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Ô dela : que vaut le nouveau spectacle de Roman Frayssinet ?

Il y a trois ans, Roman Frayssinet présentait le premier chapitre d’un triptyque humoristique. Avec Ô dedans, le stand-uppeur développait ainsi un show malin et profond. Sans tabou, il évoquait son passé, ses anciennes addictions tout en nous embarquant au sommet d’une montagne corse pour un date foireux, dans un hôtel miteux de Bretagne tenu par une personne de petite taille ou encore dans un after en plein appartement abritant un vivarium.

Révélé grâce à l’émission Clique de Mouloud Achour, l’artiste dévoilait ainsi, durant ce premier chapitre, une véritable paix intérieure tout en offrant une réflexion foudroyante sur notre société. Chirurgie esthétique, réseaux sociaux, apparence… Tout y passait, l’humoriste questionnant avec autant de philosophie que d’absurdité les grands maux du XXIe siècle.

Ô dedans, de Roman Frayssinet.

La drôlerie Frayssinet

De retour en 2025 avec Ô dela, deuxième chapitre de la trilogie Frayssinet, ce dernier continue d’interroger notre monde. Sur la scène de l’Olympia, l’humoriste y déploie ainsi entre humour potache et philosophie poussée, un spectacle drôle et réflexif sur notre société de « gogols », ses contradictions — un sketch sur le mot « dyslexie » est des plus délicieux — tout en prônant le vivre ensemble.

Car Roman Frayssinet a décidé d’écarter le négatif et de tout prendre avec bonne humeur. Un changement de cap bienvenu, souligné par la mise en scène du spectacle diffusé dès ce mercredi 11 février sur Canal+. Filmé dans le noir le plus total, l’artiste s’autorise toutefois des jeux de regards avec la caméra pour encore mieux saisir le fil de pensée de l’artiste et offrir un aspect méta à sa prestation.

Ces mimiques quasi-clownesques renforcent la caractère humoristique de son seul-en-scène, à l’instar d’un débit de paroles mélodiques mais ultra efficace ; véritable marque de fabrique de l’artiste depuis ses débuts avec son spectacle Alors (2018).

Un regard toujours honnête

Malgré l’absurdité d’un spectacle lancé à 1000 à l’heure, l’humoriste n’en oublie une autre de ses signatures : partir d’un constat simple pour en déduire une réflexion brillante sur notre monde « dans lequel on a tous notre place ».

En racontant ainsi sa rencontre lunaire avec un homme cagoulé dans la rue, Roman Frayssinet livre sa pensée sur sa notoriété ; en comparant sa fonction d’humoriste « aux mecs qui font des graffitis », il interroge aussi la place du rire aujourd’hui. « Si c’est bien fait, ça met une petite ambiance. Mais y’aura jamais besoin de nous en urgence » reconnaît-il, sans fausse modestie, appuyé sur le pied du micro.

Avec authenticité, l’humoriste pose un regard sincère et objectif sur notre monde… mais aussi sur lui-même. Dans Ô dela, l’artiste se laisser aller, en effet, à certaines confidences. Il fait ici rentrer sa famille dans son univers et nous présente une « mère dotée d’un sixième sens » après nous avoir embarqué dans son enfance, en région parisienne, sur ses trajets en Noctilien qu’il compare « au bus des vampires ». Surtout, il avoue son incapacité à s’engager, et son infidélité.

À travers une auto-analyse franche, Roman Frayssinet déploie un spectacle d’une lucidité déconcertante. Toujours emmené par une verve dynamique, absurde et puissante, l’humoriste le plus singulier du stand-up français offre avec Ô dela un deuxième chapitre réussi, fidèle à son univers.

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Urchin : un coup d’essai réussi pour Harris Dickinson ?

Dévoilé grâce à la Palme d’or Sans filtre (2022) de Ruben Östlund, Harris Dickinson était de retour en 2025 au Festival de Cannes afin de présenter son premier film en tant que réalisateur. Cette fois-ci, l’acteur britannique était en compétition dans la catégorie Un certain regard afin de présenter Urchin.

On y suit Mike (Frank Dillane), un SDF qui tente de joindre les deux bouts. Violences, vols et drogues rythment son quotidien, mais le jeune homme est bien décidé à reprendre sa vie en main grâce à l’aide des services sociaux britanniques. Nouveau foyer, petit boulot, justice restauratrice… Mike est prêt à tout pour s’en sortir, mais ses vieux démons risquent de rapidement le ramener en enfer.

Urchin.

Entre ombre et lumière

Pour son premier long-métrage, Harris Dickinson offre une œuvre profondément personnelle. En effet, l’artiste londonien s’est inspiré de son propre parcours alors qu’il évoluait en tant que bénévole au sein d’une communauté locale en soutenant des personnes sans domicile fixe et des toxicomanes. Des rencontres qui ont forgé le point de vue humaniste et nuancé du film. À travers les pérégrinations de Mike, Harris Dickinson donne à voir le parcours semé d’embûches d’un homme perdu, tourmenté et addict. Une démonstration cinématographique sans jugement sur son personnage et bourré d’empathie.

Entre ombre et lumière, Harris Dickinson filme ainsi le chemin vers la sobriété de Mike, mais aussi son envie de s’en sortir malgré une santé mentale fragile et des traumatismes latents. Car la mise en scène de Dickinson passe avant tout par un fort pouvoir de suggestion. Jamais le cinéaste ne fait le choix de la facilité. Il offre une mise en scène aussi puissante que réflexive.

Urchin.

Malgré des passages trop expérimentaux et dénués de lien avec le scénario, Harris Dickinson parvient avec intensité et émotion à retranscrire la dualité de son personnage. En témoigne une poignante scène de karaoké, belle, drôle et déchirante. En effet, le cinéaste mélange les genres dans un film d’auteur qui préfère, par moments, la légèreté à la gravité.

