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Une unique lueur : Fred Vargas est de retour avec une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg

En 2023, après six ans d’absence, l’autrice Fred Vargas est revenue au personnage le plus important de sa carrière, le commissaire Adamsberg, dans le polar Sur la dalle (Flammarion).

Trois ans plus tard, la romancière poursuit sur sa lancée avec Une unique lueur (Flammarion), une nouvelle enquête de Jean-Baptiste Adamsberg à découvrir en librairie dès le 8 avril 2026.

Fred Vargas ne quitte plus Adamsberg. Depuis 1991 et le roman L’homme aux cercles bleus (Hermé), le commissaire Adamsberg est le protagoniste régulier des récits de l’écrivaine. Dix romans au total avant la sortie d’Une unique lueur, deux bandes dessinées, plusieurs adaptations sur le petit et le grand écran… Le personnage a évolué avec les lecteurs, devenant une référence incontournable du polar.

Dans le nouveau livre de Fred Vargas, le commissaire Adamsberg se lance dans une nouvelle enquête, à Paris, autour du meurtre d’une jeune femme ressemblant comme deux gouttes d’eau à une célèbre actrice américaine. Un corps est retrouvé, sans trace de lutte ou de brutalité apparente, laissant les enquêteurs perplexes. Le commissaire Adamsberg doit alors user de toute son imagination et de son pouvoir de déduction pour avancer dans cette affaire très étrange.

La presse déjà conquise ?

Chaque nouveau roman de Fred Vargas est attendu par les lecteurs et la presse. En 40 ans de carrière, l’écrivaine a défini son propre style, le « rompol » (pour « roman policier »), et le Ccommissaire Adamsberg en est la meilleure démonstration. Derrière l’enquête et le mystère, l’autrice ajoute une part de poésie, d’humour et d’absurde à son récit. La façon de penser et d’enquêter de son personnage principal est toujours surprenante, entre ses réflexions alambiquées et la place de l’inexpliqué ou du ressenti personnel. Si Sur la dalle n’avait pas forcément convaincu les critiques – à cause d’une intrigue trop légère –, Une unique lueur est déjà plébiscité.

Le Figaro, notamment, évoque « une réussite absolue » qui marque enfin le « grand retour de Fred Vargas » grâce à une « intrigue subtile ». Ce nouveau roman semble ainsi célébrer deux choses : les 40 ans d’écriture de Fred Vargas d’un côté, et la longévité du commissaire Adamsberg de l’autre. Le personnage est plus vivant et authentique que jamais, aussi désarçonnant qu’attachant, et au service d’une enquête imprévisible qui mêle crime et cinéma. 

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Quais du polar 2026 : quelles sont les conférences sur l’IA et le crime à ne pas manquer ?

C’est le retour très attendu du festival Quais du polar à Lyon, du 3 au 5 avril 2026. Entre les conférences, les dédicaces et les masterclass, des dizaines d’auteurs et d’autrices seront présents pour évoquer leurs ouvrages les plus récents, parler de la littérature dans son sens large, avec une place de choix pour le polar et le thriller.

Les festivaliers pourront notamment retrouver Nathacha Appanah, Ingrid Astier, Olivier Bal, Michel Bussi, Jonathan Coe, Marion Dubreuil, Paul Gasnier, Bernard Minier ou encore Guillaume Musso, Olivier Norek, Alice Pol et Franck Thilliez.

Chaque année, Quais du polar permet de saisir l’évolution du polar et de mettre en perspective les nouvelles thématiques abordées par les romanciers et les romancières. L’édition 2026 évoque un sujet d’actualité en particulier : l’intelligence artificielle.

L’IA (et ses dérives) est doublement présente : outre le débat autour de sa présence dans le monde de l’art et de l’écriture, elle ouvre un nouveau champ de possibilité pour les auteurs et autrices, qui n’hésitent pas à la mettre en scène dans leurs polars ou thrillers. L’IA qui donne aux personnages des livres l’occasion de réaliser le crime parfait devient un ressort narratif passionnant à développer. Pour accompagner le sujet, plusieurs conférences autour de l’IA et du crime sont donc prévues ce week-end.

Quelle masterclass ne pas manquer ?

Des dizaines de conférences et masterclass sont prévues pendant toute l’édition 2026 de Quais du polar. Au moins trois événements sont liés directement à la thématique de l’intelligence artificielle.

Ainsi, il est possible d’assister à la conférence L’IA en tant qu’outil d’enquête : fiction et lutte contre le crime, le 3 avril à 14 h (évoquant les méthodes d’enquête et les imaginaires du crime), en présence de l’auteur Thomas R. Weaver. Le même jour, à 16 h, la conférence intitulée Quand le progrès déraille : la science contre l’humanité parlera des dérives des nouvelles technologies (de l’IA, donc, mais pas seulement), en compagnie des auteurs Thomas R. Weaver, Arbon, Maxime Girardeau et Elena Sender.

Le 4 avril à 12 h 30, la thématique de l’intelligence artificielle sera également débattue, sous un autre prisme, lors de la masterclass IA, darknet, industries de la tech : nouveaux pouvoirs, nouveaux récits, en présence notamment de Bernard Minier, en lien direct avec son nouveau roman, Ruptures. Elle évoquera les dangers de l’IA au service des grands groupes et des nations.

