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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

Les enfants de plomb : l’histoire vraie derrière la série

11 février 2026 à 09:20

Région minière et métallurgique au cœur de la Pologne communiste, la Haute-Silésie a longtemps incarné la réussite industrielle d’un régime fondé sur la production et l’acier. C’est dans cet environnement de poussières et de fumées que s’ouvre Les enfants de plomb, mini-série mise en ligne le 11 février sur Netflix. Réalisée par Maciej Pieprzyca, remarqué en 2013 avec La vie est belle, l’œuvre s’appuie sur un scandale sanitaire avéré.

Que raconte la série ?

Dans son cabinet, les consultations de la pédiatre Jolanta Wadowska-Król se succèdent et les symptômes se ressemblent : retards de développement, troubles neurologiques, fatigue persistante… L’enquête médicale révèle des concentrations anormalement élevées de plomb dans le sang des enfants vivant à proximité d’une fonderie. Le diagnostic est sans ambiguïté : l’industrie locale empoisonne lentement une génération.

Les enfants de plomb

La fiction suit la détermination de la médecin à documenter les cas, organiser des dépistages et alerter les autorités. Mais dans une Pologne où l’appareil d’État contrôle l’information et protège son image industrielle, la reconnaissance du problème devient une affaire politique.

Que dit l’histoire ?

Les faits sont établis. Dans la région de Katowice, des milliers d’enfants ont été exposés à des niveaux toxiques de plomb dans les années 1970. La docteure a effectivement joué un rôle central dans la prise en charge des patients et dans la mise en lumière du scandale. La série dramatise certains échanges, condense des figures administratives et resserre la chronologie. Elle demeure toutefois fidèle à la trame principale.

À l’époque, reconnaître l’ampleur de l’intoxication revenait à admettre une faille du modèle, or l’industrie lourde était un symbole national. Cette tension entre vérité scientifique et raison d’État structure le récit. Les enfants de plomb ne se contente pas de reconstituer le drame : elle éclaire aussi des trajectoires individuelles.

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Autopsie d’un drame : la série est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

4 février 2026 à 11:10

Lancée au printemps dernier au Royaume-Uni et en Irlande, puis en décembre aux États-Unis et au Canada sur Paramount+, Autopsie d’un drame arrive en France le 4 février sur HBO Max. Proposée d’un seul bloc de six épisodes, la mini-série britannique propose un thriller psychologique captivant.

La série s’inspire-t-elle de faits bien réels ?

La réponse est non. Autopsie d’un drame est l’adaptation du roman de l’autrice britannique Sarah Vaughan, publié en 2020. Le récit est entièrement fictif, sans lien direct avec une affaire judiciaire identifiée. Pour rappel, l’histoire suit Jess, une mère qui se rend aux urgences avec son bébé, Betsey, victime d’un traumatisme crânien. Elle évoque une chute domestique, mais son récit manque de clarté. La médecin de garde et son amie, Liz, se retrouve alors face à un dilemme : signaler un soupçon de maltraitance ou préserver leur relation construite sur des années de confiance.

Autopsie d’un drame

Ce qui nourrit le trouble, c’est la proximité du scénario avec des situations bien réelles. Ancienne journaliste, Sarah Vaughan s’est appuyée sur une documentation autour du fonctionnement du système hospitalier britannique, des procédures de signalement et des dispositifs de protection de l’enfance. La série ne s’inspire d’aucun fait divers précis, mais restitue les cadres institutionnels et les enjeux auxquels sont confrontés les professionnels de santé.

Un thriller moins policier que moral

Fidèle au roman, Autopsie d’un drame ne cherche pas tant à résoudre une énigme qu’à mettre en scène un malaise. L’œuvre s’intéresse moins à la culpabilité qu’aux effets du soupçon et aux mécanismes d’une décision administrative. Le récit se déploie autour de la solitude des mères, de la pression d’être irréprochable, de la peur de mal faire et du poids du regard social.

En France, le syndrome du bébé secoué est reconnu comme une forme de maltraitance infantile. Les autorités sanitaires estiment que plusieurs centaines de nourrissons en sont victimes chaque année, avec des chiffres généralement compris entre 180 et 400 cas diagnostiqués par an, probablement sous-estimés. À l’inverse, les accidents domestiques sont bien plus fréquents : près d’un enfant sur dix est victime chaque année d’un accident de la vie courante, principalement des chutes, brûlures ou intoxications.

