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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

On a vu le film Send Help et c’est un jeu de massacre jouissif sur le monde du travail

11 février 2026 à 10:20

Le nouveau film de Sam Raimi met en scène un face à face mortel sur une île déserte, entre Rachel McAdams et Dylan O'Brien. Une comédie gore absolument savoureuse, qui épingle avec acuité la toxicité du monde du travail. Voici notre critique, sans spoilers, de Send Help, dans les salles dès le 11 février 2026.

Reçu hier — 10 février 2026

« Send Help » : Sam Raimi transforme le survival en comédie tordue et jubilatoire

Par :import
10 février 2026 à 16:55

Linda Liddle (Rachel McAdams) est responsable stratégie et projets assidue et douée dans une grosse entreprise de la tech. Elle a des souliers fétiches pour se donner du courage les jours où elle a le trac, et le soir, elle potasse des techniques de survie dans l’espoir, un jour peut-être, de participer à son émission d’aventure préférée tout en papotant avec sa perruche. Avancer dans la boîte ? Le PDG le lui avait promis. Sauf que rien n’a été marqué noir sur blanc. Et que c’est le fils du big boss, Bradley Preston (Dylan O’Brien, découvert dans la série Teen Wolf), qui va prend la relève à la mort de son père. Un garçon arrogant, sexiste et vicieux, pour qui l’esprit de boys club prime sur la loyauté et la méritocratie. 

Linda ? Elle le « dégoûte », tout simplement. Mais il a besoin de ses talents encore quelque temps avant de préparer son éviction. L’irritant golden boy va donc l’embarquer dans un voyage d’affaires sans se douter que le crash de leur jet va brutalement rebattre les cartes. Les voilà désormais naufragés sur une île déserte. Les deux collègues vont-ils réussir à cohabiter ? Parviendront-ils à survivre dans cet environnement aussi paradisiaque qu’hostile ?

 Send Help de Sam Rami

Rachel McAdams et Dylan O’Brien dans Send Help

Si la trame de Send Help peut paraître classique – deux personnes que tout oppose contraintes de s’apprivoiser – elle va rapidement prendre des chemins de traverse. Car le réalisateur Sam Raimi (Spider-Man, The Grudge) va s’amuser à multiplier les chausse-trappes et entremêler joyeusement les genres. On débute ainsi sur un arc qui ressemblerait presque à une rom-com un peu nunuche avant de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus surprenants. 

Un réjouissant jeu de massacre

Renouant avec l’humour noir décalé et l’horreur cartoonesque de ses débuts (Evil Dead), Raimi parvient à créer un malaise comique particulièrement jubilatoire, triturant nos nerfs et flirtant avec les limites. Dans ce huis clos à ciel ouvert, le binôme McAdams et O’Brien fonctionne à plein régime, jouant la carte du Kho-Lanta burlesque avec délectation. C’est too much, absurde et irrésistible pour qui aime le sens du tempo, les twists et le goût de l’outrance du réalisateur. 

Derrière ce (classique) dispositif d’inversion des rôles, le film ausculte également les rapports de pouvoir, les dynamiques toxiques du monde professionnel et le sexisme systémique. Raimi pousse les curseurs à fond, mais la toile de fond, elle, renvoie à un cauchemar encore bien trop réel.

Send Help n’est pas un simple film de survie, ni une comédie conventionnelle. C’est une satire sociale grinçante, navigant entre Misery et Seul au monde, où Raimi transforme le survival en laboratoire cruel, révélant des monstres d’une banalité glaçante. 

Send Help, un film de Sam Raimi avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien…

Sortie en salle le 11 février 2026. 

Reçu avant avant-hier

Voici toutes les bandes-annonces du Super Bowl 2026

9 février 2026 à 06:34
Super Bowl 2026 Trailers

Certains attendaient des images d'Avengers : Doomsday, d'autres de L'Odyssée de Nolan. Finalement, cette édition 2026 aura été plus calme que prévu. Voici toutes les bandes-annonces diffusées lors du Super Bowl 2026.

On a vu le film Send Help et c’est un jeu de massacre jouissif sur le monde du travail

7 février 2026 à 11:18

Le nouveau film de Sam Raimi met en scène un face à face mortel sur une île déserte, entre Rachel McAdams et Dylan O'Brien. Une comédie gore absolument savoureuse, qui épingle avec acuité la toxicité du monde du travail. Voici notre critique, sans spoilers, de Send Help, qui sortira dans les salles de cinéma dès le 11 février 2026.

Retour à Silent Hill : renaissance artistique ou écho d’un passé fantomatique ?

