Margo est une jeune étudiante plutôt douée. Elle pourrait même intégrer Harvard, lui souffle son professeur de littérature (marié). Ce même prof va lui proposer un café et de fil en aiguille, Margo va se retrouver enceinte. Elle choisit de mener cette grossesse à terme, plongeant instantanément dans une spirale de précarité, où la charge mentale et financière devient écrasante. Pour subvenir à ses besoins et échapper au déterminisme social – sa propre mère ayant vécu les mêmes difficultés – elle va prendre une décision radicale : ouvrir un compte sur la plateforme pour adultes OnlyFans.
Adaptée du roman éponyme de Rufi Thorpe, Margo a des problèmes d’argent est la nouvelle dramedy prestige d’Apple TV+. Portée par David E. Kelley, le showrunner d’Ally McBeal et Big Little Lies, cette mini-série s’attache à suivre la nouvelle vie de cette jeune héroïne qui apprivoise la parentalité, se débat entre ses mamelons endoloris, sa famille cabossée et son activité de créatrice de contenus érotico-fantasy.
Bande-annonce de Margo a des problèmes d’argent
Au centre de l’intrigue, Elle Fanning (également productrice exécutive) prête sa candeur apparente à Margo, naviguant entre la vulnérabilité d’une maman solo et le pragmatisme d’une travailleuse du sexe. Autour d’elle, Michelle Pfeiffer, merveilleuse en mère-copine désenchantée, tandis que Nick Offerman insuffle mélancolie et humanité à son père, ex-catcheur abîmé par la vie.
Une série anti-male gaze
Alors la série prend clairement son temps – parfois au risque de perdre une partie de l’audience – cette langueur participe aussi à son charme. À la manière du cinéma de Sean Baker (Anora), cette chronique douce-amère esquisse les contours d’une certaine Amérique, celles des marges, de l’entre-deux, celle qui patauge pour tenter de garder la tête hors de l’eau.
La série se distingue surtout par sa manière nuancée d’aborder des thèmes très contemporains : la survie économique des jeunes adultes, la maternité précoce et le travail du sexe 2.0. Le tout est traité sans sensationnalisme, ni voyeurisme – ce sont des femmes (Dearbhla Walsh, Kate Herron, Alice Seabright) qui sont derrière la caméra et cela se sent. Ici, Margo n’est pas une figure féministe qui reprend spectaculairement le contrôle de sa vie, de son corps et de sa sexualité. Juste une fille un peu bancale, épuisée, qui tente de joindre les deux bouts avec ses petits moyens.
Si l’on peut regretter que Margo ne cultive pas davantage son mordant, notamment en creusant son sillon politique, cette comédie en Technicolor séduit par sa douceur et sa galerie de portraits tendrement brossés.
Margo a des problèmes d’argent sur Apple TV à partir du 15 avril 2026.
C’est quoi ? Un boîtier en acier haute densité (136 x 171 x 12 mm) qui transforme un simple film en objet d’art.
Le nom : un mix entre « steel » (acier) et « book » (livre).
Pourquoi c’est mieux ? Une image 4K Ultra HD avec un débit binaire (jusqu’à 100 Mbps) qui dépasse de très loin le streaming.
Le plus ? Des éditions limitées, remplies d’inédits.
Bonus : c ‘est un placement malin. Sa cote peut grimper de plus de 200% avec le temps.
C’est quoi un Steelbook exactement ?
Le Steelbook, c’est un peu la version « haute couture » du boîtier classique en plastique. Fabriqué en acier, il allie robustesse et des finitions luxueuses : vernis sélectif, embossage, débossage (relief), ou encore gravure.
Pour un collectionneur, c’est l’équivalent d’une lithographie numérotée. Preuve que le support physique n’a pas dit son dernier mot !
Pourquoi préférer le Steelbook au DVD ou au Blu-ray classique ?
Dans un monde où tout devient immatériel, le Steelbook redonne du poids à nos étagères ciné. Et voici quelques raisons de le préférer à ses homologues :
L’exclusivité visuelle : oubliez les affiches de films vues et revues. Ici, pas d’éditions standards, on fait appel à des artistes et illustrateurs de renom pour des artworks inédits.
La conservation : le métal protège mieux les disques des chocs et du temps. Une véritable armure pour vos classiques.
Le contenu enrichi : quasi systématiquement, les Steelbooks incluent le Blu-ray, la 4K UHD et des bonus (making-of, commentaires audio) que vous ne verrez nulle part ailleurs. Car oui, un Steelbook peut renfermer jusqu’à 40 minutes de bonus exclusifs !
L’avis de Marc, expert vidéo à la Fnac Saint-Lazare : « Le Steelbook, c’est le seul format qui redonne du sens à la possession. Là où le streaming compresse l’image, le disque 4K d’un Steelbook libère toute la puissance du Dolby Atmos avec un débit allant jusqu’à 100 Mbps. C’est le cinéma, le vrai, à la maison. »
Quelles sont les différences entre un Steelbook, un DVD et un Blu-ray ?
Pour y voir un peu plus clair, nos experts vidéos Fnac ont comparé les différents types de formats.
Avec son boîtier élégant d’un bleu abyssal, ce Steelbook rend enfin justice aux profondeurs sous-marines de Besson. Disque 4K, vinyle, livre, affiche et près de 4 heures de bonus ! Que demander de plus ?
Un boîtier design reprenant l’esthétique du fameux « Bloc Mystère » il fallait y penser ! Outre le clip de « Peaches » (qu’on a adoré retrouver), ce Steelbook est un véritable objet plaisir pour tous les fans de la licence Mario.
Avec ce Steelbook, optez pour une édition limitée numérotée avec un visuel signé par le génial Laurent Durieux (rien que ça). Un poster, 12 cartes personnages et un livret d’images inédites de production du film : un aller sans retour dans le monde de Paul Atréides.
FAQ : Les questions que vous vous posez sur les Steelbooks
Est-ce que tous les Steelbooks contiennent un disque 4K ?
Pas systématiquement, mais en 2026, 95% des sorties Steelbook à la Fnac incluent la 4K. C’est devenu le standard pour garantir une expérience optimale. Néanmoins, pensez à vérifier la mention 4K sur le bandeau.
Je peux lire un Steelbook sur ma console de jeu ?
Oui, sans problème. Que vous soyez team PS5 ou Xbox Series X, elles lisent parfaitement les disques de vos Steelbooks.
Comment éviter les rayures sur mon Steelbook ?
Le tips du pro : investissez dans des étuis de protection en plastique transparent appelés sleeves. Ils évitent les micro-rayures et protègent ainsi l’artwork.
Et pour nos collectionneurs aguerris, on vous conseille de ne pas exposer directement votre Steelbook à la lumière du soleil afin de préserver au mieux l’éclat de ses couleurs.
Le Steelbook est-il vraiment un bon investissement ?
Oui ! Comme ce sont des séries limitées, une rupture de stock en magasin (souvent en quelques semaines) peut faire doubler, voire tripler la cote du Steelbook sur le marché de la collection. Notamment pour certains titres très recherchés comme les films Marvel ou les classiques Disney. Un investissement plaisir, donc.
Quel âge a Lucky Luke en 2026 ? Lucky Luke fête ses 80 ans cette année. Le personnage de BD a été créé par le dessinateur belge Morris en 1946, apparaissant pour la première fois dans l’Almanach de Spirou.
Qui sont les auteurs emblématiques de Lucky Luke ? Si Morris est son créateur graphique, l’âge d’or de la série est marqué par la collaboration avec le scénariste René Goscinny. Aujourd’hui, la série est reprise par Achdé au dessin et Jul au scénario, tandis que des auteurs comme Matthieu Bonhomme signent des hommages remarqués.
Pourquoi Lucky Luke ne fume-t-il plus ? En 1983, dans Fingers, Morris remplace la cigarette de Lucky Luke par un brin d’herbe. Ce choix, devenu un symbole de l’évolution du héros, visait à rendre le personnage plus exemplaire et a permis à Morris de recevoir une distinction de l’OMS.
Quels sont les meilleurs albums pour commencer ? Une sélection toute subjective de mes albums préférés : les classiques de la période Goscinny comme La Guérison des Dalton ou Le Fil qui chante, ainsi que le roman graphique moderne L’Homme qui tua Lucky Luke pour un ton plus adulte.
Lucky Luke de 1946 à aujourd’hui : la genèse d’un monument de la BD franco-belge
L’évolution du trait de Morris
À ses débuts en 1946, le trait de Maurice de Bevere, dit Morris, est imprégné par l’esthétique Disney : Lucky Luke arbore alors des formes rondes, presque caoutchouteuses. Sous l’influence de la parodie et de sa collaboration avec Goscinny, son dessin s’affine et se stylise. Le cowboy gagne en nervosité et en élégance, adoptant une ligne semi-réaliste unique où les décors minimalistes soulignent l’action. Ce dépouillement graphique, devenu la signature de l’œuvre, permet au héros de traverser les décennies sans prendre une ride, mariant efficacité visuelle et lisibilité parfaite.
Le tournant Goscinny : l’humour comme moteur du mythe
L’arrivée de René Goscinny au scénario en 1955 marque l’âge d’or de la série, quatre ans avant la première aventure d’Astérix. Sous sa plume, Lucky Luke délaisse la simple aventure pour devenir une parodie sociale et historique hilarante. Goscinny introduit une galerie de personnages culte — des Dalton à Rantanplan — et transforme chaque album en une satire des mœurs et des légendes de l’Ouest. Ce génie du verbe insère des thématiques comme la justice, la presse ou la bureaucratie, offrant ainsi une double lecture inédite. C’est ce mariage entre le trait de Morris et l’esprit de Goscinny qui assoit la crédibilité durable de l’œuvre.
L’art de se renouveler : Lucky Luke par ses héritiers et ses admirateurs
La série classique :l’héritage vivant d’Achdé et Jul
Depuis la disparition de Morris en 2001, la flamme de la série classique est entretenue par le dessinateur Achdé, rejoint plus récemment par le scénariste Jul. Ensemble, ils relèvent le défi de préserver l’aura de l’œuvre tout en l’ancrant dans des thématiques contemporaines. Des albums comme Un cowboy dans le coton abordent avec finesse des sujets de société comme le racisme, prouvant que Lucky Luke reste un vecteur de réflexion moderne. Ce travail de continuité assure au héros une place de choix pour les nouvelles générations de lecteurs.
Lucky Luke vu par… : quand les auteurs s’emparent de l’icône
Au-delà de la série classique, Lucky Luke vit une seconde jeunesse grâce à des hommages qui laissent carte blanche à des auteurs de renom pour réinterpréter le mythe. Le trait réaliste et crépusculaire de Matthieu Bonhomme dans L’Homme qui tua Lucky Luke a marqué un tournant critique et public majeur, offrant une vision plus humaine et fragile du cowboy. L’artiste consacre cette année un nouvel opus au « poor lonesome cowboy » avec La Longue marche de Lucky Luke.
D’autres créateurs, comme Blutch avec son approche onirique (Les Indomptés) ou Mawil et son humour dynamique (Lucky Luke se recycle), apportent leur vision personnelle. Ces hommages attirent un public varié, du néophyte à l’expert, confirmant que le cowboy est un terrain de jeu inépuisable pour la création contemporaine.
Pourquoi aimons-nous encore Lucky Luke en 2026 ?
Une parodie du Western devenue universelle
Lucky Luke s’est imposé en matière de déconstruction des mythes américains. Par l’humour, Morris et Goscinny ont détourné les codes du Western pour explorer des thématiques historiques réelles comme la conquête du rail ou la justice. En parodiant des figures comme les Dalton, la série offre une lecture satirique de la société de l’époque. Cette approche pédagogique permet aux lecteurs de comprendre une nouvelle tendance tout en s’amusant, transformant le folklore de l’Ouest en une œuvre universelle et accessible à tous les publics.
Un héros éthique et moderne : l’évolution des valeurs du cowboy
Au fil des décennies, Lucky Luke a su adapter sa boussole morale sans perdre son identité. Le passage historique de la cigarette au brin d’herbe dans Fingersen 1983 symbolise cette volonté d’offrir une figure exemplaire et bienveillante. Loin d’être un simple justicier violent, il agit souvent comme un médiateur pacifique et pédagogue face aux tensions du Far West. Ses aventures récentes continuent d’affiner ce positionnement en traitant avec humanité des sujets de société complexes, renforçant ainsi la fiabilité et la profondeur de ce personnage culte.
Quel album de Lucky Luke choisir pour sa bibliothèque ?
Je vous propose de découvrir une sélection (toute subjective) de mes 10 albums préférés !
La justice arbitraire et le pittoresque de l’Ouest
Burlesque : Une confrontation mémorable entre la loi et l’absurde. Saviez-vous que le personnage principal est inspiré de Roy Bean, un juge du Texas qui avait installé son tribunal dans un saloon ?
Une enquête sombre et réaliste sur un héros fatigué
Crépusculaire : un ton à la fois dramatique et contemplatif. Situé chronologiquement entre DaisyTown et Fingers, on y apprend entre autre pourquoi Lucky Luke décide d’arrêter de fumer…
La tentative désespérée des frères Dalton de devenir honnêtes
Comique de répétition : une mécanique de gags imparable et familiale.