Un film personnel et bouleversant

Pour délivrer une palette aussi vive d’émotions, Harris Dickinson a fait appel à Frank Dillane, connu pour avoir incarné Nick Clark dans la série spin-off de The Walking Dead, The Fear of The Walking Dead (2014). Également remarqué dans les séries The Girlfriend Experience (2016), The Essex Serpent (2022) ou encore Joan (2024), l’acteur n’hésite pas à se mettre à nu et porte en lui une authenticité troublante qui fait toute la force d’Urchin. Face à lui, Megan Northam, révélée par la série française de Cédric Klapisch Salade grecque (2023), incarne Andrea, une jeune femme rêveuse et douce.

La bande-annonce d’Urchin par Harris Dicksinson.

Urchin filme également la prise en charge des personnes invisibilisées par la brutalité de la rue. Comprendre comment des gens peuvent en arriver jusque-là, la bataille contre l’addiction ou les aides mises en place par l’administration est aussi au cœur du long-métrage.

Avec son premier film, Harris Dickinson offre ainsi un film personnel aussi bouleversant qu’humain. Un coup d’essai prometteur pour l’acteur et réalisateur que l’on retrouvera prochainement devant la caméra de Sam Mendes, dans la peau de John Lennon, pour la série de biopics sur les Beatles face à d’autres talents du nouvel Hollywood : Paul Mescal, Barry Keoghan et Joseph Quinn.

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Closer 2, l’un contre l’autre : un troisième film est-il prévu ?

Après à la saga À contre-sens, Amazon Prime Vidéo tiendrait-il sa nouvelle franchise à succès avec Closer ? Le premier volet présenté en janvier 2025 sur la plateforme de streaming racontait, en effet, la relation sulfureuse de Drayton Lahey (Noah Beck) et de Dallas Bryan (Siena Agudong).

Pom pom girl dans son lycéen, cette dernière espèrait obtenir une bourse d’études pour intégrer une prestigieuse école de danse. Rien ne devait se mettre alors en travers de son chemin, mais c’était avant que le quaterback vedette de son école ne fasse éruption dans sa vie et chamboule tous ses projets.

La bande-annonce de Closer sur Prime Vidéo.

Fort d’un beau succès sur Prime Video — le film est resté sept semaines consécutives dans le Top 10 de la plateforme — il n’a pas fallu très longtemps avant que le géant du streaming ne commande la suite de Closer.

Mis en ligne le 5 février dernier, ce nouveau chapitre met de nouveau en scène les personnages de Drayton et de Dallas désormais en couple. Alors qu’ils doivent naviguer à travers leur amour naissant, les deux étudiants vont devoir affronter la distance, faire des compromis pour leur carrière mais aussi résister aux tentations extérieures.

Closer 3 en préparation ?

Closer 2 : l’un contre l’autre a donc permis aux fans et abonnés Prime Video de se replonger dans l’histoire d’amour Young Adult imaginée par Tay Marley dans le web-roman Wattpad, The QB Bad Boy and Me. Toutefois, les abonnés de la plateforme pourront-ils espérer un troisième volet des aventures de Drayton et Dallas ?

Si pour le moment Amazon Prime Video ne s’est pas prononcé — à l’instar de Tubi, plateforme américaine ayant diffusé outre-Atlantique la saga — le succès international de Closer pourrait rapidement justifier un nouveau long-métrage.

En tout cas, les acteurs de la saga, notamment Noah Beck, se sont dits enthousiastes à l’idée d’un troisième volet. « Si cette publication obtient 3 millions de likes, je me mettrai personnellement à genoux et supplierai Tubi de faire un troisième film #Sidelined. Aidez-nous à réaliser #Sidelined 3 ! Rejoignez-nous pour suivre le parcours de Noah Beck et bien plus encore ! » pouvait-on lire en légende de la vidéo postée par l’influenceur américain.

@noahbeck

if this gets 3 million likes i will personally get on my hands and knees and beg tubi to make a third #sidelined

♬ Zombie – YUNGBLUD

De son côté, Charlie Gillespie qui vient de rejoindre la franchise dans le rôle de Skyler espère également un troisième opus de Closer. Il confiait notamment à Entertainment Weekly son envie de travailler conjointement avec Noah Beck et de partager un duo avec Siena Agudong.

D’ici là, les abonnés de Prime Video pourront retrouver de nombreuses romances dédiées aux fictions Jeunes Adultes.

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Marsupilami : à quel âge voir le film de Philippe Lacheau ?

Après un passage remarqué au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, Marsupilami de Philippe Lacheau est désormais disponible dans les salles obscures françaises. En seulement quelques jours d’exploitation, le long-métrage sur la créature jaune et noire a déjà séduit 308 329 spectateurs (en comptant les avants-première). Un chiffre record qui le place dans le sillon d’une autre comédie française à succès : Un p’tit truc en plus d’Artus (2024).

À la fois drôle et familial, Marsupilami offre à Philippe Lacheau l’opportunité de se « réinventer ». Le réalisateur, tout en conservant sa fibre humoristique parfois graveleuse propre à la Bande à Fifi, offre, selon plusieurs critiques, un film avant tout fédérateur. En racontant à hauteur d’enfant cette nouvelle aventure, le cinéaste à qui l’on doit Babysitting (2013) et Alibi.com (2017) devrait toucher un plus large public et permettre ainsi aux plus jeunes de découvrir le long-métrage adapté de l’œuvre d’André Franquin.

Marsupilami.

Un film accessible aux enfants ?

