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« Send Help » : Sam Raimi transforme le survival en comédie tordue et jubilatoire

Linda Liddle (Rachel McAdams) est responsable stratégie et projets assidue et douée dans une grosse entreprise de la tech. Elle a des souliers fétiches pour se donner du courage les jours où elle a le trac, et le soir, elle potasse des techniques de survie dans l’espoir, un jour peut-être, de participer à son émission d’aventure préférée tout en papotant avec sa perruche. Avancer dans la boîte ? Le PDG le lui avait promis. Sauf que rien n’a été marqué noir sur blanc. Et que c’est le fils du big boss, Bradley Preston (Dylan O’Brien, découvert dans la série Teen Wolf), qui va prend la relève à la mort de son père. Un garçon arrogant, sexiste et vicieux, pour qui l’esprit de boys club prime sur la loyauté et la méritocratie. 

Linda ? Elle le « dégoûte », tout simplement. Mais il a besoin de ses talents encore quelque temps avant de préparer son éviction. L’irritant golden boy va donc l’embarquer dans un voyage d’affaires sans se douter que le crash de leur jet va brutalement rebattre les cartes. Les voilà désormais naufragés sur une île déserte. Les deux collègues vont-ils réussir à cohabiter ? Parviendront-ils à survivre dans cet environnement aussi paradisiaque qu’hostile ?

 Send Help de Sam Rami

Rachel McAdams et Dylan O’Brien dans Send Help

Si la trame de Send Help peut paraître classique – deux personnes que tout oppose contraintes de s’apprivoiser – elle va rapidement prendre des chemins de traverse. Car le réalisateur Sam Raimi (Spider-Man, The Grudge) va s’amuser à multiplier les chausse-trappes et entremêler joyeusement les genres. On débute ainsi sur un arc qui ressemblerait presque à une rom-com un peu nunuche avant de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus surprenants. 

Un réjouissant jeu de massacre

Renouant avec l’humour noir décalé et l’horreur cartoonesque de ses débuts (Evil Dead), Raimi parvient à créer un malaise comique particulièrement jubilatoire, triturant nos nerfs et flirtant avec les limites. Dans ce huis clos à ciel ouvert, le binôme McAdams et O’Brien fonctionne à plein régime, jouant la carte du Kho-Lanta burlesque avec délectation. C’est too much, absurde et irrésistible pour qui aime le sens du tempo, les twists et le goût de l’outrance du réalisateur. 

Derrière ce (classique) dispositif d’inversion des rôles, le film ausculte également les rapports de pouvoir, les dynamiques toxiques du monde professionnel et le sexisme systémique. Raimi pousse les curseurs à fond, mais la toile de fond, elle, renvoie à un cauchemar encore bien trop réel.

Send Help n’est pas un simple film de survie, ni une comédie conventionnelle. C’est une satire sociale grinçante, navigant entre Misery et Seul au monde, où Raimi transforme le survival en laboratoire cruel, révélant des monstres d’une banalité glaçante. 

Send Help, un film de Sam Raimi avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien…

Sortie en salle le 11 février 2026. 

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Les Lionnes : la série Netflix aura-t-elle une saison 2 ?

Créée par Olivier Rosemberg (Family Business) et Carine Prévot, également à l’écriture aux côtés de Mahault Mollaret, Les Lionnes se déploie en huit épisodes. Le final de la série, volontairement ouvert, lance la question d’une éventuelle suite.

Y aura-t-il une suite ?

Pour l’heure, Netflix n’a communiqué aucune information à ce sujet. La plateforme n’a ni confirmé, ni infirmé l’existence d’un nouveau volet. Cette absence de prise de position ne constitue pas pour autant un signal négatif : elle correspond plutôt à une phase d’observation, durant laquelle audiences et retours critiques sont analysés afin d’évaluer l’opportunité d’une suite.

Les Lionnes

Sur le plan narratif, la première saison se termine en outre sur une fin ouverte : elle laisse plusieurs situations de protagonistes sans réponse et un groupe transformé et disloqué après l’ultime course-poursuite de l’épisode 8.

