Portée par l’héritage d’une œuvre devenue culte, The Testamentsprolonge l’univers de La servante écarlate. Adaptée du roman publié en 2019 par Margaret Atwood et diffusée à partir du 8 avril sur Disney+, cette nouvelle série développée par Bruce Miller poursuit le récit original, quelques mois après la conclusion de l’adaptation télévisée.
Quand se situe l’histoire ?
The Testaments constitue une suite et se situe environ 15 ans après les événements initiaux. Ce saut permet d’intégrer les conséquences de la fin de la série originale, sans en reprendre tous les personnages.
Malgré les avancées obtenues à la fin de La servante écarlate – notamment l’affaiblissement du pouvoir central et la libération de certaines zones –, Gilead n’a pas disparu et continue d’exister, tout en révélant désormais ses tensions et ses fragilités. Cette continuité s’inscrit dans une logique déjà amorcée par le show précédent, qui avait dépassé le cadre du roman de 1985.
The Testaments
Cette nouvelle oeuvre abandonne June, protagoniste du premier récit, et déplace le centre de gravité vers une nouvelle génération. Le récit s’articule autour de jeunes femmes ayant grandi dans, ou à l’extérieur de Gilead, notamment Agnes, élevée au sein du régime et Daisy, qui vit au Canada. Leurs trajectoires, en apparence opposées, finissent par se rejoindre et dessinent un récit d’apprentissage.
Ce qui reste, ce qui change
Le lien le plus direct entre les deux séries repose sur le retour de Tante Lydia, déjà présente dans l’œuvre originale en tant que figure d’autorité chargée d’endoctriner et de surveiller les Servantes. Plus stratégique et plus ambivalente, elle agit au cœur du pouvoir tout en laissant entrevoir une forme de repositionnement.
The Testaments
En revanche, la narration évolue avec le passage d’un point de vue unique – celui de June dans La servante écarlate – à une structure chorale. The Testaments croise plusieurs trajectoires et offre ainsi une vision élargie du fonctionnement de Gilead, prolongeant les conséquences politiques et sociales laissées en suspens par la fin de la première série.
Si vous pensiez que The Handmaid’s Tale s’achevait par la chute du régime patriarcal brutal de Gilead, The Testaments est là pour rappeler que ce n’est absolument pas le cas. La saison 6 de la série culte proposait une note d’espoir, avec la libération de Boston par les rebelles, mais le pays n’était pas pour autant délivré. The Testaments se présente comme une suite qui s’intéresse aux adolescentes ayant grandi à Gilead. Ce n’était pas le cas des servantes de The Handmaid’s Tale, qui étaient des femmes libres et fertiles réduites à l’esclavage sexuel par un gouvernement misogyne et obsédé par son taux de fertilité.
Retour à Gilead
La gestation de The Testaments témoigne de la circulation créative entre les romans et les séries de cet univers dystopique : la première saison de The Handmaid’s Tale, créée par Bruce Miller en 2017, était adaptée du roman initial éponyme de Margaret Atwood, publié en 1985.
The Testaments.
Puis, la série a vogué de ses propres ailes pour les saisons suivantes, devenant un véritable phénomène culturel et accompagnant les mouvements #MeToo et les deux mandats présidentiels de Donald Trump aux États-Unis. Toute cette effervescence culturelle et politique a inspiré en retour Margaret Atwood, qui a écrit en 2019 The Testaments, alors que The Handmaid’s Tale était en cours de diffusion.
Dans le roman, qui prend en compte les développements de la série, l’histoire prend place 15 ans après la fin de cette dernière. Dans la série, cet écart est réduit à cinq ans. Bienvenue dans la prestigieuse et très stricte école de Tante Lydia (Ann Dowd), destinée à former les futures épouses des Commanders.
The Testaments.
Cette production chorale, chapeautée par Bruce Miller, suit en particulier les destins croisés d’Agnes MacKenzie (Chase Infiniti), une adolescente pieuse qui n’a connu que Gilead, et Daisy (Lucy Halliday), une « Pearl Girl », surnom donné aux jeunes étrangères qui subissent une « rééducation » au sein du régime théocratique.