C’est en tout cas ce que rapporte Parents. Selon le média, le long-métrage « peut être vu à partir de six ans, c’est d’ailleurs l’âge de Léo, le fils de David (Philippe Lacheau) dans le film ». Toutefois, un exploitant de cinéma interrogé dans ces mêmes colonnes tempère et précise : « le film est plutôt pour les enfants à partir de 10 ans. L’humour de Philippe Lacheau colle moins avec un public familial. Les blagues ne sont pas 100 % à destination des enfants. »

Magicmaman de son côté note que « le réalisateur et sa bande ont une vraie expertise dans les comédies accessibles à tous » en faisant référence aux précédents projets de la troupe comme Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2018). Le média illustre notamment son propos en pointant les nombreuses références à la pop culture des années 1980 et 1990 : « Le Marsupilami regorge de clins d’œil à E.T., Gremlins ou encore Jurassic Park. »

Bien que l’histoire soit « compréhensible pour les plus jeunes », Magicmaman précise que le film n’est vraiment accessible qu’aux enfants d’au moins six ans. Bien que ceux de quatre ans puissent apprécier les gags liés à la créature du Bébé Marsupilami, les subtilités humoristiques ainsi que l’action ne pourront être comprises que par un public plus âgé.

Un constat qui n’est pas de l’avis d’un journaliste belge de la RTBF, Hugues Dayez, qui via HuffPost questionne à quel public est destiné le film familial, compte tenu de « blagues sur le viagra et les cuvettes de WC ». « Je me demande vraiment si c’est un film à montrer aux enfants » a notamment ajouté le journaliste avant de dresser un portrait au vitriol du film de Philippe Lacheau.

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Cancer colère de Fleur Breteau : de l’impuissance au combat politique

« Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir ! » Ce cri, lancé depuis le balcon de l’Assemblée nationale, propulse Fleur Breteau comme l’un des visages de 2025. Un visage au crâne nu qui ne laisse aucun doute sur sa maladie. Six mois plus tard, une partie de la « loi Duplomb » a été censurée et Fleur Breteau sort son livre, Cancer colère, la santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion. Le récit du chemin qui a mené à ce cri d’indignation, et qui paraît le 6 février aux éditions du Seuil.

Comme beaucoup, le cancer lui est tombé dessus par surprise. Élevée en banlieue parisienne, Fleur Breteau a été attachée de presse, a fabriqué des vêtements et même travaillé dans un magasin de sextoys. Rien ne la prédestinait à vivre, en moins de quatre ans, deux cancers du sein. Un drame, comme celui de la mort de son ami Nicolas à 46 ans, foudroyé en deux ans par trois tumeurs. La bascule. « Je n’avais plus envie de rire », écrit Fleur Breteau. Si elle reconnaît avoir peur, un sentiment la submerge, viscéral : la colère.

La découverte du « monde de la métastase », comme le nomme Fleur Breteau, se fait dans les salles d’attente des hôpitaux. Des rencontres de malades, tous trop jeunes – des boulangers avec des lymphomes ou un enfant de 7 ans avec une tumeur. « Moi, quand j’étais en CM2, aucun enfant n’avait un cancer ou je rêve ? », s’interroge sa mère. Paroles de malades ou de proches que nous retranscrit Fleur Breteau. L’autrice mêle l’intime et le politique, les émotions et les données. Car ces rencontres permettent d’incarner les dizaines de chiffres sur le cancer et les pesticides.

Le récit, très documenté, veut éduquer : 2 300 enfants ont un cancer diagnostiqué chaque année, le cancer est la première cause de mortalité chez les enfants, les taux de cancer devraient augmenter de 77 % dans le monde d’ici 2050… Des faits qui font enrager la malade. « La colère coule avec les produits de chimio dans mes veines. »

Réunir les colères

La formule marche et on s’indigne avec elle. De cette sensation d’impuissance, Fleur Breteau veut faire quelque chose. « J’étais au contact de chiffres et d’enquêtes, la loi Duplomb s’est profilée et ça a été un détonateur pour moi. Politiser le cancer me semblait être une évidence », raconte-t-elle à nos confrères de France Inter, en septembre dernier dans La Terre au carré. Dans l’attente fiévreuse de ses traitements naissent deux mots, gribouillés au bord d’une feuille : « cancer colère », le nom de son futur collectif. 

Mais comment se battre dans le brouillard du cancer ? Fleur Breteau n’élude pas les errements de sa vie de malade, les oublis, la fatigue. « Ma colère tombe comme une pierre au fond de moi, je n’enquête plus. Mon corps ralentit sa marche, pris d’assaut par les médicaments. » Là aussi, la réponse est politique, et le collectif lui vient en aide. « Je me découvre des alliés partout. » Malgré le brouillard, Cancer colère devient un mouvement – des malades manifestent, font des banderoles, écrivent aux députés pour les alerter sur les conséquences de la loi Duplomb. « De la maladie à la colère et de la colère à la lutte », résume Fleur Breteau.

« J’admets que d’apprendre des choses horribles et réelles n’est pas déprimant. Je convertis ma peur en pensée, le brouillard en faits incontestables et en données. »

Fleur Breteau

Jusqu’au récit de ce fait d’actualité qui a marqué 2025 : l’adoption de la loi Duplomb (le 8 juillet à l’Assemblée nationale à 316 voix contre 223). Et ce cri dans l’hémicycle. « Regardez-moi ! » lance Fleur Breteau en montrant son crâne. « J’ai regardé autour de moi et je me suis dit, je suis la seule avec la tête du cancer : c’est à moi de parler », confie-t-elle à France Inter.

Cancer colère nous raconte ce moment médiatique de l’intérieur, celui où une malade a « expulsé la colère ». S’ensuit une pétition historique, plus de deux millions de signatures contre la loi Duplomb, et la censure d’une partie du texte. Le livre emprunte au manifeste. « Depuis le vote de la loi Duplomb, les choses ont changé, la société civile s’est mobilisée, des voix innombrables se sont élevées », raconte Fleur Breteau. Toujours en colère, mais aussi en lutte.