Des instants à ne pas manquer pour comprendre comment les auteurs d’aujourd’hui s’emparent de sujets contemporains. Toutes les informations concernant les conférences et les invités sont à retrouver directement sur le site du festival Quais du polar 2026.

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Steeltown Murders : que vaut la série d’Arte ?

Mini-série britannique inspirée d’un fait divers bien réel, Steeltown Murders prolonge la tradition des polars ancrés dans la réalité. Réalisée par Marc Evans et écrite par Ed Whitmore, elle a d’abord été diffusée sur la BBC en mai 2023. Elle est désormais disponible sur la plateforme Arte et sera rediffusée à l’antenne ce 2 avril. En quatre épisodes, elle retrace une affaire criminelle qui a marqué le sud du pays de Galles dans les années 1970.

De quoi parle la série ?

L’intrigue repose sur une double temporalité. En 1973, trois adolescentes sont violées et assassinées près de Port Talbot. L’enquête, mal menée, n’aboutit pas. Près de 30 ans plus tard, en 2002, le dossier est rouvert grâce aux avancées de l’ADN, permettant d’établir qu’un tueur en série est à l’origine des crimes. Inspirée de l’affaire Joseph Kappen, l’œuvre s’attache moins au criminel qu’aux défaillances initiales de l’enquête et à leurs conséquences.

Steeltown Murders

Qu’en pensent les médias ?

La critique a d’abord souligné la solidité de l’ensemble. À sa sortie, The Guardian désignait « un drame poignant » et mettait en avant « son exploration des rouages de la corruption policière, particulièrement troublante ».

« Ce drame montre à quel point il est crucial pour les victimes et leurs familles de connaître la vérité », soulignait de son côté Den of Geek. Le site saluait le choix narratif de se concentrer sur les victimes et leurs proches, tout comme Télérama, qui parlait alors d’une oeuvre qui « s’attarde avec pudeur sur le deuil difficile des familles ».

Steeltown Murders

Le dispositif fondé sur l’alternance entre deux temps est bien reçu. « Il est fascinant de voir un thriller à suspense alterner entre deux époques du passé », estimait Decider, tandis que The Killing Times évoquait « une idée astucieuse, parfaite pour la mise en miroir ». Enfin, The Guardian soulignait que « la dualité des deux récits est nécessaire et éclairante », notamment pour mettre en évidence les progrès scientifiques.

Que reproche-t-on à la série ?

Le casting est également salué. Philip Glenister livre « sa prestation habituelle, d’un naturel désarmant », jugeait The Guardian, tandis que The Killing Times insistait de son côté sur « une liste de quelques-uns des meilleurs acteurs gallois ».

Certaines critiques pointaient néanmoins des limites. « La série […] demande un peu d’attention pour comprendre le déroulement exact des événements », pointait Decider. Le média estimait que « Whitmore ne fait pas de distinction particulièrement nette entre 1973 et 2002 », ce qui peut rendre l’intrigue « quelque peu obscure » par moments. The Killing Times soulignait aussi qu’il « faut un certain temps pour s’habituer aux changements de chronologie », malgré un ensemble jugé solide.

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Que la mort nous frôle : Michel Bussi de retour avec un thriller psychologique

Moins d’un an après son dernier livre, Les ombres du monde (Presses de la Cité), Michel Bussi est de retour en librairie avec Que la mort nous frôle, publié aux éditions Presses de la Cité à partir du 16 avril 2026. Dans ce thriller psychologique construit sous la forme d’un huis clos, le romancier évoque des thèmes liés à la mort, à la disparition, aux souvenirs et aux regrets, tout en proposant un récit haletant.

Dans Que la mort nous frôle, l’histoire s’intéresse à Jeanne, une jeune psychiatre de Lausanne, spécialisée les traumatismes. Alors qu’elle se rend au manoir des Amarantes — un institut spécialisé qui accueille des patients depuis 1945 — notre héroïne va faire la rencontre de Charly, un adolescent paranoïaque et de Téréza, une orpheline venue du ghetto de Varsovie.

Alors que des événements étranges commencent à se produire, Jeanne doit naviguer entre les secrets enfouis et les non-dits, entre révélation du passé et conscience du présent. Décrit comme un huis clos psychologique qui se sert de son lieu comme outil de narration, Que la mort nous frôle est un roman sombre et intense grâce auquel Michel Bussi retrouve l’un de ses genres de prédilection.

Un nouveau succès à venir ?

Michel Bussi est l’un des auteurs français le plus lus et appréciés du public. Ne se contentant jamais d’une seule forme littéraire, l’écrivain se révèle être aussi à l’aise dans les thrillers, les polars, les livres jeunesse ou les essais. À travers sa carrière, il est parvenu à créer des histoires et des personnages denses, instantanément tangibles, grâce un style « cinématographique ». L’auteur est d’ailleurs l’un des plus adaptés sur les écrans en France. En plus de son travail en tant que romancier, il écrit également pour la télévision. Récemment, on lui doit la série La vallée fracturée.

Que la mort nous frôle amène le lecteur en Suisse, dans un cadre somptueux contrebalancé par le manoir anxiogène dans lequel se déroule l’intrigue. À découvrir ce mois-ci, avant, peut-être, une nouvelle adaptation sur les écrans pour Michel Bussi ?

