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Reçu aujourd’hui — 19 avril 2026

Les mangakas sont-ils menacés par les IA ?

19 avril 2026 à 06:00

Le forum reddit r/MangakaStudio est un espace dans lequel de jeunes artistes, dont nombre de dessinateurs japonais, partagent régulièrement leurs travaux et leurs réflexions. Dans ce lieu de débat, la question de l’usage des intelligences artificielles génératives pour assister la création de bandes dessinées, voire pour remplacer complètement les auteurs ressurgit régulièrement. L’immense majorité des utilisateurs est, au mieux, dubitative, mais le plus souvent hostile aux « mangas créés par IA ».

La suite du légendaire Black Jack d’Ozamu Tezuka, publiée en 2023, est l’un des très rares mangas assumant d’avoir utilisé l’IA dans son processus créatif.

Les problèmes soulevés par les auteurs de r/MangakaStudio sont nombreux : usage de matériel sous copyright par les outils d’IA générative, rendus donnant un aspect générique et moyen aux œuvres, perte de capacité technique à dessiner pour les auteurs, etc. Parallèlement, la question se pose de plus en plus, dans la fiction comme dans la réalité : et si, demain, une partie, voire l’intégralité de la littérature japonaise était générée par des machines ?

C’est notamment le point de départ du manga Le dernier écrivain, qui paraîtra prochainement aux éditions Glénat. Dans ce dernier, un auteur voyageant 100 ans dans le futur se retrouve ainsi le seul à créer des histoires « à la main », dans un monde dans lequel la fiction est désormais synonyme de production entièrement mécanisée, à faible valeur artistique et sentimentale. Et dans notre réalité de 2026 ?

Des artistes plutôt hostiles aux mangas générés par IA

Du côté des mangakas déjà bien installés, plusieurs années après l’arrivée des premiers mangas complètement générés par des prompts, les IA génératives semblent représenter davantage une menace qu’une solution à des problèmes bien réels. Problèmes que l’industrie ne peut néanmoins pas ignorer, à commencer par une charge de travail bien souvent titanesque et la nécessité de produire parfois plusieurs dizaines de planches chaque semaine pour un marché habitué à la publication rapide et continue.

L’un des très rares dessinateurs à défendre publiquement l’usage de l’IA est ainsi Yoshimi Kurata, dont le travail est méconnu en France. Cet auteur de 70 ans, dont 45 ans de carrière, déclare ainsi : « L’assistance de l’IA me permet de continuer à produire des mangas. En vieillissant, ma vitesse de dessin a beaucoup ralenti. L’usage de l’IA me permettra de dessiner dix ans de plus. »

Girl vs Ghost, un manga généré par IA publié sur Manga Plus.

Néanmoins, si certains artistes ont effectivement évoqué la possibilité d’alléger certains aspects de leur travail en automatisant des tâches (retouches sur les décors, pose de trames, encrage…), d’autres sont vent debout contre l’arrivée de ces outils. En particulier parce que nombre d’entre eux ont déjà été plagiés par des internautes utilisant des outils d’IA générative et publiant du contenu très similaire aux leurs en ligne.

Hirohiko Araki, l’auteur de Jojo’s Bizarre Adventure s’est par exemple longuement exprimé sur le sujet dans son récent livre New Manga Techniques : « Récemment, je suis tombé sur des images en me disant « tiens, c’est quelque chose que j’ai dessiné, non ? » avant de réaliser qu’il s’agit de dessins générés par IA […]. Ces faussaires pourraient très bien créer un écosystème où ils dominent complètement la création artistique, au point que leurs copies soient considérées comme les œuvres réelles. »

JoJo’s Bizarre Adventure.

Il poursuit : « Et ces escrocs pourraient tout à fait optimiser l’utilisation et les failles du système légal pour “gagner” et engranger des fortunes. Mes propres droits sont protégés par les éditions Shueisha, mais ce n’est pas le cas de nombreux autres artistes qui pourraient à l’avenir rencontrer de graves problèmes légaux ! » Des craintes partagées par de nombreux pontes de l’industrie, dont Ken Akamatsu (Love Hina), Tetsuo Hara (Ken le survivant), ou encore Junji Ito (Spirale).

