Un MacBook coloré et endurant qui coûte moitié moins cher qu’un MacBook Air, sans demander aux consommateurs de trop grosses concessions techniques ? C’est le pari que s’est lancé Apple avec le MacBook Neo. Commercialisé le 13 mars dernier, le nouveau venu de la famille des ordinateurs portables d’Apple rencontrerait déjà un franc succès. Voilà qui ne va pas arranger les inquiétudes de la concurrence, dont certaines marques confessaient déjà observer ce lancement avec beaucoup d’appréhension.
Le meilleur lancement pour un Mac
En fin de semaine dernière, Tim Cook, le patron d’Apple, s’est félicité dans un poste sur X des excellentes ventes sur les premiers jours de commercialisation du MacBook Neo. En fait, le patron de l’entreprise américaine écrit carrément qu’il s’agit du meilleur lancement d’un nouveau Mac auprès des utilisateurs et des utilisatrices qui n’en ont jamais eu auparavant.
« Mac vient de connaître sa meilleure semaine de lancement de tous les temps auprès des nouveaux utilisateurs de Mac. Nous sommes ravis de constater un tel enthousiasme ! », écrit Tim Cook sur le réseau social, confirmant de fait la véritable cible du MacBook Neo : les primoacquérants d’un produit informatique de la marque.
Proposé à partir de 699 € ou même 599 € pour les étudiants, le MacBook Neo a tout de l’ordinateur portable parfait pour les étudiants – ou pour toute personne qui n’a pas d’autre besoin que de pouvoir naviguer confortablement sur le web et utiliser quelques applications peu gourmandes. Il est évidemment moins puissant qu’un MacBook Air ou qu’un MacBook Pro, mais la puce A18 Pro, héritée de l’iPhone haut de gamme de l’année dernière, lui offre malgré tout une vitesse d’exécution supérieure à ce que l’on pourrait retrouver sur un ordinateur Windows dans la même tranche de prix.
Un MacBook Neo victime de son succès
Conséquence directe de ce plébiscite : le MacBook Neo est déjà assez difficile à se procurer. Les stocks en magasin sont assez maigres et l’ordinateur portable n’est même accessible que sur liste d’attente aux États-Unis. En France, vous pouvez craquer sur le MacBook Neo à la Fnac au prix de quelques petits jours d’attente. Des différents coloris proposés par la marque, il semblerait que le modèle rose soit le plus victime de son succès.
Accueilli avec une certaine fébrilité par la presse spécialisée, le MacBook Neo a néanmoins séduit les plus sceptiques, à en juger par les nombreux tests qui ont été publiés en ligne ces derniers jours. Il apparaît que, pour la plupart des consommateurs d’aujourd’hui, le MacBook Neo est effectivement la meilleure porte d’entrée, non seulement vers l’écosystème Apple, mais également vers l’informatique tout court.
Proposer un tel niveau de performance, de qualité de construction, d’autonomie et de suivi logiciel pour 700 € seulement, c’est du jamais vu. Et on n’aurait pas franchement attendu cela de la part d’Apple, habituellement associé à des produits très haut de gamme, à la limite de l’inabordable.
Les experts de la réparation informatique d’iFixit ont tranché et on les a rarement vus aussi enthousiastes pour un produit Apple. D’après eux, le MacBook Neo fraîchement sorti du four est le « le MacBook le plus réparable depuis 14 ans ». Voyons ce qui fait de cette nouvelle référence un produit particulièrement durable.
Le MacBook le plus réparable du marché
Non seulement le MacBook Neo est de loin le Mac le plus abordable (à partir de 699 €), mais il est aussi facile à entretenir. C’est en tout cas l’avis d’iFixit, qui attribue un 6/10 prudent, mais enthousiaste, au dernier-né d’Apple. Si le site spécialisé regrette que la RAM et le stockage interne soient soudés à la carte mère, et donc impossibles à changer par l’utilisateur ou l’utilisatrice, il souligne les énormes progrès effectués par l’entreprise américaine en matière de châssis, de démontage et d’organisation des composants.