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Crime 101 sur Prime Video : c’est quoi ce thriller avec Chris Hemsworth ?

Après une sortie assez confidentielle aux États-Unis, le film Crime 101 arrive enfin en France, directement sur la plateforme Prime Video ce 1er avril 2026. Dans ce thriller inspiré d’une nouvelle de l’écrivain américain Don Winslow, Chris Hemsworth incarne un voleur méticuleux spécialisé dans les braquages luxueux à Los Angeles qui tente d’obtenir des informations internes d’une grande entreprise en se rapprochant d’une employée.

Pendant ce temps, un enquêteur de police tente de remonter la piste des récents vols de bijoux signalés dans les environs et commence à se rapprocher de l’identité du voleur.

La bande-annonce de Crime 101.

Film choral aux nombreux personnages et thriller d’action musclé, Crime 101 est largement inspiré de Heat (1995) de Michael Mann — ou de Drive (2011) de Nicolas Wending Refn —, en montrant ce jeu de chat et de la souris entre les forces de polices et le criminel. Le film articule également son propos autour des relations entre les personnages et des conséquences que peuvent avoir les actions de chacun d’entre eux.

Le casting prestigieux suffit-il ?

Si Chris Hemsworth est la tête d’affiche du thriller, l’acteur est entouré d’un casting prestigieux puisque Mark Ruffalo, Halle Berry ou encore Barry Keoghan et Monica Barbaro se donnent la réplique, entérinant l’idée d’un film choral avec plusieurs personnages essentiels, aux relations et rapports ambigus.

Toute la question est de savoir si Crime 101 rencontrera son public en France, après une exploitation assez décevante dans les salles américaines. Lors de sa sortie aux États-Unis, le long-métrage de Bart Layton n’a pas rencontré le succès escompté malgré son casting cinq étoiles, ne récoltant que 36 millions de dollars, pour un budget avoisinant les 90 millions de dollars.

Pourtant, si le film souffre de la comparaison avec Heat (chef-d’œuvre intouchable dans le genre du film de braquage), le propos autour de la précarité et de la nécessité d’obtenir une sécurité financière pour quasiment tous les personnages guide le récit et semble développer une thématique précise, allant plus loin que le simple film aux nombreuses scènes d’action. Réponse dès à présent sur Prime Video.

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Dans les coulisses du luxe, le vertige des Privilèges

On ne va pas se mentir : l’annonce d’un programme sur un palace parisien nous a laissés perplexes. Trop lisse ? Trop décorative ? Trop éloignée du réel ? Pourtant, le résultat est sans appel : Privilèges est une très bonne série, et surtout, une série très addictive. En six épisodes, la production installe une tension qui ne se relâche jamais, et rend l’abandon presque impossible. Diffusée depuis le 27 mars sur HBO Max, l’œuvre de Marie Monge et Vladimir de Fontenay (qui avaient déjà collaboré sur Vampires, produite par Netflix) a par ailleurs déjà séduit l’industrie sérielle en étant sélectionnée dans la compétition officielle de Séries Mania.

L’envers du décor

Tout commence au Citadel, palace parisien fictif où le vernis impeccable dissimule une mécanique bien plus brutale. Adèle, incarnée par Manon Bresch (Mortel), y débarque via un programme de réinsertion. La jeune détenue obtient un poste de bagagiste grâce à Édouard Galzain, directeur tout-puissant campé par Melvil Poupaud (L’amour et les forêts).

Manon Bresch dans Privilèges.

Un pacte tacite se noue entre eux, et l’intrigue prend rapidement des airs de jeu d’échecs. Employés ambitieux, clients influents, réseaux parallèles : chacun avance ses pions. Adèle, d’abord en position fragile, apprend à composer avec ces forces contraires, jusqu’à devenir elle-même une pièce maîtresse, tantôt imprévisible, tantôt inquiétante.

Privilèges impressionne d’abord par son écriture. Les personnages ne sont jamais figés. Ils évoluent, se fissurent, se contredisent. On passe sans cesse de la méfiance à l’empathie, de l’agacement à l’attachement. Une instabilité émotionnelle qui devient le moteur même de la série.

Melvil Poupaud dans Privilèges.

Le casting, mêlant noms prestigieux et nouveaux talents prometteurs – Manon Bresch, Melvil Poupaud, Eva Huault (L’affaire Laura Stern), Nina Zem (La petite cuisine de Mehdi), Anne Azoulay (Criminal: France), Sandor Funtek (Suprêmes), Stéphanie Atala (Farah) – contribue largement à cette réussite. Il est rare de voir une telle homogénéité : chacun trouve sa place, sans jamais écraser les autres. Tous participent à cette sensation d’ensemble, presque chorale, où les trajectoires s’entrecroisent avec fluidité.

Le prix de la liberté

Mais ce qui saisit le plus, c’est sans doute l’attention portée aux coulisses. Privilèges réalise un fantasme discret : observer, de l’intérieur, le fonctionnement de ces lieux où tout semble parfait. Derrière les dorures, une armée de travailleurs s’active. Femmes de ménage, cuisiniers, concierges : autant de métiers invisibles que la série remet au centre.

Anne Azoulay dans Privilèges.

