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Cette appli française et open source estime l’empreinte carbone de votre usage de l’IA

La Fondation Sahar, lobby pro intelligence artificielle associé à l’entreprise Sahar, spécialisée dans l’influence numérique, lance l’outil TrackCarbon. Open source et gratuit, il est disponible dès aujourd’hui sur Mac (les versions Windows et Linux arrivent prochainement) et se propose de dresser un bilan de votre utilisation de l’IA.

C’est quoi, TrackCarbon ?

Le nom de l’outil de la Fondation Sahar est sans équivoque : TrackCarbon est un utilitaire qui reste en toile de fond sur votre ordinateur et va surveiller vos interactions avec les différents outils d’intelligence artificielle du marché pour esquisser le bilan carbone de l’utilisation que vous en faites. En étudiant la longueur de vos prompts, le modèle (LLM) utilisé et le fournisseur de service, TrackCarbon peut passer ces données à la moulinette de plusieurs études scientifiques qui ont tenté, par le passé, de dresser le bilan le plus objectif possible sur la consommation énergétique de la technologie.

La Fondation est lucide et sait pertinemment qu’il s’agit là d’estimations ; que d’innombrables variables peuvent alourdir ou au contraire alléger le bilan que saurait dresser TrackCarbon. Reste que, comme pour les outils estimant votre bilan carbone à partir de vos habitudes de transport ou d’alimentation, cet outil gratuit a une visée informative avant tout. « TrackCarbon ne se positionne pas contre l’intelligence artificielle, assurent ses concepteurs. Son ambition est d’apporter de la nuance, de comparer les usages et les modèles, et de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact environnemental de l’IA, afin de favoriser une prise de conscience progressive et des usages plus éclairés et responsables. »

La Fondation Sahar fait évoluer en permanence son modèle d’estimation grâce à des appels à contributions de scientifiques et d’experts. Précisons également que cet outil open source (tout le code est consultable librement sur Github) conserve toutes ses données localement. Rien ne quitte votre ordinateur pour rejoindre un serveur distant.

Quelles données capte TrackCarbon ?

Alors, à quoi ça ressemble, une session avec TrackCarbon ? Une fois lancé, l’outil vient se ranger dans la barre d’état du Mac comme un surveillant silencieux. Comme le précise le site de la fondation, TrackCarbon ne prend en charge que les versions web des LLM les plus populaires : ChatGPT, Gemini, Claude, et Mistral. Les applications natives (à l’exception de Claude) ne sont pas supportées et pourraient fausser les résultats.

L’outil va ainsi garder un œil sur les onglets de votre navigateur pour analyser vos interactions avec l’IA, desquelles il tirera plusieurs enseignements consultables sur l’interface de TrackCarbon. On apprend notamment le nombre de requêtes effectuées, l’énergie dépensée par modèle et l’impact carbone estimé de vos interactions (on peut affiner la temporalité du graphique). Pratique : on se voit aussi présenter une équivalence de consommation (par exemple en nombre de recharges d’un smartphone ou en distance parcourue en voiture thermique).

Avec son impact sur l’emploi, le respect des données personnelles, du droit à l’image et de la propriété intellectuelle, l’écologie est l’un des innombrables défis posés par l’intelligence artificielle. Mais, comme chaque fois qu’il est question de protéger l’environnement, évitons de nous tromper de cible. Ce n’est pas votre prompt quotidien sur ChatGPT qui esquinte la planète. Ce sont les fermes de serveurs de plusieurs hectares qui sont construites partout dans le monde, polluent l’air et drainent les nappes phréatiques de régions entières qui le sont. Tout cela alors que l’IA n’a toujours pas trouvé le moindre modèle économique viable, faut-il le rappeler.

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Discord va vérifier que vous êtes majeurs dès le mois prochain : à quoi faut-il s’attendre ?

Discord prend de l’avance sur la législation française, qui interdira dès septembre prochain l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux. Dans un communiqué de presse publié par l’entreprise hier, on apprend que l’âge de tous les utilisateurs et utilisatrices de la plateforme dans le monde va être vérifié dès le mois de mars 2026. Voici ce que l’on sait sur cette mesure controversée.

La vérification d’âge arrive sur Discord

Voici comment les choses vont se passer. Lorsque cette mesure sera appliquée, tous les comptes (nouveaux comme existants) se retrouveront placés en « teen mode » (mode adolescent), qui restreint drastiquement les accès à des serveurs réservés aux majeurs, floute le contenu adulte et érige des barrières, notamment en matière d’échanges privés (DM). Pour lever ces restrictions, les utilisateurs et utilisatrices devront prouver leur majorité.

Pour ce faire, deux méthodes seront proposées. La première est la même que celle utilisée par la plupart des gouvernements ayant introduit la vérification d’âge pour accéder à certaines plateformes (et notamment la France pour les sites pornographiques depuis l’été dernier). Elle demande de prendre une courte vidéo où il nous sera demandé d’effectuer différentes mimiques pour prouver que l’on ne cherche pas à tromper le système avec une photo. L’intelligence artificielle va étudier notre visage afin d’estimer notre âge. Si ça passe, on n’en parle plus. Si le système a un doute, alors il faudra utiliser la seconde méthode.

Celle-ci est relativement infaillible, puisqu’elle demande aux internautes de scanner leur carte d’identité nationale, laquelle indique très clairement notre date de naissance. Dans son communiqué, Discord annonce aussi étudier des façons passives de vérifier l’âge de ses utilisateurs et utilisatrices, par exemple en analysant les comportements et la nature des échanges sur la plateforme.

Discord vérification âge
Les deux méthodes principales de vérification de l’âge utilisées par Discord.

Pourquoi cette annonce fait-elle polémique ?

Discord est la première plateforme sociale à mettre en place, partout dans le monde, un processus de vérification de l’âge de ses utilisateurs. Cette mesure intervient dans le sillage de beaucoup de législations locales (plusieurs États des États-Unis ; l’Australie pour les moins de 16 ans…), mais le caractère mondial de cette annonce est pour le moins inédit… et n’est pas bien accueilli du tout.

La raison est simple : sous prétexte de mieux protéger les mineur·es sur sa plateforme, Discord demande à l’intégralité de ses utilisateurs et utilisatrices de renoncer à leur anonymat en ligne et de montrer patte blanche. Même si Discord assure que les vidéos censées prouver votre majorité sont stockées sur votre appareil et supprimées instantanément après la vérification, personne n’a les moyens de vérifier ces allégations (Discord est une application fermée).

Pire : l’introduction de la vérification d’âge au Royaume-Uni en octobre dernier a conduit à la fuite quasi instantanée de plus de 70 000 pièces d’identité. Autant dire que cela n’a rien de rassurant.

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Cette appli française et open source estime l’empreinte carbone de votre usage de l’IA

La Fondation Sahar, lobby pro intelligence artificielle associé à l’entreprise Sahar, spécialisée dans l’influence numérique, lance l’outil TrackCarbon. Open source et gratuit, il est disponible dès aujourd’hui sur Mac (les versions Windows et Linux arrivent prochainement) et se propose de dresser un bilan de votre utilisation de l’IA.

C’est quoi, TrackCarbon ?

Le nom de l’outil de la Fondation Sahar est sans équivoque : TrackCarbon est un utilitaire qui reste en toile de fond sur votre ordinateur et va surveiller vos interactions avec les différents outils d’intelligence artificielle du marché pour esquisser le bilan carbone de l’utilisation que vous en faites. En étudiant la longueur de vos prompts, le modèle (LLM) utilisé et le fournisseur de service, TrackCarbon peut passer ces données à la moulinette de plusieurs études scientifiques qui ont tenté, par le passé, de dresser le bilan le plus objectif possible sur la consommation énergétique de la technologie.

La Fondation est lucide et sait pertinemment qu’il s’agit là d’estimations ; que d’innombrables variables peuvent alourdir ou au contraire alléger le bilan que saurait dresser TrackCarbon. Reste que, comme pour les outils estimant votre bilan carbone à partir de vos habitudes de transport ou d’alimentation, cet outil gratuit a une visée informative avant tout. « TrackCarbon ne se positionne pas contre l’intelligence artificielle, assurent ses concepteurs. Son ambition est d’apporter de la nuance, de comparer les usages et les modèles, et de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact environnemental de l’IA, afin de favoriser une prise de conscience progressive et des usages plus éclairés et responsables. »

La Fondation Sahar fait évoluer en permanence son modèle d’estimation grâce à des appels à contributions de scientifiques et d’experts. Précisons également que cet outil open source (tout le code est consultable librement sur Github) conserve toutes ses données localement. Rien ne quitte votre ordinateur pour rejoindre un serveur distant.

Quelles données capte TrackCarbon ?

Alors, à quoi ça ressemble, une session avec TrackCarbon ? Une fois lancé, l’outil vient se ranger dans la barre d’état du Mac comme un surveillant silencieux. Comme le précise le site de la fondation, TrackCarbon ne prend en charge que les versions web des LLM les plus populaires : ChatGPT, Gemini, Claude, et Mistral. Les applications natives (à l’exception de Claude) ne sont pas supportées et pourraient fausser les résultats.

L’outil va ainsi garder un œil sur les onglets de votre navigateur pour analyser vos interactions avec l’IA, desquelles il tirera plusieurs enseignements consultables sur l’interface de TrackCarbon. On apprend notamment le nombre de requêtes effectuées, l’énergie dépensée par modèle et l’impact carbone estimé de vos interactions (on peut affiner la temporalité du graphique). Pratique : on se voit aussi présenter une équivalence de consommation (par exemple en nombre de recharges d’un smartphone ou en distance parcourue en voiture thermique).

Avec son impact sur l’emploi, le respect des données personnelles, du droit à l’image et de la propriété intellectuelle, l’écologie est l’un des innombrables défis posés par l’intelligence artificielle. Mais, comme chaque fois qu’il est question de protéger l’environnement, évitons de nous tromper de cible. Ce n’est pas votre prompt quotidien sur ChatGPT qui esquinte la planète. Ce sont les fermes de serveurs de plusieurs hectares qui sont construites partout dans le monde, polluent l’air et drainent les nappes phréatiques de régions entières qui le sont. Tout cela alors que l’IA n’a toujours pas trouvé le moindre modèle économique viable, faut-il le rappeler.

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Discord va vérifier que vous êtes majeurs dès le mois prochain : à quoi faut-il s’attendre ?

