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Dans la bulle… avec Arlo Parks

En 2021, dès la sortie de son premier album Collapsed in Sunbeams, Arlo Parks a été étiquetée « La voix d’une génération ». Avec ses textes introspectifs profonds ne ressemblant à aucun autres, la jeune Anglaise sortait clairement du lot, orchestrant avec beaucoup de dextérité un R’n’B aérien, une pop légère et un fascinant trip hop.

Cinq ans plus tard, Arlo Parks – qui vit désormais à Los Angeles – signe Ambiguous Desire, un troisième opus aux effluves fortement electro et aux influences on ne peut plus éclectiques.

Dans le cadre intimiste de la Bulle Acoustique de la Fnac Forum des Halles à Paris, espace destiné aux amoureux du son pour tester les meilleures solutions d’écoute musicale, casques premium et enceintes connectées, en partenariat avec Qobuz, le service de streaming et de téléchargement haute qualité, Arlo Parks raconte l’histoire de ce disque qui fait du bien.

Elle évoque une multitude d’influences, plus éclectiques les unes que les autres, ainsi que sa vie dans la Cité des Anges californiennes. Un moment intime et plein de vie saisi par Qobuz dans la Bulle Acoustique de la Fnac.

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« Plus fort que moi » : comment Robert Aramayo s’impose comme la révélation de l’année

John est un jeune Écossais « normal » : il a des amis, il est sportif, va à la pêche, fait un petit boulot de livreur pour se faire un peu d’argent de poche. Jusqu’au jour où sa vie va basculer. Son corps est soudainement secoué de spasmes, son visage déformé par les grimaces et des jurons involontaires. « Ça tire dans le cou, ça se contracte », tente-t-il d’expliquer pour justifier ces tics aussi incontrôlables qu’inappropriés.

Autour de lui, c’est la consternation. On l’accuse de « faire le pitre ». Mais non, John ne fait pas « l’intéressant » : il est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Et chacune de ses confrontations avec le monde extérieur va se transformer en expérience douloureuse, émaillée de moqueries et d’incompréhensions. Jusqu’à ce que John, au terme d’une longue errance médicale et d’un isolement social, rencontre des anges gardiens qui accepteront son trouble, l’entoureront et s’efforceront d’adoucir sa vie. 

Bande-annonce de Plus fort que moi (I Swear)

Cette histoire poignante, c’est celle de John Davidson, devenu militant pour la reconnaissance du syndrome de Gilles de la Tourette,n encore trop méconnu. Raconté en mode dramédie, dans la plus pure tradition du cinéma britannique, alternant moments tragiques et séquences cocasses, Plus fort que moi joue les équilibristes, sans jamais céder au misérabilisme, aux clichés lourdingues ou au pathos grossier. 

Le réalisateur Kirk Jones (Nanny McPhee) s’emploie à mettre l’accent sur la personnalité attachante de John, sa résilience et ses jolies rencontres. Et parvient à nous faire sourire – voire franchement rire – de situations pourtant inconfortables. Un feel-good movie à la fois émouvant et instructif, porté par la prestation sidérante de Robert Aramayo.

Nous avons rencontré le comédien de 33 ans, qui a coiffé au poteau les grands favoris comme Timothée Chalamet, Michael B. Jordan et Leonardo DiCaprio lors des BAFTA (l’équivalent des Oscars britanniques) en février dernier.      

Nous vous avons vu dans des sagas épiques comme Les Anneaux du pouvoir (Elrond) et Game of Thrones (le jeune Ned Stark). Qu’est-ce que cela fait de passer à un rôle aussi ancré dans la réalité ?

C’était vraiment amusant. J’ai adoré l’idée d’essayer de raconter son histoire de la manière la plus authentique possible. Mon objectif principal ? Réfléchir à chaque élément pour interpréter ce personnage : l’authenticité, la façon dont nous pouvions rendre cela le plus ancré et le plus réel possible. C’était très important d’essayer de représenter la vie de John de manière très réaliste.

Comment évite-t-on la caricature lorsqu’on traite d’un sujet aussi sensible ?

Pour moi, il s’agissait simplement de me concentrer sur l’attitude de John (Davidson, dont est inspiré le film – Ndlr), sur son émotionnalité et sur son parcours émotionnel. Je me suis concentré là-dessus et pas sur autre chose. À la fin, je ne pensais même plus vraiment au syndrome de la Tourette. Je pensais davantage à ce que ressentait John et j’essayais toujours de revenir à cela.

