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Le juge français privé de carte bancaire et de Gmail par l’administration Trump témoigne : « Ma vie personnelle est devenue un laboratoire de la perte de souveraineté »

Nicolas Guillou Sanctions Us Juge Cpi

Auditionné par la commission d’enquête qui veut dresser l’état des lieux de nos faiblesses en matière digitale, le juge français de la Cour pénale internationale Nicolas Guillou a témoigné de ses huit mois de vie sous la cloche des sanctions américaines.

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Le juge français privé de carte bancaire et de Gmail par l’administration Trump témoigne : « Ma vie personnelle est devenue un laboratoire de la perte de souveraineté »

Nicolas Guillou Sanctions Us Juge Cpi

Auditionné par la commission d’enquête qui veut dresser l’état des lieux de nos faiblesses en matière digitale, le juge français de la Cour pénale internationale Nicolas Guillou a témoigné de ses huit mois de vie sous la cloche des sanctions américaines.

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xAI attaque le Colorado en justice pour bloquer sa loi anti-discrimination sur l'IA

xAI vient de déposer plainte devant un tribunal fédéral du Colorado pour faire annuler le SB 24-205, une loi qui doit entrer en vigueur le 30 juin prochain. Ce texte impose aux développeurs de systèmes d'IA "à haut risque" de mettre en place des garde-fous contre les discriminations algorithmiques.

Sont concernés les outils utilisés pour prendre des décisions dans l'emploi, le logement, l'éducation, la santé et les services financiers. En clair, si votre IA aide à trier des CV ou à accorder un prêt, elle doit prouver qu'elle ne discrimine personne.

Le problème pour xAI, c'est que Grok, son modèle phare, tomberait pile dans cette catégorie. L'entreprise d'Elon Musk estime que la loi l'obligerait à modifier le fonctionnement de son IA pour "refléter les opinions de l'État du Colorado sur la diversité et la discrimination" plutôt que de rester objective.

Le premier amendement comme bouclier

L'argument principal de xAI tient en un mot : liberté d'expression. Dans sa plainte, l'entreprise affirme que la loi du Colorado viole le premier amendement de la Constitution américaine.

Elle reproche au texte d'interdire aux développeurs de créer des systèmes d'IA qui produisent "un discours que l'État du Colorado n'aime pas", tout en les forçant à aligner leur travail sur les préférences de l'État.

C'est un angle juridique assez audacieux. Considérer qu'un modèle d'IA produit du "discours" protégé par la Constitution, ça revient à dire que le code et les réponses générées par une machine sont une forme d'expression. xAI demande au tribunal de déclarer la loi inconstitutionnelle et d'empêcher son application.

Washington contre les États

Derrière cette plainte, il y a un bras de fer plus large entre régulation fédérale et régulation locale. xAI cite des décrets de la Maison Blanche qui critiquent la multiplication des lois étatiques sur l'IA.

L'administration Trump pousse pour un cadre national unique, estimant qu'un patchwork de réglementations état par état freinerait la compétitivité américaine et poserait des problèmes de sécurité nationale.

Le Colorado fait figure de pionnier sur le sujet. Le SB 24-205 est l'une des lois les plus complètes du pays en matière de régulation de l'IA. Elle oblige les développeurs à fournir une documentation détaillée sur les risques de leurs systèmes, à publier un site web résumant leurs pratiques, et à signaler toute discrimination algorithmique découverte au procureur général dans les 90 jours.

xAI, qui a récemment fusionné avec SpaceX, attaque moins de trois mois avant l'entrée en vigueur du texte. Si le tribunal donne raison à Musk, ça pourrait décourager d'autres États de légiférer sur le sujet. À l'inverse, un rejet de la plainte renforcerait la légitimité de ce type de régulation locale.

En tout cas, utiliser le premier amendement pour protéger une IA de toute obligation anti-discrimination, c'est un précédent que beaucoup de juristes vont suivre de près.

Source : Bloomberg Law

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Tout a commencé par un abonnement IPTV pirate à 50 € : deux ans plus tard, ils comparaissent devant la justice

Iptv Pirate Football

La lutte contre le piratage sportif et audiovisuel s'intensifie dans l'Hexagone. Le tribunal correctionnel d'Arras vient de condamner deux trentenaires à des peines de prison avec sursis et de fortes amendes pour avoir commercialisé des accès illicites. La Ligue de football professionnel, à l'origine de leur chute, réclame encore des dommages colossaux.

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Tout a commencé par un abonnement IPTV pirate à 50 € : deux ans plus tard, ils comparaissent devant la justice

Iptv Pirate Football

La lutte contre le piratage sportif et audiovisuel s'intensifie dans l'Hexagone. Le tribunal correctionnel d'Arras vient de condamner deux trentenaires à des peines de prison avec sursis et de fortes amendes pour avoir commercialisé des accès illicites. La Ligue de football professionnel, à l'origine de leur chute, réclame encore des dommages colossaux.

