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Comment une fausse maladie a trompé les chatbots et infiltré la littérature scientifique

santé médecine

La bixonimanie n’existe pas, mais des articles de blogs et des prépublications sur cette maladie inventée par une chercheuse en médecine ont suffi à tromper plusieurs intelligences artificielles conversationnelles et à s’introduire dans un article scientifique officiel, soulevant d'inquiétantes questions sur la vérification des données à l’ère de la démocratisation de l’IA.

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Retour de Scrubs : une opération réussie ?

« I can’t do this all on my own / No, I know / I’m no Superman. » Si vous avez grandi dans cette époque sans smartphone que furent les années 2000, cette terrible pénitence pré-Netflix où le binge watching était impossible et l’attente entre deux épisodes, interminable, il est fort probable que les paroles du générique de Scrubs, extraites d’un titre du groupe Lazlo Bane, fassent remonter en vous ce drôle de sentiment sucré-salé qu’on appelle la nostalgie.

Durant 182 épisodes étalés sur une décennie, Zach Braff y incarna cet interne un peu gauche harcelé par le docteur Perry Cox (John C. McGinley), et son duo tout en bromance avec l’apprenti-chirurgien Turk (Donald Faison) donna lieu à quelques bons sourires typiques de l’écriture américaine des années post-Friends. Pas de cynisme, du second degré au bout de chaque bistouri et des histoires légères aux morales heureuses : Scrubs devint ce totem générationnel pas très éloigné de How I Met Your Mother.

Après neuf saisons (dont la dernière un peu poussive) et une tentative de web-série floppée (Scrubs: Interns), rideau sur la création de Bill Lawrence. Nous sommes alors en 2010, et personne n’imagine un jour revoir JD rouvrir les portes de l’hôpital du Sacré-Cœur. C’était sans compter sur les progrès de la médecine.

Coup de défibrillateur sur la nostalgie

S’il y a bien quelque chose à saluer chez Bill Lawrence, c’est son obstination à refuser la mort. Alors que la série Grey’s Anatomy vient d’être confirmée pour une 23e saison (!), le créateur de Scrubs a quant à lui préférer miser sur la stratégie de contournement. Remis en selle ces dernières années par les succès médiatiques de deux autres de ses créations (Ted Lasso avec Jason Sudeikis, Shrinking avec Jason Segel), le scénariste américain finit par réussir l’impensable : convaincre ABC de remettre le couvert pour une nouvelle saison de neuf épisodes.

Pas avec un casting nouvelle génération, comme c’est souvent le cas avec les mauvais reboots (Melrose Place en 2009 et MacGyver en 2016, pour ne citer qu’eux), mais avec l’équipe historique qui, visiblement, ne s’est pas fait prier. C’est ainsi qu’on retrouve dans cette nouvelle version Zach Braff et Donald Faison, mais aussi Sarah Chalke dans le rôle d’Elliot, Judy Reyes dans celui de Carla et, bien sûr, le mythique John C. McGinley dans la peau du pince-sans-rire Dr Cox.

Dès le premier épisode, même générique et même ambiance : c’est comme si l’hôpital du Sacré-Cœur n’avait jamais fermé ses portes. À ceci près que Zach Braff a désormais 51 ans et qu’il semble aussi botoxé que Mike Myers et Jim Carrey. Terrible tragédie du cordonnier mal chaussé : on peut incarner un médecin à l’écran et ne pas choisir le meilleur dans la vraie vie.

Vieux docs versus TikTok

Une fois passée l’appréhension d’assister à une mortifère soirée entre vieux amis du lycée, ce retour évacue finalement très rapidement les 15 années de silence des personnages. JD est devenu un docteur de seconde zone pour patients fortunés, son divorce avec Elliot ne s’est (spoiler alert) pas très bien passé.