De quoi ça parle ?

Diffusée depuis le 5 février sur la plateforme de streaming, Les Lionnes suit cinq femmes – incarnées par Rebecca Marder (L’Étranger), Zoé Marchal (Nouveaux riches), Naidra Ayadi (Les Gazelles), Tya Deslauriers (L’amour égaré) et Pascale Arbillot (Haute couture) – confrontées à des difficultés financières et personnelles. Pour tenter de reprendre le contrôle de leur situation, elles décident de s’unir et d’organiser un braquage de banque en se déguisant en hommes afin de brouiller les pistes. Ce premier coup, imaginé comme une réponse ponctuelle à l’urgence, se révèle plus efficace que prévu.

Les Lionnes

Mais loin de régler leurs problèmes, le crime les entraîne dans une mécanique vicieuse, dont il devient difficile de sortir. L’argent, l’adrénaline et le sentiment de reprendre la main sur leur destin les poussent à aller plus loin, tandis que la police, le monde politique et le milieu criminel commencent à s’intéresser à ce nouveau groupe de braqueurs. La série suit alors leur bascule progressive, entre solidarité, tensions et conséquences de plus en plus lourdes à assumer.

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Sortie de LOL 2.0 : que sont devenus les acteurs et actrices du film culte de 2009 ?

Dix-sept ans après LOL (Laughing Out Loud), comédie générationnelle devenue emblématique de la fin des années 2000, Lisa Azuelos ressuscite son univers avec LOL 2.0, en salles le 11 février.

La bande-annonce de LOL 2.0.

Sorti en 2009, le long-métrage original suivait le quotidien de Lola (Christa Theret), adolescente parisienne prise entre amitiés, amours et premières désillusions, tandis que sa mère Anne (Sophie Marceau), fraîchement séparée, tentait de renouer le dialogue. Cette suite promet de prolonger ce regard générationnel tout en reconfigurant son casting.

Qui fait son retour dans LOL 2.0 ?

Figure centrale du premier film, Sophie Marceau reprend le rôle d’Anne. Depuis LOL, l’actrice a poursuivi sa carrière au cinéma, retrouvant à plusieurs reprises Lisa Azuelos notamment pour Une rencontre (2014) et I Love America (2022). Alexandre Astier est également de retour dans le rôle du père, après avoir consolidé son statut d’auteur avec Kaamelott, décliné de la télévision au cinéma.

LOL 2.0.

Françoise Fabian est elle aussi de retour. Actrice incontournable depuis les années 1960, elle n’a jamais cessé d’alterner théâtre, cinéma et télévision. Révélé par LOL, Jérémy Kapone reprend son personnage de Maël après avoir développé, loin des projecteurs, une carrière musicale et artistique. Enfin, Thaïs Alessandrin, aperçue enfant dans le premier film et dans d’autres œuvres de la réalisatrice, occupe désormais la place centrale.

Quels acteurs et actrices manquent à l’appel ?

Héroïne du film original, Christa Theret, qui incarnait Lola, ne reprend pas son rôle. Nommée au César du meilleur espoir féminin en 2010, elle a ensuite poursuivi une carrière au cinéma et à la télévision, apparaissant notamment dans Renoir (2012) de Gilles Bourdos ou Le bruit des glaçons (2010) de Bertrand Blier.

Sophie Marceau et Christa Theret dans LOL.

Autre absence notable : Félix Moati, alias Arthur dans le film de 2009. Depuis, il a enchainé les rôles au cinéma comme dans Hippocrate (2014), Le grand bain (2018) ou The French Dispatch (2021) de Wes Anderson. Il a également franchi le pas de la réalisation avec Après Suzanne (2016) puis Deux fils (2018).

Quels sont les nouveaux visages ?

LOL 2.0 introduit de nouveaux profils. Vincent Elbaz (La vérité si je mens) rejoint l’univers aux côtés de Victor Belmondo (vu dans Vivre, mourir, renaître). Le casting accueille également Sylvie Testud (Cocorico) et Paola Locatelli (Les liaisons dangereuses).