La réalisation capte avec précision ces différentes facettes. D’un côté, l’apparat, les suites impeccables, les clients triés sur le volet – pop stars, figures politiques, héritiers fortunés. De l’autre, des espaces saturés de tension, où tout se joue à un rythme effréné. Cette coexistence nourrit une réflexion plus large sur la démesure du luxe et ceux qui gravitent autour.

Au fil des épisodes, le rythme s’accélère. Les situations se complexifient, les risques augmentent. On se surprend à enchaîner les chapitres, happé par une intrigue qui gagne en intensité à mesure qu’elle avance. L’attachement à Adèle grandit, presque malgré soi, au point de redouter chacune de ses décisions.

Eva Huault dans Privilèges.

Sous ses airs de thriller élégant, l’œuvre pose une question simple et redoutable : jusqu’où serait-on prêts à aller pour notre propre liberté ? À cela s’ajoutent d’autres lignes de fracture – l’argent, la loyauté, l’amitié – qui dessinent en creux une cartographie des rapports de force contemporains. Au fil des épisodes, Privilèges parvient à installer un trouble durable. Celui d’un monde où l’ascension a un prix, et où les règles du jeu ne sont jamais celles que l’on croit.

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The Red Line sur Netflix : quand des mères de famille se transforment en redoutables hackeuses

C’est un thriller thaïlandais qui pourrait bien faire sensation sur Netflix ce mois-ci. Avec The Red Line, la plateforme propose un film de vengeance d’un autre genre, qui aborde les dangers du numérique et de la cybercriminalité.

Dans le long-métrage, disponible depuis le 26 mars, trois mères de famille arnaquées décident de se venger en piégeant à leur tour les escrocs, qui appartiennent à un large réseau criminel. En prenant contact avec un hacker, elles parviennent à remonter à la source et préparent leur vengeance.

La bande-annonce de The Red Line.

Thriller psychologique qui fait monter les enjeux et la tension à mesure que le dénouement approche, The Red Line met aussi en avant une problématique réelle autour de la cybercriminalité et des réseaux spécialisés dans les arnaques en ligne, à base de fausse richesse promise ou d’histoires d’amour inventées.

Un film marqué par des thématiques sociales et politiques ?

Si The Red Line est avant tout un thriller intense et un film d’action prenant, le long-métrage réalisé par Sitisiri Mongkolsiri utilise également une réalité sociale et politique pour agrémenter son sujet et ses thématiques. L’intrigue du film se passe au niveau de la frontière thaïlandaise, alors que la zone est de plus en plus tendue et sous pression. La région, encore aujourd’hui, est en effet l’un des épicentres, en Asie, des arnaques en ligne à grande échelle.

Des réseaux mafieux emploient ou contraignent des milliers de personnes dans le but d’escroquer de nombreuses victimes à travers le monde. The Red Line met en avant cette réalité et montre aussi l’impuissance de la justice face à ces escroqueries de grande échelle, qui rapporteraient des milliards de dollars par an. Entre le drame social et le thriller, The Red Line a tout pour intriguer.

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Crimes sans frontières : McSkyz et Victoria Charlton dévoilent 10 enquêtes glaçantes

À l’approche du Mois du polar, une nouveauté arrive en librairie. Figure centrale du true crime sur YouTube, McSkyz s’associe à Victoria Charlton pour publier Crimes sans frontières : mystères et enquêtes sur deux continents, disponible le 25 mars.

De quoi ça parle ?

Le livre rassemble dix affaires criminelles réelles survenues en Europe et en Amérique du Nord. Disparitions, meurtres domestiques, crimes aux ramifications étranges… Chaque récit explore des faits ayant suscité une forte couverture médiatique. Parmi les cas évoqués : un boucher cannibale arrêté au Mexique, la disparition de deux amants à Philadelphie ou encore un triangle amoureux qui aboutit à un homicide.

L’ouvrage ne se limite pas à une restitution factuelle. Il s’attache à interroger les zones d’ombre des enquêtes, à mettre en lumière d’éventuelles failles judiciaires et à remettre en question le traitement médiatique de ces affaires.

Le projet repose sur des regards croisés : McSkyz et Victoria Charlton confrontent leurs méthodes – recherche, narration et analyse – pour proposer une lecture transatlantique des faits divers. Cette coécriture permet de faire dialoguer deux approches : l’une davantage centrée sur la reconstitution minutieuse des faits, l’autre intégrant une dimension plus psychologique.

Qui sont les auteurs derrière ce projet ?

McSkyz, de son vrai nom Joris Lavarenne, lance en 2018 son format « Histoire vraie et flippante », diffusé chaque semaine sur YouTube. Ses vidéos, régulièrement vues par des centaines de milliers, voire des millions d’internautes, participent à la diffusion du true crime en France. Il a également écrit plusieurs livres, une bande dessinée et un magazine consacré aux faits divers.

Autrice et créatrice québécoise, Victoria Charlton fédère de son côté une audience autour de contenus mêlant narration et analyse d’affaires criminelles. Lauréate du prix Youtubeur de l’année en 2024, elle a publié plusieurs ouvrages, dont la série Gardez l’œil ouvert et Et tombent les têtes, récompensé par le prix Découverte Polar 2022.

Un livre révélateur de l’engouement pour le true crime ?