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Après des hausses de prix jugées abusives, Netflix va devoir rembourser ses clients

Trop, c’est trop. Quelques semaines après que Netflix a officialisé une énième hausse des prix, une association de consommateurs (Movimento Consumatori) vient de remporter une victoire importante au tribunal de Rome. Un jugement rendu le 1er avril dernier oblige de fait Netflix à rembourser jusqu’à 500 € aux abonné·es les plus fidèles. Mais c’est surtout une longue bataille judiciaire qui se dessine à l’horizon.

De quoi est accusé Netflix ?

Alerté par l’association de consommateurs italienne, le tribunal de Rome a rendu la semaine dernière un jugement historique qui souligne le caractère « abusif » des hausses de prix successives opérées quasi annuellement par Netflix. Depuis 2017, ce sont pas moins de cinq augmentations de prix qui ont été imposées aux client·es, et ce, sans justification suffisante, estiment les juges italiens.

« Le professionnel ne peut modifier unilatéralement les clauses du contrat ni les caractéristiques du produit ou du service à fournir, sans motif valable indiqué dans le contrat lui-même », lit-on dans le Code de la consommation italien servant de base au jugement rendu la semaine dernière à Rome (Euronews). En clair, Netflix n’a pas donné aux consommateurs et consommatrices des gages suffisants pour justifier la hausse de ses tarifs, et va devoir non seulement rembourser certain·es abonné·es, mais également abaisser ses prix.

Les personnes abonné·es à Netflix Premium depuis 2017 de façon continue peuvent prétendre à un remboursement de 500 €, contre 250 € pour les abonné·es à la formule Standard. Le jugement stipule également que la plateforme doit abaisser le prix de ses abonnements « d’un montant équivalent aux augmentations illégales », soit jusqu’à 8 € par mois pour la formule Premium.

Naturellement, Netflix fait appel

Le géant américain ne va pas se laisser faire. C’est son modèle économique qu’il défend, ainsi que son droit à augmenter, annuellement, ses tarifs à l’avenir. De plus, ce jugement ferait office de jurisprudence, qui pourrait inviter d’autres associations de consommateurs partout dans le monde à l’attaquer en justice pour obtenir réparation. Un château de cartes qui s’effondre, qui ne serait pas bon pour les affaires.

« Nous prenons très au sérieux les droits des consommateurs et estimons que nos conditions générales ont toujours été conformes à la législation et aux pratiques italiennes », commente un porte-parole de Netflix lors de l’annonce par l’entreprise de sa volonté de faire appel pour contester le jugement. Le président de l’association Movimento Consumatori, Alessandro Mostaccio, ne baisse pas la garde : « Si Netflix ne baisse pas immédiatement ses tarifs et ne rembourse pas ses clients, nous engagerons une action collective afin de garantir à tous les utilisateurs le remboursement des sommes indûment versées. »

Un procès qui pourrait donc prendre une nouvelle ampleur, maintenant que tous les projecteurs sont braqués sur le tribunal de Rome. À qui le tour ? Disney ? Microsoft ? Amazon ?

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Après des hausses de prix jugées abusives, Netflix va devoir rembourser ses clients

Trop, c’est trop. Quelques semaines après que Netflix a officialisé une énième hausse des prix, une association de consommateurs (Movimento Consumatori) vient de remporter une victoire importante au tribunal de Rome. Un jugement rendu le 1er avril dernier oblige de fait Netflix à rembourser jusqu’à 500 € aux abonné·es les plus fidèles. Mais c’est surtout une longue bataille judiciaire qui se dessine à l’horizon.

De quoi est accusé Netflix ?

Alerté par l’association de consommateurs italienne, le tribunal de Rome a rendu la semaine dernière un jugement historique qui souligne le caractère « abusif » des hausses de prix successives opérées quasi annuellement par Netflix. Depuis 2017, ce sont pas moins de cinq augmentations de prix qui ont été imposées aux client·es, et ce, sans justification suffisante, estiment les juges italiens.

« Le professionnel ne peut modifier unilatéralement les clauses du contrat ni les caractéristiques du produit ou du service à fournir, sans motif valable indiqué dans le contrat lui-même », lit-on dans le Code de la consommation italien servant de base au jugement rendu la semaine dernière à Rome (Euronews). En clair, Netflix n’a pas donné aux consommateurs et consommatrices des gages suffisants pour justifier la hausse de ses tarifs, et va devoir non seulement rembourser certain·es abonné·es, mais également abaisser ses prix.

Les personnes abonné·es à Netflix Premium depuis 2017 de façon continue peuvent prétendre à un remboursement de 500 €, contre 250 € pour les abonné·es à la formule Standard. Le jugement stipule également que la plateforme doit abaisser le prix de ses abonnements « d’un montant équivalent aux augmentations illégales », soit jusqu’à 8 € par mois pour la formule Premium.

Naturellement, Netflix fait appel

Le géant américain ne va pas se laisser faire. C’est son modèle économique qu’il défend, ainsi que son droit à augmenter, annuellement, ses tarifs à l’avenir. De plus, ce jugement ferait office de jurisprudence, qui pourrait inviter d’autres associations de consommateurs partout dans le monde à l’attaquer en justice pour obtenir réparation. Un château de cartes qui s’effondre, qui ne serait pas bon pour les affaires.

