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Reçu aujourd’hui — 12 avril 2026

Obsidian - Prenez vos notes sans dépendre de personne

Par :Korben
12 avril 2026 à 07:34

Y'a des outils tellement évidents qu'on oublie d'en parler. Obsidian , j'en ai mentionné l'écosystème plusieurs fois sur le blog, le CLI , le TUI Basalt ... mais j'ai jamais pris le temps de vous le présenter correctement. Alors aujourd'hui, je vais réparer ça.

Obsidiant, c'est donc un éditeur de notes en markdown qui tourne en local sur votre machine. Pas de compte obligatoire, pas de cloud par défaut, vos fichiers sont des .md tout bêtes stockés dans un dossier sur votre disque, genre ~/Documents/MesNotes/ (l'app appelle ça un "vault"). Du coup, vous pouvez les ouvrir avec VS Code, les versionner avec git, ou les copier sur une clé USB en 3 secondes. Vos notes vous appartiennent, quoi...

L'interface d'Obsidian avec un vault ouvert, vue classique à trois panneaux

L'app est dispo sur Windows, macOS, Linux, iOS et Android, et c'est gratuit, y compris pour un usage pro ! Pas de période d'essai, pas de features bridées et si vous voulez la synchro chiffrée de bout en bout entre vos appareils, y'a Obsidian Sync à partir de 4 dollars par mois (soit 48 dollars l'année). Et pour publier vos notes en ligne sous forme de wiki, Publish coûte 8 dollars par mois et par site.

Dans le cadre de mon taf, je suis en train de m'y mettre un peu pour gérer mes notes parce que tout le monde hurle que c'est génial. J'aime bien même si y'a une petite courbe d'apprentissage quand même, faut pas se mentir.

Un exemple de site wiki généré avec Obsidian Publish

Mais le vrai kiff, c'est l'écosystème de plugins. Y'en a des milliers, développés par la communauté, et qui transforment l'éditeur en couteau suisse. Synchro via git ? Y'a un plugin. Kanban ? Pareil. Calendrier, Dataview pour faire des requêtes dans vos notes, Templater pour automatiser la création... la liste est dingue !

D'ailleurs, le graph view intégré qui permet de visualiser les connexions entre toutes vos notes, c'est un bon truc pour capter la façon dont notre cerveau fonctionne (ou pas pour certains ^^). avec les associations thématiques Et y'a aussi Canvas, un espace infini pour poser vos idées façon tableau blanc comme dans les Experts.

Canvas, l'espace infini d'Obsidian pour organiser ses idées facon tableau blanc

Côté navigateur, le Web Clipper est franchement pratique. Vous tombez sur un article, un clic et hop, c'est en markdown dans votre coffre. Pas besoin de copier-coller comme un sauvage !

Obsidian Sync pour partager un vault chiffré de bout en bout entre plusieurs appareils

Au début, un outil proprio qui prône l'ouverture, ça m'a fait tiquer mais en fait, ce qui compte c'est que le format est ouvert, même si le code, lui est fermé. L'équipe (une petite vingtaine de personnes, lancé en 2020 par Shida Li et Erica Xu) est financée à 100% par ses utilisateurs, sans investisseurs, et vos données restent sur votre machine, dans un format ouvert, ce qui fait que vous pouvez partir quand vous voulez avec tous vos fichiers sous le bras.

Après y'a pas non plus de collaboration temps réel comme sur Notion ou Google Docs, et attention, les plugins communautaires c'est du code tiers pas sandboxé par l'app, donc faut faire un minimum gaffe à ce que vous installez. L'app mobile a aussi longtemps traîné la patte côté perfs, surtout sur Android avec des vaults de plus de 500 notes, même si ça s'est bien amélioré depuis.

Je pense que si TriliumNext vous tente mais que vous voulez pas gérer un serveur, ou si Notion vous saoule avec son cloud obligatoire, Obsidian fera bien le job. C'est gratuit pour tout le monde (même pour les entreprise), et il y a même 40% de réduc pour les étudiants et enseignants sur Sync et Publish.

Bref, allez voir ça. Et merci à Fredix qui m'a rappelé que j'avais jamais présenté le truc !

Reçu avant avant-hier

TriliumNext Notes - Vos notes, votre serveur, zéro cloud

Par :Korben
9 avril 2026 à 15:30

Entre Notion qui vous enferme dans son cloud, Obsidian qui facture la synchro dans son cloud 48 dollars par an et Evernote qui est devenu l'ombre de lui-même... trouver un outil de notes qui tourne chez vous sans dépendre de personne, c'est devenu la quête du Graal. Mais heureusement, TriliumNext Notes coche à peu près toutes les cases.

C'est une appli de prise de notes hiérarchique, open source (AGPL-3.0), qui tourne en local ou sur votre serveur. Imaginez une arborescence de dossiers, sauf qu'au lieu de copier un fichier dans 3 endroits différents, vous le clonez. C'est juste un lien ce qui fait que votre doc "Setup Proxmox" existe à la fois dans "Homelab" et dans "Tutos Linux" sans bouffer un octet de plus.

L'interface de TriliumNext Notes avec son arborescence de notes

Côté fonctionnalités, accrochez-vous puisque ça embarque un éditeur WYSIWYG avec support Markdown, des notes de code avec coloration syntaxique, un canvas Excalidraw pour griffonner des schémas, des diagrammes Mermaid, mind maps, et même des cartes géo avec traces GPX ! Y'a aussi un calendrier, un Kanban, des tableaux, un Web Clipper pour capturer des pages web d'un clic, et un moteur de recherche full-text qui fouille dans toutes vos notes. Franchement, pour un truc gratuit, vous en avez pour votre argent (euuh ?).

Le premier réflexe, ce serait de se dire "encore un clone de Notion". Sauf que que nenni les rabats joie ! Car LE truc qui fait vraiment la diff par rapport à un Anytype ou un Notion, c'est la synchronisation maison. Vous posez une instance serveur sur votre NAS, votre Proxmox, ou même un Raspberry Pi (ça tourne dessus sans broncher), et hop, toutes vos machines se synchronisent via votre réseau.

Pour l'installer, vous avez l'embarras du choix. En desktop classique, un brew install --cask trilium-notes sur Mac, un winget install TriliumNext.Notes sur Windows, ou un Flatpak / .deb / .rpm sur Linux et c'est plié.

Mais le vrai kif, c'est de le poser sur un serveur pour synchroniser toutes vos machines. Avec Docker, ça donne :

docker run -d -p 8080:8080 -v ~/trilium-data:/home/node/trilium-data triliumnext/trilium

Le -v c'est important : ça persiste vos notes en dehors du conteneur. Sans ça, un docker rm et tout disparaît. Une fois lancé, vous allez sur http://votre-ip:8080, vous créez votre mot de passe, et c'est parti. Sur le desktop, vous ajoutez l'adresse du serveur dans les réglages de synchro et toutes vos notes se retrouvent partout. Et si vous voulez y accéder depuis l'extérieur, un petit Tailscale par-dessus et c'est réglé.

Sous le capot, une base SQLite, soit un seul fichier document.db dans ~/.local/share/trilium-data/, qu'on peut copier sur une clé USB en 2 secondes. Pas de PostgreSQL à configurer, pas de Redis à maintenir. La doc officielle annonce 100 000 notes sans problème de perf (ils utilisent better-sqlite3, le driver synchrone le plus rapide de Node.js).

Par contre, attention : les pièces jointes en synchro sont limitées à 1 Go par fichier. Au-delà, ça passe pas. Les notes sensibles, elles, peuvent être chiffrées individuellement en AES-128 avec une session protégée par mot de passe.

Et pour les bidouilleurs, y'a aussi une API REST sur le port 37740 et un système de scripting côté serveur. Vous pouvez créer des widgets custom, automatiser des exports, ou même vous bricoler un mini-dashboard de démarrage. Par contre, faut pas avoir peur de mettre les mains dans le JavaScript.

Et si vous comptez migrer depuis Joplin ou Evernote, y'a également un import natif ENEX + Markdown, donc pas besoin de convertisseur tiers.

Voilà et j'en profite pour vous raconter un peu l'histoire de ce logiciel... Pour votre confiture générale ^^. En fait Trilium a été créé en 2017 par un dev solo et quand il a décidé de raccrocher les gants, la communauté a repris le flambeau sous le nom TriliumNext en publiant des releases régulières mais aussi une traduction dans une dizaine de langues dont le français, et du support OpenID + TOTP pour sécuriser les accès. C'est beau le pouvoir de la communauté !!

Côté mobile par contre, pas d'app officielle. C'est dommage mais TriliumDroid fait bien le job sur Android (dispo sur IzzyOnDroid) et l'interface web passe aussi en PWA (Progressive Web App, tu connais...). Attention quand même, la synchro entre TriliumDroid et le serveur impose que les deux soient sur la même version. Si vous mettez à jour l'un sans l'autre, ça coince comme mon dos en ce moment.

Non, vraiment le seul vrai bémol, comme souvent avec les logiciels libres, c'est que l'interface a un petit côté 2015. C'est pas Notion niveau polish, je ne vais pas vous mentir. Donc si vous êtes du genre à juger un outil à sa typo et ses animations, passez votre chemin. Mais pour un truc gratuit qui gère aussi bien les notes que les mind maps, les Kanban et le scripting... ça se pardonne vite. D'ailleurs si vous aimez les applis de notes self-hosted, je vous avais aussi parlé de Blinko à l'époque qui rajoute de l'IA par-dessus vos notes. Pensez-y !