En quelques années, le true crime est devenu l’un des formats les plus consultés, que ce soit sur les plateformes de streaming, en librairie ou sur YouTube. Netflix en a fait un axe structurant de sa programmation, avec des succès comme Monstre : l’histoire de Jeffrey Dahmer, L’arnaqueur de Tinder ou Don’t F**k With Cats : un tueur trop viral.

Le phénomène dépasse toutefois l’écran. En 2020, l’enquête du magazine Society sur l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès s’est vendue à près de 400 000 exemplaires après plusieurs retirages, avant d’être publiée en livre. Des podcasts comme Serial, My Favorite Murder ou, en France, L’heure du crime, contribuent également à nourrir cet engouement pour les récits de faits divers.

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Detective Hole (Harry Hole), le nouveau polar norvégien phénomène de Netflix ?

C’est l’un des plus grands auteurs de polars contemporains. Avec plus de 60 millions d’exemplaires vendus à travers le monde – dont 5,6 millions en Norvège (plus que la population du pays) –, Jo Nesbø a façonné, livre après livre, une certaine idée du roman policier nordique – sombre, tourmenté, moralement instable. Et ce 26 mars, l’une de ses intrigues les plus marquantes prend corps à l’écran, sur Netflix.

Quelle est l’intrigue de Detective Hole (Harry Hole) ?

Intitulée Detective Hole (Harry Hole), la série adapte le cinquième volet d’une saga qui en compte 13. Neuf épisodes pour suivre un inspecteur en équilibre précaire, happé par ses obsessions autant que par ses failles. Harry Hole, spécialiste des tueurs en série, arpente ici une Oslo estivale où « les journées s’étirent tellement que le soleil ne commence à décliner que tard dans la nuit », détaille la plateforme.

Joel Kinnaman et Tobias Santelmann dans Detective Hole.

À la croisée du thriller, de la série à intrigues et du drame psychologique, l’œuvre met en scène deux inspecteurs, et supposés collègues, qui opèrent des deux côtés opposés de la loi. « Harry Hole se heurte à son éternel rival, Tom Waaler, un policier corrompu, ajoute le synopsis. Brillant inspecteur de la police criminelle en proie à ses propres démons, Harry navigue entre les frontières éthiques floues de la justice tout en se battant pour attraper un tueur en série, et arrêter Waaler avant qu’il ne soit trop tard. »

Qui est au casting de la série ?

La production de Netflix est pilotée par Øystein Karlsen (Exit) et Anna Zackrisson (Le casse du ciel), scénarisée par l’écrivain lui-même et portée par Joel Kinnaman (Altered Carbon), Pia Tjelta (Made in Oslo) et Tobias Santelmann (Exit). Interrogé par Tudum (le média de la plateforme), ce dernier assure que « Harry Hole n’est pas qu’un simple détective ».

Il poursuit : « C’est un personnage avec lequel les lecteurs du monde entier ont partagé leur quotidien pendant près de 30 ans, et je suis ravi de pouvoir l’incarner à l’écran. J’ai abordé ce rôle avec un profond respect pour l’œuvre de Jo Nesbø et pour le public qui suit Harry depuis si longtemps. Parallèlement, je devais trouver mon Harry – ou notre Harry – et j’espère que nous avons créé une œuvre fidèle à l’esprit des livres, tout en ayant sa propre identité. »

Tobias Santelmann dans Detective Hole.

Pour Joel Kinnaman, incarner le rôle de Waaler relevait plus d’un défi, « passionnant et enrichissant ». « Tourner à Oslo, ville si intimement liée aux romans de Jo Nesbø, confère à la série une authenticité impossible à reproduire, explique-t-il à Tudum. Collaborer étroitement avec Jo pour explorer cette facette plus sombre de l’univers d’Harry a été une expérience créative des plus enrichissantes, et je suis très fier d’avoir contribué à porter cette histoire à l’écran. »

Dans un paysage audiovisuel saturé de polars formatés, Detective Hole revendique une rugosité bienvenue : celle d’un monde où les héros doutent, où les coupables ne sont jamais tout à fait seuls à porter le poids de la faute. Un parti pris qui lui permettra de devenir le nouveau phénomène de Netflix ? La réponse dès ce 26 mars, sur la plateforme.

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Eva Huault pour Privilèges : “Je ne me suis jamais sentie à ma place nulle part”

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’aventure Privilèges ?

Eva Huault : Pour moi, c’est une scène de casting qui a tout déclenché. C’était une séquence entre deux meilleures amies : une où tout allait bien, et une autre de pur conflit. Ça m’a trop donné envie de jouer dedans, parce que j’adore les histoires d’amitié. Ce rapport de sororité, qui ressemble parfois à un couple toxique, m’a immédiatement séduite. Et quand j’ai enfin lu tous les épisodes, mon coup de cœur s’est confirmé.

Anne Azoulay : Pour ma part, j’ai été frappée par la qualité de l’écriture. Les personnages sont complexes, comme dans Rosetta, avec des parcours de femmes combatives et prêtes à tout. De plus, le cadre du palace, ce monde du luxe que l’on voit rarement sous cet angle, crée une confrontation passionnante avec la réalité des héroïnes. Il y a un côté très Audiard, un peu comme dans Un prophète, avec cette thématique de l’ascension sociale. On croit connaître les personnages au début, puis on est surpris par leurs réactions face à l’adversité.

