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Lucky Luke a 80 ans : l’histoire d’une icône du 9e art plus rapide que son ombre

L’essentiel sur les 80 ans de Lucky Luke 

  • Quel âge a Lucky Luke en 2026 ? Lucky Luke fête ses 80 ans cette année. Le personnage de BD a été créé par le dessinateur belge Morris en 1946, apparaissant pour la première fois dans l’Almanach de Spirou.
  • Qui sont les auteurs emblématiques de Lucky Luke ? Si Morris est son créateur graphique, l’âge d’or de la série est marqué par la collaboration avec le scénariste René Goscinny. Aujourd’hui, la série est reprise par Achdé au dessin et Jul au scénario, tandis que des auteurs comme Matthieu Bonhomme signent des hommages remarqués.
  • Pourquoi Lucky Luke ne fume-t-il plus ? En 1983, dans Fingers, Morris remplace la cigarette de Lucky Luke par un brin d’herbe. Ce choix, devenu un symbole de l’évolution du héros, visait à rendre le personnage plus exemplaire et a permis à Morris de recevoir une distinction de l’OMS.
  • Quels sont les meilleurs albums pour commencer ? Une sélection toute subjective de mes albums préférés : les classiques de la période Goscinny comme La Guérison des Dalton ou Le Fil qui chante, ainsi que le roman graphique moderne L’Homme qui tua Lucky Luke pour un ton plus adulte.

Lucky Luke de 1946 à aujourd’hui : la genèse d’un monument de la BD franco-belge 

L’évolution du trait de Morris

À ses débuts en 1946, le trait de Maurice de Bevere, dit Morris, est imprégné par l’esthétique Disney : Lucky Luke arbore alors des formes rondes, presque caoutchouteuses. Sous l’influence de la parodie et de sa collaboration avec Goscinny, son dessin s’affine et se stylise. Le cowboy gagne en nervosité et en élégance, adoptant une ligne semi-réaliste unique où les décors minimalistes soulignent l’action. Ce dépouillement graphique, devenu la signature de l’œuvre, permet au héros de traverser les décennies sans prendre une ride, mariant efficacité visuelle et lisibilité parfaite.

Le tournant Goscinny : l’humour comme moteur du mythe 

L’arrivée de René Goscinny au scénario en 1955 marque l’âge d’or de la série, quatre ans avant la première aventure d’Astérix. Sous sa plume, Lucky Luke délaisse la simple aventure pour devenir une parodie sociale et historique hilarante. Goscinny introduit une galerie de personnages culte — des Dalton à Rantanplan — et transforme chaque album en une satire des mœurs et des légendes de l’Ouest. Ce génie du verbe insère des thématiques comme la justice, la presse ou la bureaucratie, offrant ainsi une double lecture inédite. C’est ce mariage entre le trait de Morris et l’esprit de Goscinny qui assoit la crédibilité durable de l’œuvre.

L’art de se renouveler : Lucky Luke par ses héritiers et ses admirateurs

La série classique : l’héritage vivant d’Achdé et Jul

Depuis la disparition de Morris en 2001, la flamme de la série classique est entretenue par le dessinateur Achdé, rejoint plus récemment par le scénariste Jul. Ensemble, ils relèvent le défi de préserver l’aura de l’œuvre tout en l’ancrant dans des thématiques contemporaines. Des albums comme Un cowboy dans le coton abordent avec finesse des sujets de société comme le racisme, prouvant que Lucky Luke reste un vecteur de réflexion moderne. Ce travail de continuité assure au héros une place de choix pour les nouvelles générations de lecteurs.

Lucky Luke vu par… : quand les auteurs s’emparent de l’icône

Au-delà de la série classique, Lucky Luke vit une seconde jeunesse grâce à des hommages qui laissent carte blanche à des auteurs de renom pour réinterpréter le mythe. Le trait réaliste et crépusculaire de Matthieu Bonhomme dans L’Homme qui tua Lucky Luke a marqué un tournant critique et public majeur, offrant une vision plus humaine et fragile du cowboy. L’artiste consacre cette année un nouvel opus au « poor lonesome cowboy » avec La Longue marche de Lucky Luke.

