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Où précommander le prochain tome de Berserk en version collector ?

21 avril 2026 à 15:10

[Précommande] Berserk revient enfin avec un tome 43 attendu par tous les fans du monde entier. En France, c'est chez Glénat qu'il sera édité, dans une version simple et une version collector. Les deux sont déjà en précommande.

Les mangakas sont-ils menacés par les IA ?

19 avril 2026 à 06:00

Le forum reddit r/MangakaStudio est un espace dans lequel de jeunes artistes, dont nombre de dessinateurs japonais, partagent régulièrement leurs travaux et leurs réflexions. Dans ce lieu de débat, la question de l’usage des intelligences artificielles génératives pour assister la création de bandes dessinées, voire pour remplacer complètement les auteurs ressurgit régulièrement. L’immense majorité des utilisateurs est, au mieux, dubitative, mais le plus souvent hostile aux « mangas créés par IA ».

La suite du légendaire Black Jack d’Ozamu Tezuka, publiée en 2023, est l’un des très rares mangas assumant d’avoir utilisé l’IA dans son processus créatif.

Les problèmes soulevés par les auteurs de r/MangakaStudio sont nombreux : usage de matériel sous copyright par les outils d’IA générative, rendus donnant un aspect générique et moyen aux œuvres, perte de capacité technique à dessiner pour les auteurs, etc. Parallèlement, la question se pose de plus en plus, dans la fiction comme dans la réalité : et si, demain, une partie, voire l’intégralité de la littérature japonaise était générée par des machines ?

C’est notamment le point de départ du manga Le dernier écrivain, qui paraîtra prochainement aux éditions Glénat. Dans ce dernier, un auteur voyageant 100 ans dans le futur se retrouve ainsi le seul à créer des histoires « à la main », dans un monde dans lequel la fiction est désormais synonyme de production entièrement mécanisée, à faible valeur artistique et sentimentale. Et dans notre réalité de 2026 ?

Des artistes plutôt hostiles aux mangas générés par IA

Du côté des mangakas déjà bien installés, plusieurs années après l’arrivée des premiers mangas complètement générés par des prompts, les IA génératives semblent représenter davantage une menace qu’une solution à des problèmes bien réels. Problèmes que l’industrie ne peut néanmoins pas ignorer, à commencer par une charge de travail bien souvent titanesque et la nécessité de produire parfois plusieurs dizaines de planches chaque semaine pour un marché habitué à la publication rapide et continue.

L’un des très rares dessinateurs à défendre publiquement l’usage de l’IA est ainsi Yoshimi Kurata, dont le travail est méconnu en France. Cet auteur de 70 ans, dont 45 ans de carrière, déclare ainsi : « L’assistance de l’IA me permet de continuer à produire des mangas. En vieillissant, ma vitesse de dessin a beaucoup ralenti. L’usage de l’IA me permettra de dessiner dix ans de plus. »

Girl vs Ghost, un manga généré par IA publié sur Manga Plus.

Néanmoins, si certains artistes ont effectivement évoqué la possibilité d’alléger certains aspects de leur travail en automatisant des tâches (retouches sur les décors, pose de trames, encrage…), d’autres sont vent debout contre l’arrivée de ces outils. En particulier parce que nombre d’entre eux ont déjà été plagiés par des internautes utilisant des outils d’IA générative et publiant du contenu très similaire aux leurs en ligne.

Hirohiko Araki, l’auteur de Jojo’s Bizarre Adventure s’est par exemple longuement exprimé sur le sujet dans son récent livre New Manga Techniques : « Récemment, je suis tombé sur des images en me disant « tiens, c’est quelque chose que j’ai dessiné, non ? » avant de réaliser qu’il s’agit de dessins générés par IA […]. Ces faussaires pourraient très bien créer un écosystème où ils dominent complètement la création artistique, au point que leurs copies soient considérées comme les œuvres réelles. »

JoJo’s Bizarre Adventure.

Il poursuit : « Et ces escrocs pourraient tout à fait optimiser l’utilisation et les failles du système légal pour “gagner” et engranger des fortunes. Mes propres droits sont protégés par les éditions Shueisha, mais ce n’est pas le cas de nombreux autres artistes qui pourraient à l’avenir rencontrer de graves problèmes légaux ! » Des craintes partagées par de nombreux pontes de l’industrie, dont Ken Akamatsu (Love Hina), Tetsuo Hara (Ken le survivant), ou encore Junji Ito (Spirale).

Et comme le souligne par ailleurs le youtubeur spécialisé dans l’industrie du manga, BoogieSnacks, dans une vidéo d’analyse sur le sujet, il y a deux problèmes majeurs avec les mangas générés par IA publiés à ce jour. D’une part, certains sont effectivement du plagiat et reprennent au moindre détail près des designs et des personnages créés par d’autres, en bénéficiant d’une législation assez floue sur le sujet au Japon.

Une pratique qui a par ailleurs poussé à certains mangakas éminents, comme Daisuke Moriyama, à retirer tous leurs dessins des réseaux sociaux. D’autre part, ces mangas tombent également souvent dans ce que le vidéaste qualifie de « Manga Slop » (sur le modèle de l’AI slop), que l’on pourrait traduire par « manga-poubelle ». Soit des productions de très faible qualité publiées sur des sites de manga en ligne à la chaîne. Et ce, avec une réception du public assez tiède. Néanmoins, tout le monde ne pense pas que l’arrivée de ce type d’outils soit une impasse totale pour l’industrie de l’édition au Japon.