Nina Zem : La lecture du premier épisode a suffi pour me convaincre. Les personnages étaient très bien détaillés. L’intrigue était là, elle était solide. Ensuite, la rencontre avec les réalisateurs, Marie Monge et Vladimir de Fontenay, a été déterminante. Ils m’ont tout de suite donné envie de me lancer dans cette aventure avec eux. Ce sont des amoureux des acteurs et des actrices, qui ont cette envie de partager, d’écouter nos avis. On a vraiment travaillé ensemble, avant le tournage, pour créer nos personnages. C’était une démarche très communautaire.

Et qu’avez-vous apporté de personnel à ces personnages ?

A. A. : J’ai vraiment lutté avec le mien. Elle me fatiguait profondément. [Rires] Elle est dans une colère permanente, elle se bat tout le temps pour se tenir, tout en assurant un service irréprochable. C’est une femme qui subit un hypercontrôle épuisant pour garder les rênes et protéger ses “poussins”. C’est une femme très compliquée.

N. Z. : Pour ma part, j’ai essayé d’apporter de la nuance dans le rapport de force que mon personnage entretient avec Adèle : elle doit lui tenir tête, mais elle se laisse quand même charmer par elle. C’était un jeu d’équilibre constant entre nous deux. Dans la vraie vie, on a deux personnalités très différentes avec Manon et on s’est un peu apprivoisées de la même manière qu’Adèle et Marina. On a retrouvé ce dynamisme dans nos rôles : c’était une sorte de danse entre la résistance et la séduction.

E. H. : On met toujours un peu de soi dans un rôle. On va chercher des choses que l’on a vécues pour le rendre touchant et juste. Par exemple, je retrouve vraiment des petits bouts d’Anne et de Nina dans leurs personnages. C’est ce qui rend ces femmes si réelles à l’écran.

Anne Azoulay dans Privilèges.

Eva, votre amitié avec Manon Bresch est très forte et crédible à l’écran. Comment avez-vous travaillé cette relation pour la rendre aussi naturelle ?

E. H. : Je vais vous livrer une petite anecdote croustillante. Sortez les popcorns. [Rires]

A. A. : Et les mouchoirs ! [Rires]

E. H. : En réalité, je connais Manon depuis que j’ai 12 ou 13 ans. Elle va me tuer de raconter ça, mais on a fait les 400 coups, on a vécu notre jeunesse ensemble et on s’est aimées très fort avant de se perdre complètement de vue. Et on a fini par se retrouver… sur le tournage de Privilèges ! C’est un truc de malade. Finalement, je n’avais rien à “créer” sur le plateau : quand je l’ai revue, c’était comme si on s’était quittées la veille. On a évidemment travaillé nos personnages ensemble, mais cette complicité était innée. Et je pense que cette joie de se retrouver se ressent à travers les images.

Le rêve d’Adèle et de sa meilleure amie, c’est de lancer un food truck à sa sortie de prison. Si vous étiez enfermées, quel serait le projet qui vous ferait tenir et que vous voudriez absolument réaliser une fois libre ?

E. H. : Je crois que j’ai déjà réalisé ce projet fou : je suis devenue actrice. Ce n’était pas forcément mon plan au départ, mais j’y ai cru. Tout le monde a des rêves, et il faut y croire très, très fort pour les manifester, même quand personne d’autre ne croit en vous. Commencez par croire en vous-même. Le reste suivra. C’est peut-être bateau ce que je dis, mais…

N. Z. : Non, c’est très juste !

Eva Huault dans Privilèges.

Le contraste entre la vie d’Adèle et l’univers du Citadel est violent. Avez-vous déjà eu la sensation de ne pas être à votre place, vous aussi ?

A. A. : C’est une bataille de chaque instant. Il est crucial d’être conscient du combat qu’il faut mener, car la société a une tendance permanente à nous faire sentir que nous ne sommes pas à notre place.

E. H. : Le simple fait d’être une femme dans la société, c’est difficile…

A. A. : Absolument. Le simple fait d’arrêter de penser qu’on n’est pas à notre place est un véritable apprentissage.

N. Z. : Il ne faut pas se laisser envahir par ce sentiment.

A. A. : Oui, il est important de gagner sa place.

E.H. : Je pense que je ne me suis jamais sentie à ma place nulle part, mais j’ai toujours pris ma place. C’est comme ça que je fonctionne et c’est comme ça que je continuerai.

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Apparences : la série est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

D’abord lancée sur france.tv en janvier dernier où elle a rapidement trouvé son public, Apparences s’est invitée en première partie de soirée sur France 2 ce 25 mars. La chaîne a proposé les deux premiers épisodes et diffusera les deux derniers le 1er avril.

Écrite par Isabel Sebastian (connue pour la collection Crime à…) et réalisée par Émilie Grandperret (Les ombres rouges), la mini-série offre un polar français mêlant crime, chirurgie esthétique et jeu d’apparences – comme son titre l’indique. Mais trouve-t-elle son inspiration dans un fait divers réel ?

De quoi parle la série ?

Le récit débute par un crime : celui d’un chirurgien esthétique retrouvé mort dans de violentes circonstances. L’enquête est confiée à une capitaine de police liée à la victime, dont il avait reconstruit le visage après une agression. Une ancienne patiente, marquée physiquement par une opération ratée, devient suspecte. Mais le dossier se complexifie à mesure que d’autres éléments émergent, notamment grâce au travail d’une journaliste qui s’intéresse aux pratiques du médecin.