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Muriel Robin, Élodie Poux… Une seconde édition des Auguste de l’humour féminine

La première édition des Auguste de l’humour avait eu lieu en février 2025. Son objectif ? Faire « reconnaître l’humour comme une discipline artistique à part entière » en lui consacrant une cérémonie unique à l’image des César, des Victoires de la Musique ou bien des Molières.

Ainsi, les Auguste célèbrent la légèreté, la drôlerie de l’art vivant ainsi que du seul(e)-en-scène dans toute sa diversité et ses formats (scène, radio, web et réseaux sociaux…). Reconnue désormais comme un rendez-vous incontournable, la deuxième édition a eu lieu le lundi 2 février 2026, à Lille, présentée par Marianne James.

Si la première édition avait vu Manu Payet et Florence Foresti repartir avec un prix, cette année, le palmarès a largement fait la part belle aux femmes et aux comédiennes, tout en saluant la carrière de Muriel Robin.

L’actrice et humoriste de 70 ans, s’est, en effet, vue remettre un Auguste d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Présentée par les organisateurs comme « la première femme à s’imposer comme une star de la discipline », « pionnière du seule-en-scène mêlant humour et émotion » l’artiste récemment à l’affiche de La chambre des merveilles (2023) et La pire mère au monde, a estimé que ce prix était un « encouragement » pour continuer à faire rire, comme le rapporte Le Monde.

Quel est le palmarès des Auguste ?

Élodie Poux a remporté l’Auguste de l’Humoriste de l’Année tandis que Constance est repartie avec l’Auguste du Spectacle de l’Année pour InConstance. L’humoriste était également nommée dans la catégorie Autrice de Texte d’Humour, mais le prix est finalement allé à Marion Mezadorian saluée pour son seule-en-scène, Craquage. Étaient également nommés dans cette catégorie, David Castello-Lopes, Panayotis Pascot, et Guillermo Guiz.

Marine Leonardi, véritablement sensation des réseaux sociaux, qui à travers ses vidéos dynamite les diktats autour de la féminité et de la maternité a, quant à elle, remporté l’Auguste de Vidéos Web. Côté révélation, les comédiennes Ines et Mégan Brouillard ont remporté ex-aequo le prix de la Révélation Scène Francophone Étranger, tandis que l’Auguste de la Révélation Scène a été remis à Hugo Pêcheur.

La deuxième cérémonie des Auguste a donc mis en lumière principalement des humoristes féminines. Un beau symbole quand on sait que les nominations avaient été décriées au moment de leur annonce en décembre 2025. Plus de trente artistes, dont seulement huit femmes, étaient nommés dans huit catégories. Un constat rapidement commenté par les organisateurs qui avaient alors « regretté le manque de parité » tout en assumant la liste.

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Rental Family – Dans la vie des autres : Brendan Fraser impérial dans un film sensible et drôle

Et si les membres de votre famille étaient finalement des comédiens ? C’est ce que présente, d’une certaine manière, Mitsuyo Miyazaki dans Rental Family – Dans la vie des autres. Phillip (Brendan Fraser) est un acteur américain qui enchaîne les seconds rôles et les publicités pour dentifrice au Japon. Un jour, il est approché pour un contrat pour le moins insolite : jouer un proche de substitution pour de parfaits inconnus en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ».

Époux, journaliste, témoin d’un enterrement… L’acteur est capable de tout interpréter. Jusqu’au jour où il tombe sur Mia (Shannon Mahina Gorman). Dans l’espoir que celle-ci intègre une grande école, sa mère a fait appel aux services de Phillip pour passer l’entretien d’admission dans le rôle du père. Pour convaincre, ce dernier va devoir tisser un lien authentique avec la petite fille persuadée d’avoir en face d’elle son père biologique. Toutefois, la frontière entre la fiction et la réalité va rapidement se brouiller et une véritable relation va naître de cette rencontre inédite.

Rental Family – Dans la vie des autres.

Un film profond

Bien que la moralité de cette agence questionne, Rental Family suit avant tout le parcours d’un homme isolé, perdu dans l’immensité du Japon et parfois dépassé par ses traditions. Il en ressort un film sensible, doux et d’une profondeur saisissante. En s’appuyant sur la performance aussi subtile qu’impeccable de Brendan Fraser (oscarisé en 2022 pour The Whale de Darren Aronofsky), le long-métrage déploie plusieurs thématiques, comme le poids de la solitude, celui de la vérité, la famille ou le souvenir. Autant de sujets qui donnent du sens à une création résolument humaine.

À travers le regard de Phillip (et quel regard !) Mitsuyo Miyazaki dissèque les relations humaines dans ce qu’elles ont de plus réconfortant, mais aussi de plus terrible. Par touches et grâce à une mise en scène délicate – sublimée par les décors japonais –, la réalisatrice donne à voir un bijou cinématographique ; une véritable bulle d’humanité qui repose à la fois sur l’émotion et sur l’humour.

Rental Family – Dans la vie des autres.

Brendan Fraser, le grand

Car Rental Family ne manque pas de drôlerie. Appuyé par la musique et un point de départ plus qu’insolite, le long-métrage éblouit par sa légèreté, les sourires de ses personnages, mais aussi une ambiance parfois colorée. Loin du pathos que l’on redoutait, le film déploie une certaine magie et un optimisme sublimé par la performance renversante de Brendan Fraser.