Comment avez-vous travaillé les tics sans qu’ils paraissent « mécaniques » ?

La réalité, c’est que n’importe quoi peut être un tic. Il ne s’agissait pas vraiment de trouver comment faire un tic. C’était plutôt : qu’est-ce qu’un tic ? D’où cela vient-il ? Pour moi, il s’agissait d’essayer de comprendre l’origine de cela.

Copie de IS_0677

Avez-vous travaillé avec des coachs ?

Oui, j’avais un coach en motricité. Nous avons étudié la manière dont John se déplace dans l’espace d’une manière très particulière, avec un centre de gravité très bas. Et très rapidement, nous avons arrêté de travailler sur les tics, car ce n’est pas la chose la plus importante chez John. C’est son empathie, sa vulnérabilité, sa connaissance, son sens de l’humour.

Avez-vous construit des « chorégraphies » très précises pour le personnage ou laissé de la place à la spontanéité sur le plateau ?

Toujours à la spontanéité. Sur ce projet, je pense que tout le monde a travaillé d’une manière qu’il n’avait jamais connue auparavant. Tout était mis en place pour encourager le naturel. Les plans étaient assez larges : des choses pouvaient se produire dans le cadre et surprendre tout le monde. Le son était conçu d’une manière très old school, avec des dialogues qui pouvaient se chevaucher. C’est ça aussi, l’approche brillante de Kirk (Jones, le réalisateur).

Vous avez aussi partagé le quotidien de John. 

Oui, j’étais surtout dans une phase de recherche car je ne voulais pas tomber dans la pure imitation. Pour beaucoup d’éléments liés à John, je ne voulais pas simplement essayer de le reproduire ou de le mimer. Je voulais trouver où se trouvait John en moi, puis m’approprier le rôle.

J’ai donc passé beaucoup de temps avec lui, j’aimais aller au centre communautaire avec lui. Et j’ai adoré découvrir Galashiels, qui est une très belle région d’Écosse. Je suis vraiment tombé amoureux de cet endroit et j’adore y retourner, aussi pour voir la famille de John, Dottie, Murray… 

À la fin de la journée, était-il difficile de redevenir vous-même après avoir incarné John aussi intensément ?

Oui, c’est toujours assez compliqué car mon travail sur ce rôle a été très intense. C’est le rôle le plus difficile que j’aie jamais joué. J’ai appris énormément en tant qu’acteur. Pas seulement grâce à l’histoire et au travail sur la vie de John, mais aussi grâce aux acteurs avec lesquels j’ai travaillé. Ce n’est pas souvent que l’on peut travailler avec Shirley Henderson, Maxine Peake, Peter Mullan et tous ces incroyables acteurs. Je me sens très chanceux d’avoir fait partie de ce projet.

Les tics moteurs et verbaux deviennent une sorte de moteur dramatique, permettant à l’histoire d’osciller entre humour et tragédie. Pour vous, est-ce une comédie ou une tragédie ?

Pour John, c’est simplement sa vie. Certains moments sont drôles, et John lui-même les trouve drôles. D’autres moments ne le sont pas. Mais beaucoup de moments ne le sont pas. Je voulais me concentrer sur sa vie émotionnelle, sur sa compréhension intellectuelle de ce qui se passait, et sur son évolution. Je pense que Kirk a trouvé cet équilibre parfait entre humour et émotion.

Le film peut faire rire à des moments très inconfortables. Rions-nous parfois au mauvais moment ?

Je ne sais pas. Comme pour n’importe quel film, chacun peut avoir sa propre réaction. John dit lui-même : sentez-vous libres de rire, sentez-vous libres de pleurer. Sa vie a été à la fois très drôle et très tragique. Il veut simplement encourager les gens à vivre l’expérience qu’ils souhaitent.

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Le titre du film en anglais est I Swear (« Je jure »), qui fait référence aux jurons incontrôlables, mais aussi à une forme de promesse. Comment l’interprétez-vous ?

Seulement 10 à 20 % des personnes atteintes du syndrome de Tourette ont la coprolalie, c’est-à-dire les jurons incontrôlables. Mais oui, il y a aussi l’idée de promesse. John est une personne très engagée. On ne peut pas le rencontrer sans être inspiré. Il pense qu’il reste beaucoup à apprendre sur le syndrome de Tourette et qu’il reste beaucoup à faire pour améliorer la compréhension, notamment auprès des jeunes. J’espère que le film fera partie de ce travail d’éducation.