Lettre à ma jeunesse : Netflix dévoile son nouveau film dramatique

29 janvier 2026 à 14:45

Netflix enrichit son catalogue international avec Lettre à ma jeunesse, un long-métrage indonésien dans la lignée des drames sociaux intimistes. Réalisé par Sim F., déjà remarqué pour Susi Susanti: Love All (2019), le film propose une plongée dans les méandres de la mémoire et des blessures laissées par l’enfance.

Disponible sur la plateforme à partir du 29 janvier, il s’inscrit dans la stratégie du géant du streaming pour mettre en avant des récits locaux aux résonances universelles.

De quoi ça parle ?

Le récit suit Kefas, un homme devenu adulte qui retourne dans l’orphelinat où il a grandi. Son retour agit comme une bascule, faisant ressurgir des souvenirs enfouis et l’obligeant à affronter son passé. À travers un jeu constant entre présent et flashbacks, le film retrace le parcours de cet enfant rebelle, devenu un adulte réservé.

Lettre à ma jeunesse.

Au centre de l’intrigue se dessine sa relation avec Simon, le nouveau responsable de l’orphelinat. D’abord marqué par la défiance, leur lien évolue vers une forme d’amitié inattendue.

La production est assurée par Buddy Buddy Pictures, en collaboration avec Netflix. Le rôle principal est interprété par Theo Camillo Taslim, entouré de Fendy Chow, Agus Wibowo dans le rôle de Simon, ainsi que d’un ensemble de jeunes comédiens incarnant les pensionnaires de l’orphelinat. Le scénario est original et ne s’inspire pas d’une œuvre préexistante.

Quels sont les autres films indonésiens sur la plateforme ?

Ces dernières années, Netflix a largement contribué à faire connaître le cinéma indonésien. Dans un registre proche, Ali & Ratu Ratu Queens (2021) explore la quête identitaire d’un jeune homme parti retrouver sa mère à New York, tandis que Layla Majnun (2021) propose une relecture romantique d’une légende orientale. Plus sombre, La frontière des ombres (2024) mêle enquête policière et portrait social à la frontière indonésienne.

La plateforme a également mis en avant plusieurs séries, parmi lesquelles Cauchemars et rêveries, anthologie de Joko Anwar mêlant fantastique et critique sociale, ou Cigarette Girl, fresque romantique et historique autour de l’industrie du tabac.

La Grazia : que vaut le nouveau film de Paolo Sorrentino ?

28 janvier 2026 à 12:30

La Grazia marque le retour de Paolo Sorrentino (La grande bellezza, 2013) sur le grand écran après la sortie Parthenope l’an dernier. Le cinéaste italien y explore une nouvelle fois les zones grises du pouvoir et la fatigue morale des figures d’autorité. Le film sort au cinéma le 28 janvier.

La bande-annonce de La Grazia.

Le récit se concentre sur Mariano De Santis, un président fictif de la République italienne, à six mois de la fin de son mandat. Juriste et catholique, il doit trancher un lourd dossier : un projet de loi sur l’euthanasie, ainsi que des demandes de grâce présidentielle liées à des crimes conjugaux. À ces dilemmes publics s’ajoute une crise personnelle, nourrie par le deuil de son épouse et le soupçon persistant d’une infidélité passée.

Que dit la critique ?

Télérama salue « un film sobre et sérieux, sans être grandiloquent », où Sorrentino « s’essaie au registre intimiste, avec succès » et parvient à faire émerger « des notes d’émotion » à partir d’un monde protocolaire et austère. The Guardian évoque un « retour bienvenu à son style naturel », parlant d’une « comédie douce-amère sur le deuil et le regret » qui « prouve que Sorrentino est bien l’héritier d’Antonioni dans le cinéma italien ». Variety y voit un « drame présidentiel plus sobre que d’habitude pour lui, et c’est tant mieux ».

Toni Servillo dans La Grazia.

La presse s’accorde également sur la performance de Toni Servillo. « Acteur capable de suggérer d’un simple sourire des profondeurs insondables de tristesse ou un humour bienveillant », note le quotidien britannique. The New York Times parle de son côté d’un comédien « incroyablement expressif », dont l’interprétation est « calme, humaine, d’une mélancolie empreinte d’empathie ».

Enfin, plusieurs critiques soulignent la finesse avec laquelle La Grazia aborde la question de l’euthanasie sans la transformer en manifeste. Variety insiste sur ces choix moraux « qui, avec subtilité, donnent au film une véritable profondeur », rappelant que un président « tiraillé entre sa compassion et sa foi ». NYT évoque quant à lui « de profonds questionnements éthiques et juridiques », portés par un récit qui s’attarde sur l’indécision plutôt que sur la prise de position.

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