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Sexualité, jeunesse dorée et parentalité  : « LOL » est-il toujours aussi culte 17 ans après ?

De la jeunesse des années 2000 que j’ai vécue émerge une constellation de marqueurs : les Converse en lambeaux, les agressions auditives des wizz de MSN, l’iPod nano tant convoité (sur lequel Linkin Park aurait rimé avec replay), ce sentiment si adolescent d’être incompris… Et le souvenir un peu flou d’un film de 2009 qui agrégeait tout ça : LOL (Laughing Out Loud). Alors, quand, 17 ans plus tard, la réalisatrice Lisa Azuelos a annoncé lui donner une suite (LOL 2.0), un pic de nostalgie a été détecté chez un pan de la génération Y, ainsi qu’une crise de doutes : c’était vraiment bien, LOL ?

« Une parfaite comédie romantique subtilement superficielle », selon Télérama. « Une comédie bourge à haute teneur sarkozyste », selon Libération. Dans les critiques à sa sortie, la chronique de l’adolescence divise. Dans la cour du collège, ses punchlines et le miroir qu’il nous offre fédèrent une partie de mes camarades, notamment les filles.

Quelques 3 600 000 spectateurs le découvrent au cinéma, et nombre d’autres, moi compris, le rattraperont sur la télévision ou le PC parental. Mais, excepté quelques bribes musicales, Little Sister en tête, et la trace d’un bon moment, peu de souvenirs de mon côté. Et surtout une peur en le revoyant une fois adulte : que le film « culte » pour toute une génération ait vieilli comme les Skyblogs de l’époque. 

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Le teen movie à la française des années 2010

Trigger warning aux esthètes et puristes du 7e art : si vous n’avez pas d’adolescent à la maison, et que vous n’avez pas disséqué un cœur de porc en SVT dans les derniers mois (ce qui est mon cas), LOL n’a peut-être pas sa place dans votre watchlist Letterboxd. Le jeu d’acteur peut paraître maladroit, les dialogues clichés, la playlist Rolling Stones-Marie Laforêt un poil anachronique pour des millenials… Mais sont-ce vraiment là les critères de jugement d’un jeune spectateur quand il lance un teen movie ?

Si les amourettes de Lola (incarné par Christa Théret) et ses amies du lycée ont constitué un « choc culturel » pour Lena Haque, en classe de 4e à la sortie du film, c’est parce que c’était la première fois que la jeune fille se reconnaissait autant à l’écran dans une production française. « J’ai revu le film adulte et il n’est pas très bon, avoue celle devenue journaliste cinéma depuis. Mais quand tu le regardais jeune, il y avait un truc de miroir très fort. Dans la façon de parler, dans les vêtements, dans le rapport aux parents… Et émotionnellement, c’était une représentation très fidèle des ados de l’époque ».

Il faut avouer qu’entre les salles de classe décrépies, le voyage scolaire en Angleterre, les messages MSN pour ne rien dire et les coiffures défiant les lois de la gravité, l’attachement générationnel reste fort pour un certain nombre de lycéens des années 2000. Et puis, pourquoi revoir un film d’ado une fois adulte, si ce n’est pour la nostalgie ? Malgré quelques dérapages à la American Pie (droguer sa grand-mère pour que la soirée puisse battre son plein), la capsule temporelle de toute une jeunesse demeure assez juste. Mais pas n’importe quelle jeunesse. 