Après The Whale – drame percutant sur la relation tourmentée d’un père avec sa fille (encore) –, l’acteur montre qu’il est avant tout un artiste sensible, doué d’une gamme de jeu aussi fine que bluffante. Si, chez Darren Aronofsky, l’émotivité excessive était de mise, Rental Family donne à voir un aspect plus majestueux du comédien. Loin des Looney Tunes passent à l’action (2003) ou de la saga La momie (1999), Brendan Fraser fait partie de ces comédiens d’une humilité incroyable, capables de se réinventer.

Cette réinvention est en partie possible grâce à l’aspect méta du long-métrage. Là où The Whale dévoilait une autre part de l’acting de Brendan Fraser, Rental Family lui permet de jouer sur cette notion « d’acteur au rabais », une étiquette qu’il a lui-même longtemps arborée à Hollywood. En prêtant ses traits à cet acteur à la dérive, il prend le contre-pied de sa propre trajectoire passée dans un film cultivant la notion de vérité, mais aussi de divertissement.

La bande-annonce de Rental Family – Dans la vie des autres.

Grâce à l’interprétation de son acteur principal, mais aussi à une multiplicité de thèmes profonds et sincères, Rental Family – Dans la vie des autres est une véritable surprise. Entre émotion et humour, sa réalisatrice, Mitsuyo Miyazaki, parvient à saisir la solitude d’un homme, la complexité des existences, ainsi que l’authenticité des relations humaines. En présentant ces divers portraits à travers les yeux de Phillip, la cinéaste offre un film bourré d’humanité, à découvrir le 4 février dans les salles obscures françaises.

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Nuremberg avec Russell Crowe propose une plongée surprenante dans le procès historique

Pour son deuxième long-métrage en tant que réalisateur, James Vanderbilt a choisi de filmer les coulisses du procès de Nuremberg. Pour cela, le scénariste américain, connu pour son travail sur les derniers films de la saga Scream, White House Down (2013) ou encore The Amazing Spider-Man (2012), a décidé d’adapter l’essai Le nazi et le psychiatre : à la recherche des origines du mal, publié par Jack El-Hai en 2014, retraçant la relation ambiguë entre Douglas Kelley, un psychologue de l’armée américaine, et le numéro 2 du parti nazi, Hermann Göring (incarné ici par Russell Crowe), au moment de son emprisonnement dans l’attente du procès de Nuremberg.

En proposant une analyse psychologique des principaux accusés de ce procès historique, mais aussi une plongée dans le droit international entourant sa mise en place en 1945 ou encore les questions liées à ses vertus juridiques, Nuremberg apparaît comme un film aussi déroutant que dense. En effet, il étonne par son point de vue – notamment vis-à-vis de l’analyse et de la préservation de la santé mentale des détenus –, tout en présentant une œuvre dialectique et pédagogique autour d’un des moments clés post-Seconde Guerre mondiale.

Les hommes derrière les monstres

En choisissant de suivre Douglas Kelley (Rami Malek), un psychiatre chargé par l’armée américaine d’éviter que les prisonniers de Nuremberg ne se suicident avant le procès, le long-métrage de James Vanderbilt nous plonge dans les coulisses inédites de l’affaire en filmant le duel de deux hommes persuadés de pouvoir s’apprivoiser. Il en ressort une relation ambivalente que James Vanderbilt montre parfaitement grâce à des effets de caméras bien sentis et une mise en scène parfois très inventive.

Rami Malek dans Nuremberg.

Outre son analyste, Douglas Kelley va ainsi rapidement devenir le confident de Göring, ainsi que son messager entre sa femme et sa fille. De ce fait, une relation trouble se dessine entre les deux personnages, quitte à présenter le militaire comme un être humain, loin du monstre qui a participé à la mise en place de la « solution finale ».

Pour cela, James Vanderbilt a fait appel à Russell Crowe, aussi effrayant que charismatique dans le rôle du dignitaire allemand. Si l’acteur oscarisé pour Gladiator (2000) avait déjà incarné des personnages troublants et dangereux – notamment dans Enragé (2020) –, il dévoile ici un jeu pervers et incarne un homme à l’ego surdimensionné, persuadé de pouvoir échapper à la justice ainsi qu’à la pendaison. Toutefois, le point de vue choisi par le réalisateur en fait, parfois, un personnage « sympathique » malgré des travers de véritable psychopathe. Nuremberg cherche alors à sonder l’homme derrière le ministre de l’Aviation du IIIe Reich, au risque de déstabiliser son spectateur.

Russell Crowe dans Nuremberg.

Cette démonstration nous pousse à nous interroger sur la réelle nature humaine ou sur les exactions les plus terribles dont est capable la race humaine. En nous mettant face aux pires crimes de guerre, Nuremberg questionne la responsabilité de l’humanité. Les camps de concentration, la solution finale, la guerre… ne sont finalement pas l’œuvre de monstres ou d’hommes dérangés, mais bien celle d’hommes, tout simplement. Ces derniers, humiliés après la Première Guerre mondiale, ont nourri l’idée d’une grandeur allemande et ont justifié un État totalitaire au moyen de propagande et de discours xénophobes.

Si on peut y voir un parallèle avec l’Amérique autoritaire de Donald Trump – ceci offrant encore une fois une grille de lecture intéressante au film –, Nuremberg impressionne également par sa pédagogie. Malgré certains écueils dus aux rouages d’une production hollywoodienne « classique », le long-métrage donne à voir les interrogations auxquelles une cour internationale doit répondre face à un événement aussi unique que le procès de Nuremberg.

La bande-annonce de Nuremberg.

Les hésitations des procureurs américains personnifiés par Michael Shannon, le rôle des Alliés, les notions de droit international mises en jeu… Nuremberg nous plonge dans le volet juridique du procès, les doutes et la préparation inhérente à un tel sujet. Bien que le film souffre de certains raccourcis scénaristiques et que l’on pourrait se questionner sur la légitimité d’une telle adaptation sur grand écran, le long-métrage aura le mérite, grâce à un casting convaincant et une mise en scène rythmée, d’expliquer les principaux enjeux de ce procès légendaire.

