Vue lecture

La locataire : que vaut le nouveau roman de Freida McFadden ?

La publication, en France, des romans de Freida McFadden se poursuit. Après le succès de la trilogie La femme de ménage (en librairie comme au cinéma), La psyLa prof et Le boyfriend, les éditions City continuent de proposer l’œuvre de l’autrice dans nos contrées avec La locataire (The Tenant), initialement publié aux États-Unis en mai 2025.

Les éditions City proposent désormais les nouveaux romans de l’autrice en suivant l’ordre de publication originaleLa locataire étant donc l’un de ses titres les plus récents. Tout en gardant ses codes et son style désormais connus, le roman propose un thriller psychologique qui parvient à se démarquer du reste de sa bibliographie grâce à son point de vue original.

Dans la peau d’un homme

Blake et Krista ont tout pour eux. Fiancés, propriétaires d’une belle maison de Manhattan et heureux « parents » d’un poisson rouge nommé Goldy, tout semble aller pour le mieux. Blake vient même d’obtenir une promotion prestigieuse, laissant entrevoir un futur aisé.

Seulement, du jour au lendemain, le voilà licencié, son patron l’accusant d’avoir vendu des secrets internes à des concurrents. Quand l’argent vient à manquer, le couple se résout à accueillir chez eux une locataire, Whitney, d’apparence parfaite sous tous les rapports. Très vite, Blake commence à avoir des doutes concernant cette étrange colocataire.

La locataire débute ainsi comme tous les autres romans de Freida McFadden. Le statu quo des personnages change et une certaine paranoïa s’installe. Seulement, pour la toute première fois, l’autrice – qui conserve une narration subjective à la première personne – se glisse dans la peau d’un homme, s’éloignant ainsi des nombreux protagonistes féminins qu’elle a pu créer. Blake est le personnage principal de l’histoire et le lecteur évolue avec lui, à mesure qu’il devient sûr que Whitney cherche à détruire sa vie.

En suivant un point de vue masculin, Freida McFadden apporte une certaine fraîcheur à son récit, s’exprimant différemment et mettant en avant une autre psychologie, d’autres problématiques et un autre rapport aux événements. Dans les remerciements du livre, l’autrice évoque d’ailleurs la participation de son mari, qui a ajusté le ton au début de l’écriture, en lui disant qu’un homme dirait ou ne dirait pas certaines choses. Si La locataire revient aux codes habituels de l’écrivaine (avec ses qualités et ses limites), ce changement de point de vue constitue l’intérêt principal du roman. 

Tout le monde ment

Avec La locataire, Freida McFadden s’intéresse aux notions de vérité et de mensonge. Elle dépeint également la différence de perception d’un même événement (qu’il soit anodin ou dramatique) selon les personnes. Thriller psychologique qui monte crescendo dans le malaise, le livre joue avec les retournements de situation et la double narration, caractéristiques du style McFadden. Tout le monde ment, plus ou moins, forçant le lecteur à continuellement questionner ce qu’il croit savoir. Le point de vue subjectif ne remet pas en cause ce sentiment : même si le protagoniste raconte lui-même son quotidien, il est difficile de savoir à quel point il se ment à lui-même ou omet des détails qui pourraient avoir de l’importance. 

Néanmoins, les limites du style Freida McFadden peuvent se faire ressentir : après avoir lu plusieurs de ses romans, les ficelles commencent à se voir si on creuse un peu trop, et ce qui apparaissait comme des twists malins au début risque de se transformer en ingrédient surexploité. Ce constat n’enlève rien à l’aspect addictif de La locataire. Comme pour les autres romans, il bénéficie d’une écriture limpide, rapide et efficace qui donne envie de découvrir la suite de l’intrigue. Avec Freida McFadden, on est désormais en terrain familier : la recette est assimilée, connue, mais le plaisir de s’y replonger demeure intact.

La déchéance physique et psychologique

La majorité du livre s’attarde à montrer comment Blake, jeune homme de 32 ans qui réussit en tout, perd peu à peu pied lorsqu’il perd son travail. L’arrivée de Whitney au sein de la demeure familiale précipite sa chute. Persuadé qu’elle lui veut du mal, il se retrouve seul face aux autres et tombe dans une spirale infernale. Il crée ainsi le doute chez sa fiancée et ses amis, au point que l’injustice de la situation apparaisse comme insoutenable, même pour le lecteur.