Bref, allez voir ça, c'est le genre de projet qui mérite le détour.

Et big merci à Rudy pour le lien !

YOR - Le robot open source à 10 000 dollars à monter soi-même

Par :Korben
5 avril 2026 à 05:28

Quand je vois tout le taf que j'ai à la maison, je vous avoue que je rêve d'un robot qui vide le lave-vaisselle, arrose les plantes et ramasse le linge pendant que moi je glandouille sur le canapé (ou que je bosse parce que je glandouille jamais en fait...Argh...). Hé bien bonne nouvelle, une équipe de chercheurs de NYU vient de publier les plans complets pour en construire un et tout ça en open source pour environ 9 200 dollars !

YOR, pour " Your Own Robot ", c'est un robot mobile avec deux bras articulés, une base sur roues qui se déplace dans tous les sens, et un lift télescopique qui est tout simplement... un vérin de bureau debout. Du coup le robot peut descendre à 60 cm du sol pour ramasser vos chaussettes et monter à 1,24 m pour atteindre un placard en hauteur. Et le vérin se verrouille tout seul en cas de coupure de courant (comme ça, pas de bras qui s'écrasent au sol...).

Le coût total des composants revient comme je vous le disais à environ 9 200 dollars. Les deux bras représentent à eux seuls plus de la moitié du budget (5 000 dollars), la base roulante un bon quart (2 700 dollars). Le reste, c'est de l'électronique grand public et des profilés alu et le cerveau, c'est un Raspberry Pi 5 avec 16 Go de RAM. Quand on sait qu'un Mobile ALOHA (le robot de Stanford) revient à environ 32 000 dollars et que les plateformes commerciales dépassent les 100 000... y'a pas photo !

YOR et ses deux bras articulés sur base omnidirectionnelle

Un truc original dans ce robot, ce sont les pinces. L'équipe a d'ailleurs conçu des grippers custom capables de manipuler des objets délicats ou de serrer fort ce qui est bien utile et y'a aussi une caméra stéréo sur la tête pour que le robot cartographie son environnement et se repère tout seul dans une pièce.

Pour le piloter, pas besoin de matériel exotique puisque des manettes Meta Quest 3 suffisent. Vous restez debout derrière le robot et vous contrôlez tout, les bras, la base, la hauteur. Et le truc cool, c'est que quand vous déplacez la base, les pinces restent stables sur l'objet qu'elles tiennent. Cela lui permet par exemple d'attraper une assiette et de se déplacer vers le lave-vaisselle sans tout faire valdinguer.

YOR en action : lave-vaisselle, arrosage et ramassage

Côté recherche, l'équipe est même allée encore plus loin. En pilotant le robot à la main une centaine de fois (avec des iPhones fixés sur les pinces comme caméras supplémentaires), ils ont entraîné une IA capable de reproduire les gestes toute seule. Résultat, 9 réussites sur 10 dans un test de tri des déchets en autonomie (la poubelle JAUNE !!!!), du genre donc attraper un carton avec les deux bras, le soulever, contourner un obstacle, le déposer dans la poubelle de tri... et tout ça sans intervention humaine. Et bien sûr, si vous voulez tester vos propres algos avant de risquer du vrai matos, y'a un simulateur pour ça.

L'empreinte au sol de cette bestiole fait 43 × 34,5 cm. En gros, la taille d'un carton à pizza. Le projet est porté par une équipe de NYU et UC Berkeley et parmi les auteurs, on retrouve Soumith Chintala (NYU), le co-créateur de PyTorch. Toute la doc de construction est dispo sur build.yourownrobot.ai , avec la liste complète des composants en Google Sheets, les modèles CAD et le code Python sous licence MIT sur GitHub .

YOR face à la concurrence : petit, pas cher, open source

J'ai rarement vu un projet aussi bien documenté pour ce niveau de complexité mais attention quand même, ça reste un projet de recherche, et pas un kit Lego. Faut savoir souder, câbler des batteries, et être à l'aise avec Python et Git. C'est donc un sacré projet de plusieurs week-ends (comptez plutôt des mois si vous débutez). Mais c'est aussi ça qui est cool, puisque vous construisez VOTRE robot, et pas celui d'un constructeur chinois que vous avez payé une couille en dropshipping.

Si les robots open source vous branchent, le ToddlerBot à 4 300 dollars propose également une approche bipède imprimable en 3D, et si vous voulez voir ce que la coordination bimanuelle donne à l'échelle industrielle ... y'a du choix.

Bref, 9 200 dollars, licence MIT, la liste complète des composants, ça fait grave envie !! En tout cas, c'est le genre de projet à suivre de prêt...

Pour la partie impression 3D du châssis, si vous n'avez pas encore d'imprimante, une Creality Ender-3 V3 fera l'affaire pour les pièces structurelles, et un Raspberry Pi 5 est au cœur du projet. (liens affiliés)

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EmDash - Cloudflare refait WordPress from scratch

Par :Korben
2 avril 2026 à 00:10

Cloudflare qui sort un successeur open source à WordPress le 1er avril, je vous avoue que ça sentait le poisson d'avril à plein nez. Sauf que non !! EmDash est bien réel, son code est sur GitHub sous licence MIT, et ça s'installe en une commande toute simple !

L'idée de base pour Cloudflare, c'est de dire que WordPress a plus de 20 ans et bien qu'il alimente 40% du web, son architecture de plugins est un emmental (Le gruyère n'a pas de trou les amis ^^). En effet, 96% des failles de sécurité viennent des extensions et pas du noyau PHP ni des thèmes et en 2025, on a quand même explosé le record de failles dans l'écosystème WP.

Du coup Cloudflare, grand prince (Matthew ^^ Ok, je sors...) a tout repris de zéro en TypeScript et avec l'aide de nombreux agents IA. Et de ce que j'ai compris, le gros morceau de ce projet, visiblement, c'est l'isolation des plugins.

Car sur WordPress, une extension a accès à toute la base de données et au système de fichiers (d'où l'importance de bien les choisir ). Alors que sur EmDash, chaque plugin tourne dans son propre isolat avec un modèle de capacités déclaratives. En gros, le plugin annonce dans un fichier manifeste JSON ce dont il a besoin, genre read:content ou email:send, et il ne peut rien faire d'autre. S'il veut accéder au réseau, il doit même préciser le hostname exact. Comme ça fini les extensions qui aspirent vos données en douce. Par contre, ça veut aussi dire que vos plugins WordPress actuels ne marcheront pas tels quels...

Côté stack, c'est comme je disais du TypeScript de bout en bout avec Astro 6.0 en frontend (pour les thèmes) et Node.js derrière. L'auth passe également par des passkeys par défaut (enfin, plus de mots de passe !) et y'a même un système de paiement natif via le standard ouvert x402 pour monétiser du contenu.

Et le truc qui va vous rassurer si vous êtes allergique au cloud : c'est auto-hébergeable. En fait, le CMS peut tourner sur Cloudflare Workers, mais aussi sur n'importe quel serveur Node.js avec SQLite. Les abstractions sont portables, avec Kysely pour le SQL et l'API S3 pour le stockage. Du coup vous pouvez brancher PostgreSQL, Turso, AWS S3, ou tout bêtement des fichiers en local. Le bonheur !

Le truc cool pour les bidouilleurs, c'est que chaque instance expose un serveur MCP (Model Context Protocol) et une CLI pour piloter le CMS par script. Y'a aussi des Agent Skills pour que les agents IA puissent créer du contenu, gérer les médias et modifier le schéma sans toucher au dashboard. C'est clairement pensé pour l'ère des agents IA.

Et pour ceux qui veulent migrer depuis leur WordPress, c'est prévu pour vous faciliter la tâche puisqu'il y a le support d'export WXR classique ou via un plugin dédié qui crée un endpoint sécurisé protégé par mot de passe. Que ce soient les médias, les custom post types...etc tout est transférable en quelques minutes. Par contre, attention les shortcodes et les blocs Gutenberg custom ne passeront pas tels quel, faudra faire des ajustements.

Car oui c'est une v0.1.0 preview, donc on peut le dire, une bonne grosse beta qui bave mais je trouve ça super cool car le drama WP Engine vs WordPress a montré que l'écosystème était fragile, et c'est bien de réintroduire un peu de diversité. Par contre, remplacer un CMS qui fait tourner 40% du web, c'est hyper ambitieux et ça se fera pas en un trimestre. Car la vraie force de WordPress, c'est sa communauté, ses milliers de plugins et de thèmes, et ça pour le moment, y'a pas grand chose sur EmDash.

M'enfin, si vous voulez tester c'est npm create emdash@latest et c'est parti mon kiki. Ah et y'a aussi un playground sur emdashcms.com pour vous faire une idée sans rien installer. Pour ma part, je testerai ça dès que j'aurais 5 min, mais pour le moment, je ne me vois pas quitter WordPress car EmDash n'a pas (encore) ce petit truc en plus qui me ferait changer... On verra d'ici quelques temps.

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Euro-Office veut remplacer Microsoft 365, mais OnlyOffice crie au vol

Par :Korben
1 avril 2026 à 08:07

Une coalition d'entreprises européennes vient de lancer Euro-Office, une suite bureautique open source qui ambitionne de concurrencer Microsoft 365. Le problème, c'est que le projet est un fork d'OnlyOffice, et ce dernier accuse Nextcloud et IONOS de violer sa licence.