4 février 2026 à 07:00

Vingt ans après avoir posé sa caméra dans les méandres brumeux de la Virginie-Occidentale, Christophe Gans revient à la franchise qui a durablement marqué sa filmographie avec Retour à Silent Hill. Prévu pour une sortie française le 4 février 2026, ce troisième opus – on oublie toujours Silent Hill: Revelation 3D (2012) réalisé par M. J. Bassett – ne se veut ni une suite directe de son film Silent Hill sorti en 2006, ni une opération opportuniste visant à relancer la carrière de son réalisateur (12 ans après son dernier film, La belle et la bête), mais une adaptation revendiquée comme « fidèle » du mythique jeu vidéo Silent Hill 2.

La bande-annonce du film Retour à Silent Hill de Christophe Gans.

Dans un paysage cinématographique déjà gorgé de recyclages, une question centrale se pose : une suite tardive, 20 ans après Silent Hill, peut-elle encore capter l’essence d’un mythe sans n’être que la simple réminiscence d’une saga à l’agonie ?

Une renaissance sous contrôle : la stratégie industrielle de Konami

Impossible de manquer la présence insistante du logo Konami en ouverture du film. Pas de doute, le retour de Christophe Gans dans les ruelles sales de Silent Hill n’est pas solitaire : ce nouvel opus de la saga ne se conçoit pas comme une œuvre isolée, mais comme une pièce d’un vaste plan industriel orchestré par la société japonaise de jeux vidéo. Dans le sillon de la sortie d’un nouveau jeu, Silent Hill f, en 2025, et de celle du remake du culte Silent Hill 2 sorti en 2024, la volonté de relancer la licence est claire : saturer le marché, réactiver une communauté en demande, pour réveiller une licence sur le déclin depuis la sortie en 2012 de Silent Hill: Downpour et l’échec de la sortie de Silent Hills, qui devait pourtant impliquer Guillermo del Toro.

Retour à Silent Hill.

Dans ce schéma, Retour à Silent Hill prend une dimension différente. Ce n’est pas uniquement la renaissance d’un réalisateur, mais aussi un outil de marketing puissant : en s’appuyant sur l’aura du jeu le plus iconique et sur la musique originale d’Akira Yamaoka, il cherche à fédérer toutes les strates du fandom et à réanimer un lore en latence depuis 2006. Sacrée ambition ! 

Silent Hill, le poids d’un film culte

Côté grand écran, le Silent Hill de 2006 occupe une place singulière dans l’histoire des adaptations de jeux vidéo. Lacéré par les critiques à sa sortie, il a, comme de nombreux films cultes, trouvé son audience et construit son mythe avec le temps. Alors que les premiers bruits et critiques outre-Atlantique reprennent leur lancinante ritournelle en dézinguant d’ores et déjà ce nouvel opus, Christophe Gans, du côté de chez Variety, garde en tête la trajectoire de son premier film : « J’étais très content de voir à quel point la réputation du film a grandi. […] C’est un sentiment très agréable, parce qu’on sait très bien qu’il y a de super films qui disparaissent des mémoires en six mois. Le test ultime, c’est l’épreuve du temps, quand on se retrouve d’un coup face à des gens qui parlent de votre travail avec beaucoup d’enthousiasme. »

Si cette communauté a su s’approprier le film, malgré des décisions narratives déjà discutables à l’époque – la transformation de personnages clés et l’inclusion de monstres iconiques hors de leur contexte d’origine –, c’est notamment grâce à une forme de fidélité à l’univers. Musicale, d’abord avec une bande-son composée par Akira Yamaoka, déjà derrière celle des jeux vidéo. Visuelle, ensuite, en construisant une direction artistique, une esthétique viscérale, en accord avec ce que la Team Silent avait pu produire dans les premiers jeux vidéo. En résulte une atmosphère profondément organique.  

L’organique contre le numérique : un geste de résistance ambigu

À contre-courant d’une industrie cinématographique qui inonde ses productions de VFX, Gans opte pour des choix techniques audacieux, qui revendiquent l’organique : chaque monstre est interprété par un danseur sous prothèses, renouant ainsi avec une vision corporelle de l’horreur. Cela évoque explicitement la philosophie du designer de la Team Silent, Masahiro Ito, et sa culture de la « bizarrerie » physique comme source d’effroi, rappelant sans équivoque le concept de « l’inquiétante étrangeté » – quand ce qui est familier flirte avec le dérangeant – du psychanalyste Sigmund Freud. 

Mais ce geste, aussi séduisant soit-il, pose une question : peut-il à lui seul redonner une étincelle de vie à des icônes qui ont été répétées ad nauseam dans les jeux, les produits dérivés et les discours de fans ?

