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Denuvo tombe en quelques heures grâce aux hyperviseurs

Par :Korben
31 mars 2026 à 10:01

Denuvo, la célèbre protection anti-piratage qui emmerde les joueurs PC depuis une décennie, traverse une sale période. Depuis début 2026, des pirates contournent la protection via des hyperviseurs, et les jeux protégés tombent désormais en quelques heures au lieu de plusieurs semaines : Resident Evil Requiem, Crimson Desert, Life is Strange: Reunion... tous craqués le jour de leur sortie ! Même Assassin's Creed Shadows, qui avait tenu 11 mois, a fini par tomber.

En fait, ces crackers ne s'embêtent plus à faire du reverse engineering sur les protections de Denuvo, ce qui leur prenait des mois. Ils ont monté un truc qui attaque sur 5 couches, du UEFI (Ring -2) jusqu'au processus du jeu (Ring 3). Un bootkit open source appelé EfiGuard désactive les protections au démarrage, puis un hyperviseur (SimpleSvm sur AMD, hyperkd sur Intel) prend le contrôle en Ring -1, sous le système d'exploitation. De là, il intercepte les CPUID, falsifie les structures mémoire Windows et triche sur les timings CPU pour que Denuvo croie que tout est normal. Un audit de sécurité indépendant publié sur GitHub n'a certes trouvé aucun malware dans le package, mais prévient que le système est laissé sans protection le temps que l'hyperviseur tourne.

Pour que ça fonctionne, il faut bien sûr désactiver des protections Windows assez critiques comme le VBS (Virtualization-Based Security), le HVCI (Hypervisor-Enforced Code Integrity) et la vérification de signature des driver, ce qui ouvre un peu trop grand le système, qui pourrait alors se voir installer un rootkit ou autre malware...

Et côté matériel, c'est la loterie car ça tourne plutôt bien sur AMD, mais les processeurs Intel posent des soucis de stabilité qui nécessitent des bidouilles franchement dangereuses. FitGirl, la repackeuse la plus connue de la scène, avait même d'abord refusé de toucher à ces cracks en déclarant qu'"aucun jeu ne vaut les dommages potentiels irrécupérables qu'il peut causer à l'ordinateur". Mais depuis, elle a changé d'avis après les améliorations apportées par KiriGiri et l'équipe MKDEV, et publie maintenant des repacks avec un tag "HYPERVISOR" bien visible. M'enfin bon, elle reste quand même prudente.

Irdeto, la boîte qui possède Denuvo, promet bien sûr une contre-mesure qui ne devrait pas ralentir les jeux. Les options sur la table sont : détecter la présence d'hyperviseurs tiers via les CPUID ou la latence CPU, ou imposer des vérifications de licence quotidiennes (ce qui emmerderait aussi les joueurs légitimes).

Et le pire dans tout ça, c'est que Denuvo a un impact mesurable sur les performances des jeux légitimes. Le blogueur Nathan Baggs et le développeur @valigo ont montré que la protection embarque une machine virtuelle qui compresse le code du jeu, bousille le cache processeur, perturbe le prédicteur de branchement et rajoute des instructions parasites. Cela veut dire concrètement que Ghostwire Tokyo mettait 200 secondes à démarrer avec Denuvo contre 54 sans, et Mass Effect Andromeda a gagné 12% de FPS quand la protection a été retirée.

Bref, c'est l'éternel jeu du chat et de la souris et Denuvo sait très qu'ils ne peuvent pas vaincre le piratage. Par contre, ils pouvaient jusqu'à présent maintenir une fenêtre de protection suffisante pour que les éditeurs récupèrent leur investissement sur les premières semaines de vente.

Mais avec ces bypasses hyperviseur, cette fenêtre vient de tomber à zéro. Gloups... Donc la vraie question maintenant, elle est surtout pour les joueurs légitimes : Est-ce que la prochaine "mise à jour de sécurité" de Denuvo va encore bouffer des performances sur leur machine pendant que les pirates jouent sans protection, sans ralentissement, et sans payer ?

On verra bien mais pour l'instant, la tendance des éditeurs c'est plutôt de lâcher les DRM car ils ont compris un truc que Denuvo refuse d'admettre : Avec ces conneries de DRM, ce sont toujours les clients honnêtes qui trinquent !

Source

EA prépare son système anti-triche pour les PC ARM et envisage un support de Linux

Par :Korben
18 mars 2026 à 11:52

Electronic Arts recrute un ingénieur senior pour adapter son système anti-triche Javelin aux processeurs ARM64. La priorité va aux PC Windows sur ARM, mais l'offre d'emploi mentionne aussi un futur support de Linux et de Proton. 

De quoi intéresser les joueurs sur Steam Deck et, pourquoi pas, sur Mac.

Un anti-triche qui arrive sur ARM

EA vient de publier une offre d'emploi pour un poste d'ingénieur senior anti-triche ARM64 au sein de son équipe SPEAR (Secure Product Engineering and Anti-Cheat Response). L'objectif principal : développer un driver natif ARM64 pour EA Javelin, le système anti-triche d'EA qui fonctionne au niveau du noyau du système d'exploitation.