« Nous prenons très au sérieux les droits des consommateurs et estimons que nos conditions générales ont toujours été conformes à la législation et aux pratiques italiennes », commente un porte-parole de Netflix lors de l’annonce par l’entreprise de sa volonté de faire appel pour contester le jugement. Le président de l’association Movimento Consumatori, Alessandro Mostaccio, ne baisse pas la garde : « Si Netflix ne baisse pas immédiatement ses tarifs et ne rembourse pas ses clients, nous engagerons une action collective afin de garantir à tous les utilisateurs le remboursement des sommes indûment versées. »

Un procès qui pourrait donc prendre une nouvelle ampleur, maintenant que tous les projecteurs sont braqués sur le tribunal de Rome. À qui le tour ? Disney ? Microsoft ? Amazon ?

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L’erreur qui a coûté le poste de la ministre Pam Bondi, limogée par Donald Trump

Pam Bondi Administration Trump

La procureure générale des Etats-Unis Pam Bondi, en poste depuis plus d’un an, vient d’être limogée de l’administration Trump. En 2020, elle était devenue une membre de la garde rapprochée du président en ayant rejoint la défense de Donald Trump, dans son premier procès en destitution lancée par le Parti démocrate.

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Meta et Google condamnés aux États-Unis pour le caractère addictif de leurs algorithmes

Instagram et YouTube sont des drogues dures. C’est en substance la conclusion que tire la justice californienne du procès intenté par une jeune utilisatrice en détresse, accusant Meta et Google d’avoir conçu leurs applications pour retenir les internautes captifs et captives de leurs algorithmes. Les deux entreprises repartent avec une petite tape sur les doigts (6 millions de dollars de dommages à reverser à la plaignante – autant dire la monnaie du pain pour ces mastodontes), mais le procès crée un précédent historique pour la responsabilité des réseaux sociaux en matière de santé mentale.

L’addiction dès le plus jeune âge

D’après Kaley G.M., qui attaquait donc les éditeurs d’Instagram et de YouTube en justice en Californie, ces réseaux ont activement aggravé son état dépressif, ses pensées suicidaires et ses troubles de l’apparence, rapporte Le Monde. La jeune femme dit avoir développé une addiction à YouTube dès l’âge de 6 ans, et à Instagram à 9 ans, après s’y être inscrite en cachette depuis le smartphone de sa mère.

« Chaque fois que j’essayais de me fixer des limites, cela ne fonctionnait pas, et je n’arrivais tout simplement pas à décrocher, raconte Kaley G.M. au tribunal. Je ressentais le besoin d’y être en permanence et, si je n’y étais pas, j’avais le sentiment de passer à côté de quelque chose. »

Une fragilité mentale sur laquelle les avocats de Meta et Google ont évidemment tenté de jouer, sans succès. Les juges ont été réceptifs à l’histoire de la plaignante, qui se déroule dans un contexte de défiance de plus en plus exacerbée envers les plateformes sociales, accusées par de nombreux groupes partout dans le monde d’être conçues de façon à créer des mécanismes d’addiction chez les internautes.

Si Meta et Google ont la ferme intention de faire appel du verdict, Joseph VanZandt, l’un des avocats de la jeune femme, se félicite de l’issue du procès. « C’est la première fois dans l’histoire qu’un jury entend les témoignages de dirigeants et prend connaissance de documents internes qui, selon nous, prouvent que ces entreprises ont privilégié les profits au détriment des enfants », a-t-il déclaré. « La santé mentale des adolescents est profondément complexe et ne peut être imputée à une seule application », réagit pour sa part un porte-parole de Meta. Pour son homologue de Google, « cette affaire témoigne d’une méconnaissance de YouTube, qui est une plateforme de streaming conçue de manière responsable, et non un réseau social ».

Les revers se multiplient pour les géants du Web

Quelle que soit l’issue de l’appel, une digue a définitivement sauté, et les internautes prennent peu à peu conscience du caractère profondément addictif des réseaux sociaux – surtout chez les plus jeunes.

Si Meta et Google ont tenté de prouver que leurs plateformes étaient, au contraire, de formidables outils pour que les personnes isolées se connectent au monde, la justice a décidé de prêter une oreille plus attentive à l’histoire de Kaley G.M., accordant de fait encore plus de crédit à un autre revers subi une semaine plus tôt par Meta au Nouveau-Mexique. L’entreprise de Mark Zuckerberg vient en effet d’être condamnée à 375 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir délibérément mis en danger les enfants en les exposant à des contenus dangereux, voire à des prédateurs sexuels.

Ce procès, comparé par la presse spécialisée à celui des cigarettiers dans les années 1990, condamnés pour avoir délibérément masqué les effets nocifs de leurs produits sur la santé des consommateurs, pourrait ouvrir la voie à de nombreux autres, partout dans le pays et dans le monde. « C’est le canari dans la mine de charbon. La situation rappelle celle de l’industrie du tabac, marquant le point de départ vers des milliers de procès similaires », explique David McCuan, professeur de sciences politiques à l’université de Sonoma, cité par Le Monde.

