il au Parisien.

Ainsi, dès 2019, Joe Keery décide d’écrire un nouveau chapitre de sa carrière musicale sous le pseudonyme de « Djo » – initialement « Leroy Merlin », avant de se rendre compte qu’un… magasin de bricolage français portait déjà ce nom (une anecdote insolite qui a amusé l’enseigne, désormais renommée « Compte fan de Djo » sur Instagram).

Djo, donc, trace sa route en solitaire en sortant quelques chansons qu’il produit et écrit lui-même, avant de dévoiler en septembre 2019 un premier album, Twenty Twenty, rapidement suivi de Decide, paru trois ans plus tard.

Son univers, singulier et éclectique, mêle habilement rock alternatif, new wave et pop electro. Sur le plateau de l’émission Quotidien en ce début 2026, Djo déclarait – entre deux dégustations de fromages – son amour pour la culture (et la gastronomie) française, puisant massivement dans l’electro de Justice, Daft Punk ou Phoenix.

Pour The Crux, son troisième disque publié en avril 2025, le chanteur teinte ses morceaux de sonorités 70’s, qu’il qualifie de « fondations » au micro de RTL2. The Beatles, Supertramp, Electric Light Orchestra : une nouvelle fois, l’artiste s’inspire des plus grands pour un résultat innovant, à l’image de Basic Being Basic.

De retour en France en 2026

Depuis ses débuts chez Post Animal, la carrière artistique de Joe Keery a pris mille et unes trajectoires – toutes assez admirables.

Tantôt adolescent dans une série de science-fiction horrifique à succès, tantôt musicien salué pour ses morceaux créatifs et singuliers, l’Américain de 33 ans jongle entre sa vie d’acteur et de chanteur. « Il y en a un qui a du travail et pas l’autre« , plaisantait-il chez Quotidien, avant de préciser :

« Quand on travaille sur une série, il y a toute l’équipe et pas mal de temps mort. Alors, pendant ce temps-là, je travaille sur la musique. C’est ma grande passion et je suis content du succès. » Djo

Ayant achevé une tournée mondiale marathon en 2025 (70 dates à travers le monde), Djo s’apprête à repartir sur les routes dès mars 2026, avec un passage annoncé en Amérique du Sud et au Mexique.

Et en France ? Après une prestation remarquée à l’Élysée Montmartre de Paris en juin 2025, où il a reçu un accueil des plus chaleureux de la part de ses fans, Djo sera de retour en 2026 lors du festival Rock en Seine le jeudi 27 août – des billets pour cette date seront remis en vente ce 31 janvier.

En attendant, on le retrouvera au cinéma à l’affiche du film de science-fiction Cold Storage aux côtés de Liam Neeson le 18 février prochain. Parce que « Djo » n’a pas l’intention de délaisser la carrière de « Joe ». 

Une chose est sûre : entre performances saluées et records pulvérisés, nul doute que Joe Keery/Djo/Steve Harrington conservera(ont) le statut d’icône de la pop culture encore un bon moment.

❌