Démonter le MacBook Neo nécessite d’abord d’ôter huit vis pentalobées (moins évidentes que les Torx), puis d’ouvrir le châssis à la main, sans avoir besoin d’outils particuliers. Un châssis qui, une fois ouvert, donne à voir des composants organisés de façon claire, indépendants les uns des autres, utilisant un simple connecteur. Mieux : les composants du Neo ne semblent pas « verrouillés », c’est-à-dire qu’on peut utiliser des pièces détachées non officielles sans risquer de perdre en fonctionnalités. Un gigantesque progrès de la part d’Apple, vertement critiqué pour cette pratique jugée contreproductive pour la durabilité de ses appareils par le passé.
Trackpad, clavier, webcam, connecteurs, écran, scanner TouchID… Tout peut être remplacé assez facilement sur le MacBook Neo, y compris – naturellement – sa batterie. Ici encore, iFixit s’enthousiasme : la batterie du Neo est simplement vissée et non plus collée, comme ses prédécesseurs. Autrement dit, on peut la remplacer facilement, sans risquer d’abîmer durablement d’autres composants en tentant de la décoller.
Un laptop pour les années à venir
Naturellement, la réparation d’un MacBook Neo n’est pas encore à la portée de tous. Mais la facilité avec laquelle on peut le démonter (et le remonter) montre qu’Apple a enfin compris qu’il était important de laisser ses clients au moins essayer. À charge pour les consommateurs de trouver les pièces de rechange et un réparateur, mais les barrières semblent ici bien moins nombreuses qu’à l’accoutumée. Et on peut apprécier que cela se produise sur la référence la plus abordable du nouveau catalogue d’Apple.
À ces efforts en matière de durabilité s’ajoute évidemment un support logiciel hors pair de la part d’Apple. Livré avec macOS 26, le MacBook Neo profitera de nombreuses années de mises à jour. Officiellement, Apple ne communique par sur ce détail. Mais, sur la page idoine, on constate que les Mac de 2019 ont pu recevoir la mise à jour vers macOS 26, ce qui fait a minima cinq ans de support logiciel.
Lors d’un appel trimestriel aux investisseurs qui s’est tenu plus tôt dans la semaine, le co-PDG de la marque Asus s’est exprimé au sujet du nouveau MacBook Neo, sorti le 11 mars. Pour le chef d’entreprise, ce modèle d’entrée de gamme est qualifié de « choc pour toute l’industrie ». Comment la concurrence peut-elle rivaliser face à cet ordinateur ambitieux, réutilisant une puce d’iPhone ?
L’industrie sous le choc
« Par le passé, la stratégie tarifaire d’Apple a toujours été portée sur le segment premium, alors le lancement d’un produit très abordable est forcément un choc pour toute l’industrie », résume S.Y. Hsu auprès de ses investisseurs. En effet, pour 699 € (599 € pour les étudiants), Apple propose cette fois un rapport qualité-prix a priori imbattable. C’est en tout cas notre avis, que vous pouvez retrouver juste ici.
Forcément, chez Asus (et également chez les autres fabricants), l’arrivée du Neo risque bien de grignoter des parts de marché. Toutefois, Hsu s’est voulu rassurant auprès de ses investisseurs. Il rappelle à juste titre que le nouveau MacBook est limité à 8 Go de RAM. Une mémoire vive par ailleurs unifiée, c’est-à-dire impossible à changer ou à upgrader par les utilisateurs et utilisatrices.
Le ponte d’Asus qualifie également le MacBook Neo d’appareil destiné à la consommation de contenu et pas à la productivité. Un iPad glorifié, risque-t-il dans une comparaison périlleuse. Selon lui, les notebooks de son entreprise sont capables d’effectuer des tâches plus lourdes de façon plus efficace, dans le même segment tarifaire.
Comment la concurrence Windows peut-elle répliquer ?