Discord prend de l’avance sur la législation française, qui interdira dès septembre prochain l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux. Dans un communiqué de presse publié par l’entreprise hier, on apprend que l’âge de tous les utilisateurs et utilisatrices de la plateforme dans le monde va être vérifié dès le mois de mars 2026. Voici ce que l’on sait sur cette mesure controversée.

La vérification d’âge arrive sur Discord

Voici comment les choses vont se passer. Lorsque cette mesure sera appliquée, tous les comptes (nouveaux comme existants) se retrouveront placés en « teen mode » (mode adolescent), qui restreint drastiquement les accès à des serveurs réservés aux majeurs, floute le contenu adulte et érige des barrières, notamment en matière d’échanges privés (DM). Pour lever ces restrictions, les utilisateurs et utilisatrices devront prouver leur majorité.

Pour ce faire, deux méthodes seront proposées. La première est la même que celle utilisée par la plupart des gouvernements ayant introduit la vérification d’âge pour accéder à certaines plateformes (et notamment la France pour les sites pornographiques depuis l’été dernier). Elle demande de prendre une courte vidéo où il nous sera demandé d’effectuer différentes mimiques pour prouver que l’on ne cherche pas à tromper le système avec une photo. L’intelligence artificielle va étudier notre visage afin d’estimer notre âge. Si ça passe, on n’en parle plus. Si le système a un doute, alors il faudra utiliser la seconde méthode.

Celle-ci est relativement infaillible, puisqu’elle demande aux internautes de scanner leur carte d’identité nationale, laquelle indique très clairement notre date de naissance. Dans son communiqué, Discord annonce aussi étudier des façons passives de vérifier l’âge de ses utilisateurs et utilisatrices, par exemple en analysant les comportements et la nature des échanges sur la plateforme.

Discord vérification âge
Les deux méthodes principales de vérification de l’âge utilisées par Discord.

Pourquoi cette annonce fait-elle polémique ?

Discord est la première plateforme sociale à mettre en place, partout dans le monde, un processus de vérification de l’âge de ses utilisateurs. Cette mesure intervient dans le sillage de beaucoup de législations locales (plusieurs États des États-Unis ; l’Australie pour les moins de 16 ans…), mais le caractère mondial de cette annonce est pour le moins inédit… et n’est pas bien accueilli du tout.

La raison est simple : sous prétexte de mieux protéger les mineur·es sur sa plateforme, Discord demande à l’intégralité de ses utilisateurs et utilisatrices de renoncer à leur anonymat en ligne et de montrer patte blanche. Même si Discord assure que les vidéos censées prouver votre majorité sont stockées sur votre appareil et supprimées instantanément après la vérification, personne n’a les moyens de vérifier ces allégations (Discord est une application fermée).

Pire : l’introduction de la vérification d’âge au Royaume-Uni en octobre dernier a conduit à la fuite quasi instantanée de plus de 70 000 pièces d’identité. Autant dire que cela n’a rien de rassurant.

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Après les réseaux sociaux, le gouvernement veut s’attaquer aux VPN

C’est désormais (presque) acté : les adolescents de moins de 15 ans n’auront plus accès aux réseaux sociaux, en France, à compter du 1er septembre 2026. Plus tard, au 1er janvier 2027, tous les internautes de l’Hexagone devront se plier à une vérification d’âge pour pouvoir accéder à leur plateforme en ligne préférée. Un processus intrusif, qui pose d’énormes questions d’anonymat et de protection des données, qui pourrait aussi s’accompagner d’une interdiction des VPN (réseaux privés virtuels) – ces logiciels permettant de masquer son adresse IP réelle pour une navigation web plus confidentielle.

Le VPN : nouvelle cible du gouvernement

Interrogée par France Info le week-end dernier sur le cas des VPN qui, justement, permettraient d’outrepasser cette vérification d’âge en se localisant dans un autre pays, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a laissé planer le doute sur leur légalité à moyen terme.

« Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste », a-t-elle lâché après avoir reconnu l’existence de ces programmes dédiés à la confidentialité en ligne – et bannis exclusivement de pays aux régimes autoritaires comme la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord. Pour l’heure, on n’en saura pas plus sur les plans du gouvernement. Mais l’interdiction, ou, a minima, la restriction des VPN est une vieille rengaine. Et, dans un contexte de fort recul de l’anonymat en ligne, sous couvert de protection de l’enfance, chaque nouvelle tentative législative nous rapproche un peu plus d’un point de bascule.

🔴 Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : "Oui le VPN existe, mais si avec ce texte, je réussis à protéger une très large majorité des enfants, nous continuerons."

🗣 Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. pic.twitter.com/S2BQ9Ddf7G

— franceinfo (@franceinfo) January 30, 2026

Plusieurs scénarios seraient envisageables. Le premier serait de réserver l’usage de VPN aux plus de 15 ans, afin que les mineur·es ne puissent se servir de ce genre de programmes pour accéder, malgré tout, aux réseaux sociaux (en réalité, un simple maquillage grossier suffit pour tromper les algorithmes de détection de l’âge…). Notez que cela impliquerait alors que les fournisseurs de VPN demandent à leurs utilisateurs et utilisatrices de scanner leur visage. Pour des produits justement destinés à renforcer la confidentialité en ligne, c’est plutôt paradoxal. Le second scénario impliquerait une forte restriction, voire un bannissement total des VPN sur le territoire.

Pourquoi il est important de défendre les VPN

Avec les messageries chiffrées (comme Signal), le VPN fait partie de l’attirail standard des personnes ayant à cœur de naviguer sur le Web de façon confidentielle. Comme les messageries chiffrées, c’est vrai, les VPN peuvent être détournés de leur usage premier par des cybercriminels (voire des criminels tout court) afin de les rendre plus difficiles à coincer. Mais, ce genre d’outils est également indispensable aux journalistes d’investigation, aux lanceurs d’alerte, aux internautes résidant dans un pays autoritaire et souhaitant s’informer sur l’actualité du monde – ou même simplement rester en contact avec les pays voisins.

Plus prosaïquement, le VPN offre une certaine forme de sérénité sur un Web de plus en plus surveillé. En utiliser un, ce n’est pas louche. De la même manière que vous posiez peut-être un livre entre vous et votre voisin de table lors d’un devoir en classe pour qu’il ou elle ne copie pas sur vous, un VPN vous permet d’explorer le Web seul·e, sans personne susceptible de regarder par-dessus votre épaule. Sans jugement, sans trace.

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Après les réseaux sociaux, le gouvernement veut s’attaquer aux VPN

C’est désormais (presque) acté : les adolescents de moins de 15 ans n’auront plus accès aux réseaux sociaux, en France, à compter du 1er septembre 2026. Plus tard, au 1er janvier 2027, tous les internautes de l’Hexagone devront se plier à une vérification d’âge pour pouvoir accéder à leur plateforme en ligne préférée. Un processus intrusif, qui pose d’énormes questions d’anonymat et de protection des données, qui pourrait aussi s’accompagner d’une interdiction des VPN (réseaux privés virtuels) – ces logiciels permettant de masquer son adresse IP réelle pour une navigation web plus confidentielle.

Le VPN : nouvelle cible du gouvernement

Interrogée par France Info le week-end dernier sur le cas des VPN qui, justement, permettraient d’outrepasser cette vérification d’âge en se localisant dans un autre pays, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, a laissé planer le doute sur leur légalité à moyen terme.

« Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste », a-t-elle lâché après avoir reconnu l’existence de ces programmes dédiés à la confidentialité en ligne – et bannis exclusivement de pays aux régimes autoritaires comme la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord. Pour l’heure, on n’en saura pas plus sur les plans du gouvernement. Mais l’interdiction, ou, a minima, la restriction des VPN est une vieille rengaine. Et, dans un contexte de fort recul de l’anonymat en ligne, sous couvert de protection de l’enfance, chaque nouvelle tentative législative nous rapproche un peu plus d’un point de bascule.

🔴 Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : "Oui le VPN existe, mais si avec ce texte, je réussis à protéger une très large majorité des enfants, nous continuerons."

🗣 Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. pic.twitter.com/S2BQ9Ddf7G

— franceinfo (@franceinfo) January 30, 2026

Plusieurs scénarios seraient envisageables. Le premier serait de réserver l’usage de VPN aux plus de 15 ans, afin que les mineur·es ne puissent se servir de ce genre de programmes pour accéder, malgré tout, aux réseaux sociaux (en réalité, un simple maquillage grossier suffit pour tromper les algorithmes de détection de l’âge…). Notez que cela impliquerait alors que les fournisseurs de VPN demandent à leurs utilisateurs et utilisatrices de scanner leur visage. Pour des produits justement destinés à renforcer la confidentialité en ligne, c’est plutôt paradoxal. Le second scénario impliquerait une forte restriction, voire un bannissement total des VPN sur le territoire.

Pourquoi il est important de défendre les VPN

Avec les messageries chiffrées (comme Signal), le VPN fait partie de l’attirail standard des personnes ayant à cœur de naviguer sur le Web de façon confidentielle. Comme les messageries chiffrées, c’est vrai, les VPN peuvent être détournés de leur usage premier par des cybercriminels (voire des criminels tout court) afin de les rendre plus difficiles à coincer. Mais, ce genre d’outils est également indispensable aux journalistes d’investigation, aux lanceurs d’alerte, aux internautes résidant dans un pays autoritaire et souhaitant s’informer sur l’actualité du monde – ou même simplement rester en contact avec les pays voisins.

Plus prosaïquement, le VPN offre une certaine forme de sérénité sur un Web de plus en plus surveillé. En utiliser un, ce n’est pas louche. De la même manière que vous posiez peut-être un livre entre vous et votre voisin de table lors d’un devoir en classe pour qu’il ou elle ne copie pas sur vous, un VPN vous permet d’explorer le Web seul·e, sans personne susceptible de regarder par-dessus votre épaule. Sans jugement, sans trace.

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Pourquoi Internet nous fatigue-t-il autant (et ce n’est pas une illusion) ?

C’est un geste devenu automatique : au réveil, dans les transports ou avant de dormir, le pouce parcourt des kilomètres de contenus sur l’écran du smartphone. Inventé par l’ingénieur américain Aza Raskin en 2006, l’infinite scroll (ou scroll infini) était destiné initialement à fluidifier l’expérience utilisateur, bien que son créateur ait depuis largement alerté sur ses effets addictifs. Cette absence de barrière visuelle prive notre cerveau de « points d’arrêt », ces moments de pause naturels qui nous permettent d’évaluer si nous voulons continuer ou non.

