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Test du Wood’s LD40 : un déshumidificateur taillé pour les buanderies et le séchage du linge

L’humidité excessive dans un logement, on la remarque rarement du jour au lendemain. Elle s’installe sournoisement. D’abord une vague odeur de renfermé. Puis le linge qui ne sèche plus. Et un beau matin, les premiers points noirs apparaissent dans les joints de la salle de bain ou sur les murs. À ce stade, le problème est déjà bien ancré.

C’est à cette problématique que le Wood’s entend s’attaquer avec son LD40. Fabriqué en Suède, ce déshumidificateur à compresseur est pensé pour les grandes pièces humides avec une capacité d’extraction annoncée à 13 litres par jour et un réservoir de 11,4 litres. Mais au-delà de la déshumidification pure, c’est surtout son mode Laundry, dédié au séchage du linge donc, qui le distingue sur le papier de la concurrence. Nous l’avons installé pendant plusieurs semaines dans une pièce multiusage d’une vingtaine de mètres carrés servant notamment de buanderie. Un terrain d’essai idéal puisque cette pièce souffre d’une humidité chronique, avec un taux oscillant en moyenne autour de 70 % et des pics réguliers à 80 %.

Quelques repères pour mettre ces chiffres en perspective. Entre 40 et 60 %, on se situe dans la zone de confort recommandée pour la plupart des pièces de vie. Au-dessus de 60 % de manière prolongée, l’air est déjà trop chargé en humidité. Et à 80 %, les dégâts matériels et sanitaires deviennent concrets. Ce n’est d’ailleurs pas tant le chiffre ponctuel qui compte, mais la durée pendant laquelle une pièce reste à ce niveau.

Design et construction

Première impression en sortant le LD40 de son carton : c’est costaud. L’objet respire la solidité. Le châssis principal est en métal d’après les spécifications du fabricant. Ici, pas de plastique qui grince, pas de finitions approximatives. On sent un appareil conçu pour encaisser les années, ce que tend à confirmer sa garantie de dix ans… sous conditions d’enregistrement et de remplacement annuel du filtre, tout de même.

Test Wood's LD40

Visuellement, autant être clair : le LD40 n’a rien d’élégant. Son allure est brute, utilitaire, presque industrielle. 640×348×575 mm et 19,5 kg sur la balance. Pour vous donner une idée, c’est à peu près le gabarit d’une grosse valise cabine, en plus lourd. Pas le genre d’appareil que l’on place discrètement dans un coin du salon donc.

Le déplacement, en revanche, se révèle plus aisé qu’on ne le craignait. Les roulettes intégrées glissent correctement et permettent de bouger l’appareil d’une pièce à l’autre sans effort disproportionné malgré le poids. Tant mieux, car il y a fort à parier que vous aurez envie de le déplacer assez régulièrement.

Test Wood's LD40

Un détail nous a franchement agacés tout au long du test, cela dit. Le câble d’alimentation mesure à peine plus d’un mètre cinquante. Nous avons dû utiliser une rallonge dans chacune des trois pièces où nous l’avons testé. Sans exception. Et comme le câble sort par le côté de l’appareil et non par l’arrière, le positionnement contre un mur devient un casse-tête supplémentaire selon la disposition des prises.

Prise en main et interface

L’écran tactile situé sur le dessus ne pose aucun problème de compréhension. L’affichage est clair, les icônes parlantes. On bascule d’un mode à l’autre en quelques pressions et l’hygromètre intégré indique en temps réel le taux d’humidité ambiant. Pas besoin du manuel donc, même s’il faut signaler que tout est en anglais.

Mais l’ensemble dégage un côté « low tech » à la fois rassurant et frustrant quand on pense au tarif. Pas d’application pour piloter l’appareil à distance. Pas de wifi, pas de Bluetooth. Concrètement, si votre linge sèche plus vite que prévu et que vous souhaitez basculer du mode Laundry, très bruyant, vers le mode Easy, bien plus reposant pour les oreilles, il faudra vous lever et aller appuyer physiquement sur l’écran. Nous avons pesté contre cette limitation à peu près une fois par jour pendant toute la durée du test.