La situation n’est pas encore alarmante pour les fabricants historiques. Par ailleurs, les MacBook Neo tournent sous macOS, un système d’exploitation très différent de Windows, auquel l’écrasante majorité des consommateurs du marché sont habitués. Le Neo a beau être moins cher et offrir des performances épatantes pour son prix, l’étape de la migration paraîtra insurmontable pour beaucoup. Un frein qui devrait laisser le temps aux Asus, Lenovo, HP et consorts de s’organiser.
« L’ampleur de l’impact que le MacBook Neo aura sur l’industrie du PC mettra du temps à être observée, commente S.Y. Hsu. Bien entendu, l’écosystème Windows PC tout entier va lancer des produits compétitifs pour rivaliser avec Apple. »
Mais, quels produits, quand et, surtout, à quel prix ? Alors que la RAM traditionnelle (justement, non unifiée) subit de plein fouet l’inflation attribuable à la ruée vers l’intelligence artificielle, le prix des ordinateurs portables « abordables » part en flèche, ne laissant que plus de marge de manœuvre à Apple. Pendant ce même appel aux investisseurs, Asus annonçait que le prix de la RAM avait augmenté de plus de 100 % par rapport au dernier trimestre. Lorsque son stock actuel de mémoire vive sera tari, des décisions devront être prises concernant la tarification de ses produits.
699 euros. Oui, vous avez bien lu. Apple vend désormais un MacBook neuf pour le prix d’un PC portable Windows de milieu de gamme. Et pas n’importe quel MacBook puisqu’il est ici question d’un ordinateur entièrement repensé. Ce MacBook Neo n’est ni un MacBook Air au rabais, ni un recyclage de vieux design. C’est un produit à part entière, pensé pour les étudiants, les primo-accédants et tous ceux qui voulaient un Mac sans y laisser un mois de salaire.
Avant de passer au test à proprement parler, commençons par nous pencher sur sa fiche technique. Le MacBook Neo embarque une puce Apple A18 Pro, un SoC à six cœurs CPU (deux performance, quatre efficience) accompagné de cinq cœurs GPU et d’un Neural Engine 16 cœurs, avec 8 Go de mémoire vive LPDDR5. Côté stockage, Apple propose 256 Go de SSD sur le modèle de base (ici testé) ou 512 Go sur la version embarquant aussi Touch ID. L’écran est une dalle IPS Liquid Retina de 13 pouces affichant une définition de 2 408 x 1 506 pixels à 60 Hz, avec une luminosité mesurée aux alentours de 500 nits.
Quant à la connectique, elle se résume à deux ports USB-C (un USB 3.2 Gen 2 à 10 Gb/s avec DisplayPort et un USB 2.0 à 480 Mb/s) ainsi qu’un jack 3,5 mm, le tout positionné sur le côté gauche. Le sans-fil repose sur du wifi 6e et du Bluetooth 6. Enfin, l’ensemble est alimenté par une batterie de 36,5 Wh, pèse 1,23 kg pour des dimensions de 297,5 x 206,4 x 12,7 mm, et tourne sous macOS Tahoe 26.3.1.
Enfin, rappelons que comme ses concurrents, Apple a pris de l’avance sur la Directive 2022/2380 réglementation européenne sur le chargeur universel qui rentrera en vigueur à partir du mois d’avril prochain pour les ordinateurs portables et ne fournit plus de chargeur avec ses Mac.
L’interface (macOS Tahoe)
Le MacBook Neo tourne sous macOS Tahoe 26.3.1, avec le nouveau langage graphique « Liquid Glass » qui utilise des effets de transparence et des icônes remaniées. L’interface est familière pour quiconque possède déjà un iPhone ou un iPad. Et c’est là que réside l’un des atouts les plus puissants du Neo : l’intégration avec l’écosystème Apple. D’iMessage, à FaceTime en passant par la synchronisation Photos, Notes, Rappels, Recopie de l’iPhone (le jour où cette fonction daignera sortiren France…), tout fonctionne de concert et à la perfection, comme sur n’importe quel Mac. Pour quelqu’un qui possède un iPhone et qui n’a jamais eu de Mac, le Neo offre une excellente porte d’entrée. Apple fournit aussi ses applications gratuites (Pages, Numbers, Keynote) et l’App Store propose les grands classiques (Microsoft Office, entre autres) en version native Apple Silicon.