Tout en présentant une démonstration inédite, qui vise à disséquer la psyché d’une personne dans laquelle on n’oserait pas plonger, Nuremberg bouscule, dérange – les spectateurs découvriront également de vraies images des camps extraites du film documentaire Nazi Concentration Camps présenté par l’accusation américaine le 29 novembre 1945 –, mais impressionne aussi par son découpage et une démonstration surprenante mêlant la petite à la grande histoire, l’intime au juridique, dans une œuvre essentielle.

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Gourou : que vaut le film avec Pierre Niney ?

Dans l’introduction à sa Politique des acteurs, Luc Moullet distingue le comédien américain de son homologue français à travers le prisme de l’histoire dramatique. L’un est légataire d’une tradition théâtrale relativement récente, quand l’autre porte sur ses épaules le poids d’un héritage multiséculaire. Moullet attribue ainsi la gestuelle et les murmures amplifiés de l’acteur français du temps du muet à la nécessité de se faire bien entendre par un public tenu à distance de la scène, dispositif aboli par le cinéma tout juste sorti de l’œuf.

La performance outrée (overplaying) de Pierre Niney dans Gourou s’inscrit pourtant dans la longue lignée de bateleurs américains à la Elmer Gantry et Buffalo Bill, respectivement immortalisés à l’écran par Burt Lancaster (Elmer Gantry, le charlatan de Richard Brooks) et, entre autres, par Paul Newman (Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman), et plus récemment par John C. Reilly (Pile ou face d’Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis). 

Gourou.

Le chant du gourou

Après avoir joué le vengeur masqué dans l’énorme Comte de Monte-Cristo (2024) d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, notre infatigable performer épouse à nouveau l’identité de Matthieu Levasseur, « mascotte » de Yann Gozlan. D’usurpateur inquiet dans L’homme idéal à justicier fébrile (déjà !) dans Boîte noire, le voici rhabillé en coach en développement personnel. Un leader charismatique, mais pas foncièrement convaincant sous les traits du frêle Niney. Un prédicateur agnostique qui promet à ses ouailles de reprendre leur vie en main par la seule force de la volonté dans des séminaires réglés au cordeau. Oreillette, sourire « blanc lavabo », rhétorique ciselée… Levasseur déploie tous les artifices de mise en scène rodés par ces gourous qui essaiment en France et aux États-Unis. Gozlan s’inspire d’ailleurs d’un cador de la profession (de foi), Anthony Robbins, chantre de la marche sur le feu pour vaincre sa peur, à qui Netflix a consacré un fascinant documentaire, I Am not your Guru, en 2016.

Chez Gozlan, le rôle du phénix (alias Peter Conrad) est incarné par un acteur américain, Holt McCallany, croisé par deux fois chez David Fincher (dans Fight Club et Mindhunter) – auquel on peut comparer le réalisateur dans ses meilleurs moments.

Les gesticulations fiévreuses de « coach Matt » font évidemment la paire avec les prêches survitaminés du gourou masculiniste joué par Tom Cruise dans Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson. Au grand dam de Yann Gozlan, martelant n’avoir jamais eu l’intention de s’aventurer sur le même terrain. Niney, d’ailleurs initiateur du projet, se revendique plutôt de Leonardo DiCaprio en trader hâbleur dans Le loup de Wall Street (2013) et de Paul Dano, prédicateur halluciné de There Will Be Blood (2007). « J’emprunte aux gens que j’admire », proférait-il déjà dans Un homme idéal (2015).

Gourou.

Prêchi-prêcha

Pris à la gorge par la justice, le coach en surrégime se noie dans son babillage d’entrepreneur de bonheur. L’armure se fissure lorsqu’éclate une guerre fratricide (dont on ne divulguera pas l’argument). La pression ressentie explose les potards jusqu’au point de rupture. Gozlan abandonne son matamore d’évangéliste au complotisme, point de non-retour de ce thriller parano malheureusement brouillon dans son dernier virage.

La bande-annonce de Gourou.

Aux encablures de la farce goguenarde, Gourou est partie prenante d’un siècle nécrosé par l’optimisation, cheville ouvrière du néolibéralisme. « Offrir la meilleure version de soi-même » : la marotte des géants de la tech taraude des cinéastes de tous horizons ces derniers temps, qu’on pense à The Substance (2024) de Coralie Fargeat ou au plus discret Shell (2024) de Max Minghella. Yann Gozlan mène rondement sa barque dans ces eaux troubles, sans trop savoir quel cap maintenir. Brillant exercice de style, Gourou souffre peut-être de courir plusieurs lièvres à la fois. « Don’t fuck with my show ! », avertit Peter Conrad dans les coulisses de son seul en scène. Pierre Niney assure le spectacle de bout en bout, parfois en pure perte.



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Les stand-up et spectacles d’humour à voir en hiver

(1) Thomas Marty : nouveau spectacle, de Thomas Marty

Thomas Marty confirme sa singularité dans le paysage de la comédie française avec son seul-en-scène détonnant, sobrement nommé Nouveau spectacle faisant suite à un premier show couronné de succès. Star des réseaux sociaux aux millions de vues, l’humoriste parle de sa vie, de son évolution, de son humeur et de son état d’esprit changeant avec les années, gagnant en maturité mais aussi en perspicacité.

Un spectacle authentique et drôle, à voir à Paris au Théâtre de la Gaîté Montparnasse et en tournée dans toute la France.

Thomas Marty : nouveau spectacle de Thomas Marty, au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris, du 8 janvier au 26 juin 2026 puis en tournée à travers la France.