La liberté « sexe, drogue et rock and roll » d’une jeunesse dorée

Quand Lola peut organiser une beuverie sans parents pour son anniversaire, je comprends que j’aie pu l’envier. Même chose pour Maël (joué par le stylé Jérémy Kapone), qui remplit des salles avec son groupe de rock. Jusqu’à leur style vestimentaire (lunettes wayfarer vissées au nez), ils avaient l’air de cool kids. Et surtout d’ados si libres dans un Paris si attrayant pour le petit jeune du Grand Est que j’étais. « Ça correspondait exactement à la vie que j’aurais voulu avoir ado, se rappelle Kenza, qui avait regardé le DVD à ses 12 ans jusqu’à le rayer. Ils font un peu ce qu’ils veulent, moi j’avais des parents beaucoup plus stricts. Ils ont quand même une vie “sexe, drogue et rock and roll”. »

Mais maintenant que la Bretonne devenue Parisienne en a 29, le revisionnage a été assez « cringe ». Cette liberté tant enviée semble surtout l’apanage de la jeunesse dorée du XVIe arrondissement représentée dans le film… Sans être vraiment explicitée. « On ne te fait pas comprendre dans le film qu’ils sont super riches, alors que c’est une classe sociale qui n’est pas du tout la nôtre », ajoute Kenza. Car quel lycéen lambda peut s’acheter une guitare en voyage scolaire, jouer au poker jusqu’à 5 heures du matin en semaine et porter autant de fringues de marque ?

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« Le film ne passerait pas le test de la diversité, affirme Célia Sauvage, coautrice pour Les teen movies (Virin, 2011). Au sein de cet univers très blanc, bourgeois, hétéronormé, il faudrait repenser toute la représentation du couple gay, de l’unique personnage racisé (Mehdi) et de l’unique personnage handi totalement infantilisé et cliché lors du voyage en Angleterre. » Malgré la nuée de stéréotypes et la réalité socio-économique très marquée du film, la docteure en études audiovisuelles tient à en souligner un élément novateur : « La centralité de l’expérience féminine ». 

Enfin une héroïne féminine… mais dans un monde sexiste

Quand j’ai lancé un appel à témoignages pour cet article, un motif récurrent s’est dégagé de la vague de réponse : 90 % d’entre elles venaient de femmes. Ou plutôt d’anciennes adolescentes nées dans les années 1990. À la sortie de LOL, nombre d’entre elles s’étaient réjouies de pouvoir enfin s’identifier aux relations familiales, amicales, amoureuses… mais aussi sexuelles du personnage principal d’une comédie française. Avec, par exemple, une libido digne de Sex Education chez Charlotte, une amie de Lola : « Le film rend visible la sexualité et le désir féminin au point de s’attacher lourdement à démontrer qu’il ne s’agit pas d’une obsession masculine, contrairement aux clichés du genre », analyse Célia Sauvage. 

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Ce cocktail sentimental a abreuvé l’éducation affective de toute une génération de jeunes filles. Comme Mara, 26 ans, qui fait un « transfert total » sur Lola. « Je me suis forgé mon idée de l’adolescence, de l’entrée dans la sexualité, de la relation mère-fille avec Twillight, Le Dico des filles, et ce film-là », se remémore-t-elle. Mais, quand elle le revoit une dizaine d’années plus tard, c’est une « petite trahison ». Au-delà de sa qualité cinématographique inégale, le fond lui paraît « catastrophique : il n’y a pas un dialogue qui ne parle pas de mec ou de sexualité entre les copines, même avec sa mère, se désole-t-elle. Tout passe par le regard masculin. Et les garçons insultent les filles tout le temps. »

Il est vrai que je ne m’étais pas préparé à ce que le compteur du mot « pute » – ou sa variante « pouffe » pour les adultes – s’emballe autant (première occurrence dès 1:31). Un trope toxique parmi tant d’autres, comme le discours anti-sexe de la maman, le slutshaming de la camarade De Peyrefitte (qui n’a même pas de prénom), le harcèlement de l’ex de Lola… Mais malheureusement assez justes sur l’époque. « Ça montre la violence de l’adolescence des années 2010, avant que des sujets comme le consentement ou le harcèlement se démocratisent plus chez les jeunes, avance Lena Haque. Et le film n’a pas essayé d’édulcorer ça. » Même si certains passages, tel le fantasme élève-prof, peinent à passer le filtre post-#MeToo.

