Si vous avez déjà essayé d'intégrer une fonction d'édition de documents Word dans une application web, vous savez que c'est souvent la croix et la bannière. En fait, pour obtenir un truc correct, on finit souvent par s'appuyer sur des solutions lourdes côté serveur ou des APIs propriétaires qui coûtent un bras. Mais ça, c'était avant que je tombe sur docx-js-editor.
Ce petit bijou open source est un éditeur WYSIWYG conçu spécifiquement pour l'écosystème React qui permet d'ouvrir, de modifier et d'enregistrer des fichiers .docx directement dans le navigateur. Le gros point fort revendiqué par le projet, c'est l'absence de dépendance serveur pour toute la partie édition. Tout le boulot se fait donc en local chez le client, ce qui est plutôt classe côté confidentialité des données puisque vos documents ne transitent pas par un backend obscur.
Techniquement, l'outil s'appuie sur un système qui semble proche de ProseMirror (il permet d'ailleurs d'y injecter des plugins ProseMirror). Perso, j'ai choisi de vous en parler parce que la gestion native du format DOCX est ici au cœur du moteur, et pas juste une couche d'export rajoutée à l'arrache. Le rendu est assez propre d'ailleurs et le projet vise une compatibilité maximale avec Microsoft Word.
On y retrouve l'essentiel évidemment : formatage de texte (gras, italique, polices, couleurs), gestion des tableaux, des images et des hyperliens. Bref, tout ce qu'il faut pour faire un vrai traitement de texte sans avoir à sortir l'artillerie lourde. (et c'est pas peu dire !)
Pour l'installer, c'est hyper fastoche : un petit npm install @eigenpal/docx-js-editor et hop, le dossier débarque dans votre node_modules/ et c'est réglé. D'ailleurs, l'architecture est extensible. Y'a même un plugin pour le surlignage syntaxique des tags docxtemplater, ce qui facilite grandement la vie si vous bossez sur des modèles de documents complexes. C'est très pratique pour les applis métier qui génèrent par exemple des factures ou des contrats à la volée !
Du coup, si vous cherchez une solution open source (licence MIT) pour manipuler des documents Word sans passer par une usine à gaz, allez jeter un œil à ce projet. C'est aussi un bon complément pour ceux qui utilisent déjà des scripts pour
organiser leurs fichiers
et qui ont besoin d'une interface d'édition rapide.
Survoler la Terre entière depuis son navigateur web, sans RIEN installer, c'est possible et en plus c'est gratuit !
Web Flight Simulator
c'est un simulateur de vol qui tourne directement dans votre browser, et qui vous colle aux commandes d'un F-15 au-dessus de la planète entière. Un vrai terrain 3D avec des données satellites, du relief, des textures... le tout grâce à CesiumJS pour la partie géospatiale et Three.js pour le rendu 3D. Du coup vous pouvez survoler n'importe quel coin du monde, que ce soit les Alpes, Manhattan ou le désert australien.
Le cockpit du F-15 avec HUD, minimap et terrain satellite en temps réel
Et contrairement à un Microsoft Flight Simulator où faut limite un brevet de pilote pour décoller, là c'est ARCADE à fond. Flèches directionnelles pour piloter, W/S pour les gaz, Espace pour l'afterburner... hop, vous êtes en l'air en 10 secondes. Pas de checklist de 45 items avant le décollage (oui oui, les vrais pilotes comprendront).
D'ailleurs le F-15 est équipé d'un canon Vulcan et de missiles Sidewinder. Y'a même des leurres thermiques si vous vous sentez d'humeur Top Gun. Les ennemis IA sont encore en développement, mais le système de combat est déjà fonctionnel. Perso, j'aime bien mitrailler dans le vide au-dessus de la Tour Eiffel, chacun ses hobbies...
Le HUD est pas mal foutu avec l'altitude, la vitesse, un compas et même une minimap satellite. Côté son, le moteur réagit aux gaz, y'a du vent aérodynamique et surtout l'alarme GPWS qui vous gueule "PULL UP" quand vous foncez dans une montagne.
Si vous êtes curieux de savoir comment ça marche sous le capot, c'est un mix assez malin de CesiumJS qui gère le streaming du terrain à l'échelle planétaire et de Three.js qui s'occupe de l'avion, des particules et des effets visuels. Le tout tourne avec Vite en dev, du JavaScript pur, et c'est open source avec une licence non commerciale. J'ai préféré tester sur Firefox plutôt que sur Chrome, parce que le WebGL y est mieux géré, et ça tourne nickel sur mon MacBook Air M2.
