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Une unique lueur de Fred Vargas : que vaut son nouveau polar ?

Le commissaire Adamsberg arpente les pavés parisiens pour une nouvelle enquête, à la recherche d’un assassin méticuleux inspiré par un poète du XIXe siècle et une étoile du cinéma. Une unique lueur sort chez Flammarion ce 8 avril et, pas de doute, nous sommes bien dans un roman de Fred Vargas, avec une intrigue parsemée de références historiques et des meurtriers amateurs de littérature et de grands symboles. Ici, un passionné de l’auteur Gérard de Nerval (qui s’en souvient ?) et son poème El desdichado (Le malheureux). Car l’histoire avec un grand H n’est jamais loin dans les intrigues de la reine du polar français : Frédérique Audoin-Rouzeau, de son vrai nom, fut d’abord archéologue au CNRS et spécialiste du Moyen-Âge.

Sans (trop) dévoiler l’intrigue, Une unique lueur part à la chasse d’un tueur en série fanatique, dont les meurtres se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau – même avec plusieurs années d’écart. Un assassin méthodique qui ne laisse presque aucun indice, juste des bribes de poèmes à décoder. « – De buvard ? Il a pris l’empreinte de ses lèvres ? – Tout juste. Empreinte de baiser virtuel. Je vous souhaite bonne chance avec ce mec, commissaire. » Pas de quoi décourager l’équipe du commissaire Adamsberg, qui partira même en excursion aux États-Unis à la recherche d’une réponse.

Retrouvailles

Dix-septième polar de l’autrice et onzième de la série sur le commissaire Adamsberg, Une unique lueur est un roman maîtrisé – l’autrice a popularisé le « rompol » (contraction de « roman » et « polar », mélange d’une intrigue policière à une dimension plus littéraire). Ce nouveau roman reprend une formule qui a fait ses preuves : un (ou plusieurs) meurtre(s), mais toujours de l’humour, celui de sa galerie de personnages à la verve et aux manies attachantes. 

Car c’est bien là le premier plaisir de la série Adamsberg : retrouver une équipe familière, avec, pour commencer, le commissaire lui-même. Personnage nonchalant et bienveillant dont l’esprit flotte souvent dans le brouillard, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de régulières illuminations intempestives qui font avancer l’enquête. « – Qu’est-ce que tu fous ? – Je balance des brouettes d’inepties vintage dans l’ordi, répondit Adamsberg tout en poursuivant sa quête sur l’ordinateur. Que dalle, ça donne que dalle. »

Même sensation avec le reste de l’équipe, qu’on retrouve comme de vieux compagnons. Il faut dire qu’ils accompagnent le lecteur depuis plus de 30 ans, la première enquête du commissaire Adamsberg étant parue en 1991 ! Le capitaine Danglard, amoureux des mots et du vin blanc (précisément du château Montier 13,5°), la lieutenante Retancourt, toujours droit au but, le fidèle Veyrenc, ou encore l’empressée et anxieuse Froissy… Chacun avec ses habitudes : « Les coussins pour le repos de Mercadet, l’armoire à bouffe de Froissy, les poissons, le ventilateur de Gardon », énumère Adamsberg.

Une équipe étoffée tout de même de quelques nouveaux protagonistes : le voisin qui ne peut parler qu’en langage soutenu, le nouveau flic apeuré venu du Nord, l’ex-camarade sauvé des flots et fidèle au commissaire Adamsberg…

Plaisir, aussi, de retourner s’installer avec eux dans la « salle du concile » pour leurs réunions. Car, au commissariat du 13e, chacun a bien le droit d’exister comme il veut. Une unique lueur, c’est un retour du commissaire Adamsberg et de son équipe en pleine forme, avec une recette si maîtrisée qu’on ne sent pas passer les 523 pages.

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Une unique lueur : Fred Vargas est de retour avec une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg

En 2023, après six ans d’absence, l’autrice Fred Vargas est revenue au personnage le plus important de sa carrière, le commissaire Adamsberg, dans le polar Sur la dalle (Flammarion).

Trois ans plus tard, la romancière poursuit sur sa lancée avec Une unique lueur (Flammarion), une nouvelle enquête de Jean-Baptiste Adamsberg à découvrir en librairie dès le 8 avril 2026.

Fred Vargas ne quitte plus Adamsberg. Depuis 1991 et le roman L’homme aux cercles bleus (Hermé), le commissaire Adamsberg est le protagoniste régulier des récits de l’écrivaine. Dix romans au total avant la sortie d’Une unique lueur, deux bandes dessinées, plusieurs adaptations sur le petit et le grand écran… Le personnage a évolué avec les lecteurs, devenant une référence incontournable du polar.

Dans le nouveau livre de Fred Vargas, le commissaire Adamsberg se lance dans une nouvelle enquête, à Paris, autour du meurtre d’une jeune femme ressemblant comme deux gouttes d’eau à une célèbre actrice américaine. Un corps est retrouvé, sans trace de lutte ou de brutalité apparente, laissant les enquêteurs perplexes. Le commissaire Adamsberg doit alors user de toute son imagination et de son pouvoir de déduction pour avancer dans cette affaire très étrange.

La presse déjà conquise ?

Chaque nouveau roman de Fred Vargas est attendu par les lecteurs et la presse. En 40 ans de carrière, l’écrivaine a défini son propre style, le « rompol » (pour « roman policier »), et le Ccommissaire Adamsberg en est la meilleure démonstration. Derrière l’enquête et le mystère, l’autrice ajoute une part de poésie, d’humour et d’absurde à son récit. La façon de penser et d’enquêter de son personnage principal est toujours surprenante, entre ses réflexions alambiquées et la place de l’inexpliqué ou du ressenti personnel. Si Sur la dalle n’avait pas forcément convaincu les critiques – à cause d’une intrigue trop légère –, Une unique lueur est déjà plébiscité.

Le Figaro, notamment, évoque « une réussite absolue » qui marque enfin le « grand retour de Fred Vargas » grâce à une « intrigue subtile ». Ce nouveau roman semble ainsi célébrer deux choses : les 40 ans d’écriture de Fred Vargas d’un côté, et la longévité du commissaire Adamsberg de l’autre. Le personnage est plus vivant et authentique que jamais, aussi désarçonnant qu’attachant, et au service d’une enquête imprévisible qui mêle crime et cinéma. 

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