“C’était un peu la première fois qu’on se voyait dans un film avec ma mère”

Dernière surprise, et non des moindres, lors de ma projection de 2026 : une bonne moitié des personnages s’étaient évaporée de ma mémoire – les parents. Pourtant, parmi les scènes qui restent parfois justes, parfois touchantes, celles réunissant adultes et ados s’en tirent étonnamment bien. La périlleuse ouverture des bulletins, les déchirantes punitions de sortie… Et une mention spéciale au père de Maël, dont la violence s’apaise enfin lorsqu’il voit son fils sur scène. « Le film est bien plus axé sur le lien intergénérationnel, presque invisible dans les teen movies américains », confirme Célia Sauvage en rappelant le casting judicieux de l’ex-jeune première de La Boum (1980), Sophie Marceau, pour devenir la mère de Lola.

Grâce à ce coup de projecteur sur les relations mère-fille, LOL a pu attirer de nouveaux spectateurs avec le temps. Comme Anouk, 33 ans, qui le redécouvre un vendredi soir des années 2020 en compagnie de sa mère. La Parisienne de naissance avait fait un « rejet » de ce film à sa sortie.

« Tout le monde pensait un peu que c’était ça notre vie à Paris, je devais débunker que non, nous n’avons pas tous des lofts sur deux étages », se souvient-elle. Mais quand elle le revoit avec sa maman, l’émotion les submerge : « C’était un peu la première fois qu’on se voyait dans un film, le fait qu’elles se disputent, qu’elles se réconcilient… On était vraiment complices et ce n’était pas forcément des choses représentées à la télévision. »

La trentenaire prendra-t-elle donc sa place pour la suite de « leur film doudou » ? « Si c’est avec sa mère, c’est sûr », sourit-elle. Du côté des fans de la première heure, la déception du revisionnage les fait encore douter. « Ça m’aurait peut-être intéressée de retrouver Lola dans sa trentaine », reconnaît Lena Haque, mais les ami·es, les amours, les emmerdes de sa petite sœur teasées dans la bande-annonce l’intéressent moins. « Et puis, je ne sais pas si la réalisatrice va réussir à garder ce point de vue de non-jugement qu’elle avait dans le premier, qui était très chouette », ajoute la journaliste. Verdict le 11 février. 

Bande-annonce de LOL 2.0

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Les Lionnes sur Netflix : chronique d’un coup manqué

Après Lupin, Pax Massilia et plus récemment Néro, Netflix poursuit sa stratégie de production de séries françaises. Avec Les Lionnes, la plateforme reste dans le registre du thriller, mais opère un virage vers la comédie d’action. Portée par Olivier Rosemberg (Family Business) et coécrite avec Carine Prévo, la fiction ambitionne de croiser braquage, humour et chronique sociale dans huit épisodes livrés ce 5 février. Une proposition peu inspirée, qui retombe dans les travers classiques des œuvres françaises.

Quelle est l’intrigue des Lionnes ?

Pour quiconque a fréquenté les séries américaines de la plateforme, Les Lionnes évoquera sans doute la création de Jenna Bans, Good Girls. Cette dernière raconte la dérive criminelle de trois mères de famille de la banlieue de Detroit, amenées à braquer un supermarché avant de s’enfoncer dans une spirale de problèmes. Un show efficace dans ses premières saisons, porté par un sarcasme bienvenu et une satire intéressante du patriarcat américain.

Les Lionnes.

Assurément, la comparaison tourne au désavantage de la version française. Le point de départ est pourtant quasi identique : dans une banlieue d’une ville du Sud, quatre femmes – toutes confrontées à des situations de précarité différentes – dévalisent une banque. L’intrigue se greffe à un contexte marqué par la présence d’un maire vil, interprété par François Damiens, qui se pose en champion de la lutte contre la délinquance, et par un caïd du coin, Ézéchiel, incarné par Olivier Rosemberg lui-même.