Attention quand même, sauf si vous avez une machine un peu costaud, ça peut ramer dans les zones urbaines denses. Sur un vieux laptop avec une carte graphique intégrée... ça plantera pas, mais ce sera plus un diaporama.
Pour ceux qui connaissent
FlightGear
qui est un des simulateurs de vol libres les plus connus, là on est sur un truc complètement différent. FlightGear c'est pour les passionnés qui veulent apprendre le vrai pilotage, alors que Web Flight Simulator c'est pour se marrer 5 minutes (ou 2 heures, je juge pas ^^). Et si vous voulez un peu de nostalgie, allez voir
l'histoire des premiers Microsoft Flight Simulator
de 1982 à 1989... on a fait du chemin depuis.
Une version Lune et Mars ce serait le pied. D'ailleurs CesiumJS propose déjà des datasets Moon Terrain et Mars depuis 2024-2025... donc affaire à suivre côté Web Flight Simulator.
Bref,
allez tester
, c'est gratuit et ça marche sur n'importe quel navigateur qui gère le WebGL.
Il y a quelques jours, un lecteur (merci Benjamin !) m'a envoyé un outil qu'il a bricolé lui-même avec Codex d'OpenAI et ça touche une petite corde sensible chez moi, d'où le fait que je vous en parle.
C'est pas souvent que je bosse avec des clients sur autre chose que des articles mais il m'est arrivé par le passé qu'un client m'envoie ses retours par mail, avec des captures d'écran floues, des flèches rouges partout et des commentaires du genre "le truc là, à gauche, je sais pas trop ??".
Alors de mon côté, j'ai testé pas mal de solutions pour évier ça mais j'ai rien trouvé de foufou... Figma par exemple c'est top pour les retours mais faut que le client crée un compte (et ça, c'est jamais gagné), Marker.io c'est bien fichu mais c'est payant. J'avais même essayé Loom à un moment, mais bon, leur demander d'enregistrer leur écran c'était trop compliqué.
Alors que UxNote, lui, règle exactement ce problème sans rien de tout ça !
En fait, ça permet d'intégrer une balise JavaScript dans votre page (juste avant le </body>) et hop, une petite toolbar apparaît.
Votre client peut alors surligner du texte, épingler des éléments avec des badges numérotés, ajouter des commentaires... et surtout, exporter tout ça proprement en JSON ou l'envoyer direct par mail.
Comme ça, fini le chaos habituel des retours clients façon "j'ai annoté le PDF que j'ai imprimé puis scanné". Là, les commentaires sont directement contextualisés sur la page, exactement là où ils doivent être. C'est vrai que des outils d'annotation web existent depuis des lustres, mais UxNote a choisi le stockage 100% local (via le localStorage) plutôt que de monter un backend avec des comptes utilisateurs. Et c'est ce qui fait toute la différence niveau simplicité, avec les autres outils.
Par contre attention, si votre client vide son cache navigateur, il perd ses annotations... Perso je vous recommande donc de faire l'export JSON dès que possible pour éviter les mauvaises surprises.
L'outil propose aussi un mode "assombrissement" qui met en évidence la zone annotée (pratique pour se concentrer), des couleurs personnalisables, et même la possibilité de bloquer certains éléments de l'annotation avec l'attribut data-uxnote-ignore. Ça fonctionne sur les environnements de staging, en local, et même sur les
SPA
... sauf si vous avez une CSP ultra stricte, auquel cas faudra autoriser le script et les styles inline dans votre config.
Bref, si vous bossez avec des clients qui ont du mal à exprimer leurs retours autrement qu'en pièces jointes de 15 Mo,
UxNote
pourrait bien sauver les quelques cheveux qu'il vous reste. Et en plus c'est gratuit, open source et
disponible sur GitHub
.
Y'a un truc qui me rend joyeux avec le web, c'est quand des devs décident de pousser les technos dans leurs retranchements juste pour prouver que c'est possible.
Et VoxCSS, c'est totalement ça : une bibliothèque JavaScript qui permet de faire du rendu voxel complet en utilisant uniquement le DOM et le CSS. Alors attention, quand je dis "uniquement", je veux dire sans WebGL et sans l'élément <canvas>. Juste des éléments HTML empilés intelligemment qui tirent parti de l'accélération matérielle du navigateur pour les transformations 3D.