Test Wood's LD40
L’écran , aussi archaïque que fonctionnel.

On ne réclame pas de la connexion pour le plaisir d’en avoir. Mais pouvoir changer de mode à distance, ou ne serait-ce que programmer une bascule automatique depuis l’appareil lui-même, nous aurait semblé pertinent. Ce n’est pas possible. Pour un déshumidificateur vendu à ce niveau de prix, c’est un point que le fabricant suédois devrait sérieusement considérer sur les prochaines générations.

Quatre modes de fonctionnement sont proposés. Le mode Normal permet de définir un taux d’humidité cible grâce à l’hygrostat variable (réglable entre 35 et 75 % HR) et laisse ensuite l’appareil gérer le maintien de ce niveau en toute autonomie. Le mode Easy automatise l’ensemble pour une utilisation simplifiée, adaptée aux petites pièces. Le mode Laundry, nous y reviendrons en détail, cible spécifiquement le séchage du linge. Le dernier mode autorise un fonctionnement continu, 24 heures sur 24.

Test Wood's LD40

Efficacité de déshumidification

Entrons dans le vif du sujet. Dans notre pièce de test de 20 m², le taux d’humidité stagnait à 70 % en moyenne, avec des montées régulières à 80 %. Après mise en route du LD40, la baisse a été franche. En quelques heures à peine, l’hygromètre affichait déjà un recul sensible. Sur la durée du test, l’appareil est parvenu à stabiliser le taux aux alentours de 35 %. C’est le bas de sa plage de réglage. Et c’est aussi bien en dessous de la zone de confort habituellement recommandée, signe que la machine ne manque pas de puissance.

Test Wood's LD40
La mesure d’humidité dans la pièce la première fois que nous avons installé le LD40 dans la buanderie.

Le LD40 ne grignote pas quelques points d’humidité : il transforme carrément l’atmosphère d’une pièce. Au quotidien, nous avons constaté un air perceptiblement plus sec, la sensation de moiteur avait disparu, ce qui n’a rien d’anodin.

Test Wood's LD40
Après quelques heures seulement de fonctionnement.

Techniquement, l’appareil s’appuie sur un système à compresseur et un débit d’air pouvant atteindre 350 m³/h à plein régime. Autre point notable : il est capable de fonctionner dès 2 °C. Nous ne l’avons pas testé dans ces conditions extrêmes, mais le fabricant le destine aussi aux garages et sous-sols non chauffés en hiver. Un argument qui le démarque de plusieurs concurrents, lesquels cessent tout bonnement de fonctionner en dessous de 5 °C.

Test Wood's LD40
Après quelques jours, l’air de la pièce est véritablement transformé, passant de 80 % donc de taux d’humidité à une trentaine de pourcents !

On note aussi la présence d’un filtre SMF, spécifiquement conçu pour lutter contre les moisissures. Et pour ceux qui ne veulent pas se soucier de vider le bac, un raccord de tuyau au format 1/2 pouce (non fourni, malheureusement) autorise l’évacuation continue de l’eau collectée. Dans notre cas, l’absence de point d’évacuation dans la pièce de test ne nous a pas permis d’évaluer cette option, mais elle paraît particulièrement pertinente pour une installation dans un sous-sol ou un garage.

Le mode Laundry, ou l’atout maître

C’est là que le Wood’s LD40 sort véritablement du lot. Nous avons activé ce mode des dizaines de fois au cours de notre test. Le constat est sans appel : ça marche. Le principe est simple. On positionne l’appareil à proximité de l’étendoir, on lance le mode dédié, et le ventilateur souffle un flux d’air chaud et sec directement vers le linge.