On apprécie d’autre part l’absence de bloatware. Là où de nombreux PC Windows abordables arrivent chargés de logiciels d’essai et de publicités, le Neo se présente avec un système propre et fonctionnel dès le démarrage. La configuration et le lancement se font comme sur n’importe quel Mac. Si nous répétons sans arrêt « comme sur n’importe quel Mac », c’est parce que ce nouvel ordinateur portable est le tout premier à tourner avec une puce de smartphone, la A18 Pro en l’occurrence. Pour mémoire, cette puce est celle qui équipait les iPhone 16 Pro et 16 Pro Max en 2024. L’initiative a de quoi étonner quand on sait que même les iPad les plus proches des Mac dans l’esprit (les Air et les Pro) embarquent depuis quelques années déjà les mêmes puces M que les ordinateurs. Mais autant spoiler la surprise d’entrée de test : la présence de la puce A18 Pro est finalement un non-sujet. Plus loin dans l’article, nous allons bien sûr nous pencher sur ses performances, mais jamais sur d’éventuels problèmes de compatibilité, car il n’y en a tout simplement aucun.
Le design et la qualité de fabrication
Au premier contact avec la bête, le ton est donné. Le MacBook Neo ne ressemble à rien de ce qu’on trouve à ce tarif dans le monde PC. Châssis aluminium intégral, finitions soignées, charnière parfaite… nous avons du mal à croire qu’il s’agit d’un ordinateur à 700 euros. Le Neo reprend les lignes des MacBook actuels avec des bords plats et des angles arrondis, tout en affichant un gabarit légèrement plus compact que le MacBook Air 13 pouces.
Il mesure 297,5 x 206,4 x 12,7 mm pour 1,23 kg, soit exactement le même poids que le Air. Quatre coloris sont ici proposés, avec du Silver, Citrus (un jaune-vert quelque part entre la balle de tennis et le surligneur fluorescent), du Blush (rose pâle) et de l’Indigo (bleu foncé). La finition brossée de l’aluminium nous est apparue un tantinet plus prononcée que sur d’autres MacBook. C’est peut-être lié au fait que la machine intègre 60 % d’aluminium recyclé, un record pour un produit Apple. Le rendu est en tout cas flatteur.
Les teintes ne s’arrêtent pas au châssis et se prolongent sur les touches du clavier, les pieds en caoutchouc, les fonds d’écran macOS et même certains éléments d’interface comme les icônes de dossiers et les boutons de confirmation. Non seulement cela flatte l’œil, mais cela montre en plus que le Neo a été pensé comme un produit à part entière et non comme un sous-produit.
Le logo Apple, embossé en ton sur ton sur le couvercle, abandonne la finition miroir réservée aux Air et Pro. Quant à la webcam, elle vient se loger dans le bandeau supérieur de l’écran sans recourir à l’encoche (notch) qu’on retrouve sur les MacBook plus onéreux.
Pour parvenir à caser cette webcam, Apple a légèrement épaissi les bordures de la dalle. Le compromis reste honnête, et certains y verront même un avantage esthétique par rapport à l’encoche.
Les bordures de l’écran.
Passons à la connectique du MacBook Neo, qui est sans doute son point le plus discutable. On trouve ici deux ports USB-C et un jack 3,5 mm, le tout regroupé sur le côté gauche. Pas de Thunderbolt ni de MagSafe donc. Un détail vient compliquer les choses à nos yeux : ces deux ports USB-C ne sont pas identiques. Le premier (le plus proche de la charnière) est un USB 3.2 Gen 2 à 10 Gb/s avec sortie DisplayPort, capable de piloter un écran externe 4K à 60 Hz. Le second ? Un USB 2.0 à 480 Mb/s. Soit un standard vieux de 25 ans. On a connu plus moderne. Le problème est que ces deux ports ne sont pas étiquetés. Apple se contente d’envoyer une notification macOS si l’on branche un moniteur ou un périphérique rapide dans le mauvais port. Bien sûr, on s’y fait très vite et cela reste fonctionnel, mais c’est le genre de friction qu’on n’attend pas d’un produit Apple.