Une relecture originale manquée

Difficile, dès lors, d’échapper à l’impression de recyclage. La série aurait pourtant pu gagner en épaisseur en se rapprochant davantage d’une histoire réelle, celle d’un gang de femmes surnommées « les Amazones », qui ont braqué sept banques dans le Vaucluse entre 1989 et 1990. Mais rappelons que l’affaire a déjà été portée de multiples fois à l’écran, notamment dans Les braqueuses, de Jean-Paul Salomé, en 1994, puis dans Le gang des Amazones de Mélissa Drigeard en 2025.

Les Lionnes tente bien d’imposer une identité visuelle, entre couleurs saturées et ambiance néon, mais le résultat reste superficiel. La série joue sur des clichés et s’appuie sur une vulgarité supposée comique, tout en esquissant des réalités socioéconomiques complexes. Précarité financière, emprise du crime organisé, condition des mères célibataires… Autant d’enjeux effleurés et relégués au rang de simple toile de fond, au service du thriller.

Les Lionnes.

En choisissant la comédie, Les Lionnes cherchait sans doute à se distinguer d’autres polars, comme Pax Massilia ou Soleil noir, plus sombres, plus réalistes et plus crédibles. Cependant, le ressort humoristique ne fonctionne pas, la satire reste grossière et l’invraisemblance du récit s’accentue à mesure que les braquages s’enchaînent.

Des interprétations correctes, mais sans relief

S’il fallait retenir un axe intéressant, ce serait celui de la sororité. La série ambitionne de montrer des trajectoires féminines marquées par la solidarité, l’entraide et les sacrifices. Une dimension qui traverse les classes sociales, notamment à travers le personnage de Chloé, incarné par Pascale Arbillot, épouse battue du maire, figure de domination masculine.

Les Lionnes.

Mais là encore, l’exécution reste inégale. Le récit se focalise principalement sur Rosalie, interprétée par Rebecca Marder (récemment vue dans L’étranger), qui offre une performance un peu surjouée. C’est Naidra Ayadi qui s’impose comme l’interprète la plus convaincante du casting, dans le rôle d’une mère célibataire menacée de perdre la garde de ses enfants, avec un jeu plus incarné et dramatique. Zoé Marchal, la fille bipolaire qui sert de ressort comique un peu trop appuyé, finit malgré tout par tirer son épingle du jeu.

Les Lionnes.

Côté masculin, on retrouve Jonathan Cohen dans un registre éloigné de ses rôles habituels, mais sans grande intensité. François Damiens compose un antagoniste volontairement caricatural – qu’il parvient à rendre crédible dans l’excès. Sami Outalbali, vu dans Sex Education, propose un policier nuancé, plutôt touchant, mais qui manque de développement.

Une occasion manquée

Thriller sans surprise, comédie peu inspirée, personnages sous-exploités… Les Lionnes échoue à transformer son sujet en véritable œuvre politique ou sociale. Faute de regard singulier, la série s’ajoute à la (longue) liste des productions françaises rapidement consommées, tout aussi vite oubliées. Une œuvre fonctionnelle, mais sans aspérité, qui ne parvient ni à faire rire ni à faire réfléchir.

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Marsupilami : comment a été créée la créature dans le film de Philippe Lacheau ?

La Bande à Fifi est de retour au cinéma, accompagnée par Jamel Debbouze et par le Marsupilami. Dans ce nouveau film mettant en scène l’animal exotique créé par Franquin, plusieurs personnages sont confrontés à un bébé Marsupilami lors d’une croisière, alors que la créature est convoitée par des braconniers.

Philippe Lacheau réalise cette nouvelle comédie et s’attaque au projet le plus ambitieux de sa carrière.

La bande-annonce de Marsupilami.

Outre le poids évident de l’héritage, il a fallu concevoir et réaliser un Marsupilami suffisamment réaliste pour convaincre (quel espacement entre les yeux ? Quel nombre de points noirs sur quel jaune ?), tout en ayant une marge de manœuvre suffisamment large pour pouvoir raconter l’histoire voulue.

Dans Marsupilami, l’action tourne ainsi autour d’un bébé (et non pas d’un adulte comme dans le film d’Alain Chabat), et l’animal a représenté un véritable challenge pour les équipes, de la conception sur le papier à la réalisation technique et au rendu fini à l’écran.