La cérémonie des BAFTAs a mis en lumière le film et la condition, mais aussi suscité une controverse (John Davidson a crié une insulte raciste involontaire pendant que Michael B. Jordan et Delroy Lindo étaient sur scène, et la BBC l’a diffusée sans la couper -ndlr). Comment l’avez-vous vécue ?

Il est important de dire que les tics peuvent avoir un impact sur les autres. Cela peut être difficile, parfois blessant, même physiquement. Et cela montre qu’il reste encore beaucoup à faire dans notre compréhension du syndrome de Tourette et dans la manière dont la société peut aider les personnes qui vivent avec.

Plus fort que moi, un film de Kirk Jones

Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake

Sortie le 1er avril 2026.

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Jeunes, stylés et ultra-doués : The Molotovs électrisent le rock britannique

Leur nom de groupe sonne comme une déflagration, la promesse d’un cocktail forcément abrasif Et ça tombe bien : Wasted On Youth, leur premier album, est une petite bombe. The Molotovs, ce sont Issey et Matthew Cartlidge. Elle a 19 ans, lui à peine 18. Deux gamins biberonnés aux vinyles de leurs parents, qui, après avoir fait leurs armes dans les rues de Londres, ont fini par attirer l’attention du label Marshall Records. Jusqu’à s’imposer comme l’une des sensations musicales les plus excitantes de 2026.

Il est 11h du matin lorsque les deux têtes blondes elfiques de The Molotovs surgissent sur notre écran Zoom. Ce matin, Issey et Matthew ont troqué leurs flamboyantes sapes vintage pour des T-shirts noirs, l’air un peu ensommeillé mais la répartie affûtée. 

Et si au cours de l’interview, Matt rejettera le terme « rock » pour qualifier leur musique (« Trop large », avancera-t-il), force est de constater que ces deux post-ados s’inscrivent dans une tradition anglaise diablement vivante, fortement inspirée par le punk, le mod revival et le garage rock des années 60–80. Guitares nerveuses, chansons compactes et percutantes et attitude de dandys insolents, tout dans la fratrie Cartlidge évoque cette nouvelle génération brit qui parvient à fusionner urgence et nostalgie avec une facilité déconcertante. Rencontre.  

À quel moment avez-vous réalisé que jouer ensemble en tant que frère et sœur pouvait devenir quelque chose de sérieux ?

Issey : Je pense que c’est arrivé assez vite, dès qu’on a senti que ça fonctionnait bien. On a commencé en jouant un peu partout dans les rues de Londres, notamment dans les quartiers de Brixton, Camden – qui est un endroit emblématique pour le rock – mais aussi à Soho, Oxford Street… Quand tu joues dans la rue, personne n’a payé pour te voir, donc tu es presque une intrusion dans la journée des gens, pas un divertissement choisi. Mais quand les gens s’arrêtent, restent, écoutent vraiment, ça veut dire quelque chose.

On proposait un son qui allait puiser dans les années 70, le punk, et même plus loin dans les années 60 avec des groupes comme The Kinks ou The Who, toute la vague mod revival. Et comme ce genre de son n’était pas revenu depuis un moment, les gens avaient l’impression de découvrir quelque chose de nouveau. C’est à ce moment-là qu’on a compris que ça pouvait devenir sérieux.

N’est pas un peu agaçant que l’on parle invariablement de votre précocité ?

Issey : Pas vraiment. C’est juste un élément parmi d’autres. Le fait qu’on soit jeunes fait partie de nous, mais ce n’est pas ce qui définit le projet. On n’est pas là parce qu’on est jeunes comme dans un télé-crochet, c’est simplement une donnée.

Vous dites que vous faites « une musique jeune, faite par des jeunes pour des jeunes ». 

Matthew : Disons qu’aucun de nous n’a 20 ans. Donc forcément, on écrit depuis ce point de vue-là. Je ne peux pas écrire comme quelqu’un de 40 ans ou même de 25. Nos chansons sont inspirés par ce que l’on vit aujourd’hui. D’ailleurs, on a beaucoup de fans entre 13 et 22 ans et ils se reconnaissent dans notre musique.

Issey : Quand tu es jeune, tu simplifies des choses complexes. Tu es moins désabusé, plus optimiste. Les solutions les plus simples te paraissent les plus évidentes. C’est cette énergie-là qu’on met dans notre musique : quelque chose de passionné et d’optimiste.