La cible immédiate, ce sont les appareils Windows sur ARM, un segment qui prend de l'ampleur avec l'arrivée de consoles portables basées sur des puces ARM, et les futures puces Nvidia N1 et N1X qui se profilent dans le monde du PC portable.

Ce qui est intéressant, c'est une ligne un peu plus discrète dans l'offre d'emploi : le candidat devra "tracer une voie pour qu'EA Javelin supporte d'autres systèmes d'exploitation et matériels à l'avenir, comme Linux et Proton". C'est la couche de compatibilité de Valve qui permet de faire tourner des jeux Windows sur Linux, et donc sur le Steam Deck.

EA et Linux, une relation compliquée

Il faut quand même rappeler qu'EA a retiré le support Linux et Steam Deck d'Apex Legends fin 2024, en expliquant que la nature ouverte de Linux facilitait la triche. Du coup, des jeux comme Battlefield ou EA Sports FC ne fonctionnent tout simplement pas sur Linux.

Cette offre d'emploi va dans le sens inverse, ce qui est plutôt un bon signal, même si on parle bien d'un objectif à long terme et pas d'un lancement imminent.

EA n'est d'ailleurs pas le seul éditeur à avoir eu un rapport tendu avec Linux. Rockstar a coupé le support Linux de GTA V après avoir mis en place BattlEye, et Roblox a bloqué Wine complètement en 2023 avec son système Hyperion.

Le problème de fond reste le même : les anti-triche au niveau du noyau sont très difficiles à adapter sur Linux, où le système est par nature plus ouvert et plus personnalisable.

Un autre point d’intérêt est pour les joueurs Mac, qui pourraient suivre cette annonce de loin. Si EA finit par supporter Proton, ça pourrait aussi faciliter le fonctionnement de ses jeux via CrossOver ou le Game Porting Toolkit d'Apple, qui reposent sur la même base technique.

Bon maintenant attention, on parle ici d'un système de lutte contre la triche qui s'installe au niveau du noyau de votre système, ce qui pose forcément quelques questions de vie privée et de sécurité.

Source : Gaming on Linux

Vous n'arrivez pas à finir un jeu ? Microsoft va le finir pour vous

Par :Korben
9 mars 2026 à 17:10

Microsoft vient de publier un brevet qui décrit un système capable d'envoyer une IA ou un autre joueur prendre le contrôle de votre partie quand vous êtes bloqué. Sony travaille sur une idée similaire de son côté. Visiblement les deux géants du jeu vidéo veulent que vous ne restiez plus jamais coincé sur un boss, même si ça veut dire que quelqu'un d'autre joue à votre place.

Un assistant qui prend la manette

On est donc là devant un brevet plutôt intéressant qui porte le doux nom de "Video Game Help Sessions", il a été déposé en février 2024, et vient à peine d'être publié. Le principe est assez simple : quand le système détecte que vous galérez un peu trop sur un passage, un gros bouton HELP apparaît à l'écran.

Si vous êtes ok sur le principe, la partie est automatiquement sauvegardée, et une aide prend le contrôle de votre personnage, histoire de vous débloquer la partie. Cette aide peut être une IA ou un humain.

Sony a la même idée

Microsoft n'est pas le seul à avoir eu cette idée. Sony a déposé un brevet du même genre en septembre 2024, mis à jour début 2026, pour un système baptisé Ghost Player. Côté PlayStation, c'est exclusivement de l'IA, avec deux modes : un Mode Guide où le fantôme vous montre la marche à suivre, et un Mode Complet où l'IA prend la main et finit le passage pour vous.

La principale différence avec le brevet Xbox, c'est que Microsoft mise aussi sur l'aide humaine et que le système détecte lui-même quand vous avez besoin d'un coup de main, au lieu d'attendre que vous le demandiez.

Juste un brevet pour le moment

Rappelons quand même qu'un brevet n'est pas une annonce produit. Microsoft et Sony déposent des dizaines de brevets chaque année, et la plupart ne voient jamais le jour.

Rien ne garantit que ce système arrivera un jour sur Xbox ou PlayStation. La nouvelle patronne de Microsoft Gaming, Asha Sharma, a tenu à préciser que l'entreprise ne produirait pas de "soulless AI slop", autrement dit pas de bouillie générée par l'IA sans âme. Ce qui donne une idée de la prudence affichée en interne.

Franchement, l'idée est intéressante sur le papier. Je suis tellement du genre à quitter définitivement un jeu dès que je bloque sur un boss ou un niveau, que ce genre de truc pourrait me plaire. Mais il y a quand même un truc philosophique là-dedans : si l'IA ou un inconnu finit le jeu à votre place, c'est encore votre partie ? Le brevet pose aussi la question de l'attribution des succès et des achievements.

Source : Dexerto

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