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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

La passe-miroir : la bande dessinée événement est-elle fidèle au roman ? Vanyda répond

11 février 2026 à 14:00

En quelques jours seulement, la bande dessinée La passe-miroir : les fiancés de l’hiver (Gallimard) s’est hissée dans le Top des BD les plus vendues de ces dernières semaines. Véritable sortie événementielle de ce début d’année, La passe-miroir offre un nouveau regard sur une saga à succès publiée entre 2013 et 2019, écrite par la romancière française Christelle Dabos.

L’artiste Vanyda s’attaque au difficile travail d’adaptation et parvient à rester fidèle à l’essence de l’œuvre originale, tout en apportant sa propre touche à l’histoire.

La passe-miroir : une adaptation fidèle ?

Comme dans le roman La passe-miroir, l’adaptation de Vanyda suit le destin d’Ophélie dans un monde fantastique. Fiancée par sa famille à Thorn, membre du puissant clan des Dragons, la jeune fille dotée de certaines capacités magiques découvre le monde de la Citacielle et s’initie aux jeux de pouvoirs et aux nombreuses conspirations.

Les fiancés de l’hiver transpose le premier roman de la saga (qui en compte quatre) et constitue une adaptation particulièrement fidèle des écrits de Christelle Dabos. La BD parvient à recréer la sensation de découverte d’un autre monde, tout en posant les bases de l’une des relations les plus fascinantes de la fantaisie contemporaine, entre Ophélie et Thorn.

Vanyda évoque son travail

Lors d’un long échange avec L’Éclaireur, Vanyda est revenue sur ces questions de fidélité vis-à-vis de l’œuvre originale et sur sa façon de travailler pour arriver à la création d’un album de bande dessinée de moins de 300 pages, malgré la longueur du roman et les nombreux événements qui s’y passent.

Outre le travail de conception des personnages et des décors, il a fallu découper le livre pour avoir une structure propre à la BD. « J’ai commencé par prendre tous les chapitres du roman et par noter tout ce qu’on apprenait d’important dans chacun d’eux. J’espérais tomber sur des chapitres inutiles que je pourrais sauter, mais il n’y en avait aucun ! J’ai donc condensé certaines scènes. Par exemple au tout début, Thorn annonce qu’il repart au Pôle le lendemain matin au petit-déjeuner, j’ai enlevé la scène, et il le dit simplement la veille ».

Se livrant à un véritable travail d’adaptation — avec la liberté et les contraintes offertes par le média de la bande dessinée — Vanyda a apporté sa propre version à l’histoire. « Je me suis permise, à certains moments de changer de point de vue, en suivant d’autres personnages par rapport aux romans » explique-t-elle. « Je considère l’œuvre comme une sorte de pâte à modeler, qu’il faut malaxer pour que ça corresponde au format BD. C’est l’une des parties les plus intéressantes à faire ».

Elle mentionne aussi l’importance d’avoir en tête l’intégralité des quatre tomes lors de l’adaptation du premier. Vanyda pose ainsi des indices et des pistes pour la suite, que les lecteurs les plus fidèles remarqueront sans mal. « Cela avait une grande importance pour moi, et pour Christelle aussi, d’ailleurs. Elle ne voulait pas que son œuvre soit adaptée en BD avant la sortie du quatrième tome. J’ai mis des choses dans ce premier album qui me resserviront plus tard… ».

L’autrice a également évoqué la suite, car les trois prochains tomes seront aussi adaptés en BD. Elle partage notamment son amour du deuxième livre : « Sur le premier roman, je trouvais qu’il y avait quelques longueurs que je pouvais raccourcir. Sur le deuxième tome, j’ai beaucoup plus de mal, je le trouve parfait ! C’est bien plus compliqué de couper. Je n’ai pas encore terminé le storyboard, je ne sais pas si cela va entrer dans le nombre de pages, les scènes y seront quasiment toutes. »

Reçu avant avant-hier

Anaon : que vaut la série fantastique ?

4 février 2026 à 10:50

Après un premier passage sur Prime Video au printemps dernier, Anaon arrive sur france.tv avec une diffusion ce mercredi 4 février sur France 2. Créée par Bastien Dartois, avec Sylvain Caron et Elsa Vasseur, la fiction propose un thriller surnaturel. Présentée en compétition française au Festival Series Mania 2025, elle avait déjà intrigué par son ambition affichée : faire dialoguer polar, drame intime et folklore breton.

De quoi parle vraiment Anaon ?

L’action se déroule à Harz, village fictif de Bretagne. Max, major de gendarmerie, tente de surmonter la mort de sa femme lorsqu’il est chargé d’enquêter sur la disparition d’une adolescente. Sa fille, lycéenne, commence de son côté à ressentir des phénomènes étranges, comme si quelque chose autour d’elle échappait aux lois du réel. Le titre renvoie à l’anaon, terme breton désignant les âmes des morts errant entre deux mondes.

Anaon

Globalement, l’ambition d’offrir une série surnaturelle française est saluée par la critique. C’est « sans doute le plus gros pari sur une chaîne hertzienne », estime VL Media, ainsi que « la claque que l’on attendait ». Le site loue une production « audacieuse », portée par « une réalisation où l’on se surprend dans chaque scène à y voir une photo, un tableau ».

Même avis enthousiaste du côté des Chroniques de Cliffhanger, qui y voit un programme n’ayant « pas peur de prendre des risques, ni d’aller au bout de son concept », tenant « magnifiquement la route le long de ses six épisodes ». Les performances de Guillaume Labbé et surtout de Capucine Malarre sont régulièrement mises en avant.

Que reproche-t-on à Anaon ?

À l’inverse, d’autres médias pointent l’occasion ratée de proposer une programme vraiment hors du commun. Télérama estime qu’Anaon « donne l’impression d’exécuter un cahier des charges plutôt que de trouver sa singularité », parlant d’une « resucée trop scolaire de Stranger Things ». « L’ancrage dans le terroir breton reste superficiel », précise le magazine.

Anaon

De même, Screen+ juge la proposition « accessible, mais prévisible » : « Le concept rappelle les séries américaines fantastiques, mais sans innovation réelle », même si « la mise en scène de David Hourrègue et la présence de Guillaume Labbé maintiennent l’intérêt ». Autrement dit, une série efficace, mais qui ne bouleverse pas les codes.

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