(2) Fille de joie, de Thaïs

Nouvelle prolongation pour le seule-en-scène sans tabou de Thaïs. Au Théâtre du Gymnase de janvier à mars 2026, Fille de joie permet à l’humoriste d’imaginer un repas de famille totalement chaotique, évoquant avec humour et cynisme de nombreux thèmes d’actualité, avec une énergie débordante et une grande liberté de ton, faisant la force de son écriture.

Phobie sociale, célibat, véganisme, allergies, secrets de famille, trahisons, surprises… Fille de joie est un spectacle introspectif hilarant.

Fille de joie de Thaïs, au Théâtre du Gymnase, à Paris du 2 janvier au 28 mars 2026.

(3) Sexe, Grog et Rocking Chair, d’Alex Lutz

Troisième spectacle d’Alex Lutz, Sexe, Grog et Rocking Chair est de retour de janvier à avril 2026 au Cirque d’Hiver à Paris. Entre son travail de comédien et de réalisateur, Alex Lutz retrouve la scène et aborde avec humour et authenticité les thèmes phares de l’époque, le passage du temps, les évolutions techniques et technologiques ainsi que les différentes tendances du moment.

Un seul-en-scène cathartique qui ne cache pas son ambition et sa richesse, jouant avec les styles, les tons et les genres, du drame intense à la comédie sincère.

Sexe, Grog et Rocking Chair d’Alex Lutz, au Cirque d’Hiver de Paris, du 5 janvier au 26 avril 2026 puis en tournée en France en 2026.

(4) La promesse d’un soir, d’Alison Wheeler

Phénomène incontournable des plateaux TV, Alison Wheeler poursuit également avec succès sa carrière d’actrice et celle, plus récente, d’humoriste sur les planches. Son spectacle, intitulé La promesse d’un soir est joué quatre soirs seulement au Grand Rex de Paris en janvier 2026. Ce seul-en-scène inventif et audacieux permet à l’humoriste de revenir sur son quotidien de trentenaire désabusée et naïve, confrontée à la mélancolie et à la désillusion.

La promesse d’un soir est le premier seule-en-scène d’Alison Wheeler et augure d’un nouveau genre à succès pour l’artiste touche-à-tout.

La promesse d’un soir d’Alison Wheeler, au Grand Rex de Paris les 6, 7, 8 et 9 janvier 2026.

(5) Tom Boudet vous dit quoi, de Tom Boudet

Stand-up personnel et parlant à toute une génération, Tom Boudet vous dit quoi est un spectacle dans lequel l’humoriste incarne plusieurs personnages afin de traiter de la vingtaine, d’évoquer son enfance, ses doutes, ses craintes et ses vérités. En s’adonnant à ce récit introspectif, il crée un lien avec le public et touche les autres grâce à son humour et sa spontanéité.

Tom Boudet vous dit quoi est à découvrir de janvier à juin 2026 au Point Virgule à Paris puis en tournée dans toute la France.

Tom Boudet vous dit quoi, de Tom Boudet, au Point-Virgule, à Paris, du 5 janvier au 29 juin 2026, et en tournée en France du 21 janvier au 29 mai 2026.

(6) Bombus Terrestris V2, de Rémi Boyes

Après un premier spectacle joué à guichets fermés en tournée, Rémi Boyes est de retour au Point-Virgule à Paris, lieu dans lequel il a donné pendant plus d’un an et demi son précédent show.

Avec Bombus Terrestris V2, il parle de la trentaine, de la nature, des autres, de lui-même et livre un stand-up décapant, au ton décalé, marqué par son écriture incisive et sa bonne humeur communicative.

Bombus Terrestris V2 de Rémi Boyes, au Point-Virgule à Paris, du 31 décembre 2025 au 2 mai 2026.

(7) Mahé s’installe, de Mahé

Entre sketchs, improvisations et stand-up, Mahé propose un spectacle inventif et drôle dans Mahé s’installe et raconte son parcours semé d’embuches et les obstacles rencontrés dans sa vie, avec une dose importante d’auto-dérision et d’humour. Nouvelle voix importante de la comédie et de l’humour, Mahé est à voir de janvier à avril au Point Virgule, à Paris, puis à L’Européen en juin, mais aussi en tournée dans toute la France de janvier à mai 2026.

Son spectacle promet une dose importante de bonne humeur et de rire, en parlant de situations connues ou rencontrées par tous et toutes.

Mahé s’installe de Mahé, au Point Virgule, à Paris, du 18 janvier au 26 avril 2026, à L’Européen les 3 et 4 juin 2026, et en tournée en France du 17 janvier au 29 mai 2026.

(8) 60 minutes avec Kheiron: Dragon, de Kheiron

De janvier à mars 2026, Kheiron poursuit son seul-en-scène à l’Apollo Théâtre de Paris. Tout en gardant sa liberté de ton et son imprévisibilité, Kheiron décrit la scène comme étant un repaire sacré ; un lieu qui permet de rire de tout et d’aborder tous les sujets.

Dans 60 minutes avec Kheiron: Dragon, tout peut arriver et le public ne sait jamais à quel moment il sera impliqué par l’humoriste dans son seul-en-scène !

60 minutes avec Kheiron: Dragon de Kheiron, au Apollo Théâtre de Paris, du 3 janvier au 28 mars 2026.

(9) Chantal Ladesou : le retour, de Chantal Ladesou

L’actrice et humoriste Chantal Ladesou revient déjà avec un spectacle inédit intitulé Chantal Ladesou : le retour, en tournée pour quelques dates à travers la France à partir de janvier 2026. Mélange de stand-up, de seule-en-scène et de pièce de théâtre, elle offre une expérience marquée par son caractère, par son tempérament, son franc parlé et sa liberté artistique. À son image, Chantal Ladesou : le retour est un show aussi drôle qu’incisif.

