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Reçu aujourd’hui — 11 février 2026

Coup de pression : le patron de Ryanair accuse la France d’étouffer le tourisme avec ses taxes

11 février 2026 à 11:00
Ryanair France

Nouvelle charge contre la France. Le patron de Ryanair s’en prend une fois de plus à la hausse des taxes aériennes, qu’il juge contre-productive pour le tourisme. Entre avertissements et menaces à peine voilées, Michael O’Leary pousse Paris à revoir sa copie.

Reçu avant avant-hier

« Tolérance zéro » : France Travail pourra fouiller dans vos relevés téléphoniques pour lutter contre la fraude

9 février 2026 à 18:00
France Travail

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure pour protéger les comptes de la Sécurité sociale. Un nouveau projet de loi, qui sera débattu fin février à l’Assemblée nationale, prévoit des mesures de surveillance inédites, allant jusqu’à l’analyse des relevés téléphoniques et la biométrie. Objectif : traquer les fraudeurs partout où ils se cachent, en France comme à l'étranger.

« Je veux que la science m’éclaire » : Emmanuel Macron pense à interdire les jeux vidéo chez les jeunes

Par :Setra
6 février 2026 à 08:15
Emmanuel Macron Pourboires

Réagissant à une vidéo dans laquelle une femme demande des mesures contrent les jeux vidéo, Emmanuel Macron annonce une étude sur leur impact, qui permettra ensuite de prendre des décisions éclairées par la science.

“Le gouvernement a choisi son camp” : le malus au poids disparaît pour les voitures électriques, mais le malus CO2 augmente pour les thermiques

3 février 2026 à 12:34
Electrique Thermique Malus Gouvernement

L'Assemblée nationale a voté le maintien de l'exonération totale du malus au poids pour tous les véhicules électriques. Un revirement inattendu qui sauve les SUV électriques lourds et marque un tournant dans la stratégie du gouvernement face à l'émergence de l'électrique.

Liquidation : le magazine 60 Millions de consommateurs fait de la résistance

3 février 2026 à 09:00
60 Millions Consommateurs Fin France

Réunis ce lundi à Malakoff, les salariés et soutiens de l'Institut national de la consommation (INC), éditeur de 60 Millions de consommateurs, ont crié leur colère face à leur disparition programmée. Alors que le gouvernement a acté la liquidation de l’organisme, les défenseurs du magazine dénoncent un coup de grâce porté à la protection des citoyens.

Les voitures électriques échappent au malus au poids en 2026

2 février 2026 à 15:51

Le malus au poids devait s’étendre aux voitures électriques à partir du 1er juillet 2026. Finalement, le budget validé par le 49.3 repousse cette mesure et préserve la voiture électrique, au moins pour cette année.

Serez-vous obligé d’avoir un thermostat chez vous dès janvier 2027 ?

31 janvier 2026 à 11:00

Le décret initial (qui date de l’été 2023) prévoyait d’appliquer cette obligation au 1er janvier 2027. On a récemment eu la confirmation que, pour les logements existants, le gouvernement a décidé de repousser l’obligation d’équipement en thermostat au 1er janvier 2030 (le nouveau décret, tout frais, date du 26 décembre 2025). Le but de ce report est de laisser plus de temps et « de souplesse » aux Françaises et Français pour s’équiper.

Toutefois, les bâtiments qui seront construits à partir de janvier 2027 devront obligatoirement en être équipés. De la même manière, si vous procédez à l’installation d’un nouveau système de chauffage, il doit être pourvu d’un « système de régulation automatique de la température » (c’est le cas depuis 2018).

Qui est concerné ?

Sont visés par cette obligation les « bâtiments résidentiels et tertiaires » – comprenez par là les particuliers, qui devront équiper leur logement, ainsi que les professionnels et locaux publics (ces derniers bénéficient du même délai, jusqu’à 2030). Quasiment tous les systèmes de chauffage sont concernés, à l’exception de ceux qui ne sont pas automatiquement alimentés en combustible (comme les cheminées ou poêles à bois, par exemple).

Le thermostat doit-il être connecté ?