Huit décennies après sa création par Morris, Lucky Luke demeure le guide idéal pour explorer les mythes de l’Ouest. En conciliant fidélité au patrimoine et audace des réinterprétations contemporaines, la série s’impose comme une ressource culturelle inépuisable. Que vous soyez un collectionneur aguerri ou un lecteur débutant, l’homme qui tire plus vite que son ombre continue de nous éclairer par son humour et son humanité. Un anniversaire mythique qui prouve que l’aventure ne fait que commencer.
FAQ
Qui est Rantanplan ?
Apparu pour la première fois en 1962 dans l’album Sur la piste des Dalton, Rantanplan est le chien de garde de prison le plus célèbre de la bande dessinée franco-belge. Créé par Morris et Goscinny, il est l’antithèse de Rintintin : il est réputé pour sa bêtise légendaire et son flair infaillible pour se tromper de direction. Initialement personnage secondaire dans l’univers de Lucky Luke, sa maladresse attachante lui a valu sa propre série de BD et des adaptations en dessins animés.
Comment s’appelle le cheval de Lucky Luke ?
Le fidèle compagnon de Lucky Luke s’appelle Jolly Jumper. Ce cheval, doté d’une intelligence exceptionnelle, est bien plus qu’une simple monture pour l’homme qui tire plus vite que son ombre. Souvent considéré comme « le cheval le plus intelligent du monde », Jolly Jumper ne se contente pas de galoper : il sait cuisiner, jouer aux échecs et possède un sens de l’ironie très affûté. S’il n’hésite pas à sortir son cavalier de situations périlleuses, il porte également un regard souvent sarcastique sur les péripéties de Lucky Luke. Cette relation unique, mêlant complicité et humour, est l’un des piliers de la série.
Qui sont les Dalton ?
Les Dalton sont les adversaires légendaires de Lucky Luke, nés du génie de Morris et Goscinny. Si leur nom s’inspire de véritables hors-la-loi, ils sont ici mis en scène sous la forme d’un quatuor à la taille échelonnée, dont les personnalités forment un moteur comique irrésistible.
Joe, le plus petit, est le cerveau du groupe. Teigneux, hargneux et animé d’une haine féroce pour le « cow-boy qui tire plus vite que son ombre », il est le moteur de toutes leurs évasions.
William et Jack, les frères du milieu, servent souvent de pivots. Bien que plus effacés, ils passent leur temps à tenter de calmer les colères de Joe ou à rattraper les gaffes d’Averell.
Averell, le plus grand et le plus jeune, est l’antithèse de Joe. Sa bêtise abyssale et son appétit insatiable pour la nourriture (« Quand est-ce qu’on mange ? ») font de lui un personnage aussi exaspérant pour ses frères qu’attachant pour les lecteurs.
Éternels pensionnaires du pénitencier, les Dalton incarnent une méchanceté burlesque qui traverse les époques. Leur mère est mise à l’honneur dans l’album intitulé Ma Dalton.
Deux grosses décennies en arrière, si vous cherchiez de la musique touarègue dans les bacs de votre Fnac, il fallait creuser bien profondément pour sortir une poignée de CD sur le sujet.
Des parutions documentant les musiques traditionnelles d’Afrique, collectées par des chercheurs et ethnomusicologues, vendues majoritairement à leurs semblables universitaires : c’était grosso modo ce que le marché du disque proposait à l’aube des années 2000. Si la discutable appellation « world music » existait déjà, un groupe comme le groupe malien Tinariwen — que l’on peut considérer comme pionnier — n’avait pas encore son nom en gras sur les affiches des festivals XXL que sont Glastonbury, Coachella ou Sziget.
Alors qui aurait parié sur l’essor du blues touareg ? Aujourd’hui, ce « rock du désert », comme il a été qualifié par la presse musicale, remplit les salles, attire un public varié et s’impose dans les festivals internationaux.
Rendons à César ce qui appartient à César. À l’origine de ce phénomène, c’est bien le nom de Tinariwen qui résonne de bouche à oreille, de platines K7 en chroniques de journalistes et de concerts devant quelques curieux jusqu’aux salles archi-pleines.
Ce collectif d’activistes touaregs à cheval — voire à chameau plutôt — sur plusieurs pays (Mali, Algérie, Niger, Libye) a façonné « l’assouf », ce blues saharien né de l’exil, de la solitude, du déracinement et des luttes d’un peuple nomade. C’est à la charnière des années 1970–1980 que le groupe invente ce langage musical fait de guitares lancinantes et de chants en tamasheq, héritage qui deviendra le style de base d’une étonnante aventure musicale internationale, que la rébellion touarègue des années 90 aura aussi portée comme un étendard en en faisant sa bande-son.
La chronologie des faits a son importance tant le marketing de l’industrie musicale aime s’emparer des récits et d’une narration qui n’est pas toujours la plus fidèle. Guitares et kalachnikovs en bandoulière : l’image est de fait vendeuse et séduisante pour le monde du rock.
Devenue naturellement la locomotive de cette caravane musicale et politique au succès planétaire inattendu, Tinariwen a gagné une reconnaissance mondiale depuis ses véritables débuts dans les années 80, remportant notamment des disques d’or en France et en Angleterre, sillonnant les scènes les plus prestigieuses et jouant régulièrement à guichets fermés.
C’est pourquoi, en 2026, contrairement aux lignes écrites un peu plus haut, vous ne devriez pas avoir trop de mal à mettre la main sur l’excellent Hoggar. Un nouvel album empreint de soif de justice, de liberté et de paix, qui, à sa manière, tend naturellement la main aux générations futures de ce peuple que la géopolitique mondiale bouscule depuis des années.
La nouvelle gérénation de la musique touarègue
Dans leur sillage, c’est donc une nouvelle génération de groupes et de musiciens qui est apparue dans cette grande famille de la musique touarègue. Des groupes qui font d’ailleurs l’actualité de ces musiques avec leurs nouveaux albums ou la réédition de leurs premiers faits d’armes, notamment pour Mdou Moctar.
Si Imarhan, Tamikrest, Bombino ou Mdou Moctar restent les plus courus par les programmateurs de concerts et donc du public, des dizaines d’autres noms ont réussi à se faire connaître au-delà du Sahara ces dernières années. On dénombrerait une centaine de groupes en activité issus de cette région d’Afrique.
Évidemment, le phénomène n’échappe pas à une certaine forme de « mode ». L’histoire est connue : quelques années en arrière — lorsque la situation du Sahel était à peu près stable — les producteurs occidentaux branchés rock voulaient tous trouver leur poule aux œufs d’or et allaient faire leur shopping entre Nouakchott, Kidal ou Agadez dans l’espoir de signer le prochain « Hendrix ou Jimmy Page touareg ».
Aujourd’hui, entre des trajectoires cosmopolites et la circulation de la musique en quelques clics, on peut penser que ce blues-rock du désert, plus accessible que jamais et désormais enregistré et produit avec le même perfectionnisme que n’importe quel groupe d’indie rock occidental, a de beaux jours devant lui. Un genre musical qui a su trouver un public friand de nouvelles vibrations, mais dans le même temps rassuré par d’autres, plus familières.
Coup de sirocco sur la planète rock
Mais comment expliquer cet engouement d’un public souvent habitué au rock classique ? D’abord par une filiation presque naturelle : le blues touareg repose sur des motifs répétitifs, tournoyants, presque psychédéliques parfois. Des textures de guitare électrique brutes et un groove hypnotique qui rappellent les racines du rock, d’où la comparaison avec le blues, évidemment.
Tinariwen, pour ne citer qu’eux, ont su séduire les oreilles curieuses de Radiohead, Robert Plant, Jack White et autres personnalités influentes du rock, confirmant la passerelle esthétique entre les deux univers.
L’authenticité et ce qu’elle représente dans son propos ont fait le reste. L’assouf raconte des récits d’exil, de résistance et de quête identitaire. Assistez à un concert des groupes précités et vous ressentirez implacablement cette densité émotionnelle, amplifiée par la présence scénique de ces musiciens enturbannés et le caractère organique des instruments. Une expérience à part, parole de converti.
C’est sûrement cette équation gagnante qui a fait de ce « rock du désert » ce qu’il est aujourd’hui : un genre musical à part entière qui s’ancre avec brio dans le large champ lexical de la musique. Vous n’avez plus qu’à vous laisser porter.
Le monde de la musique vient de perdre l’un de ses fondateurs les plus déterminants. Afrika Bambaataa, né Kevin Donovan, est mort ce jeudi 9 avril d’un cancer de la prostate à l’âge de 68 ans. Si le hip-hop est aujourd’hui la culture la plus influente et la plus écoutée à travers le monde, il le doit en grande partie à la vision de cet enfant du Bronx des années 1970.
DJ légendaire, créateur de mouvements et infatigable chercheur de sons, Bambaataa laisse derrière lui une empreinte musicale indélébile, bien que son aura ait été lourdement entachée à la fin de sa vie.
Du chef de gang au guide pacificateur
L’histoire d’Afrika Bambaataa est avant tout celle d’une transformation sociale. Dans les années 1970, le sud du Bronx est ravagé par la pauvreté, la drogue et la guerre des gangs. Lui-même leader de la division locale des redoutables Black Spades, Bambaataa décide, à la suite d’un voyage en Afrique et de la perte d’amis proches, de réorienter l’énergie destructrice des rues vers la créativité.
Il fonde alors la Universal Zulu Nation, une organisation qui rassemble de jeunes Afro-Américains et Portoricains autour de quatre piliers fondamentaux : le DJing, le MCing (rap), le B-boying (breakdance) et le graffiti. Le mot d’ordre est clair : « Peace, Unity, Love, and Having Fun » (« Paix, Unité, Amour et S’amuser »). Bambaataa offre une alternative aux armes : désormais, les conflits de territoire se règlent par des batailles de danse ou des joutes de platines.
Planet Rock : le big bang de l’electro-funk
Sur le plan purement musical, Bambaataa, souvent surnommé le « Master of Records » pour sa collection éclectique et sa connaissance encyclopédique de la musique, a repoussé les limites du genre. En 1982, il sort un titre qui va révolutionner l’industrie : Planet Rock.
En samplant habilement les morceaux Trans-Europe Express et Numbers du groupe allemand de musique électronique Kraftwerk, et en y associant des boîtes à rythmes comme la mythique Roland TR-808, il invente l’electro-funk. Ce titre ne s’est pas contenté de propulser le hip-hop dans une nouvelle dimension futuriste, il a redéfini le son des années 80.
Des albums fondateurs et une influence sans frontières
Au-delà de ce single historique, la discographie d’Afrika Bambaataa (souvent accompagné de son groupe Soulsonic Force ou sous le nom de Time Zone) regorge de projets cruciaux. Planet Rock: The Album (1986), bien qu’assemblant ses premiers succès, sert de véritable manuel d’instruction pour la musique électronique urbaine. La même année, Beware (The Funk Is Everywhere) confirme sa volonté de fusionner le hip-hop naissant avec le P-Funk de George Clinton et le rock (notamment avec le titre Kick Out the Jams).
En 1988, avec The Light, il s’ouvre encore davantage sur le monde en collaborant avec des figures inattendues comme Boy George ou UB40, prouvant que le hip-hop n’a pas de frontières.
Les graines plantées par Bambaataa ont donné naissance à des forêts entières dans le paysage musical. Du côté de la scène électronique, la techno de Détroit ne serait pas la même sans lui ; des pionniers comme Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May citent Planet Rock comme l’élément déclencheur de leur vocation. Des stars mondiales comme Daft Punk ou les Chemical Brothers sont les héritiers directs de cette fusion homme-machine.
Concernant le rap et le R’n’B, son influence se fait ressentir de l’approche collective du Wu-Tang Clan (inspirée par la structure de la Zulu Nation) aux productions de la Miami Bass. Des figures du hip-hop comme Missy Elliott (qui a abondamment samplé la culture electro-funk dans ses hits) ou les Beastie Boys ont tous puisé dans l’esthétique façonnée par Bambaataa.
De graves accusations de violences sexuelles
Toutefois, l’histoire d’Afrika Bambaataa comporte une part d’ombre. À partir de 2016, plusieurs hommes, menés par le témoignage initial de l’activiste politique Ronald Savage, sont sortis du silence pour l’accuser de violences sexuelles et de pédocriminalité. Les faits dénoncés remonteraient aux années 1970 et 1980, ciblant de jeunes garçons vulnérables qui gravitaient autour de lui et de la Zulu Nation dans le Bronx.
Ces graves accusations, bien que Bambaataa les ait toujours niées, ont provoqué une onde de choc immense. Sous la pression, il a été contraint de quitter ses fonctions à la tête de son organisation la même année, laissant une marque indélébile sur son image de figure paternelle et protectrice. En 2025, une action civile engagée contre lui avait été jugée en sa défaveur après son absence à l’audience.
Une œuvre fondatrice
Il est impossible de raconter l’histoire du hip-hop, de la musique électronique et de la culture urbaine sans placer Afrika Bambaataa à son épicentre. Il a été l’étincelle qui a permis à une génération marginalisée de trouver une voix et de l’exporter à l’international. Si la fin de sa vie et les révélations de ses accusateurs auront définitivement fracturé le mythe du « parrain », les fondations culturelles qu’il a posées et l’onde de choc de ses expérimentations musicales continueront d’imprégner la création contemporaine.
Il a fallu un peu de temps, mais Gallimard s’est enfin décidé à inaugurer une collection de non-fiction, offrant ses lettres de noblesse en France à une littérature du réel née aux États-Unis. Et c’est d’ailleurs une icône américaine qui ouvre le bal d’une première salve de trois livres très attendus, publiés coup sur coup par la maison d’édition historique.
