C’est enfin l’heure de la Sélection officielle pour le prochain Festival de Cannes. Après des semaines de spéculations, la liste est désormais connue et, entre les habitués, les retours inattendus et les nouveaux talents du cinéma, la sélection met à l’honneur toute la diversité du 7e art.
En compétition, plusieurs grands cinéastes seront présents sur la Croisette, avec le retour de Pedro Almodóvar – un artiste récurrent du Festival – et son nouveau film intitulé Autofiction. Cinq ans après avoir obtenu le Grand Prix pour Un héros, Asghar Farhadi est également de retour avec Histoires parallèles, notamment porté par Isabelle Huppert, Catherine Deneuve et Virginie Efira.
Toujours en compétition, impossible de ne pas citer Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda, Moulin de László Menes (avec Gilles Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin), Coward de Lukas Dhont (après le saisissant Close en 2022) avec Paul Mescal, ou encore El Ser Querido de Rodrigo Sorogoyen, qui revient au cinéma après le succès d’As Bestas en 2022.
Jeanne Herry (Je verrai toujours vos visages) est en compétition avec Garance, tout comme Arthur Harari et le surprenant L’inconnue, avec Léa Seydoux dans le rôle-titre.
Du beau monde sur la Croisette
Si l’absence de blockbusters américains se fait remarquer (pas de Steven Spielberg ni de Christopher Nolan), il y aura des personnalités emblématiques du 7e art pendant les deux semaines de festival : John Travolta présentera son premier film (Vol de nuit pour Los Angeles), Ron Howard, un documentaire consacré au photographe Richard Avedon, Steven Soderbergh un documentaire sur John Lenon, ou encore Kristen Stewart et Woody Harrelson dans le nouveau film de Quentin Dupieux, Full Phil.
La catégorie Un certain regard, d’après les mots de Thierry Frémaux, mettra en avant les nouvelles voix du cinéma, les nouvelles formes d’expressions, avec une approche très contemporaine.
Enfin, La bataille de Gaulle : l’âge de fer aura droit à son avant-première exceptionnelle lors du Festival de Cannes. Première partie d’un ambitieux diptyque, le film s’annonce comme le blockbuster de la sélection en l’absence de gros films américains.
Toujours hors compétition, notons le retour de Nicolas Winding Refn (réalisateur de Drive) avec le trip psychédélique Her Private Hell, et Karma, réalisé par Guillaume Cannet, avec Marion Cotillard.
La bande-annonce de La bataille de Gaulle : l’âge de fer.
Comme chaque année, Thierry Frémaux a indiqué que la Sélection officielle sera complétée ultérieurement par quelques films, le temps de valider l’ensemble des longs-métrages présents lors du 79e Festival de Cannes. Peut-être le James Gray ou, plus improbable, le Terrence Malick ? Réponse dans quelques jours.
Quelques semaines seulement après sa disparition, le Jeu de Paume rend hommage à Martin Parr, photographe du quotidien et de l’absurdité de la vie. Au mois de janvier 2026, le musée parisien présente une large rétrospective de son travail à la fois en couleur mais aussi en noir et blanc à l’aube des plus grands changements mondiaux de ces dernières décennies, à commencer par le réchauffement climatique. Grâce à un style singulier, drôle et engagé, Martin Parr a indiscutablement marqué l’ère moderne de la photographie.
Martin Parr, Global Warning, du 30 janvier au 24 mai 2026, au Jeu de Paume, à Paris.
(2) Video Games & Music, à la Philharmonie de Paris
Après le Métal et le Disco, c’est au tour des jeux-vidéo d’être à l’honneur au cœur de la Philharmonie de Paris. En effet, au printemps prochain, le musée parisien dédié à la musique accueillera l’exposition Video Games& Music, l’occasion de revenir sur les plus grands hymnes vidéoludiques. De Pac Man à Mario en passant par Zelda, la Philharmonie retrace l’émergence de ce phénomène artistique de son évolution à son imposition comme un genre à part entière en passant par les innovations qui ont accompagné son émergence. Une exposition passionnante qui permettra très certainement d‘appréhender différemment l’univers des jeux-vidéo.
Video Games & Music, du 2 avril au 1er novembre 2026, à la Philharmonie de Paris.
