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Batman : 40 ans après, pourquoi The Dark Knight Returns reste indétrônable ?

1986, année faste pour la bande dessinée américaine. Art Spiegelman raconte comment ses parents ont survécu aux camps de concentration dans le premier tome de Maus. Un libraire de l’Oregon, Mike Richardson, lance une maison d’édition appelée à devenir l’un des acteurs majeurs de l’industrie du comics, Dark Horse, d’où sortiront Hellboy, The Mask et Sin City. DC entame la publication de Watchmen, magnus opum d’Alan Moore et Dave Gibbons. Et donne un coup de pied dans la fourmilière.

The Dark Knight Returns.

En février 1986, des millions de bédévores découvrent, ébahis, les premières pages de The Dark Knight Returns, polar hard-boiled dans les tréfonds méphitiques de Gotham City où un Batman fourbu joue au vigilante façon Clint Eastwood. À l’origine de ce coup d’éclat, un jeune prodige, iconoclaste en diable : Frank Miller.

L’homme qui a sorti Marvel du marasme en débarrassant Daredevil de ses collants ringards et de son décorum cosmique. Sous sa plume, la réalité d’une noirceur abyssale frappe les super-héros de plein fouet. Le ton de l’âge moderne du comics est donné. N’eût-il sorti le Chevalier noir de sa Batcave, la pop culture n’aurait pas le visage que nous lui connaissons aujourd’hui.

Le retour du héros

« Quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. » La sentence qui clôture Film socialisme de Jean-Luc Godard résume le dilemme moral larvé dans les planches de The Dark Knight. C’est que la question travaille au corps Frank Miller depuis la plus tendre enfance. À l’âge de 5 ans, sa famille l’emmène voir au cinéma La bataille des Thermopyles, dans lequel le réalisateur Rudolph Maté exalte le courage des Spartiates mené par Léonidas face à l’invasion des guerriers perses.

The Dark Knight Returns.

« À la fin, mon grand frère et moi, nous nous sommes regardés, nous n’étions pas sûrs de ce qui s’était passé, se souvient Miller dans une interview accordée aux Inrocks en 2018. Mon frère s’est tourné vers mon père, assis derrière nous. “Papa… Les bons sont morts ?” Il a répondu : “Oui, mon fils, j’ai peur que ça soit le cas.” L’idée que je me faisais des héros avait changé à jamais. Avant, je pensais qu’ils gagnaient, récoltaient à chaque fois la gloire. J’ai alors compris qu’être un héros ne signifiait pas forcément triompher, mais, avant tout, essayer d’accomplir ce qui semble juste. » À l’instar de Batman sorti de sa retraite pour expurger le mal qui ronge (encore) Gotham City dans The Dark Knight Returns.

À 55 ans sonnés, Bruce Wayne n’a plus la superbe d’autrefois. La mort de Jason Todd/Robin a exacerbé sa misanthropie. Ses pulsions de violence explosent les potards. Épaulé par un nouveau Robin, une adolescente du nom de Carrie Kelley (une première dans l’histoire de Batman), le Chevalier noir reprend du service, cette fois contre le gang des Mutants, une clique de pillards et de meurtriers. La croisade vengeresse prend des accents de règlement de comptes lorsque ressurgissent deux visages du passé.

The Dark Knight Returns.

La bouille rafistolée, Harvey Dent, alias Double-Face, menace de prendre Gotham en otage peu avant que le Joker ne fasse des siennes à nouveau. Batman doit aussi composer avec Superman qui tente de le neutraliser sur ordre du Président des États-Unis, Ronald Reagan. Un programme chargé (178 pages), truffé de références à l’univers DC et de commentaires sociopolitiques trempés dans une encre noire comme jamais.