Une industrie qui cherche à économiser sur les fonctions support et à protéger le droit d’auteur

Ces doutes, voire cette franche hostilité du milieu artistique, sont certes partagés par la plupart des éditeurs japonais, mais les industriels du milieu ont des positions moins catégoriques lorsqu’il s’agit d’aspects annexes à la création, comme l’édition ou la diffusion des œuvres. Certains acteurs du secteur ont ainsi souligné l’utilité des outils de traduction automatisée par IA.

Ces derniers permettent de publier quasi simultanément des versions anglaises sur des sites comme Emaqi ou Manga Plus, et de prendre de vitesse les pirates fournissant gratuitement des traductions illégales. Une façon de faire soutenue par le gouvernement japonais, mais combattue par l’Association japonaise des traducteurs, qui pointe en particulier le résultat parfois médiocre de ces traductions-éclair.

Le gouvernement japonais soutient dans le même temps la protection des droits d’auteurs et les outils de traduction automatisée, à l’image du programme Mantra Engine, soutenu par des fonds publics.

Il semble néanmoins que, sur le processus purement créatif – de l’écriture des histoires aux dessins eux-mêmes –, l’industrie du manga pousse peu à la création de contenus par IA, à l’exception notable de quelques webcomics génériques. Une frilosité que l’on peut imputer notamment aux risques légaux et au préjudice subi par les éditeurs, dont des éléments du catalogue sont réutilisés quotidiennement et sans autorisation par les IA génératives.

Les grandes firmes de manga cherchent donc plutôt à automatiser les fonctions support (correcteurs, traducteurs, personnel administratif) que les auteurs eux-mêmes et leurs assistants. Seules quelques startups comme en-dolphin proposent actuellement des outils de création assistés par IA, sans vraiment convaincre les poids lourds de l’édition. Le Japon demeure par ailleurs le pays développé qui, malgré sa réputation très « techno-optimiste », est le plus réticent à l’implantation des outils d’intelligence artificielle en milieu professionnel.

L’animation et les webtoons, porte d’entrée de l’IA dans le manga ?

Dans le domaine de l’animation, cependant, le recours à l’IA est largement plus développé, comme le soulignait déjà un reportage de France24 réalisé début 2025. L’industrie locale y est soumise à une très forte demande et à une explosion du nombre de productions (plus de 400 séries produites chaque année), sur fond de pénurie de main-d’œuvre. Un marché qui fonctionne à flux (très) tendu et qui a poussé nombre de studios sous-traitants à automatiser par IA un nombre croissant de tâches d’animation.

En 2023, Netflix a commandé le court métrage The Dog and The Boy au studio Wit, qui a assumé un recours à l’IA en raison d’une pénurie de main-d’œuvre.

Or, si ces techniques permettent d’effectuer certaines tâches rapidement (génération de décors, de costumes ou de certaines étapes d’animation), elles privent également une partie des employés juniors de tâches qui leur étaient traditionnellement attribuées pour monter en compétence. Un fait qui commence à faire craindre une raréfaction du personnel qualifié pour « corriger les erreurs de l’IA »… Car le contenu généré ainsi produit un rendu qui laisse souvent à désirer et nécessite une importante correction par des mains humaines expérimentées. Plusieurs rapports pointent ainsi les risques d’un nivellement par le bas de la production animée si la pratique se généralise.

La saison 2 de Solo Leveling, version animée du webtoon à succès, s’est conclue le 29 mars 2025.

Cela pourrait-il arriver à l’industrie du manga papier ? Possible, si l’on en croit la voie choisie par la Corée du Sud pour la production de nombre de webtoons partiellement générés par IA, qui peinent pour beaucoup à produire un style identifiable et des histoires novatrices… Tout en noyant la production sous un contenu massif dans lequel il devient assez complexe de faire le tri. La faute à des processus de création très normalisés laissant assez peu de place à l’imagination ou à la créativité, et posant de vraies questions sur la légalité de la démarche.

Mais le Japon n’en est pas encore arrivé à ce stade, loin de là. Il semble pour le moment que si les outils d’IA ont largement investi des pans entiers de l’économie créative du pays (jeux vidéo, animation, design…), ils soient encore, sauf rares exceptions, laissés sur le pas de la porte des ateliers des mangakas professionnels. Et qu’un paysage éditorial entièrement robotisé, comme dans Le dernier écrivain, soit encore un horizon très lointain.

Tsugai – Daemons of the Shadow Realm, premier souffle animé d’une saga incontournable

4 avril 2026 à 07:00

D’emblée, l’image de grands yeux rouges agit comme une signature. Celle de Hiromu Arakawa, pour qui ce motif dépasse la simple esthétique : il suggère une mémoire, une violence latente, quelque chose qui déborde du personnage pour toucher à l’histoire elle-même. Celles et ceux qui connaissent son travail y verront un écho évident à Fullmetal Alchemist, œuvre maîtresse de sa carrière, dans laquelle ce regard rouge – celui du peuple Ishval – concentrait des enjeux politiques et humains. Daemons of the Shadow Realm, adaptation de Yomi no Tsugai lancée ce 4 avril, reprend ce langage dans un autre registre, posant un cadre graphique familier pour ouvrir un récit encore largement à explorer, mais déjà riche en promesses.