Un projet présenté au Bundestag

Euro-Office a été dévoilé le 27 mars à Berlin, directement au Bundestag. Derrière le projet, on retrouve huit organisations européennes : IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic.

L'idée est de proposer une suite bureautique capable d'éditer documents, tableurs et présentations, avec une compatibilité Microsoft complète, le tout sous contrôle européen.

Plutôt que de repartir de zéro, la coalition a choisi de forker le code open source d'OnlyOffice, jugé plus moderne et performant dans un navigateur que les alternatives dérivées de LibreOffice. Une préversion est d'ailleurs déjà proposée sur GitHub, et la première version stable est annoncée pour cet été.

OnlyOffice accuse de violation de licence

Et voilà que ça se complique. Deux jours après l'annonce, OnlyOffice a publié un billet de blog accusant Nextcloud et IONOS de violer les conditions de sa licence AGPL v3.

Le reproche est précis : Euro-Office aurait supprimé toutes les références à la marque OnlyOffice, alors que la licence impose de conserver le logo et les attributions dans les travaux dérivés. Ces conditions supplémentaires ont été ajoutées en mai 2021 via la section 7 du fichier LICENSE.txt.

Côté Nextcloud, on se défend en affirmant que les forks font partie de l'ADN de l'open source. L'entreprise dit avoir consulté Bradley M. Kuhn, le créateur de la licence AGPL, qui soutiendrait leur position "à 100 %".

La Free Software Foundation serait aussi de leur côté. Nextcloud avance par ailleurs que la collaboration directe avec OnlyOffice était compliquée, pointant les origines russes de l'équipe fondatrice. OnlyOffice rétorque que sa propriété intellectuelle est détenue en Lettonie (Ascensio System SIA) depuis 2009, que sa holding est à Singapour, et que l'activité russe a été cédée à des investisseurs locaux en 2019.

La souveraineté numérique en toile de fond

Le timing n'est pas anodin. Partout en Europe, des administrations et des entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux outils américains.

Euro-Office arrive avec un argument fort : une suite bureautique développée et hébergée en Europe, sans dépendance vis-à-vis d'acteurs non européens. C'est exactement ce que réclament plusieurs gouvernements depuis des années.

C'est quand même un drôle de démarrage pour un projet censé incarner la souveraineté numérique européenne. On lance une alternative à Microsoft en forkant le code d'une société enregistrée en Lettonie mais aux racines russes, et trois jours plus tard on se retrouve avec une accusation de violation de licence sur les bras.

Le fond du débat juridique est intéressant : est-ce qu'on peut forker un logiciel AGPL et retirer les mentions de la marque originale ?

Source : OnlyOffice.com

Qobuz en bit-perfect sur Linux (enfin !!)

Par :Korben
31 mars 2026 à 09:24

Si vous êtes abonné Qobuz et que vous êtes sous Linux, vous connaissez cette douleur sourde qui vous coupe le souffle la nuit : IL N'Y A PAS DE CLIENT OFFICIEL ! Vous êtes donc condamné comme n'importe quel gueux à utiliser le lecteur web, qui est aussi "audiophile-phile" qu'un casque de chantier.

Mais heureusement, QBZ vient régler ça, et vous allez voir, c'est du sérieux !

Il s'agit d'un client natif et open source (sous licence MIT) écrit en Rust avec Tauri 2.0 côté desktop et SvelteKit pour l'interface, ce qui fait que c'est léger, que ça démarre vite, et surtout ça gère le bit-perfect via 4 backends audio au choix : PipeWire, ALSA, ALSA Direct (accès exclusif au DAC) et PulseAudio.

Le switching de sample rate se fait alors à la volée, de 44.1 à 192 kHz, selon ce que votre DAC supporte. Pour les audiophiles... bah ça change tout par rapport au resampling sauvage du navigateur. Ouf, on est sauvé en fait ^^

Côté fonctionnalités, c'est clairement loin du petit projet bricolé un dimanche soir en vibe coding puisque ce lecteur décode nativement FLAC, MP3, AAC, ALAC, WavPack, Ogg Vorbis et Opus, le tout avec du gapless playback et de la normalisation de loudness EBU R128. Je comprends pas tout parce que je suis pas expert là dedans, mais si vous aimez la Hi-Fi, je sais que ça vous parle.

Y'a aussi une gestion de bibliothèque locale avec scan de dossiers et indexation SQLite, et même un import de playlists depuis Spotify, Apple Music, Tidal ou Deezer. Ainsi, si vous migrez vers Qobuz, ça vous fera gagner des heures plutôt que de tout vous retaper à créer à la main !

Niveau intégrations, c'est aussi super complet : scrobbling Last.fm et ListenBrainz, enrichissement MusicBrainz, pochettes via Discogs, contrôle MPRIS et touches média. Et le casting vers Chromecast, DLNA/UPnP et AirPlay est intégré. Le Chromecast directement depuis un client Linux sans bidouille, c'est pas courant, et ça fait plaizzz !

L'interface est également hyper soignée avec 26 thèmes au choix (Dark, OLED, Nord, Dracula, Tokyo Night...) et 17 panneaux de visualisation dont un spectre, un oscilloscope et un spectrogramme. Y'a même un mode immersif plein écran, le tout dispo en 5 langues dont le français.

Pour l'installation, c'est packagé proprement : Flatpak, AUR, Snap, AppImage, DEB, RPM et même un DMG pour macOS (Apple Silicon, expérimental) et si vous êtes sur Arch, un petit yay -S qbz-bin et c'est réglé.

Par contre, il y a quelques limites à connaître comme le seeking sur des pistes hi-res au-dessus de 96 kHz qui peut prendre 10 à 20 secondes. ALSA Direct bloque aussi les autres applis audio (logique, c'est l'accès exclusif). Et le bit-perfect via PipeWire est limité quand on lance le tout en sandbox Flatpak. En fait, le problème c'est que la sandbox bloque l'accès direct au matériel donc si vous voulez le max de qualité, optez pour le paquet natif.

Si Qobuz est votre service de streaming et que Linux est votre OS préféré d'amour, les alternatives payantes comme Audirvana ou Roon ne sont clairement pas données. C'est pour cela que je vous parle de QBZ qui fait le boulot gratuitement comme un chef et dont le développeur (vicrodh) est super actif (il recherche des contributeurs si vous voulez l'aider).

Et un grand merci à Pierre pour le tuyau !

OpenCiv3 - Civilization III renaît en open source

Par :Korben
31 mars 2026 à 08:15

Vous vous souvenez de Civilization III ? Hé bien des fans ont décidé de le recréer de zéro en open source avec OpenCiv3 , et franchement ça a de la gueule, vous allez voir !

En fait, leur idée c'était pas juste de cloner le jeu de Sid Meier tel quel, mais plutôt de le réimaginer en corrigeant tous les trucs qui étaient cassés à l'époque, mais aussi en virant les limites arbitraires du moteur original et en poussant le modding aussi loin que possible. En gros, ils nous ont pondu un Civ3 comme il aurait dû être si les développeurs avaient eu le temps de tout finir.

Côté technique, c'est du Godot avec du C#, ça tourne sur Windows, Linux et Mac et c'est sous licence MIT. Du coup vous pouvez forker le truc et en faire votre propre version si ça vous chante.

Après, voilà, on est encore en pré-alpha. La version 0.3 "Dutch" est sortie en décembre dernier, et permet de lancer une partie, explorer la carte, créer des villes et taper sur vos voisins. Mais la fin du jeu n'est pas encore là. Et le truc sympa, c'est que contrairement à d'habitude, le jeu fonctionne en mode standalone avec des graphismes de remplacement, donc pas forcément besoin d'avoir Civ3 installé. Après si vous avez l'édition Conquests ou Complete qui traîne quelque part sur votre disque dur, OpenCiv3 est capable d'importer les graphismes originaux pour un rendu fidèle !

Mais comme vous l'avez compris, le vrai kiff du projet, c'est le modding. Le Civ3 original vous laissait modifier trois bricoles via des fichiers texte, et c'était pas ouf... Mais OpenCiv3, lui, veut ouvrir toutes les portes en changeant les règles de combat, en ajoutant des mécaniques de jeu, en créant des scénarios complets, voire en inventant de toutes pièces de nouvelles civilisations... bref tout est prévu pour être modifiable. Ça rappelle un peu ce qu' UnCiv fait avec Civ V sur Android , sauf que c'est sur PC.

Voilà, c'est encore super jeune mais si vous avez la nostalgie des soirées "encore un tour", ça vaut le coup de garder un œil dessus !

À découvrir ici : OpenCiv3

Cooklang - Le Git de vos recettes de cuisine

Par :Korben
30 mars 2026 à 09:31

Si vous en avez marre de perdre vos recettes de cuisine dans des apps comme Whisk ou Paprika qui ferment tous les 6 mois, ou de devoir scroller 14 pages de storytelling avant d'arriver aux ingrédients... y'a un truc qui devrait vous plaire. Ça s'appelle Cooklang , et c'est un langage de markup pour écrire vos recettes en texte brut et les garder à vie !

En gros, vous créez un fichier .cook avec Notepad, Sublime Text ou votre terminal favori, vous écrivez votre recette en français normal et vous ajoutez quelques marqueurs type : @farine{200%g} pour un ingrédient avec sa quantité, #fouet{} pour un ustensile, ~{25%minutes} pour un minuteur.

