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Un ransomware frappe le logiciel de dossiers patients de 80 % des hôpitaux néerlandais

Par :Korben
8 avril 2026 à 15:11

ChipSoft, l'éditeur qui fournit le logiciel de dossiers médicaux à environ 80 % des hôpitaux aux Pays-Bas, vient d'être touché par un ransomware. Le site de l'entreprise est hors ligne depuis le 7 avril, et on ne sait pas encore si des données de patients ont été volées.

Ce qu'il s'est passé

L'attaque a été confirmée le 7 avril par Z-CERT, l'agence néerlandaise qui surveille la sécurité informatique dans le secteur de la santé. ChipSoft développe le logiciel HiX, qui gère les dossiers médicaux de patients dans la grande majorité des hôpitaux du pays. Le site web de l'entreprise est tombé dans la journée et reste inaccessible.

Z-CERT a envoyé un mémo confidentiel aux clients de ChipSoft pour leur demander de couper leur connexion VPN vers les systèmes de l'éditeur. Onze hôpitaux ont déconnecté leurs systèmes par précaution. Les autres ont indiqué que leurs données patients étaient en sécurité et que leurs services continuaient de fonctionner.

Des données patients potentiellement compromises

ChipSoft a confirmé qu'il y avait eu un "incident de données" avec un "possible accès non autorisé". L'entreprise ne peut pas garantir que des données de patients n'ont pas été consultées ou copiées. Le groupe de hackers derrière l'attaque n'a pas été identifié, et aucun montant de rançon n'a été rendu public.

Plusieurs hôpitaux, dont le Rijnstate Hospital, l'Antoni van Leeuwenhoek (spécialisé en cancérologie) et le Franciscus Hospital ont déclaré ne pas être affectés. Mais la portée réelle de l'attaque reste floue.

Le secteur de la santé toujours en première ligne

Z-CERT classe les ransomwares et l'extorsion comme les menaces principales pour les organisations de santé néerlandaises dans son rapport annuel.

Le secteur reste une cible privilégiée parce que les données médicales ont une valeur élevée sur le marché noir, et que les hôpitaux ne peuvent pas se permettre de rester longtemps sans accès à leurs systèmes.

Quand un seul éditeur gère les dossiers médicaux de 80 % des hôpitaux d'un pays, une attaque sur cet éditeur prend une dimension un peu inquiétante.

Pour l'instant les dégâts semblent contenus, mais le fait que ChipSoft ne puisse pas exclure un vol de données, c'est quand même un gros point d'interrogation. Et ça rappelle qu'un système de santé aussi centralisé, ça peut vite devenir une faiblesse.

Source : NL Times

Axios, l'une des bibliothèques les plus populaires de npm, piratée pour installer un cheval de Troie

Par :Korben
1 avril 2026 à 07:02

La bibliothèque JavaScript Axios, téléchargée plus de 100 millions de fois par semaine, a été compromise. Un attaquant a détourné le compte du mainteneur principal pour y glisser un malware multiplateforme qui vise aussi bien macOS que Windows et Linux.

Un compte piraté, deux versions vérolées

Tout est parti du compte npm de jasonsaayman, le mainteneur principal d'Axios. L'attaquant a réussi à prendre le contrôle du compte, a changé l'adresse mail vers un ProtonMail anonyme, et a publié deux versions malveillantes : axios 1.14.1 et axios 0.30.4.

Les deux ont été mises en ligne en l'espace de 39 minutes, et pas via le processus habituel. Au lieu de passer par GitHub Actions, le pipeline d'intégration continue du projet, les paquets ont été poussés directement avec la ligne de commande npm. Un détail qui aurait pu alerter plus tôt, mais qui est passé entre les mailles du filet pendant deux à trois heures avant que npm ne retire les versions concernées.

