Révolution dans nos smartphones : toutes les batteries devront être remplaçables en 2027
Voilà une nouvelle réglementation qui risque bien de faire se gratter la tête aux différents acteurs du marché du smartphone. Après avoir imposé le port USB-C comme standard et opéré plusieurs percées dans différents monopoles (notamment du côté d’Apple), la Commission européenne prend le sujet de la réparabilité à bras le corps. L’année prochaine, tous les nouveaux smartphones commercialisés sur le territoire devront intégrer une batterie amovible. Explications.
Des smartphones plus réparables
Aujourd’hui, les constructeurs de smartphones doivent déjà proposer des pièces détachées pour leurs produits et des mises à jour logicielles pendant au moins cinq ans. Dès l’année prochaine, un nouveau bloc de mesures pèsera sur eux, avec l’obligation d’intégrer des batteries « faciles à remplacer », c’est-à-dire avec des outils simples, sans avoir à faire appel à un service après-vente. Les pièces détachées, et donc notamment la batterie de rechange, devront quant à elles rester disponibles pendant sept ans après la commercialisation du produit.
Concrètement, cela signifie que les nouveaux smartphones du marché devront être faciles à ouvrir, et la batterie accessible en suivant un tutoriel simple. Nous relayons souvent sur L’Éclaireur les observations des experts de la réparation iFixit qui, encore aujourd’hui, regrettent qu’un grand nombre de composants informatiques qui composent les smartphones (et autres appareils) soient soudés ou collés de façon à ce qu’une intervention soit impossible. Autant l’écrire : de l’obsolescence programmée.
Partant du constat qu’un grand nombre d’appareils encore fonctionnels sont aujourd’hui jetés à cause d’une batterie en fin de vie, la Commission européenne espère améliorer la durée de vie moyenne des smartphones de trois ans aujourd’hui à quatre ans. Par ailleurs, « les téléphones mobiles et les tablettes produits en vertu de ces règles permettront d’économiser près de 14 térawattheures d’énergie primaire chaque année d’ici 2030″, assure le rapport.
Un frein à l’innovation ?
Comme chaque fois que l’Europe agite une nouvelle régulation sous le nez des constructeurs (en particulier américains), la même rengaine apparaît : on veut tuer l’innovation. Une parade éculée, d’autant que l’histoire récente nous prouve bien que se conformer à des normes de réparabilité vertueuses n’empêche ni l’innovation ni les succès commerciaux. On prend pour exemple le MacBook Neo d’Apple : véritable best-seller, cet ordinateur portable vendu 700 € est qualifié par iFixit de « MacBook le plus réparable depuis 14 ans ». Quand on veut…
Les marques ne manqueront toutefois pas d’opposer une certaine forme de résistance. On s’attend d’ailleurs à ce qu’Apple grince des dents. D’après la rumeur, le fabricant préparerait un smartphone inédit pour les 20 ans de l’iPhone, l’année prochaine. Il se dit qu’il pourrait s’agir d’un smartphone « tout écran », d’un seul tenant. Autant dire que le rendre facile à réparer pourrait compromettre les idées de design de la firme à la pomme.