De prime abord, on ne peut s’empêcher de se demander : a-t-on vraiment envie de retourner à Gilead ? Est-ce que tout n’a pas déjà été dit sur ce terrifiant régime durant les six saisons, inégales et éprouvantes, de The Handmaid’s Tale ?
Un changement de point de vue
Le principal intérêt de cette nouvelle œuvre, composée de dix épisodes pour sa première saison (trois épisodes initiaux diffusés le 8 avril sur Disney+, puis un rythme d’un épisode par semaine), réside dans son changement de point de vue.
The Testaments.
En effet, The Testaments adopte trois perspectives différentes, incarnées par des voix off : Agnes, une adolescente de Gilead (ses origines plus complexes sont révélées au cours de la saison) ; Daisy, une jeune femme ayant grandi à Toronto avant qu’un drame ne la laisse sans ressources ; et Tante Lydia, qui gère désormais l’école préparatoire des futures épouses de Gilead, surnommées les « Green », en référence à la couleur verte de leurs robes.
D’un côté, cette perspective inédite permet de s’intéresser à la première génération féminine endoctrinée à Gilead depuis l’enfance. De l’autre, contrairement aux servantes, la série se concentre sur le destin de jeunes filles de bonne famille, plus ou moins comparable à celui des jeunes femmes bourgeoises du XIXe siècle en Occident.
The Testaments.
La présence de Daisy, personnage considéré comme d’un rang inférieur, car étranger, et d’un casting de personnages aux origines diverses (comme Agnes ou Tante Vidala, le bras droit de Lydia, incarnée par Mabel Li) viennent contrebalancer ce focus sur les élites de Gilead. Mais, comme pour la série mère, cela implique de digérer une forte dissonance. Cet univers centré sur les violences patriarcales reste aveugle à l’un de ses corollaires terriblement d’actualité : le suprémacisme blanc.
Or, ces jeunes femmes sont élevées pour devenir l’équivalent des femmes blanches des maris esclavagistes du XVIIIe siècle. On leur apprend à (mal)traiter leur personnel : les Martha (des domestiques chargées du ménage et de la cuisine dans les familles des Commanders) et sans doute bientôt les Handmaids (elles existent encore et sont mentionnées dans la série).
Virgin Suicides à Gilead
Ceci étant dit, The Testaments possède des atouts, à commencer par son excellent casting de nouveaux visages : les actrices Lucy Halliday et Chase Infiniti portent solidement une grande partie de cette production sur leurs épaules, aux côtés de Rowan Blanchard et Mattea Conforti, qui sortent du lot des « Prunes » dans les rôles de Shunammite et Becka, respectivement la mean girl version Gilead et la BFF d’Agnes, qui nourrit des sentiments romantiques à son égard.
The Testaments.
Le casting de jeunes femmes est secondé par ceui des adultes, dont la toujours parfaite Ann Dowd dans le rôle de la crispante Tante Lydia. Le personnage, déjà bien exploré dans The Handmaid’s Tale, gagne en capital sympathie dans The Testaments. Elle apparaît moins illuminée que dans la série mère, moins sadique et de plus en plus consciente des failles du système auquel elle croit encore, ou peut-être déjà plus… De nouveaux flashbacks reviennent sur la fondation de Gilead et sur comment elle en est venue, par désir de survie, à devenir une figure éducative proéminente du régime autoritaire.
The Testaments.
La réalisation soignée et l’esthétique symétrique de The Testaments s’inscrivent dans la continuité de celles de The Handmaid’s Tale. Ses tons doux et sa photographie ouatée créent une ambiance vaporeuse et adolescente façon Virgin Suicides, mais aussi volontairement surannée. Comme dans le film iconique de Sofia Coppola, The Testaments a opté pour des choix musicaux décalés sur certaines scènes de transition clippesques (l’un des ADN de la série mère). Des sons rock alternatifs de groupes comme les Cranberries ou Alt-J viennent souligner la rébellion interne de ces jeunes femmes empêchées d’être des adolescentes et éduquées comme dans les années 1950.
The Testaments.