Retour à Silent Hill : la fidélité comme enfermement

En revenant à Silent Hill après le film de 2006, Christophe Gans ne se contente pas de prolonger une adaptation, il tente de réanimer un héritage. Pourtant, le constat s’impose avec une certaine brutalité : le film échoue dans les grandes largeurs à nous toucher. Ce constat d’échec ne repose d’ailleurs en rien sur un manque de respect envers la licence, mais plutôt sur un excès de précautions vis-à-vis d’un univers trop lourd à porter, d’un fandom attentif à toute nouvelle adaptation. Tout, dans sa construction, démontre une peur constante de mal faire, de trahir, de déplacer le mythe. Et cette peur finit par neutraliser ce que le film prétend raviver.

Le premier long-métrage, malgré une puissance plastique indéniable, privilégiait déjà la cohérence visuelle, au détriment parfois d’une narration fluide et surtout cinématographique – la structure du film reposant en grande partie sur celle d’un jeu vidéo. Retour à Silent Hill reproduit ce déséquilibre. Le film ne cesse de regarder son modèle – Silent Hill 2 –, comme s’il cherchait en permanence à prouver sa fidélité plutôt qu’à imposer un regard de cinéaste. À l’écran, cette conformité devient rapidement un carcan. Les grandes figures sont là, les thèmes aussi, mais ils apparaissent moins comme des expériences à traverser que comme des éléments à aligner : en bref, un bingo Silent Hill

Retour à Silent Hill.

Paradoxalement, le film se fait à la fois trop flou (les violences sexuelles n’étant qu’à peine suggérées) et trop évident (la culpabilité de James Sunderland, moteur central du jeu, étant martelée à longueur de film). Cette approche rend le récit trop prévisible, surtout pour qui connaît déjà Silent Hill 2, et psychologiquement trop illisible, nous laissant extérieurs à des personnages que l’on ne comprend pas toujours et pour lesquels on ne ressent pas d’empathie. Il ne propose pas une traversée de Silent Hill, mais une reconstitution figée, presque muséale, renforcée par des prestations d’acteurs très faibles. 

Le point fort du film de 2006, le travail de l’atmosphère, fonctionne toujours, mais surtout comme un rappel pour les initiés. Le brouillard, les textures, les corps déformés convoquent une mémoire commune, mais peinent à générer un véritable effroi – celui de notre première rencontre avec ces immondices, il y a dix ans – et sont susceptibles de laisser en dehors un spectateur étranger à la licence.

Mais le cas de Retour à Silent Hill est loin d’être unique. Au-delà de ses qualités artisanales, ce que révèle le rendu raté de ce film, c’est une impasse plus large du cinéma de franchise contemporain. À force de vouloir préserver ses mythes pour ne pas froisser ses fans – à l’image de la série Alien: Earth, dont l’approche innovante du xénomorphe a eu tendance à énerver sa communauté –, il les fige. Le film devient alors le symptôme d’un univers saturé de lui-même. En confondant fidélité et création, il prolonge une logique déjà perceptible en 2006 : celle d’un cinéma qui préfère la reconnaissance à la rupture et qui, ce faisant, manque l’occasion de faire bouger les lignes et de véritablement redonner vie à une saga sclérosée.

En conclusion, Retour à Silent Hill se trouve à une croisée complexe : d’un côté, la vision d’un réalisateur passionné, attaché à l’artisanat et à l’ambiguïté psychologique ; de l’autre, une logique alourdie par ses propres codes et attentes. La véritable question n’est pas de savoir si le film est fidèle à Silent Hill 2, mais s’il a quelque chose à dire au-delà de la reproduction d’un univers déjà disséqué par des communautés de fans au travers de centaines d’analyses et de discussions.

Le brouillard, les monstres, la musique sont toujours là, mais ils ne produisent plus de trouble. Ils fonctionnent comme des repères, non comme des menaces. Silent Hill n’est plus un espace mental instable, mais un décor patrimonial, immédiatement reconnaissable, parfaitement balisé, nous laissant avec un goût amer : à force de vouloir retourner à Silent Hill, Konami et Gans semblent surtout avoir oublié comment s’y perdre.

Critique Retour à Silent Hill : un retour qui prend les Gans pour des cons ?

3 février 2026 à 18:34
Critique Retour à Silent Hill : un retour qui prend les Gans pour des cons ?

Troisième opus cinématographique lié à la fameuse saga, Retour à Silent Hill adapte le second - et le plus apprécié – épisode de la saga vidéoludique. Mais pas de panique, cette adaptation est entre les mains de Christophe Gans, réalisateur de Silent Hill 2006 et grand fan du jeu. Pas de panique on a dit...

N121 – Bus de nuit : c’est quoi ce thriller avec Riadh Belaïche ?

3 février 2026 à 14:45

Fort de ses 4,6 millions d’abonnés sur Instagram, l’influenceur et vidéaste Riadh Belaïche est à l’affiche de son tout premier thriller au cinéma, intitulé N121 – Bus de nuit.