Pour cela, VoxCSS utilise des grilles CSS superposées sur l'axe Z pour créer un espace volumétrique. Chaque niveau de profondeur est une grille CSS classique, décalée avec des translations 3D. Les voxels eux-mêmes sont des cuboïdes HTML composés de plusieurs faces positionnées avec des rotations CSS.
Par défaut, la scène utilise une perspective de 8000px et le fameux transform-style: preserve-3d pour que la magie opère... Un pur hack de génie qui transforme votre navigateur en moteur 3D sans passer par les API habituelles !
Et le rendu n'est pas dégueu du tout puisque le moteur gère les couleurs, les textures, et même différentes formes comme des rampes, des pointes ou des coins pour sortir du simple cube de base. Pour ceux qui se demandent comment ça se passe pour les ombres, VoxCSS simule également un éclairage en jouant sur l'opacité des faces, ce qui donne ce petit relief indispensable au style voxel. Vous pouvez même choisir entre différentes projections (cubique ou dimétrique) pour donner le look que vous voulez à votre scène.
Côté performances, même si on parle de manipuler potentiellement des milliers d'éléments DOM, l'équipe de Layoutit Studio a bien bossé. Y'a un système de "culling" pour ne pas calculer les faces cachées (on n'affiche que la surface extérieure, quoi) et une option de fusion (le mergeVoxels) qui permet de regrouper les cubes adjacents pour alléger la structure HTML. C'est pas activé par défaut, mais c'est indispensable dès que votre château Minecraft commence à prendre de l'embonpoint.
L'installation se fait via
npm install @layoutit/voxcss
La lib est hyper flexible puisqu'elle propose des wrappers pour React, Vue et Svelte, tout en restant utilisable en vanilla JS.
Vous posez votre caméra (<voxcamera>) pour gérer le zoom et la rotation, vous injectez votre scène (<voxscene>), et roule ma poule. Cerise sur le gâteau pour les artistes, VoxCSS inclut un parser pour charger directement vos fichiers .vox créés dans MagicaVoxel.
Si vous voulez tâter la bête sans coder, allez faire un tour sur Layoutit Voxels, l'éditeur qui sert de démo technique. Ils ont aussi sorti Layoutit Terra qui génère des terrains entiers avec la même techno.
Franchement, pour un gros jeu en prod, OK pour du WebGL, mais pour créer des éléments interactifs stylés, des petites scènes 3D ou juste pour la beauté du geste technique, c'est un sacré bel outil.
Et puis, faire de la 3D sans toucher à un seul shader, ça a un petit côté cool je trouve.
Je suis complètement passé à côté car j'étais en vacances lors de leur dernière mise à jour... mais j'ai franchement halluciné en retombant sur NeoCities ces jours-ci. Si vous avez connu l'époque bénie de GeoCities, quand le web était moche mais vivant, alors vous allez kiffer.
NeoCities, c'est tout simplement l'héritier spirituel de cette époque... mais en mieux ! Leur philosophie c'est de redonner le contrôle aux gens et ramener la créativité brute sur le web, tout ça sans publicité, sans trackers ni cookies et sans vendre vos données à des IA aux dents pourries.
L'interface de NeoCities - sobre, efficace et sans fioritures (
Source
)
Vous l'aurez compris parce que vous êtes malin, c'est un service d'hébergement de sites statiques. Vous lui balancez votre HTML, votre CSS et vos bouts de JavaScript, et hop, votre site est en ligne ! Comme ça on esquive le couple moteur + base de données PHP/MySQL qui rame ou qui se fait hacker tous les quatre matins. Là au moins c'est sécurisé, c'est rapide, et c'est surtout ultra-libre.
J'ai fait à peu près le même move moi-même en 2024, en migrant mon site dynamique sur une version statique. Et je pense que vous avez apprécié parce que le site est beaucoup plus rapide à charger, la navigation est beaucoup plus agréable, et chaque jour mon trafic augmente, ce qui est un bon signe quand même. Je viens justement d'en faire un petit retour d'expérience
sur ma page LinkedIn Korben
.
En effet, j'ai arrêté de partager mes articles sur mes réseaux sociaux il y a peu, et j'ai retiré la pub AdSense en juin dernier. Je pensais que cela aurait eu un impact négatif fort sur mon trafic, alors qu'en fait c'est tout le contraire qui s'est produit ! Et comme mes revenus ne sont plus corrélés à la quantité d'articles que je fais chaque jour, je n'ai plus aucune pression. Alors je m'amuse à écrire comme un porc ou pas du tout en fonction du temps dont je dispose, des idées folles qui me passent par la tête, et de
mes problèmes de sommeil
^^.