Votre musique touche également des générations plus âgées. Parvenir à fédérer, réalisez-vous que c’est un petit miracle pour un premier album ?

Issey : Oui, on a vraiment pour ambition de rassembler les gens. La musique et la culture sont des outils incroyables pour ça. À nos concerts, il y a un mélange de publics : hommes, femmes, jeunes, personnes plus âgées. Celles et ceux qui ont connu le punk ou le mod revival retrouvent une sensation, et les plus jeunes découvrent ça pour la première fois. Chacun vient pour une raison différente, mais ça prouve que ce type de musique ne disparaît jamais.

Que pensent vos parents de votre groupe ?

Matthew : Ils adorent. Ils disent qu’on est le meilleur groupe du pays – et je ne plaisante pas.

Issey : Ils nous soutiennent énormément. Au début, notre père nous emmenait partout en voiture pour jouer. Ils ont toujours été derrière nous.

Avez-vous arrêté vos études ?

Matthew : Oui, on a quitté l’école assez tôt, avant même les examens. On voulait faire de la musique et l’école ne nous aidait pas dans ce sens. Pour moi c’était simple : soit tu continues, soit tu fais vraiment ce que tu veux.

Issey : On a fait ce choix. Le groupe, c’est toute notre vie. Ce n’est même pas un travail, c’est un mode de vie. Tout ce qu’on fait nourrit le groupe, donc il n’y avait plus de place pour les études.

TheMolotovs - Credit Derek Bremner

Le format duo est exigeant – impossible de se planquer. Pourquoi ce choix ?

Matthew : Au départ, on était deux, puis trois avec notre batteur Will Fooks, et ça fonctionne bien comme ça. On n’a jamais ressenti le besoin d’être plus nombreux.

Issey : C’est vraiment une dynamique de power trio. Personne n’est en retrait, tout le monde apporte quelque chose. Et puis, honnêtement, c’est déjà assez intense comme ça (rires).

Avez-vous des désaccords musicaux ?

Issey : Oui, en permanence. Mais c’est plutôt sain. C’est une sorte de débat musical continu, et ça fait avancer les choses.

Quel est le premier album qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Matthew : Je ne me souviens plus exactement, mais j’écoutais beaucoup Green Day : je voulais être Billie Joe Armstrong (le chanteur de Green Day – Ndlr) quand j’étais plus jeune. 

Issey : Moi, je piochais surtout dans la collection de mes parents, notamment The Jam. Leur énergie et leur manière de canaliser la colère dans la musique m’ont marquée.

Quelles sont vos principales influences ?

Matthew : Je dirais The Undertones, The Jam. Ensuite j’ai Oasis, puis les Kinks et Small Faces.

Issey : J’adore The Libertines, Dexys Midnight Runners, The Beautiful South, The Housemartins… Un genre de pop politique, jungle pop, optimiste, très mélodique, des harmonies brillantes. Ça me fait vraiment vibrer.

Qu’est-ce qui définit le son du rock britannique selon vous ?

Issey : Il y a une forme d’arrogance, mais aussi beaucoup de style. Et surtout, un sens de la retenue : savoir s’arrêter au bon moment.

Matthew : La musique américaine est souvent plus théâtrale, plus démonstrative. Les Britanniques sont plus dans une forme de classicisme, de contrôle.

Comment rendre actuel un son inspiré du passé ?

Matthew : Juste parce qu’on est jeunes. Ça sort comme ça, naturellement. On a grandi avec 60 ans de musique derrière nous, donc forcément, même si on s’inspire du passé, ça passe par notre filtre.

Issey : Les grandes mélodies sont intemporelles. La soul, les groupes des années 60… Tout ça traverse les époques. Nous, on reprend ces éléments et on les fait passer à travers notre vision actuelle, dans les années 2020.

Votre look dandy rock est très travaillé. Comment l’avez-vous conçu ?

Issey : Dès le début, on voulait se démarquer, même quand on jouait dans la rue. On voyait beaucoup de styles influencés par le grunge américain, avec des fringues larges, un peu négligées. Nous, on voulait l’inverse : quelque chose de structuré, intentionnel. Des lignes nettes, des couleurs fortes, une vraie esthétique inspirée du pop art. Matthew est devenu plus preppy, style années 50 européen.

Matthew : Je mélange des influences des années 60, 80, 90, et de la mode européenne vintage.

Issey : S’habiller avec intention, ça change ton attitude. Ça donne une forme de fierté. On voulait aller à l’encontre de la nonchalance dominante.