Quant au reste du personnel, c’est presque comme s’il n’était pas sorti de l’hôpital depuis l’arrêt des caméras en 2010 : Turk, Carla, le Dr Cox et même « The Todd » continuent de soigner des patients en faisant des blagues un peu lourdes. Sauf que tous ces personnages historiques sont désormais des adultes devant composer avec le nouveau monde et une escouade d’internes dopés à TikTok et à des références impossibles à capter pour cette équipe née avant l’invention de la 5G.

Dépassée par la nouvelle génération, l’ancienne n’en est alors que plus attachante. On se prend à apprécier les rides sur le visage des acteurs historiques, avec cette impression de passation entre maîtres et apprentis. Une espèce de Star Wars chirurgical à la fois totalement anachronique et intemporel, tant Bill Lawrence a souhaité tout garder en l’état, aidé en cela par l’appui de Braff, Faison et Chalke, tous producteurs exécutifs de ce reboot.

Un lifting gagnant

« Pourquoi ressembles-tu à une vieille lesbienne ménopausée ? », s’étonne un interne ambitieux en s’adressant à JD, dans l’épisode 2. Une réplique hilarante au diapason du reste des dialogues, qui prouve que, même arrivés à l’âge du premier dépistage colorectal, les héros de l’hôpital ne sont pas encore prêts à respecter le serment d’hypocrite.

En évitant le jeunisme à tout prix et en conservant un rythme ramassé (20 minutes par épisode), Scrubs propose une immédiateté à rebours des productions actuelles. Autrement dit, la série n’est pas ce qu’on aurait pu craindre, à savoir un reboot sous perfusion, piloté par des responsables de production robotisés, exigeant un récapitulatif de l’intrigue toutes les deux répliques de peur de perdre l’attention des jeunes audiences biberonnées à Netflix (une critique souvent faite à la saison 5 de Stranger Things).

Un pari visiblement payant, puisque la diffusion du premier épisode a réuni plus de 11 millions de spectateurs en seulement cinq jours. Un score encourageant pour ce vieux patient qu’on croyait mort, mais qui devra être suivi d’effet pour être définitivement sorti d’observation. Au bout du couloir, l’espoir d’une saison 2 pour ce qui apparaît déjà comme une greffe réussie.

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HCW@Home v6 : réécriture complète en Django/LiveKit, exit MongoDB

En septembre 2023, nous publiions une dépêche sur HCW@Home, notre logiciel libre de téléconsultation médicale sous licence GPL-3.0. Les retours avaient été nombreux et constructifs, et nous remercions chaleureusement la communauté.

Qu’est-ce que HCW@Home ?

HCW@Home (Healthcare Worker @Home) est un logiciel libre (GPLv3) de téléconsultation médicale, conçu pour permettre aux professionnels de santé de mener des appels vidéo avec leurs patients sans friction : la création d’un compte patient n’est pas nécessaire, un simple lien suffit pour rejoindre une consultation. Les comptes existent mais restent optionnels. Le logiciel intègre une salle d’attente virtuelle, la gestion des rendez-vous, l’échange de documents et de messages, et s’interface avec les systèmes SSO existants via OpenID Connect. Le projet est né d’une collaboration avec les Hôpitaux Universitaires de Genève et a permis des dizaines de milliers de consultations à distance pendant la crise du COVID. Il est aujourd’hui utilisé notamment par des organisations humanitaires comme MSF et le CICR.

Capture d'écran du logiciel

Pourquoi une réécriture ?

La critique principale de la communauté était légitime : notre dépendance à MongoDB (licence SSPL, non reconnue comme libre par la FSF ni l’OSI) rendait l’ensemble de la stack discutable d’un point de vue copyleft. Des échanges avaient même eu lieu avec l’équipe de FerretDB, qui s’était manifestée directement sur la dépêche. Malgré leur bonne volonté, la migration n’avait pas été concluante à l’époque. Autre faiblesse pointée : une architecture difficile à maintenir sur le long terme.

Nous avons entendu tout cela.