Chantal Ladesou : le retour de Chantal Ladesou, en tournée à travers la France, du 17 janvier au 22 mai 2026.

(10) L’harmonie des genres, de Noémie De Lattre

Dans L’harmonie des genres, Noémie De Lattre traite de la masculinité à l’époque #MeToo et du rapport entre les hommes et les femmes. En prenant comme thème un sujet difficile, l’humoriste aborde tout : la question du couple, de la sexualité, de la représentation des genres, ou encore de la différence entre la sphère publique et la sphère privée.

Entre sketchs et moments musicaux, l’humoriste arrive à dire beaucoup de choses sur la période sans jamais oublier son envie de faire rire. Après un succès éclatant en 2025, Noémie De Lattre revient au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris, de janvier à avril 2026.

L’harmonie des genres de Noémie De Lattre, au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris, du 2 janvier au 10 avril 2026.

(11) Y’a de la joie !, de Michaël Hirsch

Après Pourquoi ?, Je pionce donc je suis et Le montespan, Michaël Hirsch présente Y’a de la joie ! au Théâtre de l’Œuvre à Paris dans lequel l’artiste nous dévoile sa quête du bonheur. À la fois drôle, touchant et sensible, Y’a de la joie ! revient sur son parcours fait de rencontres étonnantes et de recherches afin de découvrir la joie de vivre.

Présenté à Paris depuis le 20 janvier 2026 et ce jusqu’au 31 mars prochain, Y’a de la joie ! nous invite au-delà des clichés d’Instagram et du développement personnel.

Y’a de la joie ! de Michaël Hirsch, au Théâtre de l’Œuvre à Paris, du 20 janvier au 31 mars 2026, et le 16 mai 2026 à la Salle Polyvalente de Biarrotte.

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Dreams avec Jessica Chastain : cauchemar en Amérique

Après avoir filmé les retrouvailles de Sylvia et Saul dans Memory (2023), le cinéaste Michel Franco renoue avec l’oscarisée Jessica Chastain (La couleur des sentiments, Interstellar, The Tree of Life…) pour Dreams. Dans ce nouveau film, le réalisateur mexicain dévoile la liaison tourmentée entre Jennifer, une Américaine mondaine et philanthrope, et Fernando, son amant, un danseur étoile mexicain rencontré par le biais de sa fondation.

Secrète, mais terriblement passionnelle, cette relation va être bouleversée quand le jeune artiste incarné par Isaac Hernández décide de quitter illégalement le Mexique afin de rejoindre sa compagne aux États-Unis. En traversant la frontière, le danseur espère trouver la sécurité, le réconfort et, par-dessus tout, l’amour. Mais, rapidement, Fernando va se heurter à la froideur de Jennifer, soucieuse de garder sa relation secrète et de ne rien sacrifier de la vie qu’elle s’est construite.

Jessica Chastain dans Dreams.

La Belle et le Clochard ?

C’est le point de départ du nouveau long-métrage de Michel Franco (Nouvel ordre, Sundown…) dans lequel le réalisateur montre, presque de façon anthropologique, la collision de deux mondes. Deux existences qui fusionnent de façon électrique et sensuelle dans l’intimité, mais qui se révèlent désastreuses aux yeux du monde. Car la société tout entière fait peser son poids et ses diktats sur cette « Belle » et ce « Clochard » des temps modernes.

Différentes classes sociales, différentes origines, différentes langues… Si tout nous laisse croire que la romance pourra échapper aux obstacles de la société, l’ère trumpienne, les rafles de l’ICE (la police de l’immigration américaine) et les illusions perdues de Jennifer vont précipiter la séparation du couple, jusqu’à l’irréparable.

En filmant ce duo volcanique, Michel Franco donne non seulement à voir en filigrane l’Amérique dans ce qu’elle a de plus raciste et de malsain, mais il dynamite surtout la figure des amants en exposant les vices, les tromperies ainsi que les mécanismes de domination de ses personnages.

Le cinéaste dessine ainsi les contours d’une relation toxique et filme, par la même occasion, l’écroulement du rêve américain de Fernando. Toutefois, Michel Franco bâtit cette démonstration par petites touches. Grâce une mise en scène presque minimaliste, des dialogues précis, des jeux de regards, le réalisateur construit son film lentement, jouant sans arrêt avec les impressions des spectateurs.

Dreams.

Point d’orgue de cette évolution : le climax final dans lequel Michel Franco déjoue toutes nos attentes sur la violence du couple. Dans sa dernière partie, le film prend même des airs de huis clos malaisant, voire de long-métrage de vengeance brutal et malsain qui renverse les dynamiques de pouvoir.

L’importance des corps

Et au milieu, la danse. Les séquences de spectacle et de répétition apparaissent comme de vraies respirations dans un film étouffant de bout en bout de par sa démonstration et les thèmes qu’il aborde. Grâce à ces séquences, le réalisateur donne à voir la beauté des corps et du mouvement. Même chose dans les scènes d’intimité entre Jennifer et Fernando. Leurs interprètes n’hésitent pas à se mettre à nu alors que le réalisateur filme avec sensualité et naturalisme leurs ébats ; peut-être seuls véritables moments où Fernando et Jennifer ne font qu’un.

Toutefois, la beauté de leurs corps ne pourra jamais faire oublier la violence du film. En offrant une vision duelle de ses personnages, avec en filigrane la brutalité contemporaine de l’Amérique, Michel Franco donne à voir un long-métrage complexe et dense – mais jamais incompréhensible –, à la fois politique et intime. Jessica Chastain y délivre une prestation aussi subtile qu’habitée. Face à elle, la révélation : Isaac Hernandez est terriblement fascinant.

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