Avant de découvrir le premier récit traduit en France d’Olivia Laing, Lonely City, déambulation à New York d’une Anglaise expérimentant la solitude au contact des artistes qui l’ont représentée, comme Edward Hopper ou Andy Warhol ; avant de plonger dans le livre-confession de la romancière Siri Hustvedt qui, avec Ghost Stories, se confie pour la première fois sur le grand amour de sa vie, le géant des lettres américaines, mort il y a deux ans, Paul Auster ; l’heure est d’abord à la découverte d’un petit livre au titre énigmatique, dont l’ésotérisme symbolise à merveille l’œuvre de son autrice. Une parution qui sera l’un des événements littéraires du printemps, Le pain des anges de Patti Smith.
De reine du punk à reine des lettres
2026 signe, en effet, le grand retour de la reine du punk avec un nouvel opus autobiographique particulièrement attendu au vu de l’accueil élogieux reçu il y a quelques mois de l’autre côté de l’Atlantique. Il faut dire que Patti Smith a érigé un modèle de reconversion littéraire. Après avoir conquis le monde entier avec des tubes planétaires comme Gloria (1975), piqué à Van Morrison, Because The Night (1978), coécrit avec Bruce Springsteen ou encore l’hymne militant People Have The Power (1988), elle s’est progressivement tournée vers l’autre grande obsession de sa vie : l’écriture. Pour retracer, à sa manière, poétique et jamais linéaire, les grandes étapes qui ont marqué sa destinée hors du commun.
Il y a 16 ans, elle publiait Just Kids (2010) et entrait un peu plus dans la légende. Un livre générationnel au succès retentissant, dans lequel elle racontait son ascension au sein de la bohème new-yorkaise et sa relation, belle et chaotique, avec le photographe Robert Mapplethorpe. Avec à la clé des millions de lecteurs et surtout un adoubement de la part de la critique, puisqu’elle est récompensée la même année du très prestigieux National Book Award.
Ont suivi d’autres récits, au carrefour de l’art et de la vie. Notamment M Train (2015), référence au métro new-yorkais, « carte de son existence » dévoilée au fil des stations, ou Dévotion (2017), une plongée dans son processus d’écriture. Des livres fascinants, parce qu’intimement liés à la figure géniale de Patti Smith, mais qui manquaient du souffle originel, de cette transe ressentie dans Just Kids, une expérience quasi sensorielle qui avait largement contribué à rendre tout le monde accro. Alors, la publication de cette nouvelle autobiographie s’accompagnait d’un espoir. Le pain des anges signe-t-il le retour à la magie ?
Enfance, rébellion et amour
N’imaginez surtout pas Le pain des anges comme une suite. Signe d’une autrice qui refuse la linéarité et qui se plaît à saisir sa vie comme une photographe, collectionnant les instantanés, le livre est à la fois un prequel et un sequel de Just Kids. Une œuvre comme un reflet déformant, ou plutôt un contrepoint qui s’immisce dans d’autres strates de la vie de l’artiste et s’étend de son enfance à aujourd’hui, alors qu’elle s’apprête à souffler ses 80 bougies.
Autre préambule, autre avertissement. Pour ceux qui n’auraient jamais lu la plume de Patti Smith, il y a un pli à prendre. C’est foutraque, parfois un peu répétitif, les images convoquées peuvent dérouter, mais tout est une question de laisser-aller. Finalement, l’écriture est à l’image de celle qui est en train de la composer. Avec son côté évanescent et ésotérique, cette poésie singulière, lumineuse, mais tourmentée, elle en dit presque autant que toutes les histoires qui nous sont racontées.
Dans Le pain des anges, il est beaucoup question de l’enfance. Celle de Patti Smith se déroule entre Philadelphie et le New Jersey, à la suite d’un père, vétéran traumatisé de la Seconde Guerre mondiale, qui se démène pour faire vivre sa petite famille, et aux côtés d’une fratrie soudée, de précieux alliés dans les années de dèche familiale. Dans cette fresque romantisée de ses jeunes années, l’autrice raconte la tuberculose qui a gâché quelques années et remonte aux sources de la rébellion, entre insubordination à l’école et découverte d’Arthur Rimbaud. Elle revient surtout sur un épisode douloureux de l’adolescence – sa grossesse à 19 ans et ce bébé confié à l’adoption juste avant de rejoindre le New York bohème qu’elle raconte dans Just Kids.
Sa relation avec Sam Shepard, le triangle amoureux qu’elle laisse deviner entre elle, l’actrice Maria Schneider et le milliardaire Paul Getty, le coup bas que lui aurait fait Bob Dylan un soir juste avant un concert : il y a aussi de quoi rassasier les lecteurs curieux qui viennent d’abord chercher dans ces mémoires des petites histoires avec les grandes gloires de l’époque. Mais s’il y a une figure qui brille plus que les autres au cœur du Pain des anges, comme une étoile qui veille là-haut, c’est le guitariste Fred Smith, « l’homme de [sa] vie, le meilleur sauvage », décédé subitement des suites d’une crise cardiaque en 1994. Rencontré en 1979, lors d’un des pires moments de sa carrière, alors qu’elle s’est repliée sur elle-même, il lui donne une force nouvelle. Elle devient mère, elle se réinvente.
Chez Patti Smith, l’art et la vie se répondent en écho. Et si ce récit semble plus intime encore que les autres parce qu’il laisse deviner une femme qu’on avait peu vue jusque-là, il n’en délaisse pas pour autant la fibre artistique unique de celle qui demeure l’une des figures les plus inspirantes de ces 50 dernières années. L’autopsie de son rapport contrarié à la scène fascine. Cet espace où elle se libère, mais où les démons l’assaillent. Surtout, la déclaration d’amour à l’écriture touche en plein cœur. Fidèle alliée dans les tumultes de la vie, Patti Smith vit parce qu’elle écrit et, comme pour lui rendre la pareille, elle écrit ce qu’elle vit. Finalement, elle est peut-être là, la magie.
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Le commissaire Adamsberg arpente les pavés parisiens pour une nouvelle enquête, à la recherche d’un assassin méticuleux inspiré par un poète du XIXe siècle et une étoile du cinéma. Une unique lueur sort chez Flammarion ce 8 avril et, pas de doute, nous sommes bien dans un roman de Fred Vargas, avec une intrigue parsemée de références historiques et des meurtriers amateurs de littérature et de grands symboles. Ici, un passionné de l’auteur Gérard de Nerval (qui s’en souvient ?) et son poème El desdichado (Le malheureux). Car l’histoire avec un grand H n’est jamais loin dans les intrigues de la reine du polar français : Frédérique Audoin-Rouzeau, de son vrai nom, fut d’abord archéologue au CNRS et spécialiste du Moyen-Âge.
Sans (trop) dévoiler l’intrigue, Une unique lueur part à la chasse d’un tueur en série fanatique, dont les meurtres se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau – même avec plusieurs années d’écart. Un assassin méthodique qui ne laisse presque aucun indice, juste des bribes de poèmes à décoder. « – De buvard ? Il a pris l’empreinte de ses lèvres ? – Tout juste. Empreinte de baiser virtuel. Je vous souhaite bonne chance avec ce mec, commissaire. » Pas de quoi décourager l’équipe du commissaire Adamsberg, qui partira même en excursion aux États-Unis à la recherche d’une réponse.
Retrouvailles
Dix-septième polar de l’autrice et onzième de la série sur le commissaire Adamsberg, Une unique lueur est un roman maîtrisé – l’autrice a popularisé le « rompol » (contraction de « roman » et « polar », mélange d’une intrigue policière à une dimension plus littéraire). Ce nouveau roman reprend une formule qui a fait ses preuves : un (ou plusieurs) meurtre(s), mais toujours de l’humour, celui de sa galerie de personnages à la verve et aux manies attachantes.
Car c’est bien là le premier plaisir de la série Adamsberg : retrouver une équipe familière, avec, pour commencer, le commissaire lui-même. Personnage nonchalant et bienveillant dont l’esprit flotte souvent dans le brouillard, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de régulières illuminations intempestives qui font avancer l’enquête. « – Qu’est-ce que tu fous ? – Je balance des brouettes d’inepties vintage dans l’ordi, répondit Adamsberg tout en poursuivant sa quête sur l’ordinateur. Que dalle, ça donne que dalle. »
Même sensation avec le reste de l’équipe, qu’on retrouve comme de vieux compagnons. Il faut dire qu’ils accompagnent le lecteur depuis plus de 30 ans, la première enquête du commissaire Adamsberg étant parue en 1991 ! Le capitaine Danglard, amoureux des mots et du vin blanc (précisément du château Montier 13,5°), la lieutenante Retancourt, toujours droit au but, le fidèle Veyrenc, ou encore l’empressée et anxieuse Froissy… Chacun avec ses habitudes : « Les coussins pour le repos de Mercadet, l’armoire à bouffe de Froissy, les poissons, le ventilateur de Gardon », énumère Adamsberg.
Une équipe étoffée tout de même de quelques nouveaux protagonistes : le voisin qui ne peut parler qu’en langage soutenu, le nouveau flic apeuré venu du Nord, l’ex-camarade sauvé des flots et fidèle au commissaire Adamsberg…
Plaisir, aussi, de retourner s’installer avec eux dans la « salle du concile » pour leurs réunions. Car, au commissariat du 13e, chacun a bien le droit d’exister comme il veut. Une unique lueur, c’est un retour du commissaire Adamsberg et de son équipe en pleine forme, avec une recette si maîtrisée qu’on ne sent pas passer les 523 pages.
Que désigne un « titre métier » dans le thriller domestique ?
Un « titre de métier » est un titre de livre ou de roman qui utilise la fonction ou le rôle d’un personnage central plutôt que son nom propre. Contrairement aux titres centrés sur des noms ou des événements, ces titres font référence à une figure identifiable dans la vie quotidienne, ce qui renforce la proximité et le suspense.
Quels sont les meilleurs thrillers domestiques portant un nom de métier ?
Les polars domestiques dont le titre reprend une profession (femme de ménage, nounou, infirmière, psy ou encore notaire) jouent sur une peur universelle : celle de laisser entrer un inconnu dans son intimité. Ces romans mettent en scène des figures du quotidien, en apparence rassurantes, qui deviennent progressivement inquiétantes, voire dangereuses.
Dans cette sélection, des titres comme La Femme de ménage, La Psy, La Prof ou encore La Nounou illustrent parfaitement ce phénomène éditorial. Le lecteur est plongé dans des univers familiers comme la maison, la famille, le soin où la tension naît du décalage entre la fonction protectrice du métier et les secrets qu’il dissimule.
Pourquoi ces thrillers fascinent-ils autant ?
Parce qu’ils transforment des rôles de confiance en sources de menace. La nounou qui observe trop, l’infirmière qui contrôle, la locataire envahissante ou la gouvernante au passé trouble : ces personnages brouillent les frontières entre aide et intrusion. Le suspense repose alors sur une question simple mais redoutable : peut-on vraiment connaître ceux à qui l’on confie sa vie quotidienne ?
Une tendance forte du thriller psychologique
Ce sous-genre s’inscrit dans la montée en puissance du thriller psychologique centré sur la sphère privée. En mettant l’accent sur des métiers ordinaires, ces romans renforcent l’identification du lecteur et rendent l’angoisse plus tangible. Résultat : une lecture addictive, où chaque détail du quotidien peut devenir un indice… ou une menace.
Quels sont les thrillers domestiques aux titres métiers à lire dans sa vie ?
Titre métier
Ambiance
Ressort psycholgique
La Femme de ménage (F. McFadden)
Voyeurisme et secrets
L’accès à l’intimité et aux secrets de famille
La Psy (F. McFadden)
Manipulation et pouvoir
Le détournement du secret professionnel et de la vulnérabilité
La Prof (F. McFadden)
Autorité et obsession
Le basculement d’une figure de confiance vers l’emprise
La Nounou (S.L. Herker) / La Nanny (G. Macmillan)
Angoisse parentale
La peur de confier ce que l’on a de plus précieux à une inconnue
Le Fille au pair (S. Bonnec)
Méfiance et intégration
L’étrangère qui s’immisce dans le cercle familial dysfonctionnel
La Chirurgienne (L. Wolfe)
Précision et sang-froid
Le pouvoir de vie ou de mort entre les mains d’une experte méthodique
L’Infirmière (V. Keogh)
Dépendance et soins
La fragilité physique et psychique exploitée par celui qui est censé protéger
Une employée modèle (J-C. Tixier)
Perfection toxique
Le danger derrière l’apparence de la collaboratrice idéale
La Notaire (I. Glowacki)
Secrets de famille
La détention d’actes officiels et de vérités patrimoniales cachées
La Fleuriste (A. Sinicka)
Obsession et esthétique
La beauté apparente marquant une traque psychologique
Pourquoi ces polars domestiques fonctionnent-ils si bien ?
Une familiarité immédiate
Le lecteur reconnait instantanément le rôle ou le métier : cela crée une connexion immédiate avec l’histoire. On identifie un rôle social clair avant même de connaître l’intrigue.
Comment ne pas citer Freida McFadden ? En trois ans, l’énigmatique romancière a vendu plus de 35 millions de livres à travers le monde, dont 12 millions de la série La Femme de ménage.