Allez, je ferme la parenthèse pour revenir à NeoCities.
Déjà leur offre gratuite envoie du bois puisque vous avez le droit à 1 Go de stockage et 200 Go de bande passante par mois. C'est laaaaargement suffisant pour faire un site qui déchire avec des GIFs animés horribles et vos meilleures réflexions sur la vie. Je vous invite vraiment aller voir
la galerie des sites ici
, c'est incroyable.
Après vous pouvez aussi soutenir le projet et devenir un "Supporter" pour 5$/mois, vous passerez alors à 50 Go de stockage, 3 To de bande passante, et surtout la possibilité d'utiliser votre propre nom de domaine.
Si ça vous chauffe, je vous conseille vraiment de prendre l'option payante avec votre propre nom de domaine, parce que comme ça le jour où vous voudrez déménager vote site, ce sera beaucoup plus simple. Avoir son NDD à soi, c'est vraiment le truc que je conseille à tout le monde, parce que le jour où le service ferme, vous perdez votre communauté !
Ce qui est vraiment génial avec
NeoCities
c'est également l'aspect social. On retrouve les fameux "WebRings" comme à l'époque... Si vous n'avez pas connu, bande de bébés, c'était des sites qui se liaient les uns aux autres pour former des anneaux thématiques. C'était vraiment chouette. On retrouve aussi sur NeoCities un système de tags pour découvrir des trucs cool, comme à l'ancienne, bien loin des algo de réseaux sociaux qui vous enferment dans une bulle.
Là on explore le web comme on le faisait en 1998, avec curiosité et un max de sérendipité !
Et pour les plus barbus d'entre vous, sachez qu'il existe même un outil en ligne de commande (CLI) pour déployer vos fichiers au taquet sans passer par l'interface web. C'est nickel pour intégrer ça dans vos workflows de dev.
Forcément, ça me rappelle quand
GeoCities a été supprimé
. On a tous chialé nous les vieux parce que c'était un pan entier de l'histoire du net qui partait en fumée. Alors heureusement que des initiatives comme celle-là existent pour préserver cet esprit de liberté sur le web et permettre à tous, même ceux qui n'ont pas de compétences techniques, d'avoir un petit bout de web rien qu'à eux.
Ouais je déteste l'élitisme de certaines personnes qui, parce qu'elles maitrisent 2 ou 3 trucs sous Ubuntu, se la jouent chefaillon face aux gens normaux qui aimeraient bien juste partager des trucs à eux, sans forcément plonger dans la fosse à purin des services de microblogging ou devenir à leur tour un de ces "sapusépaslibré" qui se la racontent.
Et justement, Neocities est à la croisée des chemins. C'est pas auto-hébergé mais c'est pas un GAFAM, c'est éthique, c'est simple à utiliser, c'est payant oui mais c'est pas si cher que ça.
C'est même open source !
Alors si vous avez un projet de site perso qui traîne, et que vous n'avez pas envie de vous fader la technique, c'est peut-être le moment de vous lancer comme à l'ancienne !
Mais attention, et c'est un webmaster qui a débuté en 1997 qui vous dit ça : Vous risquez d'y passer vos nuits !!!
Est-ce que vous avez déjà eu cette envie soudaine de composer de la techno tout en ayant l'air d'un hacker qui pirate le Pentagone dans un film des années 90 ?
Si oui, j'ai le truc parfait pour vous :
Strudel
.
Pour ceux qui débarquent, le live coding musical dont je vous ai déjà parlé y'a pas longtemps avec
Loopmaster
, c'est l'art de créer du son en écrivant du code en temps réel.
En gros, on tape des lignes, on valide, et hop le rythme change en direct. Strudel rend ce concept ultra accessible puisqu'il tourne entièrement dans votre navigateur préféré, sans chichi et surtout sans avoir besoin d'installer des usines à gaz comme SuperCollider ou de configurer des environnements de dev à n'en plus finir.
L'interface de Strudel - sobre mais efficace (
Source
)
Le projet est d'ailleurs un port officiel du langage de patterns de TidalCycles vers JavaScript.