Léonie Simaga et Léa Léviant dans Apparences.

Apparences ne repose sur aucun fait divers identifié : la série n’adapte ni une affaire judiciaire, ni un témoignage existant, et relève d’une construction entièrement fictionnelle. Le scénario s’appuie toutefois sur des réalités contemporaines : recours à la chirurgie esthétique, exposition permanente aux normes visuelles, influence des réseaux sociaux dans la fabrication de l’image de soi…. et emprunte ainsi ces problématiques au réel.

Qui incarne cette plongée dans les dérives de l’image ?

Le récit s’articule autour de trois figures féminines. Léonie Simaga campe l’enquêtrice, Hélène de Fougerolles une journaliste déterminée, et Léa Leviant une jeune femme dont le destin bascule après une intervention. Autour d’elles gravitent notamment Nicolas Cazalé, Vincent Heneine, Jeanne Bournaud et Cyril Gueï.

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Un très mauvais pressentiment : un conte grinçant et terrifiant sur les méandres du mariage

Quand Matt et Ross Duffer, les cerveaux derrière le succès planétaire de Stranger Things, décident de produire une série horrifique pour Netflix, forcément, on est intrigués. Eux-mêmes l’ont été face au pitch proposé par Haley Z. Boston, la créatrice d’Un très mauvais pressentiment. En huit épisodes, on suit la semaine la plus angoissante de la vie de Rachel (Camila Morrone) et Nick (Adam DiMarco), un jeune couple de tourtereaux sur le point de se marier.

À peine arrivée dans le luxueux chalet familial du fiancé, planté au milieu de nulle part en pleine forêt, Rachel rencontre l’étrange famille de Nick, à la fois fusionnelle et pleine de secrets. Alors que le jour J approche à grands pas, l’atmosphère se charge d’un malaise croissant : Rachel est-elle en pleine crise de paranoïa par peur de l’engagement ou doit-elle écouter les présages inquiétants d’une malédiction ancestrale ?

La rencontre oppressante entre Get Out et Wedding Nightmare

Un poisson hors de l’eau, prisonnier d’une famille aussi riche que tordue ? La filiation d’Un très mauvais pressentiment avec Get Out (2017), le film d’horreur psychologique de Jordan Peele, apparaît évidente. En particulier durant les premiers épisodes, au cours desquels Rachel fait face au comportement dérangeant des membres de la famille de Nick.

Un mariage qui tourne au film d’horreur ? Impossible de ne pas penser au slasher Wedding Nightmare (2019) de Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin, centré sur Grace, une jeune femme prise pour cible dans un manoir géant par la richissime famille de son fiancé.

Malgré des similarités, la production de Netflix ne se trouve pas écrasée par ces références. Si elle s’inscrit dans le genre de l’horreur psychologique et aborde des thématiques proches, la showrunneuse Haley Z. Boston (Brand New Cherry Flavor, Hunters) apporte un ton mi-cynique, mi-effrayant qui n’appartient qu’à elle.

La scénariste excelle à construire des montées en tension angoissantes, autour de personnages bizarres, ou du moins perçus comme des menaces par Rachel. La série bénéficie d’une réalisation inspirée, confiée à Weronika Tofilska, la scénariste de Love Lies Bleeding et réalisatrice des premiers épisodes de la marquante Mon petit renne. La cinéaste joue avec les codes du genre avec bonheur.

Sa réalisation sublime un récit fait de ruptures de ton, entre moments purement horrifiques et d’autres plus ironiques. Weronika Tofilska use de plans subjectifs pour illustrer une menace mortelle, maîtrise les jumpscares (sans abuser de cet effet) tandis que les scènes vraiment sanglantes laissent sous le choc.

La photographie, particulièrement sombre, en agacera certains et se situe dans une tendance de séries à l’éclairage minimaliste, mais elle est justifiée ici par le genre horrifique. Autre moment de bravoure : un épisode au caméscope, constitué de fausses images d’archives datant de la fin des années 1990. La bande originale grinçante, composée par Colin Stetson – à qui l’on doit la musique des films Hérédité (2018) ou Le menu (2022) –, vient souligner à la perfection l’atmosphère de la série.

Un casting frais et réjouissant

Si Un très mauvais pressentiment fonctionne aussi bien, c’est parce que Haley Z. Boston a fait un choix fort auquel elle se tient : adopter le point de vue de Rachel. Elle tisse un récit de female gaze face à l’engagement ultime, le mariage. Dans un rôle potentiellement casse-gueule, celui de la fiancée tantôt suspicieuse, tantôt en état de sidération face aux événements, l’actrice Camila Morrone impressionne.

L’ancienne mannequin, révélée au grand public en épouse laissée pour compte (décidément, les mariages finissent mal pour elle !) dans l’excellente série musicale Daisy Jones and The Six (2023), est quasiment de tous les plans. Elle nous fait ressentir avec force les angoisses que traverse son personnage d’orpheline en quête de ses racines et d’une famille stable.

Elle est accompagnée d’une belle brochette d’interprètes secondaires : Adam DiMarco (White Lotus) dans le rôle de Nick, son fiancé un peu naïf, Jennifer Jason Leigh, inquiétante à souhait en matriarche gothique, ou encore Gus Birney, assez géniale en mean girl au bord de la crise de nerfs. Ce casting n’est pas clinquant, mais le fait de ne pas avoir de grosse star de la « A list » hollywoodienne permet de plonger plus facilement dans l’univers de la série.