D’autres créateurs, comme Blutch avec son approche onirique (Les Indomptés) ou Mawil et son humour dynamique (Lucky Luke se recycle), apportent leur vision personnelle. Ces hommages attirent un public varié, du néophyte à l’expert, confirmant que le cowboy est un terrain de jeu inépuisable pour la création contemporaine.

Pourquoi aimons-nous encore Lucky Luke en 2026 ?

Une parodie du Western devenue universelle 

Lucky Luke s’est imposé en matière de déconstruction des mythes américains. Par l’humour, Morris et Goscinny ont détourné les codes du Western pour explorer des thématiques historiques réelles comme la conquête du rail ou la justice. En parodiant des figures comme les Dalton, la série offre une lecture satirique de la société de l’époque. Cette approche pédagogique permet aux lecteurs de comprendre une nouvelle tendance tout en s’amusant, transformant le folklore de l’Ouest en une œuvre universelle et accessible à tous les publics.

Un héros éthique et moderne : l’évolution des valeurs du cowboy

Au fil des décennies, Lucky Luke a su adapter sa boussole morale sans perdre son identité. Le passage historique de la cigarette au brin d’herbe dans Fingers en 1983 symbolise cette volonté d’offrir une figure exemplaire et bienveillante. Loin d’être un simple justicier violent, il agit souvent comme un médiateur pacifique et pédagogue face aux tensions du Far West. Ses aventures récentes continuent d’affiner ce positionnement en traitant avec humanité des sujets de société complexes, renforçant ainsi la fiabilité et la profondeur de ce personnage culte.

Quel album de Lucky Luke choisir pour sa bibliothèque ?

Je vous propose de découvrir une sélection (toute subjective) de mes 10 albums préférés !

 Titre de l’album  Sujet central Ambiance
Des rails sur la prairie (Morris / Goscinny) La constrution du chemin de fer transcontinental  Épique et historique : un soufle d’aventure sur fond de progrès technique.  
La Guérison des Dalton (Morris / Goscinny) La psychanalyse et la réinsertion des hors-la-loi Satirique : l’humour ciselé de Goscinny qui parodie la psychanalyse, c’est toujours aussi hilarant. Mon album coup de coeur !
Le Juge (Morris / Goscinny) La justice arbitraire et le pittoresque de l’Ouest Burlesque : Une confrontation mémorable entre la loi et l’absurde. Saviez-vous que le personnage principal est inspiré de Roy Bean, un juge du Texas qui avait installé son tribunal dans un saloon ?
Calamity Jane (Morris / Goscinny) La place d’une femme forte dans un monde d’hommes Émancipatrice : une rencontre pleine de bagarres et de tendresse. C’est l’album qui m’a fait découvrir les Lettres à sa fille de Calamity Jane.  
Le Fil qui chante (Morris / Goscinny)  L’installation du premier télégraphe transcontinental  Technologique : une course contre la montre rythmée et didactique. Un album à lier avec Le Pony Express.
Daisy Town (Morris Goscinny) La fondation, l’essor et le déclin d’une ville champignon Cinématique : une ambiance de dessin animé, visuelle et dynamique.
Un cow-boy à Paris (Achdé / Jul) Le choc culturel entre le Far West et la capitale française Décalée : une comédie de moeurs jouant sur les contrastes nationaux. Un tome que j’associe volontiers aux Lettres Persanes de Montesquieu… J’assume !
L’Homme qui tua Lucky Luke (Matthieu Bonhomme) Une enquête sombre et réaliste sur un héros fatigué Crépusculaire : un ton à la fois dramatique et contemplatif. Situé chronologiquement entre Daisy Town et Fingers, on y apprend entre autre pourquoi Lucky Luke décide d’arrêter de fumer… 
Un cowboy dans le coton (Achdé / Jul) La lutte contre le racisme et l’héritage d’une plantation Engagée : un ton moderne qui traite de sujets de société profonds.  
Les Dalton se rachètent (Morris / Goscinny) La tentative désespérée des frères Dalton de devenir honnêtes Comique de répétition : une mécanique de gags imparable et familiale.