L’établissement de Lydia, où les futures épouses apprennent la broderie ou comment servir le thé, fait écho aux écoles d’arts ménagers, qui ont existé de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1980. On y apprenait aux femmes à devenir de parfaites épouses et fées du logis, aux ordres de leur mari. Le régime dystopique de Gilead n’a rien inventé.
La religiosité et le tabou sur leur sexualité – quelle contradiction, alors qu’on attend d’elles qu’elles fassent des enfants ! – dans lesquels ces jeunes femmes sont éduquées résonnent aussi fortement avec le puritanisme américain qui effectue un come-back terrifiant depuis l’arrivée au pouvoir de Trump.
Un passage à l’âge adulte contrarié
Dans un régime qui essentialise les femmes, leur apprentissage apparaît comme une diversion en attendant le plus important : l’arrivée de leurs premières règles. Une serviette hygiénique blanche, du sang rouge. Des discussions à la fois inquiètes et excitées. De mémoire de sériephile, jamais un teen drama, genre pourtant centré sur l’adolescence, n’a filmé les règles féminines de façon aussi simple et réaliste.
The Testaments.
À Gilead, la première ménorrhée est accueillie par des cris de joie et un rituel bien précis. C’est le moment où les « Prunes », référence à la couleur de leurs tenues (que l’on peut aussi interpréter comme un clin d’œil au mouvement féministe et sa couleur violette) deviennent « éligibles » et peuvent revêtir une tenue verte dans l’optique de trouver un mari.
Nous voilà alors plongés dans un Bridgerton version dark : Agnes et les autres vont vivre leur premier bal, avec des partenaires de danse qui ont l’âge d’être leur père. Mais on leur dit que tout est normal et qu’elles doivent sourire.
The Testaments.
Malgré toutes les contraintes et humiliations que subissent ces jeunes femmes, leur infantilisation et leur éducation à l’effacement et au sacrifice, Daisy, Becka, Huldah et les autres restent des adolescentes, en proie à leurs premiers émois – Agnes en pince pour un garde, tandis que Becka a du mal à cacher son attirance pour Agnes –, à des accès de rage, à des amitiés intenses et à des désirs de rébellion plus fort encore que si elles avaient été élevées dans une démocratie.
À Gilead, elles apprennent à arborer un double visage. Mais, derrière les sourires et la bienséance, elles parviennent à se créer un langage adolescent et des codes qui n’appartiennent qu’à elle. C’est là que se niche toute la beauté de cette série, plus solaire que son aînée. Malgré l’environnement hostile, elle réserve en effet quelques séquences teintées d’humour.
The Testaments.
Faire preuve de sororité à Gilead, c’est déjà se révolter au cœur d’un régime qui divise les femmes pour mieux les dominer. Et s’il y a bien une chose que toutes les femmes ont en commun, c’est les violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent au cours de leur vie. Dans une intrigue qui prend une place de plus en plus importante au fil de la saison, la série aborde les violences sexuelles subies par les adolescentes et la façon dont Gilead y fait face.
Le syndrome The Handmaid’s Tale
Si l’univers tient la route et que l’on s’attache au fil de la saison au groupe d’adolescentes, on sent tout de même poindre certaines limites à The Testaments. Le personnage de Daisy semble une version rajeunie de June et le jeune garde Garth (Brad Alexander), dont s’éprend Agnes, fait quant à lui écho à Nick dans l’écriture de son personnage.
The Testaments.
Le risque de redite avec The Handmaid’s Tale réside aussi dans le fait que les personnages des deux séries possèdent le même but : faire tomber le régime de Gilead. Dès lors, on retrouve dans The Testaments des dilemmes (se sauver de Gilead sans ses proches ou rester se battre de l’intérieur ?) déjà explorés dans la série mère et des rebondissements potentiellement prévisibles, qui en deviennent agaçants.
Il aurait été plus intéressant de commencer cette nouvelle production juste après la chute de Gilead, pour explorer les inévitables résidus que laisse un régime comme celui-ci dans les esprits et les difficultés à recréer une démocratie, à abandonner tout un endoctrinement.