On comprend vite que le Port USB-C le plus à l’extérieur est le 3.2 Gen 2. Mais un petit marqueur n’aurait pas été superflu.
Cette asymétrie a tout de même une raison technique. Elle s’explique par les limitations du A18 Pro, un SoC conçu à l’origine pour un smartphone n’ayant qu’un seul port. Ajouter un second port USB, fût-il en USB 2.0, a déjà nécessité un travail d’ingénierie non négligeable d’après les dires de la marque. Il n’empêche qu’on aurait aimé que les deux ports soient au minimum USB 3, et qu’un marquage visuel permette de les différencier sans recourir à un message logiciel.
L’écran et la webcam
Après la qualité de fabrication, c’est probablement au niveau de son écran que le MacBook Neo frappe le plus fort sur la concurrence. Sa dalle IPS Liquid Retina de 13 pouces affiche en effet une très belle définition de 2 408 x 1 506 pixels, supérieure au 1080p et même au 1440p que l’on retrouve généralement sur les PC portables vendus à ce prix. Le taux de rafraîchissement reste à 60 Hz, ce qui paraît logique pour cette gamme tarifaire.
Côté luminosité, Apple promet 500 nits, ce que nous ne manquerons pas de vérifier dès que ce Neo aura passé notre batterie de tests Labo. Mais à l’œil nu, nous pouvons d’ores et déjà vous dire que le rendu de cet afficheur est très supérieur à ce qu’offrent bon nombre de PC portables concurrents, dont certains plafonnent à 250 ou 300 nits. En matière de colorimétrie, la dalle couvre l’essentiel du spectre sRGB, avec une profondeur de couleur 10 bits, ce qui est là encore rare à ce niveau de prix. On note toutefois que l’écran ne prend pas en charge le gamut DCI-P3, le HDR, le True Tone ou encore le nano-texture antireflet. Autant de concessions compréhensibles au regard du positionnement tarifaire.
À l’usage, l’écran se révèle très agréable pour la consommation de contenu vidéo, la navigation web et même la retouche photo occasionnelle. Les angles de vision restent corrects, même si une légère perte de luminosité se fait sentir en inclinant la dalle.
Au-dessus de cet afficheur, la webcam 1080p FaceTime HD se montre honnête, avec une bonne balance des blancs et des détails corrects en visioconférence. Elle perd en revanche la fonction Center Stage (suivi automatique du sujet) et le capteur 12 mégapixels des MacBook Air récents. On note aussi l’absence de LED physique d’activité à côté de la caméra. Elle se trouve remplacée par un indicateur logiciel dans la barre de menus de macOS.
Le clavier et le trackpad
Le clavier du MacBook Neo reprend le mécanisme à ciseaux des autres MacBook. La course est d’environ 1 mm, la frappe est dans l’ensemble agréable, et les touches teintées dans la couleur du modèle apportent une touche de personnalité bienvenue. Jusque-là, pas grand-chose à redire donc.
Sauf que ce clavier n’est pas rétroéclairé. Il s’agit-là du principal compromis à faire en matière d’ergonomie. Même si les dactylos chevronnés s’en accommoderont sans peine, les étudiants qui travaillent tard le soir ou les utilisateurs occasionnels moins familiers du placement des touches risquent d’être parfois frustrés. Absolument tous les MacBook vendus ces 15 dernières années bénéficiaient d’un rétroéclairage. Son absence se fait donc ici sentir.
Les claviers des nouveaux MacBook Neo sont légèrement teintés, dans le même coloris que la coque.