Un malware bien préparé, avec auto-destruction

Le plus vicieux dans l'affaire, c'est la méthode. Plutôt que de modifier directement le code d'Axios, l'attaquant a ajouté une dépendance fantôme appelée plain-crypto-js. Elle n'est jamais importée dans le code source, son seul rôle est d'exécuter un script d'installation qui fonctionne comme un programme d'installation de malware. 

Ce qui veut dire que dès que vous faites un npm install, le script contacte un serveur de commande en moins de deux secondes et télécharge un programme malveillant adapté à votre système : un daemon déguisé sur macOS, un script PowerShell sur Windows, une porte dérobée en Python sur Linux. Et une fois le malware déployé, le script se supprime, remplace son propre fichier de configuration par une version propre, et fait comme si de rien n'était. Même un npm list affiche alors un numéro de version différent pour brouiller les pistes.

Une attaque attribuée à la Corée du Nord

StepSecurity et Socket.dev ont été les premiers à repérer la compromission. Selon Ashish Kurmi, CTO de StepSecurity, ce n'est pas du tout une attaque opportuniste. La dépendance malveillante avait été préparée 18 heures à l'avance, trois programmes malveillants différents étaient prêts pour trois systèmes d'exploitation, et les deux branches de publication ont été touchées en moins de 40 minutes.

Elastic a de son côté relevé que le binaire macOS présente des similitudes avec WAVESHAPER, une porte dérobée en C++ déjà documentée par Mandiant et attribué à un acteur nord-coréen identifié sous le nom UNC1069. Pour les chercheurs en sécurité, le message est clair : si vous avez installé axios 1.14.1 ou axios 0.30.4, considérez votre machine comme compromise. Il faut supprimer la dépendance, faire tourner les identifiants, et dans certains cas, réinstaller la machine.

Franchement, c'est le genre d'attaque qui fait froid dans le dos. Axios, c'est une brique de base pour à peu près tous les projets JavaScript qui font des appels réseau. Et là, en deux heures, un attaquant a réussi à transformer cette brique en porte d'entrée pour un cheval de Troie, y compris sur Mac.

Le plus déroutant, c'est que le système de publication npm permet encore de pousser un paquet manuellement sans que personne ne bronche. Bon par contre, il faut reconnaître que StepSecurity et Socket.dev ont fait du bon boulot en détectant le problème aussi vite.

Sans eux, la fenêtre d'exposition aurait pu être bien plus large, c'est faramineux quand on y pense. Et quand on sait que la piste nord-coréenne revient de plus en plus souvent dans ce genre d'opérations, on se dit que la sécurité de la chaîne logicielle mérite qu'on s'y intéresse de près.

Source : The Register

GitHub envahi par de fausses alertes VS Code qui propagent un malware

Par :Korben
30 mars 2026 à 13:42

Des milliers de faux messages imitant des notifications de sécurité Visual Studio Code ont été postés sur GitHub. Le but : rediriger les développeurs vers un site malveillant qui collecte leurs données système. La méthode est franchement vicieuse.

Une campagne massive sur GitHub Discussions

Les chercheurs en sécurité de Socket viennent de mettre le doigt sur une opération d'ampleur. Des centaines, voire des milliers de messages quasi identiques ont été publiés en quelques minutes sur la section Discussions de nombreux dépôts GitHub.

Chaque message reprend le même modèle : un titre alarmiste du type "Vulnérabilité grave Mise à jour immédiate requise", un faux identifiant CVE pour faire sérieux, et un lien vers une prétendue extension VS Code corrigée hébergée sur Google Drive.

Les comptes utilisés sont soit tout neufs, soit quasi inactifs, mais ils se font passer pour des mainteneurs de projets ou des chercheurs en sécurité. Et comme GitHub envoie des notifications par e-mail aux personnes qui suivent un dépôt ou qui sont taguées, les fausses alertes arrivent directement dans la boîte mail des développeurs. Vous pouvez donc vous faire avoir sans même ouvrir GitHub.

