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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

Romeo Is a Dead Man, le nouveau pari radical de Grasshopper Manufacture

11 février 2026 à 13:15

Romeo Is a Dead Man fait son arrivée ce 11 février dans la catégorie des jeux d’action-aventure, orienté hack and slash. Développé et auto-édité par Grasshopper Manufacture, le studio fondé par Goichi Suda, il est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC via Steam. Ces dernières années, le studio s’est forgé une réputation avec des titres comme No More Heroes ou Killer7, où la violence graphique côtoie l’absurde et la déconstruction du récit. Suda51 poursuit ici cette logique d’auteur, dans une œuvre marquée par un ton outrancier et une esthétique fragmentée.

De quoi parle le jeu ?

Selon le site officiel, il s’agit d’une « action ultra-sanglante, [aux] rebondissements à couper le souffle et [avec] une bonne dose de gadgets un peu clichés ». Le joueur incarne Romeo Stargazer, « un homme coincé entre la vie et la mort », sauvé in extremis par un paradoxe temporel. Devenu agent spécial spatio-temporel du FBI, il traque des fugitifs à travers de multiples univers, tout en recherchant des indices sur la disparition de sa compagne, Juliet.

Romeo Is a Dead Man

L’expérience est structurée en chapitres, alternant séquences de combat et missions secondaires. Romeo manie épées et pistolets, absorbe le sang de ses ennemis pour déclencher une attaque spéciale et peut améliorer son arsenal au fil de la progression. Côté gameplay, le titre privilégie la vitesse et l’impact. Les affrontements reposent sur des enchaînements rapides, une gestion agressive des ressources et une mise en scène spectaculaire.

Que disent les premiers avis et tests ?

Côté esthétique, la presse insiste sur l’instabilité visuelle revendiquée du jeu. The Guardian observe qu’il propose « plus de styles visuels disparates que le catalogue entier de la plupart des éditeurs », passant d’animations stylisées à des séquences rétro ou à des environnements 3D bruts. Cette hétérogénéité nourrit l’impression d’un monde fragmenté, cohérente avec le récit. Du côté francophone, New Game Plus évoque « un véritable best-of des obsessions du studio », où méchas, culture tokusatsu et cinéma de genre se télescopent.

Romeo Is a Dead Man

De soncôté, The Verge décrit une œuvre « bizarre, sanglante, et exactement ce qui fait la spécificité de Grasshopper », soulignant son goût pour l’excès et la singularité. Cette combinaison produit un univers dense et déroutant, fidèle à la signature de Grasshopper Manufacture.

Reçu hier — 10 février 2026

« Send Help » : Sam Raimi transforme le survival en comédie tordue et jubilatoire

Par :import
10 février 2026 à 16:55

Linda Liddle (Rachel McAdams) est responsable stratégie et projets assidue et douée dans une grosse entreprise de la tech. Elle a des souliers fétiches pour se donner du courage les jours où elle a le trac, et le soir, elle potasse des techniques de survie dans l’espoir, un jour peut-être, de participer à son émission d’aventure préférée tout en papotant avec sa perruche. Avancer dans la boîte ? Le PDG le lui avait promis. Sauf que rien n’a été marqué noir sur blanc. Et que c’est le fils du big boss, Bradley Preston (Dylan O’Brien, découvert dans la série Teen Wolf), qui va prend la relève à la mort de son père. Un garçon arrogant, sexiste et vicieux, pour qui l’esprit de boys club prime sur la loyauté et la méritocratie. 

Linda ? Elle le « dégoûte », tout simplement. Mais il a besoin de ses talents encore quelque temps avant de préparer son éviction. L’irritant golden boy va donc l’embarquer dans un voyage d’affaires sans se douter que le crash de leur jet va brutalement rebattre les cartes. Les voilà désormais naufragés sur une île déserte. Les deux collègues vont-ils réussir à cohabiter ? Parviendront-ils à survivre dans cet environnement aussi paradisiaque qu’hostile ?

 Send Help de Sam Rami

Rachel McAdams et Dylan O’Brien dans Send Help

Si la trame de Send Help peut paraître classique – deux personnes que tout oppose contraintes de s’apprivoiser – elle va rapidement prendre des chemins de traverse. Car le réalisateur Sam Raimi (Spider-Man, The Grudge) va s’amuser à multiplier les chausse-trappes et entremêler joyeusement les genres. On débute ainsi sur un arc qui ressemblerait presque à une rom-com un peu nunuche avant de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus surprenants. 

