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Derrière les arbres, le récit de Frédéric Pommier qui affronte l’indicible

Avec Derrière les arbres publié le 15 avril aux éditions Flammarion, Frédéric Pommier signe un texte à part dans son parcours. Journaliste à France Inter où il anime aujourd’hui la chronique C’est une chanson, il s’écarte de sa casquette de chroniqueur pour livrer un récit autobiographique consacré aux violences sexuelles subies durant son enfance.

Que raconte Derrière les arbres ?

Le livre revient sur des viols commis entre ses 4 et 7 ans par plusieurs agresseurs, parmi lesquels un proche de la famille et un ancien responsable politique. Il en explore les effets dans la durée : l’amnésie traumatique, d’abord, puis la réapparition progressive des souvenirs à l’âge adulte. Le texte s’attache moins à la reconstitution factuelle qu’à la manière dont ces événements ont traversé le corps et la mémoire.

« Pendant longtemps, il n’y a pas eu un seul jour où je n’ai pas été hanté plusieurs fois dans la journée par certaines images (…) parce que le corps, il n’oublie pas », explique l’auteur au micro de France Inter.

Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

Dans ses premières pages, l’enfant est désigné à distance, à la troisième personne. Ce n’est que plus tard que le « je » apparaît, au moment où les souvenirs se précisent et où la parole se construit. « Sur le papier, les faits sont prescrits, mais les faits ne seront jamais prescrits dans mon livre », affirme l’auteur.

Depuis plus de 20 ans, Frédéric Pommier évolue au sein de Radio France, entre reportages et chroniques. Il s’est imposé par une attention particulière aux récits personnels. « Ce livre, c’est pour rendre justice au petit garçon que j’étais. Et au petit garçon qu’on a bousillé », confie-t-il à l’AFP.

Qu’en pensent les médias ?

Les premiers retours critiques insistent sur la force du texte sans en gommer la dureté. Télérama évoque « un récit précis et déchirant » et « une grande clarté d’écriture », saluant une construction qui relève « moins du témoignage que du récit littéraire ». Dans Libération, l’auteur résume lui-même la persistance du traumatisme : « Le viol, c’est un poison qu’on vous plante dans les veines et qui n’en part jamais. » Le quotidien souligne également la fonction réparatrice de l’écriture, qui permet de « reprendre le pouvoir ».

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