Un comics d’un genre nouveau

Franc-tireur, Frank Miller dynamite les codes établis du comics dans The Dark Knight Returns. Entre autres audaces formelles, la démultiplication des cases sur une même planche, allant parfois jusqu’à en incruster 16 par page. La noirceur de son univers bénéficie du crayonné inégalable de Lynn Varley (déjà à l’œuvre sur une précédente minisérie de Miller, l’excellent Ronin), mais aussi aux talents de son fidèle encreur, Klaus Janson, dont le travail a d’ailleurs été distingué par trois prix Jack-Kirby.

The Dark Knight Returns.

Miller taille à la serpe les visages des personnages masculins, quitte à parfois grossir le trait. Bruce Wayne hérite ainsi d’une musculature hypertrophiée et d’une mâchoire anguleuse à l’excès. Une esthétique nietzschéenne à l’image des héros bodybuildés (Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone…) qui ont le vent en poupe dans l’Amérique de Ronald Reagan.

Avec The Dark Knight Returns, Frank Miller livre surtout une charge furieuse contre la culture des écrans, alors en plein boom aux États-Unis. « Aussi, je voulais utiliser les écrans de télévision pour montrer à quel point nous sommes ridicules dans notre manière de rapporter les informations. Nous nous emparons d’événements importants et terrifiants, et les faisons apparaître banals, presque amusants. À l’inverse, nous prenons des faits anodins et les rendons importants », explique-t-il dans une interview publiée par Le Monde en 2015.

The Dark Knight Returns.

Un commentaire d’un pessimisme toujours aussi corrosif 40 ans plus tard. Si Christopher Nolan (derrière la trilogie The Dark Knight) et Zack Snyder (Batman v Superman) lui sont redevables, Miller compte aussi bon nombre de détracteurs sur le registre politique.

En cause, des opinions ultraconservatrices dans ses prises de parole, les années passant. Une lecture attentive permet d’en déceler les prémisses dans le scénario The Dark Knight Returns, qui voit Batman prendre la tête d’une milice chargée de faire régner la loi à Gotham City, symptôme d’une idéologie sécuritaire à la racine du fascisme.

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Thaïs Alessandrin pour LOL 2.0 : “La peur de décevoir a été notre moteur”

Vous aviez 9 ans lorsque vous jouiez la petite sœur dans le premier LOL. Dix-huit ans plus tard, vous êtes l’héroïne de LOL 2.0. Que représente cette saga dans votre vie personnelle et dans votre parcours d’actrice ?

C’est très étrange. J’ai une mère [la réalisatrice Lisa Azuelos, ndlr] qui écrit majoritairement sur sa propre vie. Tout est évidemment romancé, ce ne sont pas exactement nos vies, mais on y retrouve les mêmes dynamiques. C’est parfois un peu étrange de voir son existence à l’écran, ces petits moments intimes utilisés et réinterprétés. Par exemple, le premier film s’inspirait beaucoup de l’histoire de ma grande sœur. En fait, c’est comme s’il y avait toujours eu cet œil extérieur qui nous avait suivies toute notre vie. D’ailleurs, la fiction a rejoint la réalité : pendant le tournage, ma sœur nous a annoncé qu’elle était enceinte pour de vrai. C’était une vraie mise en abyme, qui était presque flippante. [Rires] Du coup, on va accueillir le premier enfant de cette nouvelle génération dans un mois. Il y a le bébé film qui sort, puis ce vrai bébé en suivant. Je suis surexcitée !

La bande-annonce de LOL 2.0.

LOL est devenu un film générationnel. À l’époque – ou peut-être plus tard – ce premier film a-t-il aussi résonné en vous d’une manière particulière ?