Et comme le souligne par ailleurs le youtubeur spécialisé dans l’industrie du manga, BoogieSnacks, dans une vidéo d’analyse sur le sujet, il y a deux problèmes majeurs avec les mangas générés par IA publiés à ce jour. D’une part, certains sont effectivement du plagiat et reprennent au moindre détail près des designs et des personnages créés par d’autres, en bénéficiant d’une législation assez floue sur le sujet au Japon.

Une pratique qui a par ailleurs poussé à certains mangakas éminents, comme Daisuke Moriyama, à retirer tous leurs dessins des réseaux sociaux. D’autre part, ces mangas tombent également souvent dans ce que le vidéaste qualifie de « Manga Slop » (sur le modèle de l’AI slop), que l’on pourrait traduire par « manga-poubelle ». Soit des productions de très faible qualité publiées sur des sites de manga en ligne à la chaîne. Et ce, avec une réception du public assez tiède. Néanmoins, tout le monde ne pense pas que l’arrivée de ce type d’outils soit une impasse totale pour l’industrie de l’édition au Japon.

Une industrie qui cherche à économiser sur les fonctions support et à protéger le droit d’auteur

Ces doutes, voire cette franche hostilité du milieu artistique, sont certes partagés par la plupart des éditeurs japonais, mais les industriels du milieu ont des positions moins catégoriques lorsqu’il s’agit d’aspects annexes à la création, comme l’édition ou la diffusion des œuvres. Certains acteurs du secteur ont ainsi souligné l’utilité des outils de traduction automatisée par IA.

Ces derniers permettent de publier quasi simultanément des versions anglaises sur des sites comme Emaqi ou Manga Plus, et de prendre de vitesse les pirates fournissant gratuitement des traductions illégales. Une façon de faire soutenue par le gouvernement japonais, mais combattue par l’Association japonaise des traducteurs, qui pointe en particulier le résultat parfois médiocre de ces traductions-éclair.

Le gouvernement japonais soutient dans le même temps la protection des droits d’auteurs et les outils de traduction automatisée, à l’image du programme Mantra Engine, soutenu par des fonds publics.

Il semble néanmoins que, sur le processus purement créatif – de l’écriture des histoires aux dessins eux-mêmes –, l’industrie du manga pousse peu à la création de contenus par IA, à l’exception notable de quelques webcomics génériques. Une frilosité que l’on peut imputer notamment aux risques légaux et au préjudice subi par les éditeurs, dont des éléments du catalogue sont réutilisés quotidiennement et sans autorisation par les IA génératives.

Les grandes firmes de manga cherchent donc plutôt à automatiser les fonctions support (correcteurs, traducteurs, personnel administratif) que les auteurs eux-mêmes et leurs assistants. Seules quelques startups comme en-dolphin proposent actuellement des outils de création assistés par IA, sans vraiment convaincre les poids lourds de l’édition. Le Japon demeure par ailleurs le pays développé qui, malgré sa réputation très « techno-optimiste », est le plus réticent à l’implantation des outils d’intelligence artificielle en milieu professionnel.

L’animation et les webtoons, porte d’entrée de l’IA dans le manga ?

Dans le domaine de l’animation, cependant, le recours à l’IA est largement plus développé, comme le soulignait déjà un reportage de France24 réalisé début 2025. L’industrie locale y est soumise à une très forte demande et à une explosion du nombre de productions (plus de 400 séries produites chaque année), sur fond de pénurie de main-d’œuvre. Un marché qui fonctionne à flux (très) tendu et qui a poussé nombre de studios sous-traitants à automatiser par IA un nombre croissant de tâches d’animation.

En 2023, Netflix a commandé le court métrage The Dog and The Boy au studio Wit, qui a assumé un recours à l’IA en raison d’une pénurie de main-d’œuvre.

Or, si ces techniques permettent d’effectuer certaines tâches rapidement (génération de décors, de costumes ou de certaines étapes d’animation), elles privent également une partie des employés juniors de tâches qui leur étaient traditionnellement attribuées pour monter en compétence. Un fait qui commence à faire craindre une raréfaction du personnel qualifié pour « corriger les erreurs de l’IA »… Car le contenu généré ainsi produit un rendu qui laisse souvent à désirer et nécessite une importante correction par des mains humaines expérimentées. Plusieurs rapports pointent ainsi les risques d’un nivellement par le bas de la production animée si la pratique se généralise.