Le texte a pu être interprété de cette manière à tort. En effet, rien n’indique qu’il faut opter pour un modèle connecté. La loi prévoit que les logements doivent renfermer un thermostat programmable gérant la température pièce par pièce ou éventuellement par zones « si c’est justifié ». Le pilotage par pièce est ce qui permet de faire le plus d’économies d’énergie : l’Ademe estime que dans cette configuration, elles peuvent atteindre jusqu’à 15 %. Les modèles connectés répondent à ces exigences, mais la connectivité n’est pas une condition sine qua non pour répondre à l’obligation. Précisons au passage que le texte de loi prévoit, comme pour le chauffage, le même type de régulation de la température (par pièce ou par zone également) pour les systèmes de refroidissement si les logements en sont pourvus.

Tado
Certaines fonctionnalités s’appuyant sur l’IA (pour les modèles connectés) visent à améliorer le confort et optimiser les économies.

Combien ça coûte ? Existe-t-il des aides ?

L’Ademe estime que le coût d’un thermostat programmable varie de 60 à 250 €, auxquels il faut ajouter 150 à 300 € si on fait appel à un professionnel pour l’installation. Ce prix nous semble relativement cohérent aussi si on veut s’équiper d’un thermostat connecté composé d’un pack de départ, accompagné soit d’un second thermostat, soit de quelques vannes thermostatiques. Naturellement, tout dépend du modèle choisi et surtout du nombre de radiateurs à équiper – s’ils sont nombreux, mieux vaut opter pour des têtes vendues en pack, ce qui est généralement plus avantageux.

Concernant les aides, plusieurs opérations « coup de pouce » ont été proposées sur les thermostats par le passé, mais aucune n’a cours au moment où nous écrivons ces lignes. En revanche, il est possible de solliciter des aides dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE) auprès des fournisseurs d’énergie. À noter que, si vous vous chauffez à l’aide de radiateurs électriques, sous certaines conditions, il est possible de faire installer de tels dispositifs gratuitement.

Qui a la charge de l’installation ?

Si vous êtes propriétaire du logement dans lequel vous vivez, l’installation est à votre charge (même s’il n’est pas prévu que qui que ce soit vienne vérifier la présence d’un tel équipement chez vous…). En revanche, si vous en êtes locataire, c’est au bailleur de faire le nécessaire pour respecter l’obligation légale. D’ailleurs, selon l’IGNES, « cette mesure vise surtout à s’assurer que les 40 % des ménages locataires puissent rapidement bénéficier de cet équipement minimal de pilotage de leur chauffage, alors qu’ils dépendent de leur propriétaire pour son installation. Les chiffres confirment ainsi que les ménages locataires sont aujourd’hui plus faiblement équipés (seulement 40 % contre 60 % des propriétaires occupants) ».

Extrait de l’infographie de l’Ademe Pourquoi passer au thermostat programmable ? .

Pour autant, faut-il attendre 2030 ?

Tous les acteurs du secteur s’accordent sur ce point : malgré ce report, rien n’empêche de s’équiper dès maintenant, d’autant que les économies substantielles qu’il est possible de réaliser le justifient amplement. Dans un récent communiqué de presse sur les thermostats, l’IGNES a repris les estimations de l’Ademe concernant les économies réalisables sur les factures d’énergie : jusqu’à 270 € par an pour une maison chauffée à l’électricité (sur la base d’une facture de 1 800 €/an) et jusqu’à 210 € si le logement est chauffé au gaz (sur une facture annuelle de 1 400 €). L’IGNES a ensuite fait le calcul : un thermostat serait rentabilisé en moins de cinq ans. Si on se base cette fois sur l’étude sur le pilotage connecté récemment réalisée par la CSTB à l’initiative de l’IGNES, justement, en choisissant une solution de chauffage connectée, selon la maison et son niveau d’isolation, l’économie pourrait grimper jusqu’à 30 %.

Serez-vous obligé d’avoir un thermostat chez vous dès janvier 2027 ?

31 janvier 2026 à 11:00

Le décret initial (qui date de l’été 2023) prévoyait d’appliquer cette obligation au 1er janvier 2027. On a récemment eu la confirmation que, pour les logements existants, le gouvernement a décidé de repousser l’obligation d’équipement en thermostat au 1er janvier 2030 (le nouveau décret, tout frais, date du 26 décembre 2025). Le but de ce report est de laisser plus de temps et « de souplesse » aux Françaises et Français pour s’équiper.