Vous fréquentez les friperies pour créer vos silhouettes ?

Issey : Tout le temps ! Je fouille constamment dans des endroits vintage : les boutiques locales, les friperies caritatives, et on trouve aussi de très bons vinyles là-bas. J’ai récemment déniché 20 Golden Greats des Hollies. Un album brillant, l’une des meilleures compilations, du moins des années 60.

On travaille tous les deux avec beaucoup de marques de mode indépendantes vraiment chouettes. Récemment, j’ai collaboré avec un type, Stuart Trevor. Il a déjà travaillé avec All Saints. Son concept tourne autour de la réutilisation de vêtements vintage. Un véritable aspect de durabilité environnementale que je soutiens. La mode vintage est intemporelle.

Quelle est la chose la plus punk que vous ayez faite récemment ?

Matthew : Organiser des concerts dans des bibliothèques pour des jeunes, gratuitement.  Je dirais que c’est très DIY, très punk dans l’esprit.

Issey : Le parrain du punk, Paul Cook des Sex Pistols, est venu à l’un de nos concerts. Il est monté sur scène avec nous en jouant God Save the Queen à la batterie. C’était un peu comme être anobli.e par le roi.

Le rock est-il une réponse aux angoisses actuelles ?

Issey : On vit une époque très polarisée, notamment à cause des réseaux sociaux. Les gens sont pris dans une sorte de toile. On leur sert des contenus qu’ils soutiennent à fond, ou au contraire auxquels ils s’opposent complètement. Au final, on finit par voir tout le monde soit comme un ami, soit comme un ennemi. Ça place les gens dans deux camps opposés.

Récemment, on a fait notre plus gros concert en tête d’affiche à Londres au Electric Ballroom et je portais une robe avec le drapeau britannique. Ce drapeau est devenu un symbole associé au racisme. Alors que ce n’est pas ça à la base : c’est le drapeau du Royaume-Uni. C’est censé représenter l’unité.

Donc nous, on veut mettre en avant ce qui nous rassemble vraiment : la musique, les arts, la culture, ces lieux où les gens se rencontrent. C’est là que les gens créent du lien. Et c’est sur ça qu’il faut se concentrer : nos points communs plutôt que nos différences.

Comment avez-vous appris à être aussi à l’aise sur scène ?

Matthew : J’essaie toujours copier mes héros. Je pique notamment des trucs aux groupes que j’ai mentionnés plus tôt : les fringues, les guitares que je joue, les coupes de cheveux, les mouvements sur scène, ce genre de choses.

Issey : Je pense que pour Matt, tout est venu très naturellement. Tu as toujours été un performeur né. Moi, ça a pris plus de temps.

Et puis j‘ai vu une femme nommée Flavia Couri qui est chanteuse et guitariste dans un excellent groupe appelé The Courettes. Elle était là, sur scène, tenant sa guitare comme une mitraillette, fauchant la foule, avec une attitude d’assurance absolue. Voir cette femme si sûre d’elle a tout changé pour moi. Je pense que si on comparait nos performances aujourd’hui, on pourrait crier au plagiat !

Vous repreniez régulièrement des titres d’Oasis quand vous jouiez dans la rue. Votre album se clôture par la chanson Today’s Gonna Be Our Day, comme un écho aux paroles de leur tube Wonderwall. Est-ce une forme de passage de relais ?

Issey : Nous sommes de grands fans d’eux donc je ne vais pas rejeter cette étiquette. Nous les avons vus en concert pour leur reformation au stade de Wembley l’an dernier et notre nom est même sorti dans la presse comme suggestion des groupes qui devraient accompagner Oasis en première partie.

Si l’on devait résumer les années 90, alors Oasis serait celui qui resterait en mémoire. J’espère que nous deviendrons aussi gros qu’eux.

La musique française vous est-elle familière ?

Matthew : Pas énormément côté musique, mais la culture oui : traîner à la terrasse des cafés, fumer clope sur clope, prendre le temps…

Issey : J’aime Jacques Dutronc, le tube de Stone, C’est ma vie, ou encore des morceaux de Brigitte Bardot. On a aussi découvert pas mal de groupes garage rock français brillants recommandés par des DJs.

Allez-vous revenir bientôt en France ?

Issey : On a récemment fait un concert pour Arte à l’occasion des 10 ans de la mort de David Bowie, aux côtés de The Horrors, les Libertines, Anna Calvi – qui est fantastique. Mais oui, on prépare des choses en France cette année, promis.

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