Le show nous réserve peut-être des surprises dans sa très probable deuxième saison : Disney+ n’a pas encore confirmé officiellement son renouvellement, mais l’équipe de production y travaille déjà. En tout cas, The Testaments devra prendre des risques pour ne pas tomber dans les mêmes impasses et incohérences que sa grande sœur. Mais l’espoir est permis, car, comme nous le dit Agnes en voix off : « Il n’existe rien de plus puissant qu’une adolescente. »
Elle fait partie de ces séries que les gens adorent détester et pourtant, à l’annonce de sa création, la hype était sincère et dénuée de malveillance. Car, pour mémoire, XO, Kitty est avant tout le spin-off de la saga à succès À tous les garçons que j’ai aimés, trilogie portée par Lana Condor et Noah Centineo.
Si les trois films n’ont pas marqué l’histoire du long-métrage d’une pierre blanche, ils ont le mérite d’avoir fait émerger leurs têtes d’affiche, en plus d’avoir proposé un divertissement sympathique, voire attendrissant, qui vieillit bien mieux que, au hasard, The Kissing Booth, autre trilogie romantique du même acabit avec Joey King et Jacob Elordi. Pourtant, XO, Kitty ne jouit pas du même engouement. Et c’est peut-être, notamment, à cause de la solide réputation du matériau d’origine dont elle s’inspire.
Un produit dérivé pour l’algorithme ?
Mais, avant tout, peut-être vous faut-il une piqûre de rappel : dans À tous les garçons que j’ai aimés, Lara Jean doit composer avec le fait que son espiègle petite sœur Kitty s’est amusée à envoyer toutes les lettres d’amour qu’elle avait écrites à chacun de ses crushs au gré des années. Un mal pour un bien, puisque ce petit coup monté permet à Lara de finir avec Peter, qu’elle a toujours plus ou moins secrètement aimé.
À tous les garçons que j’ai aimés.
Dans l’un des films, les deux sœurs partent en famille en Corée du Sud, leur pays d’origine. Bien qu’elle ne soit encore qu’une enfant, Kitty rencontre un certain Dae, qui deviendra son premier amour à distance. C’est sans doute là que la firme de Los Gatos a senti le bon filon pour lancer un spin-off.
Pourquoi ne pas proposer tout un programme dédié aux amourettes de la cadette, à présent que Lara Jean est heureuse et rangée ? Sort donc XO, Kitty, qui suit l’adolescente fraîchement admise dans un lycée international à Séoul, pour retrouver son petit ami, mais aussi enquêter sur les origines de sa mère – enfin, pas particulièrement, mais ça, nous y reviendrons.
XO, Kitty.
On pourrait alors croire qu’avec cette nouvelle histoire, non pas outre-Atlantique, mais prenant place dans la capitale sud-coréenne, XO, Kitty serait une série forte avec sa propre identité, sans pour autant oublier quelques clins d’œil ici et là aux films à qui elle doit son existence. Hélas, le spin-off a un souci plus profond : il semble incapable de totalement se détacher d’À tous les garçons que j’ai aimés, au mieux.
Au pire, il souffre de la comparaison. À commencer par sa colonne vertébrale, son pivot : Kitty elle-même. Autant, dans les films, elle joue un second rôle plutôt attachant, intelligent, bien que très intrusif, autant son écriture n’a jamais été assez musclée pour en faire le personnage principal d’un programme tout à sa gloire.
XO, Kitty.
Elle manque clairement de profondeur, ce qui peut, hélas, parfois la faire passer pour superficielle ou irritante. Car, au fond, on ne sait que peu de choses d’elle, de ses goûts, de ses aspirations. Elle ne semble exister que par ses relations, amicales ou amoureuses, qu’elle vit directement ou par procuration – après tout, elle se surnomme elle-même « la matchmaker », capable de créer n’importe quel couple malgré les tensions.
Lara Jean, elle, avait une personnalité bien affirmée, et le spectateur pouvait décrire aisément ses goûts, son univers et son caractère sans pour autant la rattacher aux garçons à qui elle avait justement écrit après un coup de cœur.