(3) Lee Miller, au musée d’art moderne
Alors qu’un film avec Kate Winslet lui était récemment dédiée en 2024, c’est au musée d’art moderne que l’œuvre de Lee Miller s’apprête à être célébrée. Dès le printemps prochain, le musée propose de revenir sur la carrière d’une des plus grandes photographes du XXe siècle. Au total, 250 clichés seront réunis dans cette exposition événement retraçant ses débuts à New York, son travail sur le front européen pendant la Seconde Guerre mondiale, son voyage en Égypte ou encore sa vie à Londres. Une exposition attendue sur l’une des figures essentielles de l’avant-garde britannique.
La bande-annonce de Lee Miller avec Kate Winslet.
Lee Miller, du 3 avril au 26 juillet 2026, au musée d’art moderne de Paris.
(4) Drôles de vols, au musée de l’Air et de l’Espace
L’été prochain, le musée de l’Air et de l’Espace propose Drôles de vols. Dans cette exposition, les visiteurs pourront découvrir l’histoire des ballons et avions à travers le regard espiègle, humoristique et satirique de plusieurs dessinateurs et caricaturistes. Depuis la fin du XVIIIe siècle, la conquête du ciel n’a pas cessé de passionner. Des premiers essais en ballons aux vols solaires, les airs ont toujours été un objet de fantasme ; un acte de bravoure et d’héroïsme.
En 2026, le musée de l’Air et de l’Espace a choisi de l’étudier à travers le prisme de la parodie, sans pour autant s’enfermer dans le duel de la raillerie face à l’éloge mais afin de montrer comment ces dessins ont élevé les aviateurs, favorisé une forme de propagande nationaliste et encouragé le tourisme de masse.
Drôles de vols, du 27 juin 2026 au 3 janvier 2027, au musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget.
(5) Licornes !, au musée de Cluny
Objet de fascination élevée au rang de légende depuis notre époque moderne, la licorne est au cœur d’une exposition au musée de Cluny, dans le 5e arrondissement de Paris, à partir du 13 mars 2026. Cet animal fantastique a laissé des marques importantes à travers l’histoire et l’art. C’est pourquoi le musée de Cluny qui abrite La Dame à la licorne a choisi de revenir sur les divers symboles et significations qu’emporte ce personnage mythique. Du Moyen-Âge à Niki de Saint-Phalle, Licornes ! retrace l’histoire de cet animal à travers l’art. Passionnant !
Licornes !, du 13 mars au 12 juillet 2026, au musée de Cluny, à Paris.
(6) Renoir et l’amour – La modernité heureuse, au musée d’Orsay
Le musée d’Orsay propose de revenir sur l’œuvre de Pierre-Auguste Renoir surnommé « le peintre du bonheur ». Ainsi à travers son iconographie en couleur des guinguettes et bals parisiens, le musée rend hommage au peintre qui entre modernité et émotion n’a jamais cessé de peindre la joie.
À l’occasion des 150 ans du Bal du moulin de la Galette (1876), chef-d’œuvre des collections impressionnistes du musée d’Orsay, cette exposition réunit pour la première fois ce corpus majeur de scènes de la vie moderne – tableaux à plusieurs figures représentant des sujets contemporains (distincts des portraits et des paysages) – réalisés par Renoir au cours des 20 premières années de sa carrière.
Renoir et l’amour – La modernité heureuse, du 17 mars au 19 juillet 2026, au musée d’Orsay, à Paris.
(7) Matisse, 1941-1954, au Grand Palais
En mars prochain, le Grand Palais consacre une large rétrospective à Matisse. Plus exactement, le musée parisien reviendra sur les dernières années de création de l’artiste de 1941 à 1954. Une époque à travers laquelle le peintre s’est réinventé en imaginant un nouveau langage : celui des formes découpées et de la couleur pure. Au total, 230 œuvres (peintures, dessins, livres illustrés, textiles ou encore vitraux) seront présentées au public afin d’inviter ces derniers à plonger dans “le jardin florissant de Matisse salle après salle”.
Matisse, 1941-1954, du 24 mars au 26 juillet, au Grand Palais, à Paris.
(8) Henri Rousseau, L’ambition de la peinture, au musée de l’Orangerie
Un autre grand peintre sera mis en avant en 2026 : Henri Rousseau. En effet, le musée de l’Orangerie lui consacre dès mars une exposition entière afin de découvrir le travail pictural du peintre ainsi que ses ambitions professionnelles. À travers un parcours thématique, l’exposition propose de revenir sur le parcours artistique consacré à la matérialité de celui que l’on surnommait le Douanier Rousseau.