Dans le sillage d’une œuvre majeure

Vous l’aurez compris : difficile d’aborder cette adaptation sans penser à ce qui a précédé, tant Arakawa a laissé une empreinte immense sur le shōnen contemporain. Lancé en 2021 dans le Monthly Shōnen Gangan, Tsugai a d’ailleurs rapidement trouvé son public.

Sa réception critique, très positive, tient autant à la richesse de ce nouvel univers qu’à la manière dont il prolonge les thématiques chères à la mangaka : filiation, dualité, responsabilité… L’anime arrive ainsi avec un matériau solide, une base de fans déjà établie et de quoi séduire un public plus large, amateur de récits d’action originaux et d’animes de dark fantasy.

L’histoire suit Yuru, un jeune garçon vivant dans le village isolé d’Higashi ; un environnement coupé du monde, sans trace de modernité, dans lequel sa sœur jumelle, Asa, est enfermée à l’écart pour des raisons obscures. Son monde se fissure avec l’apparition d’un avion traversant le ciel, immédiatement suivie d’une attaque militaire. Les soldats massacrent les habitants sans distinction, Asa est abattue et Yuru se retrouve brutalement confronté à une réalité qui dépasse tout ce qu’il croyait connaître.

Une logique de dualité

En japonais, tsugai désigne deux éléments indissociables dont l’existence ne prend sens qu’une fois réunis. Le terme s’emploie notamment pour un couple d’animaux, pensé comme un duo fonctionnel. Dans l’œuvre, Arakawa façonne cette idée en l’ancrant au cœur de son système narratif. Les tsugai sont des entités surnaturelles liées à un humain, à la frontière entre esprits et créatures. Elles se manifestent toujours par deux, formant un binôme aux fonctions distinctes – l’une attaque, l’autre protège –, attachées intrinsèquement à leur utilisateur.

Daemons of the Shadow Realm.

Dans le premier épisode, Yuru active ce lien dans l’urgence, sans en comprendre encore les règles qui façonneront la suite du récit. On y apprendra notamment que ses deux entités portent les noms de Hidari et Migi – littéralement « gauche » et « droite ». Plus que de simples protecteurs, les tsugai joueront un rôle déterminant dans les rapports de force entre les personnages, détermineront le statut du protagoniste et conditionneront sa place dans ce monde traversé par de profondes tensions.

Une adaptation maîtrisée

Si ce premier épisode ouvre les portes d’un nouvel univers, son esthétique, elle, ne laisse guère de doute. La production, confiée à Bones (My Hero Academia, Mob Psycho 100), prolonge le trait d’Arakawa dans une veine irrémédiablement proche de Fullmetal Alchemist: Brotherhood – que le studio avait déjà porté à l’écran entre 2009 et 2010 –, au point de donner la sensation d’un monde voisin d’Amestris.

Fullmetal Alchemist : Brotherhood.

Cette proximité n’empêche pas une évolution : la mise en scène gagne en ampleur, l’image en finesse. Les déplacements sont plus fluides, les compositions plus dynamiques et l’ensemble bénéficie d’un rendu particulièrement soigné.

Lors des affrontements, le dessin peut se faire plus brut, presque abrasif, avec des impacts qui tranchent dans la continuité graphique. Une approche qui rappelle par moments Fire Force – dans un registre visuel bien différent, certes –, où la violence s’exprime aussi par des variations de style.

Une entrée en matière solide

Vingt minutes ne suffisent guère à saisir pleinement le potentiel d’une œuvre. Mais, sur le papier, Daemons of the Shadow Realm possède déjà les atouts pour s’imposer parmi les récits à suivre dans les semaines et les mois – voire les années – à venir. Le matériau d’origine, riche d’une douzaine de volumes et toujours en cours, laisse entrevoir un récit appelé à se déployer sur la durée et, à terme, à peser sur la nouvelle génération d’anime.

Shinra dans la saison 1 de Fire Force.

Samsung préinstalle WEBTOON sur ses nouveaux Galaxy A37 et A57

3 avril 2026 à 12:48

Samsung et WEBTOON viennent d’annoncer un partenariat autour des Galaxy A37 5G et Galaxy A57 5G, les deux derniers-nés de la série Galaxy A du constructeur sud-coréen. Concrètement, l’application WEBTOON sera préinstallée sur ces deux modèles. Les acheteurs pourront donc accéder au catalogue de la plateforme de webcomics dès le premier allumage de leur smartphone, sans passer par le Google Play Store.

L’association de deux géants coréens

Pour rappel, WEBTOON revendique plus de 160 millions d’utilisateurs actifs par mois à travers le monde. La plateforme, qui propose plus d’un millier d’histoires originales couvrant des genres aussi variés que la romance, le thriller, la fantasy ou la comédie, a la particularité de miser sur un format de lecture en défilement vertical, pensé dès l’origine pour les écrans de smartphones. Plusieurs de ses séries ont d’ailleurs été adaptées en animation ou en live-action, à l’image de Tower of God, All of Us Are Dead ou encore Marry My Husband.

Des smartphones abordables, mais capables

Du côté des smartphones, les Galaxy A37 et A57 partagent une diagonale d’écran de 6,7 pouces et embarquent tous deux une dalle Super AMOLED avec un taux de rafraîchissement pouvant monter jusqu’à 120 Hz. Samsung met aussi en avant sa technologie Vision Booster, qui ajuste la luminosité de l’écran en fonction des conditions d’éclairage ambiantes. Des caractéristiques que le constructeur juge particulièrement adaptées à la lecture de bandes dessinées numériques, où le rendu des couleurs et la fluidité du défilement comptent.

