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xAI attaque le Colorado en justice pour bloquer sa loi anti-discrimination sur l'IA

xAI vient de déposer plainte devant un tribunal fédéral du Colorado pour faire annuler le SB 24-205, une loi qui doit entrer en vigueur le 30 juin prochain. Ce texte impose aux développeurs de systèmes d'IA "à haut risque" de mettre en place des garde-fous contre les discriminations algorithmiques.

Sont concernés les outils utilisés pour prendre des décisions dans l'emploi, le logement, l'éducation, la santé et les services financiers. En clair, si votre IA aide à trier des CV ou à accorder un prêt, elle doit prouver qu'elle ne discrimine personne.

Le problème pour xAI, c'est que Grok, son modèle phare, tomberait pile dans cette catégorie. L'entreprise d'Elon Musk estime que la loi l'obligerait à modifier le fonctionnement de son IA pour "refléter les opinions de l'État du Colorado sur la diversité et la discrimination" plutôt que de rester objective.

Le premier amendement comme bouclier

L'argument principal de xAI tient en un mot : liberté d'expression. Dans sa plainte, l'entreprise affirme que la loi du Colorado viole le premier amendement de la Constitution américaine.

Elle reproche au texte d'interdire aux développeurs de créer des systèmes d'IA qui produisent "un discours que l'État du Colorado n'aime pas", tout en les forçant à aligner leur travail sur les préférences de l'État.

C'est un angle juridique assez audacieux. Considérer qu'un modèle d'IA produit du "discours" protégé par la Constitution, ça revient à dire que le code et les réponses générées par une machine sont une forme d'expression. xAI demande au tribunal de déclarer la loi inconstitutionnelle et d'empêcher son application.

Washington contre les États

Derrière cette plainte, il y a un bras de fer plus large entre régulation fédérale et régulation locale. xAI cite des décrets de la Maison Blanche qui critiquent la multiplication des lois étatiques sur l'IA.

L'administration Trump pousse pour un cadre national unique, estimant qu'un patchwork de réglementations état par état freinerait la compétitivité américaine et poserait des problèmes de sécurité nationale.

Le Colorado fait figure de pionnier sur le sujet. Le SB 24-205 est l'une des lois les plus complètes du pays en matière de régulation de l'IA. Elle oblige les développeurs à fournir une documentation détaillée sur les risques de leurs systèmes, à publier un site web résumant leurs pratiques, et à signaler toute discrimination algorithmique découverte au procureur général dans les 90 jours.

xAI, qui a récemment fusionné avec SpaceX, attaque moins de trois mois avant l'entrée en vigueur du texte. Si le tribunal donne raison à Musk, ça pourrait décourager d'autres États de légiférer sur le sujet. À l'inverse, un rejet de la plainte renforcerait la légitimité de ce type de régulation locale.

En tout cas, utiliser le premier amendement pour protéger une IA de toute obligation anti-discrimination, c'est un précédent que beaucoup de juristes vont suivre de près.

Source : Bloomberg Law

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Loi Sûre - Le FNAEG veut puiser dans l'ADN récréatif américain

Gérald Darmanin veut que la France aille puiser dans les ADN stockés chez les sociétés américaines de tests récréatifs pour faire tourner le FNAEG. Rien que ça !! Ces tests sont pourtant interdits dans l'Hexagone depuis belle lurette, et la fiabilité de ces boîtes est tellement douteuse qu'elles ont déjà validé des échantillons d'ADN de chien comme des résultats humains parfaitement cohérents. Franchement, y a de quoi hurler.

Bienvenue dans la Loi Sûre !

Le garde des sceaux a annoncé la couleur le 20 octobre dernier depuis le pôle cold cases du tribunal judiciaire de Nanterre. Le projet de loi SURE (pour Sanction Utile, Rapide et Effective) est arrivé en Conseil des ministres le 18 mars de cette année, avec passage au Sénat cette semaine du 13 avril et débat à l'Assemblée Nationale prévu pour juin. Au menu, la généalogie génétique autorisée sous contrôle du juge, réservée aux crimes les plus graves comme les meurtres, viols, et autres enlèvements. Selon Darmanin, une trentaine d'affaires non élucidées trouveraient ainsi une réponse, et les 50 000 traces du FNAEG qu'il mentionnait sans correspondance connaîtraient peut-être enfin leur propriétaire. Vous vous souvenez peut-être de Bruno L., surnommé le "prédateur des bois" ? C'est déjà comme ça qu'il a été coincé fin 2022, avec un coup de main du FBI. C'était une première en France.

Alors sur le papier, ça sonne plutôt bien. Sauf que le problème c'est que la technique repose sur un truc vraiment gênant : comparer l'ADN d'une scène de crime avec les bases américaines remplies de millions d'échantillons envoyés volontairement par des particuliers curieux de leurs origines.

En fait, ces tests ADN récréatifs sont interdits en France depuis des années. L'article 16-10 du Code civil limite l'examen génétique à des fins médicales ou scientifiques, et le Code pénal (article 226-28-1) prévoit 3 750 euros d'amende.

En 2019, le député Jean-François Eliaou déposait d'ailleurs la question (question parlementaire n°15638 pour ceux qui la veulent) pour rappeler que ces pratiques constituent une "atteinte à la personne humaine". Sauf qu'en pratique, rien n'a jamais empêché les curieux de balancer leur crachat dans une enveloppe direction le Texas ou Israël. Alors pour rattraper le coup, plutôt que d'assumer ce vide juridique, le Garde des Sceaux préfère aller exploiter les données qu'on aurait jamais dû laisser partir. Certes la loi sera encadrée par un juge, mais ça ne change rien à l'origine bancale des échantillons.

Et puis y'a la fiabilité de ces boîtes. Vous allez voir, c'est dingue. Gizmodo avait documenté le cas d'une société de tests qui avait analysé sans sourciller un échantillon d'ADN de labrador en lui crachant un beau résultat de généalogie humaine. Des journalistes ont aussi obtenu des rapports cohérents avec des échantillons bidons. J'en parlais déjà en 2018 dans un vieil article , et rien n'a vraiment bougé depuis. Ces sociétés vendent du rêve sur de la flotte, parce que leur modèle économique repose sur le divertissement, pas sur la rigueur forensique.

Et c'est avec ce genre de base qu'on veut bâtir des enquêtes criminelles françaises ??? Serieux ?

Attendez, y'a pire ! Bah oui, n'importe qui peut s'inscrire avec le nom qu'il veut et envoyer l'ADN de son voisin. Ou de son ex. Ou de la personne qu'il rêve de coincer pour un règlement de compte. Aucune vérification d'identité sérieuse, aucune authentification du donneur. Donc autant dire qu'un type un peu motivé peut polluer une base entière avec des échantillons bidons, et regarder ensuite le FNAEG avaler des correspondances pourries sans broncher. C'est du grand art.