Après la comédie (30 jours max), l’action sur Netflix (GTMax) et plusieurs émissions ou séries (LOL : qui rit, sort !, Validé, Celebrity Hunted – Chasse à l’homme), le comédien change de registre et s’affiche dans un film de genre à la tension permanente, qui part d’une situation banale pour aller progressivement dans différentes extrémités.

La bande-annonce de N121 – Bus de nuit.

Dans le film, trois amis rentrent de Paris après une soirée festive et prennent un bus de nuit. Quand une altercation entre une jeune femme et un passager prend de l’ampleur, ils décident d’intervenir et constatent peu à peu que la situation vire au cauchemar.

En utilisant le bus comme un moyen de créer un huis clos anxiogène, le long-métrage de Morade Aïssaoui joue avec la tension et l’imprévisibilité, tout en développant un fond social. En plus d’offrir à Riadh Belaïche l’un des rôles principaux, le film met en scène une autre influenceuse célèbre des réseaux sociaux, Paola Locatelli, vue l’an dernier dans le film Rapide, sur la Formule 1. N121 – Bus de nuit sort dans les salles de cinéma ce 4 février 2026.

Le premier long-métrage de Morade Aïssaoui

Si le réalisateur Morade Aïssaoui propose avec N121 – Bus de nuit son premier long-métrage, il a notamment écrit plusieurs épisodes de la série Pax Masilia et le film Carjackers de Kamel Guemra. Ce dernier est coscénariste de N121 et a construit la trame du film à la suite d’un trajet nocturne en bus qui a mal tourné, en imaginant comment la situation pourrait dégénérer encore plus loin.

En suivant le quotidien de trois amis de cité, N121 – Bus de nuit fait référence à des films comme La haine (1995) de Mathieu Kassovitz ou Fruitvale Station (2013) de Ryan Coogler, qui mêlent les enjeux sociaux à des décors urbains marqués.

Critique Send Help : le réalisateur de Spider-Man livre une comédie gore délectable

3 février 2026 à 13:02
Critique Send Help : le réalisateur de Spider-Man livre une comédie gore délectable

Il n'avait pas repris la caméra depuis son Doctor Strange in the Multiverse of Madness – Marvel décrié plus qu'il ne le méritait -, mais aujourd'hui on peut le dire, Sam Raimi est de retour en mode sale gosse pour un Send Help jubilatoire.

Retour à Silent Hill : quelles sont les différences entre le film et le jeu ?

3 février 2026 à 09:15

Près de 20 ans après le premier long-métrage sorti en 2006, la saga horrifique fait son retour au cinéma avec Retour à Silent Hill, réalisé par Christophe Gans. Le film se présente comme un reboot de la franchise et une adaptation de Silent Hill 2, soit l’épisode le plus emblématique de la série vidéoludique. Le film, qui sortira dans les salles françaises ce 4 février, s’insère dans un mouvement plus large de relance de la licence, qui coïncide avec le remake du jeu paru en 2024. Après l’accueil très mitigé de Silent Hill : Revelation en 2012, Gans revendique cette fois un retour à une horreur plus psychologique.

Le film raconte-t-il la même histoire que le jeu ?

Comme dans le jeu, le récit suit James Sunderland, un homme en deuil qui reçoit une lettre mystérieuse de Mary, la femme qu’il aimait, l’invitant à revenir à Silent Hill. Cette trame constitue le socle commun des deux œuvres. La ville brumeuse, désertée et menaçante, devient le théâtre d’une errance marquée par les apparitions monstrueuses et les visions troublantes du protagoniste. Mais là où Silent Hill 2 laissait volontairement planer le doute sur la nature des événements, le film adopte une narration plus démonstrative.

Retour à Silent Hill

Dans le jeu, James est un homme ordinaire, dont la banalité renforce l’identification du joueur. Son passé et sa culpabilité se dévoilent progressivement, au fil de l’exploration et des rencontres. Dans le film, c’est un artiste tourmenté, interprété par Jeremy Irvine. Sa souffrance est posée dès les premières scènes comme moteur du récit. Cette réécriture promet de modifier sensiblement la perception du personnage.

Les personnages secondaires ont-ils le même rôle ?

Angela, Eddie, Laura ou Maria apparaissent bien dans le film, mais leur fonction diffère. Dans le jeu, chacun incarne une facette du trauma, de la violence ou du déni, et dispose d’un arc narratif. Le film, contraint par sa durée, simplifie ces trajectoires. Les personnages deviennent davantage des figures de passage que de véritables miroirs psychologiques.

Silent Hill 2 repose sur une horreur métaphorique : les monstres et les décors sont des projections mentales, directement liées à la culpabilité de James. Dans Retour à Silent Hill, cette dimension est partiellement conservée. Les enjeux sont souvent formulés verbalement et certains symboles deviennent des éléments narratifs concrets.

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