Samsung Galaxy A37 et Galaxy A57
Le Samsung Galaxy A57.

Samsung n’a toutefois pas précisé si ce partenariat avec WEBTOON s’étendrait à d’autres modèles de sa gamme à l’avenir. Les tarifs et dates de disponibilité des Galaxy A37 5G et Galaxy A57 5G en France n’ont pas non plus été communiqués à ce stade.

La France, championne du manga

Ce type de partenariat n’est pas nouveau dans l’industrie du smartphone. Les fabricants préinstallent régulièrement des applications tierces sur leurs appareils, que ce soit dans le cadre d’accords commerciaux ou pour enrichir l’expérience logicielle proposée à l’acheteur. En revanche, l’association d’un constructeur avec une plateforme de webcomics spécifiquement reste assez inhabituelle et illustre bien la place grandissante qu’occupe ce format de divertissement, en particulier en France. Car, même s’il connaît un ralentissement ces derniers temps après des années de croissance explosive, le marché du manga reste un pilier majeur de l’édition BD hexagonale. Ainsi, en 2024, il a représenté environ la moitié des ventes de bandes dessinées, avec des volumes conséquents malgré une baisse donc. La France est même le 2e consommateur mondial après le Japon.

Interface web Webtoon
L’interface d’accueil de la version web de WEBTOON.

Le boom des manhwas

Pour être tout à fait complet, notez tout de même que WEBTOON ne propose pas de manga japonais. C’est plutôt leurs équivalents coréens que l’on retrouve ici, à savoir les manhwas. Cette sous-catégorie profite à plein de l’invasion mondiale de la pop culture du Pays du matin calme. Leur représentant le plus connu chez nous est Solo Leveling, bien qu’il ne soit plus disponible sur WEBTOON. Le service propose tout de même quelques pépites du même genre, comme Lecteur omniscient, High School Mercenary, The Stellar Swordmaster et bien d’autres.

Quels mangas lire en 2026 ? Notre sélection de pépites incontournables

2 avril 2026 à 11:15

Shiba Inu Rooms, d’Esu Oomori, chez Doki Doki

Peut-on guérir de la solitude grâce à l’esprit d’un chien ? C’est le point de départ de Shiba Inu Rooms, une comédie rafraîchissante qui cache une profondeur inattendue. Momose Kori, lycéenne au flegme imperturbable, emménage dans un appartement au loyer dérisoire pour une raison singulière : le logement est hanté par Muu, un esprit de Shiba Inu au caractère bien trempé.

Loin de l’horreur, le récit explore une cohabitation chaotique où les silences de Kori se heurtent à la présence envahissante de ce gardien spectral. Derrière les situations loufoques, l’œuvre interroge avec délicatesse notre rapport aux autres et la difficulté de briser l’isolement social. Véritable phénomène éditorial au Japon – classé septième des recommandations des libraires en 2025 –, ce manga s’impose par sa capacité à transformer un pitch absurde en une fable touchante sur la reconstruction de soi. Une lecture dont on ressort avec un sentiment de réconfort immédiat.

Si nous pouvions rester ensemble pour toujours, d’Erika Kogiku, chez Moonlight

Avec Si nous pouvions rester ensemble pour toujours, la collection Moonlight de Delcourt s’éloigne de ses récits adolescents pour proposer une histoire d’amour à un âge plus rare en manga. Seiichi et Mitsuko forment un couple uni depuis plus de 50 ans, dont le quotidien paisible est soudain traversé par une question simple et vertigineuse : comment vivre l’un sans l’autre ? À partir d’un quiproquo et d’événements du quotidien, le récit déroule souvenirs, doutes et instants de complicité avec une grande simplicité. Sans pathos, l’œuvre évoque la fin de vie, la mémoire et l’attachement, en montrant que les interrogations sentimentales ne disparaissent jamais. Une lecture douce et accessible, portée par une vraie justesse émotionnelle.

The Hitman’s Fave, de Rintaro Oshima, chez Kurokawa

Dans la lignée directe de Sakamoto Days ou Spy x Family, The Hitman’s Fave joue sur un décalage savoureux : celui d’un assassin de légende, Owaru Endô, qui prend sa retraite pour se consacrer pleinement à sa passion pour les idoles japonaises. Désormais, son quotidien oscille entre les meet-and-greet et la menace constante de ses anciens employeurs de la pègre, bien décidés à le faire reprendre du service.

Cette comédie d’action propose une immersion rythmée dans la culture des fans, tout en offrant des séquences de combat d’une grande maîtrise graphique. Sous l’absurdité apparente des situations, le récit dessine le portrait d’un homme en quête de rédemption, cherchant simplement à protéger sa nouvelle vie et sa communauté.

The Merman Trapped in My Lake, de R. Ppobi et Mitchu, chez Kotoon

Adaptation papier d’un webtoon à succès, The Merman Trapped in My Lake propose une plongée singulière dans la dark romance gothique. Le récit s’articule autour de Servaine Noxirel, une jeune femme dont le quotidien bascule le jour où son père lui offre Mel, un homme-sirène captif. Ce qui commence comme une curiosité cruelle se transforme en un lien obsessionnel, marqué par une dévotion profonde mais bientôt assombri par la tragédie.