Un système de filtrage avant le malware

Bien sûr, le lien Google Drive ne vous amène pas d'un coup vers un fichier infecté. Il déclenche avant une série de redirections qui vous emmènent inlassablement vers un domaine bien foireux, où un script JavaScript va se charger du sale boulot.

Ce script collecte automatiquement le fuseau horaire, la langue, le système d'exploitation, l'identifiant du navigateur et même des indicateurs d'automatisation. Tout est envoyé vers un serveur de commande sans que vous n'ayez à cliquer sur quoi que ce soit.

L'idée derrière ce dispositif, c'est de trier les visiteurs. Les robots et les chercheurs en sécurité sont écartés, et seuls les vrais humains reçoivent la suite de l'attaque. Les chercheurs de Socket n'ont d'ailleurs pas réussi à capturer le malware de deuxième étape, ce qui montre que le filtrage fonctionne plutôt bien.

Ce n'est pas la première fois

GitHub a déjà été ciblé par ce genre de campagne. En mars 2025, une attaque similaire avait touché 12 000 dépôts avec de fausses alertes de sécurité qui poussaient les développeurs à autoriser une application OAuth malveillante.

Cette fois-là, les pirates obtenaient un accès direct aux comptes GitHub des victimes. En juin 2024, c'était via des commentaires et des demandes de fusion bidon que les attaquants redirigeaient vers des pages d'hameçonnage.

Le procédé est malin. Utiliser les notifications GitHub pour donner une apparence officielle à des messages bidons, c'est le genre d'astuce qui marche bien sur des développeurs pressés. 

Bon par contre, un lien Google Drive dans une alerte de sécurité, ça devrait quand même mettre la puce à l'oreille. Si vous recevez ce type de message, vérifiez toujours le CVE sur le site du NVD ou de MITRE avant de cliquer où que ce soit. Et si le lien pointe ailleurs que sur la boutique officielle de VS Code, passez votre chemin.

Source : Bleeping Computer

Fraude bancaire : des smartphones fantômes dans le cloud dupent les banques

Par :Korben
26 mars 2026 à 14:19

Les fraudeurs n'ont plus besoin de vrais téléphones pour vider des comptes bancaires. Des smartphones virtuels hébergés dans le cloud, louables quelques centimes de l'heure, imitent sans problème de vrais appareils et passent sous le radar des systèmes anti-fraude.

Un smartphone qui n'existe pas

Group-IB vient de publier un rapport qui fait froid dans le dos. Des plateformes comme GeeLark, Redfinger ou LDCloud proposent de louer des smartphones Android virtuels hébergés dans des datacenters, pour 0,10 à 0,50 dollar de l'heure. À la base, ils sont prévus pour tester des apps ou gérer plusieurs comptes.

Sauf que les fraudeurs ont très vite compris l'intérêt du truc. Ces téléphones fantômes reproduisent tout ce qui fait un vrai smartphone : identifiant unique, adresse IP locale, géolocalisation crédible, et même des données de capteurs comme l'accéléromètre ou le gyroscope.

Votre banque croit parler à un iPhone à Paris. En réalité, c'est un serveur quelque part en Asie. Et le pire, c'est que ça marche. Les systèmes anti-fraude qui se basent sur l'empreinte de l'appareil n'y voient que du feu.

Revolut et Wise en vitrine sur le darknet

Là où ça devient concret, c'est quand on regarde ce qui se vend sur les forums criminels. Des comptes bancaires pré-vérifiés sur Revolut ou Wise, créés via ces cloud phones, s'échangent entre 50 et 200 dollars.

On parle de comptes mules utilisés pour recevoir et faire transiter de l'argent volé. Le tout à échelle industrielle. Côté chiffres, c'est vertigineux : 485 millions de livres de pertes liées à la fraude au Royaume-Uni en 2022.

Aux États-Unis, Deloitte projette 14,9 milliards de dollars d'ici 2028, contre 8,3 milliards en 2024. Et la France n'est pas épargnée, avec 618 millions d'euros de fraude bancaire au premier semestre 2025, en hausse de 7 % par rapport à 2024.

