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Le créateur de Parasite va aller dans un genre qu’il n’a jamais exploré

3 avril 2026 à 14:31

Le cinéaste sud-coréen Bong Joon-Ho, oscarisé pour Parasite, délaisse les plateaux de tournage réels pour sa première incursion dans le cinéma d'animation. Prévu pour 2027, Ally s'annonce comme une odyssée sous-marine ambitieuse, mêlant humour, émotion et prouesses technologiques.

BTS : qu’est-ce qui fait autant vibrer les fans du plus grand groupe de K-pop ?

Par :import
2 avril 2026 à 13:40

Une chanson découverte par hasard, une vidéo recommandée avec insistance, une recherche lancée par curiosité : l’entrée dans l’univers foisonnant de BTS, le plus célèbre des groupes de K-pop, se fait rarement avec préméditation. « J’ai fini par les chercher sur Wikipédia, et à ce moment-là, plus possible de faire marche arrière », confie Héloïse, 27 ans.

Comme elle, nombreux·ses sont celles et ceux qui, dès la première écoute, s’y plongent sans retenue : un morceau en appelle un autre, puis un album entier, avant de s’attarder sur chaque membre du boys band. Très vite, presque naturellement, ils et elles rejoignent la communauté des ARMYs – un collectif qui redéfinit le statut de fandom.

BTS, un refuge au quotidien

Chez les ARMYs, le lien avec BTS se tisse d’abord dans l’intime. La musique s’invite à chaque instant de la journée, épouse les émotions, devient comme un repère. Déborah, 31 ans, le résume ainsi : « Chaque chanson a son moment spécifique. J’en écoute certaines quand j’ai besoin de réconfort ou de calme, et d’autres pour célébrer quelque chose. »

Telle une playlist sur mesure, chaque son semble coïncider avec un état d’âme. Lorsqu’Emma, 22 ans, se sent seule, elle se laisse porter par Magic Shop (Love Yourself : Tear), dont la douceur agit comme un cocon. Pour se motiver et garder espoir, elle opte plutôt pour Life Goes On (BE), véritable hymne à la résilience.

Pour certain·es, le répertoire des BTS constitue un soutien essentiel, capable d’accompagner des épisodes éprouvants. « D’autres titres, comme Blue & Grey ou Butterfly, me rappellent des périodes plus difficiles de ma vie. Mais aujourd’hui, je les écoute surtout comme une façon de mesurer le chemin parcouru et de célébrer le fait que j’ai réussi à m’en sortir », explique Déborah.

Véritable « bouée de sauvetage » pour Emma, la discographie du groupe suit chaque ARMY personnellement. Mais de l’intime au collectif, il n’y a souvent qu’un pas.

De fan à ARMY : une expérience qui se transforme

Si l’initiation se fait souvent en solitaire – en scrollant sur son téléphone ou en regardant la télévision , l’aventure BTS s’inscrit rapidement dans une dynamique collective, bien au-delà de la simple écoute.

Myriam, 51 ans, se considère comme fan dès lors qu’elle pense aux sept artistes « comme des membres de sa famille ». Pour Ryzlene, 27 ans, ce basculement s’opère lorsqu’elle commence à s’inquiéter à chaque nouvelle annonce concernant le boys band.

Autant de signes d’un attachement qui dépasse le goût musical pour devenir plus personnel – voire affectif. L’appartenance aux ARMYs prend alors tout son sens, éclipsant les codes traditionnels de la fanbase. « C’est important de se rendre compte du poids et de la représentation de ce terme, qui va bien au-delà du simple mot « fan » », déclare Emma.

« C’est important de se rendre compte du poids et de la représentation de ce terme, qui va bien au-delà du simple mot « fan ». »

Car oui, être ARMY ne signifie pas seulement admirer le septuor sud-coréen. Concrètement, cela se traduit par un engagement quotidien : voter pour des récompenses, streamer leurs morceaux, les suivre sur les réseaux sociaux… Mais au-delà de ces actions, ce sont surtout des principes qui dominent, comme la bienveillance, le respect et la solidarité. « Être ARMY, pour moi, c’est soutenir BTS […] et faire partie d’une communauté qui apporte vraiment quelque chose de positif », résume-t-elle.

Le fandom comme créateur de lien social

De cette appartenance naissent des rencontres. BTS devient alors un point de connexion entre des individus qui, autrement, ne se seraient peut-être jamais croisés. « La moitié de mes amies sont des personnes que j’ai connues grâce à BTS », rapporte Déborah.

« La moitié de mes amies sont des personnes que j’ai connues grâce à BTS. »

Parfois, ces relations se tissent au détour de situations anodines. Emma se souvient : « Lors d’une soirée, je portais un t-shirt avec « Jungkook » écrit en gros dans le dos. Un homme m’a tapée sur l’épaule pour me dire : « Ma copine aime beaucoup votre t-shirt mais n’ose pas venir vous parler. »

Jungkook, membre de BTS

Les ARMYs rassemblent des profils très variés, issus de cultures, d’âges et de milieux sociaux très différents. Une diversité qui a permis à Myriam « de nouer des liens forts » avec des personnes éloignées de son environnement habituel.

