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Le cœur aux affaires (Sold Out on You) sur Netflix : c’est quoi cette série coréenne ?

Une nouvelle romance coréenne s’invite dans le catalogue Netflix. Intitulée Le cœur aux affaires, ou Sold Out on You, la série est diffusée à partir du 22 avril, à raison de deux épisodes hebdomadaires. Produite pour la chaîne SBS, elle adopte un format d’une douzaine d’épisodes, avec une diffusion simultanée entre télévision coréenne et streaming mondial.

De quoi ça parle ?

L’intrigue se déploie entre Séoul et un village rural fictif. Dam Ye-jin, animatrice star de téléachat, incarne une réussite professionnelle fragile, minée par le surmenage et des troubles du sommeil. Son histoire croise celle de Matthew Lee, cultivateur et dirigeant d’une entreprise spécialisée dans les cosmétiques naturels.

Leur rencontre, d’abord conflictuelle, naît d’un enjeu commercial autour d’un produit agricole. Les affrontements laissent place à une forme d’écoute, à mesure que chacun découvre les failles de l’autre. La narration repose sur une dynamique classique d’ennemis devenant alliés, puis partenaires. Autour d’eux gravitent Seo Eric, dirigeant d’une marque cosmétique internationale, et Song Hak-daek, figure d’influence locale.

Qui porte la série à l’écran ?

Le rôle de Matthew Lee est interprété par Ahn Hyo-seop, déjà remarqué dans Business Proposal, Dr. Romantic ou encore A Time Called You. Face à lui, Chae Won-bin prête ses traits à Dam Ye-jin, après des rôles dans Quand mon amour fleurit ou Delayed Justice. Kim Bum, connu pour Boys Over Flowers ou Tale of the Nine Tailed, incarne Seo Eric, tandis que la vétérane Go Doo-shim complète la distribution.

Le coeur aux affaires.

La série est écrite par Jin Seung-hee et réalisée par Ahn Jong-yeon, connu notamment pour Seoul Busters. La production est assurée par Beyond J, Studio S et Slingshot Studios, trois structures régulièrement associées à des fictions romantiques.

À quels spectateurs la série s’adresse-t-elle ?

La série devrait séduire un public amateur de romances contemporaines. Dans le sillage des succès récents de Netflix, Le cœur aux affaires s’inscrit dans une lignée de k-dramas qui ont largement contribué à l’essor international du genre. On pense notamment à Business Proposal, qui mêlait déjà romance et univers professionnel, ou encore à Nevertheless, produite aussi par Beyond J.

Plus récemment, des séries comme A Time Called You ou La traque dans le sang ont aussi témoigné de la diversité des productions proposées par la plateforme, entre romance, thriller et drame.

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XO, Kitty, saison 3, ou l’art de rejouer la même partition

Difficile de ne pas céder, au départ, à la promesse de XO, Kitty. Une teen série vive et colorée, à la croisée de la rom-com américaine et du k-drama, portée par une héroïne qui assume ses élans, ses erreurs et son besoin d’aimer. En bref, un cocktail élaboré pour séduire les amateurs et amatrices du genre. Dans le sillage du succès d’À tous les garçons que j’ai aimés, ce spin-off revient le 2 avril sur Netflix avec un troisième chapitre. Après des débuts idéalisés vite contrariés, puis des intrigues centrées sur les recompositions affectives et ses origines, Kitty aborde sa dernière année à KISS dans une formule (un peu trop ?) éprouvée.

Une teen série qui force le trait

On l’avait compris dès le départ, XO, Kitty cherche son originalité en jouant sur deux tableaux : celui, d’une part, des teen séries américaines qu’on ne compte plus ; et celui, d’autre part, des drames coréens, dont la popularité a explosé ces dernières années, notamment auprès des publics occidentaux.

XO, Kitty, saison 3.

Or, ce troisième volet semble décidé à pousser encore plus loin le curseur – jusqu’à frôler la caricature. Regards appuyés, ralentis sous les cerisiers en fleurs, baisers sur la plage… Tout y est. Mais ce romantisme, qui vire à la carte postale, se retrouve recouvert d’un vernis sucré qui, à la longue, finit par lasser.

Kitty, Min Ho… et les limites du schéma

Dans ces nouveaux épisodes, la relation entre Kitty et Min Ho structure l’ensemble du récit. Lui s’adoucit, endosse le rôle du « bon petit ami », accumulant les green flags (point positif, certes), mais au point d’en perdre ce qui faisait son sel : son ironie, son mordant. Sang Heon Lee livre pourtant une interprétation toujours solide, mais bridée par une écriture qui gomme peu à peu les aspérités de son personnage.

XO, Kitty, saison 3.

Elle aussi divise de plus en plus. À force de maladresses et de décisions discutables, Kitty devient parfois difficile à suivre. Trop impulsive, trop intrusive, presque manipulatrice par moments… Le personnage porté par Anna Cathcart agace, prisonnier de ses propres excès.

Même constat côté écriture : difficile d’adhérer à des intrigues qui tournent en boucle – amitiés menacées, histoires d’amour fragilisées, jalousies et petites rivalités. Rien d’anormal pour le genre, en soi. Mais ici, la série se contente de cocher les cases, sans jamais chercher à les réinventer, et peine ainsi à imprimer une identité propre, capable de la distinguer dans un paysage adolescent déjà saturé.

Entre clichés et moments justes

Tout n’est pourtant pas à jeter. XO, Kitty conserve une vraie efficacité dans ses dynamiques de groupe. Derrière les romances, la série s’attache aussi à l’amitié, à l’entraide, à la reconstruction. La relation entre Yuri et Dae, par exemple, gagne en justesse. Confrontée à la chute sociale de sa famille, Yuri découvre une autre manière d’exister, plus simple, plus sincère, qui tranche avec l’univers superficiel dans lequel elle évoluait.

XO, Kitty, saison 3.

La série parvient aussi, par moments, à s’écarter des représentations très codifiées de certaines romances de k-dramas. Ici, les personnages s’autorisent à expérimenter, à se tromper, à exister en dehors des attentes. Des respirations bienvenues, qui laissent entrevoir ce que la série pourrait être si elle osait davantage sortir de ses propres schémas.

Anna Cathcart et Lana Condor dans la saison 3 de XO, Kitty.

Autre point notable : le retour de Lara Jean, incarnée par Lana Condor, qui ravive, le temps de quelques scènes, l’émotion et la justesse qui faisaient la force de la saga originale – le chapitre précédent avait déjà accueilli brièvement Peter Kavinsky (interprété par Noah Centineo).

Une série trop lisse

Au terme des huit épisodes – qui se laissent quand même regarder sans difficulté –, le constat persiste : XO, Kitty semble vouloir plaire à tout le monde, quitte à ne jamais vraiment prendre position. Là où À tous les garçons que j’ai aimés trouvait un équilibre entre légèreté et nuance, son spin-off peine à s’affirmer. Même la bande-son trahit ce manque d’audace, avec le retour de Moral of the Story, déjà associée à un moment bien plus marquant dans la saga originale ; le clin d’œil tient ici davantage du recyclage. La série reste agréable, touchante dans ses derniers instants. Mais, à l’heure de ce troisième chapitre, elle donne surtout le sentiment d’avoir épuisé sa formule.

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