Huit décennies après sa création par Morris, Lucky Luke demeure le guide idéal pour explorer les mythes de l’Ouest. En conciliant fidélité au patrimoine et audace des réinterprétations contemporaines, la série s’impose comme une ressource culturelle inépuisable. Que vous soyez un collectionneur aguerri ou un lecteur débutant, l’homme qui tire plus vite que son ombre continue de nous éclairer par son humour et son humanité. Un anniversaire mythique qui prouve que l’aventure ne fait que commencer.

FAQ

Qui est Rantanplan ?

Apparu pour la première fois en 1962 dans l’album Sur la piste des Dalton, Rantanplan est le chien de garde de prison le plus célèbre de la bande dessinée franco-belge. Créé par Morris et Goscinny, il est l’antithèse de Rintintin : il est réputé pour sa bêtise légendaire et son flair infaillible pour se tromper de direction. Initialement personnage secondaire dans l’univers de Lucky Luke, sa maladresse attachante lui a valu sa propre série de BD et des adaptations en dessins animés

Comment s’appelle le cheval de Lucky Luke ? 

Le fidèle compagnon de Lucky Luke s’appelle Jolly Jumper. Ce cheval, doté d’une intelligence exceptionnelle, est bien plus qu’une simple monture pour l’homme qui tire plus vite que son ombre. Souvent considéré comme « le cheval le plus intelligent du monde », Jolly Jumper ne se contente pas de galoper : il sait cuisiner, jouer aux échecs et possède un sens de l’ironie très affûté. S’il n’hésite pas à sortir son cavalier de situations périlleuses, il porte également un regard souvent sarcastique sur les péripéties de Lucky Luke. Cette relation unique, mêlant complicité et humour, est l’un des piliers de la série. 

Qui sont les Dalton ? 

Les Dalton sont les adversaires légendaires de Lucky Luke, nés du génie de Morris et Goscinny. Si leur nom s’inspire de véritables hors-la-loi, ils sont ici mis en scène sous la forme d’un quatuor à la taille échelonnée, dont les personnalités forment un moteur comique irrésistible.

  • Joe, le plus petit, est le cerveau du groupe. Teigneux, hargneux et animé d’une haine féroce pour le « cow-boy qui tire plus vite que son ombre », il est le moteur de toutes leurs évasions.
  • William et Jack, les frères du milieu, servent souvent de pivots. Bien que plus effacés, ils passent leur temps à tenter de calmer les colères de Joe ou à rattraper les gaffes d’Averell.
  • Averell, le plus grand et le plus jeune, est l’antithèse de Joe. Sa bêtise abyssale et son appétit insatiable pour la nourriture (« Quand est-ce qu’on mange ? ») font de lui un personnage aussi exaspérant pour ses frères qu’attachant pour les lecteurs.

Éternels pensionnaires du pénitencier, les Dalton incarnent une méchanceté burlesque qui traverse les époques. Leur mère est mise à l’honneur dans l’album intitulé Ma Dalton

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Matthieu Bonhomme pour La longue marche de Lucky Luke : “J’ai adoré la bande dessinée, parce que c’était du western”

Quel est votre premier souvenir lié à Lucky Luke ?

C’est difficile d’isoler un seul premier souvenir tant Lucky Luke fait partie de ma vie depuis toujours. Il tient une place centrale dans mes lectures d’enfance. J’ai appris à lire avec lui, d’abord les grosses onomatopées, puis j’ai commencé à lire les bulles. J’ai un autre souvenir assez fondateur. J’ai grandi à Paris dans une résidence HLM et, dans la cour, il y avait un bac à sable dans lequel je jouais parfois. Une nuit, j’ai rêvé que Lucky Luke venait m’y retrouver. Ce personnage a une espèce d’aura d’adulte bienveillant, comme un grand frère ou un meilleur copain.