Du coup, à partir de ce petit fichier texte, l'outil génère alors automatiquement la liste de courses, les minuteurs et un joli rendu lisible. Y'a pas de compte à créer, ni de serveur Notion à monter... C'est juste vos recette chez vous !

Et le truc vraiment sympa, c'est que la syntaxe reste parfaitement lisible même sans l'outil... en fait votre recette de carbonara reste une recette de carbonara, et pas un fichier XML avec 47 balises imbriquées. D'ailleurs si vous versionnez vos fichiers avec un Git, vous pouvez tracer l'évolution de vos recettes au fil du temps, pour voir par exemple quand vous avez décidé de mettre plus d'ail dans la marinade et pourquoi votre tarte aux pommes de 2024 était meilleure que celle de 2023.

La syntaxe Cooklang : lisible par un humain, exploitable par la machine

Côté écosystème, c'est très complet pour un projet open source et complètement gratuit ! Y'a un CLI écrit en Rust qui fait serveur web intégré ( la démo est ici ), des apps iOS et Android avec synchronisation, des plugins pour VS Code, Vim et Emacs (pour les puristes), un plugin Obsidian pour afficher vos recettes directement dans votre vault, et même un mode Raspberry Pi Zero pour héberger votre précieux livre de recettes familial sur le réseau WiFi local.

Comme ça, un petit cookcli server et tout le monde à la maison peut consulter les recettes depuis son téléphone. Par contre, attention, y'a pas de mode collaboratif en temps réel, c'est chacun son fichier... c'est pas Google Docs non plus.

Le système de mise à l'échelle est pas mal non plus. Quand vous triplez les quantités de votre blanquette pour le repas du dimanche, le sel et le poivre restent fixes (parce que non, on ne triple pas la quantité de pincées de sel quand on passe à 6 personnes). Sauf que ça marche pas pour tout : les temps de cuisson, faut quand même les ajuster vous-mêmes et si une recette dépend d'une autre, genre votre sauce hollandaise maison, vous pouvez la référencer directement dans votre préparation avec @./sauces/Hollandaise{150%g}.

D'ailleurs, y'a une astuce que je trouve carrément cool, c'est que si vous trouvez une recette en ligne qui vous plaît, vous pouvez coller cook.md/ devant l'URL et ça la convertit automatiquement au format Cooklang, prête à être intégrée dans votre collection de recette. Comme ça, pas besoin de tout retaper à la main comme un scribe du Moyen Âge !

Le projet existe depuis janvier 2021 et c'est sous licence MIT. Dans un monde (prenez une grosse voix grave) où chaque app de cuisine veut votre email, vos données et 5 euros par mois, la vraie résistance s'organise avec des fichiers texte de cuisine de 2 Ko qu'on peut ouvrir dans n'importe quel éditeur de texte , synchroniser via Syncthing ou balancer sur une clé USB.

Et si tout ce qui vous intéresse c'est uniquement la bouffe, il y a des recettes ici et des recettes là .

Bref, créez un fichier boeufbourguignon.cook, balancez-y votre recette avec les marqueurs et lancez cookcli server pour voir le résultat... il manque plus qu'un git blame pour savoir qui a mis trop d'oignons !

Merci à Fabien pour la découverte !

msgvault - Libérez vos emails de la prison Gmail

Par :Korben
30 mars 2026 à 09:07

Gmail, c'est 20 ans de notre vie numérique enfermée à double tour sur les serveurs de Google. Nos mails, nos factures PDF, nos photos en pièce jointe, les powerpoint de nichons des collègues...etc tout ça coincé dans une interface web qui rame de plus en plus et qui vous colle du Gemini dans la tronche à chaque clic. C'est pour cela que Wes McKinney (oui, le créateur de pandas et Apache Arrow) a décidé de régler le problème à sa façon avec msgvault , un outil codé en Go qui aspire l'intégralité de votre boîte Gmail en local.

C'est un binaire unique qui se connecte via OAuth à votre compte Gmail, télécharge tous vos messages et pièces jointes, et stocke le tout dans une base SQLite. C'est fait pour ceux qui galèrent à récupérer leurs mails sans passer par le très lent Google Takeout... Par contre, la première sync prend du temps parce que Google rate-limite sévère, mais ensuite les syncs incrémentales se font en quelques secondes. Avec un petit cron, c'est vite réglé.

Ce qui est bien foutu avec ce projet c'est l'architecture puisque SQLite sert de base de référence, mais pour les requêtes, msgvault génère des fichiers Parquet et utilise DuckDB pour fouiller vos millions de mails quasi instantanément. À vrai dire, McKinney a testé avec près de 2 millions d'emails et plus de 150 000 pièces jointes stockées sur son disque, soit 39 Go au total, et ça tourne nickel sur sa machine.

Les pièces jointes sont même dédupliquées par hash de contenu, du coup si vous avez reçu le même PDF 47 fois... hé bien il n'est stocké qu'une seule fois.

Côté interface, y'a le choix. Soit vous passez par une TUI pour naviguer dans vos mails depuis le terminal, ou un CLI pour scripter en bash, voire pourquoi pas un serveur MCP qui permet de brancher l'outil directement sur Claude Desktop ou n'importe quel agent IA compatible.

L'interface TUI pour gérer vos emails

Comme ça, vous lui demandez des trucs genre "retrouve-moi ce contrat envoyé par machin en 2019" et ça sort un résultat en quelques secondes ! Tout ça en local, sans que vos données ne transitent chez qui que ce soit.

D'ailleurs, si vous aviez déjà sauvegardé vos emails Gmail avec les bonnes vieilles méthodes (Thunderbird, getmail, fetchmail...), msgvault va carrément plus loin puisque l'outil gère plusieurs comptes Gmail, et surtout il permet de supprimer vos mails côté Google tout en gardant votre copie locale (vérifiez bien quand même que votre archive locale est complète avant, hein, sinon oups la boulette). Donc msgvault c'est clairement un vrai plan de sortie de Gmail...

Attention quand même, c'est de l'alpha ! Y'a des bugs, et des trucs qui vont forcement changer / casser en fonction des releases. Par exemple projet a débuté en Python et Rust avant de basculer sur du Go pur, histoire de simplifier la distribution (un seul fichier binaire, zéro dépendance) et la roadmap de Wes prévoit l'import de fichiers .mbox, le support d'autres fournisseurs mail, et à terme l'archivage de WhatsApp, iMessages et de vos SMS. Une Web UI compatible Tailscale est aussi dans les cartons pour accéder à vos archives depuis votre téléphone.

Bref, c'est que du bon ! Et comme les mails c'est le nerf de la guerre et beaucoup de souvenirs, autant les garder chez vous !

Le code est sur GitHub .

Orbitiny - Un environnement de bureau Linux 100% indé

Par :Korben
30 mars 2026 à 08:33

GNOME trop rigide, KDE Plasma trop usine à gaz, Xfce trop vintage... J'sais pas si vous êtes d'accord avec ça, mais c'est l'avis de ce développeur solo ultra acharné qui a décidé de tout refaire from scratch. Ça lui a pris 9 ans de boulot à coder du C++ sur le framework Qt, et à créer 48 composants modulaires pour fourer tout ça dans un environnement de bureau Linux, entièrement indépendant qui ne dérive d'aucun projet existant, qu'il a appelé Orbitiny Desktop !

Le truc chouette avec cet environnement de bureau, c'est sa modularité car chaque composant tourne dans son propre processus, ce qui veut dire que si le gestionnaire de fichiers plante, votre panneau et vos icônes de bureau restent en place. On est donc trèèèès loin du crash GNOME Shell qui vous renvoie sur l'écran de connexion en plein milieu d'un truc important !

Et le truc qui va plaire aux bidouilleurs, c'est que le bazar est 100% portable. Vous décompressez l'archive tar.gz de 185 Mo sur une clé USB, vous lancez le script start-orbitiny et hop, vous avez votre bureau perso sur n'importe quelle machine Linux. Tous les réglages sont sauvegardés dans le dossier d'extraction... du coup vous pouvez trimballer votre config partout avec vous. Et si vous préférez une installation classique, y'a aussi un script graphique install-orbitiny à lancer avec sudo.

Côté features, c'est plutôt fourni ! Orbitiny intègre son propre gestionnaire de fichiers (Qutiny), un presse-papier système, un gestionnaire de périphériques USB et un tableau de bord avec barre de recherche.

Le gestionnaire de fichiers gère la recherche par nom et contenu, la vue en double panneau et des trucs assez originaux genre le "File Join" qui permet de fusionner des fichiers texte par simple drag and drop, ou le "Image Join" qui colle des images entre elles verticalement. Y'a aussi un système de gestes de souris configurables sur le bureau (jusqu'à 12 tracés par bouton gauche ou droit), des bureaux indépendants par moniteur ET par bureau virtuel (chaque écran physique a son propre fond d'écran et ses propres raccourcis), et un panneau avec 18 applets qu'on repositionne par simple glisser-déposer, sans passer par un mode édition.

Le petit bonus sympa, c'est le support WINE et DOSBOX intégré. Vous balancez un .exe Windows sur le bureau ou dans le gestionnaire de fichiers et ça lance direct via WINE. Pareil pour les vieux programmes DOS via DOSBOX. Pas besoin de bidouiller des fichiers .desktop custom à la main (bon ok, faut quand même que WINE soit installé sur votre distro). Après ça ne marche pas forcément avec tous les programmes Windows non plus... va savoir pourquoi certains .exe passent et d'autres plantent. Les mystères de la vie !