Toutefois, les bâtiments qui seront construits à partir de janvier 2027 devront obligatoirement en être équipés. De la même manière, si vous procédez à l’installation d’un nouveau système de chauffage, il doit être pourvu d’un « système de régulation automatique de la température » (c’est le cas depuis 2018).

Qui est concerné ?

Sont visés par cette obligation les « bâtiments résidentiels et tertiaires » – comprenez par là les particuliers, qui devront équiper leur logement, ainsi que les professionnels et locaux publics (ces derniers bénéficient du même délai, jusqu’à 2030). Quasiment tous les systèmes de chauffage sont concernés, à l’exception de ceux qui ne sont pas automatiquement alimentés en combustible (comme les cheminées ou poêles à bois, par exemple).

Le thermostat doit-il être connecté ?

Le texte a pu être interprété de cette manière à tort. En effet, rien n’indique qu’il faut opter pour un modèle connecté. La loi prévoit que les logements doivent renfermer un thermostat programmable gérant la température pièce par pièce ou éventuellement par zones « si c’est justifié ». Le pilotage par pièce est ce qui permet de faire le plus d’économies d’énergie : l’Ademe estime que dans cette configuration, elles peuvent atteindre jusqu’à 15 %. Les modèles connectés répondent à ces exigences, mais la connectivité n’est pas une condition sine qua non pour répondre à l’obligation. Précisons au passage que le texte de loi prévoit, comme pour le chauffage, le même type de régulation de la température (par pièce ou par zone également) pour les systèmes de refroidissement si les logements en sont pourvus.

Tado
Certaines fonctionnalités s’appuyant sur l’IA (pour les modèles connectés) visent à améliorer le confort et optimiser les économies.

Combien ça coûte ? Existe-t-il des aides ?

L’Ademe estime que le coût d’un thermostat programmable varie de 60 à 250 €, auxquels il faut ajouter 150 à 300 € si on fait appel à un professionnel pour l’installation. Ce prix nous semble relativement cohérent aussi si on veut s’équiper d’un thermostat connecté composé d’un pack de départ, accompagné soit d’un second thermostat, soit de quelques vannes thermostatiques. Naturellement, tout dépend du modèle choisi et surtout du nombre de radiateurs à équiper – s’ils sont nombreux, mieux vaut opter pour des têtes vendues en pack, ce qui est généralement plus avantageux.

Concernant les aides, plusieurs opérations « coup de pouce » ont été proposées sur les thermostats par le passé, mais aucune n’a cours au moment où nous écrivons ces lignes. En revanche, il est possible de solliciter des aides dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE) auprès des fournisseurs d’énergie. À noter que, si vous vous chauffez à l’aide de radiateurs électriques, sous certaines conditions, il est possible de faire installer de tels dispositifs gratuitement.

Qui a la charge de l’installation ?

Si vous êtes propriétaire du logement dans lequel vous vivez, l’installation est à votre charge (même s’il n’est pas prévu que qui que ce soit vienne vérifier la présence d’un tel équipement chez vous…). En revanche, si vous en êtes locataire, c’est au bailleur de faire le nécessaire pour respecter l’obligation légale. D’ailleurs, selon l’IGNES, « cette mesure vise surtout à s’assurer que les 40 % des ménages locataires puissent rapidement bénéficier de cet équipement minimal de pilotage de leur chauffage, alors qu’ils dépendent de leur propriétaire pour son installation. Les chiffres confirment ainsi que les ménages locataires sont aujourd’hui plus faiblement équipés (seulement 40 % contre 60 % des propriétaires occupants) ».

Extrait de l’infographie de l’Ademe Pourquoi passer au thermostat programmable ? .

Pour autant, faut-il attendre 2030 ?

Tous les acteurs du secteur s’accordent sur ce point : malgré ce report, rien n’empêche de s’équiper dès maintenant, d’autant que les économies substantielles qu’il est possible de réaliser le justifient amplement. Dans un récent communiqué de presse sur les thermostats, l’IGNES a repris les estimations de l’Ademe concernant les économies réalisables sur les factures d’énergie : jusqu’à 270 € par an pour une maison chauffée à l’électricité (sur la base d’une facture de 1 800 €/an) et jusqu’à 210 € si le logement est chauffé au gaz (sur une facture annuelle de 1 400 €). L’IGNES a ensuite fait le calcul : un thermostat serait rentabilisé en moins de cinq ans. Si on se base cette fois sur l’étude sur le pilotage connecté récemment réalisée par la CSTB à l’initiative de l’IGNES, justement, en choisissant une solution de chauffage connectée, selon la maison et son niveau d’isolation, l’économie pourrait grimper jusqu’à 30 %.

