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56 jours : la fin de la série est-elle fidèle à celle du livre ?

Adaptation du roman de l’écrivaine irlandaise Catherine Ryan Howard, 56 jours est LA nouvelle série événement de Prime Video. À l’origine, le livre se déroule en pleine pandémie de Covid-19 et suit la relation naissante entre Ciara et Olivier, avant la découverte d’un corps dans l’appartement de ce dernier, 56 jours après leur rencontre. Si le postulat de l’intrigue est similaire dans le roman et dans la série, l’adaptation avec Dove Cameron prend quelques libertés. Retour sur les différences les plus notables – attention, les lignes qui suivent divulguent des éléments clés de l’intrigue.

La bande-annonce de 56 jours.

L’histoire est-elle similaire ?

Le changement le plus important réside dans le contexte dans lequel se déroule l’histoire. Dans le roman de Catherine Ryan Howard, la pandémie de Covid-19 est centrale : les deux protagonistes choisissent de vivre le confinement ensemble. Cependant, la série évacue totalement cette idée et ne mentionne à aucun moment la pandémie, évitant ainsi tout marqueur temporel.

Dove Cameron et Avan Jogia dans 56 jours.

Le reste de l’intrigue diffère sur certains détails (elle se déroule à Boston et non à Dublin), avec notamment une place remaniée pour les enquêteurs, beaucoup plus développés dans l’adaptation audiovisuelle. Dernier point essentiel à aborder : la fin. Là encore, la série prend de nombreuses libertés par rapport au livre.

Comment se termine 56 jours ?

Les lecteurs sont prévenus : le dénouement de la série 56 jours est très différent de celui du roman de Catherine Ryan Howard. Dans le livre, un corps est retrouvé en décomposition dans l’appartement d’Olivier, et toute la question est d’abord de savoir de qui il s’agit, avant de comprendre les raisons du drame et d’en identifier les responsables.

L’œuvre dépeint ensuite une relation toxique entre Ciara et Olivier, construite sur différentes temporalités, pour finalement aboutir à la conclusion qu’Olivier meurt après avoir ingéré des médicaments, tout en laissant la culpabilité supposée de Ciara en suspend.

Dove Cameron et Avan Jogia dans 56 jours.

Dans la série, tout est différent, à commencer par l’identité de la victime : un dénommé Dan Troxler, ex-compagnon de Ciara, retrouvé mort dans l’appartement d’Olivier. La saison laisse d’abord penser que le tueur est un certain Finch, un criminel local impliqué dans la vie d’Olivier, alors qu’il s’agit en réalité de Ciara, qui assassine Dan lorsque ce dernier tente de l’extorquer.

La fin de la série montre que le couple formé par Ciara et Olivier tient toujours, les deux protagonistes débutant une nouvelle vie sur une plage idyllique. Là où le livre reste focalisé sur la relation toxique du couple, menant à la mort d’Olivier, la série les présente comme plus unis, tout en posant les bases d’une éventuelle seconde saison.

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56 jours : c’est quoi cette série érotique qui cartonne sur Prime Video ?

Prime Video l’assure : son nouveau thriller psychologique est addictif. « [Et] toute belle histoire d’amour a besoin d’un meurtre », s’amuse la plateforme dans son communiqué. Diffusée depuis le 18 février 2026, la série en huit épisodes navigue entre le polar et le récit érotique assumé. Adaptée du roman à succès de l’autrice irlandaise Catherine Ryan Howard – dont 56 jours et Le courant d’air ont été publiés en France –, l’œuvre transpose à l’écran une romance basée sur trois sujets récurrents : le sexe, les mensonges, et un meurtre.

Quelle est l’intrigue de 56 jours ?

Portée par Dove Cameron (Descendants), Avan Jogia (Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City), Karla Souza (How to Get Away with Murder) et Dorian Missick (Premium), 56 jours est écrite et produite par Lisa Zwerling et Karyn Usher – qui avaient déjà collaboré sur le drame fantastique The Rook. « Nous sommes devenus très amis avec l’auteure Catherine Ryan Howard, dont le livre nous a offert une série sensuelle, émouvante et palpitante, où tout trouve son dénouement », ont déclaré les créateurs du show auprès de Prime Video.

Dove Cameron et Avan Jogia dans 56 jours.

L’intrigue s’ouvre sur la rencontre entre Oliver et Ciara dans un supermarché. L’attirance est immédiate. Très vite, les deux inconnus entament une relation intense. Cinquante-six jours plus tard, la police découvre un corps en décomposition dans l’appartement luxueux d’Oliver. La série alterne entre le passé – et la naissance de cet amour passionnel – et l’enquête criminelle actuelle, menée après la découverte du cadavre. Le dispositif narratif repose ainsi sur une question simple : qui a été tué, et qui a tué ?