Bienvenue dans le consentement éclairé à la sauce marketing.

Et pendant ce temps, le Comité Consultatif National d'Éthique, qui devrait normalement être saisi sur un texte qui légalise l'exploitation de données génétiques obtenues hors cadre légal français, n'a pas été consulté par le gouvernement sur cette Loi SURE.

Voilà, voilà. Encore de la grande démocratie bien exécutée, comme à leur habitude...

Bref, petit rappel, les amis, si vous avez déjà envoyé votre ADN à ce genre de boîte, foncez dans vos paramètres pour vous "opter out". Ça ne retirera pas l'échantillon des bases, mais vous sortirez des listes de matches accessibles aux enquêteurs.

C'est toujours ça de pris.

Source : Le Monde

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La Corée du Sud impose un accès mobile universel à ses opérateurs

Le ministère sud-coréen des Sciences vient d'annoncer un programme d'accès mobile universel. Le principe : une fois votre forfait data épuisé, vous ne tombez plus dans le néant. Les trois opérateurs du pays (SK Telecom, KT et LG Uplus) devront fournir un débit illimité à 400 kbps à tous leurs abonnés, sans frais supplémentaires. Plus de 7 millions de personnes sont concernées par la mesure.

400 kbps, ça ne fait rêver personne. Mais c'est assez pour envoyer des messages, consulter ses mails, utiliser une appli de navigation ou passer un appel en VoIP. Dans le faits, il n'est pas question ici de remplacer un véritable forfait avec du bon débit, mais de s'assurer que personne ne se retrouve vraiment coupé du réseau, et c'est loin d'être bête.

Des forfaits 5G à moins de 10 euros

Les opérateurs se sont aussi engagés à lancer des forfaits 5G à 20 000 wons maximum, soit environ 13,50 dollars. Pour un pays où la 5G est omniprésente depuis des années, c'est un signal fort : le gouvernement veut que tout le monde puisse y accéder, pas seulement ceux qui peuvent se payer les offres premium.

Ce programme va d'ailleurs plus loin, puisqu'il prévoit aussi des enveloppes data et des appels offerts pour les personnes âgées, et un meilleur Wi-Fi dans les métro et les trains. L'idée là est vraiment d'attaquer tous les angles de la fracture numérique, et c'est assez fou, quand on sait à quel point le pays est pourtant déjà avancé sur ces sujets.

Pourquoi maintenant ?

Le timing n'a rien d'anodin. Les trois opérateurs sud-coréens sortent d'une série de scandales qui a sérieusement entamé la confiance du public. On parle par exemple de SK Telecom, qui a subi une grosse fuite de données l'année dernière, avec 23 millions de données SIM qui se sont retrouvées dans la nature, et plusieurs failles qui ont permis plusieurs intrusions depuis 2021.

L'opérateur a écopé d'une amende record de 97 millions de dollars et a perdu près de 800 000 clients en un mois. LG Uplus a eu droit à son propre épisode avec 3 To de données clients retrouvées sur le dark web. Et KT n'a pas été épargné non plus, entre des failles sur ses femtocells et des accusations de distribution de malware.

Le vice-Premier ministre Bae Kyunghoon a été assez direct : il ne suffit plus de promettre que ça ne se reproduira pas. Les opérateurs doivent montrer de "l'innovation et une contribution" que les citoyens puissent "percevoir concrètement". Fini les excuses donc.

Un modèle à suivre ?

La Corée du Sud traite ici l'accès au réseau mobile comme un droit fondamental. C'est un virage que peu de pays ont pris aussi franchement. En Europe, on parle beaucoup de service universel, mais ça reste souvent cantonné au fixe ou au très haut débit filaire.

L'approche coréenne a le mérite d'être pragmatique. Plutôt que de légiférer dans le vide, le gouvernement s'appuie sur les scandales récents pour forcer la main aux opérateurs. Du donnant-donnant : vous avez perdu la confiance du public, vous la regagnez en offrant un service minimum garanti. Reste à voir si 400 kbps en 2026, ça tient la route au quotidien.

Source : The Register

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Ce fabricant de tracteurs accepte de payer 99 millions de dollars pour le droit à la réparation

Le fabricant de tracteurs John Deere vient de signer un accord à 99 millions de dollars pour régler un recours collectif lié au droit à la réparation. L'entreprise devra aussi fournir pendant dix ans les outils logiciels permettant aux agriculteurs de réparer leurs machines eux-mêmes. Un dossier qui fait écho aux combats menés contre Apple et d'autres constructeurs tech.

Des tracteurs verrouillés par le logiciel

Le procès remonte à 2022. Des agriculteurs américains ont attaqué John Deere en l'accusant de verrouiller ses tracteurs, moissonneuses et autres engins agricoles par le logiciel, et de forcer ses clients à passer par des concessionnaires agréés pour la moindre réparation.

Le problème est le même que celui qu'on connaît dans le monde des smartphones ou des ordinateurs portables : le constructeur contrôle les outils de diagnostic et refuse de les partager avec des réparateurs indépendants ou avec les propriétaires des machines.

Certains agriculteurs en étaient arrivés à pirater le logiciel de leurs propres tracteurs pour pouvoir les réparer. John Deere avait signé un accord préliminaire en 2023 pour donner un accès limité aux outils de diagnostic, mais ça n'avait pas suffi à calmer les choses.

99 millions et 10 ans d'outils de réparation

L'accord prévoit un fonds de 99 millions de dollars pour indemniser les agriculteurs qui ont payé des réparations chez des concessionnaires agréés entre janvier 2018 et la date d'approbation de l'accord. Les plaignants devraient récupérer entre 26 et 53% des surcoûts facturés, ce qui est bien au-dessus de la moyenne habituelle dans ce type de recours (entre 5 et 15% en général).

John Deere s'engage aussi à fournir pendant dix ans les outils numériques nécessaires à la maintenance, au diagnostic et à la réparation de ses machines.

L'accord doit encore être validé par le tribunal fédéral de l'Illinois. John Deere continue de nier toute faute, mais accepte quand même de payer. Et l'entreprise fait en plus l'objet d'une plainte séparée de la FTC, la commission fédérale du commerce, qui l'accuse de verrouiller abusivement ses processus de réparation.