Le psychologue américain Adam Alter, auteur de l’ouvrage Irresistible, the Rise of Addictive Technology, explique que cette conception exploite ce qu’on appelle la récompense aléatoire. Comme devant une machine à sous, l’utilisateur continue de scroller dans l’espoir que le prochain contenu sera gratifiant. Cette sollicitation constante du circuit de la récompense génère une lassitude profonde : le plaisir disparaît, mais l’automatisme demeure. On peut parler de « technostress », un concept formalisé dès les années 1980 pour décrire le stress induit par les technologies de l’information.

Internet nous fatigue

Le coût caché de l’interruption permanente

La fatigue numérique est aussi une fatigue de l’attention fragmentée. Selon une étude célèbre – The Cost of Interrupted Work — de la chercheuse Gloria Mark, professeure à l’Université de Californie à Irvine, il faut en moyenne 23 minutes et 15 secondes pour se reconcentrer et reprendre pleinement la réalisation de sa tâche après avoir été interrompu. Or, entre les e-mails, les messageries internes et les notifications de réseaux sociaux, l’utilisateur moyen est sollicité toutes les quelques minutes.

Ce passage incessant d’une tâche à l’autre, le « multitasking », a un coût métabolique. Chaque microdécision – « Dois-je cliquer sur ce lien ? », « Dois-je répondre à ce message ? » – consomme du glucose, le carburant de notre cerveau. Résultat : en fin de journée, nous souffrons de fatigue décisionnelle, et notre capacité à faire des choix éclairés s’effondre, nous laissant dans un état d’hébétude devant nos écrans.

Zoom fatigue et “context collapse”

L’épuisement ne vient pas seulement de l’information, mais aussi de l’interaction sociale. La « Zoom fatigue », ce phénomène d’épuisement propre aux visioconférences, a été théorisée par le chercheur Jeremy Bailenson du Stanford Virtual Human Interaction Lab.​ En cause : le contact visuel prolongé à une distance intime, la vision constante de son propre visage qui alimente une autosurveillance permanente, et une charge cognitive accrue pour interpréter les signaux non verbaux à l’écran. Cette fatigue ne se limite pas au travail : elle révèle plus largement l’épuisement généré par des interactions numériques constantes et normées.

Internet repli

À cela s’ajoute le concept de « context collapse » (effondrement des contextes), dans l’étude Marwick and Boyd en 2010 : sur Internet, nos différents mondes – professionnel, familial, amical – se percutent dans la même interface. Gérer son image simultanément pour tous ces publics demande une gymnastique mentale constante. Autrement dit, nous sommes contraints par Internet à parler à tout le monde en même temps, sans jamais changer de ton. Pour la chercheuse Danah Boyd, les réseaux sociaux transforment nos échanges en véritables performances face à une audience mêlant tous nos cercles sociaux. Et cette mise en scène de soi permanente devient une source majeure de charge mentale.

Vers une fatigue informationnelle généralisée

En France, la Fondation Jean-Jaurès a mis en lumière un phénomène croissant : l’évitement de l’information. Près de la moitié des Français déclarent éprouver une forme de lassitude face au flux d’actualités, souvent anxiogène, un comportement que l’on rattache au « doomscrolling« .​ Cette saturation mène à une forme d’anesthésie émotionnelle, où les mauvaises nouvelles ne provoquent plus que de l’indifférence ou de la sidération.

Pour Tristan Harris, ancien designer éthique chez Google et cofondateur du Center for Humane Technology, la structure même de l’économie de l’attention est en conflit avec notre biologie. « Nos technologies ne sont pas de simples outils qui attendent d’être utilisés. Ce sont des environnements qui nous manipulent pour nous garder engagés le plus longtemps possible », affirmait-il dans le documentaire Derrière nos écrans de fumée (Netflix). Autrement dit, l’épuisement que nous ressentons n’est pas un bug, mais la conséquence logique de plateformes conçues pour capturer notre attention.

Reprendre le contrôle : de la résistance à la sobriété

Face à ce constat, des mouvements émergent. ​En France, la Cnil pointe désormais du doigt les « dark patterns », ces designs d’interface trompeurs qui incitent l’utilisateur à rester connecté plus longtemps ou à partager plus de données qu’il ne le souhaiterait, allant jusqu’à prononcer des mises en demeure et sanctions. ​Mais la réponse est aussi individuelle, avec une tendance croissante à la « déconnexion sélective ».

Il ne s’agit plus forcément de tout couper, contrairement à la « digital detox » souvent culpabilisante, mais de restaurer des barrières : désactivation des notifications non essentielles, retour au format papier pour la lecture longue ou usage d’applications de limitation de temps. L’enjeu de demain ne sera plus seulement d’accéder à l’information, mais de savoir préserver nos ressources les plus précieuses : notre attention et notre capacité à la diriger nous-mêmes.

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Pourquoi Internet nous fatigue-t-il autant (et ce n’est pas une illusion) ?

C’est un geste devenu automatique : au réveil, dans les transports ou avant de dormir, le pouce parcourt des kilomètres de contenus sur l’écran du smartphone. Inventé par l’ingénieur américain Aza Raskin en 2006, l’infinite scroll (ou scroll infini) était destiné initialement à fluidifier l’expérience utilisateur, bien que son créateur ait depuis largement alerté sur ses effets addictifs. Cette absence de barrière visuelle prive notre cerveau de « points d’arrêt », ces moments de pause naturels qui nous permettent d’évaluer si nous voulons continuer ou non.

Le psychologue américain Adam Alter, auteur de l’ouvrage Irresistible, the Rise of Addictive Technology, explique que cette conception exploite ce qu’on appelle la récompense aléatoire. Comme devant une machine à sous, l’utilisateur continue de scroller dans l’espoir que le prochain contenu sera gratifiant. Cette sollicitation constante du circuit de la récompense génère une lassitude profonde : le plaisir disparaît, mais l’automatisme demeure. On peut parler de « technostress », un concept formalisé dès les années 1980 pour décrire le stress induit par les technologies de l’information.

Internet nous fatigue

Le coût caché de l’interruption permanente

La fatigue numérique est aussi une fatigue de l’attention fragmentée. Selon une étude célèbre – The Cost of Interrupted Work — de la chercheuse Gloria Mark, professeure à l’Université de Californie à Irvine, il faut en moyenne 23 minutes et 15 secondes pour se reconcentrer et reprendre pleinement la réalisation de sa tâche après avoir été interrompu. Or, entre les e-mails, les messageries internes et les notifications de réseaux sociaux, l’utilisateur moyen est sollicité toutes les quelques minutes.

Ce passage incessant d’une tâche à l’autre, le « multitasking », a un coût métabolique. Chaque microdécision – « Dois-je cliquer sur ce lien ? », « Dois-je répondre à ce message ? » – consomme du glucose, le carburant de notre cerveau. Résultat : en fin de journée, nous souffrons de fatigue décisionnelle, et notre capacité à faire des choix éclairés s’effondre, nous laissant dans un état d’hébétude devant nos écrans.

Zoom fatigue et “context collapse”

L’épuisement ne vient pas seulement de l’information, mais aussi de l’interaction sociale. La « Zoom fatigue », ce phénomène d’épuisement propre aux visioconférences, a été théorisée par le chercheur Jeremy Bailenson du Stanford Virtual Human Interaction Lab.​ En cause : le contact visuel prolongé à une distance intime, la vision constante de son propre visage qui alimente une autosurveillance permanente, et une charge cognitive accrue pour interpréter les signaux non verbaux à l’écran. Cette fatigue ne se limite pas au travail : elle révèle plus largement l’épuisement généré par des interactions numériques constantes et normées.

Internet repli

À cela s’ajoute le concept de « context collapse » (effondrement des contextes), dans l’étude Marwick and Boyd en 2010 : sur Internet, nos différents mondes – professionnel, familial, amical – se percutent dans la même interface. Gérer son image simultanément pour tous ces publics demande une gymnastique mentale constante. Autrement dit, nous sommes contraints par Internet à parler à tout le monde en même temps, sans jamais changer de ton. Pour la chercheuse Danah Boyd, les réseaux sociaux transforment nos échanges en véritables performances face à une audience mêlant tous nos cercles sociaux. Et cette mise en scène de soi permanente devient une source majeure de charge mentale.

Vers une fatigue informationnelle généralisée

En France, la Fondation Jean-Jaurès a mis en lumière un phénomène croissant : l’évitement de l’information. Près de la moitié des Français déclarent éprouver une forme de lassitude face au flux d’actualités, souvent anxiogène, un comportement que l’on rattache au « doomscrolling« .​ Cette saturation mène à une forme d’anesthésie émotionnelle, où les mauvaises nouvelles ne provoquent plus que de l’indifférence ou de la sidération.

Pour Tristan Harris, ancien designer éthique chez Google et cofondateur du Center for Humane Technology, la structure même de l’économie de l’attention est en conflit avec notre biologie. « Nos technologies ne sont pas de simples outils qui attendent d’être utilisés. Ce sont des environnements qui nous manipulent pour nous garder engagés le plus longtemps possible », affirmait-il dans le documentaire Derrière nos écrans de fumée (Netflix). Autrement dit, l’épuisement que nous ressentons n’est pas un bug, mais la conséquence logique de plateformes conçues pour capturer notre attention.

Reprendre le contrôle : de la résistance à la sobriété

Face à ce constat, des mouvements émergent. ​En France, la Cnil pointe désormais du doigt les « dark patterns », ces designs d’interface trompeurs qui incitent l’utilisateur à rester connecté plus longtemps ou à partager plus de données qu’il ne le souhaiterait, allant jusqu’à prononcer des mises en demeure et sanctions. ​Mais la réponse est aussi individuelle, avec une tendance croissante à la « déconnexion sélective ».

Il ne s’agit plus forcément de tout couper, contrairement à la « digital detox » souvent culpabilisante, mais de restaurer des barrières : désactivation des notifications non essentielles, retour au format papier pour la lecture longue ou usage d’applications de limitation de temps. L’enjeu de demain ne sera plus seulement d’accéder à l’information, mais de savoir préserver nos ressources les plus précieuses : notre attention et notre capacité à la diriger nous-mêmes.