Comment les détecter ?

Group-IB a quand même identifié quelques indices. Un cloud phone n'a en général aucune application par défaut installée. Sa batterie reste bloquée à 100 %. Et surtout, les capteurs de mouvement ne bougent jamais, ce qui est impossible avec un vrai téléphone que quelqu'un tient dans la main.

Le problème, c'est que ces indices sont marginaux face à l'ampleur du phénomène. Les solutions proposées passent par de l'analyse comportementale, de la modélisation par graphes et une meilleure corrélation entre l'appareil et son environnement réseau.

Les banques vont devoir arrêter de se fier uniquement à l'empreinte du téléphone pour vérifier que vous êtes bien vous.

Le modèle de sécurité des banques basé sur l'identification de l'appareil est en train de prendre l'eau. Ces cloud phones sont en location libre, parfaitement légaux, et n'importe qui peut en louer un.

Et puis il faut le dire, les néobanques qui ont misé à fond sur la fluidité d'ouverture de compte se retrouvent avec le revers de la médaille. Quand ouvrir un compte prend deux minutes depuis un téléphone virtuel à 50 dollars, on imagine bien que les fraudeurs ne se privent pas.

Source : Info Security

Quand 10 000 bots volent 8 millions aux artistes sur Spotify

Par :Korben
25 mars 2026 à 15:38

Un mec de 54 ans vient de plaider coupable pour avoir siphonné 8 millions de dollars aux artistes musicaux en utilisant 10 000 bots et de la musique générée par IA. Michael Smith, résident de Cornelius en Caroline du Nord, a monté pendant des années une ferme à streams qui écoutait en boucle des centaines de milliers de fausses chansons sur Spotify et Apple Music.

Le truc, c'est que ces plateformes ne paient pas un tarif fixe par écoute. Elles fonctionnent avec un pot commun mensuel qu'elles redistribuent proportionnellement au nombre de streams. Du coup, chaque fausse écoute générée par les bots de Smith grignotait directement la part des vrais artistes. En gros, c'est pas Spotify qui se faisait voler, c'est les musiciens qui galèrent déjà à vivre de leur art !

Pour le contenu, Smith avait en fait trouvé un deal avec le CEO d'une boîte de musique IA qui lui pondait des milliers de morceaux par semaine. Les fichiers WAV arrivaient sous forme de chaînes aléatoires de lettres et de chiffres, et il les renommait avec des noms d'artistes fictifs du genre "Calorie Event", "Calms Scorching" ou encore "Calypso Xored" (on sent le générateur de noms random). Les titres, pareil... "Zygotes", "Zyme Bedewing"... si vous tombez là-dessus dans votre discover, y'a de quoi tiquer quand même mais bon...

Et ce problème, ça pose une question que Spotify connaît bien : comment distinguer les vrais streams des faux quand les bots sont suffisamment dispersés sur des milliers de morceaux ? Smith avait justement calibré ses 10 000 bots pour ne pas déclencher les alertes anti-fraude, en répartissant les écoutes sur un catalogue énorme plutôt que de matraquer un seul titre. Pas con.

Mais le bonhomme s'est quand même fait choper. Il a accepté de rendre la totalité des 8 091 843 dollars et risque jusqu'à 5 ans de prison lors de son procès qui aura lieu le 29 juillet prochain. Pas sûr que le ratio risque/récompense en valait la chandelle, en fait.

Le problème de fond, c'est que cette affaire n'est probablement que la partie émergée de l'iceberg. Et je suis sûr que y'en a en France qui font la même... bah sachez que c'est pas cool et que vous risquez d'avoir de GROS ennuis... Avec les outils de génération musicale par IA qui se démocratisent, n'importe qui peut inonder les plateformes de contenu synthétique pour gratter des royalties.