La saison 2 de Solo Leveling, version animée du webtoon à succès, s’est conclue le 29 mars 2025.

Cela pourrait-il arriver à l’industrie du manga papier ? Possible, si l’on en croit la voie choisie par la Corée du Sud pour la production de nombre de webtoons partiellement générés par IA, qui peinent pour beaucoup à produire un style identifiable et des histoires novatrices… Tout en noyant la production sous un contenu massif dans lequel il devient assez complexe de faire le tri. La faute à des processus de création très normalisés laissant assez peu de place à l’imagination ou à la créativité, et posant de vraies questions sur la légalité de la démarche.

Mais le Japon n’en est pas encore arrivé à ce stade, loin de là. Il semble pour le moment que si les outils d’IA ont largement investi des pans entiers de l’économie créative du pays (jeux vidéo, animation, design…), ils soient encore, sauf rares exceptions, laissés sur le pas de la porte des ateliers des mangakas professionnels. Et qu’un paysage éditorial entièrement robotisé, comme dans Le dernier écrivain, soit encore un horizon très lointain.

Reçu avant avant-hier

Luiza pour son premier album : “Chaque jour, je continue à apprendre”

10 avril 2026 à 06:00

Au printemps 2025, la France se réchauffe au son de Soleil bleu, tube dansant et universel qui impressionne par ses touches de dub et ses influences sud-américaines. Derrière ce carton surprise, de l’aveu même de son autrice, se cache Luiza, une chanteuse que l’on connaissait déjà en filigrane pour ses multiples collaborations avec des artistes de renom. Aux frontières de la musique brésilienne, de la pop française et de l’électro, l’artiste sort le 10 avril 2026 un premier album éponyme dans lequel on découvre de nouvelles facettes de sa personnalité aussi solaire qu’optimiste.

Soleil bleu, de Luiza.

Pouvez-vous nous parler de votre premier souvenir musical, vous qui venez d’une famille où la musique est omniprésente ?

Mon plus vieux souvenir, c’était à 4 ans, je sautais sur tous les canapés de la maison en chantant Ob-La-Di, Ob-La-Da des Beatles, la quatrième piste de l’album. La musique était partout dans la maison, c’était une affinité naturelle. Mon père est musicien et, toute petite, je l’accompagnais à ses concerts, j’écoutais ses disques… La musique est extrêmement présente dans ma vie depuis toujours.

À quel moment, vous êtes-vous dit que vous vouliez également faire de la musique votre métier ? Était-ce au moment du Conservatoire ?

Je dirai que ma formation au Conservatoire m’a avant tout donné tous les outils nécessaires pour faire de la musique. Un ancrage théorique pour m’apporter toute la liberté que j’ai aujourd’hui dans la musique. Grâce à la formation classique, j’improvise maintenant beaucoup plus.

Je me suis dit que je voulais en faire mon métier quand, après le Conservatoire, je suis partie pour l’école d’art, à La Réunion. Il a eu plusieurs années où, avant de chanter professionnellement, je montais sur les scènes des autres tellement j’avais envie de chanter. C’était plus fort que moi, j’attrapais le micro et je commençais à chanter ce que j’avais en tête.

Funambule, de Luiza et Mahom.

Monter sur scène et se mettre à chanter quand on a 20 ans, c’est un peu l’équivalent de sauter sur un canapé quand on a 4 ans…

Oui, tout à fait !

On connaît votre double culture franco-brésilienne, qui se ressent énormément dans votre musique. Quand vous étiez jeune, écoutiez-vous beaucoup de musique brésilienne ?

J’ai grandi en écoutant de la samba, de la MPB, du choro… J’aime profondément cette scène musicale. Le Brésil est un des pays du monde qui écoute le plus sa propre musique ! Ma mère est brésilienne, et c’est quasiment uniquement la musique qu’elle écoute. J’ai eu la chance d’être été bercée par ces mélodies et ces rythmes.