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Meta et Google condamnés aux États-Unis pour le caractère addictif de leurs algorithmes

Instagram et YouTube sont des drogues dures. C’est en substance la conclusion que tire la justice californienne du procès intenté par une jeune utilisatrice en détresse, accusant Meta et Google d’avoir conçu leurs applications pour retenir les internautes captifs et captives de leurs algorithmes. Les deux entreprises repartent avec une petite tape sur les doigts (6 millions de dollars de dommages à reverser à la plaignante – autant dire la monnaie du pain pour ces mastodontes), mais le procès crée un précédent historique pour la responsabilité des réseaux sociaux en matière de santé mentale.

L’addiction dès le plus jeune âge

D’après Kaley G.M., qui attaquait donc les éditeurs d’Instagram et de YouTube en justice en Californie, ces réseaux ont activement aggravé son état dépressif, ses pensées suicidaires et ses troubles de l’apparence, rapporte Le Monde. La jeune femme dit avoir développé une addiction à YouTube dès l’âge de 6 ans, et à Instagram à 9 ans, après s’y être inscrite en cachette depuis le smartphone de sa mère.

« Chaque fois que j’essayais de me fixer des limites, cela ne fonctionnait pas, et je n’arrivais tout simplement pas à décrocher, raconte Kaley G.M. au tribunal. Je ressentais le besoin d’y être en permanence et, si je n’y étais pas, j’avais le sentiment de passer à côté de quelque chose. »

Une fragilité mentale sur laquelle les avocats de Meta et Google ont évidemment tenté de jouer, sans succès. Les juges ont été réceptifs à l’histoire de la plaignante, qui se déroule dans un contexte de défiance de plus en plus exacerbée envers les plateformes sociales, accusées par de nombreux groupes partout dans le monde d’être conçues de façon à créer des mécanismes d’addiction chez les internautes.

Si Meta et Google ont la ferme intention de faire appel du verdict, Joseph VanZandt, l’un des avocats de la jeune femme, se félicite de l’issue du procès. « C’est la première fois dans l’histoire qu’un jury entend les témoignages de dirigeants et prend connaissance de documents internes qui, selon nous, prouvent que ces entreprises ont privilégié les profits au détriment des enfants », a-t-il déclaré. « La santé mentale des adolescents est profondément complexe et ne peut être imputée à une seule application », réagit pour sa part un porte-parole de Meta. Pour son homologue de Google, « cette affaire témoigne d’une méconnaissance de YouTube, qui est une plateforme de streaming conçue de manière responsable, et non un réseau social ».

Les revers se multiplient pour les géants du Web

Quelle que soit l’issue de l’appel, une digue a définitivement sauté, et les internautes prennent peu à peu conscience du caractère profondément addictif des réseaux sociaux – surtout chez les plus jeunes.

Si Meta et Google ont tenté de prouver que leurs plateformes étaient, au contraire, de formidables outils pour que les personnes isolées se connectent au monde, la justice a décidé de prêter une oreille plus attentive à l’histoire de Kaley G.M., accordant de fait encore plus de crédit à un autre revers subi une semaine plus tôt par Meta au Nouveau-Mexique. L’entreprise de Mark Zuckerberg vient en effet d’être condamnée à 375 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir délibérément mis en danger les enfants en les exposant à des contenus dangereux, voire à des prédateurs sexuels.

Ce procès, comparé par la presse spécialisée à celui des cigarettiers dans les années 1990, condamnés pour avoir délibérément masqué les effets nocifs de leurs produits sur la santé des consommateurs, pourrait ouvrir la voie à de nombreux autres, partout dans le pays et dans le monde. « C’est le canari dans la mine de charbon. La situation rappelle celle de l’industrie du tabac, marquant le point de départ vers des milliers de procès similaires », explique David McCuan, professeur de sciences politiques à l’université de Sonoma, cité par Le Monde.

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Rétablissement de l'« auto-attestation » pour les logiciels de caisse, l'aboutissement d'une année de mobilisation

Avec l’adoption du projet de loi de finances pour 2026, les éditeurs de logiciels de caisse ont retrouvé la faculté d’attester eux-mêmes de la conformité de leur solution, un an après que la certification par un organisme tiers avait été rendue obligatoire. Une mesure salutaire pour la pérennité des logiciels libres de caisse.

La loi de finances pour 2025 avait supprimé la possibilité, pour les éditeurs, d’attester eux-mêmes de la conformité des fonctionnalités d’encaissement de leur logiciel. Ils étaient dès lors tenus de passer par la certification, une procédure lourde et très mal adaptée à la réalité des marchés informatiques et à l’innovation, en particulier pour les logiciels libres. Une réforme actée sans réelle consultation, sans étude d’impact préalable et sans que l’administration fiscale ait exprimé de problème avec le dispositif.

L’April s’est mobilisée, tout au long de 2025, au côté des membres de l’écosystème, pour revenir sur cette réforme.

C’est dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, adopté le lundi 2 février, après une longue procédure et dans un contexte politique tendu, que l’« auto-attestation » a finalement été rétablie. Une mesure salutaire pour la pérennité des logiciels libres de caisse, inscrite à l'article 125 du projet de loi.

Article 125 :

Le code général des impôts est ainsi modifié :

1° Le 3° bis du I de l’article 286 est complété par les mots : « ou par une attestation individuelle de l’éditeur, conforme à un modèle fixé par l’administration » ;
2° Au premier alinéa de l’article 1770 duodecies, après le mot : « production », sont insérés les mots : « de l’attestation ou ».