Le coup de cœur d’un expert : « Nevous fiez pas aux apparences… Ce livre saura vous prendre de court ! Quand Millie se retrouve recrutée par les Winchester, c’est une seconde chance de vie qui lui est offerte. Mais cette chance a un prix, et elle va vite le découvrir… Un livre poupée russe, avec des secrets dans des secrets, que vous ne pourrez certainement pas lâcher ! » (Ambre, libraire à la Fnac Bergerac)
L’ambiguïté narrative
Le métier sert de masque identitaire. Derrière une fonction banale, le personnage peut être :
L’avis de Sylvie C., lectrice : « Cela commence comme une gentille histoire et deviens de plus en plus terrifiant…effectivement on enverra plus nos filles travailler en Angleterre sans y penser… »
Une tension sociale implicite
Le choix des métiers dans les titres révèle bien souvent des rapports de pouvoir :
Employeur versus employé
Riche versus précaire
Dépendance économique
Dans Son employée, Samantha Hayes combine avec brio plusieurs de ces postulats. Adolescentes, Annie, Laura, Gina et Sara formaient un quatuor d’inséparables. Mais un drame a fait exploser le groupe. Bien plus tard, Gina voit sa maison réduite en cendres, elle est hébergée par Annie dans sa somptueuse demeure, ce qui crée d’ores et déjà un lien de dépendance. Comme bien souvent dans les thrillers domestiques, l’héroïne se sent épiée et c’est là qu’apparait l’employée de maison, Mary, un personnage au comportement bien étrange. Une mise en abyme de la relation hiérarchique entre employeur et employée somme toute. Tous les poncifs sont réunis pour faire du roman un page turner qui répond aux codes les plus efficaces du genre.
Le coup de cœur d’un expert : « Suspense garanti Après l’incendie de leur maison, Gina et sa famille trouvent refuge chez Annie, une amie d’enfance. Mais très vite, la présence de Mary, l’employée de maison, sème le trouble. Des événements étranges surviennent et l’inquiétude grandit. Qui est vraiment Mary ? Que cache-t-elle, au point d’enfreindre les règles ? » (Manon, libraire à Fnac Toulouse Wilson)
D’autres professions à forte autorité sont à signaler. On peut prendre pour exemple La Chirurgienneou La Notaire. Ces métiers sont des portes d’entrée dans notre intimité et parfois des révélateurs des pires secrets de famille.
Un ancrage domestique
Ces métiers donnent accès à l’intimité du foyer, cœur du thriller domestique. En tout premier lieu, ce qui angoisse le plus les lecteurs parents, ce sont les nounous ! Et il en est question à de nombreuses reprises dans ces titres métiers. La précurtrice du genre a été Leïla Slimani avec Chanson douce couronné par le Prix Goncourt 2016. Quand bien même il ne s’agit pas à proprement parler d’un thriller domestique, les bases de l’intrusion dramatique d’une nounou dans une famille sont belles et bien posées.
Depuis, La Nounou de S.L. Harker a fait son apparition et a su terroriser tout un lectorat.
L’avis d’Emmanuelle M., lectrice : « Très bon thriller domestique Audrey et Rick Miller forment une jolie famille avec Jace 12 ans et Lissa 6 mois. Audrey va reprendre son actvité professionnelle et souhaite embaucher une nounou à temps plein pour s’occuper des enfants. Holly est embauchée, le courant passe très bien auprès de tout le monde. Rick et Jace la trouvent très séduisante. Quelques temps plus tard, Audrey est victime de harcèlements, son magasin est tagué, les clients lui tournent le dos et décommandent les prestations. Son fils lui tient tête, Holly prend de plus en plus de place. Que se passe-t-il ? Audrey est perdue. Pour la suite, je vous le recommande vivement. Très bonne lecture. »
Dans le même filon, La Gouvernante de Joy Fielding s’attaque à des proies tout aussi faibles, à savoir des personnes âgées et qui plus est malades.
Les deux extrémités de la vie sont deux états de faiblesse et de dépendance : il faut reconnaitre que le genre du thriller domestique sait en jouer car ces moments émeuvent un vaste lectorat.
Quel est l’effet psychologique sur le lecteur ?
La projection immédiate
L’efficacité de ces thrillers domestiques repose sur un sentiment d’identification instantanée. Contrairement au polar historique, le lecteur ne s’immerge pas dans un univers lointain, mais dans le reflet exact de son propre salon ou de sa routine familiale. En voyant des personnages qui lui ressemblent — parents débordés ou employés de bureau — faire face à l’indicible, le lecteur ne se contente pas de lire : il simule sa propre survie. Cette proximité crée un engagement émotionnel viscéral, transformant l’acte de lecture en une expérience immersive où la frontière entre la fiction et la réalité domestique devient poreuse.
La méfiance envers le quotidien
Ces titres opèrent un détournement cognitif des objets et des rituels les plus banals. Une porte mal fermée, un smartphone laissé sans surveillance ou un voisin trop aimable cessent d’être des détails insignifiants pour devenir des signaux d’alerte. Le lecteur développe une forme de paranoïa récréative qui perdure après avoir refermé le livre. Cette rupture du sentiment de sécurité dans le « foyer-cocon » est le moteur principal du suspense : elle force à réévaluer chaque interaction sociale sous l’angle du danger potentiel, rendant le quotidien soudainement électrique et imprévisible.
L’activation de peurs ordinaires (intrusion, manipulation, secrets)
L’intrigue vient piquer les zones les plus sensibles de notre psyché : la peur que l’on nous observe à notre insu ou que nos proches cachent une face sombre. En mettant en scène l’intrusion d’un tiers dans l’intimité, l’auteur active un instinct de protection ancestral. Le lecteur explore ainsi, par procuration, ses propres angoisses liées à la vulnérabilité de sa vie privée et à la fragilité des liens de confiance. Cette catharsis par le frisson permet d’apprivoiser des peurs souterraines — comme la trahison, la manipulation ou la perte de contrôle — dans le cadre sécurisé de la fiction littéraire.
FAQ
À quel âge peut-on lire La Femme de Ménage ?
Lors de sa parution en grand format en 2023, un lectorat peu enclin à lire des thrillers s’est tourné vers ce titre. Il s’agissait principalement des femmes plus ou moins jeunes. Aujourd’hui, les ados et young adults découvrent la saga, ils ont 14 ou 15 ans. Les parents sont rassurés car les textes ne comportent ni scènes de violence explicite, ni scènes érotiques.
Pourquoi les éditeurs privilégient ce type de titres ?
pour une lisibilité immédiate : le titre est court et mémorisable
pour une reconnaissance du genre : le lecteur sait qu’il s’agit d’un thriller psychologique
pour une performance marketing : ce type de titre fonctionne bien sur les plateformes de vente et de recommandation
Les titres métiers sont-ils devenus un code du genre ?
Oui. Le métier dans le titre agit comme un marqueur de genre autant que comme un élément narratif. Les lecteurs reconnaissent immédiatement le type de suspense proposé.
Construit à partir d’images d’archives de l’INA, d’interviews, d’extraits de concerts et surtout d’images privées, Véronique, est, après Maria by Callas, le nouveau chef-d’oeuvre du réalisateur Tom Volf. On ne ressort pas indemne de ce documentaire et surtout on a envie de plonger dans cette drôle de vie qu’est celle de Véronique Sanson. Pourquoi ? Parce ce documentaire, diffusé sur France 3 et accessible en replay sur France TV, n’a absolument rien d’un documentaire conventionnel.
Tom Volf, plus qu’un simple réalisateur
Véronique Sanson n’aurait pas pu trouver meilleur conteur pour se raconter. Tom Volf n’est pas un simple réalisateur, documentariste. Non. Outre la réalisation, Tom Volf est aussi metteur en scène et passionné d’arts visuels. Que ce soit dans ses mises en scène ou son documentaire sur Maria Callas, son talent est de faire émerger l’oeuvre ou le sujet.
Cet homme n’est pas un explorateur comme les autres. A chacun de ses projets, il est dans une quête que certains diraient obsessionelle. Tom Volf est surtout un passionné avec une grand P. C’est ce qui s’est passé lorsqu’il découvre, La Callas. Il ne l’a jamais rencontrée, ni vue sur scène et pourtant son film tend à faire croire le contraire. Maria by Callas, où s’entrechoquent photographies, interviews, extraits d’opéra, fait parler Maria pour comprendre.
Comprendre comment Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos est devenue cette icône de l’opéra dite La Callas ou La Divina et comment sa réussite profesionnelle n’a d’égale que sa vie personnelle tourmentée. C’est un peu la même chose qui s’est passé avec Véronique, diffusé sur France 3.
Un angle de vue original
« Après Maria by Callas, je m’étais juré de ne pas faire d’autre film sur une chanteuse. Et pourtant, la musique de Véronique, que j’écoutais depuis mon adolescence, m’a rattrapé. Comme par magie. Une dimension nouvelle s’est dessinée : j’ai soudain réalisé que ses chansons constituent une autobiographie musicale, un récit à la première personne de sa propre vie. Un film s’est imposé comme une évidence« , explique le réalisateur.
C’est cette évidence que Tom Volf a subliment transcrit dans le documentaire, Véronique. Il aurait s’appeler Sanson par Véronique tant, comme dans Maria by Callas, Tom Volf se concentre beaucoup sur la voix, celle de Véronique qui commente pas à pas les étapes de sa vie d’artiste et de femme. Deux êtres intimement liés.
Ce choix et cet angle de vue permettent au spectateur de plonger intimement dans la vie de la chanteuse française. Ce documentaire est un biopic non conventionnel, un récit à la première personne rendant cette immersion encore plus forte et plus étonnante. Sanson y apparaît sans filtres, ne laisse pas de côté ses démons, ses fêlures. Véronique n’est pas un documentaire laudatif, mais un film à l’émotion brute où toute la beauté et toute la fureur des orages, des tempêtes de la femme et l’artiste ne sont pas éclipsés. Au contraire.
La mémoire d’une trajectoire
Ce documentaire est un travail de mémoire, celle d’une femme, d’une artiste et d’une oeuvre. Et ce travail n’aurait pas eu tout son sens et sa véracité sans l’implication de Véronique Sanson elle-même.
« Rren n’était possible sans sa bénédiction », explique Tom Volf. « Après avoir retourné ciel et terre, et attendu de nombreux mois, grâce à l’aide de certains anges gardiens, la rencontre s’est faite. Le projet lui a plu et à partir de ce moment il pouvait devenir réalité. Ce fut le point de départ de cinq années de travail pour faire exister ce film avec l’authenticité, l’émotion et l’aspect cinématographique qu’il me semblait exiger depuis le premier jour ».
Ce documentaire ne serait pas aussi fort s’il n’était pas composé d’images, de vidéos d’archives personnelles de la chanteuse. Tom Volf peut ainsi se permettre de n’esquiver aucun sujet, aussi intime et privé soit-il. La confiance est totale entre les deux artistes. C’est tout un travail de mémoire qui est palpable ici.
L’autre point fort de ce documentaire, c’est que les images intimes de l’artiste sont traversées par les chansons, particulièrement choisies pour ce qu’elles évoquent. Les chansons, à chaque fois sous-titrées, sont le deuxième fil rouge de cette drôle de vie. En braquant la caméra, presque simultanément, sur le récit d’une vie et l’analyse des chansons de Véronique Sanson, Tom Volf montre l’imbrication de la femme et de l’artiste et combien sa vie peut déjà se lire à travers sa musique.
Une authenticité touchante
Dans ce documentaire, vous n’entendrez pas de voix off, ni d’experts. Il n’y a que des images et la voix de Sanson quand elle commente sa vie, quand elle chante ou répond à des entrevues et même parfois celle de Michel Berger avant et après leur rupture.
C’est ce qui lui donne toute sa puissance émotionelle, sa sincérité, son authenticité, sa sagacité aussi. Sanson y confesse ses failles, sa soif de liberté, quitte à faire souffir et quitte à en souffrir tout autant. A chaque étape, on s’aperçoit que sa vie est une quête éternelle, celle de se trouver (sa voix par exemple), de suivre son instinct, de suivre sa musique où elle va, comme le chantait son grand amour, Michel Berger.
Elle aurait pu mourir mille fois au sens propre comme figuré et pourtant Véronique Sanson est là, toujours debout, sur scène plus qu’ailleurs, là où la vie l’emporte, là où le public la porte.
« J’ai été bouleversée par ce film. Pour moi, c’est une espèce de miroir de ma vie avec son meilleur et son pire. Je ne m’étais jamais retournée pour la voir en vrai. Avec en fil rouge la musique, qui m’a portée, libérée et finalement réparée. Et pour moi, lire en sous-titres les paroles de mes chansons a été un choc, je les ai découvertes autrement, et c’était une étrange et belle sensation. Juste celle d’être vivante et reconnaissante de tout ce que vous m’avez apporté. Je vous aime de tout mon cœur, plus fort que tout », a d’ailleurs confié Véronique Sanson à propos de ce documentaire.
Une belle histoire d’amour entre une artiste et un public s’est écrite et continue de s’écrire. Véronique Sanson a écrit la chanson J’ai eu envie de vous revoir. Et nous aussi, on ne se lasse pas de la voir et de la revoir.
Véronique, un film de Tom Volf, à voir en replay sur France TV.
Depuis Collapsed In Subeams, son premier album paru en 2021, la chanteuse britannique Arlo Parks a attiré l’attention des médias et du public par son attitude subversive, ses paroles fortes et son éclectisme artistique – aussi à l’aise en reprenant Radiohead au piano qu’en collaborant avec la Belgo-Congolaise Lous and The Yakuza.