Dans votre travail, quels sont les traits de Lucky Luke que vous avez souhaité accentuer, voire révéler ?

En explorant l’univers de Lucky Luke, j’ai voulu aller à la recherche de sa part d’humanité et révéler son côté sensible, qu’il dissimule derrière sa posture de cow-boy solitaire. C’est quelque chose qui résonne beaucoup avec mon métier. En tant qu’auteur de bande dessinée, on est confronté à la solitude au quotidien. Lucky Luke, à la fin de l’histoire, il s’en va toujours, il ne reste pas boire un coup. C’est pour cette raison que j’ai voulu le confronter à des personnages qui seraient susceptibles de devenir ses amis. Dans cette nouvelle histoire, c’est un petit garçon qui le déstabilise. Ça aurait pu être une petite fille, mais je voulais adopter une dureté de ton, avec une pointe d’impertinence. Et j’ai des fils… donc j’ai puisé l’inspiration là où j’ai pu.

À mes débuts, j’ai fait beaucoup de bande dessinée pour la jeunesse. C’est un monde que j’affectionne beaucoup, ce passage de la fin de l’enfance à l’adolescence, avec un mélange de maturité et de fragilité. Récemment, j’ai pleuré d’émotions devant Samuel d’Émilie Tronche. L’enfance est un super révélateur. On dit que la vérité sort de la bouche des enfants… J’avais envie de confronter Lucky Luke à ça.

Là où Morris était davantage dans le registre humoristique, votre Lucky Luke plonge dans un véritable univers de western. D’où vous vient cette passion pour le genre ?

Lorsque j’ai réalisé mon premier Lucky Luke en 2016, j’ai tout de suite voulu accentuer le côté western. Enfant, j’ai adoré la bande dessinée parce que c’était du western. Après Lucky Luke, j’ai dévoré les Yakari, Buddy Longway et Blueberry. Dans le western, j’aime ce sentiment d’évasion, l’exotisme des grands espaces, les personnages qui risquent leur vie dans le désert, la violence d’un adversaire, chacun pour soi, flingue à la ceinture. La violence peut surgir à chaque instant. Narrativement, ça crée du risque, du suspense et de la tension. C’était de bonne guerre de faire revenir Lucky Luke à mon patrimoine de western, dont il est le point de départ.

Quels westerns vous ont inspiré pour imaginer votre Lucky Luke ?

Grand amoureux du genre, je voulais que Lucky Luke redevienne un vrai cow-boy et un personnage emblématique du western, comme ont pu l’être Clint Eastwood et John Wayne. Je ne suis pas un grand fan de ce dernier, je préfère les rôles de Gary Cooper qui m’ont servi à créer mon Lucky Luke. Quand j’étais tout petit, j’avais été ébloui par Le train sifflera trois fois (1952), avec un rôle féminin très fort, interprété par Grace Kelly, qui est celle qui débloque la situation de manière inattendue.

Si le western est un genre éminemment masculin, il y a quand même quelques grands films où l’écriture des rôles féminins est très riche. Dans La chevauchée des bannis (1959) d’André de Toth, pareil, les personnages féminins sont hyper inspirants. Dans mon troisième tome, il n’y a pas d’héroïne et c’est un regret. Mais il y a certains univers où faire venir des personnages féminins, c’est historiquement impossible. Mon Lucky Luke est donc un mélange de tous ces grands films qui font partie du patrimoine mondial du cinéma.

Pour les amoureux de western, il y a tous ces clins d’œil à retrouver dans vos intrigues. Dans ce tome 3, il y a notamment le personnage de Jeremiah Johnson, héros du film éponyme de Sydney Pollack, sorti en 1972… Pourquoi l’avoir convoqué dans cette histoire ?