Visuellement, le titre se distingue par des planches aux dominantes bleues et roses qui soulignent l’atmosphère à la fois onirique et pesante du récit. Dépassant les 1,3 million de vues en France, ce dernier explore avec une certaine mélancolie les thèmes de la trahison et du sacrifice. Entre passion et vengeance, l’œuvre s’adresse à un public amateur de récits fantastiques intenses, où les émotions des protagonistes luttent constamment contre la rigueur de leur destin.

Les cent vues d’Utagawa, d’Akimi Yoshida, chez Panini

Connue pour Banana Fish, Akimi Yoshida revient avec une chronique de vie délicate située dans le même univers que Kamakura Diary. L’intrigue des Cent vues d’Utagawa se déroule à Kajikazawa, un village thermal où Kazuki Iida travaille aux côtés de la charismatique Tae Ogawa. Bien qu’indépendant de ses œuvres précédentes, ce récit déploie la même maestria narrative pour dépeindre les liens humains et le passage du temps dans un cadre bucolique. À travers un rapport presque mystique à la nature, Yoshida explore les drames familiaux et la solitude des orphelins, tout en conservant une légèreté bienvenue grâce à un humour singulier. Un manga contemplatif et juste, où la mélancolie côtoie la beauté des choses simples.

Eagle (Perfect Édition), de Kaiji Kawaguchi chez Panini

Eagle (Perfect Édition) suit Takashi Jô, un jeune journaliste originaire d’Okinawa qui perd sa mère et se retrouve seul au monde, ignorant tout de son père. Muté à Washington, il doit couvrir la campagne du premier candidat américain d’origine japonaise, sans comprendre pourquoi il a été choisi. Kaiji Kawaguchi mêle dans ce récit politique intrigue familiale, stratégies électorales et manipulations médiatiques, offrant une plongée fascinante dans les coulisses d’une élection présidentielle. Avec sa rigueur documentaire et sa capacité à mêler fiction et réalité, l’auteur, connu pour Zipang et Seizon Life, signe ici une fresque immersive et captivante, à la fois instructive et pleine de suspense, idéale pour (re)découvrir un classique du manga.

La 13e piste, de Kei Sanbe, chez Ki-Oon

La 13e piste, signé Kei Sanbe, nous plonge dans un thriller où le quotidien d’une famille banale bascule brusquement. Toya, jeune père d’un garçon souvent hospitalisé, partage avec lui une passion pour les jeux de piste, jusqu’au jour où de mystérieuses cartes postales apparaissent, prédisant des tragédies à venir. Impliqué malgré lui, Toya doit déchiffrer ces prophéties et tenter de les empêcher, tout en s’interrogeant sur leur auteur et sur son propre rôle dans cette histoire. Avec sa maîtrise des intrigues à tiroirs, l’auteur d’Erased transforme une famille ordinaire en protagonistes d’une course contre le temps, où passé, présent et futur s’entrelacent jusqu’à un dénouement inattendu.

COSMOS, de Ryuhei Tamura, chez Ki-Oon

Dans COSMOS, Ryuhei Tamura délaisse l’humour volcanique de Beelzebub pour une science-fiction plus sobre, ancrée dans le quotidien. Le récit suit Kaede, un lycéen capable de littéralement flairer le mensonge, recruté par Rin, une agente d’une compagnie d’assurance intergalactique. On y découvre que les aliens vivent parmi nous, gérant leurs tracas administratifs et leurs cotisations comme n’importe quel citoyen.

Tamura propose ici une œuvre hybride, alternant entre comédie de situation et réflexions plus mélancoliques sur la solitude, et qui se distingue par sa capacité à transformer l’imaginaire spatial en une chronique sociale délicate. C’est une lecture qui, sous couvert d’absurde, interroge avec justesse notre rapport à la vérité et notre difficulté à créer des liens sincères.

Cats and dragons, d’Izumi Sasaki, Amara et Mai Okuma, chez Doki Doki

Au cœur d’une forêt mystique, un dragon cracheur de feu mène une existence loin des clichés de la fantasy guerrière. Recueilli à sa naissance par une chatte, il a grandi convaincu d’appartenir à la gent féline. Désormais adulte, celui que tous surnomment le « tonton ailé » veille sur des portées successives de chatons aventureux. Cats and Dragon s’inscrit dans la lignée des récits feel good, misant sur la bienveillance et un humour léger.

Derrière la stature imposante du protecteur se cache une méfiance profonde envers l’humanité, héritée d’un passé douloureux. Pourtant, au fil des rencontres provoquées par ses protégés, le dragon réapprend la confiance. Le récit explore avec une certaine mélancolie le décalage entre les apparences et la réalité, tout en mettant en avant la sagesse simple des chats.

K-Pop Demon Hunters – Pour les fans et Le livre officiel de posters, chez Les livres du dragon d’or

Difficile d’avoir échappé au raz-de-marée K-Pop Demon Hunters. Après avoir conquis des millions de spectateurs sur Netflix, l’univers de Rumi, Mira et Zoey se décline désormais en librairie avec les premiers ouvrages officiels de la franchise. Pop-stars le jour et chasseuses de démons la nuit, les héroïnes s’exposent dans un album aux illustrations très mignonnes qui reprennent les codes et les personnages du film à succès.

En complément, un livre de posters rassemble 35 visuels iconiques, dont la célèbre couverture du Time de décembre 2025. Ces publications inaugurent une collection destinée à s’étoffer, permettant de prolonger l’immersion dans cette esthétique vibrante qui mêle chorégraphies et action surnaturelle.

