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Reçu aujourd’hui — 17 avril 2026

Pragmata : pourquoi le développement de ce jeu à gros budget a-t-il été aussi chaotique ?

17 avril 2026 à 10:00

Attendu de longue date, Pragmata marque le retour de Capcom à une nouvelle licence. Prévu pour ce 17 avril sur PlayStation 5, Xbox Series X/S, PC et Nintendo Switch 2, le titre répond à une volonté de diversification, loin des franchises établies de l’éditeur. Mais, derrière cette sortie, le projet a traversé un développement particulièrement bousculé.

Une genèse sous tension

Présenté en 2020, le projet a immédiatement intrigué par son univers lunaire et son duo constitué d’un astronaute et d’une androïde. À l’origine, la sortie était envisagée pour 2022, mais elle a été rapidement repoussée à 2023, avant d’être reportée à nouveau. Le jeu ne réapparaît qu’en 2025, avec une nouvelle fenêtre fixée à 2026.

Pragmata.

Ce calendrier instable traduit des ajustements significatifs en cours de production. D’autant que Capcom est resté discret sur le contenu réel du jeu, laissant longtemps planer une part d’incertitude autour de son gameplay.

Quelles difficultés derrière ces reports ?

Officiellement, Capcom évoque un besoin de temps supplémentaire. « Il y a eu tellement d’essais et d’erreurs, tellement d’allers-retours, juste pour voir ce qui fonctionnerait et ce qui marcherait le mieux », a expliqué à ce propos le directeur Cho Yonghee dans une interview accordée à TheGamer.

Pragmata.

Le cœur du problème semble résider dans le système de jeu, qui combine des phases de tir à la troisième personne et des séquences de piratage à gérer en parallèle. « Le fait d’avoir ces deux mécaniques, le piratage informatique de Diana et les tirs de Hugh, est l’une des raisons qui nous ont poussés à consacrer plus de temps à ce jeu. Nous avons pris notre temps pour trouver le bon équilibre », a complété le producteur Naoto Oyama.

Un cas loin d’être isolé

L’annonce très en amont constitue une autre piste. Dévoilé six ans avant sa sortie, le jeu illustre une pratique de plus en plus répandue : communiquer tôt, avant même que le projet ne soit stabilisé, pour générer l’intérêt du public. « [Cela] a été une source de motivation pour nous. Si nous n’avions pas sorti cette bande-annonce à l’époque, Pragmata ne serait peut-être pas le même jeu aujourd’hui », a justifié Yonghee.

Ce parcours renvoie à une tendance plus large du jeu vidéo AAA. Les projets les plus ambitieux, en particulier les nouvelles licences, sont fréquemment retardés pour atteindre le niveau d’exigence élevé qui a été annoncé. Cyberpunk 2077 en a donné un exemple, avec des reports successifs avant une sortie controversée. The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom ou Starfield ont aussi été décalés pour peaufiner leur contenu.

Même Grand Theft Auto VI, pourtant porté par une franchise solidement installée, a déjà été repoussé à plusieurs reprises, sa sortie étant désormais fixée à novembre 2026 après plusieurs ajustements de calendrier.

Reçu hier — 16 avril 2026

Tomodachi Life : quelles sont les nouveautés du jeu ?

16 avril 2026 à 15:20

Plus de dix ans après son dernier passage sur Nintendo 3DS, la série Tomodachi Life fait son retour avec Une vie de rêve disponible sur Nintendo Switch depuis le 16 avril. Développé et édité par Nintendo, ce troisième épisode prolonge l’héritage de Tomodachi Collection (2009) et Tomodachi Life (2013), tout en renouvelant son approche de la simulation de vie.

Le principe demeure intact : le joueur crée des Mii, avatars personnalisables, puis observe leur quotidien évoluer. Le jeu opère ici une mutation plus ambitieuse, à la fois dans son espace, ses interactions et sa philosophie.

Comment fonctionne cette simulation ?

Le joueur n’incarne pas un personnage, mais intervient en tant que facilitateur en influençant les interactions. « Votre rôle […] est de prendre soin de vos Mii et de veiller sur l’île », explique Ryutaro Takahashi, directeur, dans l’émission Les développeurs ont la parole de Nintendo.

Tomodachi Life.

Ces Mii évoluent selon leurs propres dynamiques : ils nouent des relations, développent des affinités ou des tensions et génèrent des situations imprévisibles. Ce « sont des êtres vivants qui habitent ce monde, et sont dotés d’une volonté et d’une personnalité », précise-t-il.

Quelles évolutions ?

La transformation la plus visible concerne le cadre. Exit l’immeuble du précédent opus : Une vie de rêve se déploie sur une île entièrement personnalisable. « Maintenant, les Mii peuvent se déplacer librement dans un espace plus grand », souligne Takaomi Ueno, directeur de la programmation.

Le système relationnel gagne aussi en complexité. Les Mii peuvent désormais vivre en colocation – jusqu’à huit personnages dans un même logement. Les relations évoluent également, avec davantage de nuances : amitiés, rivalités, couples, mariages, séparations ou encore naissance d’enfants. Le jeu introduit une approche inclusive, permettant de définir librement genre et préférences amoureuses.

Tomodachi Life.

L’autre évolution majeure réside dans l’importance accordée aux contenus générés par les joueurs : ils peuvent concevoir et personnaliser des environnements, des objets ou même des créatures, intégrés directement dans la vie des Mii.

Peut-on vraiment contrôler les Mii ?

Malgré ces nouvelles possibilités, le jeu conserve une limite essentielle : l’autonomie des personnages. Le joueur peut déplacer les Mii pour provoquer des rencontres, mais sans jamais dicter leurs actions. « On ne voulait pas pouvoir dicter aux Mii ce qu’ils doivent faire », rappelle Ueno. Ce choix préserve l’imprévisibilité qui fait l’identité de la série. Les situations émergent sans script, laissant place à une forme de narration spontanée, souvent décalée.

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