Elle offre également aux plus réservé·es une porte d’ouverture. « Tu vois juste un accessoire BTS sur le sac de quelqu’un et tu te dis direct : « OK, elle est sympa » », raconte Ryzlene. Car oui, l’impact de BTS ne se cantonne pas aux interactions sociales : il participe activement à la construction de soi et à l’épanouissement individuel.

« Ils m’ont sauvée »

Des témoignages émerge une complicité singulière entre BTS et sa communauté : un attachement viscéral durable qui s’affranchit du cadre artistique. Bien plus qu’une appétence pour leur style ou leurs performances, il s’agit d’une osmose puissante. « Je les considère comme des amis qui habitent loin », confie Déborah. Pour d’autres, les mots sont encore plus forts. « Ils m’ont ‘sauvée’ », affirme Héloïse, 27 ans.

Toutes et tous partagent un point commun : l’influence évidente du boys band sud-coréen sur leur vie. Confiance en soi, ouverture aux autres, motivation, créativité… BTS joue indéniablement un rôle clé. « La trilogie Love Yourself a été un pilier pour ma confiance en moi, et par extension, pour mon ouverture aux autres. Ils m’ont aussi appris le partage, l’amour, l’écoute, la persévérance et le courage », résume Emma.

« Ils m’ont aussi appris le partage, l’amour, l’écoute, la persévérance et le courage. »

Le groupe se distinguerait notamment par son authenticité et sa sensibilité, dans lesquelles les ARMYs se reconnaissent pleinement. « Ils n’ont pas peur d’aborder la santé mentale, la pression de la société ou leurs propres failles », souligne la jeune femme. Une sincérité qui renforce davantage le lien entre les fans et leurs idoles.

Au-delà des performances, des records et du succès mondial, BTS semble avoir construit quelque chose de plus rare : une connexion véritablement réciproque. « Ils me motivent à me dépasser chaque jour, me réconfortent dans les moments difficiles et me donnent de l’énergie lorsque je n’en ai plus. J’essaie de leur rendre ça en suivant ce qu’ils font et en les soutenant à mon échelle », explique Emma, 27 ans.

Une relation faite d’échanges, de soutien et d’émotions partagées – qui, pour beaucoup, a transformé bien plus que leurs playlists.

XO, Kitty : la série mérite-t-elle autant de critiques ?

31 mars 2026 à 06:00

Elle fait partie de ces séries que les gens adorent détester et pourtant, à l’annonce de sa création, la hype était sincère et dénuée de malveillance. Car, pour mémoire, XO, Kitty est avant tout le spin-off de la saga à succès À tous les garçons que j’ai aimés, trilogie portée par Lana Condor et Noah Centineo.

Si les trois films n’ont pas marqué l’histoire du long-métrage d’une pierre blanche, ils ont le mérite d’avoir fait émerger leurs têtes d’affiche, en plus d’avoir proposé un divertissement sympathique, voire attendrissant, qui vieillit bien mieux que, au hasard, The Kissing Booth, autre trilogie romantique du même acabit avec Joey King et Jacob Elordi. Pourtant, XO, Kitty ne jouit pas du même engouement. Et c’est peut-être, notamment, à cause de la solide réputation du matériau d’origine dont elle s’inspire.

Un produit dérivé pour l’algorithme ?

Mais, avant tout, peut-être vous faut-il une piqûre de rappel : dans À tous les garçons que j’ai aimés, Lara Jean doit composer avec le fait que son espiègle petite sœur Kitty s’est amusée à envoyer toutes les lettres d’amour qu’elle avait écrites à chacun de ses crushs au gré des années. Un mal pour un bien, puisque ce petit coup monté permet à Lara de finir avec Peter, qu’elle a toujours plus ou moins secrètement aimé.

À tous les garçons que j’ai aimés.

Dans l’un des films, les deux sœurs partent en famille en Corée du Sud, leur pays d’origine. Bien qu’elle ne soit encore qu’une enfant, Kitty rencontre un certain Dae, qui deviendra son premier amour à distance. C’est sans doute là que la firme de Los Gatos a senti le bon filon pour lancer un spin-off.

Pourquoi ne pas proposer tout un programme dédié aux amourettes de la cadette, à présent que Lara Jean est heureuse et rangée ? Sort donc XO, Kitty, qui suit l’adolescente fraîchement admise dans un lycée international à Séoul, pour retrouver son petit ami, mais aussi enquêter sur les origines de sa mère – enfin, pas particulièrement, mais ça, nous y reviendrons.

XO, Kitty.

On pourrait alors croire qu’avec cette nouvelle histoire, non pas outre-Atlantique, mais prenant place dans la capitale sud-coréenne, XO, Kitty serait une série forte avec sa propre identité, sans pour autant oublier quelques clins d’œil ici et là aux films à qui elle doit son existence. Hélas, le spin-off a un souci plus profond : il semble incapable de totalement se détacher d’À tous les garçons que j’ai aimés, au mieux.