Que pense la presse de 56 jours ? L’avis des critiques

Malgré les promesses de Prime Video, la réception critique est mitigée. The Hollywood Reporter salue le rythme, mais regrette un manque de profondeur psychologique, estimant que la série « manque de ce petit quelque chose […] pour la rendre vraiment mémorable ». « Au final, [ils] ne font que répéter les mêmes vieilles rengaines que vous avez déjà entendues mille fois », souligne le média américain. La critique souligne toutefois que « les rebondissements s’enchaînent à un rythme suffisamment soutenu pour qu’[elle] ne s’ennuie jamais ».

Dove Cameron et Avan Jogia dans 56 jours.

Même son de cloche du côté de Télé-Loisirs, qui met en avant « une structure narrative intéressante et maîtrisée », mais regrette certaines longueurs au milieu du récit. « Les rebondissements et les révélations finales ne déçoivent pas, même si certains sont devinables, ajoute la journaliste française. Ce thriller joue avec la psychologie des personnages avec efficacité et permet ainsi d’être intrigant. Même avec quelques imperfections, et en n’étant pas le thriller de l’année, l’histoire de 56 jours tient la route et divertit. »

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On a revu « 50 Nuances de Grey » (et on a arrêté de fantasmer)

Adapté du best-seller d’E.L. James, le film Cinquante Nuances de Grey promet une histoire passionnelle et complexe entre Anastasia Steele (Dakota Johnson), timide étudiante en littérature anglaise, et Christian Grey (Jamie Dornan), milliardaire énigmatique aux « goûts très particuliers » – entendez par là sado-masochisme et bondage.

Sur le papier, le scénario intrigue par son vernis provocateur (bien qu’ultra-cliché), porté par une bande-annonce résolument orientée BDSM. Mais voilà : en revisionnant, plus de dix ans après sa sortie, le long-métrage de Sam Taylor-Johnson, ce sont surtout nos nerfs qui ont été torturés. Et on vous explique pourquoi.

Quand le luxe alimente le fantasme

Ah, Christian Grey… Dès les premières secondes du film, les contours de l’homme (trop) parfait se dessinent : footing à l’aube pour entretenir sa musculature de rêve, choix méticuleux de sa tenue de travail – quel modèle de Rolex aujourd’hui ? – puis départ en chauffeur privé. Est-il possible de faire plus cliché ? Spoiler alert : oui.

Face à lui, Anastasia Steele, une étudiante sage et réservée, travaille dans un magasin de bricolage pour arrondir ses fins de mois. Sa modeste Coccinelle des années 70 (charmante, il faut le souligner) fait bien pâle figure face à la collection de voitures de luxe du milliardaire – qu’Ana se rassure : elle se verra bientôt offrir une superbe décapotable… par Christian.

Lorsque sa colocataire malade l’envoie interviewer l’homme d’affaires (sympa, la copine), le schéma est déjà limpide. Dès son arrivée à la « Grey House », la jeune femme est impressionnée par l’immensité du lieu… et de l’homme. Car oui, Christian est sexy (s’il ne l’avait pas été, l’histoire aurait-elle seulement existé ?), riche et puissant. Alors, comment ne pas craquer ? Le coup de foudre semble inévitable, tant leurs deux univers s’opposent.

Pourtant, une question reste en suspens : Ana tombe-t-elle sous le charme de Christian… ou du fantasme qu’il incarne ?

Une romance basée sur le pouvoir (et la toxicité)

Qui dit luxe… dit pouvoir, évidemment. Tout au long du film, des indices sont parsemés ici et là pour rappeler aux spectateur·ices un point essentiel : Christian contrôle la situation – et ce, dans tous les domaines.

Dès leur première rencontre, les dés sont jetés. Anastasia trébuche, se montre intimidée, fuit son regard ; lui se tient droit, déterminé, et la fixe intensément. L’ascendant est déjà là, bien avant le début officiel de leur relation : « J’exerce mon contrôle dans tous les domaines », répond-il à l’étudiante. Ça, on l’avait bien compris.

Christian Grey, Cinquante Nuances de Grey ©Universal International Pictures

Lorsqu’il débarque « par hasard » au magasin de bricolage où travaille Ana pour acheter des liens en plastique, du ruban adhésif et de la corde (on vous laisse deviner à quoi cela va servir), il n’apprécie guère la proximité d’un collègue avec elle. Même chose avec son ami photographe José : « C’est votre petit ami, le photographe ? […] Et l’autre vendeur ? » Un poil intrusif, le Christian.

Justement, parlons-en, de l’ami photographe. Un soir, alors qu’Ana est ivre en boîte de nuit, elle décide d’appeler Christian (grave erreur) pour lui rendre l’ouvrage en édition originale qu’il lui avait offert plus tôt dans la journée – la couvrir de cadeaux hors de prix, bien joué.