Les événements vont loin et, si le protagoniste fait (souvent) le mauvais choix, on ne peut qu’apprécier la façon méthodique dont Freida McFadden le détruit, physiquement et psychologiquement, comme s’il était le cobaye d’une expérience sociologique. Sans empathie, le livre navigue à travers des situations extrêmes de violence, macabres, mais aussi hypnotiques. La locataire, sans révolutionner le monde du thriller, confirme que Freida McFadden a un style bien à elle, qu’elle déroule avec beaucoup de facilité et d’efficacité à chaque nouveau récit.

  •  

Notre guide des meilleurs livres d’art

Les livres de référence sur l’histoire de l’art en général

Avant de rentrer dans le vif du sujet pour chaque discipline artistique, on se permet un petit récapitulatif afin de poser les bases de l’histoire de l’art.

Histoire de l’art – Ernst Hans Gombrich (Phaidon)

Depuis sa première parution en 1950, l’Histoire de l’art expliquée par Ernst Hans Gombrich n’a cessé de gagner en popularité. Il faut dire qu’il s’agit d’une véritable bible de près de 700 pages ! Si la quantité d’informations contenue peut effrayer, rassurez-vous, les propos sont très simples : c’est d’ailleurs ce qui fait que ce volume est autant apprécié. En effet, pour l’historien de l’art allemand, pas question d’être incompréhensible, il souhaite montrer avec clarté que l’art n’est pas une succession de noms et de mouvements, mais bien un continuum qui relie nos créations actuelles à celles de la préhistoire. Un incontournable bien illustré !

Histoire de l’art pour tous – Nadeije Laneyrie-Dagen (Hazan)

Nadeije Laneyrie-Dagen livre également une synthèse avec une Histoire de l’art pour tous. Accessible et bien documenté, avec 1 000 formes artistiques issues d’un peu partout autour du globe, l’ouvrage permet de différencier les époques et de cerner les fonctions de l’art. Cinq grandes parties permettent de maîtriser les outils pour appréhender les œuvres, de connaître notre héritage artistique occidental comme de se familiariser aux arts du monde, de voir les bouleversements sociaux et techniques qui ont mené à la modernité et enfin d’étudier la perception des pratiques artistiques dans notre ère contemporaine. Une merveilleuse réflexion qui invite à voir plus loin !

Petite histoire de l’Art et Petite histoire de l’Art moderne – Susie Hodge (Flammarion)

Vous rêvez d’en savoir davantage sur l’art et les artistes, mais la taille conséquente des livres sur le sujet peut vous rebuter. Pas de panique, voici une Petite histoire de l’Art pensée par Susie Hodge. Simple et pédagogique, elle est idéale pour les amateurs et peut même être destinée à un jeune public. Pas de jargon, seulement le décryptage de 50 chefs-d’œuvre et l’explication des principaux courants, des thématiques récurrentes et des techniques. En bref, un essentiel à avoir dans sa collection !

L’historienne de l’art et artiste britannique signe aussi une Petite histoire de l’Art moderne : le même guide court et clair, cette fois pour apprivoiser des formes artistiques plus récentes. Souvent jugées déroutantes – ou même peu compréhensibles pour beaucoup – les créations contemporaines s’affranchissent des codes classiques connus. Grâce à ce manuel, l’art à partir de la fin du XIXe siècle n’aura plus aucun secret pour vous. Au-delà de la peinture, déchiffrez œuvres et techniques variées : sculpture (bois, pierre, émail), ready-made, photographie ou encore vidéo. De quoi enfin saisir l’essence de la modernité !

Dates clés de l’histoire de l’art – Lee Cheshire (Flammarion)

Que s’est-il passé le 15 mai 1863 ? Quoi ! Vous ne l’avez pas ? Mais si, il s’agit de l’ouverture du Salon des refusés. Il est possible d’y admirer les tableaux rejetés par l’Académie des beaux-arts du Salon d’exposition officiel. Tous les curieux désireux d’apprendre d’autres anecdotes et faits divers du même style, de la Renaissance à l’après-guerre, pourront compter sur les Dates clés de l’histoire de l’art. Une manière ludique d’entrer dans l’univers artistique.