Il ne s’agit pas ici de se prononcer sur la procédure retenue, ni sur le reste du contenu de cette loi de finances. Quoi qu’il en soit, le rétablissement de l’« auto-attestation » est une très bonne nouvelle, tant pour celles et ceux qui développent ou proposent des prestations autour de ces solutions, que pour les personnes qui souhaitent utiliser des logiciels libres pour leurs encaissements. Même s’il est regrettable que de nombreux acteurs économiques du libre aient dû se lancer dans une fastidieuse et coûteuse procédure de certification ou bien envisager des modifications profondes de leur modèle.

Un grand merci à l’ensemble des membres des écosystèmes des logiciels libres proposant des solutions d’encaissement. Sans leur engagement, ce résultat n’aurait sans doute pas été possible. L’April restera vigilante pour que l’« auto-attestation » ne soit pas à nouveau remise en cause sans étude d’impact sérieuse.

Court résumé de la longue procédure qui a conduit à ce résultat :

  • Pour qu’une disposition soit adoptée, elle doit d’abord être votée de manière « conforme » par les deux chambres parlementaires, c’est-à-dire strictement dans les mêmes termes. Puis, le texte global doit être adopté pour que la mesure devienne loi.
  • En première lecture du projet de loi de finances pour 2026, l’Assemblée comme le Sénat ont voté pour le rétablissement de l’« auto-attestation », indiquant une volonté claire du législateur en la matière. La première chambre avait toutefois rejeté le texte dans son ensemble, la disposition n’étant pas encore « conforme ». À la reprise des travaux, en janvier, l’Assemblée est repartie de la version du Sénat qui contenait la disposition concernant le rétablissement. Le texte sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité – article 49.3 de la constitution – reprenait une version « conforme » de la disposition. Les motions de censure ayant été rejetées, le texte a été adopté. Dès lors, il ne restait plus qu’au projet de loi d’être définitivement adopté pour que le rétablissement de l’« auto-attestation » soit acté. Chose faite le lundi 2 février, suite au rejet des motions de censure sur l’ultime recours du gouvernement à l’article 49.3.

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Appel à commentaire de la Commission "Vers des écosystèmes numériques ouverts européens"

La Commission européenne a lancé un appel à commentaires pour une nouvelle initiative stratégique intitulée « Vers des écosystèmes numériques ouverts européens », dont l’adoption est prévue au premier trimestre 2026. Motivée par les objectifs essentiels de souveraineté technologique et de cybersécurité, cette initiative vise à réduire la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des infrastructures numériques non européennes en renforçant le secteur open source européen. S’appuyant sur la stratégie 2020-2023 en matière de logiciels open source et complétant la future loi sur le développement du cloud et de l’IA, cette feuille de route vise à identifier les obstacles à l’adoption, à soutenir le développement des communautés et des start-ups open source, et à garantir que les technologies ouvertes dans des secteurs critiques tels que l’IA, le cloud et les applications industrielles soient développées et régies dans un cadre européen sûr, compétitif et transparent.

L’appel à commentaires suscite un certain enthousiasme de la communauté Open Source, avec 334 réponses moins d’une semaine après son ouverture. Cf. ces statistiques.

Continuez la lecture pour le détail des questions posées, quelques éléments de contexte et quelques éléments de réponses possible.

Sommaire

Les 10 questions clefs

On peut identifier dans l’appel à commentaires une dizaine de questions, divisées en questions explicites (posées spécifiquement aux parties prenantes dans la consultation) et questions implicites (les problèmes sous-jacents que l’initiative cherche à résoudre).

Questions explicites

Ces questions sont répertoriées directement aux pages 3 et 4 afin que les parties prenantes puissent y répondre :

  1. Forces, faiblesses et obstacles : « Quelles sont les forces et les faiblesses du secteur open source de l’UE ? Quels sont les principaux obstacles qui entravent (i) l’adoption et la maintenance d’un open source de haute qualité et sécurisé ; et (ii) les contributions durables aux communautés open source ? »
  2. Valeur ajoutée : « Quelle est la valeur ajoutée de l’open source pour les secteurs public et privé ? Veuillez fournir des exemples concrets, y compris les facteurs (tels que le coût, le risque, la dépendance, la sécurité, l’innovation, entre autres) qui sont les plus importants pour évaluer la valeur ajoutée. »
  3. Mesures concrètes de l’UE : « Quelles mesures et actions concrètes peuvent être prises au niveau de l’UE pour soutenir le développement et la croissance du secteur open source de l’UE et contribuer à la souveraineté technologique et au programme de cybersécurité de l’UE ? »
  4. Priorités : « Quels domaines technologiques devraient être prioritaires et pourquoi ? »
  5. Compétitivité et résilience : « Dans quels secteurs une utilisation accrue de l’open source pourrait-elle conduire à une compétitivité et une cyber-résilience accrues ? »

Questions implicites

Voici les questions fondamentales qui motivent la nécessité de cette initiative pour la Commission, que l’on retrouve tout au long du contexte politique et de la définition du problème (pages 1-2) :