Comment le Marsu a-t-il été fait ?

Dans le podcast Séance tenante, Philippe Lacheau est ainsi revenu sur la création du Marsupilami. Il confie plusieurs choses. Premièrement, il voulait se démarquer et s’éloigner du film Sur la piste du Marsupilami d’Alain Chabat (même si les deux films sont liés par le personnage de Jamel Debbouze), sans pour autant perdre l’essence du Marsupilami. En un seul regard, le spectateur doit reconnaître l’animal, Philippe Lacheau ayant à cœur à respecter l’œuvre de Franquin.

Ainsi, lorsque le choix de mettre en scène un bébé Marsupilami a été fait, l’équipe technique a conçu un animatronique aux bonnes proportions – bien que la présence de nombreux moteurs dans le visage ait nécessité de le faire un peu plus gros qu’initialement prévu –, Philippe Lacheau désirant le plus possible interagir avec quelque chose de concret et d’authentique. Dans toutes les scènes qui le permettent, le Marsupilami que l’on voit à l’écran est donc un animatronique, commandé à distance, tangible et réel.

Mais le film contient aussi son lot de scènes d’actions impossibles à réaliser avec un animatronique ! Pour toutes ces séquences, le Marsupilami est donc créé par des effets visuels, des VFX, représentés (sur le plateau) par un laser, afin que les acteurs sachent où regarder. Le Marsu a ensuite été finalisé lors de la postproduction.

Marsupilami utilise donc les deux techniques que sont l’animatronique et les effets spéciaux pour donner vie à sa créature exotique selon les besoins. À découvrir directement en salle, sur grand écran, à partir du 4 février 2026.

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Free Bert : c’est quoi cette série plébiscitée sur Netflix ?

Avec son humour frontal et son image de stand-upper excessif, Bert Kreischer s’offre une nouvelle vitrine sur Netflix. Free Bert, comédie américaine mise en ligne le 22 janvier, propose une fiction librement inspirée de sa vie, dans laquelle il incarne une version romancée de lui-même.

Connu outre-Atlantique pour ses spectacles provocateurs, ses podcasts à succès et son personnage outrancier, Kreischer s’essaie ici à l’autofiction dans une série qui cherche autant à faire rire qu’à explorer les failles de son propre mythe.

De quoi parle vraiment la série ?

Après un dérapage public, Bert est écarté d’une émission de télévision et se retrouve contraint de passer plus de temps chez lui. Dans le même temps, ses deux filles intègrent une école privée très sélective de Beverly Hills. Toute la famille bascule alors dans un univers social ultracodifié, dominé par des parents riches, influents et obsédés par les apparences.

Arden Myrin et Bert Kreischer dans Free Bert.

Bert tente de s’adapter à ce nouvel environnement en réprimant ce qui faisait jusque-là sa marque de fabrique : son humour outrancier, son franc-parler et son goût pour la provocation. Ses efforts maladroits pour « rentrer dans le rang » nourrissent la mécanique comique de la série.

Quel casting ?

Bert Kreischer est entouré d’Arden Myrin, qui interprète son épouse LeeAnn. Les deux filles du couple sont incarnées par Ava Ryan (Georgia) et Lilou Lang (Ila). Autour de ce noyau familial gravitent plusieurs personnages secondaires, notamment des parents d’élèves issus de la haute société de Beverly Hills, incarnés par Chris Witaske et Mandell Maughan. La série s’autorise également quelques apparitions de personnalités médiatiques, dont Rob Lowe (À la maison blanche), dans son propre rôle.

Arden Myrin, Bert Kreischer, Chris Witaske et Mandell Maughan dans Free Bert.

Free Bert est une création originale développée par Kreischer avec Jarrad Paul et Andy Mogel, qui assurent à la fois l’écriture et la réalisation. Tous trois occupent également le rôle de producteurs exécutifs, aux côtés de LeeAnn Kreischer. La série est produite par Counterpart Studios, un studio spécialisé dans les comédies scénarisées pour plateformes.

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