Ah et j'allais oublier un truc : Orbitiny peut aussi tourner en mode overlay, c'est-à-dire par-dessus un autre environnement de bureau. Vous gardez votre GNOME ou votre KDE en dessous et vous superposez Orbitiny par-dessus pour profiter de ses fonctionnalités sans tout changer. C'est pratique pour tester sans engagement !

Le projet est sous licence GPLv2, disponible sur SourceForge et tourne sur toute distro Linux basée sur X11. Attention par contre, pas de support Wayland pour l'instant, c'est du X11 only, ce qui risque de poser souci à terme vu que Wayland remplace progressivement X11 sur Ubuntu, Fedora et compagnie. Oubliez pas non plus que c'est un projet d'un seul développeur, donc les mises à jour arrivent quand elles arrivent. Après si vous cherchez d'autres moyens de personnaliser votre bureau Linux , y'a de quoi faire.

Bref, 9 ans de boulot solo pour un environnement de bureau qui tient plutôt bien la route, faut quand même saluer l'effort !! Et un grand merci à François pour le partage !

Pangolin - Proxy, VPN et auth enfin réunis

Par :Korben
30 mars 2026 à 08:09

Si vous auto-hébergez vos propres services parce que VOUS AVEZ DU TEMPS GRÂCE A VOTRE BULLSHIT JOB SURPAYÉ, vous connaissez la chanson... il vous faut un reverse proxy type Nginx Proxy Manager pour router le trafic, un tunnel Cloudflare ou WireGuard pour exposer vos services sans ouvrir de ports, et un truc genre Authentik pour l'auth. Donc 3 outils, 3 configs différentes, et surtout 3 trucs qui peuvent vous péter à la gueule à tout moment, surtout quand vous êtes en vacances ou en train de jouer avec vos enfants.

Mais heureusement, j'arrive à la rescousse avec Pangolin , un projet open source qui colle tout ça dans un seul paquet : Proxy inversé, tunnels WireGuard chiffrés, authentification zero-trust, le tout orchestré par Docker. Une commande de grosse feignasse dans le terminal et c'est installé !!

curl -fsSL https://static.pangolin.net/get-installer.sh | bash

Le truc peut tourner sur n'importe quel VPS avec une IP publique (Ubuntu 20.04+ ou Debian 11+, AMD64 ou ARM64). L'installeur pose Docker, Traefik et les conteneurs en 2-3 minutes chrono et ensuite vos services à la maison se connectent via des tunnels WireGuard... sans ouvrir le moindre port sur votre box ! Comme ça, que ce soit votre Jellyfin de cyberpirate, votre Nextcloud ou votre Gitea... tous deviennent accessibles depuis n'importe où, avec les certificats Let's Encrypt automatiques derrière qui vont bien.

Sous le capot, c'est du NAT traversal intelligent. Même derrière un CGNAT Orange ou un firewall restrictif de chez Free, les tunnels WireGuard trouvent, comme la vie dans Jurassic Park, toujours leur chemin via UDP. Pas besoin de DDNS, pas besoin de supplier votre FAI pour une IP fixe. Par contre, si vous avez déjà galéré avec du port forwarding sur une Livebox 5, vous savez à quel point c'est appréciable !

D'ailleurs, côté sécurité c'est carrément différent d'un VPN mesh classique type Tailscale . Au lieu de filer l'accès à tout un réseau (et prier pour que personne ne fasse n'importe quoi), Pangolin fonctionne en zero-trust : Chaque utilisateur n'accède qu'aux ressources que vous avez explicitement définies. SSH, RDP, bases de données, apps web... vous choisissez qui voit quoi et y'a même du MFA, du geo-blocking, voire du blocage par ASN si le cœur vous en dit.

Côté architecture, c'est un petit zoo : Pangolin (le serveur en TypeScript), Gerbil (le tunneling WireGuard), Newt (le connecteur réseau local) et Traefik comme reverse proxy. Oui, y'a un genre de thème "animaux fouisseurs"... à vrai dire c'est assez mignon tant que ça trimballe pas des virus. Et des clients natifs existent pour Mac, Windows, Linux, iOS et Android, pas forcément courant pour un projet de cette taille.

Pour l'auth, ça supporte Azure AD, Google, ou n'importe quel provider OAuth2/OIDC. Du coup, si vous utilisez déjà Pocket ID pour votre SSO passkey, ça s'emboîte bien (qui a dit "comme papa" ??). Pangolin c'est donc le top pour disposer d'un accès public à vos services (là où Tailscale gère le mesh privé).

Attention quand même, y'a 4 ports à ouvrir sur votre VPS : 80 et 443 en TCP (classique), plus 51820 et 21820 en UDP pour les tunnels WireGuard. Oubliez pas le 21820 sinon les clients ne se connecteront pas. La licence est dual : AGPL-3 pour la Community Edition (gratuite), et une licence commerciale pour l'Enterprise (gratuite aussi pour un usage perso et les boîtes sous 100K$ de CA). Si vous ne voulez pas gérer l'infra, y'a aussi une offre cloud managée et un installer one-click sur DigitalOcean.

CrowdSec , que j'adore, est même intégrable en option pour ajouter une couche de sécurité collaborative, et si vous utilisiez Nginx Proxy Manager avant, la migration vaut le coup d'être envisagée.

Bref, si votre stack self-hosted ressemble à un millefeuille de conteneurs, Pangolin mérite clairement un essai poussé. Et un grand merci à Tom Nook pour le partage !

MS-DOS tourne maintenant sur un Apple IIe, et c'est un projet open source

Par :Korben
25 mars 2026 à 10:07

Un développeur a réussi à porter MS-DOS 2.0 sur l'Apple IIe, l'ordinateur personnel d'Apple sorti en 1983. Le projet, baptisé "reboot-camp-83", repose sur une carte d'extension qui embarque un processeur Intel 8088 à 8 MHz.

Le tout communique avec le processeur 6502 de l'Apple II, et le code est en accès libre. Quarante ans de retard, mais le geste est là, et il est plutôt classe.

Un processeur Intel dans un Apple II

Seth Kushniryk vient de publier "reboot-camp-83", un projet open source qui permet de faire tourner des applications MS-DOS 2.0 sur un Apple IIe. Pour que ça fonctionne, il faut une carte d'extension AD8088, fabriquée à l'époque par ALF Products.

Cette carte contient un processeur Intel 8088 qui tourne à 8 MHz et qui se branche sur le bus d'extension de l'Apple II. On se retrouve avec deux processeurs dans la même machine : le 6502 d'Apple et le 8088 d'Intel.

Kushniryk a développé un programme "pont" qui fait communiquer les deux processeurs. Il a aussi déplacé ce programme dans une zone différente de la RAM pour libérer de la place et permettre l'affichage en haute résolution.

Le tout a demandé pas mal de travail de débogage, avec entre autres un problème lié à une contrainte non documentée de ProDOS.

Ce que ça fait tourner, et ce que ça ne fait pas

Le port est compatible avec la quasi-totalité des logiciels MS-DOS 2.0, à une condition : que le programme n'écrive pas directement dans la mémoire vidéo. C'est une limitation qui exclut pas mal de jeux, mais les applications de productivité et les utilitaires fonctionnent.

Pour l'époque, avoir un processeur à 8 MHz dans un Apple IIe, c'était quand même une sacrée puissance de calcul, et pouvoir lancer des applications DOS en parallèle du système Apple aurait été un vrai avantage.

Le projet est entièrement open source et disponible sur le dépôt git de Kushniryk. Les mises à jour et la documentation sont publiées sur son site personnel.

Quarante ans de retard, mais c'est le geste qui compte

L'Apple IIe a été commercialisé en 1983, et MS-DOS 2.0 la même année. À l'époque, les cartes coprocesseur existaient déjà pour faire tourner CP/M-86 sur Apple II, mais le port complet de MS-DOS n'avait jamais été finalisé publiquement.

Kushniryk comble ce vide quarante ans plus tard, avec un projet qui relève plus de la prouesse technique et de la passion du rétro-computing que d'un usage pratique.

C'est le genre de projet qui ne sert à rien... et c'est pour ça qu'on l'aime bien. Faire tourner MS-DOS sur un Apple IIe, c'est un peu comme mettre un moteur de Porsche dans une 2CV : ça ne va pas révolutionner les transports, mais ça force le respect.

Le fait que le projet soit open source et bien documenté en fait aussi une ressource intéressante pour ceux qui s'intéressent au fonctionnement des processeurs de cette époque. Franchement, si en 1983 quelqu'un avait pu lancer Lotus 1-2-3 sur son Apple IIe, on en parlerait encore.

Source : Hackaday

Transformez le monde réel en map Minecraft avec Arnis

Par :Korben
19 mars 2026 à 12:42

Amis crafteurs, préparez-vous à voir votre monde d'une toute nouvelle façon car il est désormais possible de recréer votre ville, votre quartier ou même la Cathédrale de Clermont-Ferrand dans Minecraft (Java ET Bedrock) avec une précision chirurgicale. C'est ce que permet de faire Arnis , un projet open source vraiment très cool.