Un réjouissant jeu de massacre

Renouant avec l’humour noir décalé et l’horreur cartoonesque de ses débuts (Evil Dead), Raimi parvient à créer un malaise comique particulièrement jubilatoire, triturant nos nerfs et flirtant avec les limites. Dans ce huis clos à ciel ouvert, le binôme McAdams et O’Brien fonctionne à plein régime, jouant la carte du Kho-Lanta burlesque avec délectation. C’est too much, absurde et irrésistible pour qui aime le sens du tempo, les twists et le goût de l’outrance du réalisateur. 

Derrière ce (classique) dispositif d’inversion des rôles, le film ausculte également les rapports de pouvoir, les dynamiques toxiques du monde professionnel et le sexisme systémique. Raimi pousse les curseurs à fond, mais la toile de fond, elle, renvoie à un cauchemar encore bien trop réel.

Send Help n’est pas un simple film de survie, ni une comédie conventionnelle. C’est une satire sociale grinçante, navigant entre Misery et Seul au monde, où Raimi transforme le survival en laboratoire cruel, révélant des monstres d’une banalité glaçante. 

Send Help, un film de Sam Raimi avec Rachel McAdams, Dylan O’Brien…

Sortie en salle le 11 février 2026. 

Reçu avant avant-hier

« Le Chasseur de baleines », un beau récit initiatique aux confins du monde

Par :import
27 janvier 2026 à 14:00

Le jeune Leshka (Vladimir Onokhov) fixe son écran. Face à lui, une jolie blonde aux grands yeux bleus lui sourit, l’aguiche, sans un mot. Leshka est amoureux. Mais comment déclarer sa flamme à sa promise aussi mutique qu’inaccessible ? Car l’ado de 15 ans se trouve reclus dans un village paumé du côté du détroit de Béring, entre la Russie et l’Amérique.

Sur ce bout de terre aux confins du monde, il vit de la chasse à la baleine, trimballe un petit chariot plein de viande d’une maison à l’autre, fait des escapades sur la vieille moto de son meilleur ami. Une existence simple et âpre que l’arrivée d’internet, la découverte d’un site de camgirls – et le frémissement des hormones – vont venir troubler. Le jeune homme se met soudainement à rêver d’un ailleurs. Et de s’évader vers cette Amérique étrange et désirable.

Il aura fallu pas moins de six ans au premier film du jeune réalisateur russe Philipp Yuryev pour sortir en France. Sans doute la faute – en partie – à la pandémie de 2020 qui aura mis un coup d’arrêt à la mise en lumière de cette petite pépite venue du froid. Présenté (et applaudi) de festival en festival depuis plusieurs années – il a notamment remporté le Grand prix du jury au Festival de cinéma européen des Arcs, Le Chasseur de baleines débarque tardivement sur nos écrans. Un parcours qui n’a rien d’anormal pour un long-métrage aussi singulier, et qui fait finalement écho à son caractère hors du temps.

Une odyssée poétique

Mêlant comédie, road-movie et drame, ce coming-of-age autour d’un jeune héros mutique ne ressemble à rien d’autre. Le titre du film lui-même est trompeur : Le Chasseur de baleines parle moins de chasse que de quête, presque mythologique. Bourré de jolies idées de mise en scène, le film prend des airs d’odyssée aussi onirique qu’inquiétante à mesure que Leshka s’aventure hors de sa zone de confort, aveuglé par le mirage américain.

 Chasseur-de-baleines

Scrutant les visages marqués par la rudesse du climat au plus près, avant de s’ouvrir à l’immensité de la mer et de la toundra, Philipp Yuryev compose une poésie minérale, où la nature et la lenteur deviennent de véritables matières sensibles. 

Mais au-delà de sa maîtrise formelle, Le Chasseur de baleines aborde avec pudeur les questions de la construction de la masculinité et de l’éveil du désir dans un environnement coupé de tout, loin des excès et des vices du monde moderne. Il émane de cette épopée modeste à hauteur d’adolescent une vulnérabilité profondément touchante, une beauté brute et contemplative qui happe et désarme. Une très jolie surprise.

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