Vue lecture

Angèle : vers une mue électro sensuelle et audacieuse ?

Souvenez-vous : sous des lumières rouges tamisées, vêtue d’une combinaison noire moulante, la chanteuse Angèle faisait monter la température d’un cran en plein mois d’août. À l’occasion de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024, la Bruxelloise avait enflammé le Stade de France en interprétant le titre Nightcall, aux côtés de Kavinsky – son compositeur – et de Phoenix.

Annonce d’une ère plus électro et définitivement plus sensuelle ? Presque deux ans plus tard, la réponse est sans appel.

What You Want, ode à la liberté queer

Depuis Nonante-Cinq, paru en 2021 (et réédité en 2022 avec Nonante-Cinq La Suite), Angèle s’était faite plus discrète, ponctuant sa carrière de quelques collaborations remarquées avec Damso, Gazo ou Tiakola.

Mais ces dernières semaines, la jeune femme semait habilement des indices pour le moins alléchants : selfies en studio, reprise au piano de Neverender (Justice, Tame Impala)… De quoi attiser la curiosité de ses fans.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Angèle (@angele_vl)

Puis le 27 février, fin du suspense : What You Want, produit par le mythique duo de French Touch Justice, actait le grand retour de la popstar belge, accompagné d’un clip particulièrement hot. Au programme : baisers langoureux, avalanches de pommes – célèbre fruit défendu – et chorégraphies suggestives, le tout porté par un air electro-pop envoûtant et addictif.

Filmée en une nuit à l’iPhone par la compagnie de danse (LA)HORDE, la chanteuse déambule espièglement en robe rouge scintillante dans les rues de Marseille. Une errance nocturne ultra-sensuelle dans laquelle elle assume fièrement sa bisexualité.

Car oui, What You Want ne se contente pas d’explorer le désir amoureux : le titre s’impose comme une véritable ode à la romance queer et à la liberté sexuelle.

« Encore une bêtise, c’est tout ton maquillage sur ma bouche / Tu me dis que ça t’excite, on arrange ça dans la douche. »

Derrière ces paroles aguicheuses et ces images lascives se dessine l’émancipation d’une femme – et d’une artiste – prête à se réapproprier son histoire.

Nouvel album, nouvelle ère audacieuse ?

Selon les agents de la star belge, le single What You Want symboliserait « l’émergence d’une nouvelle voix pour l’électro, plus pop, jeune, féminine, queer et contemporaine.«  Si elle n’a pas encore dévoilé la date de sortie de son prochain disque, Angèle semble écrire un nouveau chapitre de sa carrière musicale, résolument plus décomplexé. 

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Angèle (@angele_vl)

Libérée, irrésistible, innarêtable : dans la continuité de sa performance plébiscitée aux JO, elle incarne une femme sûre d’elle, magnétique, qui n’a plus rien à cacher. Icône féministe – interprète du cinglant Balance Ton Quoi –, sa détermination n’en est que plus admirable au regard de son parcours.

En 2021, lors d’une projection en avant-première de son documentaire diffusé sur Netflix, elle revenait notamment sur le « vol » de son coming out bisexuel par le présentateur Cyril Hanouna : « Hanouna m’a outée. Il a été la première personne à dire en direct que j’étais avec une femme […] Mon coming out m’a été volé. J’ai réalisé assez tard que j’étais bi et c’était compliqué. J’aurais préféré choisir le moment. »

« Mon coming out m’a été volé. J’ai réalisé assez tard que j’étais bi et c’était compliqué. J’aurais préféré choisir le moment. »

Dès lors, une question s’impose : ce nouvel album sera-t-il l’occasion, pour Angèle, de se réapproprier pleinement sa sexualité ? En 2019, elle chantait Ta Reine pour briser les tabous autour du lesbianisme. En 2026, elle embrasse à pleine bouche une femme dans le clip de What You Want. CQFD.

  •