Développé en Rust, Arnis fait le pont entre notre bonne vieille Terre et l'univers cubique de Minecraft en exploitant tout simplement la puissance d'OpenStreetMap. Pour rappel, c'est une formidable base de données cartographique collaborative qui recense routes, bâtiments et points d'intérêt du monde entier.

Le principe est donc simple mais efficace : vous sélectionnez une zone géographique avec l'outil de sélection intégré, vous choisissez votre monde Minecraft (de préférence un monde plat), et Arnis se chargera automatiquement de :

  1. Récupérer les données géographiques via l'API Overpass
  2. Convertir ces informations en coordonnées Minecraft
  3. Traiter les éléments par ordre de priorité pour éviter les conflits
  4. Générer une couche de sol adaptée avec les données d'élévation
  5. Construire les structures bloc par bloc
  6. Sauvegarder le tout dans votre monde

La beauté d'Arnis réside dans sa capacité à retranscrire les moindres détails. Les bâtiments conservent leurs proportions, les routes suivent leur tracé réel, et même les zones vertes sont fidèlement reproduites. Le système gère intelligemment les bâtiments avec leur hauteur relative, les routes et autoroutes, les espaces verts et plans d'eau, les points d'intérêt particuliers et tout ce qui est fontaines et structures spéciales.

Niveau personnalisation, Arnis propose également :

  • Un mode Hiver pour transformer votre zone en paysage enneigé
  • Un facteur d'échelle pour ajuster la taille de votre génération
  • Un réglage de la hauteur du sol pour définir l'altitude de base
  • Un Timeout Floodfill pour contrôler le temps de génération des zones d'eau
  • Et une BBOX personnalisée permettant d'entrer manuellement les coordonnées de la zone désirée

D'ailleurs, la version 2.5 sortie en février 2026 (baptisée "Metropolis Update") a apporté pas mal de nouveautés bien senties. Déjà, Arnis supporte maintenant Minecraft Bedrock en plus de Java, du coup ça marche aussi sur console et mobile. Ensuite, le générateur intègre les données d'élévation pour un terrain réaliste avec de vraies collines et vallées... plus besoin de se contenter d'un monde plat. Et le truc franchement cool, c'est la génération d'intérieurs de bâtiments avec du mobilier. Pour les grosses zones ou si vous êtes sur mobile, y'a aussi MapSmith, une alternative qui tourne directement dans le navigateur.

Pour tirer le meilleur parti d'Arnis, vous devrez utiliser Minecraft 1.17 minimum (Java) ou la dernière version Bedrock, initialiser un monde tout plat pour éviter les conflits de terrain, et une fois la génération terminée, vous n'aurez plus qu'à vous téléporter aux coordonnées 0 0 0 (/tp 0 0 0). Pensez à explorer vers les X et Z positifs si vous ne voyez rien immédiatement et si vous êtes sur Windows, installez l'Evergreen Bootstrapper de Microsoft si nécessaire.

La communauté bosse activement sur le projet. Et si vous voulez pas installer Rust et compiler, y'a des binaires prêts à l'emploi sur la page des releases . Hop, on télécharge, on lance, et on se balade dans son quartier version cubique !

Article publié initialement le 11 février 2025 et mis à jour le 19 mars 2026.

Voicebox - Clonez des voix en local sans passer par le cloud

Par :Korben
20 mars 2026 à 11:22

Si vous cherchez un moyen de faire du clonage vocal en local sans filer vos fichiers audio à un service cloud, Voicebox devrait vous plaire. C'est un studio de synthèse vocale open source et gratuit qui tourne entièrement sur votre machine, et qui n'a rien à envier à ElevenLabs.

Concrètement, vous téléchargez l'app (dispo macOS, Windows et Docker), vous importez un extrait audio d'à peine 3 secondes minimum et hop, la voix est clonée. Pas besoin de compte, pas de limite d'utilisation, pas de "crédits" qui fondent comme neige au soleil !

Voicebox embarque 5 moteurs TTS différents plutôt que de tout miser sur un seul. Par exemple, Qwen3-TTS gère 10 langues avec des instructions en langage naturel du genre "parle lentement" ou "chuchote". Chatterbox Multilingual couvre 23 langues, de l'arabe au swahili en passant par le finnois.

LuxTTS lui est ultra-léger... genre 1 Go de VRAM et 150x plus rapide que le temps réel même sur CPU (anglais uniquement par contre) ! Et avec Chatterbox Turbo, vous pouvez injecter des tags comme [laugh], [sigh] ou [gasp] directement dans le texte pour que la voix rigole ou soupire à la demande (anglais aussi). Franchement, c'est pas mal du tout.

Tenez voici ce que ça donne avec ma voix (J'ai utilisé Qwen3)

Et pour ceux qui aiment bidouiller, y'a une API REST complète sur localhost:17493. Du coup, on peut intégrer la synthèse vocale dans ses propres scripts, automatiser la génération de podcasts ou monter un pipeline perso avec ffmpeg. Parce que bon, avoir un moteur vocal sans pouvoir l'utiliser dans ses projets, ça n'a pas d'intérêt.

Côté post-production, 8 effets audio sont dispos (pitch shift, reverb, delay, chorus, compression...) propulsés par pedalboard, la lib audio de Spotify. On peut aussi sauvegarder des presets et les appliquer par profil vocal. Y'a même un éditeur multi-pistes pour composer des conversations ou des narrations avec plusieurs voix sur une timeline.

Attention par contre, le projet est assez récent (c'est sorti en janvier) et côté Linux, y'a pas encore de binaires pré-compilés, faudra donc compiler from source mais je sais que vous adorez ça, les barbus ^^. Et le problème avec 5 moteurs différents, c'est que chacun a ses propres dépendances, donc ça prend pas mal en espace disque.

Sous le capot, c'est codé en Rust, ça utilise Tauri (pas Electron) car personne ne veut un genre de Chromium de 500 Mo pour lancer un simple outil audio. Sur Mac Apple Silicon, l'inférence passe par MLX et le Neural Engine et sur Windows et Linux, c'est CUDA, ROCm pour AMD, DirectML et même Intel Arc. D'ailleurs si vous voulez exploiter l'IA locale sur Mac pour d'autres usages, les Foundation Models d'Apple s'y prêtent aussi.

Si vous avez déjà joué avec MLX-Audio pour faire de la synthèse vocale en ligne de commande, Voicebox c'est finalement la version "app complète" avec interface graphique, gestion de profils vocaux et file d'attente de génération. C'est un peu le Ollama de la voix.

Voilà, si le clonage vocal en local vous branche, c'est sous licence MIT, c'est gratuit et ça tourne nickel ! Ah et si vous êtes un escroc qui cherche à cloner des voix pour arnaquer des gens, sachez que je viens de vous jeter un mauvais sort à travers la lecture de cet article. Attendez-vous à avoir des cheveux qui vous poussent sur la langue et des verrues dans les yeux, d'ici quelques semaines.

Merci à Lorenper pour la découverte.

Framasoft dit tout haut ce qu'on est nombreux à penser tout bas

Par :Korben
19 mars 2026 à 11:19

Framasoft a publié aujourd'hui 2 articles sur le numérique public. Le premier, c'est un dossier ultra costaud (impressionnant !) qui tenez-vous bien, défend la Suite numérique de l'État (Tchap, visio LiveKit, France Transfert, Grist, assistant Mistral...) face à ses détracteurs.

Et le second, c'est une tribune parue dans l'Humanité, qui explique pourquoi le fantasme de l'"Airbus du numérique" est une impasse.

Sur la Suite numérique, Framasoft remet en fait les pendules à l'heure. OUI, le développement a coûté 9,3 millions d'euros, mais comparé au système de paie Louvois qui a coûté 500 millions ou à l' ONP qui a coûté un peu moins de 350 millions, on est clairement sur une autre échelle ! Ainsi, dans son article, Framasoft calcule que le coût annuel revient à 75€ par agent public. Franchement c'est pas "cher" quand on sait que c'est plutôt 300 à 590€ pour une licence Microsoft 365 ou un Google Workspace. Donc en fait, cette suite numérique, c'est pas forcément délirant comme investissement.

Ah et sur le fameux "Airbus du numérique", leur tribune est, elle aussi, limpide puisqu'elle nous explique que créer un champion européen du cloud, ça reviendrait à reproduire les mêmes erreurs que les GAFAM mais avec de l'argent public.

Le problème de cette approche en fait, c'est qu'on reste prisonnier du même modèle de centralisation des données, donc pour Framasoft, la seule vraie alternative, ce sont les communs numériques à savoir tout ce qui est logiciels libres, serveurs décentralisés, gouvernance collective...etc.

Après ça ne veut pas dire que c'est facile à mettre en place, mais au moins c'est pas du greenwashing à la con ou appelez ça comme vous voulez.

Voilà, si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que c'est un sujet qui me tient à cœur. J'en parle ici depuis des années, que ce soit quand Framasoft a lancé Dégooglisons Internet ou plus récemment avec le guide pour larguer Google . Et je suis assez attristé de voir que finalement, ce débat n'a pas bougé d'un pouce dans le cerveau de certaines personnes alors que de mon point de vue et de celui de Framasoft, c'est plutôt une bonne chose que l’État s'y mette enfin !

Bref, allez lire leurs deux articles, vous allez apprendre plein de trucs : Le dossier complet et la tribune !