Le résultat nous a franchement convaincus. Du linge qui mettait habituellement une journée complète à sécher, voire davantage en hiver porte fermée, se retrouvait prêt en quelques heures. Les serviettes de bain, souvent les plus récalcitrantes sur un étendoir classique, séchaient en moins d’une demi-journée. Nous avons même chronométré : une charge complète de serviettes épaisses, lavées à 60 °C, est passée de « trempée » à « sèche au toucher » en un peu moins de 6 heures. On n’ira pas jusqu’à prétendre que l’appareil remplace un sèche-linge. Mais pour ceux qui n’en possèdent pas, ou qui préfèrent étendre leur linge, le gain de temps est considérable.

Test Wood's LD40

L’autre avantage est que pendant qu’il sèche votre linge, le LD40 continue de déshumidifier la pièce. Car le problème du séchage en intérieur, tout le monde le connaît : le linge mouillé fait grimper l’humidité ambiante, ce qui ralentit le séchage et qui maintient l’humidité encore plus longtemps. Avec le LD40, ce cercle vicieux se brise puisque les deux fonctions travaillent de concert.

Le revers de la médaille, c’est le bruit. En mode Laundry, le LD40 tourne à plein régime. Nous y reviendrons dans la section suivante, mais sachez que la cohabitation avec ce mode dans une pièce de vie relève purement du masochisme. Dans une buanderie dont on peut refermer la porte, ça reste gérable. Et c’est précisément là que l’absence de programmation ou de commande à distance se fait cruellement sentir, car une fois le linge sec, il faut physiquement se déplacer pour repasser sur un mode plus silencieux.

Les nuisances sonores

Comme dit plus haut, le Wood’s LD40 n’est pas un appareil discret. Le fabricant annonce entre 45 et 55 dB selon le mode et la vitesse de ventilation. Nous avons vérifié avec notre sonomètre à environ un mètre de distance : 46 dB en mode Easy, 52 dB en mode Normal vitesse haute, et un pic à 56 dB en mode Laundry. C’est 1 petit dB au-dessus de la valeur annoncée par Wood’s pour ce dernier mode. Pour donner un ordre de grandeur, 46 dB se rapproche du ronronnement d’un réfrigérateur. 56 dB, c’est le volume d’une conversation soutenue entre deux personnes ou le bruit d’un micro-onde en fonctionnement. Sauf que ce « bruit de fond » ne s’arrête jamais tant que le mode est actif.

En mode Easy, on finit par l’oublier au bout de quelques minutes. Honnêtement, au bout du troisième jour, nous ne le remarquions même plus. Mais dès que l’appareil bascule en Laundry, impossible de regarder un film dans la même pièce sans monter le volume du téléviseur. Passer un appel téléphonique à côté de l’appareil en fonctionnement intensif n’est pas non plus une partie de plaisir.

Pour un usage en pièce dédiée avec la porte fermée, ce n’est pas du tout un souci. Pour un salon ou une chambre, il faudra accepter de cohabiter avec ce vrombissement permanent, ou bien ne lancer le mode Laundry que lorsque vous quittez la pièce.

L’entretien au quotidien

Avec ses 11,4 litres de contenance, le réservoir du LD40 figure parmi les plus généreux du marché. Un vrai atout, car il évite les vidanges trop fréquentes. L’appareil s’éteint automatiquement lorsque le bac est plein, ce qui prévient tout débordement.

Test Wood's LD40

Dans notre cas, avec un fonctionnement quasi quotidien dans une pièce à 70 % d’humidité moyenne, nous sommes tombés sur un rythme d’une vidange tous les deux jours environ. Tout à fait raisonnable. Attention cependant : le bac plein pèse aux alentours de 13 kg avec l’eau. Si vous laissez passer un jour de trop, le transporter jusqu’à l’évier sans en renverser demande un minimum de précaution. Nous parlons d’expérience.

Test Wood's LD40
(Tuyau d’évacuation non fourni).

Pour ceux qui préfèrent ne plus y penser du tout, la possibilité de raccorder un tuyau d’évacuation en continu reste une alternative séduisante. Le raccord est au format 1/2 pouce, mais le tuyau n’est pas inclus dans la boîte. On aurait apprécié qu’il soit fourni d’office, tant cette fonctionnalité semble taillée pour l’usage buanderie ou sous-sol que cible le LD40.

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