2026 est l’année de son retour avec un nouvel et ambitieux album, Ambiguous Desire, qui sort ce 3 avril.
Un voyage sonore immersif
Sur ces 12 titres, l’ambiance globale se revèle plutôt planante et en mid-tempo. Arlo Parks est capable de coups de génie comme sur Beams, titre aux harmonies et à la mélodie imparables, où les cordes tiennent une place importante. Une rythmique hip-hop avec des claviers aériens qui n’est pas sans rappeler une certaine Dido.
Sur South Seconds, la chanteuse opte pour l’acoustique dépouillée qui met en valeur voix et textes. Amour, désir, amitié, découverte de soi : tels sont les thèmes abordés ici. Une guitare électrique, le temps d’un interlude, ouvre sur Nightswimming. Là encore, l’atmosphère éthérique se déploie, apaisante, avec des incrustations éeectro. Un morceau lumineux, redoutable dans sa construction.
Son ami Sam Alpha apporte une vraie valeur ajoutée au titre Senses. Le Londonien, connu pour ses ambiances romantiques et sa musique émotive, habille à merveille les inspirations de la poétesse. Floette, quant à lui, est une merveille de douceur tout en retenue, avec sa rythmique drum & bass et un travail de sons et de samples particulièrement original.
Dans l’ensemble, Ambiguous Desire repose sur de terribles breakbeats, porté par de belles mélodies et des sonorités intimistes.
Des collaborations prestigieuses pour un son ciselé
Pour atteindre ce résultat, Arlo Parks s’est entourée de références en matière de production et de qualité de son, à commencer par Paul Epworth. Le génial producteur britannique de 50 ans, à l’origine de nombreux hits d’Adele, de Rihanna ou de Florence And The Machine, se surpasse ici pour trouver l’équilibre entre pop et tendances spécialisées pour un public branché. Blue Disco illustre bien le propos.
La présence de Buddy vise le même objectif. Le musicien a œuvré aux côtés de Franck Ocean et Vampire Weekend – maîtrisant aussi bien le R’n’B que la pop alternative indé. Tout cela aboutit à un album plus intuitif, vibrant et intimiste. La chanteuse de 25 ans le reconnaît d’ailleurs volontiers : « Il est difficile de se livrer, mais quand j’y parviens, cela donne des titres essentiels et forts. »
Ambiguous Desire est le disque parfait pour les fins de soirée ou pour une écoute méditative à la maison. Se perdre dans la nuit ou dans les clubs, puis refaire surface la tête pleine d’émotions et de désirs ambigus : c’est ainsi que ces 12 titres ont été pensés. L’exploration des genres, de la sexualité et de la santé mentale sont des sujets sérieux et profonds qui requièrent une atmosphère calme et sereine.
En 2021, dès la sortie de son premier album Collapsed in Sunbeams, Arlo Parks a été étiquetée « La voix d’une génération ». Avec ses textes introspectifs profonds ne ressemblant à aucun autres, la jeune Anglaise sortait clairement du lot, orchestrant avec beaucoup de dextérité un R’n’B aérien, une pop légère et un fascinant trip hop.
Cinq ans plus tard, Arlo Parks – qui vit désormais à Los Angeles – signe Ambiguous Desire, un troisième opus aux effluves fortement electro et aux influences on ne peut plus éclectiques.
Dans le cadre intimiste de la Bulle Acoustique de la Fnac Forum des Halles à Paris, espace destiné aux amoureux du son pour tester les meilleures solutions d’écoute musicale, casques premium et enceintes connectées, en partenariat avec Qobuz, le service de streaming et de téléchargement haute qualité, Arlo Parks raconte l’histoire de ce disque qui fait du bien.
Elle évoque une multitude d’influences, plus éclectiques les unes que les autres, ainsi que sa vie dans la Cité des Anges californiennes. Un moment intime et plein de vie saisi par Qobuz dans la Bulle Acoustique de la Fnac.
Une chanson découverte par hasard, une vidéo recommandée avec insistance, une recherche lancée par curiosité : l’entrée dans l’univers foisonnant de BTS, le plus célèbre des groupes de K-pop, se fait rarement avec préméditation. « J’ai fini par les chercher sur Wikipédia, et à ce moment-là, plus possible de faire marche arrière », confie Héloïse, 27 ans.
Comme elle, nombreux·ses sont celles et ceux qui, dès la première écoute, s’y plongent sans retenue : un morceau en appelle un autre, puis un album entier, avant de s’attarder sur chaque membre du boys band. Très vite, presque naturellement, ils et elles rejoignent la communauté des ARMYs – un collectif qui redéfinit le statut de fandom.
BTS, un refuge au quotidien
Chez les ARMYs, le lien avec BTS se tisse d’abord dans l’intime. La musique s’invite à chaque instant de la journée, épouse les émotions, devient comme un repère. Déborah, 31 ans, le résume ainsi : « Chaque chanson a son moment spécifique. J’en écoute certaines quand j’ai besoin de réconfort ou de calme, et d’autres pour célébrer quelque chose. »
Telle une playlist sur mesure, chaque son semble coïncider avec un état d’âme. Lorsqu’Emma, 22 ans, se sent seule, elle se laisse porter par Magic Shop (Love Yourself : Tear), dont la douceur agit comme un cocon. Pour se motiver et garder espoir, elle opte plutôt pour Life Goes On (BE), véritable hymne à la résilience.
Pour certain·es, le répertoire des BTS constitue un soutien essentiel, capable d’accompagner des épisodes éprouvants. « D’autres titres, comme Blue & Grey ou Butterfly, me rappellent des périodes plus difficiles de ma vie. Mais aujourd’hui, je les écoute surtout comme une façon de mesurer le chemin parcouru et de célébrer le fait que j’ai réussi à m’en sortir », explique Déborah.
Véritable « bouée de sauvetage » pour Emma, la discographie du groupe suit chaque ARMY personnellement. Mais de l’intime au collectif, il n’y a souvent qu’un pas.
De fan à ARMY : une expérience qui se transforme
Si l’initiation se fait souvent en solitaire – en scrollant sur son téléphone ou en regardant la télévision –, l’aventure BTS s’inscrit rapidement dans une dynamique collective, bien au-delà de la simple écoute.
Myriam, 51 ans, se considère comme fan dès lors qu’elle pense aux sept artistes « comme des membres de sa famille ». Pour Ryzlene, 27 ans, ce basculement s’opère lorsqu’elle commence à s’inquiéter à chaque nouvelle annonce concernant le boys band.
Autant de signes d’un attachement qui dépasse le goût musical pour devenir plus personnel – voire affectif. L’appartenance aux ARMYs prend alors tout son sens, éclipsant les codes traditionnels de la fanbase. « C’est important de se rendre compte du poids et de la représentation de ce terme, qui va bien au-delà du simple mot « fan » », déclare Emma.
« C’est important de se rendre compte du poids et de la représentation de ce terme, qui va bien au-delà du simple mot « fan ». »
Car oui, être ARMY ne signifie pas seulement admirer le septuor sud-coréen. Concrètement, cela se traduit par un engagement quotidien : voter pour des récompenses, streamer leurs morceaux, les suivre sur les réseaux sociaux… Mais au-delà de ces actions, ce sont surtout des principes qui dominent, comme la bienveillance, le respect et la solidarité. « Être ARMY, pour moi, c’est soutenir BTS […] et faire partie d’une communauté qui apporte vraiment quelque chose de positif », résume-t-elle.
De cette appartenance naissent des rencontres. BTS devient alors un point de connexion entre des individus qui, autrement, ne se seraient peut-être jamais croisés. « La moitié de mes amies sont des personnes que j’ai connues grâce à BTS », rapporte Déborah.
« La moitié de mes amies sont des personnes que j’ai connues grâce à BTS. »
Parfois, ces relations se tissent au détour de situations anodines. Emma se souvient : « Lors d’une soirée, je portais un t-shirt avec « Jungkook » écrit en gros dans le dos. Un homme m’a tapée sur l’épaule pour me dire : « Ma copine aime beaucoup votre t-shirt mais n’ose pas venir vous parler. »
Jungkook, membre de BTS
Les ARMYs rassemblent des profils très variés, issus de cultures, d’âges et de milieux sociaux très différents. Une diversité qui a permis à Myriam « de nouer des liens forts » avec des personnes éloignées de son environnement habituel.
Elle offre également aux plus réservé·es une porte d’ouverture. « Tu vois juste un accessoire BTS sur le sac de quelqu’un et tu te dis direct : « OK, elle est sympa » », raconte Ryzlene. Car oui, l’impact de BTS ne se cantonne pas aux interactions sociales : il participe activement à la construction de soi et à l’épanouissement individuel.
« Ils m’ont sauvée »
Des témoignages émerge une complicité singulière entre BTS et sa communauté : un attachement viscéral durable qui s’affranchit du cadre artistique. Bien plus qu’une appétence pour leur style ou leurs performances, il s’agit d’une osmose puissante. « Je les considère comme des amis qui habitent loin », confie Déborah. Pour d’autres, les mots sont encore plus forts. « Ils m’ont ‘sauvée’ », affirme Héloïse, 27 ans.
Toutes et tous partagent un point commun : l’influence évidente du boys band sud-coréen sur leur vie. Confiance en soi, ouverture aux autres, motivation, créativité… BTS joue indéniablement un rôle clé. « La trilogie Love Yourself a été un pilier pour ma confiance en moi, et par extension, pour mon ouverture aux autres. Ils m’ont aussi appris le partage, l’amour, l’écoute, la persévérance et le courage », résume Emma.
« Ils m’ont aussi appris le partage, l’amour, l’écoute, la persévérance et le courage. »
Le groupe se distinguerait notamment par son authenticité et sa sensibilité, dans lesquelles les ARMYs se reconnaissent pleinement. « Ils n’ont pas peur d’aborder la santé mentale, la pression de la société ou leurs propres failles », souligne la jeune femme. Une sincérité qui renforce davantage le lien entre les fans et leurs idoles.
Au-delà des performances, des records et du succès mondial, BTS semble avoir construit quelque chose de plus rare : une connexion véritablement réciproque. « Ils me motivent à me dépasser chaque jour, me réconfortent dans les moments difficiles et me donnent de l’énergie lorsque je n’en ai plus. J’essaie de leur rendre ça en suivant ce qu’ils font et en les soutenant à mon échelle », explique Emma, 27 ans.
Une relation faite d’échanges, de soutien et d’émotions partagées – qui, pour beaucoup, a transformé bien plus que leurs playlists.
Les héros de David Foenkinos ne sont pas comme les autres. Dans La délicatesse(2009), Nathalie tombe amoureuse de son collègue de bureau, Markus, un employé aussi maladroit et dépressif que loufoque et attachant. Dans Qui se souvient de David Foenkinos (2007), c’est lui-même que l’auteur projette en panne sèche d’inspiration et en crise de la quarantaine. Dans Numéro deux (2022), adapté au théâtre l’année dernière, on découvre l’histoire fantasmée de Martin Hill, celui qui a failli incarner Harry Potter à l’écran.
De ces destins boiteux, cabossés par les aléas de l’existence, David Foenkinos extrait comme personne une fragilité bouleversante. Cette fois encore, avec Je suis drôle, il use de tout son savoir-faire de romancier pour tisser une histoire, en apparence simple, qui, comme chaque fois, nous surprend et nous cueille.
Gustave Bonsoir
Son nom, déjà, laisse une impression mitigée. Gustave, écrit David Foenkinos, « paraît désuet pour un garçon né au début du siècle ». Quant à Bonsoir, on ne sait pas vraiment si l’on y trouve du charme ou du ridicule.
À l’image de ces artistes aux enfances dramatiques, dont l’auteur fait la liste au début du livre, Gustave est orphelin à 5 ans. Tout ce qu’il garde de sa mère, emportée par un foudroyant cancer, est une lettre qu’il ouvrira des années plus tard. Son père, il ne l’a jamais connu. Le rayon d’espoir de ces années-là reste son adoption par Catherine et Jean-Michel, une directrice et un professeur des écoles.
C’est sur une blessure d’enfance que David Foenkinos construit la vocation de son personnage. Hanté par la peur d’être abandonné, Gustave Bonsoir trouve très tôt dans le rire un bon moyen de s’assurer l’amour et l’affection des gens. Il devient le boute-en-train de ses années de collège et lycée. Le garçon populaire. Sa vocation naît peu à peu. Il s’installe à Paris et décide de se lancer. Mais les déconvenues arrivent. Gustave se découvre un trac incurable. Il enchaîne les échecs. Collectionne les ridicules. Pour quelqu’un qui voulait être comique, il dégage une spectaculaire impression de tristesse.
En imaginant un comique doué d’un extraordinaire penchant pour la tristesse, David Foenkinos, qui s’est plongé dans les biographies d’humoristes, leur rend un hommage drôle et caricatural. Qui ne sait pas que Louis de Funès était sinistre lorsque les caméras n’étaient pas allumées ?
Il saisit également une tendance de l’époque. Selon un sondage Ifop de 2024, 68 % des Français se déclarent fans de stand-up. Des humoristes célèbres ont ouvert leur propre lieu, comme Fary et son Madame Sarfati, Kev Adams et le Fridge Comedy Club ou Shirley Souagnon avec le Barbès Comedy Club.