Au pire, il souffre de la comparaison. À commencer par sa colonne vertébrale, son pivot : Kitty elle-même. Autant, dans les films, elle joue un second rôle plutôt attachant, intelligent, bien que très intrusif, autant son écriture n’a jamais été assez musclée pour en faire le personnage principal d’un programme tout à sa gloire.

XO, Kitty.

Elle manque clairement de profondeur, ce qui peut, hélas, parfois la faire passer pour superficielle ou irritante. Car, au fond, on ne sait que peu de choses d’elle, de ses goûts, de ses aspirations. Elle ne semble exister que par ses relations, amicales ou amoureuses, qu’elle vit directement ou par procuration – après tout, elle se surnomme elle-même « la matchmaker », capable de créer n’importe quel couple malgré les tensions.

Lara Jean, elle, avait une personnalité bien affirmée, et le spectateur pouvait décrire aisément ses goûts, son univers et son caractère sans pour autant la rattacher aux garçons à qui elle avait justement écrit après un coup de cœur.

Un scénario qui fait défaut

Mais Kitty n’est pas la seule à manquer d’épaisseur ou de subtilité. Tous les personnages n’existent que de manière ultrastéréotypée : le garçon populaire et hautain, le professeur exigeant, mais au grand cœur, l’ami gay et de bon conseil (un poncif à la fois positif et regrettable). Petit twist toutefois : la « rivale » cool et froide devient un « queer awakening », permettant au personnage de Kitty d’explorer sa possible bisexualité.

XO, Kitty.

Enfin, ça, c’est en théorie, car beaucoup, notamment sur TikTok ou Reddit, l’affirment : le fan service l’a emporté. Le grand public ayant une large préférence pour le personnage de Min Ho (ledit garçon populaire et hautain cité plus haut), les scénaristes ont peut-être trop rapidement avorté la relation saphique pour créer un rapprochement entre lui et Kitty, très brusque et peu crédible. La production semble bien consciente de ses lacunes côté écriture et n’hésite pas à jouer la carte de la nostalgie sur les fans de la première heure autant que possible pour rattacher les wagons.

XO, Kitty.

Dans la saison 2, Noah Centineo, bien que désormais un peu trop vieux pour jouer un étudiant, passe une tête afin de « valider » le nouveau crush de Kitty. Dans la troisième, c’est Lana Condor qui retrouve sa petite sœur. Mais pas sûr que cela suffise. À l’inverse, cela peut même renforcer l’aspect « produit dérivé » peu authentique, en plus de mettre le doigt sur les failles d’un univers qui marchait très bien en films, mais un peu moins en épisodes courts étalés sur plusieurs saisons.

La Corée comme fantasme consommable

Ce sentiment d’avoir un produit purement commercial est aussi très lié à la façon dont Netflix montre une Corée du Sud de carte postale, surtout à une époque où le soft power coréen – avec ses programmes, sa skincare glowy ou sa musique – a plus que jamais le vent en poupe. Regrettable, car, à travers son enquête sur sa mère, Kitty aurait pu permettre à nombre d’Américains d’origine asiatique d’interroger leur place parfois complexe dans la société, ainsi que la crise identitaire qui est souvent liée.

XO, Kitty.

Mais non. Ici, il ne s’agit que d’un prétexte purement scénaristique et paresseux qui durera le temps d’une saison – avec une résolution tout aussi décevante. La lycéenne ne se demande pas plus que ça quelle est sa place dans la diaspora et ne fait pas non plus beaucoup d’efforts pour apprendre le coréen.

Le vrai but du show étant, selon ses détracteurs, de jouir de la popularité du pays : ainsi, de la k-pop passe à chaque épisode ou presque, de manière un peu aléatoire. Les scènes ont lieu dans des lieux iconiques, insta-friendly, mais pas toujours très réels. Comme si Kitty avait rejoint une Corée du Sud fantasmée. Cela se relève notamment à travers l’utilisation de couleurs très pastel et clichées que même les k-dramas les plus candides préfèrent aujourd’hui volontairement éviter.

XO, Kitty.

Tout ceci étant dit, la troisième saison, qui sera diffusée le 2 avril sur Netflix, prouve que le public reste paradoxalement fidèle au rendez-vous. Les raisons sont plurielles. Les épisodes sont courts, donc ultrafaciles à binge(ou hate)watcher. L’ambiance, elle, est feel good et familiale : ici, pas d’énigmes, de mystères ou de meurtres à résoudre sur plusieurs épisodes, voire saisons, pas de dramas lourds qui interrogent la moralité. Le cerveau est totalement sur pause et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Mais surtout, les acteurs et la direction artistique semblent être taillés pour briller sur TikTok, plateforme mère des trends et edits. Les musiques choisies sont souvent déjà virales (de Blackpink à Chappell Roan). Les dialogues, eux, sont clairement écrits pour être « clipés » et provoquer la viralité. Et le casting, très à l’aise sur les réseaux, donne régulièrement de sa personne pour promouvoir la série à coups de lipsync ou de chorégraphies. De quoi nous faire oublier tous les défauts du show ? Cela, on vous laisse en juger.

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