Tout au long de ma vie, on m’a sorti les répliques de LOL. Du coup, je suis toujours restée éloignée de cette œuvre. C’est ma mère qui l’avait réalisée, donc je ne ressentais pas le même engouement que les autres personnes de ma génération. C’était plus difficile pour moi de dire : “Je suis fan de ce film.” Je ne peux pas être fan d’un film de ma mère, même si je les aime énormément. J’ai toujours été presque gênée par son immense succès, sans trop savoir pourquoi. C’est au moment de l’écriture de ce deuxième volet que je l’ai vraiment redécouvert en me disant : “Waouh, c’est excellent en fait ! Ma mère est trop douée !” [Rires]

En revenant sur ce plateau, avez-vous eu le sentiment de retrouver un lieu familier de votre enfance, presque intime ?

Oui, il y avait cette impression de déjà-vu. J’étais trop jeune pour me souvenir complètement de ce tournage et, en même temps, j’avais l’impression d’avoir rêvé ce lieu. C’était assez fou.

Thaïs Alessandrin et Victor Belmondo dans LOL 2.0.

Vous avez été filmée enfant, puis jeune adulte. Est-ce troublant de se voir grandir à l’écran ? Cela a-t-il influencé votre rapport à votre image, à votre corps ou au temps qui passe ?

Notre génération entretient un rapport permanent à l’image. On a grandi avec des caméras, des photos et des parents qui filmaient tout, tout le temps. Je n’ai pas vécu cette expérience plus intensément que d’autres. La seule différence, c’est que je ne suis pas la seule à avoir revu ces images de mon enfance : elles ont été partagées avec la France entière. [Rires]

Que raconte LOL 2.0 sur cette nouvelle génération, presque 20 ans après le premier film ?

Il parle de nos angoisses face à ce monde terrifiant qui nous entoure. Les réseaux sociaux ont créé chez nous une incapacité à la satisfaction. Quand tout va bien, on culpabilise d’être heureux dans un monde qui va mal. Quand tout va mal, on s’interdit de se plaindre parce que “ça pourrait être pire”. C’est une éducation à la culpabilisation permanente.

Pour y échapper, on se divertit avec des shoots de dopamine numériques qui fonctionnent comme une drogue, nous déshumanisent et nous permettent de ne pas voir ce qui va mal à l’intérieur. C’est une fuite exceptionnelle. Il y a une phrase dans le film qui résume bien cette situation : “C’est la comparaison qui vous tue. À notre époque, on essayait de construire une vie et c’était déjà dur. Vous, vous voulez en vivre 1 000 à la fois.” Nous sommes constamment tiraillés entre un idéal inatteignable sur les écrans et une réalité souvent glauque. C’est très difficile de construire son identité dans cet écartèlement.

Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Louise revient vivre chez sa mère après une rupture et un échec professionnel. À quel point son parcours et ses fragilités résonnent-elles en vous ?

Sur le plan professionnel, ma vie n’a rien à voir avec celle de Louise. Je n’ai jamais essayé de monter une boîte dans la tech et je suis très loin de l’univers des start-ups ! [Rires] En revanche, je me suis beaucoup inspirée d’amis qui ont vécu cette expérience. Ils se sont investis à fond pendant parfois deux ans et ils ont détruit leur santé pour une entreprise qui a fini par s’écrouler. Je trouvais ça juste de raconter cette génération qui rêve grand après l’université, à qui l’on dit que “tout est possible” et qui réalise brutalement que ce n’est pas si simple. Ce désenchantement post-université a donc été mon point de départ pour écrire ce personnage. Cependant, les fragilités intimes et la rupture amoureuse résonnent énormément en moi. Ma rupture remonte à longtemps, mais j’y trouve un grand écho. J’ai utilisé beaucoup de mes propres failles, même si Louise les tourne presque en ridicule.

Elle évoque notamment l’anxiété et la neuro-atypie…

Oui, Louise dit : “J’ai des crises d’anxiété à cause de mon TDAH [Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ndlr], du coup je fume des joints pour m’aider.” C’est quelque chose que je vis – mais c’est une très mauvaise habitude à ne surtout pas avoir quand on a cette neuro-atypie. J’ai vraiment un TDAH, et il faut savoir que c’est parfois très paralysant. Je sais qu’aujourd’hui, on met des étiquettes sur tout – HPI, TDAH… – et il y a un côté un peu ridicule à vouloir tout classer. Mais, d’un autre côté, il y a une vraie recherche sur le fonctionnement de ces cerveaux qui sont différents.

Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Le fait de poser des mots sur ce qu’on vit nous permet aussi de mieux l’appréhender et le dompter. Ce qui fait du bien, c’est de se dire : “Ok, je suis différent, mais je dois apprendre à aborder les choses à ma manière”, plutôt que de se renfermer en se répétant “Je suis nulle, je n’ai pas les codes de la société et je suis une merde.”

C’est ce que vous avez ressenti quand vous étiez plus jeune ?

Énormément. À l’école, je devais travailler deux fois plus pour obtenir les mêmes résultats que les autres. Je travaillais beaucoup à perte, je faisais beaucoup de crises d’angoisse. L’université a été très difficile pour moi de ce point de vue là. C’est pourquoi je pense qu’il est très important d’en parler. Ça permet, aussi, de créer des solutions pour réadapter le monde et la société à ces types de personnes, et de ne pas les laisser tomber. Parce que les laisser à la dérive peut avoir des conséquences dramatiques, comme l’addiction.

Le film aborde des thèmes très intimes – rupture, amitié, doutes, échecs personnels et professionnels. Quelle scène vous a le plus marquée d’un point de vue émotionnel ?

La scène du concert m’a bouleversée. Théo Delincak, qui joue le rôle de Joseph, est un ami très proche. Je le connais depuis la sortie du premier LOL. J’étais donc en CM2 ! Il a eu un grave accident il y a six ans, il est resté dans le coma pendant 12 jours, on a cru qu’il allait mourir… Le voir aujourd’hui devant une caméra, monter sur scène et chanter après avoir frôlé la mort, c’est incroyable. On se disait : “We made it”, on s’en est sortis. J’étais en larmes.

Isaline Prévost, Thaïs Alessandrin et Théo Augier dans LOL 2.0.

Avez-vous ressenti des attentes ou une forme de pression en revenant dans un film culte, aux côtés d’acteurs tout aussi iconiques, comme Sophie Marceau ?

Tout le monde me demande : “Ça fait quoi de rejouer avec Sophie Marceau ?”, mais, à 9 ans, je ne me rendais pas compte de ce que cela impliquait de partager le plateau avec des acteurs aussi impressionnants. Je n’avais pas encore vu les films de Sophie et je n’avais pas d’idoles ni de comédiens que j’admirais particulièrement. Là, je l’ai vécu comme une première fois. Jouer avec des artistes que j’admire au plus haut point, comme Sophie Marceau, Alexandre Astier ou encore Françoise Fabian était très touchant. D’autant plus que je les voyais interpréter des répliques que j’avais écrites.

En revanche, j’étais ultrastressée. J’ai passé deux ans à me mordre les doigts comme ce n’est pas permis, à douter, à faire des crises d’anxiété en me disant : “Les gens vont juste se rendre compte que c’est nul, ils vont détester ce film et se dire ‘Mais c’est qui cette fille de qui prend de la place pour faire de la merde ?’” Je me suis dit toutes les choses les plus négatives possibles à propos de moi-même.

D’un point de vue objectif et extérieur, ce deuxième film est très réussi, il résonne énormément en nous et le thème de la rupture est particulièrement bien traité !

C’est une thématique universelle, qui touche tout le monde ! J’ai mis beaucoup de moi dans ce film. Par exemple, le moment où Louise explose les écrans avec une batte de baseball s’inspire de ma propre expérience, quand mes copines m’ont emmenée dans une rage room après ma rupture, parce que j’avais emmagasiné trop de colère en moi durant des mois. C’est un des moments les plus satisfaisants de ma vie. [Rires]

Mais, honnêtement, je pense que cette peur de décevoir a été un moteur, pour ma mère et moi. Chaque fois, on se disait : “Il faut faire mieux, pour les fans du premier film.” On a beaucoup retravaillé le scénario, encore et encore, pour leur offrir la meilleure suite possible. Donc, ces deux ans de stress en valaient la peine.

Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0.

Comment avez-vous travaillé avec Sophie Marceau pour faire exister cette relation mère-fille à l’écran, qui fait écho au duo iconique formé autrefois avec Christa Theret ?

Sophie Marceau est une actrice exceptionnelle. Elle est tellement talentueuse. En une seconde, elle vous fait ressentir une chaleur maternelle incroyable. Avant de jouer la première scène, j’avais une appréhension : celle de ne pas réussir à installer l’intimité physique que j’ai avec ma mère – on est très tactiles, on se fait beaucoup de câlins, on n’a pas peur de se toucher – avec Sophie. Ma mère lui en a parlé en douce – parce qu’elle fait tout dans mon dos ! – et Sophie, adorable, est venue me faire un énorme câlin avant qu’on commence à jouer. Ça m’a rassurée et ça m’a permis d’oser la toucher.

Vous l’avez dit : la réalisatrice du film est votre mère, Lisa Azuelos. Comment trouve-t-on l’équilibre entre relation familiale et relation artistique sur un plateau, en tant qu’actrice et coscénariste ?

C’est ce qui a été le plus dur. Il fallait gérer le rapport actrice-réalisatrice, mère-fille et coscénaristes, car nous réécrivions les scènes jusqu’à la dernière seconde. Notre relation mère-fille a un peu disparu et ça nous a manqué. D’habitude, nous sommes le bureau des plaintes l’une de l’autre. Ma mère, c’est la personne que j’appelle tout le temps : quand j’ai une peine de cœur, quand j’ai une peine de travail… Mais, par peur d’ajouter de la pression à l’autre, on n’osait plus se confier.

Au bout d’un mois de tournage, on a explosé et je lui ai dit : “J’ai besoin de ma mère.” Elle m’a répondu : “J’ai besoin de ma fille.” On a décidé d’arrêter de faire semblant d’être juste des collègues et de se rappeler qu’on était une équipe. À partir de là, tout s’est débloqué.

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LOL 2.0 : la suite du film culte est-elle réussie ?

En 2008, le film LOL de Lisa Azuelos a marqué toute une époque, s’intéressant à la relation conflictuelle entre une mère et sa fille, ainsi qu’aux histoires de cœur des différentes protagonistes. Sophie Marceau incarnait Anne et Christa Théret interprétait Lola (qui donne en partie son nom au film) dans une comédie tendre et caustique marquée par son époque.

Près de 18 ans après, LOL 2.0 retrouve le personnage d’Anne, plus âgée, et suit la petite sœur de Lola, Louise, incarnée par Thaïs Alessandrin. En presque 20 ans, l’époque a changé, les relations ne sont plus les mêmes et les modes de communication sont différents. Le film joue avec ces particularités et s’inscrit, à nouveau, dans son époque. Très attendu, LOL 2.0 sera-t-il le même événement générationnel que son aîné (et ses 3,5 millions d’entrées) ? Les premières critiques commencent à tomber et permettent de se faire une idée.

Que pense la presse de LOL 2.0 ?

Si LOL 2.0 cherche à ne pas tomber dans la redite et dans la nostalgie, c’est pourtant l’un des reproches principaux faits au film. Ainsi, pour France Info, le nouveau long-métrage de Lisa Azuelos ne parvient pas à éviter « l’air de déjà-vu », avec une même « adulte paumée, une relation mère-fille fusionnelle, une bande de potes soudée et une histoire d’amour empêchée ».

La critique reconnaît à la cinéaste son envie d’aborder les préoccupations de la jeunesse d’aujourd’hui (avec des questions sociales et politiques), mais, « à force de vouloir comprendre à tout prix la jeunesse, Lisa Azuelos l’enferme dans des étiquettes cliché ».