Et il n’oublie personne. Pas même ces « gens, entre 30 et 50 ans » que l’on connaît tous, qui décident de quitter leur job corpo pour renouer avec une passion d’enfance. « Max était l’un des soldats de cette armée du rire, ayant quitté une position confortable pour se confronter à son désir profond. »
Des fables étranges
Si on a lu d’autres livres de David Foenkinos, on sait à peu près comment fonctionne la mécanique. Il paraît installer le décor en accéléré. Son style est ultrasimple. Parfois trop. À certains endroits, lorsqu’il parle, par exemple, de la lumière d’une salle de spectacle en la décrivant comme « terriblement crue », on se dit que l’auteur de Charlotte (2014), prix Goncourt des lycéens et prix Renaudot, aurait pu faire un effort.
Mais on oublie tout cela assez vite. Car la surprise ne tarde pas. L’auteur maîtrise avec ingénuité l’art de l’heureuse coïncidence. Ce léger pivotement narratif qui donne à ses livres leur relief émotionnel. Que faire du cas Gustave Bonsoir ? Comique affligé du comble de la tristesse ? Foenkinos va trouver.
L’auteur de Vers la beauté (2018) ne se range pas du côté du blockbuster épique et de ses héros qui font rêver. Mais il n’écrit pas non plus des livres tristes, qui donnent envie de se jeter par la fenêtre. Il a créé ses propres contes. Peuplés de personnages incroyablement mélancoliques et malchanceux, pas gâtés par la vie, qui finissent, d’une manière ou d’une autre, par retomber sur leurs pattes. Au fond, il fait preuve d’un grand optimisme. Qu’un type comme Bonsoir arrive à s’en sortir, même si ce n’est pas exactement comme il l’aurait espéré, envoie quand même un message positif.
Le Vinyliste est un club d’abonnement lancé par la Fnac pour les amateurs de vinyles. Chaque mois, les abonnés reçoivent chez eux un disque sélectionné par des disquaires Fnac, souvent en édition limitée ou exclusive, selon leurs goûts musicaux. Ils peuvent aussi échanger le vinyle s’il ne leur plaît pas et bénéficient d’avantages comme des réductions ou la livraison offerte.
Avril est le mois idéal pour explorer des textures sonores variées, du blanc immaculé à l’orange vitaminé. Que vous cherchiez à planer avec Air ou à monter le volume avec Booba, laissez-vous guider par les prescriptions de nos experts.
Robbie Williams – BRITPOP (Exclusivité Fnac Vinyle Blanc)
Icône de la pop britannique, Robbie Williams revient avec BRITPOP, un projet qui célèbre l’énergie et l’insolence d’une époque dorée. Entre mélodies entêtantes et charisme débordant, cet album nous rappelle pourquoi l’ancien membre du boys band Take That reste le showman ultime. C’est un condensé d’efficacité pop qui s’écoute comme une déclaration d’amour à la culture UK, porté par une production qui réveille la nostalgie des années 90.
Pourquoi c’est une pépite ? Ce pressage en vinyle blanc exclusif est d’une élégance rare. Un indispensable pour tout amateur de pop qui se respecte, cherchant à enrichir sa collection d’un objet aussi classe à regarder qu’à écouter.
Booba – Ad vitam æternam (Vinyle Rouge Transparent)
Le « Duc » ne prend pas de retraite, il grave sa légende dans le marbre. Avec Ad vitam æternam, Booba livre un opus sombre et percutant de 10 titres, fidèle à son flow millimétré et à ses punchlines acérées. Le rappeur de Boulogne prouve une fois de plus sa capacité à dominer la scène urbaine française avec une production moderne qui ne laisse aucune place au hasard, confirmant son statut de pilier du genre.
Pourquoi c’est une pépite ? Le vinyle rouge transparent apporte une esthétique puissante à cet album déjà culte. C’est une pièce de choix pour les collectionneurs de rap français exigeants.
Air – Moon Safari (Exclusivité Fnac Vinyle Orange)
Incontournable de la French Touch, Moon Safari est l’album qui a fait planer le monde entier à la fin des années 90. Le duo versaillais Air y déploie une électro-pop atmosphérique, douce et rétro-futuriste à travers 10 morceaux mythiques. Des titres comme Sexy Boy ou Kelly Watch the Stars sont devenus des classiques intemporels qui n’ont pas pris une ride et continuent d’inspirer les nouvelles générations par leur texture sonore unique.
Pourquoi c’est une pépite ? Pour célébrer cet héritage, cette édition en vinyle orange exclusif redonne des couleurs à ce voyage spatial. C’est le disque « chill » par excellence pour vos fins de journée printanières.
Avec Simplifier, Christophe Miossec revient à l’essentiel à travers 11 titres intimes. Fidèle à sa plume acérée et à sa sincérité désarmante, l’artiste brestois livre un album presque dépouillé, où chaque mot pèse son poids. C’est de la chanson française artisanale et brute, qui demande une écoute attentive pour en saisir toute la poésie.
Pourquoi c’est une pépite ? Le choix du vinyle blanc exclusif souligne la sobriété de ce projet artistique. C’est une œuvre qui s’inscrit dans la lignée des grands auteurs, comme un moment suspendu.
Après avoir secouru Luigi des griffes d’un Bowser un poil mélomane, et prouvé que Peach n’avait besoin de personne pour sauver les siens, nos héros de jeu vidéo préférés s’attaquent à l’infini (et au-delà).
La première bande-annonce de Super Mario Galaxy, Le Film, sortie courant 2025, avait immédiatement trouvé son public. Propulsé dans l’espace, le plombier animé devra une nouvelle fois combattre la menace Bowser qui, cette fois-ci, entreprend de conquérir l’univers tout entier (rien que ça !).
Mais au-delà des graphismes époustouflants, c’est bien la galerie de nouveaux personnages qui affole la toile. Et parmi eux, un nom est sur toutes les lèvres : Yoshi.
Yoshi entre en scène
C’est le véritable moteur de cette suite tant attendue : l’arrivée de visages iconiques que les fans réclamaient à cor et à cri ! Si l’on trépigne d’impatience à l’idée de voir à l’écran Harmonie ou encore Bowser Jr, c’est bel et bien le petit dinosaure vert qui vole la vedette à tout le monde.
Teasé dans la scène post-générique du premier film (souvenez-vous de cet œuf vert niché dans les égouts de Brooklyn), Yoshi est enfin là. Et le moins que l’on puisse dire c’est que son absence dans l’opus précédent avait laissé un grand vide (et fait beaucoup parler).
Sa présentation officielle et son trailer dédié, dévoilé en janvier 2026, avaient littéralement retourné les réseaux sociaux. Sur Reddit l’utilisateur Mshel24 témoigne « Yoshi, c’est mon perso Mario préféré depuis toujours. […] J’ai trop hâte de le voir dans le film Mario Galaxy parce que je donnerais ma vie pour lui ! »
Et pour donner de la voix à ce petit personnage si particulier, la production a misé sur le talentueux comédien et chanteur Donald Glover, connu également sous le nom de scène Childish Gambino. Un choix qui insuffle une personnalité unique à Yoshi, qui conservera évidemment ses célèbres onomatopées qui nous font (beaucoup trop) craquer.
Des invités surprises
Si le dinosaure vert occupe le devant de la scène de ce nouveau film animé, l’œil avisé des fans avait su repérer dans la bande-annonce des invités surprises. On aperçoit notamment Birdo en pleine action, projetant ses œufs sur le parapluie d’une Peach toujours aussi réactive.
Et plus surprenant encore, une courte séquence montre Toad et Yoshi face à un immense prédateur et dans les bras du champignon apparaissent Bébé Mario et Bébé Luigi. Flashback ou distorsion temporelle galactique ? On le découvrira sur grand écran.
En somme, entre nostalgie pure et nouveautés, Super Mario Galaxy : Le Film semble avoir toutes les cartes en main pour conquérir le cœur des spectateurs et spectatrices.
C’est définitivement l’année Zendaya. En 2026, la jeune actrice de 29 ans sera à l’affiche de pas moins de cinq projets. On fait le point.
Ce 1er avril, la star américaine ouvre le bal avec The Drama, la nouvelle comédie acide du studio A24 réalisée par Kristoffer Borgli. Elle y incarne une jeune femme à l’aube de son mariage et partage l’affiche avec Robert Pattinson – qu’elle retrouvera également pour deux autres films cette année.
À peine le temps de digérer la pièce montée que Zendaya reprendra, dès le 13 avril, son rôle iconique de Rue Bennett dans la très attendue troisième saison de la série Euphoria. Un retour aux sources qui affole les réseaux sociaux suite à la diffusion d’une bande-annonce promettant une saison particulièrement chaotique.
Et si vous pensiez que Zendaya s’était réservée un peu de temps libre, détrompez-vous. Elle sera au casting cinq étoiles (Anne Hathaway, Matt Damon, Charlize Theron, Robert Pattinson) de L’Odyssée, le projet aussi mystérieux que titanesque de Christopher Nolan. À peine deux semaines plus tard, le 29 juillet, elle retrouvera Tom Holland – son compagnon dans la vraie vie – pour reprendre son rôle de MJ dans Spider-Man: Brand New Day.
Et enfin, pour achever ce marathon cinématographique, Zendaya rejoindra Timothée Chalamet (et… Robert Pattinson) pour le troisième volet de la saga Dune de Denis Villeneuve. Et de cinq !
Une stratégie de carrière exemplaire
Au-delà de son talent indéniable, ce qui fascine avec Zendaya, c’est la précision avec laquelle elle choisit ses projets. Révélée au grand public dans la série Disney Channel Shake It Up – dans laquelle elle incarnait Rocky, une jeune prodige de la danse –, l’actrice a su opérer une véritable mutation. Car là où beaucoup de jeunes stars de l’écurie Disney ont poursuivi prioritairement dans la musique – on pense notamment à son ancienne acolyte Bella Thorne, mais aussi à Selena Gomez ou encore Miley Cyrus – Zendaya, elle, a choisi de rester du côté du cinéma.
Et sa filmographie fait preuve d’une insolente réussite. De son rôle de junkie dans Euphoria au succès planétaire de la troisième saga Spider-Man, en passant par la science-fiction sophistiquée de Dune, la tension érotico-sportive de Challengersde Luca Guadagnino et le long-métrage intimiste en noir et blanc Malcolm & Marie, la jeune femme a su jongler avec une aisance rare entre blockbusters et films d’auteur, faisant de ce va-et-vient permanent sa marque de fabrique.
En 2026, Zendaya atteint une forme de maturité professionnelle. Plus qu’une simple tête d’affiche, elle est devenue un pilier sur lequel on construit les plus gros succès. Une omniprésence filmique qui témoigne de son hégémonie sur le Hollywood d’aujourd’hui.
Un retrait annoncé
Pourtant, après cette année particulièrement prolifique, Zendaya prépare déjà la suite, ou plutôt l’absence de suite. Bien qu’elle prêtera sa voix à Felicia dans Shrek en 2027, elle a récemment confié à Vanity Fair son besoin vital de se mettre en retrait.
« J’espère que vous ne vous lasserez pas de moi cette année. Je suis vraiment reconnaissante envers tous ceux qui soutiennent mes films ou ma carrière de quelque manière que ce soit. Parce que je vais vous dire, après ça, je vais disparaître un petit moment. Je vais devoir me faire discrète pendant un petit moment. »
Loin d’un caprice de star, sa volonté de s’effacer relève davantage d’une stratégie de préservation. Il faut dire qu’après avoir été autant sollicitée, on comprend que l’actrice puisse être éprouvée par une telle surexposition.
Mais au-delà de la fatigue professionnelle, les théories s’enflamment déjà. Après les rumeurs de mariage secret avec Tom Holland en mars dernier, ce retrait temporaire cacherait-il un autre heureux événement ? Ou peut-être que Zendaya veut simplement retrouver une forme de rareté scénique pour préserver son aura cinématographique. Seul l’avenir nous le dira !
Le Prix du Roman Fnac est un prix grand public à deux niveaux : son jury est composé de 400 adhérents sélectionnés après un appel à candidature auquel n’importe qui peut participer. Son but ? Récompenser un roman dont la portée est universelle.
Les votes du lectorat sont mêlés à ceux des libraires Fnac volontaires pour obtenir la sélection de 30 livres en lice et désignent le lauréat du prix.
La condition pour participer ? Être adhérent Fnac.
En mai, le jury composé des 400 adhérent·e·s et 400 libraires a deux mois pour lire sans relâche les romans envoyés par la Fnac. Ces quelques 300 livres sont ceux que les maisons d’édition ont choisi de faire concourir au Prix.
Pendant l’été, la commission du Prix se réunit pour établir la sélection des 30 livres en lice pour le prix. 15 livres sont choisis par les libraires, les 15 autres sont déterminés par les notes des adhérents : ces 30 titres constituent la sélection Rentrée littéraire Fnac.
Les livres choisis à la fois par les libraires et par les adhérents sont les finalistes du Prix du Roman Fnac. Le jury a ensuite quelques semaines pour élire le lauréat.
Le nom du gagnant est dévoilé en septembre et la remise officielle du Prix se déroule lors d’une soirée exceptionnelle.
Bernard Minier : Bonjour, je suis Bernard Minier. Pour cet épisode d’Entre les lignes, je vous parle de ma méthode d’écriture, de mon nouveau roman et je vous donne rendez-vous à la fin de cette vidéo pour un petit concours. Entre les lignes épisode 4 : c’est parti.
Depuis quand écrivez-vous des histoires ?