Tel un Superman des temps modernes, Christian enfile sa cape pour venir en aide à la jeune femme… qui faisait la fête, tout simplement. Mais une scène va totalement renverser la situation (et glorifier encore un peu plus le milliardaire) : lorsqu’Ana attend Christian sur le trottoir, José tente de l’embrasser. Heureusement, le sauveur arrive à temps.

Christian et Anastasia, Cinquante Nuances de Grey ©Universal International Pictures

Comme dans un conte de fées, elle se réveille dans une chambre luxueuse, soignée par son prince charmant – telle une petite chose fragile. « Vous êtes là parce que je ne suis pas capable de vous laisser toute seule », confie Christian. « Tant mieux », répond alors Ana.

Tant mieux, donc, si elle ne peut plus mener sa vie comme avant, désormais placée sous la surveillance (à peine toxique) d’un homme riche et avide de contrôle.

Vous avez dit « libre arbitre » ?

Entrons dans le cœur du sujet : le penchant assumé de Christian pour le BDSM. Voilà, c’est dit. Après un tour en jet privé au-dessus de Seattle – rien que ça –, la jeune femme découvre sa fameuse Chambre rouge (pas franchement feng shui), ornée de fouets, martinets et autres instruments de torture. Mais qu’elle ne s’inquiète pas : Christian n’en fait usage qu’avec des femmes « consentantes ». Merci pour la précision.

Détail important, cependant : ces femmes ne sont pas censées être vierges… contrairement à Ana. Mince, alors. Heureusement, à tout problème sa solution : Christian se charge donc de la dépuceler. Ce qu’elle en pense ? Le film ne s’attarde pas vraiment sur la question.

Après cette partie de jambes en l’air préliminaire, place au contrat – ah, le fameux contrat – censé encadrer leurs futurs ébats sexuels. Et par qui est-il rédigé ? Vous avez trois secondes… Oui, évidemment, par Christian. Les termes sont clairs : soumission, contraception imposée, alimentation contrôlée, interdiction d’alcool, de tabac et d’autres relations sexuelles. Avouez-le, ça fait rêver.

Et, bien qu’Ana ait le droit (enfin !) de négocier, l’homme d’affaires reste fermement campé sur ses positions. Il balaie certaines de ses suggestions, se montre agacé à la moindre hésitation, et va même jusqu’à interrompre un tendre moment après l’amour – Ana n’étant encore pas décidée au sujet du contrat. Peut-être le verdict aurait-il été plus rapide si Christian avait simplement listé tout ce qu’elle était autorisée à faire (c’est-à-dire pas grand chose).

Mais que M. Grey se rassure : la jeune étudiante est loin de maîtriser la situation – quoi qu’elle puisse en croire.

L’amour, toujours l’amour…

Bien sûr, il fallait que ça arrive. À force de regards intenses, de cadeaux hors de prix (un ouvrage collector, une décapotable, un tour en jet privé, un ordinateur portable) et de rapports de force déguisés en relation passionnelle, Anastasia Steele finit par craquer : elle tombe amoureuse. Malheur.

En même temps, comment ne pas céder ? Dès le début, elle est impressionnée par le statut de Christian, qui en profite pour imposer ses règles, auxquelles elle se plie – tout en restant persuadée qu’elle garde le contrôle (alors que pas du tout). Chaque étape de leur relation est marquée par la soumission : Ana accepte sa jalousie, sa frustration et son besoin de tout contrôler, finissant toujours par céder. La raison ? Elle est amoureuse (vraiment ?).

Christian et Anastasia, Cinquante Nuances de Grey ©Universal International Pictures

D’une emprise matérielle et sexuelle, l’histoire bascule peu à peu vers une emprise émotionnelle. « Je ne suis pas l’homme qu’il vous faut », « Vous devriez m’éviter« , puis « Tu m’appartiens, tu es à moi tout entière », « C’est toi qui es en train de me changer » : le stratagème est subtilement orchestré pour qu’Ana tombe dans ses filets. Petit plus qui fonctionne toujours : Christian a eu une enfance difficile : il a été battu, affamé, traumatisé – autant d’éléments qui renforcent l’empathie de la jeune femme (et tente d’excuser l’inexcusable).

Finalement, au lieu de frissonner face à des scènes érotiques qui – il faut bien l’avouer – sont loin du fantasme promis, on se retrouve face à une relation profondément déséquilibrée. Une relation où Anastasia, totalement fascinée par un riche homme d’affaires toxique, tombe amoureuse… et finit malheureuse, prisonnière d’un schéma qui ne lui convient pas – mais qu’elle accepte, par dépit.

Anastasia Steele, Cinquante Nuances de Grey ©Universal International Pictures

Dans le deuxième volet, Cinquante Nuances plus sombres (James Foley, 2017), Ana prendra-t-elle (réellement) le contrôle ? On l’espère pour elle (et pour celleux qui auront le courage de le regarder).

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