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C’est officiel : les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine

Faut-il crier victoire ou au contraire s’inquiéter de la disparition de l’anonymat sur le Web ? Sur le sujet, deux camps s’opposent fermement… sauf à l’Assemblée nationale, qui a adopté ce lundi 26 janvier à 130 voix contre 21 la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, ainsi que l’usage des smartphones dans l’enceinte des lycées. Une adoption éclair, qui fait suite à l’instauration, début décembre 2025, d’une loi similaire en Australie – dont les effets peinent encore à convaincre.

Ce qui va changer le 1er septembre 2026

À moins que le Sénat rejette la proposition de loi en février prochain (ce qui est plus qu’improbable), elle entrera bel et bien en vigueur à compter du 1er septembre 2026. À compter de cette date, « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne [sera] interdit aux mineurs de 15 ans », stipule le projet de loi porté par la députée Renaissance Laure Miller.

Ce texte, largement soutenu par l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise, vise à considérer l’impact dangereux que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les plus jeunes. Instagram, TikTok, Snapchat et d’autres sont des plateformes désormais omniprésentes dans la vie des adolescents. Elles mobilisent des techniques de rétention de l’attention nuisant gravement à leur concentration, et encouragent des comportements parfois dangereux (notamment en matière d’alimentation).

« Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, a déclaré, avant le vote, Laure Miller. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »

La mise en place de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux se fera en deux temps. Au 1er septembre 2026, toute nouvelle inscription sur un réseau social entraînera une vérification de l’âge de l’internaute. Puis, au 1er janvier 2027, il sera exigé de toutes les plateformes en ligne de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et utilisatrices, comme cela est notamment le cas au Royaume-Uni depuis l’été dernier.

En sus de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, le projet de loi prévoit également d’étendre l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées, comme c’est déjà le cas dans les collèges. Plusieurs établissements français testent déjà le dispositif depuis la rentrée dernière.

Une loi critiquée, qui fait craindre un délitement de la neutralité du Web

S’il est indéniable que les réseaux sociaux peuvent être nocifs, par leur nature, pour les plus jeunes, l’interdiction est vivement critiquée par toute une frange d’expert·es. Libération donnait hier la parole à un panel de scientifiques dans un article qui dépeint une communauté divisée sur le sujet.

Pour certain·es, interdire, c’est mépriser l’intelligence de la population adolescente. D’autres fustigent encore la facilité de la prohibition face à l’accompagnement et l’éducation. « On ne protégera pas les jeunes publics en les éloignant du numérique », regrette Anne Cordier, enseignante-chercheuse et professeure des universités en sciences de l’information et de la communication au Centre de recherche sur les médiations (Crem) à l’Université de Lorraine.

En Australie, où une loi similaire est entrée en vigueur début décembre, on semble redécouvrir que le meilleur moyen d’encourager un enfant à faire quelque chose, c’est de lui interdire. Là-bas, les ados se maquillent pour paraître plus âgés et passer entre les mailles d’un filet de détection d’âge perfectible, ou demandent à des adultes de scanner leur visage à leur place. Pire : des plateformes de messagerie plus obscures émergent, exposant de fait des adolescent·es en mal de lien social aux mêmes menaces que ces lois disent vouloir éradiquer.

Reste enfin le sujet délicat de la vérification d’âge. Cette proposition de loi vise à interdire les réseaux sociaux aux adolescents. Or, pour s’assurer qu’elles ont bien affaire à des adultes, les plateformes vont naturellement devoir mener de vastes campagnes de vérification de l’identité de leurs inscrit·es et, pour ce faire, recourir aux services d’entreprises tierces. Autant de données sensibles, très personnelles, qui échapperont au contrôle des internautes et qui risquent d’être piratées si elles ne sont pas traitées correctement. Et, si l’on se réfère à l’histoire récente, il y a toutes les raisons de craindre que nos données ne seront pas en sécurité.

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C’est officiel : les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine

Faut-il crier victoire ou au contraire s’inquiéter de la disparition de l’anonymat sur le Web ? Sur le sujet, deux camps s’opposent fermement… sauf à l’Assemblée nationale, qui a adopté ce lundi 26 janvier à 130 voix contre 21 la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, ainsi que l’usage des smartphones dans l’enceinte des lycées. Une adoption éclair, qui fait suite à l’instauration, début décembre 2025, d’une loi similaire en Australie – dont les effets peinent encore à convaincre.

Ce qui va changer le 1er septembre 2026

À moins que le Sénat rejette la proposition de loi en février prochain (ce qui est plus qu’improbable), elle entrera bel et bien en vigueur à compter du 1er septembre 2026. À compter de cette date, « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne [sera] interdit aux mineurs de 15 ans », stipule le projet de loi porté par la députée Renaissance Laure Miller.

Ce texte, largement soutenu par l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise, vise à considérer l’impact dangereux que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les plus jeunes. Instagram, TikTok, Snapchat et d’autres sont des plateformes désormais omniprésentes dans la vie des adolescents. Elles mobilisent des techniques de rétention de l’attention nuisant gravement à leur concentration, et encouragent des comportements parfois dangereux (notamment en matière d’alimentation).

« Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, a déclaré, avant le vote, Laure Miller. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »

La mise en place de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux se fera en deux temps. Au 1er septembre 2026, toute nouvelle inscription sur un réseau social entraînera une vérification de l’âge de l’internaute. Puis, au 1er janvier 2027, il sera exigé de toutes les plateformes en ligne de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et utilisatrices, comme cela est notamment le cas au Royaume-Uni depuis l’été dernier.

En sus de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, le projet de loi prévoit également d’étendre l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées, comme c’est déjà le cas dans les collèges. Plusieurs établissements français testent déjà le dispositif depuis la rentrée dernière.

Une loi critiquée, qui fait craindre un délitement de la neutralité du Web

S’il est indéniable que les réseaux sociaux peuvent être nocifs, par leur nature, pour les plus jeunes, l’interdiction est vivement critiquée par toute une frange d’expert·es. Libération donnait hier la parole à un panel de scientifiques dans un article qui dépeint une communauté divisée sur le sujet.

Pour certain·es, interdire, c’est mépriser l’intelligence de la population adolescente. D’autres fustigent encore la facilité de la prohibition face à l’accompagnement et l’éducation. « On ne protégera pas les jeunes publics en les éloignant du numérique », regrette Anne Cordier, enseignante-chercheuse et professeure des universités en sciences de l’information et de la communication au Centre de recherche sur les médiations (Crem) à l’Université de Lorraine.

En Australie, où une loi similaire est entrée en vigueur début décembre, on semble redécouvrir que le meilleur moyen d’encourager un enfant à faire quelque chose, c’est de lui interdire. Là-bas, les ados se maquillent pour paraître plus âgés et passer entre les mailles d’un filet de détection d’âge perfectible, ou demandent à des adultes de scanner leur visage à leur place. Pire : des plateformes de messagerie plus obscures émergent, exposant de fait des adolescent·es en mal de lien social aux mêmes menaces que ces lois disent vouloir éradiquer.

Reste enfin le sujet délicat de la vérification d’âge. Cette proposition de loi vise à interdire les réseaux sociaux aux adolescents. Or, pour s’assurer qu’elles ont bien affaire à des adultes, les plateformes vont naturellement devoir mener de vastes campagnes de vérification de l’identité de leurs inscrit·es et, pour ce faire, recourir aux services d’entreprises tierces. Autant de données sensibles, très personnelles, qui échapperont au contrôle des internautes et qui risquent d’être piratées si elles ne sont pas traitées correctement. Et, si l’on se réfère à l’histoire récente, il y a toutes les raisons de craindre que nos données ne seront pas en sécurité.

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­Pourquoi Internet se replie : le retour des communautés fermées… pour mieux respirer

Pendant longtemps, Internet a été pensé comme une immense place publique. Tout le monde y parlait en même temps, sous l’œil d’algorithmes chargés d’organiser le bruit. Puis, la fatigue s’est installée. Trop de polémiques, trop d’injonctions à réagir, trop de contenus conçus pour capter l’attention plutôt que nourrir une discussion. Lentement, les usages bifurquent.

Forums spécialisés, newsletters éditoriales, communautés privées sur Discord, subreddits très cadrés sur Reddit, commentaires réinventés dans certains médias : un autre Internet est en train de se dessiner. Plus discret, plus fragmenté, mais aussi plus respirable… Ce n’est pas un retour en arrière, c’est une réaction.

La fatigue du Web sous algorithme

Les réseaux sociaux généralistes ont longtemps tenu leur promesse de connexion. Mais, à force d’optimiser l’engagement, ils ont aussi amplifié la conflictualité, la polarisation et la mise en scène permanente de soi. Chaque post devient une performance, chaque interaction un score. L’espace public numérique est désormais transformé en arène. Beaucoup se sentaient obligés de surjouer la réaction pour exister dans cet univers.

Internet nous fatigue

Au fil du temps, beaucoup d’internautes, s’ils n’ont pas quitté ces plateformes, s’en sont néanmoins éloignés. Ils scrollent moins, publient moins, commentent ailleurs. Non par rejet du débat, mais parce que le débat y est devenu trop coûteux en énergie. Le « tout public » ne fait plus envie. L’échange situé, contextualisé, oui, comme le souligne le dernier rapport Edelman Trust Barometer 2026.

Ce basculement est visible chez les plus jeunes comme chez les utilisateurs aguerris. On continue d’exister sur les grandes plateformes, mais on investit en parallèle des espaces plus fermés, plus codifiés, où l’on sait à qui l’on parle et où la parole est plus mesurée.

Le retour en grâce des forums (et du temps long)

On les disait dépassés. Ils n’ont jamais vraiment disparu. Les forums spécialisés sont l’objet d’un regain d’intérêt précisément parce qu’ils font l’inverse des réseaux sociaux. Ici, pas de viralité forcée. Pas d’urgence permanente. Une question peut rester visible plusieurs jours, voire plusieurs années. Les réponses s’accumulent, se corrigent, se complètent.

Ces espaces valorisent l’expertise collective. Qu’il s’agisse de sport d’endurance, de photographie, de réparation d’objets ou de parentalité, la valeur vient de l’expérience partagée, pas de la visibilité individuelle. On écrit pour aider, pas pour être vu. Les forums permettent la construction d’une mémoire. Là où les flux effacent, ils archivent. Ils produisent un savoir lent, parfois désordonné, mais profondément utile. Un Internet qui accepte de prendre son temps, en somme.

