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Tom Cruise, Leonardo DiCaprio : de qui Pierre Niney s’est-il inspiré pour Gourou ?

2 février 2026 à 11:05

Avec Gourou, Pierre Niney ajoute à sa filmographie un nouveau personnage ambigu et complexe, qui tombe dans une spirale infernale à mesure qu’il se fait dépasser par la situation. Si les thématiques du film rappellent les précédentes collaborations entre l’acteur et le réalisateur Yann Gozlan (Un homme idéal, Boîte noire), le propos autour du développement personnel, des coachs et des influenceurs a poussé Pierre Niney à s’inspirer de plusieurs personnages, entre fiction et réalité.

Parmi les films et les acteurs cités, trois rôles reviennent souvent dans les différentes interviews de l’acteur. Tout d’abord, Tom Cruise dans Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson (Une bataille après l’autre). L’acteur y incarne Frank T. J. Mackey, un homme charismatique qui donne des conférences de développement personnel et arrive à convaincre les foules grâce à son énergie électrisante. Une idée similaire que l’on retrouve aussi dans le film avec Pierre Niney.

Tom Cruise dans Magnolia.

Également cité par le comédien, Leonardo DiCaprio dans Le loup de Wall Street (2013), pour le contact humain exubérant et la capacité à séduire les autres. Dernière inspiration citée par Pierre Niney : Jake Gyllenhaal dans Night Call (2014), pour le côté prédateur et manipulateur insidieux.

Même s’il ne le mentionne pas directement, difficile enfin de ne pas penser à Christian Bale pour son rôle dans American Psycho (2000) et sa routine physique méticuleuse, plus ou moins répétée par Pierre Niney dans Gourou, bien que les deux personnages ne s’inscrivent pas dans la même idée.

Les véritables coachs américains

Si le cinéma joue un rôle important dans le travail de composition offert par Pierre Niney, le comédien s’est aussi inspiré de véritables coachs de développement personnel, notamment ceux qui explosent aux États-Unis.

Il cite régulièrement Anthony Robbins, le coach et influenceur américain phare, qui s’est spécialisé dans les séminaires coûteux au milieu des années 1990, autour de la perfection de soi, la confiance et le dépassement des limites.

La bande-annonce de Gourou.

Si, en France, les coachs en développement personnel commencent à se faire de plus en plus connaître, la tendance s’est largement démocratisée aux États-Unis, bien avant l’apparition des réseaux sociaux.

Ces nouvelles figures d’influence ont régulièrement été critiquées pour leur discours et leurs pratiques, avec notamment la question des coûts exorbitants des conférences ou des séminaires. Des thèmes qui servent également l’histoire de Gourou et, si Pierre Niney ne cache pas les références qu’il a utilisées pour son coach Matt, son personnage est un vrai rôle de composition, unique en son genre et avec ses propres particularités.

Gourou : que vaut le film avec Pierre Niney ?

28 janvier 2026 à 07:00

Dans l’introduction à sa Politique des acteurs, Luc Moullet distingue le comédien américain de son homologue français à travers le prisme de l’histoire dramatique. L’un est légataire d’une tradition théâtrale relativement récente, quand l’autre porte sur ses épaules le poids d’un héritage multiséculaire. Moullet attribue ainsi la gestuelle et les murmures amplifiés de l’acteur français du temps du muet à la nécessité de se faire bien entendre par un public tenu à distance de la scène, dispositif aboli par le cinéma tout juste sorti de l’œuf.

La performance outrée (overplaying) de Pierre Niney dans Gourou s’inscrit pourtant dans la longue lignée de bateleurs américains à la Elmer Gantry et Buffalo Bill, respectivement immortalisés à l’écran par Burt Lancaster (Elmer Gantry, le charlatan de Richard Brooks) et, entre autres, par Paul Newman (Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman), et plus récemment par John C. Reilly (Pile ou face d’Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis). 

Gourou.

Le chant du gourou

Après avoir joué le vengeur masqué dans l’énorme Comte de Monte-Cristo (2024) d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, notre infatigable performer épouse à nouveau l’identité de Matthieu Levasseur, « mascotte » de Yann Gozlan. D’usurpateur inquiet dans L’homme idéal à justicier fébrile (déjà !) dans Boîte noire, le voici rhabillé en coach en développement personnel. Un leader charismatique, mais pas foncièrement convaincant sous les traits du frêle Niney. Un prédicateur agnostique qui promet à ses ouailles de reprendre leur vie en main par la seule force de la volonté dans des séminaires réglés au cordeau. Oreillette, sourire « blanc lavabo », rhétorique ciselée… Levasseur déploie tous les artifices de mise en scène rodés par ces gourous qui essaiment en France et aux États-Unis. Gozlan s’inspire d’ailleurs d’un cador de la profession (de foi), Anthony Robbins, chantre de la marche sur le feu pour vaincre sa peur, à qui Netflix a consacré un fascinant documentaire, I Am not your Guru, en 2016.