Henri Rousseau, L’ambition de la peinture, du 25 mars au 20 juillet 2026, au musée de l’Orangerie, à Paris.
(9) Paris 1913-1923, l’esprit du temps, au musée du Quai Branly
Avec cette exposition, le musée du Quai Branly célèbre les arts d’Afrique et d’Océanie. Les visiteurs pourront découvrir les objets extra-européens et les œuvres avant-gardistes venus de ces deux continents ainsi que la manière dont ils ont intégré les collections des musées à partir du XXe siècle.
À travers des documents d’archives, des photographies et des sculptures d’Afrique et d’Océanie, 1913-1923 : l’esprit du temps met en lumière des expositions emblématiques et permet de mieux comprendre comment ces œuvres et objets se sont imposés sur le marché de l’art européen et français, grâce à de nombreux artistes.
Paris 1913-1923, l’esprit du temps, du 17 mars au 20 septembre 2026, au musée du Quai Branly, à Paris.
(10) Dana Lixenberg, American Images, à la MEP
En 2026, la MEP présente le travail de Dana Lixenberg, photographe néerlandaise, qui durant sa carrière a capturé l’Amérique contemporaine. Un travail de plus de 30 ans où se croisent inconnus et célébrités et qui offre un regard lucide sur l’Amérique moderne. Ayant toujours à cœur de représenter ses sujets avec dignité, Dana Lixenberg donne à voir des portraits où la lenteur et l’écoute sont de mise afin de tirer un portrait fort en émotions.
Dana Lixenberg, American Images, du 11 février au 24 mai 2026, à la MEP, à Paris.
(11) Marylin Monroe, à la Cinémathèque Française
Après James Cameron et Wes Anderson, la Cinémathèque Française s’apprête à accueillir en son sein une rétrospective passionnante sur l’une des actrices les plus iconiques d’Hollywood. Marylin Monroe sera, en effet, à l’honneur à partir du 8 avril et ce jusqu’au 24 mai 2026 dans l’un des temples parisiens du cinéma.
Cette nouvelle exposition sera l’occasion de revenir sur les débuts de la comédienne mais aussi sur ses plus grands films. À côté de l’exposition, les visiteurs pourront redécouvrir les longs-métrages qui ont marqué sa carrière : une façon selon la Cinémathèque Française de mettre en avant son travail en tant que comédienne ; de redécouvrir finalement l’artiste derrière l’icône.
(12) Michel Ange Rodin, Corps vivants, au musée du Louvre
Le musée du Louvre propose de découvrir dans une rencontre inédite le travail de Michel Ange et de Rodin, deux sculpteurs qui ont dialogué à travers les siècles. Avec force et profondeur, leurs œuvres ont traversé l’histoire et présentent à travers le bronze, le plâtre ou encore la terre cuite l’énergie du corps.
Ainsi dans un parcours thématique en cinq étapes, l’exposition propose de découvrir le regard de ces artistes sur ces corps, mais aussi de comprendre les enjeux conceptuels et formels de cette méthode. Entre continuités et ruptures, Michel Ange Rodin, Corps vivants est une invitation dans l’univers de deux génies dont les œuvres apparaissent aujourd’hui comme des vestiges artistiques mais aussi le témoignage d’innovations incroyables.
Michel Ange Rodin, Corps vivants, du 15 avril au 20 juillet 2026, au musée du Louvre, à Paris.
(13) Alexander Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton
La Fondation Louis Vuitton célèbre ce printemps le centenaire de l’arrivée en France d’Alexander Calder ainsi que les 50 ans de sa disparition à travers une grande rétrospective parisienne. Présentée du 15 avril au 16 août 2026, l’exposition revient sur l’ensemble de son œuvre, de ses débuts dans les années 1920 jusqu’à ses monumentales sculptures des années 1960-1970.
Organisé de manière chronologique, le parcours permet de découvrir les célèbres « mobiles » et « stabiles » de l’artiste, mais aussi ses portraits en fil de fer, ses sculptures en bois, ses peintures, ses dessins et même ses bijoux. Près de 300 œuvres sont ainsi réunies pour retracer le parcours artistique d’Alexander Calder, entre jeu de lumière, mouvement, usage de matériaux modestes et dimension performative.