Là où les étoiles filantes tombent, de Manmulsang, chez Kotoon

Sous le pinceau de Manmulsang (Lee Seul Gi), le monde de Tabel s’anime d’une poésie rappelant les productions du studio Ghibli. Dans ce royaume où chaque pluie d’étoiles filantes célèbre la naissance d’une sorcière, la jeune Effie fait figure d’exception : son familier n’est jamais apparu. Sa rencontre fortuite avec Monsieur Bibi, un chat ayant égaré sa propre compagne magique, lance un récit de quête identitaire empreint de merveilleux.

L’autrice de l’acclamé Les chaussettes du gobelin puise ses influences aussi bien dans les contes classiques que dans la littérature française, citant volontiers Jean-Claude Mourlevat comme source d’inspiration pour son pseudonyme (signifiant « le magasin où l’on trouve de tout », ce dernier est inspiré des échoppes présentes dans le roman La rivière à l’envers). Ce webtoon se parcourt comme une fable onirique, une exploration libre où la douceur du trait sublime la solitude des protagonistes en quête de leur moitié. Une lecture à la fois tendre et profonde, qui confirme le talent de Manmulsang pour bâtir des univers d’une grande richesse visuelle.

Rai Rai Rai, de Yoshiaki, chez Ki-Oon

Mélange détonnant entre la comédie de mœurs à la Ranma 1/2 et l’action brute de Kaiju n°8, Rai Rai Rai s’impose par son rythme frénétique. Dans un monde post-invasion où les humains gèrent les restes de la faune extraterrestre, Sumire occupe un emploi ingrat de dératisation alien. Son quotidien bascule lorsqu’elle se retrouve fusionnée malgré elle avec un guerrier parasite assoiffé de sang.

Le récit décolle vraiment lorsque, après une décapitation spectaculaire du parasite par une unité d’élite, Sumire doit apprendre à cohabiter avec ce colocataire corporel encombrant. Entre gags absurdes et combats dantesques, ce titre parvient à renouveler le genre de la science-fiction d’action avec une fraîcheur bienvenue. Salué au Japon pour son inventivité, le manga séduit par son équilibre entre humour noir et adrénaline, porté par une héroïne qui tente désespérément de préserver son humanité.

Par-delà les neiges éternelles, de Haruka Chizu, chez Moonlight

À la lisière du shōjo et du josei, la mangaka Haruka Chizu s’attache au quotidien de Muku, jeune femme vivant avec sa famille et aidante auprès de son grand-père. Responsabilités familiales, difficultés financières, abandon de ses rêves… La protagoniste porte un fardeau qui s’allège soudain à la faveur d’une rencontre fortuite avec Yuto, un passionné de littérature comme elle.

Ce premier tome évite d’utiliser la romance comme simple moteur narratif et s’en sert plutôt pour illustrer un mal-être profond. L’histoire repose en revanche sur un schéma familier – des amis d’enfance séparés depuis dix ans. Le dessin traduit avec justesse l’isolement et la saturation émotionnelle. La métaphore de la noyade traverse l’ensemble de l’œuvre et structure une mise en scène quasi asphyxiante. Fragile dans sa construction, parfois déroutante, cette entrée en matière n’en demeure pas moins singulière.

Tani & Suzuki, de Kocha Agasawa, chez Nobi Nobi

À contre-courant des shōjo fondés sur la tension romantique, Tani & Suzuki s’intéresse moins à la naissance d’un amour qu’à sa construction. Kocha Agasawa reprend les codes du genre pour mieux en déplacer l’enjeu : ici, la question n’est pas tant « Comment se rencontrer ? » que « Comment apprendre à être ensemble ? ». Le manga observe les premières étapes d’une relation amoureuse entre deux adolescents aux tempéraments radicalement opposés. Les micro-émotions prennent le pas sur les grands rebondissements : hésitations, malaises, maladresses, peur de ne pas être à la hauteur…

Sans chercher la rupture formelle,le titre trouve sa force dans une forme de légèreté sincère. Le dessin est simple et chaleureux, et accompagne un récit qui avance à hauteur de lycéens. Rien de révolutionnaire, mais une douceur communicative, qui aborde des thématiques familières avec un regard renouvelé. La série bénéficie par ailleurs d’une adaptation animée, disponible sur Crunchyroll depuis janvier.

Divines, de Kamome Shirahama, chez Pika

Quelques planches suffisent pour reconnaître la signature graphique de Kamome Shirahama. Les visages ciselés, les décors foisonnants, la composition élégante : Divines s’inscrit pleinement dans l’univers esthétique de l’autrice de L’atelier des sorciers. Cette nouvelle édition, parue le 14 janvier aux éditions Pika, offre à ce diptyque un écrin particulièrement soigné.

Le récit met en scène une ange et une démone, liées par une relation d’amitié teintée de rivalité, plongées dans le monde des humains où leurs interventions produisent des effets inattendus. Le ton oscille constamment entre humour et mélancolie, et les situations cocasses dissimulent une forme de gravité. Somptueux, Divines déploie un merveilleux réflexif où le fantastique devient un miroir des contradictions humaines.

Graaal !, de Luciano Damiano, chez Vega Dupuis

Graaal ! assume sans détour son projet : réinvestir la légende arthurienne à travers les codes du shōnen d’action. Luciano Damiano, mangaka italien, convoque chevaliers, pouvoirs surnaturels et batailles titanesques dans un récit qui privilégie le mouvement, la confrontation et l’escalade spectaculaire.