Comma 4 + openpilot 0.11 - La conduite assistée open source passe un cap

Par :Korben
19 mars 2026 à 10:24

Vous vous souvenez quand je vous parlais de Geohot et de sa voiture autonome en 2015 ? Le mec bidouillait une Acura avec des caméras à 13 balles et rêvait de vendre son kit à 1000 balles. Hé bien 10 ans plus tard, c'est fait ! Et si je vous reparle de ça aujourd'hui, c'est parce que sa société comma.ai sort la v0.11 d' openpilot ainsi qu'un nouveau boîtier qui tient dans la main, le Comma 4 !

Alors qu'est-ce qui change avec cette version 0.11 ?

En gros, c'est le premier système de conduite assistée dont le modèle est entièrement entraîné dans une simulation générée par un réseau neuronal.

Comma est donc sorti du simulateur classique avec des règles codées à la main pour passer officiellement sur World Model de 2 milliards de paramètres qui a avalé 2,5 millions de minutes de vidéo de conduite réelle filmées par les dashcams de leurs anciens boîtiers Comma 3 et 3X pour apprendre à simuler tout ce qu'il se passe sur la route.

Et c'est dans cette simulation apprise que le petit réseau neuronal qui pilote votre voiture s'entraîne. Concrètement, openpilot gère le maintien de voie et l'accélération/freinage sur l'autoroute, un peu comme un super régulateur adaptatif. Résultat avec cette v0.11 (qui succède à la v0.10 sortie il y a quelques mois ), ça converge mieux en vitesse, ça réagit mieux autour des voitures garées, et les utilisateurs qui l'ont testé préfèrent carrément ce mode Experimental au régulateur classique de leur voiture.

George Hotz, alias Geohot (le génie qui avait hacké l'iPhone à 17 ans puis la PS3), continue de faire les choses à sa manière et c'est pour ça que je l'adore ! Pas de levée de fonds à 10 milliards, pas de partenariat avec un constructeur auto. Non, juste sa dream team à San Diego qui conçoit, fabrique et assemble tout sur place et dernièrement, ils ont même ouvert leur propre datacenter avec 600 GPU et 4 pétaoctets de stockage... le tout pour environ 5 millions de dollars alors que la même infra en cloud leur aurait coûté 5 fois plus cher.

Donc bravo George pour les économies ^^ !

Côté hardware, le Comma 4 est une petite merveille d'ingénierie. Il est cinq fois plus petit que le Comma 3X, avec la même puissance de calcul (Snapdragon 845 MAX), un écran OLED, triple caméra 360 degrés et un système de refroidissement custom qui ne bride jamais le processeur... le tout sans faire un bruit.

Vous le collez sur votre pare-brise, hop, 5 minutes d'install, pas de temps de séchage (le 3X demandait 48 heures de séchage !), pas besoin de Wi-Fi au démarrage et c'est parti mon kiki. Et c'est compatible avec plus de 300 véhicules , dont Toyota, Hyundai, Honda, Ford et même des Lexus ou des Kia. Cela coûte 999 dollars, ou 699 si vous renvoyez votre ancien appareil, peu importe son état.

Et pour ceux qui se demandent comment ça se compare aux gros... Hé bien pendant que Mercedes met en pause son Drive Pilot de niveau 3 parce que ça coûte trop cher à développer, et que Tesla promet le niveau 5 depuis une décennie sans jamais le livrer, comma.ai sort un truc open source qui marche sur beaucoup de bagnoles lambda (pas les françaises, désolé ^^).

Donc pas besoin de claquer 35 000 à 45 000 euros dans une Tesla pour avoir de l'assistance à la conduite potable. Vous gardez votre Toyota ou votre Honda, vous branchez le Comma 4 sur le bus CAN (le réseau interne de votre voiture) et vous avez un truc qui envoie du bois ! Attention par contre, c'est du niveau 2 : donc vous devez garder les mains sur le volant et les yeux sur la route !! Car le problème c'est qu'en France, la légalité de ce genre de boîtier reste floue, donc renseignez-vous bien avant de foncer. Et sauf si votre bagnole est dans la liste de compatibilité, ça ne marchera pas forcément et là faudra suer un peu dans le code et le reverse pour le portage !

La v0.11 apporte aussi un détail technique qui a son importance. La consommation en veille du Comma 4 est passée de 225 milliwatts à 52 milliwatts, soit une réduction de 77%. Cela veut dire qu'avant ça vidait la batterie de votre bagnole en quelques semaines si vous le laissiez branché sans démarrer la voiture. Mais maintenant c'est plutôt en mois donc on peut le laisser tout le temps actif, ça passe. Pour réussir cette prouesse, ils ont désactivé les périphériques inutiles sur le microcontrôleur STM32, réduit le voltage scaling de VOS1 à VOS3, et mis le CPU en mode stop... du bel embarqué bien optimisé comme on aime !

Ce que je trouve dingue, c'est que c'est open source et qu'il n'y a encore eu aucun constructeur en Europe qui n'a eu la présence d'esprit d'intégrer ça dans ses bagnoles alors que les Chinois ne font que ça depuis des mois.

Perso, j'ai pas encore craqué pour le Comma 4. À vrai dire j'attends qu'il y ait une petite promo parce que 999 dollars ça pique un peu, mais clairement c'est sur ma liste. Mais en tout cas, je ne peux que saluer le chemin parcouru depuis ce prototype de 2015 conçu dans un garage. C'est quand même dingue ce que fait cette boîte avec une fraction des moyens de Tesla ou de Waymo.

Bref, si la conduite assistée open source vous branche, c'est le moment de s'y intéresser.

Kenneth Reitz - Quand le libre te bouffe

Par :Korben
18 mars 2026 à 20:53

Kenneth Reitz, si vous ne le connaissez pas, c'est le gars qui se trouve derrière Requests , la librairie HTTP Python la plus téléchargée au monde. Ce projet a généré des milliards de downloads sur PyPI et aujourd'hui, Kenneth a publié un post de blog qui devrait, je pense, être lu par tous ceux qui donnent de leur temps sur Internet.

Le titre qu'il a choisi résume tout, je trouve : "Open Source Gave Me Everything Until I Had Nothing Left to Give." En gros, le libre lui a tout apporté… jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à donner.

Le parcours de Kenneth, c'est celui d'un mec qui a planté ses études (1,14 de moyenne, excusez du peu !), qui ensuite a bossé chez McDo, et qui finalement a trouvé dans le code libre la validation que personne ne lui donnait. Pour lui, chaque étoile GitHub, c'était quelqu'un qui finalement lui disait : "Tu existes et ce que tu fais a de la valeur."

Alors quand Requests a explosé, Kenneth a "fusionné" avec son projet. Le mainteneur et sa lib Python sont en quelque sorte devenus une seule entité.

Et ça c'est pas bon car quand votre identité repose uniquement sur votre projet, chaque critique devient personnelle, chaque bug report vous ronge, et surtout, y'a plus aucune soupape de décompression. C'est ce qu'il appelle dans son post le "design flaw". Et le plus dingue, c'est que cette immense pression qu'il ressentait lui était en grande majorité infligée par lui-même. En fait, personne ne le forçait. Il s'est juste consumé tout seul, pendant que ses collègues et ses amis saluaient sa productivité "impressionnante" !

Kenneth Reitz

L'histoire pourrait s'arrêter là, mais derrière, en coulisse, et sans qu'il le sache, un trouble bipolaire non diagnostiqué le rongeait. Il a subi à différentes reprises des épisodes maniaques, dont un lors d'une conférence en Suède, et un autre qui l'a mis à l'hôpital durant 12 jours. L'intensité de cet homme lui permettait de coder des choses brillantes mais provoquait chez lui des crises psychiatriques de plus en plus nombreuses. Un moteur en surchauffe qui faisait autant de dégâts que de jolies contributions au monde de l'open source.

Vous vous en doutez, j'ai vu un parallèle assez flagrant avec mon activité et ce que je ressens depuis un bon moment. Je n'ai pas ce type de troubles, certes, mais la pression auto-infligée est bien là, et j'avoue que c'est quasi impossible de ne pas succomber à cette fusion avec son "projet"… donc oui, je peux dire que je vois trèèès bien de quoi parle Kenneth.

Et même si, contrairement à lui, j'ai appris à dire non, ce n'est pas facile de ne pas se laisser bouffer par ceux qui pensent que tout leur est dû (parce que oui, y'a malheureusement cette mentalité du"tu donnes, c'est sympa, du coup on va tout te prendre !").

Tout ceci reste une drogue, une vaine recherche de cette foutue validation qu'on n'a jamais réussi à vraiment obtenir plus jeune d'un père ou d'une mère. On doit être des millions comme ça et le gros problème, c'est que toute cette intensité, c'est hyper destructeur et le moindre petit grain de sable peut tout faire dérailler. Et pourtant, même à genoux, on continue quand même… Allez savoir pourquoi.

Et ce que dit aussi Kenneth, et que j'élargirais au-delà de la sphère open source, à tous ceux qui partagent des choses en ligne, que ce soient les blogueurs, les vidéastes, les podcasteurs ou les mainteneurs de code, c'est simple : Séparez votre identité de votre projet. Moi j'y arrive pas encore, ça me semble impossible mais ça a vraiment l'air d'être la seule voie possible. Et surtout, votre sécurité financière ne devrait jamais dépendre de la bienveillance de votre communauté. Parce que la gentillesse et la reconnaissance des gens, c'est cool mais ça ne paie pas le loyer.

