Michael : décalage, reshoots… Pourquoi le film ne sort-il que maintenant en France ?
Attendu comme l’un des biopics musicaux les plus ambitieux de ces dernières années, Michael, réalisé par Antoine Fuqua (The Equalizer), arrive enfin dans les salles françaises le 22 avril. Porté par Jaafar Jackson – neveu du chanteur – dans le rôle-titre, le film retrace sa trajectoire. Mais, avant même sa sortie, il cristallise déjà critiques et controverses, liées à sa fabrication et à ses choix narratifs.
Que raconte le film ?
Initialement prévue en avril 2025, la sortie a été repoussée à plusieurs reprises, d’abord à l’automne, puis au printemps 2026. Le principal point de blocage concerne les reshoots. Selon plusieurs sources concordantes, une part importante du film a dû être modifiée après le tournage. L’AFP rappelle qu’un « tiers du film, consacré aux ennuis judiciaires de la star, a été supprimé ».

Le long-métrage suit l’ascension de la pop-star, de son enfance au sein des Jackson Five jusqu’à la fin des années 1980, au sommet de sa carrière. Le récit se concentre volontairement sur la construction du mythe, « se gardant d’aborder les aspects plus polémiques de la vie du chanteur », résume ainsi déjà Le Devoir à partir des informations de l’AFP.
Pourquoi cette réécriture ?
À l’origine, le scénario abordait les accusations d’abus sexuels visant le chanteur dans les années 1990. Mais une clause juridique liée à l’affaire Jordan Chandler a interdit toute représentation de certains individus. Ces contraintes ont entraîné des retournages massifs et ont obligé « Antoine Fuqua et son équipe à ajouter une vingtaine de jours de tournage supplémentaire afin de filmer de nouvelles séquences, dont une fin entièrement repensée », précise Le Journal de Montréal.

La production du film est en outre étroitement liée à l’Estate de Michael Jackson, l’entité juridique détentrice des droits sur son image et sa musique. « La succession du chanteur aurait déboursé environ 15 millions de dollars pour faire retirer du montage final toute allusion à ces allégations », précise le quotidien canadien. Le contrôle exercé par les ayants droit interroge de fait l’indépendance du projet : selon le même article, certaines versions du scénario auraient été jugées « malhonnêtes » et « remplies d’inexactitudes » par Paris Jackson, la fille de l’artiste.
Ces choix éditoriaux nourrissent une réception déjà clivée, car le film « évite les sujets qui dérangent », résume l’AFP. Il s’arrête en 1988, avant les premières accusations, ce qui permet d’écarter les zones les plus sensibles de la vie de l’artiste. Dans le même temps, l’ampleur du projet reste considérable. Budget élevé, ambitions internationales et attentes commerciales placent le film au cœur de nombreux enjeux.