Le rythme est soutenu, voire frénétique. Les scènes de combat s’enchaînent avec efficacité, portées par un dessin énergique. Le manga remplit parfaitement sa promesse de divertissement, enchaînant affrontements, rivalités et révélations. Derrière l’efficacité formelle, l’univers peine toutefois à imposer une véritable singularité. L’hybridation entre mythologie occidentale et manga donne une impression de collage d’influences, sans véritable réinvention.

No Name, de Jaki Rafal et Machine Gamu, chez Kurokawa

Et si l’identité n’était plus un droit, mais un dispositif ? Dans No Name, les noms sont attribués à la naissance et déterminent les pouvoirs surnaturels de chaque individu, dans un monde où l’État administre littéralement les existences. Le manga de Rafal Jaki, scénariste polonais connu pour son travail sur The Witcher 3: Wild Hunt et Cyberpunk 2077 chez CD Projekt Red, suit deux enquêteurs chargés de retrouver un enfant disparu.

Plus qu’un simple polar, le récit glisse vers une critique systémique : bureaucratie tentaculaire, normalisation des identités, contrôle politique des corps… L’univers nordique, froid, presque clinique, installe une atmosphère oppressante. Parus le 25 janvier aux éditions Kurokawa, les deux tomes composent une dystopie dense et efficace, aux accents de Psycho-Pass par sa portée politique.

Idol Escape, de Kira Ito, chez Glénat

L’histoire s’ouvre sur une rencontre : celle d’Ainosuke, jeune homosexuel marginalisé, et de Karen Asahina, célèbre idol. Lui rêve d’être quelqu’un d’autre, elle rêve de ne plus être regardée. Le récit explore un territoire sombre, celui de la fuite, de la solitude et de l’identité empêchée. Le manga glisse progressivement vers le thriller psychologique, abordant frontalement des thèmes lourds. Le rythme est parfois instable, notamment dans la rapidité avec laquelle le lien entre les deux personnages se noue, mais l’ensemble intrigue par son audace thématique, laissant toutefois une impression trouble.

Saint Seiya : est-on sur le point d’assister à un nouveau revival ?

Tel le phénix renaissant inlassablement de ses cendres, le mangaka Masami Kurumada semble déterminé à ne jamais vouloir tourner la page de son œuvre phare. Rien que dans son format papier, la série compte d’innombrables dérivés qui gravitent autour du canon de la licence Saint Seiya. Loin de se limiter à la bataille du Sanctuaire ou aux arcs de Poséidon et Hadès, le mythe des Chevaliers du zodiaque s’est perpétué entre les mains d’autres mangakas, toujours sous la supervision du maître. Mais de nouvelles étoiles viennent d’apparaître au firmament de la galaxie Saint Seiya, confirmant un élan très positif pour la franchise.

La série aux mille et une constellations

Grâce à sa production ininterrompue de spin-offs, les lecteurs français n’ont jamais cessé de garder un lien avec la saga grâce à des dérivés tels que Saint Seiya: Episode G, The Lost Canvas, Saintia Shô ou Dark Wing. Souvent clivants, mais toujours audacieux, ces projets se sont accompagnés d’autres initiatives venues du monde entier, comme la bande dessinée Saint Seiya: Time Odyssey qui compte déjà quatre tomes signés par les Français Arnaud Dollen et Jérôme Alquié.

L’histoire de Saint Seiya: Next Dimension s’est-elle vraiment conclue avec la sortie du tome 16 ?

Entre-temps, l’auteur original s’était plongé dans le développement de Saint Seiya: Next Dimension – Le mythe d’Hadès, une suite officielle entièrement colorisée, dont la publication française s’est achevée l’année dernière avec la parution du tome 16. Mais Masami Kurumada n’en a toujours pas fini avec les chevaliers d’Athéna, préparant doucement la transition vers une nouvelle renaissance.

Requiem comme vraie conclusion à Saint Seiya: Episode G ?

En parallèle de la publication de l’édition définitive du manga original (Saint Seiya: Final Edition chez Kana) et en attendant la suite de Saint Seiya: Dark Wing aux éditions Kurokawa, la franchise refait parler d’elle dès le 1er avril avec le retour du spin-off le plus déconcertant de toute la saga.

Saint Seiya: Episode G Requiem lance le troisième et dernier arc de la saga, après le segment Assassins.

Reprenant la direction artistique audacieuse des deux premiers arcs, Saint Seiya: Episode G Requiem permet à Megumu Okada de clore son manga avec une troisième partie qui fait suite à Episode G: Assassins. Le style si particulier du dessinateur illustre l’affrontement épique entre le chevalier Seiya et les dieux primordiaux, bien résolus à exterminer l’humanité.

Les enjeux de Saint Seiya: Episode G Requiem gravitent autour des divinités primordiales.

Saint Seiya: Episode G Requiem compte déjà neuf volumes reliés au Japon. Le premier tome arrive enfin le 1er avril en français chez Panini, précédant de quelques mois la sortie du tome 2 le 24 juin. Crépusculaire, ce manga isole le chevalier Pégase de ses compagnons, convoquant Pontos et ses cyclopes comme ultime menace à terrasser. Il est intégralement colorisé.