  1. Souveraineté : Comment l’UE peut-elle réduire sa dépendance vis-à-vis des pays tiers en matière d’infrastructures numériques et reprendre le contrôle de sa sphère numérique ?
  2. Passage à l’échelle : Comment l’UE peut-elle aller au-delà du financement de la recherche et de l’innovation pour soutenir réellement le passage à l’échelle, le déploiement industriel et la viabilité commerciale des innovations open source ?
  3. Administration publique : Comment le secteur public (États membres et régions de l’UE) peut-il mieux adopter les solutions open source afin d’éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur et d’accroître la transparence ?
  4. Durabilité : Comment l’UE peut-elle garantir que la valeur générée par les projets open source n’est pas uniquement exploitée en dehors de l’UE et que les développeurs européens ont accès au capital et aux infrastructures nécessaires à leur croissance ?
  5. Sécurité : Comment tirer parti des logiciels open source pour améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement et la gestion des vulnérabilités en matière de cybersécurité ?

Bilan de la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne

Comme indiqué en intro, cette consultation a pour but (entre autres) de réviser la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne. Voici une analyse rapide de son bilan.

Cette stratégie se définissait par son slogan "Think Open". Le point clef, qu’on lui a reproché à son époque, est qu’elle était principalement une stratégie de transformation interne et culturelle (comment la Commission gère son informatique), plutôt qu’une stratégie de politique industrielle (comment l’Europe construit sa filière).

1. Forces, faiblesses et barrières

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie identifiait correctement la force de l’Open Source comme levier d’innovation et de co-création.
  • Limite/Impact : Elle s’est concentrée sur les barrières administratives internes (simplifier la bureaucratie pour permettre aux fonctionnaires de contribuer au code). Elle a largement ignoré les barrières de marché (financement, concurrence déloyale des géants US) qui pèsent sur le secteur privé européen.
  • Bilan : Elle a réussi à lever des blocages juridiques internes, mais n’a eu que peu d’impact sur la fragmentation du marché européen.

2. Valeur ajoutée pour les secteurs public et privé

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : Elle a parfaitement théorisé la valeur ajoutée pour le secteur public : « Argent public, Code public », éviter le verrouillage propriétaire (vendor lock-in), et l’interopérabilité.
  • Limite/Impact : La stratégie visait à « montrer l’exemple » (lead by example). Cependant, l’impact réel sur le secteur privé est resté marginal, car la Commission a continué, paradoxalement, à dépendre massivement de solutions propriétaires (Microsoft 365) durant cette période, affaiblissant la portée de son message sur la valeur ajoutée de l’Open Source.

3. Mesures concrètes au niveau de l’UE

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La mesure phare et le grand succès de cette stratégie a été la création du bureau de programme Open Source (OSPO) de la Commission ("OSOR"). Elle a aussi facilité la publication de logiciels comme EUSurvey ou LEOS.
  • Limite/Impact : Ces mesures étaient centrées sur l’institution (« Inner Source »). Il manquait des mesures de soutien financier direct à l’écosystème (type « Fonds Souverain ») qui sont demandées aujourd’hui.

4. Priorités technologiques

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie mentionnait le Cloud, l’IA et la Blockchain de manière générique.
  • Limite/Impact : Elle manquait de ciblage stratégique. Elle traitait l’Open Source comme une méthode de travail, et non comme une brique de souveraineté pour des technologies critiques spécifiques (comme le demande aujourd’hui la Feuille de route sur le Cloud/Edge).

5. Compétitivité et résilience

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : Le document mentionnait la « souveraineté technologique » en introduction, citant Ursula von der Leyen.
  • Limite/Impact : L’approche est restée très « soft power » (influence par l’exemple). Elle n’a pas suffi à créer une résilience face aux chocs géopolitiques ou à l’extraterritorialité du droit américain (Cloud Act), car elle ne s’accompagnait pas d’une politique industrielle agressive.

6. Souveraineté (réduire la dépendance)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie posait le principe « Stay in control » (Garder le contrôle).
  • Réalité : C’est sans doute l’échec principal de la période. Malgré la stratégie, la dépendance de l’Europe aux hyperscalers non-européens s’est accrue (cf Asteres). La stratégie a sous-estimé la difficulté de migrer des infrastructures critiques vers de l’Open Source sans investissement massif dans des alternatives industrielles européennes.

7. Passage à l’échelle (upscaling)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie encourageait le partage et la réutilisation (Reuse).
  • Réalité : Le passage à l’échelle a été limité à des outils de niche (sondages, légistique). La stratégie n’a pas fourni les mécanismes pour transformer des projets Open Source européens en géants technologiques capables de rivaliser mondialement.

8. Administration publique (adoption)

  • Bilan 2020-2023 : Elle s’appuyait sur la Déclaration de Tallinn (2017).
  • Réalité : La création de l’OSPO a été un modèle positif suivi par certains États membres (ex: France - avec les limites que l’on sait, Allemagne, Pays-Bas…). Cependant, l’adoption reste très hétérogène. La stratégie manquait de “dents” (obligations contraignantes) pour forcer l’adoption des logiciels libres et des standards ouverts dans les marchés publics des États membres.

