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La femme de : Mélanie Thierry en plein dilemme dans ce nouveau drame sensible

Neuf ans après L’ordre des médecins (2017), David Roux est de retour au cinéma avec La femme de. Porté par Mélanie Thierry, le film suit l’histoire de Marianne, épouse d’un riche industriel. Mais à presque 40 ans elle est sur le point de tout envoyer valser : elle s’aperçoit, complice de sa propre condition, que le confort de la vaste maison familiale ne lui convient plus. Quand une figure de son passé ressurgit, notre héroïne comprend qu’une autre vie est possible, loin des obligatoires conjugales. Mais à quel prix ?

La bande-annonce de La femme de.

Un histoire de femme

Imaginé comme un récit d’apprentissage, La femme de filme la libération d’une mère et d’une épouse fatiguée de répondre aux exigences de sa belle-famille. Avec ce nouveau long-métrage, David Roux offre ainsi une œuvre féministe tout en soulignant la difficulté morale et parfois même physique de s’extirper de cette condition. Pour cela, le réalisateur a fait appel à la magnétique Mélanie Thierry dont le personnage est contraint d’évoluer dans un monde d’hommes : son mari attend d’elle de l’exemplarité, son beau-père la désigne d’office comme sa nouvelle infirmière tandis que le beau-frère y voit, avant tout, sa maîtresse.

Un brassage patriarcal dont notre héroïne va tenter de se défaire quand revient dans sa vie le personnage de Jérémie Renier. L’acteur qui tenait le rôle principal dans L’ordre des médecins réapparaît ici devant la caméra de David Roux dans un rôle sensible et doux face à une Mélanie Thierry impeccable.

Avec délicatesse, cette dernière porte le film sur ses épaules — à l’image de sa belle famille — et représente la dualité d’un personnage féminin en proie à un questionnement moral. Une interrogation que l’on retrouvait déjà chez l’actrice dans Connemara (2025) aux côtés de Bastien Bouillon.

La femme de.

Fidèle au registre qu’on lui connaît, Mélanie Thierry incarne une nouvelle fois une femme prête à renoncer au confort pour vivre une vie à laquelle elle aspire véritablement. Un symbole féministe et puissant mais qui lasse rapidement par la démonstration formelle du film. En effet, La femme de ne parvient pas à convaincre tant pour son scénario stagnant qu’un rythme beaucoup trop lent.

Le long-métrage semble, par ailleurs, s’enfermer dans une mise en scène rigide et terne. Il en ressort un drame sans réelle incandescence malgré le dilemme qui s’impose à son personnage. En définitif, La femme de manque d’épaisseur pour vraiment nous happer par la force de ses sentiments. Son ADN, emprunté au cinéma d’auteur français, semble nous maintenir toujours à l’écart afin d’être pleinement investis dans la trajectoire de Marianne. Restera au moins l’interprétation de son actrice, Mélanie Thierry.

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