100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues – Gérard Denizeau (Larousse)

Après la théorie, place à la contemplation ! Accordez-vous une somptueuse balade visuelle avec le spécialiste du patrimoine et des civilisations Gérard Denizeau. De la torche éclairant l’art pariétal aux lumières tamisées des musées actuels, remontez le temps à travers 100 œuvres d’art qu’il faut avoir vues, qu’elles soient picturales ou sculpturales, célèbres ou plus secrètes. Complet et richement illustré, cet ouvrage propose de brillants encadrés pour comprendre ce que l’on admire. Un beau livre passionnant, à offrir ou à garder jalousement pour soi.

Les sélections par disciplines

Maintenant que vous maîtrisez les fondamentaux, il est temps de creuser vos sujets de prédilection. Et parce qu’il est parfois compliqué de s’y retrouver parmi tous les livres d’art, voilà nos meilleures suggestions.

  • La peinture

À vos toiles et pinceaux, on commence avec nos recommandations d’ouvrages sur la peinture. À la suite d’une brève histoire générale, familiarisez-vous avec les grands peintres et leurs tableaux, de la Renaissance à nos jours.

  • L’architecture

Bâtissez votre culture et élevez votre savoir sur l’histoire de l’architecture. Des fragments hérités de l’Antiquité aux gratte-ciels d’aujourd’hui : notre sélection de beaux livres permet de tout savoir (ou presque) sur l’art de la construction et ceux qui l’ont érigé.

  • La sculpture

Marbre, bronze ou argile : découvrez les réalisations et les techniques qui ont façonné l’histoire de la sculpture ainsi que les plus grands maîtres en la matière, du baroque du Bernin au néo-pop de Koons.

  • La musique

Mettez-vous au diapason avec cette sélection sur l’histoire de la musique. Des bases encyclopédiques aux icônes de la modernité, en passant par les maîtres du classique, accordez vos connaissances au rythme des époques !

  • Le cinéma

Installez-vous au premier rang et déroulez la bobine de l’histoire du cinéma. Des pionniers du muet aux blockbusters actuels, redécouvrez les figures majeures et les chefs-d’œuvre qui ont illuminé les salles obscures.

  • La photographie

Faites la mise au point sur l’univers de la photographie et développez votre culture du 8ème art. De la chambre noire à la révolution numérique, cadrez les courants essentiels et capturez le génie des visionnaires ayant su, à travers leur objectif, immortaliser le réel.

Le reste des articles sur la danse et la mode est en cours de création. Comme tous les artistes, nous avons besoin d’un temps d’inspiration…

Et en attendant la suite, si l’envie vous prend de mettre à profit vos nouvelles connaissances ou de voir en vrai une œuvre qui vous a particulièrement marqué : réservez de ce pas un billet pour les expositions et musées !

À très vite pour de nouvelles suggestions !

  •  

On a rencontré Régis Loisel pour le mois de la BD

Alors qu’il prépare actuellement le dernier tome de la grande saga La quête de l’oiseau du tempsRégis Loisel est récemment revenu en librairie avec La dernière maison juste avant la forêt (Éditions Rue de Sèvres), marquant son grand retour au dessin. À l’occasion du mois de la BD, l’auteur emblématique de la bande dessinée française est revenu, pour L’Éclaireur, sur son œuvre, sa façon de travailler et ses derniers projets. Entretien.

Pour commencer, un mot sur La dernière maison juste avant la forêt, votre dernier album paru. D’où vient ce projet et quelle était l’envie derrière cette œuvre ?