Newsletters : le média le plus intime du moment

Même logique du côté des newsletter. Longtemps cantonnées au marketing ou en best-of d’un flux d’actualité, elles sont devenues un format éditorial central. Des plateformes comme Substack ont accéléré le mouvement, mais le phénomène dépasse aujourd’hui largement la notion d’outil. La newsletter est fondée sur une relation simple : un auteur, un lecteur, un rendez-vous. Pas d’algorithme pour décider de la visibilité. Pas de course publique à la performance. L’abonnement – souvent payant – agit comme un filtre. On choisit une voix, un regard, une manière de hiérarchiser le monde.

Internet nous fatigue

Dans un paysage saturé d’informations, cette promesse de tri et de régularité séduit. La newsletter ne couvre pas tout, mais cherche à donner du sens. Elle n’exige pas une réaction immédiate, mais une attention disponible. Une respiration assumée.

Discord et Reddit, ou le retour du cadre

Les communautés privées sur Discord incarnent sans doute le mieux ce nouvel Internet. À rebours des réseaux classiques, rien n’y est poussé. Pas de fil algorithmique, pas de viralité par défaut. Il faut entrer, lire les règles, observer, puis participer. Ce cadre change la nature des échanges. Les discussions y sont souvent plus longues, plus techniques, parfois plus exigeantes.

Certaines communautés fonctionnent comme de véritables clubs : entraide professionnelle, veille sectorielle, échanges entre passionnés. L’accès peut être filtré, coopté, voire payant. Non pour exclure, mais pour préserver la qualité. Sur Reddit, la logique est proche, mais distribuée. Le site est organisé comme une fédération de micro-espaces autonomes. Chaque subreddit a ses règles, ses modérateurs, sa culture. Certains sont chaotiques, d’autres remarquablement structurés. Ce sont ces derniers qui attirent aujourd’hui celles et ceux qui cherchent du débat informé plutôt que du clash.

Les commentaires reviennent, eux aussi… mais autrement

Ce mouvement ne concerne pas seulement les plateformes communautaires ou les formats « hors réseaux ». Il touche aussi un espace que beaucoup de médias avaient abandonné : les commentaires sous les articles. Dans les années 2010, ils étaient devenus synonymes de dérapages (souvent racistes), de modération coûteuse et de risques réputationnels. Beaucoup de rédactions avaient préféré fermer ces espaces ou renvoyer la discussion vers les réseaux sociaux.

Dix ans plus tard, les commentaires connaissent une renaissance encadrée. Comme l’a montré récemment Nieman Lab, plusieurs grands médias les réintègrent, mais en changeant radicalement les règles du jeu. Accès réservé aux abonnés, modération active, mise en avant des contributions pertinentes, participation ponctuelle des journalistes : les commentaires cessent d’être un défouloir pour redevenir un prolongement du travail éditorial. Ici encore, la logique est la même : moins de volume, plus de qualité. Moins d’ouverture formelle, plus de responsabilité partagée.

Un Internet plus fragmenté, mais plus habitable

Ce repli interroge. Faut-il y voir un risque d’enfermement, de bulles idéologiques ? La question est légitime. Mais le Web ouvert n’a pas non plus tenu toutes ses promesses en matière de débat apaisé. La différence tient peut-être à l’intention. Les communautés fermées n’aspirent pas à représenter tout le monde. Elles assument un cadre, des règles, des limites. Elles privilégient la relation à l’audience, la qualité à la portée, le lien à la visibilité.

Pour les médias, les créateurs ou les marques, l’enjeu change. Il ne s’agit plus de toucher le plus grand nombre, mais de fédérer un cercle engagé. Moins de trafic, plus de confiance. Moins de bruit, plus de liens humains.

Du Web de la foule au Web des affinités

Internet ne disparaît pas. Il se reconfigure. Après l’ère du tout-algorithme et des plateformes géantes, voici celle des affinités choisies. Un Web moins spectaculaire, mais plus respirable. Moins ouvert en apparence, mais souvent plus accueillant en profondeur.

Forums, newsletters, communautés privées et commentaires réinventés ne sont pas des refuges hors du monde. Ce sont des espaces où l’on reprend la main sur son temps, ses échanges et son attention. Parfois, pour continuer à se parler, il faut accepter de refermer un peu la porte.

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­Pourquoi Internet se replie : le retour des communautés fermées… pour mieux respirer

Pendant longtemps, Internet a été pensé comme une immense place publique. Tout le monde y parlait en même temps, sous l’œil d’algorithmes chargés d’organiser le bruit. Puis, la fatigue s’est installée. Trop de polémiques, trop d’injonctions à réagir, trop de contenus conçus pour capter l’attention plutôt que nourrir une discussion. Lentement, les usages bifurquent.

Forums spécialisés, newsletters éditoriales, communautés privées sur Discord, subreddits très cadrés sur Reddit, commentaires réinventés dans certains médias : un autre Internet est en train de se dessiner. Plus discret, plus fragmenté, mais aussi plus respirable… Ce n’est pas un retour en arrière, c’est une réaction.

La fatigue du Web sous algorithme

Les réseaux sociaux généralistes ont longtemps tenu leur promesse de connexion. Mais, à force d’optimiser l’engagement, ils ont aussi amplifié la conflictualité, la polarisation et la mise en scène permanente de soi. Chaque post devient une performance, chaque interaction un score. L’espace public numérique est désormais transformé en arène. Beaucoup se sentaient obligés de surjouer la réaction pour exister dans cet univers.

Internet nous fatigue

Au fil du temps, beaucoup d’internautes, s’ils n’ont pas quitté ces plateformes, s’en sont néanmoins éloignés. Ils scrollent moins, publient moins, commentent ailleurs. Non par rejet du débat, mais parce que le débat y est devenu trop coûteux en énergie. Le « tout public » ne fait plus envie. L’échange situé, contextualisé, oui, comme le souligne le dernier rapport Edelman Trust Barometer 2026.

Ce basculement est visible chez les plus jeunes comme chez les utilisateurs aguerris. On continue d’exister sur les grandes plateformes, mais on investit en parallèle des espaces plus fermés, plus codifiés, où l’on sait à qui l’on parle et où la parole est plus mesurée.

Le retour en grâce des forums (et du temps long)

On les disait dépassés. Ils n’ont jamais vraiment disparu. Les forums spécialisés sont l’objet d’un regain d’intérêt précisément parce qu’ils font l’inverse des réseaux sociaux. Ici, pas de viralité forcée. Pas d’urgence permanente. Une question peut rester visible plusieurs jours, voire plusieurs années. Les réponses s’accumulent, se corrigent, se complètent.

Ces espaces valorisent l’expertise collective. Qu’il s’agisse de sport d’endurance, de photographie, de réparation d’objets ou de parentalité, la valeur vient de l’expérience partagée, pas de la visibilité individuelle. On écrit pour aider, pas pour être vu. Les forums permettent la construction d’une mémoire. Là où les flux effacent, ils archivent. Ils produisent un savoir lent, parfois désordonné, mais profondément utile. Un Internet qui accepte de prendre son temps, en somme.

Newsletters : le média le plus intime du moment

Même logique du côté des newsletter. Longtemps cantonnées au marketing ou en best-of d’un flux d’actualité, elles sont devenues un format éditorial central. Des plateformes comme Substack ont accéléré le mouvement, mais le phénomène dépasse aujourd’hui largement la notion d’outil. La newsletter est fondée sur une relation simple : un auteur, un lecteur, un rendez-vous. Pas d’algorithme pour décider de la visibilité. Pas de course publique à la performance. L’abonnement – souvent payant – agit comme un filtre. On choisit une voix, un regard, une manière de hiérarchiser le monde.

Internet nous fatigue

Dans un paysage saturé d’informations, cette promesse de tri et de régularité séduit. La newsletter ne couvre pas tout, mais cherche à donner du sens. Elle n’exige pas une réaction immédiate, mais une attention disponible. Une respiration assumée.

Discord et Reddit, ou le retour du cadre

Les communautés privées sur Discord incarnent sans doute le mieux ce nouvel Internet. À rebours des réseaux classiques, rien n’y est poussé. Pas de fil algorithmique, pas de viralité par défaut. Il faut entrer, lire les règles, observer, puis participer. Ce cadre change la nature des échanges. Les discussions y sont souvent plus longues, plus techniques, parfois plus exigeantes.

Certaines communautés fonctionnent comme de véritables clubs : entraide professionnelle, veille sectorielle, échanges entre passionnés. L’accès peut être filtré, coopté, voire payant. Non pour exclure, mais pour préserver la qualité. Sur Reddit, la logique est proche, mais distribuée. Le site est organisé comme une fédération de micro-espaces autonomes. Chaque subreddit a ses règles, ses modérateurs, sa culture. Certains sont chaotiques, d’autres remarquablement structurés. Ce sont ces derniers qui attirent aujourd’hui celles et ceux qui cherchent du débat informé plutôt que du clash.

Les commentaires reviennent, eux aussi… mais autrement

Ce mouvement ne concerne pas seulement les plateformes communautaires ou les formats « hors réseaux ». Il touche aussi un espace que beaucoup de médias avaient abandonné : les commentaires sous les articles. Dans les années 2010, ils étaient devenus synonymes de dérapages (souvent racistes), de modération coûteuse et de risques réputationnels. Beaucoup de rédactions avaient préféré fermer ces espaces ou renvoyer la discussion vers les réseaux sociaux.

Dix ans plus tard, les commentaires connaissent une renaissance encadrée. Comme l’a montré récemment Nieman Lab, plusieurs grands médias les réintègrent, mais en changeant radicalement les règles du jeu. Accès réservé aux abonnés, modération active, mise en avant des contributions pertinentes, participation ponctuelle des journalistes : les commentaires cessent d’être un défouloir pour redevenir un prolongement du travail éditorial. Ici encore, la logique est la même : moins de volume, plus de qualité. Moins d’ouverture formelle, plus de responsabilité partagée.

Un Internet plus fragmenté, mais plus habitable

Ce repli interroge. Faut-il y voir un risque d’enfermement, de bulles idéologiques ? La question est légitime. Mais le Web ouvert n’a pas non plus tenu toutes ses promesses en matière de débat apaisé. La différence tient peut-être à l’intention. Les communautés fermées n’aspirent pas à représenter tout le monde. Elles assument un cadre, des règles, des limites. Elles privilégient la relation à l’audience, la qualité à la portée, le lien à la visibilité.

Pour les médias, les créateurs ou les marques, l’enjeu change. Il ne s’agit plus de toucher le plus grand nombre, mais de fédérer un cercle engagé. Moins de trafic, plus de confiance. Moins de bruit, plus de liens humains.