Vos premières apparitions étaient surtout des featurings sur les pistes d’autres artistes : Mahom, Flavia Cohelo, Khoe-Wa… Vous étiez une voix que l’on connaissait sans savoir qui elle était…

C’est grâce à tous les artistes qui m’ont fait confiance, alors que je sortais de nulle part ! Je pense que la plupart des artistes avec lesquels j’ai collaboré sont des artistes dont j’ai squatté la scène. Je suis montée sur scène, j’ai pris un micro, j’ai chanté, et voilà ! La plupart l’ont très bien pris, et ils ont fini par me proposer d’enregistrer avec eux. J’ai eu la chance de faire plusieurs collaborations importantes comme ça.

Sua Pele, de iZem, Flavia Coehlo et Luiza.

Au moment où on a commencé à vous entendre régulièrement, une étiquette est apparue pour décrire votre style : l’électropop tropicale.

Évidemment, je suis de la génération électro ! C’est ce qui cartonnait quand j’étais adolescente. En 2015, à mes débuts, c’était vraiment ce que j’écoutais sans arrêt. Mais, étrangement, maintenant, j’écoute très peu de musique électronique. J’écoute principalement de la musique très organique, qui vient du monde entier.

Ceci étant dit, je n’arrive pas à enlever cet aspect-là de moi et ça se retrouve dans ma musique. J’aime beaucoup pouvoir amener cette énergie sur scène. C’est un aspect de la musique qui me plaît. Je ne peux pas m’en séparer.

La dimension dub et électro est toujours très présente dans votre musique et dans votre premier EP. Vous parliez de 2015, mais votre premier album sort finalement dix ans plus tard. C’est rare, pour une pop star, d’avoir une “première carrière” aussi longue avant de se lancer en solo. C’est quelque chose que l’on voit davantage dans le jazz !

Oui, je fais de la scène depuis 2018 de manière professionnelle et ça fait dix ans que j’enregistre des chansons avec d’autres artistes. Mais, entre mes premiers enregistrements et les tournées que je fais maintenant, il a fallu absolument tout apprendre.

Enregistrer une chanson dans un studio et faire de la scène sont deux choses complètement différentes. Quand j’ai fait mes premières scènes, il y a des années, j’ai découvert qu’il ne fallait pas juste chanter. Chanter devant 20 000 personnes, pour moi, ce n’est pas un problème. Mais il faut aussi faire de l’animation, interagir avec la foule, savoir occuper l’espace… Tout ça me terrifiait !

Luiza.

Alors j’ai eu la chance de pouvoir apprendre ça petit à petit et de progresser. Toutes ces années de travail m’ont bien forgée. Je suis ravie d’avoir pris le temps, aussi, de savoir ce que je voulais. Chaque jour, je continue à apprendre.

Vous chantez en français, en anglais et en portugais, en passant de manière fluide de l’un à l’autre. Avez-vous les mêmes facilités à écrire et à chanter dans les trois langues ?

Quand je change de langue, je deviens immédiatement une autre Luiza. C’est vraiment, physiquement, quelque chose que je ressens dans mon cœur, mon énergie. Quand je chante en portugais, c’est toute la culture du pays que je ressens, c’est fou. C’est aussi parce qu’au-delà de la langue, il y a aussi la musicalité qui est différente. Ça donne un autre rapport à l’écriture. D’ailleurs, c’est beaucoup plus simple pour moi d’écrire en portugais, parce que je m’amuse beaucoup plus avec la percussion des mots et la mélodie de chaque son. C’est une langue très mélodieuse, avec laquelle je peux beaucoup m’amuser.

Manha de Carnavale, de Luiza.

L’écriture de votre premier album a-t-elle été une étape difficile pour vous ?

Il y a des morceaux qui sont venus très naturellement. Certains ont même été enregistrés en une prise ! En revanche, il y en a d’autres qui ne sont même pas sortis quand on a terminé de faire l’album, sur lesquels je galère depuis des années. Donc, je dirais que ça dépend vraiment du morceau et du moment. C’est très spécial d’enregistrer en studio avec un agenda très précis. On te dit : “Voilà, on a deux jours de studio, le 14 et le 15, et il faut que, dans ces deux jours, tu aies impérativement de l’inspiration !”