HCW@Home v6 : réécriture from scratch

Grâce à un financement obtenu ces dernières années, nous avons pu reprendre le projet à zéro. Les changements majeurs :

  • Backend : réécriture complète en Python/Django, avec l’interface d’administration native, une API REST et une architecture bien plus maintenable.
  • Visioconférence : remplacement de l’ancienne solution par LiveKit (Apache 2.0), serveur WebRTC auto-hébergeable et extensible.
  • Fonctionnalités disponibles en option, sans aucune dépendance à un service tiers : enregistrement des réunions, sous-titres en temps réel via Whisper, connectivité SIP.
  • Calendrier : intégration CalDAV pour la gestion des rendez-vous.
  • Côté praticien : mode Picture-in-Picture pendant les appels, gestion des suivis, possibilité de publier des créneaux de disponibilité que les patients peuvent ensuite réserver directement.
  • Coté patient : nouveau tableau de bord permettant aux patients de faire une demande de consultation.

La solution est déployable via Docker Compose, Kubernetes ou paquet Debian, selon les préférences et contraintes de l’hébergeur.

Une convergence involontaire avec La Suite Numérique

En choisissant cette stack, nous avons sans le vouloir rejoint les mêmes choix techniques que La Suite Numérique, l’initiative open source de la DINUM (Direction interministérielle du numérique) visant à fournir aux agents de l’État français une alternative souveraine aux outils Microsoft et Google. Leur outil de visioconférence Meet repose en effet exactement sur la même combinaison Django + LiveKit + PostgreSQL qui est pour nous validation plutôt rassurante.

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Physiocab : un logiciel libre de gestion pour kinésithérapeutes

Physiocab est un logiciel libre de gestion de cabinet de kinésithérapie, développé sous licence Affero GPL 3.0 et hébergé sur Codeberg. Le projet est porté par la société Allium SAS, dans le cadre de la plateforme communautaire Kalinka, dédiée aux kinésithérapeutes francophones.

Le projet vient de passer en beta publique (v0.9) et cherche des testeurs et contributeurs.

Pourquoi un logiciel libre pour les kinés ? Le secteur de la santé libérale souffre d'une offre logicielle dominée par des solutions propriétaires onéreuses, souvent opaques sur le traitement des données de santé. Physiocab propose une alternative : un code auditable, des données stockées localement sous la responsabilité du praticien.

Fonctionnalités

La beta couvre déjà un large périmètre fonctionnel :

  • Planning hebdomadaire en drag & drop, avec export PDF et gestion des semaines exceptionnelles, particulièrement orienté vers les kinés intervenant en multi-établissements.
  • Bilans Diagnostiques Kinésithérapiques (BDK) avec tests standardisés (TUG, Tinetti, Handgrip, EVA, évaluation du risque de chute…), export de PDF et historique comparatif.
  • Suivi des séances avec de multiples exercices structurés (équilibre, force, endurance, mobilisation), chronométrage automatique et calcul de progression.
  • Application tablette en PWA : fonctionne hors connexion grâce à un Service Worker, s'installe sans passer par un store, interface optimisée tactile.

Stack technique

Backend : Python 3.10+
Base de données : PostgreSQL 12+
Frontend tablette : PWA (Progressive Web App)

L'application est multi-plateforme côté client (Windows, macOS, Linux, iOS, Android). La communication entre l'appli de bureau et l'appli PWA se fait de manière directe via PeerJs. Cette méthode ne nécessite pas de préparation contraignante comme l'ouverture de ports.

Les données sont stockées localement, ce qui implique que le praticien reste maître de ses sauvegardes et de sa conformité RGPD.

Le logiciel a été testé par un kinésithérapeute en situation réelle plusieurs jours d'affilée.

Modèle économique

L'utilisation est gratuite, sans limite dans le temps et sans frais cachés, la licence Affero GPL 3.0 en étant la garantie. Un support payant sur devis est proposé pour les praticiens souhaitant une installation assistée, une formation à distance, des développements sur mesure ou un audit de sécurité.

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