L’autre point à noter concerne Touch ID, présent uniquement sur le modèle 512 Go. Sur le modèle de base, la touche d’alimentation en haut à droite fait office de simple bouton marche/arrêt. En conséquence, chaque déverrouillage, chaque achat sur l’App Store, chaque authentification Apple Pay passe par la saisie manuelle du mot de passe. Cela reste certes fonctionnel, mais on perd la fluidité à laquelle l’écosystème Apple nous a habitués. Notez qu’il s’agit-là de la remarque de quelqu’un qui est habitué depuis fort longtemps au confort de cette identification Touch ID. Un utilisateur qui n’y a jamais eu le droit ne verra évidemment pas la différence.
Côté trackpad, Apple a opté pour un mécanisme physique en lieu et place du Force Touch haptique des MacBook Air et Pro. Mais la Pomme a fait les choses proprement. Ce trackpad se montre en effet cliquable sur toute sa surface, du coin supérieur au coin inférieur, ce qui est rare pour un trackpad mécanique. Les gestes multitouch de macOS fonctionnent tous correctement. Le clic est un peu plus sonore et la surface légèrement plus petite que sur le Air, mais l’expérience reste très satisfaisante au quotidien. On perd en revanche la possibilité d’ajuster la sensibilité du clic et les fonctions de retour haptique, comme le Force Click permettant de renommer rapidement des fichiers dans le Finder. Rien de bien grave en somme.
Les performances
Alors, une puce d’iPhone dans un Mac, ça vaut quoi ? Le cœur du MacBook Neo bat en effet au rythme de la puce Apple A18 Pro, celle-là même qui animait l’iPhone 16 Pro en 2024. Six cœurs CPU (deux performance, quatre efficience), cinq cœurs GPU (un de moins que la version iPhone), un Neural Engine 16 cœurs et 8 Go de mémoire unifiée LPDDR5. C’est la première fois qu’Apple utilise un processeur de la série A dans un Mac, et les sceptiques n’ont pas manqué de le faire remarquer. Mais nous vous avons un peu divulgâché cette partie en introduction.
En single-core, le A18 Pro se montre très convaincant. Sur Geekbench 6, le Neo obtient aux alentours de 3500 points, soit un score qui surpasse le M1 (environ 2400 points) et le Snapdragon X Plus (environ 2500 points). Pour les tâches quotidiennes comme la navigation web, le traitement de texte, la messagerie, c’est plus que suffisant pour procurer une expérience si fluide et réactive qu’on oublie vite son prix.
Sans surprise, la chanson n’est pas la même dès qu’il est question de multi-core et de charge soutenue. Le A18 Pro n’a que deux cœurs performance contre quatre sur le M1, et ça se ressent évidemment. Ainsi, sur Cinebench 2024, le Neo atteint un score multi-core d’environ 330, contre 500 pour le M1 MacBook Air.
Passons maintenant à la RAM. Les 8 Go de RAM en 2026 ont fait grincer des dents. D’autant qu’ils ne sont pas évolutifs qui plus est, car soudés au SoC, et qu’Apple avait généralisé les 16 Go sur l’ensemble de sa gamme MacBook fin 2024, ce qui met d’autant plus en exergue la chose sur le Neo. Pourtant, en usage courant, avec une vingtaine d’onglets Safari, une appli de messagerie, un document texte, de la musique en fond, tout roule sans l’ombre d’un accroc. Le Neo reste fluide et agréable. Mais dès qu’on pousse un peu l’usage, la pression mémoire peut se faire sentir. Ouvrir Photoshop en parallèle d’une session Safari bien garnie suffit à faire toussoter l’ensemble. Le moniteur d’activité de macOS passe régulièrement au jaune, signalant que le système recourt activement au swap sur le SSD pour compenser le manque de RAM physique.
Concrètement, cela se traduit par des onglets qui se rechargent quand on y revient, des applications qui prennent une seconde de plus à s’afficher, ou un appel vidéo qui saccade ponctuellement. Il faut avoir conscience de ces limitations avant de craquer ou pas pour la machine, tout comme il faut bien avoir en tête que cela n’a rien de rédhibitoire. Au même tarif, la concurrence ne fait pas mieux, même en proposant souvent le double de RAM.