Et tant que le modèle de rémunération repose sur un pot commun plutôt que sur un paiement direct par utilisateur, il sera vulnérable. Encore une fois, les vrais perdants, c'est pas les plateformes (elles prennent leur commission quoi qu'il arrive), mais ce sont les artistes indépendants qui voient leur part du gâteau fondre à chaque bot supplémentaire.

Moche...

Bref, la prochaine fois que votre playlist de découvertes vous propose un artiste nommé "Calypso Xored" ou un connerie de ce style... méfiance !

Source

Plus de 1 000 environnements cloud infectés après une attaque sur le scanner Trivy

Par :Korben
25 mars 2026 à 13:30

Un groupe de pirates a compromis Trivy, un scanner de vulnérabilités open source très utilisé dans les pipelines de développement. Résultat : plus de 1 000 environnements SaaS infectés par un malware qui vole des clés API, des identifiants cloud et des tokens GitHub.

Un scanner de sécurité devenu vecteur d'attaque

Trivy est un outil open source maintenu par Aqua Security. Il sert à détecter des failles, des mauvaises configurations et des secrets exposés dans du code, et il est intégré dans les chaînes de déploiement continu (CI/CD) d'un très grand nombre d'entreprises. Le groupe TeamPCP a réussi à compromettre la version 0.69.4 de Trivy en exploitant une mauvaise configuration dans le composant GitHub Action du projet.

En février, ils ont volé un token d'accès privilégié, et ce token n'a jamais été correctement révoqué. En mars, les attaquants l'ont utilisé pour injecter du code malveillant directement dans le projet, en poussant des images Docker et des versions GitHub vérolées vers les utilisateurs.

Le résultat : 75 des 76 tags de trivy-action ont été remplacés par des versions malveillantes.

La contamination s'étend

L'attaque ne s'est pas arrêtée à Trivy. Le même groupe a aussi compromis liteLLM, une bibliothèque Python qui sert d'interface pour les modèles de langage et qui est présente dans 36 % des environnements cloud.

Ils ont aussi touché KICK (un outil d'analyse statique de Checkmarx) et déployé CanisterWorm, un ver qui se propage via des paquets npm vérolés. Le malware installé est un infostealer qui extrait les clés API, les identifiants de bases de données, les tokens GitHub et toute information sensible accessible dans l'environnement de build.

Mandiant, la branche cybersécurité de Google, estime que plus de 1 000 environnements SaaS sont actuellement compromis, et que ce chiffre pourrait grimper à 10 000. TeamPCP travaillerait avec le groupe Lapsus$, connu pour ses attaques contre Microsoft, Nvidia et Uber.

Des révélations à la conférence RSA

Les détails de l'attaque ont été rendus publics lors de la conférence RSA. Le chercheur en sécurité Paul McCarty a été le premier à tirer la sonnette d'alarme, suivi par les équipes de Socket, Wiz et Aikido.dev. Aqua Security a vu ses 44 dépôts GitHub internes défacés, avec une exposition du code source et des configurations CI/CD.

L'affaire montre à quel point les outils de sécurité open source, quand ils sont mal protégés, peuvent devenir le point d'entrée idéal pour une attaque à grande échelle.

C'est quand même un comble : un scanner de vulnérabilités qui devient lui-même le vecteur d'une attaque. Le fait qu'un simple token non révoqué ait suffi pour compromettre toute la chaîne montre que la sécurité des projets open source reste un vrai sujet. Et quand on sait que liteLLM est présent dans plus d'un tiers des environnements cloud, on mesure l'ampleur du problème...

Source : The Register

Quatre énormes botnets démantelés par les autorités américaines

Par :Korben
20 mars 2026 à 10:17

Les autorités américaines viennent de démanteler quatre réseaux de botnets qui contrôlaient plus de trois millions d'appareils dans le monde. Caméras, routeurs Wi-Fi, enregistreurs vidéo : le matériel du quotidien servait à lancer des attaques DDoS records, dépassant les 30 térabits par seconde.