TidalCycles
, c'est un peu la référence absolue dans le monde du live coding, mais ça demandait pas mal de bidouille (Haskell, etc.) pour fonctionner correctement. Avec Strudel, vous ouvrez une page web, vous tapez du code et c'est parti mon kiki !
Le principe repose sur des motifs rythmiques qui occupent toujours le même espace temporel (appelé "cycle"). Contrairement à un séquenceur classique où on empile des notes, ici on définit des structures qui se compressent ou s'étirent automatiquement. C'est un peu déroutant au début mais une fois qu'on a pigé le truc, on peut sortir des beats qui tabassent en seulement trois lignes de code. Perso, je trouve ça assez hypnotique (oui j'aime le comique de répétition).
Côté technique, l'outil s'appuie sur l'API Web Audio et intègre un synthé/sampler baptisé Superdough. C'est assez costaud et ça permet déjà de s'amuser avec plein d'effets sans quitter le browser. Et pour les plus barbus d'entre vous qui voudraient piloter leur propre setup
SuperCollider
, c'est possible aussi via
OSC
, mais attention, il faudra quand même lancer un petit serveur relais en Node.js pour faire le pont entre le navigateur et votre machine.
Y'a même un
workshop interactif
vraiment bien foutu pour apprendre les bases. En quelques minutes, vous allez comprendre comment balancer des snares et des kicks avec une précision chirurgicale. Et le petit plus qui fait plaisir, vous pouvez partager vos chefs-d'œuvre en copiant simplement l'URL, puisque tout votre code est encodé dedans. C'est direct in the pocket !
La Reine de Strudel c'est évidemment
Switch Angel
:
Bref, si vous cherchez un nouveau hobby créatif un peu geek pour vos soirées d'hiver, foncez tester ça. Ça rappelle un peu d'autres pépites comme
Drumbit
ou même
Draw Audio
pour le côté fun et immédiat. De quoi verser une petite larme de joie en retrouvant des sensations de bidouille pure.
Merci Lorenper, Quentin & Jean-Raymond pour le partage !
Si vous aimez les globes 3D qui en jettent, j'ai un petit projet sympa à vous présenter. Ça s'appelle
TerraGuessr
et c'est Fred, un lecteur de longue date (coucou Fred !), qui m'a envoyé ça !
L'idée de Fred est assez géniale. Il propose d'utiliser un globe terrestre interactif pour visualiser la "déformation" du monde sous le poids des inégalités. En gros, au lieu de voir une sphère parfaite, vous voyez les continents s'étirer ou se contracter en fonction d'indicateurs comme la richesse, l'éducation ou encore la santé.
C'est ce que les profs de Géographie appellent un cartogramme en 3D. C'est hyper visuel et ça permet d'apprendre plein de choses !
Pour la petite histoire, Fred a codé tout ça... sans savoir coder au départ. Il a utilisé pour cela
l'éditeur Cursor
, Google AI Studio et ChatGPT. Et voilà, sa bonne idée s'est transformée avec un peu d'huile de coude et beaucoup de patience en ce site de carto incroyable.
L'interface de TerraGuessr - un globe 3D pour visualiser les data mondiales
Si vous allez sur son site, vous verrez concrètement comment ces outils d'IA tant critiqués permettent à des passionnés comme Fred et d'autres, de sortir des outils complexes qui n'auraient jamais vu le jour, hormis dans leurs rêves.
Et techniquement, ça envoie du bois puisque c'est basé sur Three.js. Fred s'appuie sur des sources de données sérieuses telles que la Banque Mondiale, Our World in Data et Gapminder. Et au final, il a réussi à mouliner tout ça pour nous proposer une expérience fluide et des stats enfin concrètes.
TerraGuessr propose plusieurs modes pour s'amuser (et s'instruire, du coup) :
Des quiz et des "stories" pour mieux comprendre les statistiques mondiales.
Un jeu "Ultimate Countries" pour deviner tous les pays du monde avec des niveaux de difficulté de débutant à légende.
Il propose même une API et un back-office à prix libre pour ceux qui veulent créer des quiz et des stories, tout ça connecté à LLM pour générer les textes. Le mec est fou !
Voilà, si vous avez déjà passé des heures à essayer de
devenir un pro à GeoGuessr
, vous allez adorer le concept sauf qu' au lieu de chercher un poteau électrique au fin fond de la toundra, vous allez vraiment apprendre des trucs sur l'état (catastrophique) de notre planète.