De plus, le fait de comparer la puce A18 Pro du Neo à des processeurs plus chers devrait vous en dire long sur les capacités de la bête dès lors que l’on se rappelle de son positionnement tarifaire. En terme de performances globales à l’usage, le nouveau MacBook ne craint pas grand-monde dans sa gamme de prix. Il délivre tout au long de la journée une expérience fluide et réactive pour un usage classique. Si vous êtes du genre à vous soucier de la quantité de RAM ou du nombre de cœurs GPU dans un processeur, cette machine n’est sans doute pas faite pour vous.
Le gaming et l’audio
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est parfaitement possible de jouer sur ce nouveau Mac. Et pas qu’un peu. Pour commencer, un grand nombre de jeux iOS sont compatibles depuis belle lurette avec macOS. Pour ceux-là, il suffit de se rendre dans le Mac App Store et de les télécharger. Ils fonctionnent sans autre forme de procès. En bonus, les sauvegardes sont synchronisées avec tous les appareils connectés au même compte iCloud. Vous pouvez donc commencer une partie sur votre iPhone et la continuer sur le Neo sans problème. Oceanhorn 3 ou NBA 2K26 Arcade Edition tournent correctement, et tirent parti de l’écran coloré du Neo.
Tous les (nombreux) jeux Apple Arcade que nous avons essayés sur le MacBook Neo tournaient à la perfection.
Nous étions en revanche plus curieux de voir ce que cela allait donner du côté de Steam. Après quelques heures à installer et essayer plusieurs jeux, le constat est simple : tout fonctionne normalement. Tous les titres compatibles Mac de notre bibliothèque se sont lancés sans aucun problème, comme ils le feraient sur un Mac doté d’une puce M1. Avec des réglages par défaut évidemment revus à la baisse, en fonction de l’exigence de chaque jeu. Mais les titres en 2D comme Streets of Rage 4 sont ultra-fluides. C’est bien sûr pour ceux en 3D que les choses peuvent sans surprise se compliquer.
Des jeux en 2D comme Streets of Rage 4 tournent sans surprise à la perfection sur le dernier-né des MacBook.
Toutefois, nous avons été assez étonnés de constater que la plupart des anciens jeux assez costauds tournaient très bien sur le Neo. Nous avons par exemple pu nous adonner à Rise of the Tomb Raider avec un niveau de détails moyen en 720p à 30 fps. Ce n’est pas fou, bien entendu, mais cela reste tout à fait praticable, surtout sur un écran de 13 pouces.
Rise of The Tomb Raider reste tout à fait épique sur le Neo.
Mieux, le très bon BioShock Remastered se lance en 1080p, avec des niveaux de détails et de framerate très corrects qui plus est. Cyberpunk 2077, en réglages bas/moyen, tourne quant à lui autour de 32-33 i/s à une résolution inférieure au 1080p, avec du MetalFX en renfort. C’est jouable, mais pas agréable sur la durée.
Même les effets de lumière sont fort jolis dans Bioshock Remastered.
Le terrain de jeu naturel du Neo reste les titres Apple Arcade et les jeux légers. Pour les AAA récents, il faudra se tourner vers un MacBook Air ou un Pro. Mais le Neo obtient de bien meilleurs résultats qu’on ne l’aurait cru sur les classiques en 3D.
Terminons avec les deux haut-parleurs latéraux du Neo, qui font mieux que la plupart des PC portables à ce prix, avec des voix claires et un volume suffisant pour remplir une petite pièce. Pas de miracle toutefois côté basses, avec un son qui reste un peu maigre et légèrement métallique dans les médiums. À volume élevé, on perçoit de légères vibrations au niveau du repose-poignets, mais elles ne sont ni vraiment gênantes, ni rédhibitoires.
La prise jack 3.5 mm.