Ouh là ! En fait, j’ai quasiment toujours écrit depuis que je suis un âge de lire et d’écrire. J’écris des histoires. Alors, d’abord c’était au stylo. Je les passais à mes copains qui lisaient qui se passaient entre eux ensuite. Après on est passé à la machine à écrire et puis beaucoup plus tard est arrivé le traitement texte, parce que je viens d’une époque où il n’y avait pas d’ordinateur, il n’y avait pas de réseaux sociaux, il n’y avait pas d’internet, il n’y avait pas de téléphone portable. Il y avait deux chaînes de télévision et oui, ça a existé. Donc j’ai toujours écrit mais j’ai me suis décidé très tard à publier. Pour quelle raison ? Sans doute parce que je doutais de moi et parce que j’ai rencontré les bonnes personnes qui m’ont convaincu de le faire.
Y’a-t-il eu un déclic, un moment charnière pour démarrer votre carrière ?
Oui, il y en a eu un en fait. Je faisais beaucoup de concours de nouvelles, c’est d’ailleurs une très bonne école parce qu’on se mesure à d’autres et j’ai croisé des talents de plumes formidables dans ces concours. Et un jour à l’occasion d’un de ces concours, j’ai croisé un monsieur qui était amateur de romans policier. On a décidé d’écrire un roman policier à deux mains… ou à quatre mains comme vous voulez. Et j’avais 60 pages qui dormaient dans un tiroir qui était les 60 premières pages de Glacé. Je lui ai montré ça et il m’a dit : « Mais tu peux le faire tout seul, vas-y fonce, c’est formidable. ». Et donc j’ai fini le roman grâce à lui, je l’ai envoyé aux maisons d’édition, grâce à lui, et à partir de là, c’est parti très vite.
Quel est votre rythme de croisière en matière d’écriture ?
Alors maintenant j’ai à peu près un rythme de croisière. Je publie un livre par an en moyenne et personne ne me l’impose. Ce n’est pas mon éditeur qui décide du timing… Même s’il est quand même très content que je publie un livre par an. Avec le métier, j’ai appris à savoir combien de temps ça me prenait. Il y a à peu près 3 mois de documentation et d’enquête, parce que je fais un travail de journaliste, je vais sur les lieux, j’interroge des personnes compétentes etc… Après, il y a à peu près 6 mois d’écriture et c’est 7 jours sur 7, samedi, dimanche et fêtes. Et puis après, il y a les corrections. Ça part chez l’imprimeur. Donc c’est environ 12 mois. En revanche, quand j’ai commencé avec Glacé par exemple, il m’a fallu 2 ans et demi, mais j’avais un métier à côté. Pour Le Cercle, j’avais plus un métier à côté puisque mon éditeur Bernard Fixot m’avait proposé un à-valoir qui me permettait de vivre. Mais ça m’a pris quand même 18 mois, je crois, Le Cercle. Donc, petit à petit, le rythme c’est resserré parce que le métier rentre, parce que je me connais mieux aussi en tant qu’écrivain. Et puis aussi j’ai une discipline assez stricte. Je n’attends pas que la muse descende du ciel. Tous les matins, je suis devant mon ordinateur : Elizabeth George a appelé ça « la colle à cul »… C’est-à-dire qu’on se met devant son écran et on travaille !
Préparez-vous en amont un script que vous respectez à la lettre ?
Oui, ce sont des intercalaires, c’est un classeur avec tout ça dedans. C’est de la matière et je ne faisais pas ça au début. Je partais la fleur au fusil : pour Glacé ou pour Le Cercle, j’étais obligé de revenir en arrière, de réécrire, de changer les choses. Ce qu’en peinture, on appelle des repentirs et je perdais énormément de temps avec ça. Ce roadbook ne veut pas dire que je ne vais pas m’autoriser quelques libertés par rapport à ce que j’ai prévu, que je ne vais pas changer en cours de route. Il y a une phrase de Didier Van Cauwelaert que j’ai souvent citée, que j’aime beaucoup qui dit : « Un plan, c’est comme une route, c’est fait pour être quitté. ». Alors effectivement, j’ai un plan mais de temps en temps je quitte la route parce que moi aussi j’ai besoin de me surprendre.
Quelle est votre routine d’écriture ?
Alors oui, j’ai une routine. Effectivement, ce n’est pas un rituel parce que parfois on parle de rituel, ça n’a rien de magique. C’est très c’est très organisé. Donc dès le petit-déjeuner, pour me mettre dedans, je relis ce que j’ai écrit la veille. Mingo disait qu’il faut laisser de l’eau au fond du puit. Donc je reprends ce que j’ai fait la veille, je corrige et ça me ça me met dans le « mood » comme on dit aujourd’hui. Ensuite, je suis à ma table de travail, chez moi, entouré de ma bibliothèque. Enfin il y a des bibliothèques partout chez moi. De toute façon, toute la maison est en bureau. Donc il y a des livres dans tous les coins. Je connais des auteurs formidables qui sont, pour certains, des potes qui sont capables d’écrire dans le train, dans l’avion, à l’hôtel. Moi, je suis incapable de faire ça. J’ai besoin d’être chez moi, dans ma tanière, avec mes dictionnaires, avec mes objets fétiches et dans le silence. Mais je fais des pauses justement pour se rafraîchir mentalement. Donc c’est du silence mais chaque pause c’est un café et la musique à fond et puis ça dure 5 minutes et on repart. Voilà ma méthode.
Comment dosez-vous le niveau de peur que vous distillez dans vos thrillers ?
Déjà, il faut secouer le lecteur un peu. Oscar Wilde disait qu’un livre ne doit jamais laisser intact son lecteur. Donc il y a cette idée-là, il faut lui proposer des choses un peu un peu choquantes, un peu perturbantes. Alors ce n’est pas tout le livre, loin de là, juste quelques scènes dans le roman. Il faut le tenir en haleine évidemment, mais ça va de soi. Donc il faut un côté addictif. Je ne veux surtout pas qu’il s’endorme. Je ne suis pas là pour endormir le lecteur, même s’il y en a beaucoup qui me lisent avant de dormir. C’est du feeling en fait. Je sais à peu près jusqu’où je peux aller. Je sais là où je dois m’arrêter. Je suis fan de films d’horreur, donc les scènes dans ce genre ça me vient assez facilement mais je sais que je ne peux pas leur proposer ce que je vois dans certains films que personnellement j’adore mais qui sont juste impossibles à regarder pour les gens qui n’ont pas les nerfs solides.
Vous avez créé deux personnages récurrents, Martin Servaz et Lucia Guerrero. Était-ce prévu dès le départ ?
Au départ c’était pas du tout mon intention d’avoir des personnages récurrents. En tout cas pour Martin Servaz, quand j’ai écrit Glacé, je ne savais même pas si j’allais écrire un deuxième roman derrière celui-là. Ni même un deuxième roman policier. Encore moins si je le terminerais, c’est quand même c’est 800 pages en poche, 500 à 600 pages en grand format. Quand je l’ai envoyé aux maisons d’édition, j’ai été obligé de le faire en deux volumes. Vous imaginez une maison d’édition qui reçoit un manuscrit d’un auteur totalement inconnu et qui font deux volumes de 400 pages chacun. Vous voyez le la tête de la personne qui va ouvrir l’enveloppe. Ça se passait dans les Pyrénées. Donc soit c’était un policier de la police judiciaire toulousaine, soit c’était un gendarme de la section de recherche de Pau. J’ai coupé la poire en deux. On a les deux dans Glacé. On a à la fois Martin Servaz et Irène Ziegler. C’est un personnage qui s’est construit en plus au fil de l’intrigue. Au début, il était un peu indéfini. Puis il est sorti du brouillard petit à petit. Je lui ai mis comme attribut la musique de Mahler puisqu’il adore ce compositeur classique. Je lui ai mis les citations latines. J’en ai fait quelqu’un d’un peu érudit mais tout est venu progressivement. Et à la fin de Glacé, je me suis dit que ce personnage n’était pas mal. Il a peut-être encore des choses à dire. Je vais le garder quelques temps et je l’ai gardé tellement longtemps qu’il est encore là.
En revanche pour Lucia, Lucia Guerrero, mon autre personnage qui est apparu beaucoup plus tard, enquêtrice à la Guardia civile, je savais qu’elle allait revenir. L’idée était déjà d’en faire une série dès le premier tome. C’était un peu le contrepoint ou le contrepoids à Servaz. D’un côté, on a un homme un peu de ma génération, de l’autre côté, on a une femme enquêtrice beaucoup plus jeune. Donc voilà, je savais quand j’ai créé Lucia, que c’était une deuxième série qui allait exister en parallèle de la première.
Qu’avez-vous mis de vous dans ces deux personnages ?
Vous vous en doutez, j’ai mis beaucoup plus de moi dans Servaz que dans Lucia évidemment parce qu’il lit beaucoup comme moi. C’est quelqu’un qui a forcément toujours le même point de vue sur le monde que moi, mais globalement, c’est un peu moi qui parle à travers lui. En revanche, Lucia, quand je l’ai créée, je voulais justement faire un personnage très différent. Donc une nouvelle génération plus jeune, une femme espagnole alors que Servaz, il est français. Il y avait beaucoup de choses qui changeaient et qui sont quand même assez éloignées de ce que je suis. Donc la solution que j’ai trouvée c’est un modèle. J’ai pris une femme dans la quarantaine, qui a l’âge de Lucia, qui a le même caractère, bien trempé, qui est espagnole, qui a des tatouages et je me suis inspiré et j’ai même un peu absorbé cette personne-là pour la mettre sur le papier, la transformer en Lucia. Après, ce n’est pas Lucia non plus. Il faut que l’imagination passe. Il faut toujours faire preuve d’imagination quand on est auteur. C’est surtout ma première lectrice. Donc ça me permet aussi d’être sûr de pas raconter trop de bêtises sur mon personnage parce que ce personnage effectivement, comme je l’ai dit, ce n’est pas moi. Mais pas du tout ! Et je veux être sûr qu’elle est crédible, quand on suit les enquêtes de de Lucia, on croit en ce personnage.
Servaz et Guerrero pourraient-ils se rencontrer un jour, au détour d’une enquête ?
Question qu’on m’a posée pas mal de fois… Ce n’est pas prévu. Ce n’est pas dans les tuyaux. Ça arrivera peut-être un jour mais pour l’instant c’est quelque chose qui n’est pas planifié.
Quel est le secret pour maintenir le lien entre un personnage et les lecteurs ?
Ça se fait tout seul ça. Quand j’écris, je ne pense ni au lecteur ni à l’éditeur. Surtout pas l’éditeur, mais au lecteur non plus. Je l’ai souvent dit, je cuisine le plat que j’ai envie de manger. Je mets dans mon thriller tous les ingrédients que moi, en tant que lecteur de thriller, j’ai envie de trouver dans ce genre de de livre. Il semblerait que j’ai réussi quelque chose puisque mes lecteurs et mes lectrices sont très attachés à Servaz. Ils ressentent beaucoup de choses pour Servaz, ils ont une forme d’empathie ou de sympathie pour ce personnage-là qui est due forcément à tout ce que j’ai mis dans ce personnage mais quand je l’ai fait je ne pensais pas à eux. Ça s’est fait naturellement et tant mieux. S’ils sont attachés à ce personnage, ça prouve que j’ai réussi à le faire exister quelque part. Il est un peu sorti des pages : quand je vais dans des festivals ou des salons, tout le monde me parle de Martin Servaz. Tout le monde veut savoir s’il sera dans le prochain livre. Maintenant ça commence à venir avec Lucia aussi. Chacun a son Servaz, le voit différemment physiquement : c’est ça qui est extraordinaire. Ce n’est pas un test de Rorschach, mais presque ! Chacun y met ce qu’il a envie de d’y trouver. Ça c’est génial.
Quel lecteur êtes-vous ?
Assidu, oui ! Mais après je ne suis pas forcément un lecteur rapide. Moi, j’ai des lectrices, des lecteurs que je croise parfois qui lisent un livre par jour ou tous les deux jours. Moi, je suis incapable de faire ça. Je lis à la vitesse d’un escargot dopé en gros… C’est-à-dire que ça ne va pas très vite. Mais oui, je n’ai jamais cessé de lire, j’ai toujours lu. De toute façon, c’est un métier qui consiste à beaucoup lire et beaucoup écrire pour s’améliorer pour plein de raisons. C’est comme un musicien qui jouerait de la guitare ou n’importe quel instrument sans jamais écouter ce qui se fait à côté.
Que pensez-vous de la lecture numérique ?
Je ne suis pas un lecteur numérique comme je l’ai dit, je suis un peu comme Martin Servaz, mon personnage, de ce point de vue-là, je suis un peu technophobe donc il ne faut pas trop m’en demander. Je suis encore avec les livres papiers et Dieu sait que c’est problématique dans le cas de déménagements, c’est arrivé il y a peu. Les déménageurs ont compris ce que c’était que déménager une bibliothèque entière. Je trouve que tous les vecteurs de lecture sont bons à apprendre. Tout ce qui peut inciter les gens à lire, les inviter à lire, les encourager à lire est bon à prendre, que ça soit le livre audio, la lecture numérique, le livre papier, peu importe le médium, peu importe le vecteur, pour moi c’est le même exercice.
Pouvez-vous nous pitcher en quelques phrases Ruptures, votre nouveau livre ?