Un signal pour toute l'industrie tech

Ce dossier dépasse le monde agricole. Le droit à la réparation est un sujet qui concerne aussi Apple, Samsung, et à peu près tous les fabricants d'appareils électroniques. En Europe, la législation avance sur le sujet, et aux Etats-Unis, plusieurs Etats ont déjà voté des lois pour obliger les constructeurs à partager leurs outils de diagnostic et leurs pièces détachées.

L'accord Deere est un des plus gros règlements financiers dans ce domaine, et il pourrait servir de référence pour d'autres procédures similaires dans l'automobile ou l'électronique grand public.

99 millions de dollars et dix ans d'engagement, c'est quand même un gros signal. Quand un fabricant de tracteurs est contraint de lâcher ses outils de diagnostic sous pression juridique, on imagine bien que les fabricants de smartphones et de PC prennent des notes.

Le parallèle avec Apple est direct : la marque a longtemps freiné la réparation indépendante avant de faire des concessions sous la pression des législateurs. En tout cas, c'est une bonne nouvelle pour les consommateurs, et pas que les agriculteurs.

Source : Reuters

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Piratage : Google, Cloudflare et Cisco contraints de bloquer des sites pirates en France

La cour d'appel de Paris vient de confirmer que les fournisseurs de DNS alternatifs doivent bloquer l'accès aux sites de streaming et d'IPTV pirates. Google, Cloudflare et Cisco ont perdu leur appel face à Canal+.

Cinq appels rejetés d'un coup

La cour d'appel de Paris a tranché cinq affaires distinctes dans lesquelles Canal+ demandait à Google (Google Public DNS), Cloudflare (1.1.1.1) et Cisco (OpenDNS) de bloquer des centaines de noms de domaine liés à du streaming illégal. Les trois entreprises avaient fait appel des ordonnances rendues en première instance par le tribunal judiciaire de Paris.

C'est la première fois qu'une cour d'appel française valide ce type de blocage DNS en s'appuyant sur l'article L.333-10 du Code du sport, qui permet aux détenteurs de droits d'exiger le blocage de domaines en cas de piratage grave et répété.

Les arguments qui n'ont pas fonctionné

Cloudflare et Cisco avaient plaidé que leurs services avaient une fonction "neutre et passive", comparable à un annuaire qui traduit des noms de domaine en adresses IP. La cour a estimé que cette neutralité était tout simplement hors sujet : ce qui compte, c'est la capacité technique à bloquer un accès, pas la nature du service.

Google a tenté un autre angle en expliquant que le blocage DNS était inefficace puisqu'il suffit d'un VPN pour le contourner. La cour a balayé l'argument en rappelant que tout système de filtrage peut être contourné, et que ça ne le rend pas inutile pour autant.

Cisco avait aussi chiffré le coût de mise en place à 64 semaines-personne de travail. Pas suffisant non plus pour convaincre les juges.

Canal+ continue de pousser

Cette décision s'ajoute à celle obtenue contre les fournisseurs de VPN fin 2025, quand NordVPN, ExpressVPN et d'autres avaient eux aussi été contraints de bloquer des sites pirates en France.

Canal+ verrouille progressivement tous les moyens de contournement. Et la chaîne ne compte visiblement pas s'arrêter là : le blocage d'adresses IP serait déjà en test, avec un premier essai lors de Roland-Garros.

Les frais de mise en place sont à la charge de Google, Cloudflare et Cisco.

Canal+ est en train de poser des briques une par une. D'abord les FAI, puis les VPN, maintenant les DNS. On imagine bien que le blocage IP est la prochaine étape.

Côté efficacité, ça reste un jeu du chat et de la souris, mais la justice française envoie un signal clair : si un service technique peut aider à bloquer du piratage, il devra le faire. Et à ses frais, en plus.

Source : Torrent Freak

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Euro-Office veut remplacer Microsoft 365, mais OnlyOffice crie au vol

Une coalition d'entreprises européennes vient de lancer Euro-Office, une suite bureautique open source qui ambitionne de concurrencer Microsoft 365. Le problème, c'est que le projet est un fork d'OnlyOffice, et ce dernier accuse Nextcloud et IONOS de violer sa licence.

Un projet présenté au Bundestag

Euro-Office a été dévoilé le 27 mars à Berlin, directement au Bundestag. Derrière le projet, on retrouve huit organisations européennes : IONOS, Nextcloud, Eurostack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian et BTactic.

L'idée est de proposer une suite bureautique capable d'éditer documents, tableurs et présentations, avec une compatibilité Microsoft complète, le tout sous contrôle européen.

Plutôt que de repartir de zéro, la coalition a choisi de forker le code open source d'OnlyOffice, jugé plus moderne et performant dans un navigateur que les alternatives dérivées de LibreOffice. Une préversion est d'ailleurs déjà proposée sur GitHub, et la première version stable est annoncée pour cet été.

OnlyOffice accuse de violation de licence

Et voilà que ça se complique. Deux jours après l'annonce, OnlyOffice a publié un billet de blog accusant Nextcloud et IONOS de violer les conditions de sa licence AGPL v3.

Le reproche est précis : Euro-Office aurait supprimé toutes les références à la marque OnlyOffice, alors que la licence impose de conserver le logo et les attributions dans les travaux dérivés. Ces conditions supplémentaires ont été ajoutées en mai 2021 via la section 7 du fichier LICENSE.txt.

Côté Nextcloud, on se défend en affirmant que les forks font partie de l'ADN de l'open source. L'entreprise dit avoir consulté Bradley M. Kuhn, le créateur de la licence AGPL, qui soutiendrait leur position "à 100 %".

La Free Software Foundation serait aussi de leur côté. Nextcloud avance par ailleurs que la collaboration directe avec OnlyOffice était compliquée, pointant les origines russes de l'équipe fondatrice. OnlyOffice rétorque que sa propriété intellectuelle est détenue en Lettonie (Ascensio System SIA) depuis 2009, que sa holding est à Singapour, et que l'activité russe a été cédée à des investisseurs locaux en 2019.

La souveraineté numérique en toile de fond

Le timing n'est pas anodin. Partout en Europe, des administrations et des entreprises cherchent à réduire leur dépendance aux outils américains.

Euro-Office arrive avec un argument fort : une suite bureautique développée et hébergée en Europe, sans dépendance vis-à-vis d'acteurs non européens. C'est exactement ce que réclament plusieurs gouvernements depuis des années.

C'est quand même un drôle de démarrage pour un projet censé incarner la souveraineté numérique européenne. On lance une alternative à Microsoft en forkant le code d'une société enregistrée en Lettonie mais aux racines russes, et trois jours plus tard on se retrouve avec une accusation de violation de licence sur les bras.

Le fond du débat juridique est intéressant : est-ce qu'on peut forker un logiciel AGPL et retirer les mentions de la marque originale ?

