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Un bidouilleur fait tourner des DVD sur Dreamcast avec un Raspberry Pi

Par :Korben
7 avril 2026 à 10:04

Un développeur connu sous le pseudo ThroatyMumbo vient de réussir un petit exploit : faire lire des DVD à une Sega Dreamcast, la console qui n'a jamais eu droit à cette fonctionnalité.

Sa méthode passe par un Raspberry Pi 5, un Raspberry Pi Pico 2 et le port manette de la console, le tout sans la moindre modification hardware. Vingt-cinq ans après, la Dreamcast peut enfin lire des DVD.

Une vieille histoire de format

La Dreamcast est sortie en 1998 au Japon et utilisait le format GD-ROM, un disque propriétaire développé avec Yamaha capable de stocker jusqu'à 1 Go de données. Sega avait choisi ce format pour éviter les frais de licence du DVD Forum et garder des coûts de production proches de ceux d'un CD classique.

Sur le papier, la console avait les capacités techniques pour lire des DVD, mais Sega n'a jamais franchi le pas. Un prototype d'extension DVD avait même été montré à l'E3 2000 avant de disparaitre dans les cartons. En face, Sony sortait la PlayStation 2 avec un lecteur DVD intégré, et on connait la suite.

Du Raspberry Pi et un faux accessoire photo

Le montage imaginé par ThroatyMumbo est malin. Un Raspberry Pi 5 est connecté à un lecteur DVD USB externe et se charge d'encoder la vidéo en temps réel. Cette vidéo est ensuite envoyée par USB à un Raspberry Pi Pico 2, qui se fait passer pour un DreamEye, le petit accessoire photo que Sega avait sorti au Japon en 2000.

Le Pico 2 communique avec la Dreamcast via le bus Maple, le protocole qu'utilise la console pour ses manettes et périphériques. La Dreamcast croit recevoir des images d'une caméra, alors qu'elle affiche le contenu d'un DVD. Le créateur admet lui-même que le résultat est "un peu bancal", mais la vidéo de démonstration montre que ça tourne avec un DVD d'Aqua Teen Hunger Force.

Tout passe par le port manette

Le gros avantage de cette bidouille, c'est qu'elle ne demande aucune modification de la Dreamcast. Tout transite par le port manette, ce qui veut dire que n'importe quelle console en état de marche peut en profiter.

Le code source et les instructions sont disponibles sur GitHub. Ça reste du bricolage : il faut un Raspberry Pi 5, un Pico 2, un lecteur DVD USB et de quoi relier tout ça. Pas le genre de truc qu'on met en place en deux minutes.

C'est quand même rigolo de se dire que la Dreamcast aura attendu plus de vingt-cinq ans pour lire un DVD. Sega avait prévu un accessoire dédié qui n'est jamais sorti, et c'est un bidouilleur avec deux Raspberry Pi qui finit par régler la question.

L'idée de détourner un accessoire photo japonais en lecteur DVD, c'est bien trouvé. Pas sûr que Sega aurait apprécié la méthode, mais bon, le résultat est là.

Source : The Dreamcast Junkyard

Il avait porté DOOM sur Super Nintendo en 1995, il revient trente ans plus tard pour corriger sa copie

Par :Korben
16 mars 2026 à 16:10

Randal Linden est le développeur qui avait réussi l'exploit de faire tourner DOOM sur la Super Nintendo en 1995. Trente ans plus tard, il s’est associé à Limited Run Games pour ressortir une version améliorée sur cartouche, avec un processeur Raspberry Pi caché à l'intérieur.

Dans un long échange accordé à Kotaku, il revient sur ce projet un peu fou et sur les coulisses techniques du portage.

Reverse-engineerer son propre code, trente ans après

À l'époque, Linden bossait chez Sculptured Software, un studio basé à Salt Lake City. L'idée de départ était assez artisanale : acheter des cartouches Star Fox en magasin, les ouvrir, et remplacer la ROM par de la RAM pour tester les capacités de la puce Super FX. Le prototype a suffisamment impressionné ses supérieurs pour qu'ils aillent le présenter directement à id Software au Texas. Le feu vert a suivi.

Le portage de 1995, c'était un moteur entièrement reconstruit de zéro, sans une seule ligne de code d'id Software. Linden avait créé son propre assembleur, son propre linker et son propre débogueur. Mais les contraintes hardware de la SNES avaient imposé des sacrifices : un framerate poussif, pas de textures au sol et au plafond, des niveaux modifiés, et le quatrième épisode supprimé.

Quand Audi Sorlie, de Limited Run Games, lui a posé la question de savoir s'il referait les choses différemment, Linden a répondu qu'il avait « plein d'idées » mais que personne ne lui avait jamais demandé d'y retoucher. Jusqu'à maintenant.

Une puce Raspberry Pi qui se fait passer pour un Super FX

La solution technique est plutôt marrante. La cartouche embarque un Raspberry Pi RP2350 qui émule le processeur Super FX. Comme l'explique Linden à Kotaku, « la Super Nintendo ne sait pas qu'elle ne parle pas à un vrai Super FX ».

Le code est quasiment identique à ce qu'il écrirait pour la puce d'origine, mais avec des performances largement supérieures.

Le résultat : circle strafing, framerate amélioré, support du rumble, et les quatre épisodes complets enfin disponibles sur SNES. Linden admet aussi avoir dû reverse-engineerer son propre code vieux de trente ans. « C'était assez compliqué, une partie du code. Je me suis dit : wow, j'étais vraiment intelligent à l'époque. »

Bethesda a dit oui sans trop hésiter

Côté droits, il fallait quand même convaincre Bethesda, propriétaire de la licence DOOM. Selon Sorlie, la réaction initiale a été plutôt incrédule : « Vous voulez retourner développer pour la Super Nintendo ? Genre, pour de vrai ? » 

Mais le retour de Linden sur le projet et les premiers prototypes ont suffi à convaincre. « Ils étaient aussi enthousiastes que nous. »

C'est le genre d'histoire qui rappelle que derrière les jeux vidéo, il y a parfois des parcours assez improbables. Linden n'avait pas pu appeler id Software pour pitcher son idée en 1995, il avait dû bricoler un prototype avec des cartouches Star Fox achetées en magasin, et trente ans plus tard il se retrouve à relire du code assembleur qu'il ne comprend plus lui-même.

Le projet a un côté un peu absurde, mais c'est aussi ce qui le rend attachant. Reste à voir si les fans de retrogaming seront au rendez-vous, mais vu que l'édition collector limitée à 666 exemplaires s'est déjà envolée, on a un début de réponse.

Source : Kotaku

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