Première, pour sa part, estime que la réalisatrice est toujours aussi « connectée à la jeunesse de 2026 qu’à celle de 2009 ». Si cette suite « ne se hisse pas à la hauteur du premier LOL« , le site rappelle que « Sophie Marceau prouve une fois encore que, depuis La Boum, elle n’est jamais aussi irrésistible que dans les comédies générationnelles ». Le site Grazia évoque néanmoins une déception et estime que le film « peine à retrouver l’étincelle originelle » et « tente de décrypter la génération TikTok avec un regard qui se veut complice, mais qui finit par paraître extérieur ».

En s’attaquant à son propre film culte, Lisa Azuelos se heurte naturellement à la comparaison et ce LOL 2.0 a tout du projet aussi intrigant qu’inquiétant, qui ne manquera pas de faire débat. Reste à voir si le public (et la nouvelle génération) se déplacera en salle pour le découvrir, dès ce 11 février 2026.

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Sortie de LOL 2.0 : que sont devenus les acteurs et actrices du film culte de 2009 ?

Dix-sept ans après LOL (Laughing Out Loud), comédie générationnelle devenue emblématique de la fin des années 2000, Lisa Azuelos ressuscite son univers avec LOL 2.0, en salles le 11 février.

La bande-annonce de LOL 2.0.

Sorti en 2009, le long-métrage original suivait le quotidien de Lola (Christa Theret), adolescente parisienne prise entre amitiés, amours et premières désillusions, tandis que sa mère Anne (Sophie Marceau), fraîchement séparée, tentait de renouer le dialogue. Cette suite promet de prolonger ce regard générationnel tout en reconfigurant son casting.

Qui fait son retour dans LOL 2.0 ?

Figure centrale du premier film, Sophie Marceau reprend le rôle d’Anne. Depuis LOL, l’actrice a poursuivi sa carrière au cinéma, retrouvant à plusieurs reprises Lisa Azuelos notamment pour Une rencontre (2014) et I Love America (2022). Alexandre Astier est également de retour dans le rôle du père, après avoir consolidé son statut d’auteur avec Kaamelott, décliné de la télévision au cinéma.

LOL 2.0.

Françoise Fabian est elle aussi de retour. Actrice incontournable depuis les années 1960, elle n’a jamais cessé d’alterner théâtre, cinéma et télévision. Révélé par LOL, Jérémy Kapone reprend son personnage de Maël après avoir développé, loin des projecteurs, une carrière musicale et artistique. Enfin, Thaïs Alessandrin, aperçue enfant dans le premier film et dans d’autres œuvres de la réalisatrice, occupe désormais la place centrale.

Quels acteurs et actrices manquent à l’appel ?

Héroïne du film original, Christa Theret, qui incarnait Lola, ne reprend pas son rôle. Nommée au César du meilleur espoir féminin en 2010, elle a ensuite poursuivi une carrière au cinéma et à la télévision, apparaissant notamment dans Renoir (2012) de Gilles Bourdos ou Le bruit des glaçons (2010) de Bertrand Blier.

Sophie Marceau et Christa Theret dans LOL.

Autre absence notable : Félix Moati, alias Arthur dans le film de 2009. Depuis, il a enchainé les rôles au cinéma comme dans Hippocrate (2014), Le grand bain (2018) ou The French Dispatch (2021) de Wes Anderson. Il a également franchi le pas de la réalisation avec Après Suzanne (2016) puis Deux fils (2018).

Quels sont les nouveaux visages ?

LOL 2.0 introduit de nouveaux profils. Vincent Elbaz (La vérité si je mens) rejoint l’univers aux côtés de Victor Belmondo (vu dans Vivre, mourir, renaître). Le casting accueille également Sylvie Testud (Cocorico) et Paola Locatelli (Les liaisons dangereuses).

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