Vue lecture

Pourquoi l’ultime interview d’Eric Dane sur Netflix fait-elle autant parler ?

Survenue le 19 février à 53 ans des suites d’une sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée maladie de Charcot, la mort d’Eric Dane a profondément bouleversé le paysage télévisuel et cinématographique. Et l’émotion a pris une autre ampleur le lendemain lorsque Netflix a mis en ligne un entretien enregistré quelques mois plus tôt pour la série Famous Last Words, dans lequel l’acteur se livre face caméra et adresse des mots d’adieu à ses proches.

De quoi s’agit-il exactement ?

Le principe de ce programme, innové en 2025, est pour le moins singulier : des personnalités acceptent d’être filmées tout en sachant que la conversation ne sera rendue publique qu’après leur décès. L’échange, conduit par le réalisateur américain Brad Falchuk, se déroule dans un décor neutre, mené par l’idée de laisser place à une parole non commentée, ni montée.

Avant Eric Dane, la primatologue Jane Goodall avait inauguré le format. Son épisode, diffusé deux jours après sa mort en octobre dernier, était tourné vers l’avenir de l’humanité et de la planète. Elle y appelait à préserver l’espoir face aux crises environnementales, encourageant la lutte, et revenait aussi sur les décennies consacrées à l’étude des chimpanzés et à la défense de la nature.

Pourquoi la diffusion a-t-elle suscité des réactions ?

Dans son entretien, Dane évoque de son côté son enfance marquée par le suicide de son père, ses années d’addiction, son succès puis l’annonce de sa maladie en avril. Face à la progression de la SLA, il affirmait garder une forme de sérénité : « Je n’ai aucune raison d’être heureux à chaque instant, et pourtant, je le suis », confiait-il.

Eric Dane dans Famous Last Words.

La séquence finale a concentré l’attention des téléspectateurs. Resté seul face à la caméra, Dane s’est adressé à ses deux filles. Il les exhorte à vivre dans le présent, à aimer, à se battre. « Le présent est tout ce que tu as. Chéris-le. Savoure chaque instant », a-t-il déclaré. Il conclut par ces mots : « Billie et Georgia, vous êtes mon cœur. Vous êtes tout pour moi. Bonne nuit. Je vous aime. Ce sont mes dernières paroles. »

Qui était Eric Dane ?

Révélé par son rôle du Dr Mark Sloan dans Grey’s Anatomy dans les années 2010, Eric Dane a poursuivi une carrière à la télévision et au cinéma, incarnant notamment le capitaine Tom Chandler dans The Last Ship, marquant les esprits dans Euphoria ou encore présent dans des films grand public comme X-Men : The Last Stand. L’entretien diffusé après sa mort montre un acteur affaibli, mais lucide, soucieux de transmettre un message centré sur la résilience.

  •  

Mort d’Eric Dane : de « Grey’s Anatomy » à « Euphoria », la disparition tragique d’une icône pop

Quelques jours après la tragique disparition de James Van Der Beek, héros magnifique de Dawson, c’est une autre figure du monde sériel qui disparaît précocément. L’acteur Eric Dane, connu du grand public pour son rôle du Dr Mark Sloan alias Dr Glamour (ou « McSteamy » en VO) dans Grey’s Anatomy, est décédé ce 19 février 2026 à l’âge de 53 ans, après avoir mené un combat contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Charcot ou maladie de Lou Gehrig.

Cette maladie neurologique dégénérative, pour laquelle il n’existe aujourd’hui aucun traitement curatif, avait été rendue publique par l’acteur en avril 2025, moins d’un an avant sa disparition. À l’époque, il avait expliqué les premiers signes – une faiblesse progressive de ses membres – avant que la maladie ne s’aggrave rapidement.

Même face à cette réalité implacable, Dane avait voulu rester visible et actif, partageant des messages sur son combat et continuant à travailler – notamment sur la série Euphoria – pour autant que sa santé le lui permettait.

eric-dane-greys-anatomy

Ellen Pompeo et Eric Dane dans Grey’s Anatomy

Des blocs opératoires à la noirceur

Né à San Francisco en 1972, Eric Dane avait commencé sa carrière à la télévision dans les années 1990, multipliant les apparitions dans des séries. Avant d’enfiler la blouse de chirurgien, Eric Dane a fait ses armes là où battait le cœur des ados des années 90 et 2000. On l’a aperçu dans Sauvés par le gong ou Mariés, deux enfants, mais c’est son rôle de Jason Dean dans Charmed qui a commencé à faire parler de lui. Il y incarnait le patron (et petit ami) d’Alyssa Milano et y faisait déjà forte impression.

Pour toute une génération, Eric Dane restera à jamais le « Dr Glamour ». Apparu dans la saison 2 de Grey’s Anatomy, il ne devait être qu’un passage éclair. Pourtant, son charisme et son humanité ont transformé ce chirurgien plastique arrogant en l’un des personnages les plus aimés de la série. Et il restera dans la série jusqu’à la saison 9. Son duo avec Jackson Avery (Jesse Williams) et sa romance déchirante avec Lexie Grey (Chyler Leigh) ont fait battre le cœur de millions de fans. 