Source : OnlyOffice.com

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Piratage du fichier des armes – 41 000 détenteurs exposés

Le fichier national qui recense toutes les armes détenues en France vient de se faire trouer en version XXL !

En effet, un affreux pirate a réussi à exfiltrer les données liées à la possession de plus de 62 000 armes, et parmi elles, les noms, prénoms, dates de naissance, adresses email et surtout les adresses postales de leurs propriétaires. Mais ce n'est pas tout puisque le fichier contiendrait également le détail complet de chaque arme (modèle, calibre, numéro de série, classement) ainsi que l'historique des transactions (ventes, cessions, réparations, destructions).

Donc on a maintenant dans la nature un joli tableur Excel avec en colonne A le numéro de série de votre Beretta, et en colonne B votre adresse.

J'vois vraiment pas ce qui pourrait mal tourner... 🤡

Alors pour ceux qui débarquent, le SIA (Système d'Information sur les Armes) c'est LA base de données du ministère de l'Intérieur dans laquelle tous les détenteurs d'armes doivent obligatoirement s'enregistrer. Que vous soyez chasseur avec votre Browning, tireur sportif avec votre Glock ou que vous ayez hérité du vieux Manufrance de papy, vous êtes dedans !!

Le ministère a d'ailleurs confirmé l'intrusion dans un courrier envoyé aux personnes concernées (environ 41 000 détenteurs selon les dernières estimations).

En fait, le cybercriminel a compromis les identifiants d'un armurier situé dans le département 84 (c'est le Vaucluse pour les nuls en géo) et a accédé à son Livre de Police Numérique (LPN), le registre dématérialisé qui liste toutes les transactions d'armes du professionnel et qui est directement interconnecté avec le SIA.

Les identifiants de l'armurier auraient pu être récupérés via du phishing, un logiciel espion ou même le vol d'un ordinateur... bref, les classiques, et cerise sur le gâteau, le pirate affirme même avoir été interrompu en pleine exfiltration, ce qui veut dire qu'il aurait pu aspirer encore plus de données s'il n'avait pas été coupé dans son élan.

Le ministère se veut rassurant (lol) en précisant que "le système d'information sur les armes n'a pas été atteint" directement. Mouais... techniquement c'est vrai, c'est le compte pro de l'armurier qui a sauté et pas le SIA en lui-même. Mais en vrai le résultat est le même pour les gens dont l'adresse postale se balade maintenant sur un forum du dark web.

Côté butin, le pirate revendique pas moins d'un listing de 62 511 armes se composant de 46% de carabines, 29% de fusils de chasse, 11% de fusils à pompe et 8% d'armes de poing, le tout allant de la catégorie B (soumise à autorisation) à la catégorie C (sur déclaration).

L'Union Française des amateurs d'Armes (UFA) tempère en rappelant que la base contient plusieurs millions d'armes, et que ces chiffres "tendent à faire penser que la fuite ne concerne pas l'ensemble du système". Heureusement les gars ! Après 41 000 détenteurs avec leurs adresses et le numéro de série de leurs joujoux dans la nature, c'est quand même pas rien non plus.

Et surtout c'est pas la première fois. C'est même la troisième fuite liée au milieu des armes en 6 mois. En octobre 2025, la Fédération Française de Tir (FFTir) s'était déjà fait trouer, puis en janvier 2026 c'était au tour de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), et maintenant le SIA. Le trio gagnant !!

Les conséquences avaient d'ailleurs été très concrètes après la fuite FFTir puisque la préfecture de police avait alerté sur des repérages et prises de renseignement suspects signalés aux forces de l'ordre, avec des cambrioleurs qui débarquaient chez des tireurs sportifs pour récupérer leurs armes.

Le ministère a déposé plainte et notifié la CNIL et recommande de changer régulièrement de mot de passe et ne jamais communiquer ses identifiants. Merciiiii on n'y avait pas pensé ! Mais le plus beau c'est la mesure d'urgence annoncée en réaction car à partir du 1er avril 2026 (oui, demain), tous les professionnels devront activer la double authentification pour accéder à leur compte SIA. Oui, y'en n'avait pas... un simple identifiant + mot de passe suffisait pour accéder à une base qui gère les données de millions de détenteurs d'armes en France. Ça laisse rêveur.

Après, si vous êtes inscrit au SIA et que vous n'avez pas reçu le courrier du ministère, ça ne veut pas forcément dire que vous n'êtes pas touché alors dans le doute, méfiez-vous de tout appel ou visite prétendument officielle vous demandant de remettre ou montrer vos armes car la police, la gendarmerie et les douanes ne viendront jamais chez vous récupérer vos armes suite à une fuite de données. Donc si quelqu'un sonne à votre porte avec ce prétexte, c'est forcément une arnaque (ou pire...) comme ça s'est passé après la fuite FFTir.

Bref, entre le pistage permanent de nos données en ligne et toutes ces bases gouvernementales qui fuient comme des passoires , j'imagine que la prochaine étape, ça sera le vol et la diffusion du fichier des codes nucléaires mis à dispo sur un forum de script kiddies...

Source

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Un ingénieur a intégré la vérification d'âge dans Linux, et c'est la panique

Un développeur américain a soumis en une semaine des modifications à trois projets Linux majeurs pour y ajouter un champ de date de naissance, au nom de lois californiennes et brésiliennes qui entreront en vigueur en janvier 2027.

Le plus gros morceau, systemd, a accepté la modification et refuse de revenir en arrière. La communauté open source est depuis en ébullition.

Un développeur solitaire, trois projets visés

Dylan M. Taylor, ingénieur DevOps basé en Caroline du Nord, a soumis des pull requests à systemd, Ubuntu et Arch Linux en mars 2026. Son objectif : ajouter un champ "date de naissance" dans la base de données utilisateur de chaque système, pour se conformer à trois lois qui entrent en vigueur le 1er janvier 2027.

La loi californienne AB-1043, la loi du Colorado SB26-051 et la loi brésilienne Lei 15.211 imposent aux systèmes d'exploitation de collecter l'âge des utilisateurs dès la création du compte, puis de transmettre cette donnée aux magasins d'applications via une API.

Le plus surprenant, c'est que personne ne lui a demandé de faire ça. Taylor a lu les textes de loi, estimé que Linux devait s'y conformer, et s'est mis au travail tout seul.

Il a lui-même reconnu dans sa pull request pour Arch Linux que le système serait "totalement inefficace pour empêcher quiconque de mentir sur son âge". Il a qualifié sa propre fonctionnalité de "hilarante d'inutilité", mais a quand même insisté pour l'intégrer.

systemd a accepté, et le revert a été refusé

Côté systemd, la modification a été acceptée par Luca Boccassi, un mainteneur qui travaille chez Microsoft. La pull request a généré 945 commentaires. Quand un autre développeur a tenté de faire annuler la fusion, Lennart Poettering, le créateur de systemd (ancien Red Hat, passé par Microsoft), a personnellement rejeté la demande le 19 mars.

Son argument : le champ est optionnel, systemd ne force rien, et les distributions sont libres de l'utiliser ou non. Le champ date de naissance reste donc dans le code.

Côté Ubuntu, les deux pull requests sont restées à l'état de brouillon. Un vice-président de Canonical a précisé qu'il n'y avait "aucun plan concret" pour intégrer cette fonctionnalité.

Côté Arch Linux, le mainteneur a verrouillé la discussion en attendant un avis juridique. Et Artix Linux a pris la position la plus claire : jamais de vérification d'identité ni d'âge dans leur distribution.

Des lois qui posent un vrai problème technique

Ces lois partent du principe que c'est au système d'exploitation de jouer le rôle de contrôleur d'identité. Sauf que Linux n'est pas Windows ou macOS : c'est un projet communautaire, maintenu par des bénévoles et des entreprises aux intérêts variés.

Collecter des données personnelles dans un système open source pour les transmettre à des magasins d'applications, c'est un changement de philosophie assez radical.

Un développeur d'Ubuntu a proposé une approche différente : une interface D-Bus optionnelle, sans stocker de date de naissance brute. Plus respectueux de la vie privée, mais ça ne fait pas non plus l'unanimité.

On a donc là un ingénieur qui admet que sa propre fonctionnalité ne sert à rien, et qui l'intègre quand même dans un des composants les plus utilisés de Linux. Le tout validé par un mainteneur employé chez Microsoft. Difficile de ne pas remarquer le problème.

Que des lois imposent la vérification d'âge aux systèmes d'exploitation, c'est une chose. Mais que ça passe par un bénévole qui pousse du code dans un projet open source sans que personne ne s'en rende compte avant la fusion, c'est un peu particulier quand même.

Source : Sambent

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Strava trahit la position du porte-avions Charles-de-Gaulle en pleine mission

Le Monde a réussi à localiser le porte-avions nucléaire français Charles-de-Gaulle grâce à l'application de sport Strava. Un officier a enregistré un footing de 7 km sur le pont du navire avec sa montre connectée, et son profil public a diffusé les coordonnées GPS en temps réel.

Le navire était déployé en Méditerranée orientale, au large de Chypre, en pleine mission liée au conflit au Moyen-Orient.

Un footing de 7 km qui trahit un navire de guerre

Le 13 mars, à 10h35, un jeune officier prénommé Arthur a lancé un jogging sur le pont du Charles-de-Gaulle. 35 minutes de course, un peu plus de 7 km, et sa montre connectée a transmis le tout à Strava via Bluetooth.

Son profil étant public, n'importe qui pouvait voir le tracé GPS de sa course, et donc la position exacte du porte-avions. Le Monde a vérifié en croisant avec une image satellite de l'Agence spatiale européenne, qui a confirmé la présence du navire à seulement six kilomètres du point GPS.

Le Charles-de-Gaulle se trouvait à ce moment au nord-ouest de Chypre, à une centaine de kilomètres des côtes turques, dans le cadre d'un déploiement lié au conflit au Moyen-Orient.

En remontant le profil du même officier, Le Monde a aussi pu reconstituer les déplacements du navire sur plusieurs semaines : au large du Cotentin le 14 février, en mer Baltique le 27 février, avec une escale à Copenhague.

Pas la première fois que Strava met l'armée dans l'embarras

L'affaire fait partie d'une enquête plus large baptisée "StravaLeaks", que Le Monde avait déjà lancée à l'automne 2024. Les journalistes avaient alors identifié les gardes du corps d'Emmanuel Macron, de Donald Trump et de Vladimir Poutine via leurs activités sportives sur l'application.

Des agents de la DGSE en mission en Irak avaient aussi été repérés de cette manière. Au total, plus de 450 utilisateurs de Strava liés à l'armée française ont été actifs sur la plateforme au cours de la dernière décennie, et certains ont enregistré des séances à proximité de sites où sont amarrés des sous-marins nucléaires, à l'Île Longue.

Le problème est connu depuis 2018, quand un analyste avait remarqué que la carte de chaleur de Strava révélait des bases et des patrouilles américaines en Syrie, en Irak et en Afghanistan. Le Pentagone avait alors interdit les montres connectées en déploiement. Visiblement, la leçon n'a pas traversé toutes les frontières.

L'état-major reconnaît le problème

Du côté de la Marine nationale, la réponse est laconique : cette diffusion d'informations "n'est pas conforme aux consignes en vigueur".

Par défaut, les comptes Strava sont paramétrés en mode public, ce qui veut dire que chaque séance enregistrée est visible par n'importe qui. Il suffit d'une montre connectée qui passe les contrôles de sécurité à bord, d'un profil mal configuré, et la position d'un navire de guerre en mission se retrouve sur internet.

On a quand même du mal à croire qu'en 2026, après toutes les alertes de ces dernières années, un officier de la Marine puisse encore courir sur le pont d'un porte-avions nucléaire avec sa montre GPS en mode public sur Strava.

C'est le genre d'erreur qui ne devrait plus arriver. Mais bon, tant que les smartwatches ne seront pas simplement interdites à bord des navires en opération, ce type de fuite continuera à se produire. Et on ne peut pas vraiment conclure que c'est uniquement la faute du marin : c'est aussi un problème de procédure, parce qu'une montre qui passe le portique de sécurité sans déclencher d'alerte, c'est probablement un peu gênant.

Source : France Info

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Quand la publicité ciblée devient un outil de surveillance pour le gouvernement américain

Des documents obtenus par la presse révèlent que les douanes américaines ont utilisé les données de localisation issues du système publicitaire en ligne pour pister des téléphones. Et ce, sans mandat.

Le mécanisme repose sur les enchères publicitaires en temps réel, qui diffusent vos coordonnées GPS à des milliers d'entreprises chaque jour. Apple a limité la casse sur iPhone, mais ça ne suffit pas.

Comment vos applications vous trahissent

Le système est assez redoutable dans sa simplicité. À chaque fois qu'une publicité s'affiche dans une application sur votre smartphone, une enchère se joue en quelques millisecondes.

Votre téléphone envoie ce qu'on appelle une requête d'enchère, qui contient votre identifiant publicitaire, vos coordonnées GPS, votre adresse IP, le type d'appareil utilisé, et même vos centres d'intérêt supposés. Ces informations sont envoyées simultanément à des milliers d'annonceurs potentiels, et tous les participants reçoivent ces données, qu'ils remportent ou non l'enchère.

Des courtiers en données se font passer pour des acheteurs publicitaires et récoltent ces informations à grande échelle. Mobilewalla, par exemple, a collecté les données de plus d'un milliard de personnes, dont 60 % provenaient de ces enchères publicitaires selon la FTC (le gendarme du commerce américain).

Gravy Analytics, un autre courtier, a vu fuiter des données qui référençaient des milliers d'applications : Candy Crush, Tinder, Grindr, MyFitnessPal, des applications de grossesse ou religieuses. Beaucoup de développeurs ne savaient même pas que leurs applications alimentaient cette collecte.

Des agences fédérales clientes depuis des années

Entre 2019 et 2021, les douanes américaines ont mené un programme pilote pour tester si ces identifiants publicitaires pouvaient servir à reconstituer les déplacements de personnes sur le territoire. Le service de l'immigration (la célèbre ICE) et le FBI ont aussi acheté de la donnée de localisation auprès du courtier Venntel, et s'en sont servis pour identifier des immigrés ensuite arrêtés.

L'ICE a aussi acquis un outil appelé Webloc, qui collecte la position de millions de téléphones chaque jour et permet de lancer des recherches par zone géographique.

En mars 2026, 70 parlementaires américains ont demandé l'ouverture d'une enquête par l'inspecteur général du département de la sécurité intérieure. Le Montana est devenu le premier État à interdire aux autorités l'achat de données sensibles qui nécessiteraient normalement un mandat. Au niveau fédéral, une loi portée par le sénateur Ron Wyden a été votée par la Chambre en 2024, mais n'a pas passé le Sénat.

Ce que vous pouvez faire, et ce qu'Apple a déjà fait

Bonne nouvelle quand même pour les utilisateurs d'iPhone : depuis 2021, Apple demande systématiquement si vous autorisez le suivi publicitaire via la fonction "Demander à l'app de ne pas me suivre".

Résultat : 96 % des utilisateurs américains ont refusé le suivi, ce qui désactive l'identifiant publicitaire sur la plupart des iPhone. Une étude a même montré que les utilisateurs d'iPhone avaient subi moins de fraudes financières après cette mesure.

Côté Android, il est aussi possible de désactiver l'identifiant publicitaire, mais la démarche est bien moins visible. L'EFF (Electronic Frontier Foundation) recommande dans tous les cas de vérifier les permissions de localisation accordées à vos applications et de les limiter au strict minimum.

On savait que la publicité en ligne aspirait pas mal de données, mais là on parle quand même d'agences gouvernementales qui achètent tranquillement votre position GPS sans passer par un juge. Pour protéger sa vie privée , il ne suffit plus de refuser les cookies.

Le fait que par exemple, Apple, ait mis en place la transparence du suivi publicitaire sur iOS en 2021, et que 96 % des gens aient dit non, montre bien que personne ne souhaite être pisté. On ne peut pas vraiment conclure que le problème est réglé pour autant, car tout le système d'enchères publicitaires continue de fonctionner en arrière-plan, avec ou sans identifiant.

Source : Gizmodo

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Framasoft dit tout haut ce qu'on est nombreux à penser tout bas

Framasoft a publié aujourd'hui 2 articles sur le numérique public. Le premier, c'est un dossier ultra costaud (impressionnant !) qui tenez-vous bien, défend la Suite numérique de l'État (Tchap, visio LiveKit, France Transfert, Grist, assistant Mistral...) face à ses détracteurs.

Et le second, c'est une tribune parue dans l'Humanité, qui explique pourquoi le fantasme de l'"Airbus du numérique" est une impasse.

Sur la Suite numérique, Framasoft remet en fait les pendules à l'heure. OUI, le développement a coûté 9,3 millions d'euros, mais comparé au système de paie Louvois qui a coûté 500 millions ou à l' ONP qui a coûté un peu moins de 350 millions, on est clairement sur une autre échelle ! Ainsi, dans son article, Framasoft calcule que le coût annuel revient à 75€ par agent public. Franchement c'est pas "cher" quand on sait que c'est plutôt 300 à 590€ pour une licence Microsoft 365 ou un Google Workspace. Donc en fait, cette suite numérique, c'est pas forcément délirant comme investissement.

Ah et sur le fameux "Airbus du numérique", leur tribune est, elle aussi, limpide puisqu'elle nous explique que créer un champion européen du cloud, ça reviendrait à reproduire les mêmes erreurs que les GAFAM mais avec de l'argent public.

Le problème de cette approche en fait, c'est qu'on reste prisonnier du même modèle de centralisation des données, donc pour Framasoft, la seule vraie alternative, ce sont les communs numériques à savoir tout ce qui est logiciels libres, serveurs décentralisés, gouvernance collective...etc.

Après ça ne veut pas dire que c'est facile à mettre en place, mais au moins c'est pas du greenwashing à la con ou appelez ça comme vous voulez.

Voilà, si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que c'est un sujet qui me tient à cœur. J'en parle ici depuis des années, que ce soit quand Framasoft a lancé Dégooglisons Internet ou plus récemment avec le guide pour larguer Google . Et je suis assez attristé de voir que finalement, ce débat n'a pas bougé d'un pouce dans le cerveau de certaines personnes alors que de mon point de vue et de celui de Framasoft, c'est plutôt une bonne chose que l’État s'y mette enfin !

Bref, allez lire leurs deux articles, vous allez apprendre plein de trucs : Le dossier complet et la tribune !

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Reconnaissance faciale en open bar pour la police

Depuis 2022, TOUS les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale directement sur leur téléphone de service. En vous prenant en photo lors d'un contrôle (chiiiiiz 😀), ils peuvent ensuite, en quelques secondes, consulter un énooOoorme fichier contenant 9 millions de portraits.

Tu parles d'un trombinoscope !!

Voilà, c'est ce que révèle une enquête impressionnante du média Disclose , documents internes du ministère de l'intérieur à l'appui.

En bref, les forces de l'ordre sont équipées d'un gros smartphone baptisé NEO, un genre de pavé noir rectangulaire qui ressemble à une tablette de poche et dessus, y'a une appli avec accès direct au TAJ (traitement d'antécédents judiciaires), un fichier qui couvre plus d'un quart de la population française. Nom, date de naissance, adresse, profession... et parfois des infos sensibles comme l'appartenance politique ou religieuse.

Ce logiciel, développé par l'allemand Cognitec (sûrement la contraction du mot "tech" et du mot "cogner"... rooooh) , affiche les 200 photos les plus ressemblantes en moins d'une minute. C'est comme la reco faciale de Yandex mais en encore plus facile ! On ouvre l'appli sur l'écran, on sélectionne la photo dans l'album, on clique sur le bouton "rapprocher", et le serveur crache ses résultats. C'est dingue.

Sauf que OH BIZARRE l'utiliser lors d'un contrôle d'identité, c'est totalement illégal ! En effet, le code de procédure pénale limite l'accès au TAJ à des agents "individuellement désignés et spécialement habilités", dans le cadre strict d'enquêtes judiciaires (et aux hackers qui font fuiter les datas ^^). Eh oui c'est pas fait pour scanner des gamins assis sous un platane sur une place à Marseille. Déso, hein.

Et pourtant ! Disclose a recueilli les témoignages de six personnes photographiées et identifiées entre 2021 et 2025, à Marseille, Paris et Lyon. Un gamin de 18 ans contrôlé sans même sortir sa carte d'identité... sa photo prise avec le téléphone a suffi. Un manifestant pro-Palestine forcé physiquement à faire face à la caméra, des mains gantées sur le visage.

Et un flic montre même la manip à Disclose sur son NEO, tranquille, en expliquant que "tout le monde y a accès dès la sortie de l'école de police". Hop, le portrait tombe en moins d'une minute. C'est chouette pour connaître le prénom des gens sur Tinder, suffit de prendre en photo l'écran de son smartphone perso, hein.... bah quoi ?

L'IGPN elle-même le sait. En effet, dans son rapport 2023, la police des polices écrivait noir sur blanc que le TAJ est "très fréquemment utilisé sur la voie publique". Ah bah ça va, s'ils sont au courant, on est rassuré parce qu'ils ont surement dû faire quelque chose pour empêcher ça... ah bah non en fait parce que les consultations ont plus que doublé en 5 ans : 375 000 en 2019, près d'un million en 2024 !! Waaaaah, ça fait environ 2 500 tirage de portrait par jour, c'est fou !! Le problème, c'est que personne ne contrôle qui consulte quoi. Les accès sont tracés sur les serveurs, mais bon... tracer sans vérifier, ça sert pas à grand-chose. Et c'est pas forcément par manque de moyens car chaque consultation est horodatée et conservée trois ans, donc y'a le temps. Non, faut croire que c'est la flemme en fait.

Et là, Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pose les mots qui font mal : "Quand des policiers peuvent photographier qui ils veulent pour savoir qui est qui, c'est un renversement de l'État de droit."

Elle rappelle en effet, qu'en 1940, il a suffi d'un, je cite, "tout petit changement de curseur" dans les fichiers de police pour aller chercher les gens chez eux. Le parallèle fait froid dans le dos, mais il est factuel.

Et surtout c'est la deuxième fois, à vrai dire, que Disclose prend le ministère en flagrant délit sur ce sujet. En 2023, c'était Briefcam , un logiciel israélien de vidéosurveillance déployé illégalement. Le ministre avait dû le faire désactiver dans les semaines qui ont suivi. Eh bien, croyez-le ou non, cette fois, le ministère n'a même pas daigné répondre aux questions de Disclose. Va savoir pourquoi... C'est trop bizaaaarre.

Maintenant si vous voulez savoir quels sont vos droits face à cette pratique, La Quadrature du Net a publié un guide en accès libre qui explique ce que la police peut et ne peut pas faire lors d'un contrôle. Franchement, c'est à lire et à partager !

Par contre, n'oubliez pas que cette technologie ne marche pas toujours. Par exemple, cette américaine vient de passer près de six mois en prison à cause d'un faux positif avec une technologie à la con de ce genre. Donc bon...

Et si vous voulez voir concrètement comment ça se passe, Camille Reporter a justement fait une vidéo très bien fichue sur le sujet :

Bref, allez lire l'enquête complète de Disclose, c'est du journalisme d'investigation en accès libre et ça concerne directement vos libertés. Et si le cœur vous en dit, soutenez-les .

Source

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Google veut vérifier l'identité de tous les développeurs Android, et ça menace F-Droid

Google va obliger tous les développeurs Android à s'enregistrer avec une pièce d'identité et à payer 25 dollars, même ceux qui distribuent leurs apps en dehors du Play Store. F-Droid, le dépôt d'applications open source qui existe depuis quinze ans, dit que c'est une menace pour sa survie.

Une inscription obligatoire dès septembre

L'été dernier, Google a annoncé que toutes les applications installées sur des appareils Android certifiés devront obligatoirement être liées à un compte développeur vérifié. Cette obligation entrera en vigueur dès le mois de septembre prochain au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le reste du monde suivra quatre mois plus tard.

Pour s'enregistrer, il faut fournir une pièce d'identité officielle, accepter les conditions de Google et payer 25 dollars. Et ça concerne tout le monde : les développeurs qui publient sur le Play Store, mais aussi ceux qui passent par des stores alternatifs, par F-Droid, ou qui proposent leurs apps en téléchargement direct depuis un site web.

F-Droid ne peut pas s'adapter

F-Droid héberge plus de 3 000 applications open source, sans pub et sans trackers. Le problème, c'est que F-Droid signe lui-même les apps qu'il distribue avec sa propre clé, et Google impose désormais une seule signature par application.

Ça casse tout le modèle : si l'app est déjà signée par le développeur sur le Play Store, la version F-Droid ne peut plus exister. Et F-Droid ne peut pas non plus forcer des centaines de contributeurs bénévoles à s'enregistrer chez Google et à fournir leurs papiers.

37 organisations ont signé une lettre ouverte contre ce projet, dont l'Electronic Frontier Foundation, la Free Software Foundation et Vivaldi. Une pétition sur Change.org a rassemblé 64 000 signatures de développeurs.

Le lien avec le procès Epic Games

Ce durcissement arrive juste après l'accord entre Google et Epic Games sur la distribution d'apps Android. Les deux entreprises ont annoncé un programme de stores enregistrés qui permet le sideloading, mais sans obliger Google à intégrer des stores tiers dans le Play Store. 

Certains y voient une manoeuvre : si les tribunaux n'obligent pas Google à ouvrir le Play Store, la vérification des développeurs lui donne quand même un contrôle indirect sur toute la distribution Android.

Google, de son côté, dit que c'est une question de sécurité et que ça permet de bloquer les développeurs malveillants plus rapidement. Les distributions Android alternatives comme LineageOS ou GrapheneOS ne sont pas concernées.

Google invoque la sécurité, mais le Play Store lui-même laisse régulièrement passer des apps malveillantes, donc l'argument ne tient pas tant que ça.

Obliger un développeur bénévole qui publie un petit outil open source à fournir ses papiers d'identité à Google, c'est quand même un peu naze. On verra si la mobilisation des 37 organisations et des 64 000 développeurs suffira à faire bouger les choses, mais pour l'instant le calendrier est maintenu.

Sources : Android Authority , F-Droid

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BetterEU veut passer toute la réglementation européenne au crible de l'IA

Un projet open source vient de lâcher une IA sur les 41 300 règlements européens adoptés depuis 1958. L'outil, qui tourne sur Grok 4.1, rend un verdict binaire pour chaque texte : à garder ou à supprimer. Les résultats défilent en direct sur bettereu.com.

41 300 textes passés à la moulinette

Le principe est assez bourrin. BetterEU prend chaque règlement européen, du plus ancien, publié en 1958, au plus récent publié il y a quelques semaines, et le soumet à Grok avec un prompt unique. L'IA doit trancher : KEEP ou DELETE.

Aucune nuance, pas de peut-être, juste un verdict sec. Le tout est diffusé en temps réel sur le site, avec un graphique interactif qui montre la progression année par année. Les données se rafraîchissent toutes les cinq secondes, et le coût de l'opération en dollars s'affiche en direct. Le code source est ouvert, le prompt aussi. N'importe qui peut aller vérifier comment l'IA raisonne.

La Commission veut aussi simplifier

Ce projet tombe à un moment où l'Union européenne elle-même reconnaît que sa réglementation est devenue un problème. La Commission a lancé en 2026 son programme de travail le plus dérèglementaire de son histoire : sur 47 initiatives prévues, 25 portent sur la simplification.

L'objectif affiché est de réduire la charge administrative des entreprises de 25 %, ce qui représenterait une économie de 37,5 milliards d'euros d'ici 2029. Et l'AI Act, qui entre en application en août 2026, fait lui-même l'objet d'un Digital Omnibus pour alléger ses propres règles. Quand le législateur simplifie la loi qui encadre l'IA pendant qu'une IA propose de simplifier les lois, on est en plein dans le sujet.

Un exercice quand même un peu limité

Évidemment, demander à une IA de décider si un règlement doit être gardé ou supprimé, c'est un peu court. Le droit européen est un empilement de textes qui se référencent les uns les autres, et supprimer un règlement peut en déstabiliser dix autres.

BetterEU ne tient pas compte de ces interdépendances, et le verdict binaire ne dit rien des articles à amender plutôt qu'à supprimer.

Mais l'exercice a quand même un intérêt : il rend visible l'ampleur du corpus réglementaire européen. 41 300 textes en soixante-sept ans, ça donne une idée de la masse à laquelle les entreprises et les citoyens sont soumis.

Bref, l’idée est rigolote, et on imagine bien le même traitement appliqué à la législation française. Mais attention, petit détail qui a son importance : le prompt système demande explicitement à Grok de se comporter en disciple de Von Mises, Hayek et Milton Friedman, les papes de l’économie de marché dérégulée. Autant dire que quand l’IA rend son verdict "DELETE", c’est moins un audit neutre qu’un exercice idéologique assumé. Ajoutez à ça le fait que Musk ne cache même pas vouloir une IA "anti-woke", et vous obtenez une boussole qui indique surtout le Sud. Ça reste un projet intéressant dans le concept, mais faut garder les yeux ouverts sur le parti pris.

En tout cas, passer le Code général des impôts ou le Code du travail dans une IA pour relever les incohérences, les doublons et les articles devenus obsolètes, ça ferait probablement ressortir des choses assez intéressantes. BetterEU ne va pas remplacer un juriste, mais comme outil d'audit à grande échelle, c’est loin d’être con.

Source : BetterEU

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En Suisse, une clé USB défaillante empêche le décompte de 2 048 votes électroniques

Le canton de Bâle-Ville a suspendu son projet pilote de vote électronique après qu'une clé USB défectueuse a empêché le déchiffrement de 2 048 bulletins lors des votations fédérales du 8 mars. Une enquête pénale est ouverte.

Trois clés USB, zéro résultat

Le soir du 7 mars, veille du scrutin, la chancellerie du canton de Bâle-Ville a annoncé un problème technique sur son système de vote électronique. Le lendemain, 2 048 votes restaient bloqués dans l'urne numérique.

Le porte-parole du canton, Marco Greiner, a expliqué que trois clés USB contenant les codes de déchiffrement avaient été utilisées, toutes avec le bon code, mais qu'aucune n'avait fonctionné. Les experts de La Poste suisse et la police de Bâle n'ont pas réussi à récupérer les données.

Le problème ne vient pas du système de La Poste, mais du service informatique cantonal. Les votes concernés sont ceux d'environ 10 300 Suisses de l'étranger et de 30 personnes en situation de handicap, qui sont les seuls autorisés à voter par voie électronique dans ce canton.

Quatre objets fédéraux étaient soumis au vote ce jour-là, dont l'initiative sur le maintien du cash et celle sur le fonds climat.

Un projet suspendu et une enquête pénale ouverte

Bâle-Ville a suspendu le vote électronique jusqu'à fin décembre 2026 et commandé une analyse externe. Le ministère public a ouvert une procédure pénale pour suspicion de manipulation électorale, et l'unité "criminalité numérique" a trouvé des indices allant dans ce sens. Les résultats définitifs du canton ne seront confirmés que le 21 mars.

Les 2 048 bulletins perdus n'auraient pas changé l'issue des votations fédérales. Mais le précédent est gênant. En 2015, la loi sur la radio et la télévision avait été adoptée avec seulement 3 649 voix d'écart. En 2017, le financement complémentaire de l'AVS était passé à 2 361 voix près.

Avec des marges aussi serrées, 2 048 votes qui disparaissent, ça pose quand même un vrai problème. Les trois autres cantons pilotes (Thurgovie, Grisons et Saint-Gall) n'ont pas été touchés.

La Suisse avait déjà abandonné un premier système de vote électronique en 2019 après la découverte de failles de sécurité dans le code source. Et voilà que le deuxième essai trébuche sur une clé USB. Le politologue Michael Hermann résume bien la situation : cette panne fait reculer le vote électronique de plusieurs années.

On peut comprendre l'idée de dématérialiser le vote pour les Suisses de l'étranger, c'est même assez logique. Mais quand le maillon faible du système, c'est un bout de plastique avec une puce dedans, on se demande quand même si la bonne vieille enveloppe n'avait pas quelques avantages. Et oui, je sais que ce « 2048 » vous fait clairement tiquer comme chiffre, moi aussi, pas de doute, on est des vrais nerds.

Source : Swiss Info

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