
Depuis Collapsed In Subeams, son premier album paru en 2021, la chanteuse britannique Arlo Parks a attiré l’attention des médias et du public par son attitude subversive, ses paroles fortes et son éclectisme artistique – aussi à l’aise en reprenant Radiohead au piano qu’en collaborant avec la Belgo-Congolaise Lous and The Yakuza.
2026 est l’année de son retour avec un nouvel et ambitieux album, Ambiguous Desire, qui sort ce 3 avril.
Un voyage sonore immersif
Sur ces 12 titres, l’ambiance globale se revèle plutôt planante et en mid-tempo. Arlo Parks est capable de coups de génie comme sur Beams, titre aux harmonies et à la mélodie imparables, où les cordes tiennent une place importante. Une rythmique hip-hop avec des claviers aériens qui n’est pas sans rappeler une certaine Dido.
Sur South Seconds, la chanteuse opte pour l’acoustique dépouillée qui met en valeur voix et textes. Amour, désir, amitié, découverte de soi : tels sont les thèmes abordés ici. Une guitare électrique, le temps d’un interlude, ouvre sur Nightswimming. Là encore, l’atmosphère éthérique se déploie, apaisante, avec des incrustations éeectro. Un morceau lumineux, redoutable dans sa construction.
Son ami Sam Alpha apporte une vraie valeur ajoutée au titre Senses. Le Londonien, connu pour ses ambiances romantiques et sa musique émotive, habille à merveille les inspirations de la poétesse. Floette, quant à lui, est une merveille de douceur tout en retenue, avec sa rythmique drum & bass et un travail de sons et de samples particulièrement original.
Dans l’ensemble, Ambiguous Desire repose sur de terribles breakbeats, porté par de belles mélodies et des sonorités intimistes.
Des collaborations prestigieuses pour un son ciselé
Pour atteindre ce résultat, Arlo Parks s’est entourée de références en matière de production et de qualité de son, à commencer par Paul Epworth. Le génial producteur britannique de 50 ans, à l’origine de nombreux hits d’Adele, de Rihanna ou de Florence And The Machine, se surpasse ici pour trouver l’équilibre entre pop et tendances spécialisées pour un public branché. Blue Disco illustre bien le propos.
La présence de Buddy vise le même objectif. Le musicien a œuvré aux côtés de Franck Ocean et Vampire Weekend – maîtrisant aussi bien le R’n’B que la pop alternative indé. Tout cela aboutit à un album plus intuitif, vibrant et intimiste. La chanteuse de 25 ans le reconnaît d’ailleurs volontiers : « Il est difficile de se livrer, mais quand j’y parviens, cela donne des titres essentiels et forts. »
Ambiguous Desire est le disque parfait pour les fins de soirée ou pour une écoute méditative à la maison. Se perdre dans la nuit ou dans les clubs, puis refaire surface la tête pleine d’émotions et de désirs ambigus : c’est ainsi que ces 12 titres ont été pensés. L’exploration des genres, de la sexualité et de la santé mentale sont des sujets sérieux et profonds qui requièrent une atmosphère calme et sereine.