Pas un petit réseau

Le bureau du procureur fédéral de l'Alaska a annoncé l'opération le 19 mars. Le département de la Justice américain, le FBI et le Defense Criminal Investigative Service ont travaillé avec les autorités canadiennes et allemandes pour mettre hors service quatre botnets : Aisuru, KimWolf, JackSkid et Mossad.

Des domaines et des serveurs virtuels hébergés aux États-Unis ont été saisis, et une vingtaine d'entreprises tech ont aidé à neutraliser l'infrastructure. Les appareils infectés étaient des caméras de surveillance, des enregistreurs vidéo et des routeurs Wi-Fi grand public, le genre d'équipements que des millions de foyers utilisent sans trop se soucier des mises à jour de sécurité.

Des attaques records et le Pentagone parmi les cibles

Côté chiffres, plus de trois millions d'appareils compromis dans le monde, dont des centaines de milliers aux États-Unis. Aisuru, le plus actif, a lancé plus de 200 000 commandes d'attaque DDoS depuis son apparition fin 2024.

JackSkid en a envoyé plus de 90 000, KimWolf environ 25 000 et Mossad un millier. Le réseau du département de la Défense américain figurait parmi les cibles, ce qui donne une idée du niveau de la menace. Mi-2025, les attaques ont atteint des volumes jamais vus, avec un pic à 31,4 térabits par seconde mitigé par Cloudflare en novembre.

Les victimes signalent des pertes en dizaines de milliers de dollars, et encore, on parle de ceux qui ont porté plainte.

Un Canadien de 22 ans et un Allemand de 15 ans dans le viseur

Un Canadien de 22 ans a été identifié comme opérateur principal de KimWolf, une variante d'Aisuru capable de se propager sur un réseau interne dès qu'un seul appareil est compromis.

Un ado Allemand de 15 ans est suspecté d'avoir piloté un autre de ces botnets. Sauf que voilà, ces réseaux ne servaient pas qu'à leurs créateurs. Les opérateurs vendaient l'accès aux appareils piratés à d'autres criminels, qui pouvaient lancer leurs propres attaques DDoS sans aucune compétence technique.

Du cybercrime as a service, une sorte de location de puissance de frappe numérique accessible à n'importe qui avec quelques centaines de dollars.

Un ado de 15 ans qui pilote un botnet capable de mettre à genoux des infrastructures militaires, c'est quand même révélateur du problème de fond. La facilité d'accès à ces outils est grotesque.

Le démantèlement est une bonne nouvelle, mais tant que des millions de routeurs et de caméras resteront branchés avec leurs mots de passe par défaut, d'autres prendront le relais. Bref, la vraie faille, elle est dans votre salon.

Source : Wired

Un malware invisible se cache dans des caractères Unicode sur GitHub, npm et VS Code

Par :Korben
16 mars 2026 à 14:50

La société Aikido Security a découvert une campagne de malware baptisée Glassworm qui utilise des caractères Unicode invisibles pour dissimuler du code malveillant.

Plus de 150 dépôts GitHub, des paquets npm et des extensions VS Code sont touchés, et le malware utilise la blockchain Solana comme serveur de commande. L'objectif : voler les identifiants de portefeuilles crypto.

Des caractères invisibles qui cachent du code

Le principe est assez fourbe. Les attaquants utilisent des caractères Unicode dits PUA (Private Use Area), qui ne s'affichent pas du tout à l'écran, mais qui contiennent quand même des valeurs exploitables.

Dit plus simplement, chaque caractère invisible correspond à un point de code que le décodeur extrait, reconstruit en payload, puis exécute via eval(). Le code malveillant est là, sous vos yeux, mais vous ne le voyez pas.

Aikido Security a découvert que cette campagne avait eu lieu entre le 3 et le 9 mars derniers. Plus de 150 dépôts GitHub ont été compromis, mais aussi des paquets npm comme @aifabrix/miso-client et @iflow-mcp/watercrawl-watercrawl-mcp.