Un scénario qui fait défaut
Mais Kitty n’est pas la seule à manquer d’épaisseur ou de subtilité. Tous les personnages n’existent que de manière ultrastéréotypée : le garçon populaire et hautain, le professeur exigeant, mais au grand cœur, l’ami gay et de bon conseil (un poncif à la fois positif et regrettable). Petit twist toutefois : la « rivale » cool et froide devient un « queer awakening », permettant au personnage de Kitty d’explorer sa possible bisexualité.
XO, Kitty.
Enfin, ça, c’est en théorie, car beaucoup, notamment sur TikTok ou Reddit, l’affirment : le fan service l’a emporté. Le grand public ayant une large préférence pour le personnage de Min Ho (ledit garçon populaire et hautain cité plus haut), les scénaristes ont peut-être trop rapidement avorté la relation saphique pour créer un rapprochement entre lui et Kitty, très brusque et peu crédible. La production semble bien consciente de ses lacunes côté écriture et n’hésite pas à jouer la carte de la nostalgie sur les fans de la première heure autant que possible pour rattacher les wagons.
XO, Kitty.
Dans la saison 2, Noah Centineo, bien que désormais un peu trop vieux pour jouer un étudiant, passe une tête afin de « valider » le nouveau crush de Kitty. Dans la troisième, c’est Lana Condor qui retrouve sa petite sœur. Mais pas sûr que cela suffise. À l’inverse, cela peut même renforcer l’aspect « produit dérivé » peu authentique, en plus de mettre le doigt sur les failles d’un univers qui marchait très bien en films, mais un peu moins en épisodes courts étalés sur plusieurs saisons.
La Corée comme fantasme consommable
Ce sentiment d’avoir un produit purement commercial est aussi très lié à la façon dont Netflix montre une Corée du Sud de carte postale, surtout à une époque où le soft power coréen – avec ses programmes, sa skincare glowy ou sa musique – a plus que jamais le vent en poupe. Regrettable, car, à travers son enquête sur sa mère, Kitty aurait pu permettre à nombre d’Américains d’origine asiatique d’interroger leur place parfois complexe dans la société, ainsi que la crise identitaire qui est souvent liée.
XO, Kitty.
Mais non. Ici, il ne s’agit que d’un prétexte purement scénaristique et paresseux qui durera le temps d’une saison – avec une résolution tout aussi décevante. La lycéenne ne se demande pas plus que ça quelle est sa place dans la diaspora et ne fait pas non plus beaucoup d’efforts pour apprendre le coréen.
Le vrai but du show étant, selon ses détracteurs, de jouir de la popularité du pays : ainsi, de la k-pop passe à chaque épisode ou presque, de manière un peu aléatoire. Les scènes ont lieu dans des lieux iconiques, insta-friendly, mais pas toujours très réels. Comme si Kitty avait rejoint une Corée du Sud fantasmée. Cela se relève notamment à travers l’utilisation de couleurs très pastel et clichées que même les k-dramas les plus candides préfèrent aujourd’hui volontairement éviter.
XO, Kitty.
Tout ceci étant dit, la troisième saison, qui sera diffusée le 2 avril sur Netflix, prouve que le public reste paradoxalement fidèle au rendez-vous. Les raisons sont plurielles. Les épisodes sont courts, donc ultrafaciles à binge(ou hate)watcher. L’ambiance, elle, est feel good et familiale : ici, pas d’énigmes, de mystères ou de meurtres à résoudre sur plusieurs épisodes, voire saisons, pas de dramas lourds qui interrogent la moralité. Le cerveau est totalement sur pause et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.
Mais surtout, les acteurs et la direction artistique semblent être taillés pour briller sur TikTok, plateforme mère des trends et edits. Les musiques choisies sont souvent déjà virales (de Blackpink à Chappell Roan). Les dialogues, eux, sont clairement écrits pour être « clipés » et provoquer la viralité. Et le casting, très à l’aise sur les réseaux, donne régulièrement de sa personne pour promouvoir la série à coups de lipsync ou de chorégraphies. De quoi nous faire oublier tous les défauts du show ? Cela, on vous laisse en juger.