Du Web de la foule au Web des affinités

Internet ne disparaît pas. Il se reconfigure. Après l’ère du tout-algorithme et des plateformes géantes, voici celle des affinités choisies. Un Web moins spectaculaire, mais plus respirable. Moins ouvert en apparence, mais souvent plus accueillant en profondeur.

Forums, newsletters, communautés privées et commentaires réinventés ne sont pas des refuges hors du monde. Ce sont des espaces où l’on reprend la main sur son temps, ses échanges et son attention. Parfois, pour continuer à se parler, il faut accepter de refermer un peu la porte.

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Métavers : désavoué par Meta, Horizon Worlds n’est plus qu’une appli comme les autres

Personne n’est vraiment surpris. Début décembre dernier, on apprenait notamment que le budget alloué par Meta à la branche métavers de ses activités allait fondre de 30 %. Nouvelle étape logique : l’entreprise cesse de pousser son produit phare en la matière, Horizon Worlds. Cet eldorado numérique dans lequel Mark Zuckerberg s’imaginait que nous passerions notre vie n’a jamais vraiment pris et va dorénavant se rapprocher d’un terreau d’expériences à la Roblox.

Un métavers vidé de sa substance

Longtemps, Meta s’imaginait que, pour encourager les internautes possesseurs d’un casque de réalité virtuelle Meta Quest à se connecter à Horizon Worlds, il suffisait de les matraquer d’invitations à le faire lors de chaque session. Que celles et ceux que cela avait tendance à agacer se rassurent : c’est de l’histoire ancienne.

La dernière mise à jour d’Horizon Worlds, datée de ce mois de janvier 2026, allège considérablement l’onboarding des utilisateur·ices de casques Meta Quest. Désormais, Horizon Worlds ne sera plus qu’une banale application parmi d’autres, que toutes et tous sont libres de désinstaller (ou de réinstaller) à l’envi. Plus important encore, c’est la philosophie même du produit qui évolue.

Désormais, toute l’interface utilisateur ainsi que les outils de création d’Horizon Worlds sont repensés pour s’adapter à l’écran des smartphones sur iOS et Android. En clair, Meta ne réserve plus son métavers aux personnes possédant un casque. Il encourage tout un chacun à s’y connecter pour découvrir les nombreuses expériences imaginées par la communauté. Exactement comme le fait déjà un Roblox ou, dans une moindre mesure, Fortnite.

Le métavers fait son virage mobile

Une approche bien plus vidéoludique qu’auparavant, mais qui a du sens. Aujourd’hui, et même si Meta est leader du domaine, la réalité virtuelle reste un marché de niche. En ouvrant Horizon Worlds à toutes les personnes possédant un smartphone, il augmente mécaniquement ses chances de peupler des serveurs sur lesquels on entend clairement les mouches voler.

Une tentative de sauver les dizaines de milliards de dollars investis dans le métavers ? Il faut dire que cette approche paraît beaucoup plus raisonnable qu’un simple débranchement du métavers, qui semble pourtant ne plus intéresser le moins du monde Meta (qui, rappelons-le, a changé de nom spécifiquement pour accompagner son revirement vers cette technologie), désormais entièrement tourné vers le développement des produits d’intelligence artificielle.

Les casques de VR ? De l’histoire ancienne. Meta mise désormais sur les lunettes connectées… et ça lui réussit. Une nouvelle fois, la firme de Menlo Park est leader de son secteur et pousse tous ses concurrents à lui emboîter le pas. Samsung, Apple, Xiaomi… tous veulent leurs lunettes intelligentes. Avant de jeter leur dévolu sur un autre gadget ? Tiens, vous vous souvenez des bagues connectées ?

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TikTok est-il en train de remplacer Google ?

Pendant longtemps, chercher une information signifiait ouvrir un navigateur et taper quelques mots-clés dans Google. Une mécanique presque réflexe. Aujourd’hui, ce geste est fissuré. De plus en plus d’utilisateurs (jeunes, mais pas seulement) ouvrent d’abord TikTok sur leur smartphone pour savoir où manger, comment réparer un objet, comprendre une tendance ou préparer un voyage.

L’idée ? Non plus lire une réponse qu’il faudra trouver au milieu d’une liste de liens, mais la voir. Ce basculement discret est le signe d’une mutation profonde de nos usages : la recherche d’information devient visuelle, incarnée, sociale.

Chercher, ce n’est plus lire, c’est regarder

Sur TikTok, on ne « consulte » pas une information, on la traverse. Une vidéo de 30 secondes montre un itinéraire, un plat, un geste technique, parfois mieux que dix paragraphes optimisés SEO où l’information majeure n’est pas abordée avant le cinquième paragraphe afin de gagner du temps de lecture… et donc d’exposition à des bannières de publicité. Parfois pour un résultat très décevant.

La plateforme TikTok, de son côté, a compris très tôt que la recherche n’était pas seulement une question de mots-clés, mais de preuves visuelles et de récits courts. Chez les plus jeunes, cette logique s’impose naturellement. Pourquoi ouvrir Google pour chercher « meilleur café à Lisbonne » quand une série de vidéos permet de voir l’ambiance, les prix, les avis, les commentaires, le tout en quelques secondes ? La réponse est immédiate, située, humaine.

TikTok est-il en train de remplacer Google ?

“Je fais plus confiance à des gens qu’à des liens”

Laura, 20 ans, étudiante en droit, détaille ses habitudes numériques : TikTok d’abord, Google ensuite – parfois pas du tout. Elle résume sa logique ainsi : « Quand je cherche un resto, une idée de sortie ou un conseil pratique, je préfère voir quelqu’un qui y est allé, qui a déjà vécu l’expérience plutôt qu’une page optimisée pour le référencement. Sur TikTok, j’ai l’impression de chercher avec des gens comme moi, pas avec des marques. »

Ce témoignage est le signe de quelque chose d’essentiel : la recherche devient sociale. Elle repose moins sur l’autorité d’un site que sur la crédibilité perçue d’un pair, d’un créateur ou d’une communauté.

L’algorithme comme moteur de recherche implicite

Contrairement à Google, TikTok ne se contente pas de répondre à une requête : il anticipe. L’algorithme propose des contenus avant même que la question soit formulée. On ne cherche plus toujours activement ; on découvre passivement des réponses à des questions qu’on n’avait pas encore formulées. C’est une rupture majeure.

Là où Google organise le Web, TikTok organise l’attention. Cette organisation est profondément personnalisée : deux personnes tapant la même requête n’obtiendront pas les mêmes vidéos. La recherche devient contextuelle, émotionnelle, parfois biaisée – mais redoutablement efficace.

Une information plus accessible… mais plus fragile

Ce nouveau moteur de recherche pose cependant une question centrale : celle de la fiabilité. Sur TikTok, la hiérarchie de l’information repose sur l’engagement, pas sur la vérification. Une vidéo convaincante peut l’emporter sur une information exacte, mais moins spectaculaire. Autant cela aura des conséquences limitées sur le choix d’une terrasse pour boire un verre avec ses amis, autant pour s’informer sur la crise en Iran ou la guerre en Ukraine… L’impact est tout autre.

TikTok vs Google

Pour des recherches pratiques (recettes, bricolage, recommandations locales), le risque est limité. Pour des sujets de santé, de science ou d’actualité, il devient plus sérieux. La plateforme intègre désormais des encarts de contextualisation, mais la logique reste celle de la viralité. Sans compter que de plus en plus de contenus sont créés avec l’intelligence artificielle sans que cela ne soit jamais mentionné. Google, malgré ses défauts, conserve ici un avantage : la traçabilité des sources, la diversité des points de vue, la possibilité de recouper les informations.

Google est-il vraiment menacé ?

Non, pas au sens classique. Google, tant qu’il reste sous cette forme de moteur de recherche, avec sa logique de liens multiples, reste incontournable pour les recherches complexes, professionnelles, documentaires. Mais TikTok grignote un territoire stratégique : celui des usages quotidiens, rapides, incarnés. Là où se forgent les habitudes. Ce n’est donc pas un remplacement, mais une reconfiguration. Le réseau social devient un moteur de recherche du quotidien, du vécu, de l’inspiration. Google reste celui de la synthèse, de l’archive, de la profondeur.

La question n’est peut-être pas « TikTok va-t-il remplacer Google ? », mais « Que devient la recherche quand elle se transforme en flux de vidéos personnalisées ? » Et surtout, sommes-nous prêts à confier notre accès au savoir à des algorithmes conçus avant tout pour capter notre attention ? La bataille du search ne fait que commencer. Et elle se joue, désormais, en plein écran et scroll infini.

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Les Français sont plus friands d’IA que les Américains

La France a pris le pli de l’IA. Trois ans après le lancement tonitruant de ChatGPT, l’Hexagone n’a pas tardé à adopter la technologie au sens large, nous apprend l’étude publiée par Microsoft. Si la solution Copilot de l’Américain est très loin de faire l’unanimité, on apprend que 44 % des Français·es en âge de travailler ont utilisé l’intelligence artificielle au cours du second semestre 2025. Un chiffre en hausse constante, qui fait de la France le 5e pays mondial en termes d’adoption de l’IA.

Les Français gagas d’IA

Aujourd’hui, l’essentiel des entreprises proposant des outils d’intelligence artificielle est implanté aux États-Unis. Pourtant, nous autres Français et Françaises sommes visiblement plus friands de ces produits que nos voisins transatlantiques. D’après les données de Microsoft, la France ferme donc le top 5 des pays les plus consommateurs d’IA. Deux autres pays d’Europe font partie du classement : la Norvège avec 46 % d’actifs utilisant l’IA, et l’Irlande avec 45 %.

Fait étonnant : les États-Unis ne sont qu’en 24e position de ce classement, dominé par les Émirats arabes unis (64 %) et Singapour (60,9 %). Nous surclassons également les États-Unis sur la croissance de cette adoption, avec un rythme de 3,1 % sur un an, contre 2 % pour les États-Unis ou nos voisins allemands.

Classement adoption IA
Classement des pays utilisant le plus l’IA au premier et second semestre 2025.

Comment expliquer cette adoption massive ?

Pour Microsoft, « les pays ayant investi tôt dans les infrastructures numériques, la formation à l’IA et son adoption par les pouvoirs publics conservent leur position de leader ». On reconnaît bien là certaines caractéristiques de la France, qui a rapidement saisi la balle au bond et investi massivement, notamment pour accompagner l’essor de Mistral AI – fleuron français de l’intelligence artificielle. Si Le Chat (son concurrent de ChatGPT) n’est pas le LLM le plus utilisé, le simple fait de savoir son pays mobilisé et implanté dans ce domaine de recherche encouragerait les citoyens et citoyennes à utiliser ce genre d’outils.