Si on regarde du côté de VS Code, l'extension quartz-markdown-editor et 72 extensions sur Open VSX ont été touchées. Les attaquants ont aussi utilisé des LLM pour générer des commits de couverture parfaitement crédibles, et passer ainsi sous les radars des reviewers.

La blockchain Solana impliquée

Ce qui rend Glassworm encore plus fourbe, c'est son infrastructure. Au lieu d'utiliser un serveur classique facile à bloquer, le malware récupère ses instructions de commande sur la blockchain Solana. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas de serveur central à couper : les instructions sont inscrites dans la blockchain, accessibles à tous et quasi impossibles à supprimer.

L'objectif final est le vol de données liées aux portefeuilles crypto. Le malware cible 49 extensions de navigateur, dont MetaMask, Coinbase Wallet et Phantom. Il récupère les identifiants stockés localement et les exfiltre vers les serveurs des attaquants.

Côté attaquants, c'est du beau travail. Cacher du code dans des caractères que personne ne voit, utiliser une blockchain comme canal de commande et se servir d'IA pour maquiller les commits, c'est bien ficelé.

Le problème, c'est que ça expose un angle mort assez gênant dans la confiance qu'on accorde à l'open source : on installe des paquets et des extensions sans forcément lire chaque ligne de code, et quand le code malveillant est carrément invisible, ça devient compliqué à détecter.

Sources : Aikido.dev , Socket.dev

Apple corrige une grosse faille de sécurité sur les anciens iPhone et iPad

Par :Korben
12 mars 2026 à 13:24

Apple vient de publier iOS 16.7.15 et iOS 15.8.7 pour les anciens iPhone et iPad. Ces mises à jour corrigent des failles activement exploitées par Coruna, un kit d'espionnage qui combine 23 vulnérabilités pour compromettre un appareil simplement en chargeant une page web, je vous en parlais ici. Si vous avez encore un iPhone 6s, 7, 8 ou X, la mise à jour est urgente.

D'où vient Coruna ?

Google et iVerify ont rendu public le kit Coruna le 3 mars. Il regroupe 23 failles en cinq chaînes d'exploitation et cible les iPhone sous iOS 13 à iOS 17.2.1. L'outil aurait été conçu par une filiale de L3Harris Technologies, un sous-traitant de défense américain, et vendu à des agences gouvernementales alliées des États-Unis.

Sauf que voilà, le kit a fini par circuler bien au-delà de ce cercle. Un groupe d'espionnage russe l'a utilisé en juillet 2025 contre des cibles ukrainiennes, et un acteur chinois s'en est servi fin 2025 via de faux sites de cryptomonnaies et de paris en ligne. Plus de 50 domaines de distribution ont été identifiés.

Quels sont les appareils concernés ?

Les mises à jour publiées par Apple couvrent deux générations d'anciens appareils. iOS 15.8.7 concerne les iPhone 6s, iPhone 7, iPhone SE première génération, l'iPad Air 2, l'iPad mini 4 et l'iPod touch septième génération. iOS 16.7.15 vise les iPhone 8, 8 Plus et iPhone X, ainsi que l'iPad cinquième génération et les premiers iPad Pro.

Les quatre CVE corrigées touchent le noyau et le moteur WebKit. Le kit exploite ces failles sans aucune interaction de l'utilisateur : il suffit de charger une page web piégée pour que l'appareil soit compromis.

Des portefeuilles crypto ciblés

Une fois l'appareil compromis, le malware PlasmaLoader s'attaque aux portefeuilles de cryptomonnaies comme MetaMask, Exodus ou Bitget Wallet. Google a qualifié Coruna de première exploitation de masse connue contre iOS.

Le kit détecte le modèle d'iPhone et la version d'iOS avant de choisir la bonne chaîne d'exploitation. Il évite aussi de s'exécuter si le mode Isolement est activé ou si la navigation est en mode privé.

Apple fait quand même bien le job en patchant des appareils qui ont jusqu'à dix ans, et c'est plutôt rassurant !

Source : The Hacker News

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