Chez Gozlan, le rôle du phénix (alias Peter Conrad) est incarné par un acteur américain, Holt McCallany, croisé par deux fois chez David Fincher (dans Fight Club et Mindhunter) – auquel on peut comparer le réalisateur dans ses meilleurs moments.

Les gesticulations fiévreuses de « coach Matt » font évidemment la paire avec les prêches survitaminés du gourou masculiniste joué par Tom Cruise dans Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson. Au grand dam de Yann Gozlan, martelant n’avoir jamais eu l’intention de s’aventurer sur le même terrain. Niney, d’ailleurs initiateur du projet, se revendique plutôt de Leonardo DiCaprio en trader hâbleur dans Le loup de Wall Street (2013) et de Paul Dano, prédicateur halluciné de There Will Be Blood (2007). « J’emprunte aux gens que j’admire », proférait-il déjà dans Un homme idéal (2015).

Gourou.

Prêchi-prêcha

Pris à la gorge par la justice, le coach en surrégime se noie dans son babillage d’entrepreneur de bonheur. L’armure se fissure lorsqu’éclate une guerre fratricide (dont on ne divulguera pas l’argument). La pression ressentie explose les potards jusqu’au point de rupture. Gozlan abandonne son matamore d’évangéliste au complotisme, point de non-retour de ce thriller parano malheureusement brouillon dans son dernier virage.

La bande-annonce de Gourou.

Aux encablures de la farce goguenarde, Gourou est partie prenante d’un siècle nécrosé par l’optimisation, cheville ouvrière du néolibéralisme. « Offrir la meilleure version de soi-même » : la marotte des géants de la tech taraude des cinéastes de tous horizons ces derniers temps, qu’on pense à The Substance (2024) de Coralie Fargeat ou au plus discret Shell (2024) de Max Minghella. Yann Gozlan mène rondement sa barque dans ces eaux troubles, sans trop savoir quel cap maintenir. Brillant exercice de style, Gourou souffre peut-être de courir plusieurs lièvres à la fois. « Don’t fuck with my show ! », avertit Peter Conrad dans les coulisses de son seul en scène. Pierre Niney assure le spectacle de bout en bout, parfois en pure perte.



La grande classe sur Canal+ : Pierre Niney défend Gourou dans son ancien lycée

27 janvier 2026 à 14:20

La promotion autour de Gourou, le nouveau film de Yann Gozlan avec Pierre Niney, s’accélère. Alors que le film est attendu dans les salles obscures à partir de ce 28 janvier 2026, l’acteur est l’invité d’une nouvelle émission sur Canal+, intitulée La grande classe. Le premier numéro sort ce mardi 27 janvier à 21h10 et invite la star du cinéma français dans son ancien lycée.

Pendant plus d’une heure, le comédien, accompagné de l’animateur Mouloud Achour, revisite ses années lycée en immersion, entre contrôles surprises, vie scolaire, repas à la cantine et échanges avec les lycéens.

Tout en évoquant sa jeunesse et le rôle du lycée et des professeurs lorsqu’il voulait devenir acteur, Pierre Niney partage son expérience sur le film Gourou, lors d’une masterclass inédite devant les élèves.

Également au programme : un cours de théâtre animé par Pierre Niney, entre improvisation et stand-up, offrant aux adolescents l’opportunité de s’essayer à l’art dramatique aux côtés de l’un des acteurs français les plus populaires du moment.

Gourou : un film à destination des ados ?

La présence de Pierre Niney dans La grande classe fait écho aux thématiques abordées dans Gourou.

Outre le fait qu’il soit devenu particulièrement populaire pour la nouvelle génération depuis le succès du Comte de Monte-Cristo, le comédien défend un film abordant un sujet qui implique directement les adolescents (mais pas que) : les influenceurs et les coachs de développement personnel

En montrant l’engrenage sans limite et la perte de contrôle d’un coach autoproclamé, Gourou évoque les dangers de la pratique et la place désormais omniprésente, sur les réseaux sociaux, des influenceurs stars. Alors même que l’Assemblée nationale a adopté l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans, la sortie de Gourou résonne avec les nouvelles problématiques liées au numérique et à Internet.

La présence de Pierre Niney face à des élèves – au-delà de l’exercice ludique de communication et de promotion du film – s’inscrit dans la thématique du long-métrage, également produit par l’acteur.

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