En 2019, Eric Dane choisissait de briser son image flamboyante. Dans la série choc Euphoria, il incarnait Cal Jacobs (le père de Nate, interprété par Jacob Elordi), un personnage torturé par ses secrets et une masculinité toxique. Loin des blocs opératoires aseptisés, il y livrait une prestation brute, presque brutale, explorant les zones d’ombre de l’âme humaine.

Le combat contre la SLA, une bataille publique

La révélation de sa maladie avait surpris beaucoup de fans : la SLA est une affection rare qui attaque les neurones moteurs, entraînant une paralysie progressive des muscles, jusqu’à affecter la respiration. Les messages d’Eric Dane, souvent poignants, avaient mis en lumière la brutalité de cette maladie – et suscité une vague de soutien à travers le monde.

Même dans ses derniers mois, l’acteur avait participé à des initiatives de sensibilisation à la SLA, appelant à davantage de recherche et à une meilleure prise en charge des malades. Sa famille a annoncé qu’il avait passé ses derniers jours entouré de ses proches, notamment sa femme, l’actrice Rebecca Gayheart, et leurs deux filles, Billie et Georgia.

De Mark Sloan à Cal Jacobs, Eric Dane aura traversé les imaginaires collectifs en incarnant des personnages complexes. Et utilisé sa notoriété pour briser le silence autour de la sclérose latérale amyotrophique, mettant en lumière une maladie encore trop méconnue.

  •  

Mort de Robert Duvall : 5 rôles cultes qui ont façonné la légende

Le cinéma américain vient de perdre l’une de ses « forces tranquilles ». Robert Duvall s’est éteint paisiblement ce 16 février 2026 à l’âge de 95 ans, dans sa propriété de Virginie. Celui qui a traversé sept décennies de l’histoire d’Hollywood laisse derrière lui une trace indélébile, marquée par une économie de mots et une intensité de regard qui n’appartenaient qu’à lui.

Né en 1931, ce fils d’amiral n’était pas du genre à chercher la lumière des projecteurs pour le simple plaisir de briller. Il était un acteur de texture, un artisan capable d’apporter une crédibilité immédiate à n’importe quel récit, qu’il soit niché dans la pègre new-yorkaise ou dans la chaleur moite du Vietnam. Duvall a incarné l’Amérique dans toute sa complexité, du silence le plus profond à l’autorité la plus terrifiante.

Voici les 5 rôles qui ont fait de lui une légende absolue du septième art.

1- Tom Hagen dans Le Parrain I et II (1972-1974)

Parrain-Tom-Hagen

C’est la définition même de la retenue. Au milieu des éclats de voix de James Caan et de l’aura de Marlon Brando, Robert Duvall impose le personnage de Tom Hagen dans la saga magistrale de Francis Ford Coppola. En tant que consigliere (avocat et conseiller) du clan Corleone, il est le cerveau froid, celui qui gère les crises avec une diplomatie glaciale. Duvall a réussi l’exploit de rendre passionnantes des scènes de pure stratégie, faisant de Hagen le pilier indispensable de la famille Corleone.

2. Le Lieutenant-Colonel Kilgore dans Apocalypse Now (1979)

Lieutenant-Colonel Kilgore-duvall

Il suffit parfois de dix minutes pour marquer l’histoire de la pop culture. En incarnant Kilgore dans Apocalypse Now, ce colonel fan de surf qui commande des attaques au napalm avec une décontraction terrifiante, Duvall offre l’une des prestations les plus iconiques du cinéma de guerre. Une performance habitée, presque surréaliste, qui lui a valu une nomination aux Oscars et une réplique entrée au Panthéon : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin ».

3- Boo Radley dans Du silence et des ombres (1962)

Robert-Duvall-kill

Pour son premier film marquant, Du silence et des ombres de Robert Mulligan aux côtés de Gregory Peck, Duvall a fait le choix du silence. Sous les traits de Boo Radley, le voisin reclus qui terrifie les enfants du quartier, il n’apparaît que quelques minutes à la toute fin du film. Mais son visage pâle et son regard inquiet ont suffi à lancer sa carrière. C’est le film idéal pour découvrir la genèse de son jeu d’acteur, tout en nuances.

4. Mac Sledge dans Tendre Bonheur (1983)

Duvall dans Tendre bonheur

C’est le rôle de la consécration ultime, celui qui lui a valu l’Oscar du meilleur acteur. Dans ce film épuré, il campe un ancien chanteur de country alcoolique qui tente de se reconstruire dans une station-service perdue au Texas. Duvall, lui-même passionné de musique, y livre une performance d’une sincérité désarmante, loin des artifices d’Hollywood, prouvant qu’il pouvait porter un film sur ses seules épaules.

5. L’inspecteur Prendergast dans Chute Libre (1993)

Duvall-chute-libre

Dans le thriller urbain Chute libre, alors que Michael Douglas sombre dans une colère destructrice, Robert Duvall incarne la boussole morale. Son rôle de policier à la veille de la retraite, calme mais déterminé à arrêter le chaos, est une masterclass de jeu. Il y joue l’homme ordinaire confronté à l’extraordinaire avec une justesse incroyable. 

  •