Face à l’explosion des cyberattaques, la France change de stratégie

29 janvier 2026 à 09:13


Faire monter le niveau général de la population sur la cybersécurité, lancer un label pour les PME, créer un observatoire des cyberattaques... Le gouvernement présente ce jeudi 29 janvier sa nouvelle stratégie pour contrer les attaques informatiques et les tentatives d'ingérence qui touchent autant les particuliers que les structures privées et publiques.

C’est officiel : les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine

Faut-il crier victoire ou au contraire s’inquiéter de la disparition de l’anonymat sur le Web ? Sur le sujet, deux camps s’opposent fermement… sauf à l’Assemblée nationale, qui a adopté ce lundi 26 janvier à 130 voix contre 21 la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, ainsi que l’usage des smartphones dans l’enceinte des lycées. Une adoption éclair, qui fait suite à l’instauration, début décembre 2025, d’une loi similaire en Australie – dont les effets peinent encore à convaincre.

Ce qui va changer le 1er septembre 2026

À moins que le Sénat rejette la proposition de loi en février prochain (ce qui est plus qu’improbable), elle entrera bel et bien en vigueur à compter du 1er septembre 2026. À compter de cette date, « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne [sera] interdit aux mineurs de 15 ans », stipule le projet de loi porté par la députée Renaissance Laure Miller.

Ce texte, largement soutenu par l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise, vise à considérer l’impact dangereux que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les plus jeunes. Instagram, TikTok, Snapchat et d’autres sont des plateformes désormais omniprésentes dans la vie des adolescents. Elles mobilisent des techniques de rétention de l’attention nuisant gravement à leur concentration, et encouragent des comportements parfois dangereux (notamment en matière d’alimentation).

« Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, a déclaré, avant le vote, Laure Miller. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »

La mise en place de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux se fera en deux temps. Au 1er septembre 2026, toute nouvelle inscription sur un réseau social entraînera une vérification de l’âge de l’internaute. Puis, au 1er janvier 2027, il sera exigé de toutes les plateformes en ligne de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et utilisatrices, comme cela est notamment le cas au Royaume-Uni depuis l’été dernier.

En sus de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, le projet de loi prévoit également d’étendre l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées, comme c’est déjà le cas dans les collèges. Plusieurs établissements français testent déjà le dispositif depuis la rentrée dernière.

Une loi critiquée, qui fait craindre un délitement de la neutralité du Web

S’il est indéniable que les réseaux sociaux peuvent être nocifs, par leur nature, pour les plus jeunes, l’interdiction est vivement critiquée par toute une frange d’expert·es. Libération donnait hier la parole à un panel de scientifiques dans un article qui dépeint une communauté divisée sur le sujet.

Pour certain·es, interdire, c’est mépriser l’intelligence de la population adolescente. D’autres fustigent encore la facilité de la prohibition face à l’accompagnement et l’éducation. « On ne protégera pas les jeunes publics en les éloignant du numérique », regrette Anne Cordier, enseignante-chercheuse et professeure des universités en sciences de l’information et de la communication au Centre de recherche sur les médiations (Crem) à l’Université de Lorraine.

En Australie, où une loi similaire est entrée en vigueur début décembre, on semble redécouvrir que le meilleur moyen d’encourager un enfant à faire quelque chose, c’est de lui interdire. Là-bas, les ados se maquillent pour paraître plus âgés et passer entre les mailles d’un filet de détection d’âge perfectible, ou demandent à des adultes de scanner leur visage à leur place. Pire : des plateformes de messagerie plus obscures émergent, exposant de fait des adolescent·es en mal de lien social aux mêmes menaces que ces lois disent vouloir éradiquer.

Reste enfin le sujet délicat de la vérification d’âge. Cette proposition de loi vise à interdire les réseaux sociaux aux adolescents. Or, pour s’assurer qu’elles ont bien affaire à des adultes, les plateformes vont naturellement devoir mener de vastes campagnes de vérification de l’identité de leurs inscrit·es et, pour ce faire, recourir aux services d’entreprises tierces. Autant de données sensibles, très personnelles, qui échapperont au contrôle des internautes et qui risquent d’être piratées si elles ne sont pas traitées correctement. Et, si l’on se réfère à l’histoire récente, il y a toutes les raisons de craindre que nos données ne seront pas en sécurité.