À l’origine, c’est une histoire que Jean-Blaise Djian avait commencée. Il m’avait fait lire le début pour avoir mon avis. J’aimais beaucoup le premier quart : il y avait une ambiance, un univers très fort. Après, à mon sens, ça partait complètement ailleurs. Ça devenait une histoire de flic, ça sortait de la maison et ça n’avait plus rien à voir avec ce qui m’avait séduit au départ. Je lui ai dit : “C’est dommage, parce que ton univers est vraiment intéressant, mais là, tu n’en fais rien.” C’était il y a une dizaine d’années. Je n’étais absolument pas censé dessiner quoi que ce soit, c’était juste une discussion. Il a tenu compte de mes remarques, a retravaillé son histoire, me l’a refait lire.

C’était mieux, mais encore loin de ce que j’imaginais. Quand je suis revenu en France, je lui ai proposé qu’on travaille ensemble dessus. J’avais énormément d’idées, son histoire faisait écho à ce que je faisais dans les années 1970 : un univers un peu baroque, fantastique, parfois humoristique. J’avais écrit une centaine de pages pour étoffer son scénario. Il a adoré. On a donc décidé de coécrire l’histoire. Le point de départ est le sien, la suite est davantage mon point de vue.

À la sortie de l’album, beaucoup parlaient du “retour de Régis Loisel au dessin”. Est-ce que vous le ressentez ainsi, ou avez-vous l’impression de ne jamais avoir vraiment quitté le dessin ?

C’est une question de point de vue. Je n’avais pas sorti d’album dessiné par moi depuis longtemps, c’est vrai. Le dernier, c’était Mickey : café Zombo, il y a presque dix ans. Entre-temps, j’ai surtout travaillé sur des scénarios. J’ai fait quatre albums, dont deux Quête, où je continue malgré tout à dessiner, à corriger, à surveiller le travail des autres dessinateurs. J’ai toujours été dans l’ombre, mais je n’étais jamais très loin du dessin.

Le fait de savoir que vous allez dessiner l’album change-t-il votre manière de travailler, notamment dans la construction des planches et l’écriture scénaristique ?

J’ai travaillé sur La dernière maison juste avant la forêt de façon très fragmentée. J’étais souvent interrompu par d’autres projets, notamment La quête de l’oiseau du temps. Travailler en pointillés sur une histoire, c’est extrêmement désagréable.

On s’interrompt, on sort du bain, puis on y revient des mois plus tard. Pour cette bande dessinée, j’ai eu quasiment neuf mois d’interruption. Quand on s’y remet, on regarde son travail autrement. On se dit : “Ça, ce n’est pas très bon, je peux faire mieux”, alors on retouche, on recommence. Et ça n’en finit jamais. L’album fait quand même 160 pages, c’est énorme !

Arrive-t-il un moment où vous vous dites : “Là, c’est bon, je m’arrête” ?

Je fais ce que je peux. Quand quelque chose ne me plaît vraiment pas, je recommence. Évidemment, on pourrait passer sa vie sur une planche. La perfection n’existe pas, et ce n’est pas souhaitable. Le lecteur ne voit pas ces repentirs. Mais quand quelque chose est vraiment flagrant à mes yeux, je recommence. Et quand c’est refait, je me dis : “Là, c’est mieux.”

Relisez-vous vos albums une fois qu’ils sont publiés ?

Non, jamais. Je n’ai jamais relu La quête, ni Peter Pan. Je regarde parfois quelques pages pour me rappeler un personnage ou un détail, mais lire un album entier, non. J’en suis incapable.

Vous êtes à la fois scénariste et dessinateur. Avez-vous le sentiment que le dessin raconte autant que les mots ?

Absolument. J’écris mes scénarios à la main, avec des ratures, sans chercher à figer les dialogues. Je connais le sens général. Puis, j’affine les dialogues au moment du dessin. Quand un dessinateur travaille sur un scénario, il l’interprète. Comme je suis à la fois scénariste et dessinateur, j’interprète moi-même ce que j’ai écrit. Et parfois, même moi, je suis surpris par ce qui apparaît au dessin.

Quand je travaille avec d’autres dessinateurs, je ne leur demande jamais de faire du Loisel. Je veux qu’ils racontent l’histoire à leur manière. J’ai toujours pensé qu’il serait bien un jour de proposer la même histoire à plusieurs dessinateurs qui ne savent pas qu’ils font la même histoire afin de voir l’interprétation de chacun. Un scénariste peut donner des indications, mais le dessinateur est le metteur en scène, comme un réalisateur au cinéma.

« Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas. » Régis Loisel

Justement, votre travail est souvent qualifié de très cinématographique.

Oui. Si je n’avais pas été dessinateur, le cinéma aurait sans doute été une voie possible pour moi, à un niveau ou à un autre.

La culture continue-t-elle de vous nourrir aujourd’hui ?

Oui, énormément. Je lis beaucoup : environ 80 % de romans et 20 % de BD. Et le cinéma, j’adore. Si je pouvais voir un film tous les soirs, je le ferais. Même des films mauvais : je vais jusqu’au bout, je regarde les bonus, les making-of. Ça m’intéresse toujours.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Glénat BD (@glenatbd)

Peter Pan et Mickey : café Zombo sont les deux seuls titres que vous avez réalisés entièrement seul. Est-ce plus libérateur de travailler seul ou au contraire plus difficile ?

Travailler seul, c’est compliqué. Dans une histoire, on se retrouve toujours face à des nœuds. Et parfois, il suffit d’en parler à quelqu’un pour que tout se débloque. Moi, je travaille de façon assez anarchique. Je sais où je vais, mais pas toujours comment. D’autres scénaristes sont beaucoup plus structurés. C’est une question de méthode.

Peter Pan a marqué toute une génération. Quel regard portez-vous dessus aujourd’hui ?

Mon seul regard, c’est celui que me renvoient les autres. Le lectorat a été très marqué par cette histoire et ça m’épate. Quand on fait un album, on ne cherche pas à marquer les gens. On fait ce qu’on peut, avec le cœur. Après, ça touche ou pas.

C’est pareil pour La dernière maison juste avant la forêt. Certains adorent, d’autres détestent. Certains n’ont pas compris le côté potache, décalé, mais c’est l’histoire qui veut ça. On me reproche parfois que ce ne soit pas le Loisel qu’on attend. Mais on ne peut pas toujours refaire la même chose.

Vous regardez les critiques ?

Oui, parfois. C’est très excessif : soit on encense, soit on démonte. Il y a peu de nuances. Mais ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que le livre fasse sa vie. Et a priori, il se vend plutôt bien.

Le marché a beaucoup changé…

Énormément. L’offre est très importante. Quand j’ai sorti La quête de l’oiseau du temps, en 1983, il y avait environ 350 nouveautés par an. Aujourd’hui, c’est sans commune mesure, il y en a plus de 6 000. Il y a trop de choix, tout va très vite, comme les séries télé. Le lectorat se disperse entre les jeux vidéo, les séries, les plateformes. Forcément, les ventes baissent.

Peter Pan est un mythe important de la littérature, propice aux interprétations et aux adaptations. Y a-t-il d’autres mythes que vous auriez aimé revisiter ?

Don Quichotte, peut-être, mon fils aurait adoré que je le fasse. J’aime les contes, comme Le petit chaperon rouge ou Le petit poucet. Les contes sont extrêmement violents et cruels à l’origine. Ça ne m’aurait pas déplu de faire des réinterprétations de ces histoires-là, en prenant le côté adulte, sous forme de récits courts, très graphiques, très aérés.

Et l’horreur ? J’ai l’impression que vos œuvres en contiennent toujours un peu.

Oui, c’est vrai. J’aimerais faire une vraie histoire d’horreur, pas forcément du gore, mais plutôt psychologique. Le suspense et l’angoisse sont plus intéressants qu’une tête coupée. Il faut que je trouve l’histoire, avec un point de vue différent.

Un dernier mot sur La quête ?

Je suis en plein dedans. Je travaille actuellement sur le dernier album, Après la quête de l’oiseau du temps, j’en suis à la douzième page, il y en aura 86. Je m’applique, on m’attend au tournant ! Il n’y en aura plus après, ça sera un seul album.

Ce sera plus une histoire de personnages que d’aventure, Bragon est beaucoup plus vieux que là où on l’a laissé dans la série mère. On a beaucoup réfléchi à la fin avec Serge Le Tendre. J’espère qu’elle sera à la hauteur.

  •