9. Durabilité (modèles économiques et maintenance)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie prévoyait que les développeurs de la Commission puissent contribuer “incidemment” aux projets externes.
  • Réalité : C’est une réponse insuffisante au problème de la maintenance des infrastructures critiques (le problème de « l’inconnu du Nebraska »). Le bénévolat ou les contributions ponctuelles de fonctionnaires ne remplacent pas un financement structurel des fondations et des mainteneurs, point soulevé par les experts (Doc 3).

10. Sécurité (supply chain)

  • Bilan 2020-2023 : Point fort de la stratégie via le programme EU-FOSSA (audits de sécurité financés par l’UE).
  • Réalité : La Commission a bien identifié que « Open Source = transparence = sécurité potentielle ». Cependant, l’approche était réactive (audit de l’existant). La nouvelle période (2024+) doit gérer les effets de bord du Cyber Resilience Act (CRA), qui a créé une insécurité juridique pour les développeurs Open Source que la stratégie 2020-2023 n’avait pas anticipée.

Conclusion de l’analyse

La stratégie 2020-2023 a été une étape culturelle nécessaire mais insuffisante.

  • Son mérite : Elle a légitimé l’Open Source au cœur de l’administration européenne (création de l’OSPO, changement de mentalité).
  • Sa limite : Elle est restée une stratégie informatique interne (« Comment la Commission utilise le logiciel libre ») et non une stratégie politique (« Comment l’Europe utilise le logiciel libre pour sa souveraineté »).

Nous appelons donc à ce que la nouvelle initiative (2026) opère ce basculement : passer de l’Open Source comme « bonne pratique administrative » à l’Open Source comme « arme de souveraineté industrielle ».

Eléments de réponse

La Feuille de route thématique « La voie du logiciel libre vers la souveraineté numérique et la compétitivité de l’Union européenne » rédigée par un groupe d’experts (dont je (NdM: Stefane Fermigier) faisais partie) de l’Alliance européenne pour les données industrielles, l’Edge et le Cloud, et publiée par la Commission en juillet 2025 fournit un certain nombre d’éléments de réponses aux questions ci-dessus. Avec 70 propositions il y a évidemment de quoi « faire son marché ». Voici quelques éléments de réponse possibles extraits du document.

1. Forces, faiblesses et obstacles du secteur open source de l’UE

Forces :

  • Engagement politique et financier : l’Europe a démontré son engagement à travers le financement de la recherche (Horizon Europe, Digital Europe) et des cadres politiques (Data Act) qui favorisent la transparence (*p. 16-17).
  • Écosystème en pleine croissance : on observe une expansion des fournisseurs européens de cloud et d’edge open source proposant des alternatives conformes au RGPD, ainsi que de grands consortiums multipartites (bien qu’ils soient confrontés à des défis) et des collaborations avec des instituts de recherche (p. 18-19).
  • Cadres spécialisés : L’Europe assiste à l’adoption croissante de cadres open source spécialisés dans l’IoT dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière et l’énergie (p. 19).

Faiblesses :

  • Domination des technologies non européennes : le marché est fortement influencé par les technologies propriétaires et les hyperscalers non européens, en particulier dans les domaines du cloud, de l’edge computing et des technologies de conteneurisation (p. 20).
  • Fragmentation : Les initiatives nationales sont souvent fragmentées et manquent de coordination au niveau européen (p. 17).
  • Problèmes de gouvernance : De nombreux projets, même ceux qui bénéficient de contributions européennes, sont gérés par des entités non européennes (par exemple, la Linux Foundation), ce qui peut entraîner un décalage par rapport aux intérêts européens (p. 26).

Principaux obstacles :

(i) À l’adoption et à la maintenance :

  • Obstacles à l’interopérabilité : Il existe un manque de « normes véritablement ouvertes » universellement adoptées et développées par des entités européennes. Cela entraîne une complexité d’intégration et des frictions entre les outils propriétaires et les outils open source (p. 24).
  • Sensibilisation du marché et discours : les PME et les entreprises hésitent en raison d’idées fausses sur la complexité et le soutien, souvent alimentées par les discours marketing des fournisseurs dominants non européens (p. 25).
  • Pénurie de compétences : l’offre de professionnels maîtrisant les technologies open source européennes, l’orchestration du cloud et la cybersécurité est insuffisante (p. 25-26).

(ii) Vers des contributions durables :

  • Contraintes en matière de ressources et de financement : De nombreux projets essentiels dépendent de contributions bénévoles et de financements sporadiques. Le paysage actuel favorise souvent les grands projets bien établis, laissant les petites initiatives européennes innovantes sous-financées (p. 24-25).

2. Valeur ajoutée pour les secteurs public et privé

Le document identifie la valeur ajoutée dans plusieurs dimensions, en se concentrant principalement sur la souveraineté numérique, la sécurité, la résilience économique et la durabilité.