C’est officiel : les réseaux sociaux seront interdits aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine

27 janvier 2026 à 14:30

Faut-il crier victoire ou au contraire s’inquiéter de la disparition de l’anonymat sur le Web ? Sur le sujet, deux camps s’opposent fermement… sauf à l’Assemblée nationale, qui a adopté ce lundi 26 janvier à 130 voix contre 21 la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, ainsi que l’usage des smartphones dans l’enceinte des lycées. Une adoption éclair, qui fait suite à l’instauration, début décembre 2025, d’une loi similaire en Australie – dont les effets peinent encore à convaincre.

Ce qui va changer le 1er septembre 2026

À moins que le Sénat rejette la proposition de loi en février prochain (ce qui est plus qu’improbable), elle entrera bel et bien en vigueur à compter du 1er septembre 2026. À compter de cette date, « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne [sera] interdit aux mineurs de 15 ans », stipule le projet de loi porté par la députée Renaissance Laure Miller.

Ce texte, largement soutenu par l’ensemble des formations politiques, à l’exception de La France insoumise, vise à considérer l’impact dangereux que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les plus jeunes. Instagram, TikTok, Snapchat et d’autres sont des plateformes désormais omniprésentes dans la vie des adolescents. Elles mobilisent des techniques de rétention de l’attention nuisant gravement à leur concentration, et encouragent des comportements parfois dangereux (notamment en matière d’alimentation).

« Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, a déclaré, avant le vote, Laure Miller. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »

La mise en place de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux se fera en deux temps. Au 1er septembre 2026, toute nouvelle inscription sur un réseau social entraînera une vérification de l’âge de l’internaute. Puis, au 1er janvier 2027, il sera exigé de toutes les plateformes en ligne de vérifier l’âge de leurs utilisateurs et utilisatrices, comme cela est notamment le cas au Royaume-Uni depuis l’été dernier.

En sus de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, le projet de loi prévoit également d’étendre l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les lycées, comme c’est déjà le cas dans les collèges. Plusieurs établissements français testent déjà le dispositif depuis la rentrée dernière.

Une loi critiquée, qui fait craindre un délitement de la neutralité du Web

S’il est indéniable que les réseaux sociaux peuvent être nocifs, par leur nature, pour les plus jeunes, l’interdiction est vivement critiquée par toute une frange d’expert·es. Libération donnait hier la parole à un panel de scientifiques dans un article qui dépeint une communauté divisée sur le sujet.

Pour certain·es, interdire, c’est mépriser l’intelligence de la population adolescente. D’autres fustigent encore la facilité de la prohibition face à l’accompagnement et l’éducation. « On ne protégera pas les jeunes publics en les éloignant du numérique », regrette Anne Cordier, enseignante-chercheuse et professeure des universités en sciences de l’information et de la communication au Centre de recherche sur les médiations (Crem) à l’Université de Lorraine.

En Australie, où une loi similaire est entrée en vigueur début décembre, on semble redécouvrir que le meilleur moyen d’encourager un enfant à faire quelque chose, c’est de lui interdire. Là-bas, les ados se maquillent pour paraître plus âgés et passer entre les mailles d’un filet de détection d’âge perfectible, ou demandent à des adultes de scanner leur visage à leur place. Pire : des plateformes de messagerie plus obscures émergent, exposant de fait des adolescent·es en mal de lien social aux mêmes menaces que ces lois disent vouloir éradiquer.

Reste enfin le sujet délicat de la vérification d’âge. Cette proposition de loi vise à interdire les réseaux sociaux aux adolescents. Or, pour s’assurer qu’elles ont bien affaire à des adultes, les plateformes vont naturellement devoir mener de vastes campagnes de vérification de l’identité de leurs inscrit·es et, pour ce faire, recourir aux services d’entreprises tierces. Autant de données sensibles, très personnelles, qui échapperont au contrôle des internautes et qui risquent d’être piratées si elles ne sont pas traitées correctement. Et, si l’on se réfère à l’histoire récente, il y a toutes les raisons de craindre que nos données ne seront pas en sécurité.

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