Dans mes trois tomes, j’ai essayé de nourrir un grand thème tout en explorant différents genres de western. Cette dernière histoire se déroule dans un paysage enneigé et l’histoire de Jeremiah Johnson incarne le sous-genre du western de trappeur, très ancré dans la nature. Ce film a émergé dans le contexte des années 1970, post-guerre du Vietnam, lors d’une prise de conscience que l’Amérique était parfois du côté des méchants. Ça a donné lieu à de grands films militants, comme Jeremiah Johnson. J’ai également puisé l’inspiration dans le film Little Big Man (1970), qui met la lumière sur les peuples premiers. J’avais envie de voir Lucky Luke dans cet univers.

Loin de faire l’apologie des États-Unis, votre western est critique à l’égard du capitalisme grandissant dans le pays au cours du XIXe siècle. Ici, un certain Ronald Cramp, qui souhaite annexer le Canada, en est l’incarnation… ça résonne avec l’actualité. L’avez-vous imaginé ainsi ?

J’ai écrit le scénario entre les deux mandats de Donald Trump, sans savoir s’il allait être réélu. Lors de son premier mandat, en 2016, il y a eu la plus grande manifestation d’Amérindiens de tribus différentes, unis pour protester contre le projet de pipeline sur leur territoire. Aujourd’hui, je suis mitigé, mon amour du western est endommagé par ce qui se passe aux États-Unis. Je n’ai pas du tout envie de défendre leur politique et c’est aussi pour cette raison que mon grand méchant est un capitaliste américain, ADN de l’Amérique blanche colonisatrice et prédatrice. Ce que je mets en scène au XIXe siècle dans Lucky Luke se révèle tristement d’actualité.

Cet album marque aussi le retour des plus fidèles ennemis de Lucky Luke… les Dalton. Qu’aimez-vous chez ces personnages et dans leur relation avec le héros ?

J’attendais ce rendez-vous depuis longtemps ! Ils sont emblématiques de la série et j’avais envie de prendre au sérieux leur dangerosité. Ce Joe Dalton est quand même un mec violent. Et, en même temps, ils gardent cet humour, incarné par le plus grand, Averell, qui n’a pas tout compris, un peu comme moi quand j’étais petit. Avec Lucky Luke, sont-ils copains ou ennemis ? On ne sait pas trop… J’ai joué avec eux, on les voit arriver au fur et à mesure, avec leur silhouette au loin. Je voulais que Lucky Luke se fasse traquer. Ils ont ce truc très schématique en escalier. C’est vraiment un moment où le graphisme entre en connivence avec le lecteur et devient un sujet humoristique visuel. Pour moi, c’est un pur moment de plaisir, d’écriture, de dessin et d’aventure.

Qu’avez-vous pris le plus de plaisir à dessiner ? 

Qu’est-ce qui ferait, par exemple, que j’aurais envie d’en refaire un quatrième ? [Rires] J’aime dessiner Lucky Luke sous toutes les coutures. J’aime bien l’entendre dire “Ouep”, le voir monter à cheval et taper un grand galop. C’est un pur plaisir ! Mais un des défis a été d’empêcher Lucky Luke de fumer ! C’est un acte fondateur dans l’œuvre de Morris. En 1983, l’adaptation de l’un de ses albums pour la télévision a poussé le dessinateur à troquer la cigarette de son héros pour une brindille. Priver mon cow-boy de clope, c’est comme lui retirer son revolver.

À ce moment-là, il y a comme une faille dans la compréhension de cette décision chez le personnage. C’est ça que j’ai voulu explorer dans le scénario. J’ai donc demandé à l’éditeur ce que je pouvais faire : ”Est-ce que j’ai le droit de lui faire rouler une cigarette ?” Oui. ”Est-ce qu’il peut tirer une bouffée ?” Non. “Est-ce qu’il peut en tenir une, mais sans l’allumer ?” Peut-être. Je me suis amusé avec la tentation. J’ai été un grand fumeur par le passé, donc j’ai mis Lucky Luke dans plein de situations que j’ai moi-même vécues… Comme sortir sous l’orage, en pleine nuit, pour trouver du tabac. Des anecdotes comme celle-ci, qui résonnent chez Lucky Luke, j’en ai encore sous la botte…

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