L’autonomie et la recharge
La batterie de 36,5 Wh du MacBook Neo est nettement plus petite que celle du MacBook Air (53,8 Wh). Mais la puce A18 Pro a un avantage ici, à savoir sa sobriété énergétique. Son enveloppe thermique réduite joue ici en faveur de l’autonomie.
En lecture vidéo locale, le Neo tient entre 13 et 15 heures, ce qui est cohérent avec la promesse d’Apple (16 heures de lecture vidéo). En usage mixte réel (Safari, Google Chat, visioconférence, musique et vidéo en streaming), il faut plutôt compter une dizaine d’heures. C’est une autonomie très correcte pour ce tarif. On boucle une journée de travail sans souci.
Il est possible de brancher le chargeur sur n’importe lequel des deux ports.
En revanche, la recharge est un point perfectible. Il faut compter environ une heure pour passer de 0 à 45 % avec un chargeur USB-C de 20 W. Avec un chargeur tiers de 45 W, soit le maximum reconnu par le Neo, on grimpe à environ 65 % en une heure. Pas de charge rapide donc, et pas de MagSafe non plus.
C’est un grand écart pour le moins maîtrisé. La semaine dernière, Apple lançait le MacBook Neo : une toute nouvelle référence dans son catalogue, voulue comme une porte d’entrée dans l’écosystème de la marque, à partir de 699 €. Aujourd’hui, le bien informé Mark Gurman révèle dans sa newsletter hebdomadaire que la marque a dans ses cartons un produit radicalement inverse au Neo : le MacBook Ultra, qui repousserait – comme son nom l’indique – toutes les limites de ce que proposent déjà les MacBook Pro.
Un MacBook avec écran OLED tactile
Alors que les inconditionnels de la marque attendent fébrilement une gamme d’ordinateurs équipés d’un écran OLED (chose déjà courante sur les ordinateurs Windows, mais aussi sur les iPad Pro), Apple joue la montre. Plus pour longtemps ? D’après les sources du journaliste de Bloomberg, un supposé MacBook Ultra serait dans les starting-blocks. Il s’agirait, selon ses dires, du premier MacBook équipé d’un écran OLED, lequel aurait plusieurs particularités.
D’abord, il serait tactile – là encore une grosse nouveauté pour Apple. Ensuite, il serait équipé de la Dynamic Island, cette nouvelle encoche ayant fait ses débuts sur les iPhone 15, et qui permet à la fois le déverrouillage par reconnaissance faciale et l’affichage d’informations contextuelles (comme le titre en cours de lecture ou le progrès d’une commande de nourriture).
Si Gurman reste prudent sur la nomenclature du produit, il assure qu’il s’agira là du MacBook ultime, qui viendra se placer tout en haut de la chaîne alimentaire… et qui, naturellement, aura un prix en accord avec ces belles promesses. Rappelons qu’aujourd’hui, le MacBook le plus onéreux, sans option, est le MacBook Pro M5 Max en 16 pouces, qui démarre à 4 499 €.
Quelle puce pour animer le futur MacBook Ultra ?
Se pose naturellement la question des performances. On n’attend rien de moins que le meilleur d’un produit baptisé Ultra. Et, si la puce M5 Max vient tout juste de faire ses débuts, il est probable qu’Apple décline une nouvelle fois son dernier processeur dans une version survitaminée, par exemple en ajoutant des cœurs au processeur, au GPU ou au NPU.
Restera à voir dans quelle mesure les plans d’Apple peuvent advenir, alors que le marché de la tech est plus tendu que jamais en raison de la pénurie de composants, et en particulier de la RAM. Des stocks qui s’amenuisent, qui conduisent à des augmentations de prix naturelles, mais aussi à des délais de livraison anormalement longs si les chaînes de production n’arrivent pas à suivre.
Dans tous les cas, les sources de Gurman évoquent un lancement autour de la fin d’année 2026. Nous aurons l’occasion de reparler de la situation du marché à de nombreuses reprises d’ici là.