Exemples concrets et facteurs :

  • Administration publique :
    • Souveraineté et contrôle : l’adoption de l’open source européen permet aux institutions de garder le contrôle sur le traitement et le stockage des données, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers soumis à des lois extraterritoriales (par exemple, la section 702 de la loi américaine FISA).
    • Sécurité et conformité : la transparence totale du code permet un audit rigoureux, garantissant la conformité avec les directives RGPD et NIS.
    • Coût et transparence : cela réduit les coûts d’approvisionnement/de licence et favorise la confiance du public grâce à des systèmes transparents (p. 50).
  • Secteur privé (général et PME) :
    • Innovation : cela réduit les barrières à l’entrée pour les PME, leur permettant d’être compétitives en tirant parti d’une infrastructure abordable et personnalisable. Cela accélère les cycles de développement grâce à l’innovation collaborative (p. 13).
    • Réduction des risques : cela évite la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur associée aux normes propriétaires (p. 11).
  • Fabrication (industrie 4.0) :
    • Efficacité opérationnelle : permet une maintenance prédictive et une surveillance en temps réel.
    • Flexibilité : les normes ouvertes permettent l’intégration transparente de nouvelles technologies dans les systèmes existants, évitant ainsi la dépendance (p. 51).

3. Mesures et actions concrètes au niveau de l’UE

La feuille de route propose des actions (70 au total) réparties en cinq piliers afin de soutenir le secteur et de contribuer à la souveraineté et à la cybersécurité, notamment :

1. Développement technologique :

  • Normes : définir et imposer une « interopérabilité exécutoire » basée sur des normes véritablement ouvertes pour toutes les infrastructures numériques financées par l’UE (p. 28-29).
  • Financement : créer un « Fonds européen pour la souveraineté open source » (NB : EOSSF → EU-STF) pour les projets fondamentaux (p. 30).
  • Architectures de référence : développer des implémentations de référence spécifiques à chaque secteur (par exemple, pour les soins de santé ou l’énergie) (p. 30-31).

2. Développement des compétences :

  • Formation et certification : Lancer des programmes de certification pour la maîtrise de l’open source européen et financer des ateliers de formation axés sur l’industrie (p. 32-33).
  • Éducation : Intégrer les principes de l’open source dans les programmes d’études STEM et créer des centres d’excellence dans les universités (p. 34).

3. Pratiques d’approvisionnement :

  • Politique : Adopter des politiques « Fonds publics, code public, open source d’abord, préférence européenne » (p. 36).
  • Lignes directrices : Créer des guides d’évaluation pratiques et un répertoire de solutions européennes recommandées à l’intention des responsables des marchés publics (p. 37-38).

4. Croissance et investissement :

  • Plateforme d’investissement : créer une « plateforme européenne d’investissement dans l’open source » (EOSIP) afin de consolider les informations sur le financement (p. 41).
  • Image de marque : lancer une initiative de promotion de l’image de marque afin de mettre en avant la sécurité et la souveraineté des projets européens (p. 43).

5. Gouvernance :

  • Analyse de sécurité : donner la priorité aux évaluations de vulnérabilité pour les projets critiques et collaborer avec les agences de cybersécurité (p. 45).
  • Comité consultatif : former un comité consultatif européen sur l’open source afin de superviser le financement et l’orientation (p. 47).

4. Domaines technologiques prioritaires

La feuille de route donne explicitement la priorité aux technologies Cloud, Edge et Internet des objets (IoT).

Pourquoi ces technologies sont-elles prioritaires ?

  • Épine dorsale de l’infrastructure : ces technologies constituent « l’épine dorsale de l’infrastructure numérique moderne » et sont essentielles pour la sécurité nationale et économique (p. 10).
  • Dépendance actuelle : l’Europe est fortement dépendante des hyperscalers non européens dans ces domaines, ce qui pose des risques en matière de confidentialité des données, de sécurité nationale et de résilience opérationnelle (p. 10).
  • Tendances émergentes : certains sous-domaines sont mis en avant comme étant essentiels pour la souveraineté future :
    • Edge Computing : essentiel pour réduire la latence et assurer la souveraineté des données (en gardant le traitement proche de la source) (p. 20).
    • Conteneurisation/Orchestration : critiques pour l’évolutivité, mais actuellement dominées par des entités non européennes (p. 20).
    • IA/apprentissage automatique : l’intégration de l’IA dans les appareils périphériques, pour l’IoT industriel et les systèmes autonomes (p. 20).

NB: d’autres domaines prioritaires peuvent également être mis en avant, en dehors de la feuille de route, notamment le collaboratif (bureautique).

5. Secteurs pour une compétitivité et une cyber-résilience accrues

Le document identifie les secteurs suivants dans lesquels l’open source peut stimuler la compétitivité et la résilience (p. 50-53) :

  • Administration publique : renforce la confiance, la souveraineté des données et réduit les coûts.
  • Fabrication (industrie 4.0) : améliore l’efficacité de la production, réduit les déchets et empêche la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.
  • Santé : sécurise les données sensibles des patients, permet l’interopérabilité entre les systèmes (par exemple, les dossiers médicaux électroniques) et accélère la recherche médicale.
  • Énergie : optimise la gestion de l’énergie (réseaux intelligents), intègre les énergies renouvelables et réduit la consommation énergétique des centres de données.
  • Autres secteurs : transports, agriculture, finance, éducation, villes intelligentes et industrie spatiale (en particulier l’analyse des données d’observation de la Terre) (p. 53).

Références

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