Les boîtes à rythmes physiques des années 90 sont devenues de vraies antiquités... lol. Après moi j'ai grandi avec alors forcément je mesure pas trop l'évolution mais j'imagine des gamins qui découvrent ça... Ça doit être un grand moment de solitude pour eux.
Alors si vous avez toujours rêvé de posséder l'un de ces petits Pocket Operators de chez Teenage Engineering, j'ai ce qu'il vous faut.
Ça s'appelle Beats et c'est une drum machine qui tourne DIRECT dans votre navigateur.
C'est développé par Alejandro AR a.k.a @kinduff, et ça utilise Tone.js pour le son et Stimulus.js pour l'interface. Vous avez à votre dispo une grille de 16 pas, un format ultra classique où vous activez / désactivez ensuite des cases pour créer votre propre rythme. Y'a du Kick, de la snare, du hi-hat...etc... tout y est.
Ce qui est cool c'est que vous arrivez sur la page vous cliquez sur "Play Beat" et PAF ça tourne. Vous pouvez modifier le BPM, changer de kit de batterie pour un truc plus trap ou house, lo-fi, boom bap, etc. et même sauvegarder vos créations via une URL pour les partager avec vos potes ou David Guetta ^^.
En tout cas, je trouve que c'est une SUPER porte d'entrée pour ceux qui voudraient comprendre comment fonctionne un séquenceur sans dépenser un rond. C'est visuel et on pige vite la logique de cette grille d'instruments (ce qui est LOIN d'être le cas avec certains DAW très typé usine à gaz pour donner un air intello à votre artiste préféré).
Et puis c'est parfait pour composer quelques idées quand on est loin de son setup habituel, genre si vous êtes au bureau entre 2 réunions Teams. Après faut pas s'attendre à produire un album tout de suite non plus. C'est + pour du prototypage rapide. M'enfin, vu le prix moins cher que gratuit, personne ne va se plaindre je pense ;).
Et si ce genre d'outil vous branche, ça me rappelle
Drumbit
dont je vous parlais il y a pas longtemps ou encore cet
émulateur web Roland TB-303 & TR-808
pour les puristes de l'Acid House.
Si vous avez déjà vu des vidéos d'algorave, ces soirées où des mecs font danser des foules entières en tapant des lignes de code sur un écran géant, vous savez de quoi je parle. Le live coding musical, c'est hypnotique, c'est technique, et ça donne des résultats sonores assez dingues.
Le problème, c'est que jusqu'ici, pour s'y mettre, fallait souvent s'infuser l'installation de trucs comme Sonic Pi ou
TidalCycles
. C'est génial, mais faut configurer l'environnement, les serveurs audio, et là, bam, la flemme pointe le bout de son nez. C'est là qu'intervient Loopmaster, un projet passion qui permet de faire exactement la même chose, mais directement dans votre navigateur.
Vous débarquez sur le site, vous écrivez du code, vous appuyez sur Entrée, et ça fait de la musique, en temps réel, sans avoir besoin d'installer quoi que ce soit. Tout se passe sous vos yeux grâce à la magie des APIs audio de votre navigateur. Wololo !
L interface de Loopmaster - sobre et efficace (
Source
)
C'est une façon complètement différente d'aborder la création sonore car au lieu de cliquer fébrilement sur des boutons et de manipuler des faders virtuels, vous décrivez ce que vous voulez entendre avec des algorithmes. Un pattern rythmique devient alors une boucle dans votre script, un synthé devient une fonction, et une progression d'accords devient une simple liste de valeurs.
Le truc vraiment cool, c'est que comme c'est du code, vous pouvez faire des choses impossibles autrement. Du genre des patterns qui évoluent mathématiquement, de rythmes générés par des probabilités, ou de textures sonores qui se transforment selon des règles que vous définissez vous-même.
Loopmaster n'est pas le seul sur le créneau, y'a aussi Strudel, mais il a cet avantage d'être hyper accessible pour débuter. Et cerise sur le gâteau pour les producteurs, une fois que vous avez pondu une boucle qui déchire, vous pouvez exporter l'audio pour l'importer ensuite dans votre DAW préféré comme Ableton Live. Nickel pour enrichir vos prods avec des sonorités algorithmiques uniques.
Bref, si vous avez 10 minutes à tuer et que vous voulez vous prendre pour un sorcier du son, allez jeter un œil. Au pire, vous passerez pour un génie incompris auprès de vos collègues en faisant du bruit bizarre, au mieux vous découvrirez une nouvelle passion pour l'algorave.