Alors déjà, ça s’appelle Ruptures, au pluriel parce qu’il y a plusieurs formes de ruptures à l’intérieur du livre. Il y a une rupture qui est globale qu’on connaît tous aujourd’hui, quasiment civilisationnelle. C’est une enquête de Lucia Guerrero. Donc on va retourner en Espagne, mais pas seulement. On va aussi voyager. Et sans le pitcher, l’un des personnages principaux, disons le principal adversaire de Lucia dans cet opus, c’est quelqu’un qui envoie des fusils récupérables dans l’espace, qui inonde le monde de voiture électrique qui s’appelle Volta, qui détient des orbites basses de satellites qui s’appellent Star Hub. Bon, ça vous fait sans doute penser à quelqu’un, c’est normal.
Le livre que vous avez lu 1000 fois ?
Malpertuisde Jean Ray qui est un chef-d’œuvre de la littérature fantastique. Celui-là, je l’ai lu un paquet de fois. Oui. Vies minuscules de Pierre Michon, mais on va peut-être en reparler. C’est un texte merveilleux, une beauté incroyable. Après, il y a aussi des essais que je lis assez régulièrement. Je pense à Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, à des choses comme ça. J’ai plutôt tendance à relire des essais parce qu’en fait, il y a du Stabilo partout pour les idées, les concepts importants ou les phrases importantes. Moi, je ne relie que les parties stabilotées.
Le livre qui vous a le plus fichu la frousse en tant que lecteur ?
Waouh ! Je ne suis pas quelqu’un de très impressionnable. Déjà pour écrire Un œil dans la nuit, j’ai regardé 200 films d’horreur à peu près en 6 mois, autour de minuit en général. Donc autant vous dire que pour m’impressionner, il faut en faire beaucoup quand même. Mais il y a un bouquin qui m’a vraiment effrayé, c’est celui de Bret Easton Ellis, American Psycho, qui est vraiment terrifiant parce c’est un narrateur, c’est un psychopathe qui décrit ce qu’il fait à ses victimes dans les moindres détails : c’est d’une froideur absolue. Il n’y a aucun état d’âme, il n’y a aucun sentiment, c’est glacial. Quand je l’ai lu, Bret Easton Ellis n’était pas aussi connu qu’aujourd’hui. Je me suis dit, mais quel est le cinglé qui a écrit ce truc-là ?
Le personnage de fiction que vous auriez aimé inventer ?
Il y en a plein. Bon, déjà Harry Hole de Jo Nesbo. Je trouve que Nesbo est un des plus grands auteurs de thriller vivant. C’est incroyablement riche. C’est tout le contraire de du polar déshydraté pour lecteur paresseux et pressé. Ça déborde de partout, il y a plein de choses dedans. Son personnage est au départ un cliché absolu, celui du flic alcoolique, borderline, enfin tout. Mais il a poussé les curseurs tellement loin, il le réinvente sans arrêt. C’est un personnage fabuleux. Mais il y en a d’autres. Évidemment, j’aurais aimé inventer Sherlock Holmes. Qui n’aurait pas aimé avoir inventé Sherlock Holmes ? Qui est quand même très inspiré de Dupin, l’enquêteur d’Edgar Alan Poe. On est à la limite du plagiat parce que toutes les caractéristiques de Holmes sont déjà chez Dupin. Et puis Hannibal Lecter évidemment ou dans le genre grand méchant Dracula… Il y en a plein.
Dans la pile à lire Bernard Minier, il y a…
Alors, parmi les livres que j’ai choisis, puisqu’il fallait en retenir quelques-uns, ce n’était pas évident étant donné que je suis un lecteur omnivore et que je lis à peu près de tout… il y a Lovecraft. Lovecraft, c’est l’évidence. C’est parmi les premières lectures qui m’ont appris l’usage de la peur. Et Dieu sait que j’en fais usage dans mes romans. La peur de l’ombre, des ténèbres, de tout ce qui est de l’inconnu aussi, de tout ce qu’on ne comprend pas, de tout ce qui est étranger au sens d’étrange, c’est-à-dire de d’extérieur à soi. Comme tous les gamins de mon âge, on lisait à peu près la même chose parce qu’on avait deux tourniquets de livres dans la maison de la presse. Et ça a été vraiment le premier grand choc peut-être.
Malpertuis, c’est d’un auteur belge de fantastique qui est pour moi un des plus grands maîtres du fantastique et qui est malheureusement très oublié aujourd’hui. Plus personne ne lit Jean Ray. C’est les Contes noirs du golf, c’est les Contes du whisky et c’est ce chef d’oeuvre absolu qu’est Malpertuis. Moi, je le place dans les 10 plus grandes œuvres fantastiques de tous les temps. C’est à la fois une atmosphère incroyable. Ça se passe dans une ville, ce qu’on appelle une ville hanséatique, c’est-à-dire un de ces ports de la côte belge hollandaise de l’époque. Ce sont les anciens dieux qui continuent à survivre dans une sorte de maison, une demeure qui s’appelle Malpertuis et c’est une écriture fabuleuse. C’est un très très grand écrivain et malheureusement, il est aussi très oublié.
Jusqu’au 15 avril, imaginez une histoire qui commence par la phrase :
« Elle aimait avoir peur, mais en réalité, elle n’avait jamais eu vraiment peur, du moins jusqu’à cette nuit-là. »
Votre texte doit faire un paragraphe d’une dizaine de lignes maximum, il peut être écrit à la première ou à la troisième personne. Pour participer, il vous suffit de cliquer ici. À gagner, une liseuse Kobo Clara Color et son étui de protection signé par Bernard Minier ainsi que l’ebook Ruptures.
John est un jeune Écossais « normal » : il a des amis, il est sportif, va à la pêche, fait un petit boulot de livreur pour se faire un peu d’argent de poche. Jusqu’au jour où sa vie va basculer. Son corps est soudainement secoué de spasmes, son visage déformé par les grimaces et des jurons involontaires. « Ça tire dans le cou, ça se contracte », tente-t-il d’expliquer pour justifier ces tics aussi incontrôlables qu’inappropriés.
Autour de lui, c’est la consternation. On l’accuse de « faire le pitre ». Mais non, John ne fait pas « l’intéressant » : il est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Et chacune de ses confrontations avec le monde extérieur va se transformer en expérience douloureuse, émaillée de moqueries et d’incompréhensions. Jusqu’à ce que John, au terme d’une longue errance médicale et d’un isolement social, rencontre des anges gardiens qui accepteront son trouble, l’entoureront et s’efforceront d’adoucir sa vie.
Bande-annonce de Plus fort que moi (I Swear)
Cette histoire poignante, c’est celle de John Davidson, devenu militant pour la reconnaissance du syndrome de Gilles de la Tourette,n encore trop méconnu. Raconté en mode dramédie, dans la plus pure tradition du cinéma britannique, alternant moments tragiques et séquences cocasses, Plus fort que moi joue les équilibristes, sans jamais céder au misérabilisme, aux clichés lourdingues ou au pathos grossier.
Le réalisateur Kirk Jones (Nanny McPhee) s’emploie à mettre l’accent sur la personnalité attachante de John, sa résilience et ses jolies rencontres. Et parvient à nous faire sourire – voire franchement rire – de situations pourtant inconfortables. Un feel-good movie à la fois émouvant et instructif, porté par la prestation sidérante de Robert Aramayo.
Nous avons rencontré le comédien de 33 ans, qui a coiffé au poteau les grands favoris comme Timothée Chalamet, Michael B. Jordan et Leonardo DiCaprio lors des BAFTA (l’équivalent des Oscars britanniques) en février dernier.
Nous vous avons vu dans des sagas épiques comme Les Anneaux du pouvoir (Elrond) et Game of Thrones (le jeune Ned Stark). Qu’est-ce que cela fait de passer à un rôle aussi ancré dans la réalité ?
C’était vraiment amusant. J’ai adoré l’idée d’essayer de raconter son histoire de la manière la plus authentique possible. Mon objectif principal ? Réfléchir à chaque élément pour interpréter ce personnage : l’authenticité, la façon dont nous pouvions rendre cela le plus ancré et le plus réel possible. C’était très important d’essayer de représenter la vie de John de manière très réaliste.
Comment évite-t-on la caricature lorsqu’on traite d’un sujet aussi sensible ?
Pour moi, il s’agissait simplement de me concentrer sur l’attitude de John (Davidson, dont est inspiré le film – Ndlr), sur son émotionnalité et sur son parcours émotionnel. Je me suis concentré là-dessus et pas sur autre chose. À la fin, je ne pensais même plus vraiment au syndrome de la Tourette. Je pensais davantage à ce que ressentait John et j’essayais toujours de revenir à cela.
Comment avez-vous travaillé les tics sans qu’ils paraissent « mécaniques » ?
La réalité, c’est que n’importe quoi peut être un tic. Il ne s’agissait pas vraiment de trouver comment faire un tic. C’était plutôt : qu’est-ce qu’un tic ? D’où cela vient-il ? Pour moi, il s’agissait d’essayer de comprendre l’origine de cela.
Avez-vous travaillé avec des coachs ?
Oui, j’avais un coach en motricité. Nous avons étudié la manière dont John se déplace dans l’espace d’une manière très particulière, avec un centre de gravité très bas. Et très rapidement, nous avons arrêté de travailler sur les tics, car ce n’est pas la chose la plus importante chez John. C’est son empathie, sa vulnérabilité, sa connaissance, son sens de l’humour.
Avez-vous construit des « chorégraphies » très précises pour le personnage ou laissé de la place à la spontanéité sur le plateau ?
Toujours à la spontanéité. Sur ce projet, je pense que tout le monde a travaillé d’une manière qu’il n’avait jamais connue auparavant. Tout était mis en place pour encourager le naturel. Les plans étaient assez larges : des choses pouvaient se produire dans le cadre et surprendre tout le monde. Le son était conçu d’une manière très old school, avec des dialogues qui pouvaient se chevaucher. C’est ça aussi, l’approche brillante de Kirk (Jones, le réalisateur).
Vous avez aussi partagé le quotidien de John.
Oui, j’étais surtout dans une phase de recherche car je ne voulais pas tomber dans la pure imitation. Pour beaucoup d’éléments liés à John, je ne voulais pas simplement essayer de le reproduire ou de le mimer. Je voulais trouver où se trouvait John en moi, puis m’approprier le rôle.
J’ai donc passé beaucoup de temps avec lui, j’aimais aller au centre communautaire avec lui. Et j’ai adoré découvrir Galashiels, qui est une très belle région d’Écosse. Je suis vraiment tombé amoureux de cet endroit et j’adore y retourner, aussi pour voir la famille de John, Dottie, Murray…
À la fin de la journée, était-il difficile de redevenir vous-même après avoir incarné John aussi intensément ?
Oui, c’est toujours assez compliqué car mon travail sur ce rôle a été très intense. C’est le rôle le plus difficile que j’aie jamais joué. J’ai appris énormément en tant qu’acteur. Pas seulement grâce à l’histoire et au travail sur la vie de John, mais aussi grâce aux acteurs avec lesquels j’ai travaillé. Ce n’est pas souvent que l’on peut travailler avec Shirley Henderson, Maxine Peake, Peter Mullan et tous ces incroyables acteurs. Je me sens très chanceux d’avoir fait partie de ce projet.
Les tics moteurs et verbaux deviennent une sorte de moteur dramatique, permettant à l’histoire d’osciller entre humour et tragédie. Pour vous, est-ce une comédie ou une tragédie ?
Pour John, c’est simplement sa vie. Certains moments sont drôles, et John lui-même les trouve drôles. D’autres moments ne le sont pas. Mais beaucoup de moments ne le sont pas. Je voulais me concentrer sur sa vie émotionnelle, sur sa compréhension intellectuelle de ce qui se passait, et sur son évolution. Je pense que Kirk a trouvé cet équilibre parfait entre humour et émotion.
Le film peut faire rire à des moments très inconfortables. Rions-nous parfois au mauvais moment ?
Je ne sais pas. Comme pour n’importe quel film, chacun peut avoir sa propre réaction. John dit lui-même : sentez-vous libres de rire, sentez-vous libres de pleurer. Sa vie a été à la fois très drôle et très tragique. Il veut simplement encourager les gens à vivre l’expérience qu’ils souhaitent.
Le titre du film en anglais est I Swear (« Je jure »), qui fait référence aux jurons incontrôlables, mais aussi à une forme de promesse. Comment l’interprétez-vous ?
Seulement 10 à 20 % des personnes atteintes du syndrome de Tourette ont la coprolalie, c’est-à-dire les jurons incontrôlables. Mais oui, il y a aussi l’idée de promesse. John est une personne très engagée. On ne peut pas le rencontrer sans être inspiré. Il pense qu’il reste beaucoup à apprendre sur le syndrome de Tourette et qu’il reste beaucoup à faire pour améliorer la compréhension, notamment auprès des jeunes. J’espère que le film fera partie de ce travail d’éducation.
La cérémonie des BAFTAs a mis en lumière le film et la condition, mais aussi suscité une controverse (John Davidson a crié une insulte raciste involontaire pendant que Michael B. Jordan et Delroy Lindo étaient sur scène, et la BBC l’a diffusée sans la couper -ndlr). Comment l’avez-vous vécue ?
Il est important de dire que les tics peuvent avoir un impact sur les autres. Cela peut être difficile, parfois blessant, même physiquement. Et cela montre qu’il reste encore beaucoup à faire dans notre compréhension du syndrome de Tourette et dans la manière dont la société peut aider les personnes qui vivent avec.
Plus fort que moi, un film de Kirk Jones
Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake