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Avec ​​Les enfants de plomb, Netflix mise sur un drame captivant et bien réel

Après Détective Forst, Relève-toi ! et Heweliusz, ​​Les enfants de plomb (Ołowiane dzieci en version originale) pourrait bien devenir le nouveau phénomène polonais de Netflix. Diffusée depuis le 11 février sur la plateforme, cette série dramatique en six épisodes est réalisée par Maciej Pieprzyca (La vie est belle), imaginée par Jakub Korolczuk (Raven) et portée par Joanna Kulig (Cold War), Kinga Preis (The Lure), Agata Kulesza (Breslau), Sebastian Pawlak (Varsovie 83, une affaire d’État) ou encore Michał Żurawski (Raven). La production s’appuie sur la vie de la médecin Jolanta Wadowska-Król et sur l’ouvrage éponyme de Michał Jędryka.

Quelle est l’intrigue des Enfants de plomb ?

Dans le quartier ouvrier de Szopienice, Jolanta Wadowska-Król commence à observer chez plusieurs enfants des symptômes alarmants. Les examens médicaux révèlent un phénomène massif de saturnisme (une intoxication par le plomb ou par les sels de plomb), conséquence directe d’une exposition prolongée aux métaux lourds. La proximité de la fonderie apparaît rapidement comme l’origine de cette contamination qui menace toute une génération.

Les enfants de plomb

« Après sa découverte, la protagoniste tente de sauver les petits malades tout en affrontant un appareil étatique communiste oppressif, détaille le synopsis. Cette production plongera le public dans l’atmosphère industrielle de la Haute-Silésie des années 1970. C’est ici, dans la réalité de cette région ouvrière, que vont s’entremêler de dangereuses intrigues politiques et la mission sociale de la Dre Wadowska-Król. »

Les enfants de plomb

À mesure que son enquête progresse, les pressions se multiplient. Menaces, surveillance, isolement professionnel : tout concourt à la faire taire. Sa carrière est en jeu, tout comme la sécurité de son mari et de ses enfants. Le combat médical devient alors rapidement un affrontement politique.

Une ode à la résistance

Au-delà de la reconstitution historique, la série dresse le portrait d’une femme confrontée à un dilemme moral : se taire pour se protéger, ou parler au risque de tout perdre. Netflix présente cette œuvre comme « une histoire de courage, de détermination et d’espoir, prouvant qu’il suffit d’une seule personne courageuse pour déclencher un changement ».

Les enfants de plomb

Interrogée par Tudum (le média de Netflix), l’actrice Joanna Kulig abonde dans se sens. « Les enfants de plomb illustre la résistance au changement et la force intérieure nécessaire pour s’y opposer, confie-t-elle. En Jolanta Wadowska-Król, j’ai perçu avant tout une honnêteté, un courage extraordinaire, une obstination et une intransigeance sans faille. Son histoire nous amène à nous interroger : aurions-nous, à sa place, trouvé la force de tenir tête au système ? »

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Les enfants de plomb : l’histoire vraie derrière la série

Région minière et métallurgique au cœur de la Pologne communiste, la Haute-Silésie a longtemps incarné la réussite industrielle d’un régime fondé sur la production et l’acier. C’est dans cet environnement de poussières et de fumées que s’ouvre Les enfants de plomb, mini-série mise en ligne le 11 février sur Netflix. Réalisée par Maciej Pieprzyca, remarqué en 2013 avec La vie est belle, l’œuvre s’appuie sur un scandale sanitaire avéré.

Que raconte la série ?

Dans son cabinet, les consultations de la pédiatre Jolanta Wadowska-Król se succèdent et les symptômes se ressemblent : retards de développement, troubles neurologiques, fatigue persistante… L’enquête médicale révèle des concentrations anormalement élevées de plomb dans le sang des enfants vivant à proximité d’une fonderie. Le diagnostic est sans ambiguïté : l’industrie locale empoisonne lentement une génération.

Les enfants de plomb

La fiction suit la détermination de la médecin à documenter les cas, organiser des dépistages et alerter les autorités. Mais dans une Pologne où l’appareil d’État contrôle l’information et protège son image industrielle, la reconnaissance du problème devient une affaire politique.

Que dit l’histoire ?

Les faits sont établis. Dans la région de Katowice, des milliers d’enfants ont été exposés à des niveaux toxiques de plomb dans les années 1970. La docteure a effectivement joué un rôle central dans la prise en charge des patients et dans la mise en lumière du scandale. La série dramatise certains échanges, condense des figures administratives et resserre la chronologie. Elle demeure toutefois fidèle à la trame principale.

À l’époque, reconnaître l’ampleur de l’intoxication revenait à admettre une faille du modèle, or l’industrie lourde était un symbole national. Cette tension entre vérité scientifique et raison d’État structure le récit. Les enfants de plomb ne se contente pas de reconstituer le drame : elle éclaire aussi des trajectoires individuelles.

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Salvador : la série Netflix est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

Révélée ce 6 février sur Netflix, Salvador démontre un peu plus l’engouement de la plateforme pour les thrillers espagnols. Portée par Luis Tosar (Cellule 211), réalisée par Daniel Calparsoro et créée par Aitor Gabilondo (Permis de vivre), la série s’attache à décrire les mécanismes de la radicalisation néonazie. Le récit suit Salvador Aguirre, un ambulancier de Madrid, qui identifie un jour sa fille Milena parmi les victimes d’une rixe entre groupes ultras. La découverte de son implication au sein d’un mouvement extrémiste le pousse à approcher cet univers idéologique pour tenter de comprendre ce qui a conduit sa fille à s’y perdre et, peut-être, la ramener.

La série s’inspire-t-elle d’une histoire bien réelle ?

L’histoire relève de la fiction. Ni la presse espagnole, ni la communication de Netflix ne présentent Salvador comme l’adaptation d’un fait divers. Cependant, si elle ne relate pas une véritable histoire, la série s’inspire de réalités contemporaines : essor de groupuscules ultranationalistes et néonazis, passerelles avec certains milieux ultras du football, climat de défiance institutionnelle… En toile de fond, Salvador évoque également d’autres sujets, comme la corruption policière, les violences masculines et figures de domination, pour nourrir une fiction sociale.

Salvador

Quelles sont les influences de Salvador ?

La série peut être rapprochée de fictions qui abordent la violence politique et l’extrémisme à hauteur d’individus. La parenté avec Patria, également créée par Aitor Gabilondo, est évidente dans ce choix d’un récit familial traversé par une fracture politique. Elle rappelle aussi La línea invisible pour sa manière d’observer la radicalisation comme un processus progressif.

Au cinéma, Salvador n’est pas sans rappeler American History X et This Is England, deux œuvres qui traitent l’embrigadement néonazi à partir d’histoires individuelles et sociales marquées par la violence et le sentiment de déclassement.

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1923 : le préquel de Yellowstone est-il inspiré d’une histoire vraie ?

Issue de l’univers imaginé par Taylor Sheridan, 1923 bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle exposition sur le petit écran français en étant diffusée sur TF1 Séries Films depuis le 26 janvier. Lancée en 2022, elle avait déjà trouvé son public et séduit une partie de la critique lors de sa diffusion initiale sur Paramount+. Inscrite dans l’univers de Yellowstone, après 1883, la série interroge une nouvelle fois la frontière entre fiction et histoire.

La série repose-t-elle sur des faits réels ?

1923 ne s’inspire pas d’une histoire vraie. La famille Dutton, comme l’ensemble des personnages principaux, relève de la fiction. Aucun événement précis n’est directement tiré des archives historiques, à l’instar de Yellowstone et de 1883.

Harrison Ford dans 1923.

Toutefois, l’action se situe dans un contexte qui a réellement existé, au début des années 1920. Le pays sort de la Première Guerre mondiale profondément transformé, confronté à une modernisation rapide. Le Montana, territoire rural par excellence, cristallise ces tensions entre un monde ancien et une société en mutation. La série met également en lumière les conséquences du conflit mondial, avec de nombreux anciens soldats éprouvant des difficultés à se réinsérer dans la vie quotidienne.

En quoi la Prohibition structure-t-elle le récit ?

Entrée en vigueur en 1920, la Prohibition bouleverse également les États, notamment en zones rurales. L’interdiction de l’alcool favorise trafics, corruption et affrontements avec les autorités fédérales.

Harrison Ford dans 1923.

Bien avant le krach de 1929, les campagnes de l’Ouest subissent également sécheresses, chute des prix agricoles et endettement massif. Les ranchs se retrouvent menacés, pris dans une spirale économique défavorable.

L’un des arcs les plus marquants évoque par ailleurs les pensionnats religieux pour enfants autochtones. Ces établissements ont réellement existé et visaient l’assimilation forcée des populations amérindiennes, au prix de violences aujourd’hui largement documentées. Si les personnages sont fictifs, les pratiques décrites renvoient à une réalité historique.

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