À la fin de son texte, Kenneth écrit un truc qui franchement me déchire le cœur.

Il dit : "Je ne sais pas si je le referai."

Ce gars doit tout à l'open source et l'open source lui doit aussi beaucoup, et en arriver à lâcher ça, ça montre quand même la souffrance qu'il éprouve. Force à lui, franchement !

Bref, allez lire ce texte parce que je pense que c'est important ! Et c'est pas juste pour les devs, ou pour tous ceux qui donnent leur vie à Internet en quelque sorte.

Non, c'est aussi pour tous ceux qui consomment tout cela sans y penser.

ClamUI - Enfin un antivirus graphique sous Linux

Par :Korben
18 mars 2026 à 15:47

ClamAV, tout le monde connaît. C'est le moteur antivirus open source qui tourne sur à peu près tous les serveurs mail de la planète. Sauf que côté bureau Linux, à part ClamTk qui commence à dater, les options pour le piloter avec une interface graphique sont plutôt limitées.

Heureusement, ClamUI vient corriger le tir avec une vraie application desktop qui se présente comme une interface GNOME native bien léchée pour scanner vos fichiers, gérer la quarantaine et garder un oeil sur la sécurité de votre bécane. Un petit

flatpak install flathub io.github.linx_systems.ClamUI

...et c'est réglé !

Bon, vous allez me dire "Un antivirus sous Linux, pour quoi faire ? Moi j'ai une vraie barbe, je bois de la chouffe cul-sec et suffit de pas installer n'importe quoi, c'est tout !!! Linux ça se mérite les moldus !" tout en embrassant vos biceps ramollis ^^.

Mais vous oubliez que si vous partagez des fichiers avec des machines Windows, si vous gérez un serveur de mails ou un NAS familial, scanner ce qui transite c'est pas du luxe. Et ClamUI rend la chose carrément accessible, là où avant fallait jongler avec des outils en ligne de commande comme ceux qu'on trouve dans les distributions d'analyse de malwares .

Côté fonctionnalités, c'est d'ailleurs plutôt complet ! L'appli détecte automatiquement les clés USB et disques externes quand vous les branchez, et peut les scanner direct sans que vous leviez le petit doigt (un peu comme CIRCLean sur Raspberry Pi , mais sans le matériel dédié). Y'a aussi l'intégration VirusTotal pour les fichiers véritablement louches (il faut juste une clé API gratuite), du coup vous pouvez croiser les résultats avec une soixantaine de moteurs de détection en un clic.

Une chose bien pensée aussi, c'est l'intégration dans les gestionnaires de fichiers comme Nautilus, Dolphin, Nemo... un clic droit sur n'importe quel répertoire et vous lancez un scan. Ça s'installe également dans le system tray avec des notifications en temps réel, genre "scan terminé, zéro menace détectée" ou "attention, fichier suspect déplacé en quarantaine".

Pour les bidouilleurs, ClamUI propose deux backends au choix, c'est-à-dire soit le daemon clamd, plutôt que clamscan en direct, parce que clamd garde les signatures en mémoire et scanne beaucoup plus vite. Mais si vous voulez pas d'un service qui tourne en permanence, clamscan fait le job. Vous pouvez aussi programmer des scans automatiques via systemd ou cron, donc même un vieux serveur Debian peut tourner en pilote automatique.

Y'a aussi une CLI complète derrière l'interface graphique, idéale pour l'intégrer à vos scripts. clamui scan, clamui quarantine, clamui profile, clamui status... tout sort en JSON si vous voulez scripter le truc. Les codes retour sont d'ailleurs très propres : 0 si c'est clean, 1 si y'a des menaces, 2 si erreur. "Èzé" comme dirait Booba ! De quoi intégrer ça dans un pipeline de vérification maison sans se prendre la tête !

Le projet est sous licence MIT, tourne avec Python 3.11+ et les sources sont sur GitHub .

Merci à Lorenper pour la découverte !

Widelands - Le Settlers II open source fêtera cette année ses 24 ans de dev

Par :Korben
18 mars 2026 à 08:25

Settlers II, ce jeu de stratégie où vous passiez des heures à regarder vos petits bonhommes transporter des planches de bois sur des chemins de terre est quelque part, toujours vivant puisqu'il y a des devs qui bossent sur un jeu open source équivalent depuis 2001. Ça fait + de 24 ans et le résultat vaut carrément le coup d'œil.

Le projet s'appelle Widelands , c'est un jeu de stratégie en temps réel sous licence GPL-2.0, dispo sur Windows, macOS 11+ (j'ai dû le débloquer avec Sentinel comme d'hab) et Linux (AppImage, Flatpak, PPA Ubuntu). On y retrouve de la gestion de mines d'or et de fer, de la construction de scieries et de casernes en pierre, des chaînes de production complètes avec des forgerons qui tapent sur l'enclume, des bûcherons qui abattent des chênes et des fermiers qui récoltent du blé...etc. Tout pareil sur Settlers II donc sauf que là c'est gratuit, c'est libre, et ça tourne même sur des machines pas toutes jeunes.

Dans Widelands, vous avez 5 tribus jouables, les Barbarians, l'Empire, les Atlanteans, les Frisians et les Amazons, chacune avec ses bâtiments spécifiques et ses arbres de technologies. Y'a des campagnes solo avec des tutoriels intégrés, un mode multijoueur en ligne et un éditeur de cartes.

Sous le capot, c'est du C++ compilé avec CMake et du Lua pour le scripting des campagnes et de l'IA. Du coup si vous voulez bidouiller, hop vous clonez le repo depuis GitHub et vous suivez le guide de compilation du wiki (y'a des dépendances SDL2, Boost, ICU à installer avant). C'est pas forcément facile car le code source fait plusieurs centaines de milliers de lignes mais heureusement, y'a un système d'add-ons qui vous permettra d'installer des cartes et des mods sans toucher au compilateur, genre un Steam Workshop du pauvre (mais en mieux parce que c'est ouvert).

Screenshot

Et ce projet est bien vivant avec plusieurs commits par jour. La communauté discute sur IRC (#widelands sur LiberaChat) et sur Discord et fait amusant, l'équipe a officiellement refusé toutes les contributions générées par IA parce que ça pose notamment pas mal de soucis de copyright. Après pour un projet construit avec amour depuis deux décennies par des bénévoles en chair et en os, je trouve ça plutôt sain.

Voilà, si vous aimez les clones open source de jeux cultes , celui-là ça vaut le coup.

Bon jeu !

Google veut vérifier l'identité de tous les développeurs Android, et ça menace F-Droid

Par :Korben
16 mars 2026 à 15:19

Google va obliger tous les développeurs Android à s'enregistrer avec une pièce d'identité et à payer 25 dollars, même ceux qui distribuent leurs apps en dehors du Play Store. F-Droid, le dépôt d'applications open source qui existe depuis quinze ans, dit que c'est une menace pour sa survie.

Une inscription obligatoire dès septembre

L'été dernier, Google a annoncé que toutes les applications installées sur des appareils Android certifiés devront obligatoirement être liées à un compte développeur vérifié. Cette obligation entrera en vigueur dès le mois de septembre prochain au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le reste du monde suivra quatre mois plus tard.

Pour s'enregistrer, il faut fournir une pièce d'identité officielle, accepter les conditions de Google et payer 25 dollars. Et ça concerne tout le monde : les développeurs qui publient sur le Play Store, mais aussi ceux qui passent par des stores alternatifs, par F-Droid, ou qui proposent leurs apps en téléchargement direct depuis un site web.

F-Droid ne peut pas s'adapter

F-Droid héberge plus de 3 000 applications open source, sans pub et sans trackers. Le problème, c'est que F-Droid signe lui-même les apps qu'il distribue avec sa propre clé, et Google impose désormais une seule signature par application.

Ça casse tout le modèle : si l'app est déjà signée par le développeur sur le Play Store, la version F-Droid ne peut plus exister. Et F-Droid ne peut pas non plus forcer des centaines de contributeurs bénévoles à s'enregistrer chez Google et à fournir leurs papiers.

37 organisations ont signé une lettre ouverte contre ce projet, dont l'Electronic Frontier Foundation, la Free Software Foundation et Vivaldi. Une pétition sur Change.org a rassemblé 64 000 signatures de développeurs.

Le lien avec le procès Epic Games

Ce durcissement arrive juste après l'accord entre Google et Epic Games sur la distribution d'apps Android. Les deux entreprises ont annoncé un programme de stores enregistrés qui permet le sideloading, mais sans obliger Google à intégrer des stores tiers dans le Play Store. 

Certains y voient une manoeuvre : si les tribunaux n'obligent pas Google à ouvrir le Play Store, la vérification des développeurs lui donne quand même un contrôle indirect sur toute la distribution Android.

Google, de son côté, dit que c'est une question de sécurité et que ça permet de bloquer les développeurs malveillants plus rapidement. Les distributions Android alternatives comme LineageOS ou GrapheneOS ne sont pas concernées.

Google invoque la sécurité, mais le Play Store lui-même laisse régulièrement passer des apps malveillantes, donc l'argument ne tient pas tant que ça.

Obliger un développeur bénévole qui publie un petit outil open source à fournir ses papiers d'identité à Google, c'est quand même un peu naze. On verra si la mobilisation des 37 organisations et des 64 000 développeurs suffira à faire bouger les choses, mais pour l'instant le calendrier est maintenu.

Sources : Android Authority , F-Droid

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