Mais je trouve que l’inspiration ne se commande pas vraiment, donc c’est un apprentissage aussi de se mettre dans ce processus-là. D’arriver à se dire “Tel jour, on enregistre, il faut que j’aie un éclair d’inspiration.” Il y a une samba célèbre qu’on pourrait traduire par “le pouvoir de la création” qui décrit comment la samba est quelque chose qui te traverse de part en part. C’est quelque chose qui arrive comme ça, comme une lumière qui nous inspire les airs et les mots. Ça nous amène une mélodie, ça nous amène à penser qu’il y a une force plus grande qui nous habite, et qui nous dépasse.

Et même en français, on parle bien d’éclair de génie !

Quelque chose qui vient du ciel, qui traverse tout et qui nous éclaire très fort. Une sorte d’inspiration céleste, tout à fait !

Revenons sur le tube Soleil bleu. On vous a beaucoup accolé une image de “chanteuse estivale”, mais, quand on écoute vos autres morceaux, on découvre des choses très différentes.

Ce côté solaire fait entièrement partie de moi ! Mais j’ai aussi un côté très lune, très cosmique, tourné vers la nuit. Dans l’album, il y a donc des morceaux beaucoup plus planants et beaucoup plus nocturnes. Ça fait entièrement partie de moi, ce sont même les morceaux que j’aime le plus. Donc oui, j’ai ces deux personnalités qui résonnent de manière très vive.

« Le monde est plus beau quand on s’aime. Aujourd’hui, c’est politique de l’affirmer ! »

Luiza

Et ce sont des personnalités qui parlent à un public extrêmement large. Quand on regarde un peu les commentaires sur vos réseaux sociaux, on trouve autant des adolescents que des gens qui disent : “J’ai 80 ans et j’ai retrouvé ma jeunesse.”

Ce qui est fou dans cette histoire, c’est que ça touche les enfants, les grands-parents, les gens de milieux plus aisés, mais aussi ceux qui vivent dans la nature. C’était un immense honneur de découvrir que mes chansons touchent autant de générations et de classes sociales.

À ce propos, vous avez dit dans une interview que votre musique avait un caractère politique, parce qu’elle portait notamment des valeurs d’amour et de bienveillance. Pourtant, on ne vous rattacherait pas spontanément au courant de la protest song. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là ?

L’amour, la bienveillance, mais aussi le rapport à la nature sont très présents dans mon album et dans tous mes textes. C’est important pour moi d’affirmer cette conscience de notre condition naturelle. Il y a quelque chose que l’on a tendance à oublier. Nous ne sommes pas dans la nature : nous sommes la nature. Une nature qui a sa propre conscience, située sur une planète qui flotte dans le cosmos. C’est important pour moi de reposer ma conscience là-dessus. Quelque part, c’est politique.

L’écologie ne devrait pas être un parti politique, mais une chose partagée par tout le monde. Tout comme les valeurs de bienveillance, d’amour, de solidarité. C’est important de tous se soutenir. Le monde est plus beau quand on s’aime. Aujourd’hui, c’est politique de l’affirmer !

Luiza en tournée.

Quelle est la suite pour vous après ce premier album?

Une TRÈS grosse tournée, déjà. [Rires] Pour la suite, on verra : je suis quelqu’un qui a du mal à regarder en arrière, mais aussi à me projeter vers le futur. Évidemment, je réfléchis déjà à la suite. J’ai déjà recommencé à composer, à retravailler des chansons. Le prochain album, on aimerait l’enregistrer au Brésil, ou même, pourquoi pas, à La Réunion.

Quelle œuvre culturelle vous a récemment marquée ?

La dernière fois que je me suis dit : “Il faut que les gens découvrent ça”, c’est en regardant Sans filtre (2022), le film de Ruben Östlund qui a eu la Palme d’or en 2022. Il a aussi fait The Square (2017), qui était vraiment incroyable.

Enfin, si vous deviez nous recommander un seul artiste brésilien ? Celui que vous emporteriez sur une île déserte ?

C’est dur ! J’ai grandi avec des parents qui écoutaient du jazz et de la musique brésilienne tout le temps, alors c’est dur, j’ai envie d’en citer des dizaines. Déjà, je voudrais inviter tout le monde à écouter de la musique brésilienne, parce que c’est un patrimoine à la fois vivant et monumental. Mais si je devais citer quelqu’un, ça serait tout de même Gilberto Gil.

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