D’après le média britannique Tortoise, cité par BFM Business, la France est même 5e dans le classement des pays qui investissent le plus dans l’intelligence artificielle. « La France a fait un bond spectaculaire dans le classement pour se hisser à la 5e place, grâce à l’émergence d’un solide écosystème d’IA générative dans le pays. »

Nos confrères de BFM analysent également cette adoption de l’IA par les Français·es par le prisme de l’entreprise. Aujourd’hui, nous dit l’Insee, 33 % des entreprises de plus de 250 salariés utilisent l’IA, et le nombre de TPE et PME à y avoir recours a doublé en un an (26 %).

Une acculturation rapide à l’intelligence artificielle, qui n’occulte pas les problématiques inhérentes à la technologie, rappelle toutefois BFM. Les Françaises et Français savent le coût énergétique de l’intelligence artificielle et ses dérives éthiques (vol de propriétés intellectuelles, deepfakes…), et appellent de leurs vœux une régulation de son usage.

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Google lance Personal Intelligence aux États-Unis et passe un nouveau cap dans la démocratisation de l’IA

Dans la foulée de l’annonce du partenariat avec Apple sur l’IA, Google dévoile une nouveauté qui semble répondre aux promesses que son concurrent n’a justement pas su tenir avec Apple Intelligence. Personal Intelligence, comme son nom l’indique, est une nouvelle couche de personnalisation pour son intelligence artificielle Gemini, susceptible de la faire entrer de façon encore plus profonde dans notre quotidien.

Qu’est-ce que Personal Intelligence ?

Aller au-delà des « réponses génériques de l’IA ». Voilà l’ambition centrale de ce nouveau module destiné à Gemini qui, Google l’assure, s’activera uniquement avec le consentement des utilisateurs et des utilisatrices. Concrètement, Personal Intelligence se propose de siphonner l’ensemble de vos données YouTube, Gmail, Google Photos, Agenda et d’autres afin de renforcer ses connaissances vous concernant. Ce faisant, Gemini connaît vos préférences, vos envies, vos passions, mais également vos habitudes – chose qui va lui permettre d’être plus pertinent dans ses réponses.

Par exemple, admettons que vous prépariez un voyage dans une grande ville. Beaucoup de personnes utilisent déjà l’IA pour planifier leurs visites et établir un parcours. Par défaut, Gemini va dresser une liste des immanquables pour votre destination et vous proposer différents restaurants bien notés. Mais, avec Personal Intelligence, l’IA sait que vous ne mangez pas de viande et que vous détestez les musées d’art contemporain. Ce genre d’endroits seront exclus des recommandations, pour ne vous proposer que ce que vous aimez déjà.

Autre exemple, donné par Google dans son annonce : « Si vous cherchez à acheter des pneus hiver, Gemini peut consulter les documents d’assurance dans votre Gmail pour identifier la marque et le modèle spécifiques de votre véhicule, garantissant ainsi que les recommandations soient parfaitement adaptées. » La firme indique que la source de ses connaissances sera toujours spécifiée dans les réponses made in Personal Intelligence, et qu’il sera possible de le corriger si ses connaissances sont faussées ou ne sont plus d’actualité.

Pourquoi Personal Intelligence a-t-il peu de chances d’arriver en Europe ?

Vous l’imaginez à la lecture des quelques exemples ci-dessus : activer Personal Intelligence revient à livrer toute sa vie numérique (et donc toute sa vie) à Google. Un partage de données massif et sans barrières (dont Google assure prendre le plus grand soin), qui n’est destiné qu’à améliorer les réponses de Gemini. Google n’a pas tort sur un point : il est déjà en possession de ces données. Personal Intelligence permet seulement de les utiliser pour enrichir Gemini afin qu’il soit plus utile pour vous.

Des garde-fous sont évidemment en place, notamment concernant la santé. « Gemini se retiendra de faire des présomptions à propos de données sensibles comme la santé, mais pourra discuter de ces sujets si vous le lui demandez. » Une approche différente de celle de ChatGPT Health qui, lancé la semaine dernière par le concurrent OpenAI, demande carrément à ses utilisateurs et utilisatrices de télécharger leur historique de santé pour obtenir des conseils et analyses.

Quoi qu’il en soit, nous l’avons dit : Personal Intelligence n’est pour l’heure disponible qu’aux États-Unis, et pour les abonné·es Google AI Pro ou AI Ultra. Pour des questions de protection des données personnelles, il y a fort peu de chances que ce genre de fonctionnalité puisse être lancée, en l’état, sur le sol européen. Mais, dans un monde où le gouvernement étasunien semble mener la charge contre la régulation européenne, les choses pourraient bientôt changer. Au bénéfice des consommateurs ou des géants de la tech ?

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Bandcamp prend position contre la musique générée par IA

Alors que plus de 30 % de la musique uploadée tous les jours sur les plateformes de streaming est générée par IA, que les internautes ne savent plus faire la différence avec un morceau composé par un humain, et que les majors du disque s’acoquinent avec Suno, Bandcamp fait une annonce à contre-courant, qui rassure celles et ceux qui refusent que la musique échappe aux mains des artistes.

“Garder Bandcamp humain”

La plateforme de vente de musique américaine est en quelque sorte la cousine indé d’iTunes. Les internautes parcourent les rayons numériques à la recherche de pépites méconnues (ou pas), et peuvent s’offrir des titres à l’unité, des albums en haute qualité et même du merchandising. Une plateforme qui se distingue d’ailleurs par la faible commission prélevée sur les ventes (15 % environ, réduite à 0 % lors d’événements mensuels baptisés Bandcamp Friday), qui fait office de dernier refuge pour les artistes à qui le streaming ne rapporte rien.

Seulement, ce refuge aussi est attaqué par des opportunistes qui commencent à l’inonder de contenu généré par intelligence artificielle. Rapide à produire, reproductible, interchangeable, engageante et souvent virale, la musique générée par IA serait inoffensive si elle n’occupait pas tant de place, invisibilisant les véritables artistes et les privant de revenus vitaux. C’est la raison pour laquelle Bandcamp clarifie (enfin) sa position sur le sujet : la musique générée par intelligence artificielle n’est pas la bienvenue sur Bandcamp. Qu’il s’agisse de morceaux totalement ou « substantiellement » créés par l’IA.

Dans le même temps, la plateforme ajoute à l’évidence que l’usage d’outils d’intelligence artificielle destinés à usurper l’identité d’autres artistes afin de s’inviter dans leur catalogue et drainer leurs revenus est proscrit. Il s’agit d’une référence à une pratique de plus en plus courante sur les plateformes de streaming : des faussaires publient des titres générés par IA en se faisant passer pour des groupes ou artistes légitimes, dans le but d’accaparer une part de leurs revenus.

« La musique est une part essentielle de notre société et de notre culture, écrit Bandcamp dans son communiqué. Les musicien·nes sont plus que des producteurs de son. Ils sont des membres essentiels de nos communautés, de notre culture et de notre tissu social. Bandcamp a été créé pour connecter les artistes et leurs fans, et pour faciliter le soutien équitable des fans aux artistes afin qu’ils continuent à faire de la musique. Aujourd’hui, nous renforçons notre mission en nous opposant à l’intelligence artificielle générative, pour que les musicien·nes puissent continuer à faire de la musique, et pour que les fans aient confiance dans le fait que la musique qu’ils et elles trouvent sur Bandcamp a été créée par des humains. »

Un processus de repérage encore balbutiant

À la différence de Deezer, qui a développé son propre outil permettant, avec 99% de précision, de repérer si une musique a été générée par IA et ainsi l’exclure de ses playlists éditoriales, Bandcamp opte pour une approche plus… participative. Le billet de blog de l’entreprise ne dit pas comment elle compte faire pour passer le balai. Il apparaît qu’elle compte surtout sur le bon vouloir de sa communauté pour partir en repérage.

« Si vous tombez sur de la musique ou un audio qui semble avoir été généré par l’IA, veuillez utiliser nos outils de signalement pour que le contenu soit examiné par notre équipe, explique l’entreprise. Nous nous réservons le droit de retirer toute musique sur la simple suspicion qu’elle a été générée par IA. »

Un outil de signalement qui, quelques heures après l’annonce de Bandcamp, ne semble pas encore en ligne, à moins d’expliquer exactement son cas en choisissant « Autre » comme motif dans l’interface de contact avec le support client.

Bandcamp signalement IA
L’interface de contact de l’équipe Bandcamp ne permet pas encore de signaler les contenus faits par IA.
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Fausse alerte : Instagram dément avoir été piraté ce week-end

Peut-être avez-vous reçu un e-mail inattendu de la part de Meta, vous indiquant qu’un changement de mot de passe venait d’être initié sur votre compte Instagram. Pour Malwarebytes, qui lançait l’alerte sur son compte Bluesky, ce serait la conséquence d’un piratage de grande ampleur, impliquant 17,5 millions de comptes Instagram. Mais, quelques heures plus tard, la firme a réagi avec un démenti : il n’y aurait pas matière à s’alarmer.

Instagram assure qu’il ne s’agissait pas d’un piratage

Dans un post sur le réseau social X, Instagram expliquait dimanche dernier qu’aucune faille de sécurité ni aucun piratage n’avaient été identifiés dans ses serveurs. La marque parle d’un « souci » qui a permis a des tierces parties d’envoyer une requête de changement de mot de passe à « certaines personnes ». Instagram invite simplement à « ignorer ces e-mails » et s’excuse pour la confusion ainsi créée. L’incident est clos.

We fixed an issue that let an external party request password reset emails for some people. There was no breach of our systems and your Instagram accounts are secure.

You can ignore those emails — sorry for any confusion.

— Instagram (@instagram) January 11, 2026

De son côté, Malwarebytes ne semble pas avoir corrigé ses allégations à l’heure où est écrit cet article. On remarque par ailleurs, dans les réponses au démenti d’Instagram, un certain scepticisme. Certaines personnes affirment continuer à recevoir ces e-mails de réinitialisation de mot de passe. Par ailleurs, Instagram n’indique pas si les comptes ayant effectivement cliqué sur le lien de réinitialisation de mot de passe sont dorénavant compromis ou non.