Pour le meilleur, mais surtout… pour le pire ?

En creusant le sujet du mariage et de ses défis, Un très mauvais pressentiment se présente un peu comme l’envers cauchemardesque d’une œuvre comme Bridgerton. Aussi éloignées l’une de l’autre puissent-elles paraître, les deux séries surfent en réalité sur une même idée : il faut se marier avec son âme sœur. Mais, là où le show féérique produit par Shonda Rhimes utilise le genre de la comédie romantique, Un très mauvais pressentiment s’amuse avec celui de l’horreur.

Rachel est en effet persuadée qu’elle doit épouser son « âme sœur », sans quoi des choses terribles vont arriver. Et Nick l’est-il vraiment ? Le scénario, très bien ficelé, va chercher dans la noirceur des contes de fées pour nous effrayer. On y croise une figure de croque-mitaine (un « Sorry Man » qui découpe des femmes en morceaux à la recherche de la sienne, tout en s’excusant), une malédiction et de la sorcellerie qui viennent twister le rituel du mariage.

Il est aussi question d’un doigt de pied coupé, ce qui évoque les belles-sœurs de Cendrillon dans le conte original, qui se coupent les pieds pour rentrer dans la pantoufle de verre. Derrière les dialogues tranchants et les scènes sanglantes, la série aborde la peur de l’engagement de la nouvelle génération face à ce rituel d’union de plus en plus considéré comme obsolète, et doté d’une indéniable dimension patriarcale.

Dans un monde à l’avenir incertain, au bord de la guerre et de la crise climatique, où le fossé se creuse entre les attentes des femmes et celles des hommes, le mariage hétérosexuel ne va pas bien. En France, 45 % des mariages se terminent par un divorce (source : Juriscore). Le genre de l’horreur permet d’extérioriser ces angoisses liées au mariage et à la pression de trouver « le bon » ou « la bonne ». En témoignent des œuvres comme Wedding Nightmare (le deuxième volet débarque le 8 avril prochain), Un très mauvais pressentiment ou encore le très attendu The Drama, avec Zendaya et Robert Pattinson en futurs mariés stressés après s’être avoué ce qu’ils ont fait de pire dans la vie.

Et si le secret du bonheur résidait dans l’acceptation des défauts de l’autre et le refus de son idéalisation ? Et si le fameux concept d’âme sœur, dont on nous rebat les oreilles – en particulier celles des femmes – depuis notre plus tendre enfance, était propre à chacun ? C’est le message qui ressort de l’œuvre de Netflix. Rachel a beau tenter toutes sortes de techniques (signes du destin, sorcellerie) pour s’assurer que Nick est son âme sœur, en vérité, le choix de lui faire confiance et de se jeter à l’eau lui appartient. Le mariage est un acte de foi, à chacun de décider s’il faut y croire.

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Apparences : faut-il voir le nouveau thriller de France 2 ?

Plusieurs semaines après son arrivée sur la plateforme france.tv – où elle a dépassé les 3 millions de visionnages –, Apparences débarque à la télévision sur France 2 ce 25 mars. Après The Beauty, diffusée sur Disney+ en janvier, et dans une approche sensiblement différente, la fiction française propose à son tour un thriller en quatre épisodes consacré à la chirurgie esthétique.

Quelle est l’intrigue d’Apparences ?

L’intrigue s’ouvre sur le meurtre d’un chirurgien esthétique, retrouvé défiguré dans sa voiture. L’enquête est confiée à Sarah Santoni, capitaine de police liée à la victime, qui avait reconstruit son visage après une agression. Rapidement, les soupçons se portent sur Jessica, une jeune patiente défigurée à la suite d’une opération ratée.

Jeanne Bournaud dans Apparences.

Autour de cette affaire gravitent plusieurs figures, dont Gabrielle Pasquier, journaliste d’investigation. Le récit croise ainsi trois trajectoires féminines et explore un univers où l’apparence devient un enjeu social, intime et économique.

La série convainc-t-elle la presse ?

Dans l’ensemble, la presse s’accorde sur l’efficacité de la série. Le jeu des comédiennes fait notamment l’unanimité : Télé-Loisirs évoque des actrices qui « transcendent leurs scènes, donnent épaisseur et émotion à leurs personnages », tandis que Ciné Télé Revue estime que Hélène de Fougerolles « nous embarque avec le plus de facilité dans ce récit à quatre voix ».

Léonie Simaga et Léa Léviant dans Apparence.

Screen+ met en avant « une originalité frappante et un suspense qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final », tandis que Sud-Ouest souligne le fait que la série « se développe intelligemment au fur et à mesure des épisodes ». Si la mécanique du polar fonctionne globalement, plusieurs critiques pointent toutefois des limites.

Télé-Loisirs évoque « un sérieux sentiment de frustration » lié à un manque d’approfondissement du sujet. Le Parisien juge que l’œuvre « est passée à côté du sujet qu’elle survole » et pointe « une fiction policière trop classique ». Ciné Télé Revue regrette de son côté « une représentation caricaturée à l’extrême de la jeunesse ».

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