Un mystérieux interlude baptisé Saint Seiya: THEN

Encore inédit en dehors du Japon, le récit de Saint Seiya: THEN fait directement suite à Next Dimension. Le créateur original de la franchise est lui-même à l’origine de ce court manga édité depuis 2024 dans le magazine Weekly Shônen Champion RED. Et si le nom de Saint Seiya: THEN revient sur le devant de l’actualité, c’est à cause de la publication du tout dernier chapitre en version japonaise.

Le dernier chapitre de Saint Seiya: THEN vient d’être publié dans le Weekly Shônen Champion.

Il apparaît désormais que ces trois chapitres de huit pages chacun ne constituaient en réalité qu’un interlude avant le lancement d’un projet inédit de bien plus grande envergure. Et ceux qui avaient cru deviner derrière le sous-titre THEN la contraction de Tenkai-HEN (qui signifie « chapitre du Monde Céleste » en japonais) semblent avoir eu raison, au vu de la prochaine étape annoncée par l’auteur dans le cadre de la saga.

Le manga Saint Seiya: Tenkai-hen officiellement annoncé

Le troisième et dernier chapitre de Saint Seiya: THEN étant accompagné du message « tenkai e no michi » (soit « le chemin vers le Monde Céleste »), il établit un lien direct avec le nouveau projet de Masami Kurumada. Le créateur de la série semble enfin prêt à s’attaquer à la bataille des chevaliers d’Athéna contre les dieux de l’Olympe dans une nouvelle saga baptisée Saint Seiya: Tenkai-hen (Saint Seiya : le chapitre du Monde céleste).

Une volonté qui s’explique par son insatisfaction vis-à-vis du cinquième film d’animation Tenkai-hen Josô (Overture), réalisé en 2004 par Shigeyasu Yamauchi au sein du studio Toei. Comme une revanche, Masami Kurumada s’apprête à proposer sa vision véritable du chapitre du Monde céleste, avec un début de publication prévu dès le 14 mai au Japon.

La fin de Saint Seiya: THEN marque la transition vers le chapitre du Monde céleste.

Cette histoire prolongera encore le segment relaté dans Next Dimension en devenant officiellement la troisième série principale signée de la main de Kurumada. Et le maître n’a pas manqué de partager son enthousiasme en ces termes dans le Weekly Shônen Champion : « Plus de 40 ans se sont écoulés depuis la naissance de Saint Seiya et j’écris enfin le chapitre du Monde céleste. En tant que mangaka originaire du pays du Soleil levant, je continuerai à faire de mon mieux, alors, s’il vous plaît, continuez de m’accorder votre soutien indéfectible ! »

Croquis issus du site officiel KurumadaPro.

Il faut espérer que cette nouvelle série connaisse une publication rapide en langue française et que l’éditeur n’omettra pas de proposer aussi les trois chapitres complets de Saint Seiya: THEN. De cette manière, la transition à partir du volume 16 de Next Dimension pourra s’effectuer naturellement. Même si, comme toujours dans la galaxie Saint Seiya, mieux vaut être à jour sur l’ensemble de la saga pour espérer retrouver rapidement ses repères.

Me & Roboco, le manga qui détourne One Piece, Naruto et Chainsaw Man

1 avril 2026 à 09:15

Et si les héros de shōnens perdaient soudain toute crédibilité ? Avec Me & Roboco, le Weekly Shōnen Jump détourne ses propres références, de Naruto à Chainsaw Man. Le manga, dont le premier tome arrive en librairie ce 1er avril chez Mangetsu, joue avec les codes du genre dans une comédie méta qui tranche avec les récits héroïques traditionnels. Signé Shuhei Miyazaki, le titre est prépublié depuis juillet 2020 dans le magazine phare de l’éditeur Shueisha. L’auteur y déploie un gag manga solidement ancré dans la culture du shōnen, qu’il manipule avec une précision quasi analytique.

Quelle est l’intrigue de Me & Roboco ?

Dans un futur proche où les robots domestiques sont devenus la norme, un jeune garçon rêve d’en posséder un. Mais celui qu’il reçoit ne correspond en rien aux standards attendus : Roboco, à la fois surpuissante et incontrôlable, enchaîne les maladresses. Le récit se déploie en une succession de sketches indépendants, chacun reposant sur un renversement comique.

Roboco apparaît comme une antihéroïne en rupture avec les modèles idéalisés du genre. Face à elle, Bondo joue le rôle du témoin impuissant de ce chaos. Autour d’eux, des personnages secondaires reprennent des archétypes familiers : Gachi Gorilla, l’ami loyal ; Motsuo Kaneo, le rival surdoué ; ou encore Madoka, une héroïne aux humeurs changeantes.

Pourquoi autant de références aux grands mangas ?

La force de l’oeuvre réside dans son usage constant de la référence. Elle multiplie les clins d’œil à des titres majeurs du shōnen : One Piece, Naruto, Chainsaw Man, Jujutsu Kaisen ou encore Demon Slayer. Ils prennent la forme de détournements visuels, de reprises de scènes iconiques ou de caricatures des archétypes du genre.

Une adaptation animée fidèle ?

Le manga a été adapté en série animée entre décembre 2022 et juin 2023. Produite par le studio Gallop et réalisée par Akitaro Daichi, elle se compose de 28 épisodes d’environ cinq minutes. La série est disponible en streaming sur Crunchyroll. Fidèle à l’œuvre originale, elle accentue encore le rythme comique grâce au jeu des comédiens et au timing des scènes. Un film d’animation est également sorti en avril 2025, prolongeant cet univers.

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