C’est peut-être le bon moment de changer votre mot de passe, en fin de compte

La situation est pour le moins nébuleuse et, en l’attente de réponses plus claires de la part des intéressés, peut-être vaut-il mieux prendre les devants et changer son mot de passe depuis les réglages de son compte Instagram, et activer tant qu’à faire la double authentification – voire une passkey pour sécuriser d’autant plus son compte.

Voici comment s’y prendre depuis son ordinateur, sur un navigateur.

  • Cliquez sur « Plus » (trois lignes) en bas à gauche.

  • Cliquez sur « Paramètres ».

  • Cliquez sur « Espace Comptes » dans la colonne de gauche.
  • Sélectionnez « Mot de passe et sécurité ».

  • Cliquez sur « Changer le mot de passe » et suivez les instructions.

Cette crainte d’un piratage massif arrive dans une période particulièrement tendue en matière de cybersécurité. Depuis 2025, le rythme des piratages et autres fuites semble s’accélérer, comme en témoigne le site Bonjour la fuite, qui répertorie quotidiennement les graves problèmes de cybersécurité des différents services dans le monde.

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ChatGPT Santé : c’est quoi cette nouvelle fonction qui veut toutes vos données médicales ?

Dans l’imaginaire des promoteurs d’une IA « agentique », c’est-à-dire capable de nous accompagner dans le moindre aspect de nos vies, l’aspect santé et médical est évidemment central. C’est la raison pour laquelle OpenAI lance aujourd’hui aux États-Unis ChatGPT Health : une nouvelle rubrique sur l’application pour smartphone, qui se propose d’agir comme un coach santé… pour peu que vous acceptiez de lui fournir toutes vos données les plus sensibles.

À quoi va servir ChatGPT Santé ?

Accessible uniquement aux États-Unis sur liste d’attente, ChatGPT Santé sera prochainement lancé partout dans le monde, que vous soyez un utilisateur payant ou non. Ce nouveau volet se présente comme une « application » séparée au sein de l’interface habituelle du chatbot d’intelligence artificielle. Profitant, d’après les dires d’OpenAI, d’une infrastructure plus sécurisée, ChatGPT Santé désactive également l’historique des conversations précédentes avec le robot, ainsi que la mémoire préalable de l’outil. Un « bac à sable », au sein duquel les internautes peuvent interroger l’IA à propos de leur santé afin d’obtenir des recommandations et des conseils.

Naturellement, pour plus de pertinence et pour un suivi plus efficace au fil des mois, ChatGPT invite ses utilisateurs et utilisatrices à télécharger le plus de données médicales possible au sein de l’outil, pour dresser le bilan le plus complet de leur santé. Compatible avec Apple Santé, Peloton, MyFitness Pal, Weight Watchers, Function ou encore AllTrails, ChatGPT Santé se propose de traduire pour vous le jargon médical, de générer des résumés de visites chez le médecin ou de générer des menus sur la base des recommandations d’un diététicien, par exemple.

Prudent, et à raison, quelques mois seulement après que ChatGPT a encouragé un adolescent à mettre fin à ses jours, OpenAI écrit sur son blog que son nouvel outil a uniquement vocation à proposer un accompagnement et des clés de compréhension.

« ChatGPT Santé est conçu pour soutenir les soins médicaux, et non pour les remplacer. La fonctionnalité n’a pas vocation à établir un diagnostic ni à proposer un traitement. Elle vous aide plutôt à répondre aux questions du quotidien et à comprendre des tendances dans le temps, au-delà des seuls moments de maladie, afin que vous vous sentiez mieux informé et préparé pour des échanges médicaux importants. »

OpenAI

Quid des données personnelles ?

On sait les outils d’intelligence artificielle particulièrement gourmands en données personnelles. Pour beaucoup, les chatbots sont devenus des confidents fidèles et neutres auxquels se confier. Même avant le lancement de ChatGPT Santé, nombre d’internautes posaient déjà des questions d’ordre médical à l’outil d’OpenAI (230 millions chaque semaine, d’après la startup).

Le fait est que ChatGPT Santé semble sérieux sur le volet confidentialité. On l’a dit, il s’agit d’un espace de discussion totalement séparé des conversations que vous avez déjà pu tenir avec ChatGPT – comme une page blanche. Sur son blog, l’entreprise ajoute que plusieurs couches de chiffrement des échanges ont été ajoutées dans l’espace Santé. The Verge précise toutefois qu’il ne s’agit pas de chiffrement de bout en bout, ce qui signifie que des tierces parties pourraient avoir accès à des données transitant par les serveurs.

En l’occurrence, l’hébergement des fichiers médicaux n’est pas piloté par OpenAI, mais par b.well, une entreprise spécialisée dans la conception d’espaces de santé connectés permettant la constitution et la consultation de dossiers médicaux en ligne. L’entreprise travaillerait déjà avec quelque 2,2 millions de partenaires dans le monde.

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Vitesse, autonomie, formats : à quoi pourrait ressembler notre quotidien numérique en 2026 ?

On nous a beaucoup vendu de l’intelligence artificielle générative capable d’écrire des poèmes ou de dessiner des chats dans l’espace. L’effet « waouh » a fonctionné. Puis la lassitude s’est un peu installée. À quoi bon un chatbot toujours plus malin si notre smartphone peine à finir la journée ou si notre ordinateur portable réclame une prise au bout de trois à cinq heures ? À l’horizon 2026, un rééquilibrage se dessine. La Tech cesse de parler d’elle-même pour s’attaquer à ce qui agace vraiment les usagers du quotidien. Moins de slogans, plus de matière.

Autonomie : la piste crédible des batteries semi-solides

Depuis plus d’une décennie, les batteries lithium-ion liquides dominent nos appareils. Efficaces, mais perfectibles : elles chauffent, vieillissent, et limitent toujours l’autonomie. Le « tout solide » fait rêver, mais reste hors de portée du grand public à court terme. Entre les deux, une voie intermédiaire gagne en crédibilité : les batteries dites semi-solides ou hybrides.

Le principe n’a rien de magique. Il s’agit de remplacer partiellement l’électrolyte liquide inflammable par un gel ou des structures hybrides (souvent associées à des anodes silicium-carbone). Les gains attendus sont progressifs mais réels : meilleure densité énergétique, meilleure stabilité thermique, durée de vie allongée. On annonce +40 à +50 % de capacité (d’une batterie de 4 500 mAh on passerait à 6 500 mAh) mais c’est peut-être un peu optimiste.

Batterie

Cependant, concrètement, les smartphones pourraient gagner plusieurs heures — voire une journée complète selon les usages — sans augmenter leur taille. Même chose côté ordinateurs portables, avec des machines capables de tenir une à deux journées de travail plus sereinement. Pas encore une révolution universelle, mais un premier vrai pas vers une autonomie moins anxiogène.

Connectivité : oubliez la 6G, regardez le Wi-Fi 7

La 6G fera sans doute beaucoup parler d’elle. Mais en 2026, l’impact le plus tangible se jouera probablement à la maison, avec la généralisation du Wifi 7. Moins spectaculaire sur le papier, mais bien plus perceptible dans la vie réelle.

wifi 7

Le Wifi 7 promet surtout une meilleure gestion de la congestion. Même sans appareils compatibles dernière génération, changer de box peut déjà améliorer la stabilité du réseau. Vidéos sans saccades, visios plus fiables, cloud gaming moins capricieux : le gain se mesure moins en vitesse brute qu’en confort d’usage. Pour les appareils compatibles, les bénéfices seront plus nets encore. Mais même les équipements plus anciens profiteront d’un réseau plus fluide. Y compris pour votre vieil iPad 2019. Une évolution silencieuse, mais bienvenue.

IA “agent” : de l’assistant bavard à l’exécutant discret

En 2026, l’IA pourrait changer de rôle. Moins de conversations, plus d’actions. L’idée d’IA « agent » – capable d’exécuter des tâches plutôt que de simplement répondre – commence à sortir des démonstrations.

Grâce à l’intégration de NPU (Neural Processing Units) dans les smartphones et les PC, certaines opérations pourraient être traitées directement sur l’appareil. Résumer une réunion, identifier des actions, préparer un mail ou organiser des fichiers : non plus en suggérant, mais en exécutant, sous supervision.

AI-agent

Ces usages resteront encore imparfaits et dépendants des écosystèmes logiciels. Mais la trajectoire est claire : l’ordinateur devient moins un outil à piloter qu’un chef d’orchestre logistique, capable de nous faire gagner du temps sans monopoliser notre attention.

Formats : l’écran se fait extensible

Après les smartphones pliants, souvent critiqués pour leur fragilité ou leurs compromis ergonomiques, une autre piste se dessine : les écrans extensibles, dits rollables. Côté ordinateurs portables, certains constructeurs comme Lenovo, avec son ThinkBook Plus Gen 6, expérimentent déjà des modèles capables de passer d’un format compact à une surface de travail étendue, d’un simple geste.

Ces appareils resteront sans doute réservés au haut de gamme dans un premier temps. Mais ils esquissent une idée intéressante : un écran qui s’adapte à l’usage, plutôt qu’un objet figé. Côté smartphone, des prototypes existent, notamment chez Samsung, même si une diffusion massive reste encore incertaine à court terme.

Santé connectée : la discrétion plutôt que l’écran

Dernière tendance à surveiller : l’essor des smart rings. Moins visibles que les montres connectées, elles séduisent par leur sobriété. Des modèles comme la Galaxy Ring, Oura, Ultrahuman, etc. ont déjà pavé le chemin. Au programme : autonomie longue, suivi continu, données physiologiques fines. Ainsi, sommeil, température ou encore variabilité cardiaque sont suivis de près.

Acer FreeSense
La bague connectée Acer FreeSense.

En 2026, ces dispositifs ne feront pas de diagnostic médical complet mais ils pourraient fournir des signaux faibles, détecter des dérives, alerter plus tôt sur un état de fatigue ou de stress inhabituel. Une approche plus préventive, plus silencieuse aussi, qui s’inscrit dans une logique de santé connectée moins intrusive.

Ce qu’il faut retenir

2026 ne s’annonce pas comme l’année du spectaculaire, mais comme celle du mieux conçu. Des batteries un peu plus endurantes, des réseaux plus stables, une IA plus utile et moins envahissante. La Tech ne cherche plus à impressionner à tout prix. Elle tente enfin de se rendre invisible — et c’est peut-être là son évolution la plus prometteuse.

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